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PUBLICATIONS
Michel
Perraudeau, auteur d'un remarquable Dictionnaire
de l'individualisme libertaire en 2011, est parti à
la recherche d'Anselme Bellegarrigue.
Le premier des libertaires (Les Editions
libertaires, 289 p., 15 euros). On savait peu de choses
sur ce personnage (1813 - vers 1868-1870) mais cela n'a
pas empêché certains d'inventer et d'autres de répéter
les erreurs
ce qui fut notre cas à une occasion (lire
« complément »).
Errare humanum est. L'auteur
s'est donc livré à une traque virtuelle, aux Amériques
et en France, qu'il nous relate en détail ; retrouvant
des descendants, précisant ses date et lieux de naissance,
divers événements de sa vie et son établissement
comme directeur de l'université de San Salvador
(biographie).
Il analyse également ses écrits qui font de lui l'un
des premiers propagateurs de l'idée libertaire, d'inspiration
individualiste : refus de tout gouvernement et du système
électoral, primauté de l'individu, critique de la
violence révolutionnaire, pour un « ordre
libertaire », pour le municipalisme
Et revient
sur l'accusation qui lui a été faite d'être
un chantre du libéralisme, récupéré
par les libertariens américains. Un seul regret, de nombreuses
répétitions alourdissent quelque peu le récit.
C'est
pour rendre hommage à Arthur
Lehning (1899-2000, biographie)
que Les Editions
du Monde libertaire ont publié cette « graine
d'ananar » (sous la coordination d'Alayn Dropsy, 66 p.,
5 euros). Militant anarcho-syndicaliste hollandais d'origine
allemande, il a traversé le siècle et participé
à la création de la FAUD,
lutté contre l'avènement du nazisme en Allemagne,
fut secrétaire de l'AIT
de 1933 à 1936, cofonda l'Institut international
d'histoire sociale (IIHS)
d'Amsterdam et publia, entre autres, les huit volumes des archives
Bakounine. La brochure contient un article qui précise ses
divers engagements et une interview inédite de Lehning où
il s'explique en particulier sur la création de la revue
d'art abstrait et d'architecture i10
(1927-1929) qui a réuni des collaborateurs devenus célèbres
depuis. Pour lui, « seule
une révolution de la vie dans sa globalité pourra
permettre d'édifier une société antiautoritaire ».
En
2008, les éditions Le Chien
rouge avait réédité l'ouvrage introuvable
de Carlo Cafiero Abrégé
du « Capital » de Karl Marx (trad.
de James Guillaume, 158 p., 10 euros, avec en annexe la
correspondance inédite entre les deux auteurs). Le titre
de nouveau épuisé, elles ont effectué un retirage
avec une autre couverture et au même prix. Nous ne pouvons
que répéter ce que nous disions alors : « La
crise financière et économique a remis au goût
du jour le Capital, livre dans
lequel Karl Marx analyse avec précision les ressorts de l'exploitation
capitaliste. Synthèse brillante des travaux de penseurs (dont
Proudhon) l'ayant précédé. (
)
[Cafiero souhaitait ainsi populariser] les
thèses de Marx dans un langage simple et compréhensible
par le plus grand nombre. Communiste libertaire italien,
[il] n'était pas un disciple
et s'est opposé à Marx lors de la scission de la Ire
Internationale. Mais il avait compris tout l'intérêt
de l'ouvrage et le penseur allemand le félicita pour son
travail. Alors, pourquoi bouder notre plaisir ? »
Cela aidera le mensuel CQFD qui
connaît actuellement des difficultés (« Dix
ans, toutes ses dents mais plus un rond ! »)
et coupera l'herbe sous le pied des petits spéculateurs qui
proposent sur un site de vente en ligne la précédente
brochure à deux fois son prix. Na ! Dans
Itinéraires. Barcelone-Perpignan
(Atelier
de création libertaire, 138 p., 10 euros),
Jordi Gonzalbo nous narre l'existence d'un enfant de libertaires
espagnols réfugiés en France pour fuir le franquisme
victorieux. Né à Barcelone en 1930, arrivé
à Perpignan en 1938, il a connu l'accueil honteux du « pays
des droits de l'homme », le sentiment d'abandon, les
difficultés pour subsister, la guerre et l'Occupation, mais
aussi l'espoir et le sentiment que ce n'était pas terminé.
Il fut membre, de 1960 à 1975, d'un groupe de la
Fédération ibérique des jeunesses libertaires
(FIJL) qui, s'opposant à l'immobilisme des dirigeants de
la CNT en exil et au désir du plus grand nombre de tourner
la page, décidèrent d'agir pour préparer l'avenir
et démontrer que l'Espagne n'était pas une démocratie
comme voulaient le faire croire responsables politiques
et économiques européens mais une dictature.
Il s'agissait essentiellement de faire franchir la frontière
aux personnes et au matériel, d'assurer une propagande pour
la lutte de l'Interior. D'autres
posèrent des bombes (en évitant au maximum les victimes
humaines) pour ruiner les efforts touristiques et plusieurs y perdirent
la vie ou la liberté. Dans une seconde partie, l'auteur relate
ses recherches pour connaître la vie militante de ses parents
dans les années 1930. Nous
ne quittons pas cette époque avec le magnifique livre consacré
à un illustrateur et affichiste de grand talent qui a participé
à l'élaboration de l'identité visuelle de la
révolution espagnole. Helios
Gómez. La révolution graphique (Associació
cultural Helios Gómez - Association Mémoire
graphique, 255 p., 30 euros) présente une biographie
de l'artiste, la reproduction de plusieurs de ses albums graphiques
et une sélection de dessins de presse et d'illustrations
pour l'édition (certaines créations sont visibles
sur le site de l'association), passés au crible du regard
croisé de plusieurs auteurs. Né en 1905 à Séville,
il suit des cours du soir, tout en travaillant comme ouvrier décorateur
de céramiques. Et se rapproche des milieux anarchistes et
de la CNT. Puis Helios Gómez connaîtra l'exil pour
son engagement, renoncera à l'anarchisme, se rapprochera
d'une organisation marxiste antistalinienne (avant d'en être
exclu), adhérera au Parti communiste espagnol (PCE), participera
aux barricades de Barcelone en 1936, rejoindra la colonne Durruti
(après son exclusion du PCE), mettant toujours son art
au service de la lutte et du peuple
Exil de nouveau, retour
en Espagne, et persécution car il refuse de collaborer avec
le régime franquiste. Incarcéré à plusieurs
reprises, il meurt à Barcelone en 1956, deux ans après
sa libération. Mieux faire connaître son uvre
et faire sortir de l'ombre un artiste injustement méconnu,
voilà les vux de cet ouvrage. Pour
Eric Fournier, La Commune n'est
pas morte (Libertalia,
187 p., 13 euros) car sa mémoire demeure, mais
une mémoire très diverse, conflictuelle, en évolution
constante. De la tentative des versaillais d'effacer toute trace
à son culte par les communistes à partir des années 1920,
en passant par la volonté d'oubli des républicains
modérés, les tentations de l'extrême droite
tirallée entre son souhait de récupération
et de répéter les « crachats »
de ceux qui l'ont combattu, sans compter que les socialistes, les
anarchistes et l'extrême gauche ont également leur
vision de cet événement ; pas facile d'étudier
les « usages politiques du
passé », mais c'est passionnant. La Commune
était multiple (nationaliste et révolutionnaire, autoritaire
et libertaire), logique que son souvenir le soit aussi. Depuis l'anniversaire
de son centenaire en 1971, le temps de l'apaisement est venu,
et celui des discours unanimistes sur son apport à l'histoire
de France (tel celui du gaulliste Christian Poncelet le 4 juin
2003). Mais attention, elle peut se réveiller et gageons,
en cas de conflit social d'importance, qu'on saura retrouver le
chemin du mur des Fédérés. Le
« printemps arabe » a accouché de gouvernements
islamistes, en Egypte comme en Tunisie. Il est d'autant
plus intéressant de lire la brochure des Editions
du Monde libertaire sur Le Mouvement
anarchiste et syndical en Tunisie (dossier réalisé
par Elie Octave et Nidhal Chamekh, 151 p., 8 euros). Constituée
d'interview de syndicalistes, de représentants associatifs
et de textes du mouvement Désobéissance, elle est
bien utile pour avoir une information directe, en dehors des grands
médias français. Revenant sur l'attitude de l'UGTT
au cours du renversement de Ben Ali combative et
solidaire à la base, collaboratrice au niveau des dirigeants ,
sur les graves problèmes écologiques dus à
l'exploitation du phosphate, sur l'insurrection du bassin minier
(de 2008 à aujourd'hui), sur les luttes des chômeurs
et des femmes, les différents intervenants sont bien conscients
qu'il faut poursuivre le combat pour plus de liberté, de
justice, d'égalité économique et sociale
Cette fois face aux Frères musulmans, à la fois rétrogrades
sur le plan des murs et partisans du libéralisme économique,
qui ont su profiter de l'élan populaire et contestataire
sans y participer. Avec
L'Enfer vert. Un projet pavé
de bonnes intentions (L'Echappée,
coll. Négatif, 126 p., 9 euros), Tomjo livre un
pamphlet au vitriol contre les technocrates verts, s'appuyant essentiellement
sur l'exemple de Lille et sa région. « Chez
les Verts, la question n'est pas pourquoi se
déplacer, mais comment se
déplacer plus, plus vite et plus loin, tout en respectant
son prochain, sa génération future et le monde dont
celle-ci va hériter. » Quitte à
prôner un flicage généralisé grâce
aux puces RFID (lire articles sur le site Pièces
et Main-d'uvre. Et cela est aussi valable pour l'urbanisme,
le canal Seine-Nord-Europe, la recherche, le développement
des nouvelles technologies, etc. A savourer également
l'analyse du parcours de certains écologistes politiques
(ou politiciens) devenus des professionnels et des gestionnaires.
Dans un second texte (« Critique de la planification
écologique »), l'auteur s'attaque plus particulièrement
à la « fuite en avant techno-industrielle »,
même teintée de vert, du Front de gauche. Réjouissant !
En 2010 déjà, Offensive
et L'Echappée avaient édité un ouvrage réunissant
des dossiers conçus par la revue sur le thème :
Divertir pour dominer. La culture
de masse contre les peuples (recension).
Les
mêmes ont renouvelé l'expérience avec Construire
l'autonomie, se réapproprier le travail, le commerce, la
ruralité (coll. Pour en finir avec, 322 p.,
14 euros). Nous avons à de nombreuses occasions dit
tout le bien que nous pensions des productions d'Offensive :
un regard critique et multiple, une analyse sérieuse, sans
dogmatisme, une volonté évidente de réflexion
Et cette nouvelle livraison est à l'unisson, avec son parti
pris de didactisme (présentation de chaque article, notes
précises, et bibliographies sélectives par chapitre).
Il suffit de parcourir les sous-titres pour connaître le menu :
« Travail : revaloriser les savoir-faire et la culture
de métier », « Commerce : retrouver
de l'autonomie dans les échanges », « Terre :
la ruralité comme espace de résistance »,
« Précaires : s'affranchir de la dépendance
à l'économie ». Bonnes lectures.
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RÉUNIONS-DÉBATS
Paris, 14 juin. Débat,
à 19 heures, organisé par le groupe libertaire
Louise-Michel sur le thème : « Techniques,
technologies, technosciences : comment dépasser l'alternative
technophobie versus technolâtrie ? ». Introduction
par Nicolas Cornuault, Franck Bourrat, Marc Silberstein. A la bibliothèque
La Rue, 10, rue Robert-Planquette (M° Blanche).
Mâcon, 15 juin. Conférence-débat,
à 19 h 30, sur « L'innovation,
pour quoi faire ? ou A quoi nous servent les nouvelles
technologies ! », avec Pièces et main-d'uvre
(site) :
projection du film RFID, la police totale
et présentation de Sous le soleil
de l'innovation, rien que du nouveau ! (L'Echappée).
25, rue Gambetta. Entrée libre.
Paris, 15 juin. « Pour
que vive le Jargon libre », deuxième Bourse aux
livres à partir de 15 heures. Apéro et opéra
minimal, violon et voix de Houligani Dangereux à 19 heures.
Le Jargon libre, bibliothèque de consultation, livres
sur le mouvement libertaire et révolutionnaire, est ouvert
tous les jours du lundi au samedi de 15 à 20 heures
au 32, rue Henri-Chevreau, Paris 20e.
Paris, 15 juin. Rencontre-débat
à la librairie du Monde libertaire avec Nils Anderson et
l'émission « Sortir du colonialisme »
de Radio-Libertaire autour du livre La Pacification
(Les Petits Matins, 1960) de Hafid Keramane sur la répression
des combattants algériens et des opposants à la guerre
d'Algérie. A 16 h 30, au 145, rue Amelot,
Paris 11e. Site Internet.
Toulouse, 15 juin. Au Chat noir,
18, avenue de la Gloire, à 19 h 30, projection
de courts-métrages avec Les Vidéophages.
Participation libre. Site
Internet.
Montreuil, 16 juin. « Soutien
aux prisonniers politiques en Russie », organisé
par le Groupe de résistance aux répressions en Russie
et par La Horde. Au Chinois (6, place du Marché),
à partir de 17 heures, projection du film Persécutions
politiques en Russie : l'exemple des antifas de Nijny-Novgorod,
puis débat avec Alexandre Bikbov. Concert, à 19 heures,
avec Première Ligne, Tweez et Julie Colère. P.A.F. :
5 euros. Renseignements
complémentaires.
Saint-Hilaire-du-Rosier (38), 16 juin.
« Le goût du local », un moment pour
découvrir l'alimentation de proximité et échanger
sur nos pratiques de consommations. Visite de l'exploitation,
médiathèque sociale itinérante, marché
de producteurs, projection du film de l'AMAP Court-Circuit. A 14 h 30,
rencontre-débat organisée par le collectif La Rue
râle et le groupe Henry-Poulaille (FA). Champ Bouzard, La Plaine.
Merlieux, 20 juin. Rencontre-débat
à 18 h 30 avec Muriel Mollard, une écrivaine
locale, pour son premier roman Sans
bleu (La Main multiple). Apéro dînatoire.
Table de presse. Entrée libre et gratuite. Bibliothèque
sociale, 8, rue de Fouquerolles. Site
Internet.
Paris, 20 juin. Soirée
« Théâtre et politique » à
partir de 20 heures avec la pièce Victoire,
la fille du soldat inconnu, de Sylvie Gravagna (de la compagnie
Un pas de côté), suivie d'une discussion
en sa compagnie et avec Olivier Neveux, auteur de Politiques
du spectateur (La Découverte). Au CICP,
21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets
ou Nation). Entrée gratuite.
Paris, 22 juin. A 17 heures,
« Marx, l'anarchisme et les enjeux de l'émancipation
au XXe siècle », rencontre avec Philippe
Corcuff à la librairie du Monde libertaire, 145, rue
Amelot (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire.
Site Internet.
Rouen, 22 juin. Concert-tôt
en lutte majeure avec le groupe Dada, chansons d'humeur et d'humour,
à 17 h 30, librairie l'Insoumise, 128, rue
Saint-Hilaire.
Bagnolet, 28 juin. Projection
à 19 h 30 de Remue-ménage
dans la sous-traitance (70 min, 2008), documentaire
d'Ivora Cusack sur la lutte en 2002-2004 des femmes de ménage
de la société Arcade, suivie d'une discussion. Au Rémouleur,
106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).
Paris, 29 juin. Marie-Claire
Calmus présentera son nouveau spectacle Corps
et Mots (poèmes, chansons, chroniques) à l'occasion
de la sortie de son CD de chansons Passions
et Révoltes, à 16 h 30, à
la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.
Entrée libre.
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FOIRE
AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE
C'est
l'anarchie ! A l'initiative de la BAF, d'Antigone, de Faranches,
de la CNT, du local autogéré et d'une nébuleuse
d'individu.e.s, neuf jours autour des idées et pratiques
anarchistes : ateliers, discussions, conférences, chorale,
projections, débats, repas, apérorocks, balade à
vélo
« Parce
qu'il nous semble important de nous réapproprier l'histoire
de notre mouvement, d'agir sur nos présents et de construire
nos avenirs. (
) Parce que
nous souhaitons nous/vous rencontrer, renforcer nos liens, partager
nos points de vue et expériences. » Du 8
au 16 juin, à Grenoble, dans divers lieux,
programmation complète sur IndymediaGrenoble
Expo de pochoirs.
Jusqu'au 30 juin, exposition
de pochoirs par SO à la boulangerie La Conquête
du pain, 47, rue de la Beaune, 93100 Montreuil-sous-Bois
(M° Croix-de-Chavaux). La boulangerie est ouverte de 8
à 14 heures et de 16 à 20 heures, du lundi
au vendredi.
Marche Ponzán.
Cette année encore des personnes commémorent le réseau
d'évasion Ponzán dans les Pyrénées et
vous invitent à marcher avec elles les 22
et 23 juin. L'activité de ce réseau, composé
de militants anarchistes de la CNT espagnole, est relatée
dans le livre
d'Antonio Téllez Solá. Rendez-vous au village
d'Aston (Ariège) le samedi à 8 h 30.
Randonnée accessible aux débutants. Rendez-vous pour
le repas du soir (participation : 5 euros) et le couchage au
centre d'accueil La Freychède à Montferrier.
Musique et chansons à 22 heures avec Eric Fraj.
A l'initiative de la CNT Solidarité ouvrière (CNT-SO).
Renseignements
complémentaires.
Antifascisme.
Un week-end antifasciste et antiraciste, organisé par la
commission antifa de la CNT-RP, aura lieu les 28,
29 et 30 juin au 33, rue des Vignoles, Paris 20e
(M° Avron ou Buzenval). Repas, concerts, débats :
programme
complet à télécharger (PDF 803 Ko).
Courriel : com.antifa.rp(at)cnt-f.org
Sainte-Foy-la-Grande.
La ville natale d'Elisée Reclus sera le théâtre
d'une manifestation qui se tiendra du 8 au 13 juillet :
Les Reclusiennes. Organisées par l'association Cur
de bastide et plusieurs partenaires, elles veulent « abord[er]
chaque année l'une des questions
soulevées au XIXe siècle dans l'uvre d'Elisée
Reclus et l'explor[er] à
la lumière du présent ». Pour la
première édition, il s'agira du vote et de la citoyenneté :
« universitaires, chercheurs
et écrivains [se retrouveront] afin
d'exposer l'état de leurs réflexions, présenter
leurs travaux et confronter leurs points de vue
»
Au programme : ateliers, conférences et débats,
cinéma, concert, expositions, lectures, spectacle de rue,
dégustation de vins
Renseignements.
Grande
Nuit Léo Ferré. Pour rendre hommage à Léo
Ferré (1916-1993), disparu il y a vingt ans, le théâtre
Toursky (16, promenade Léo-Ferré, Marseille 3e)
organise une « Grande Nuit Léo Ferré »
(avec bal populaire après le spectacle) le 14 juillet,
à partir de 21 heures. De nombreux interprètes,
musiciens et danseurs « diront
ce qu'il fut, ce qu'il est ». « A l'amour
et à l'anarchie se déclinent d'autres thèmes
comme la solitude, la tristesse, le refus du pouvoir, la liberté,
l'exil, l'errance, l'argot, la mort, la nuit et le jour, l'enfance,
l'érotisme, le rien, l'insurrection de l'intelligence et
du cur, la révolte, la marge. » Cette
soirée sera retransmise sur écran géant et
en plein air à Marseille, à Paris, à Monaco
et en Italie à Castellina, ville où le poète
est décédé le 14 juillet 1993. Distribution,
réservation (obligatoire), informations pratiques sur le
site
du théâtre.
Rencontres libertaires.
L'Organisation communiste libertaire (OCL, site
Internet) organise chaque été dans l'Ariège,
à Eychenat, des journées de rencontres et de
débats. Elles se dérouleront cette année, du 22 juillet
au 2 août, dans un local mis à disposition
sur une ferme en activité. La vie quotidienne est collective :
les repas sont pris en commun et confectionnés par des équipes
tournantes ; les autres tâches sont également
assurés par rotation. Programme provisoire des débats :
23/07, « Contrôle du vivant » ;
24/07, « Internements psychiatriques abusifs » ;
25/7, « Psychiatrie avec et sans remède » ;
26/7, « Résistance au projet d'aéroport
de Notre-Dame-des-Landes » ; 27/7, « Pratiques
militantes » ; 28/7, « Restructurations
capitalistes et luttes d'entreprise » ; 29/7, « Autogestion,
coopératives
des alternatives au capitalisme ? » ;
30 et 31/7, « Journaux locaux de contre-information » ;
1er/08, « Qu'est-ce que faire de la politique aujourd'hui ? ».
Inscription : OCL, c/o Egrégore, BP 1213, 51058 Reims
Cedex. Renseignements
complémentaires.
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DIVERS
En vrac sur le Web
(juin). Certains intellectuels (dits islamo-gauchistes) s'élèvent
régulièrement contre l'athéisme qu'ils qualifient
de « haine de la religion »
et taxent ses partisans d'islamophobie, tout en sachant que les
adeptes de cette idéologie antimusulmans (ou anti-arabes,
bien souvent) ne sont généralement pas des sans-religion
mais des catholiques, des protestants et des juifs prêchant
pour leur propre chapelle. Etrangement, dans leurs écrits
et discours, il est rarement fait mention de « judéophobie »
ou de « christianophobie » ! Le dernier
avatar de ces « staliniens de la pensée »
semble être Pierre Tevanian, auteur de l'ouvrage La Haine
de la religion, comment l'athéisme est devenu l'opium du
peuple de gauche (La Découverte, 128 p.,
10 euros), paru récemment. Sur Mondialisme.org, Yves
Coleman analyse et critique sur des bases essentiellement marxistes
et de façon très pertinente ce pamphlet (lire
l'article « Le jésuite [1] Pierre Tevanian
est un digne représentant de la confusion gauchiste postmoderne
[2] »). Sur le même site, on peut télécharger
le catalogue « Ni patrie ni frontières
2002-2012 » (487 Ko) car la revue du même
nom aura bientôt onze ans d'existence et il était temps
de lister les nombreux titres qu'elle a publiés. Dès
son origine, elle se voulait une passerelle entre groupes d'extrême
gauche d'orientations différentes : « Nous
souhaitons éveiller la curiosité, le sens critique.
Nous voulons sortir des carcans mentaux et idéologiques imposés
par de longues années d'isolement. Rien ne nous est plus
étranger que le patriotisme, y compris sa variante étriquée :
le patriotisme d'organisation. » Jusqu'à
ce jour, elle y a plutôt bien réussie. Le 24 avril
dernier, le Cercle libertaire Jean-Barrué de la Fédération
anarchiste (33), l'Union juive française pour la paix (UJFP)
Aquitaine et la librairie du Muguet ont accueilli Pierre Stambul
à l'Athénée libertaire de Bordeaux. Il a animé
une conférence sur le sionisme suivi d'un débat autour
de son livre Israël/Palestine :
du refus d'être complice à l'engagement
(Acratie). L'auteur y démonte les mécanismes historiques
et actuels du sionisme et y développe les raisons de le combattre.
Près de deux heures de vidéos ont été
enregistrées et mises en ligne sur Youtube (présentation
de la conférence), sur le site du Cercle
libertaire et sur celui de la coordination
BDS 33. L'Institut international d'histoire sociale (IIHS,
Amsterdam) a organisé une exposition
virtuelle sur « Le néo-malthusianisme en France »,
dédiée à l'uvre de ses pionniers, les
anarchistes Paul Robin et, notamment, Eugène et Jeanne Humbert
(cf. bibliographies et bios sur Anarlivres), dont le fonds se trouve
à l'IIHS. « Les
idées de partisans ainsi que d'adversaires du contrôle
des naissances sont présentées à travers des
reproductions de catalogues de préservatifs, journaux, lettres,
brochures, extraits de livres et coupures de presse. Les brochures,
dont certaines sont très rares et fragiles, sont reproduites
en entier et peuvent se lire en ligne. » Est-il
utile de préciser que l'Eglise catholique fut au premier
rang de ceux qui dénoncèrent le « complot
néo-malthusien contre les bonnes murs et l'avenir de
la patrie ». Cette défense de la famille
passe de nos jours par le refus du mariage pour tous qui a occasionné
un déferlement de haine homophobe. Dans le cadre du Projet'aime,
Alexandra Mangone et Marie Mollier ont conçu un documentaire
en noir et blanc, sous-titré « Aimer qui on est
pour aimer qui on veut », afin de présenter avec
sobriété et sensibilité le témoignage
de quinze personnes expliquant leurs coming out et ses conséquences.
Les réalisatrices souhaitent que ces moments de vérité
aident les associations dans leurs travaux d'information auprès
des plus jeunes. Autre film, sur la crise grecque et sur les possibilités
de bâtir un autre monde, Ne vivons
plus comme des esclaves, réalisé par Yannis
Youlountas, est en voie d'achèvement. On
peut visionner dès maintenant la bande-annonce (versions
courte
et longue),
participer à la souscription
pour aider à sa libre diffusion et/ou contacter
le réalisateur afin d'organiser des projections-débats.
Les chimpanzés du futur se révolteraient-ils ?
Cela semble être le cas lorsqu'on découvre la vidéo
de Camille Ludd retraçant leur intervention au cours du Forum
de la biologie de synthèse qui a failli se tenir à
Paris le 25 avril. Ils voulaient ainsi dénoncer
les campagnes de manipulation visant à faire accepter le
développement des techno-sciences. Vous en saurez plus en
vous référant aux diverses contributions
du groupe Pièces
et Main-d'uvre. Le Musée d'art moderne André-Malraux
du Havre accueille jusqu'au 29 septembre une exposition
consacrée à Camille Pissaro (1830-1903). « Cent
dix ans nous séparent du décès de cet éminent
"anartiste". Ce sera l'occasion pour de nombreux visiteurs
de découvrir la vision de ce peintre anarchiste quant aux
activités humaines industrielles et portuaires
»
Felip Equy, sur le site Autre
Futur, nous en dit plus sur ce personnage. Parce qu'il n'était
« pas satisfait du paysage
vidéo ludique actuel, pas satisfait des idéologies
qui y sont transmises. Sur le fond d'abord, car les plus grosses
ventes se font sur des jeux baignant dans une imagerie guerrière
impérialiste, où il est de bon aloi de tirer sur tout
ce qui est différent de nous en réponse à des
menaces terroristes fantasmées. (
) Mais
également sur la forme, où l'on nous jette au visage
des codes issus de la publicité, avec des héros bodybuildés
et des adjuvantes avec d'énormes poitrines où tout
est histoire de performances et de quantifiable »,
il a créé un jeu vidéo avec les ouvriers d'Arcelor
Mittal de Florange : Kill Mittal.
Présentation sur le site
de la CNT-F. On peut y jouer sur son navigateur, le télécharger
gratuitement en version Windows et/ou Mac OS X. Rendez-vous
sur Killmittal.com
Reconnaissant « des lacunes
de game design et de gameplay », l'auteur espère
néanmoins que cela éveillera des « consciences
chez ces développeurs indépendants qui font tellement
de différence entre leurs idéologies et les uvres
qu'ils produisent ». Game over.
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PÉRIODIQUES
Qu'y
a-t-il de commun entre des pères qui montent sur des grues
afin de réclamer un droit de visite pour leurs enfants, Eric
Zemmour, un romancier antiféministe, une page « Osez
le masculin » ouverte sur Facebook par des étudiant
de l'IEP de Bordeaux, le carnage à l'Ecole polytechnique
de Montréal en 1989 d'un tueur qui ciblait les femmes ?
Le masculinisme !
Alternative
libertaire (n° 228, mai, 20 p., 2 euros,
site)
y consacre quatre pages pour dénoncer cette idéologie
qui, sous des dehors égalitaristes, est une machine de guerre
contre le féminisme. Le mouvement, au Québec et en
France, veut privilégier les droits des pères, combattre
la crise de la « masculinité » et les
violences faites aux hommes
Se prétendant victimes
d'une société qui se serait féminisée,
leurs « objectifs politiques
visent à renforcer les privilèges masculins ».
Premier numéro de la « Lettre d'info de la Coordination
des groupes anarchistes [CGA] », Résistances
libertaires (mai, 4 p., à
télécharger) avec l'annonce de la création
d'un collectif antifasciste dans l'Hérault, une brève
à propos des expulsions à Saint-Denis, un appel à
la solidarité contre les agressions homophobes, la relaxe
d'un libertaire à Montpellier, condamné en première
instance à un mois de prison avec sursis pour possession
d'Opinel et refus de prélèvement ADN. La volonté
de criminaliser les mouvements sociaux s'est ainsi heurtée
à la mobilisation militante. Un dernier article présente
la CGA et l'on peut constater que l'essentiel de sa présence
se concentre dans le sud de la France. Le « bulletin
anarchiste de Paris et sa région » Lucioles
(n° 9, mai, recto-verso, à
télécharger) appelle à la fois à
la résistance contre la boboïsation des quartiers populaires
de la capitale et cite une affiche se concluant par : « La
ville, nous ne voulons ni nous en évader ni nous la réapproprier,
nous voulons détruire intensément et dans la joie
le monde qui la produit, et elle avec elle. »
A propos du « mariage pour tous » :
deux ennemis
frères jumeaux. D'un côté,
les opposants, avec leur « morale
médiévale » et leur « obscurantisme
religieux » ; de l'autre, l'Etat, avec
sa volonté de contrôler et de normaliser. Des infos
sur les prisons : une nouvelle à Beauvais, d'autres
enfin en rénovation, une entreprise (Gepsa) réalise
ses bénéfices sur le dos des prisonniers
De
nombreux articles de Subversions
(n° 2, avril, 64 p., 2 euros, c/o Bibliothèque
Libertad, 19, rue Burnouf, 75019 Paris, courriel : subversions[at]riseup.net)
peuvent énerver, irriter, parce qu'ils renvoient à
une lutte qui se voudrait sans concessions, idéale, et qui
paraît peu sensible aux réalités sociales et
humaines
Pourtant,
ces textes « poil à gratter » sont
bien nécessaires, ils relancent la réflexion et nous
évitent de nous endormir dans un conformisme protestataire.
D'abord une analyse de « l'ouvriérisme
comme idéologie au services des patrons »
parce que les travailleurs acceptent, pour vivre, la pollution,
la mort et l'inutilité de certaines activités. Notre-Dame-des-Landes
et les potentialités des luttes spécifiques. Que penser
des ONG et de l'humanitaire, complices du pouvoir étatique
et gérants des étrangers indésirables, quand
ce n'est pas sous le treillis un « militarisme à
visage humain » ? A propos de la rencontre anarchiste
internationale de Zurich en novembre 2012, des contributions
posent la question « de comment
faire dérailler ces mouvements (protestataires) de
leur voie réformiste pour tenter l'inconnu insurrectionnel ? »
Une attaque en règle contre les « marchands de
papier », anarchistes ou non, qui éditent des
écrits libertaires grâce aux subventions publiques.
Un très intéressant article (traduit d'une anthologie
en italien) sur « L'anarchisme autonome de Guiseppe Ciancabilla »
(1871-1904), théoricien du courant anti-organisationnel,
défenseur des actes individuels de révolte, polémiste
opposé à « tout
tacticisme et calcul politiques ». Et bien d'autres
choses encore
L'autogestion
aurait-elle le vent en poupe ? Deux manifestations (on dit
aussi « foires » !) sur ce thème,
l'une à Toulouse fin avril, l'autre début juin à
Montreuil.
Pas étonnant donc que Le Monde
libertaire (hors-série n° 49, mai-juin, 64 p.,
5 euros, site)
y consacre un numéro spécial, plutôt bien fait
(textes intéressants, maquette réussie, belles illustrations).
Tout d'abord, pour déblayer le terrain et éviter les
confusions dans les années 1970, tout le
monde ou presque était pour l'autogestion , un
peu de théorie : ses multiples facettes, une courte
histoire de l'autogestion à la française, le « modèle »
yougoslave
. Ensuite, la mise en pratique : à l'école,
une entreprise du bois, une coopérative alimentaire, une
AMAP de Saint-Denis, Cecosesola au Venezuela, Espace noir et Imagine
dans le Jura suisse. En prime, une bande dessinée sur le
capitalisme vert (pardon le « Green Bizne$$ »)
dont on lira avec délectation les sept commandements, et
une interview de King Ju du groupe Stupeflip. Le
14 juillet prochain, il y aura vingt ans que mourait Léo
Ferré (1916-1993, bibliographie).
Les Editions du Petit Véhicule viennent de publier le n° 11
des Cahiers Léo Ferré
(180 p., 22 euros, site)
presque exclusivement consacré à La Mémoire
et la Mer (version complète, titrée tout
d'abord Les Chants
de la fureur), ce « poème-monde »,
selon Luc Vidal (à la librairie du Monde libertaire le 13
juin), fut écrit sur l'îlot du Guesclin à
proximité de Saint-Malo et de Cancale. « Il
aura fallu une quinzaine d'années à Léo Ferré
pour y mettre le point final. Le poète musicien en tirera
comme d'un vin nouveau sept partitions-chansons : FLB,
La Mer noire, Géométriquement tien, Des Mots,
La Marge, Christie et cette
Mémoire et la Mer [clip
et paroles], clé de voûte
du fameux double album Amour Anarchie des
années soixante-dix. » On y retrouve aussi
Richard Martin, « homme-comédien,
homme-metteur en scène, homme-diseur de poèmes »,
qui organise une « Grande Nuit Léo Ferré »
au théâtre Toursky de Marseille (lire
ci-dessus). Signalons par ailleurs la sortie du n° 20
des Cahiers Octave Mirbeau
(avril, 376 p., 31 euros avec l'adhésion à
l'association, site)
dont le sommaire
est toujours aussi impressionnant et varié (études,
documents, témoignages, bibliographie).
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