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PUBLICATIONS
On
oublie quelque fois que la résistance au nazisme a commencé
en Allemagne et Erich Mühsam (1878-1934, lire biographie),
poète et anarchiste, est sans doute l'une des plus belles
figures de ce combat. Les Editions
du Sandre nous le remémorent à leur façon
en publiant Bohème et révolution.
Journaux intimes (1910-1924) (trad. de Charles Daget, 420 p.,
26 euros). Le traducteur retrace tout d'abord le parcours de
celui qui, dès 1913, ne se faisait plus d'illusion sur
le « pacifisme » de la social-démocratie
qu'il traitait de « bismarxisme », participa
à la révolution des conseils (1918-1919) dont l'échec
et la répression auguraient de la montée du nationalisme.
Trop occupés à s'entre-déchirer, communistes
et socialistes allemands laissèrent la voie libre à
Hitler et à ses troupes. Comme beaucoup d'autres, Mühsam
le paiera de sa vie, pendu le 10 juillet 1934 par les
gardiens SS du camp d'Oranienburg. Ses Mémoires seront sauvés
par sa veuve et ce n'est qu'après la chute du mur de Berlin
qu'une partie sera publiée en 1994, celle qui nous est proposée
aujourd'hui. A travers ces écrits journaliers, nous
partageons l'intimité du personnage, ses amours, sa vie de
bohème dans le Montmartre bavarois, ses difficultés
d'existence, sa militance, ses séjours en prison, les luttes
sociales, l'activité des révolutionnaires, la fièvre
militariste
C'est un témoignage irremplaçable,
enrichi de précieuses notes, sur un homme qui se livre totalement
et sur une période exceptionnelle, dans l'il du cyclone.
L'ouvrage d'Alain Dubois, Jean Rostand,
un biologiste contre le nucléaire (préf. de
Jacques Testart, Berg
International, 184 p., 19 euros), a
tout d'abord le mérite de remettre à l'honneur un
homme libre qui, en tant que scientifique et moraliste, s'est élevé
contre le nucléaire, essentiellement militaire alors, en
alertant sur les dangers de mutation du patrimoine génétique
des êtres humains soumis à des doses de radiation.
Risque imprescritible par la transmission héréditaire ,
sans seuil de nocivité minimal et pouvant se répandre
par le biais des particules radioactives au gré des vents.
Les textes de Jean Rostand (1894-1977, biographie
sur Wikipedia), écrits dans les années 1960
à 1970, datent un peu et doivent être replacés
dans le contexte de l'époque mais la généralisation
du nucléaire civil n'a fait qu'amplifier le danger. Et ses
opposants ont quelque peu négligé cet aspect qui est
beaucoup plus mis en relief dans la lutte contre les organismes
génétiquement modifiés (OGM). C'est l'autre
intérêt du livre, et pas le moindre, qu'un autre homme
de science réactualise la pensée du biologiste dans
la seconde partie. Alain Dubois s'attaque ainsi aux arguments des
nucléocrates et les réfute avec rigueur. Que ce soit
sur l'inéluctabilité des accidents et leurs conséquences
réelles (Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyle et Fukushima nous
ont beaucoup appris à ce sujet), sur le lobby nucléaire
et son culte du secret, sur l'absence de démocratie concernant
les choix à faire, sur les scientifiques « asservis »
et « caporalisés », sur les questions
économiques et sociétales ou les effets biologiques
des radiations, l'auteur se livre à un implacable réquisitoire.
En
lisant Alexandre Marius Jacob. Le
forçat intraitable (préf. de Lucio Urtubia,
Riveneuve éditions,
151 p., 15 euros), on se dit que l'écriture de
Jacques Colombat est très cinématographique :
des plans courts, des retours en arrière, des indications
en voix off, une narration nerveuse et précise, des
« surimpressions »
Quel beau scénario
de film, cela ferait ! Et, un peu bête, on constate au
dos du livre que son auteur est cinéaste. Tout ou presque
a été dit sur Alexandre Marius Jacob, celui qui a
« préféré
être voleur que volé », sur ses cambriolages
rocambolesques et son attitude pleine de panache, sa condamnation
au bagne, sa résistance à la « guillotine
sèche », sa libération après plus
de vingt-cinq ans d'enfermement, sa vie d'homme libre, son amour
à 75 ans pour une femme beaucoup plus jeune et son suicide
car il est « plus raisonnable
de clore soi-même le moment plutôt que de laisser ce
soin à nos organes ». Magnifique vie que
nous conte avec brio Jacques Colombat qui ne manque pas de citer
la déclaration de Jacob lors de son procès :
« S'il y a vol, ce n'est
que parce qu'il y a abondance d'une part et disette de l'autre,
que parce que tout n'appartient qu'à quelques-uns. »
C'est toujours d'actualité ! Son choix de clap final
nous amène inévitablement à l'ouvrage publié
par Les Editions
libertaires, A chacun sa propre
mort (196 p., 15 euros), qui
nous rappelle ce que nous voudrions oublier : la vie est une
maladie mortelle. Réclamant le droit de mourir dans la dignité,
sereinement, au moment choisi, ces courts textes de philosophes,
d'écrivains, de poètes, de scientifiques ou
de simples mortels nous disent aussi leur façon de concevoir
la mort, de l'appréhender, de l'apprivoiser. C'est beau,
émouvant, triste et gai lorsque la délivrance est
choisie ou consentie ; révoltant, intolérable,
cruel et barbare, lorsque les autres s'obstinent. Sénèque,
65 après J.-C., disait déjà que « bien
mourir, c'est se soustraire au danger de vivre mal ».
Rien de nouveau depuis. En France, il existe une loi hypocrite
qui, en voulant pallier, ne résoud rien. Notre corps, malgré
les beaux discours, ne nous appartient toujours pas et demeure propriété
de l'Etat, de l'Eglise, de la Société, du Capital
Quand comprendra-t-on que « vivre
est un droit, pas une obligation » ? Quand
mettrons-nous fin à cet acharnement ? En refermant L'Islamisme,
vrai visage de l'islam (Les Editions
de Paris - Max Chaleil, 80 p., 9 euros) de Hamid Zanaz,
on ressent un malaise. Sa critique de l'islam est implacable, étayée
et nécessaire, surtout
lorsque certains veulent nous faire prendre des vessies religieuses
pour des lanternes progressistes et que d'autres expriment leur
racisme et leur refus de la différence sous couvert de laïcité.
Il nous avertit de ne pas baisser la garde et, par contre-coup,
nous laisse peu d'illusion sur l'avenir et l'évolution des
« révolutions » arabes, coincées
entre intégrisme et ploutocratie. Mais nous ne pouvons pas
le suivre quand il affirme que, contrairement aux autres religions,
l'intégrisme est intimement lié à l'islam.
Toute religion « révélée »
contient en germe son intégrisme. A chaque critique
adressé à l'islam, on trouve son parallèle
ailleurs : le sexisme (catholicisme et judaïsme se sont
aussi pas mal illustrés sur ce thème), le prosélytisme
(les croisés chrétiens jadis et les évangélistes
maintenant), l'absence de séparation entre le religieux et
le politique (quid du bouddhisme tibétain et des nombreuses
démocraties chrétiennes), l'irréformabilité
(aucune religion n'a évolué sans contrainte)
Seule la lutte et le sacrifice de certains ont
permis de faire reculer l'obscurantisme religieux, et nulle part
nous ne sommes à l'abri d'une contre-offensive violente ou
sournoise. Saluons plutôt le courage des athées et/ou
des laïcs arabes ; l'évolution du penseur Abdallah
Al-Quassimi (1907-1996, pour
en savoir plus), du wahlabisme au rejet de la religion, est
aussi plutôt réconfortant. Gaston Couté (1880-1911,
lire biographie),
poète-chansonnier anarchiste, célèbre au début
du XXe siècle dans les cabarets de la Butte, n'est pas
tombé dans l'oubli : des dizaines d'interprètes
célèbrent son uvre et, régulièrement,
diverses manifestations entretiennent son souvenir. C'est
cependant, à notre connaissance, la première
fois qu'un(e) universitaire lui consacre un ouvrage. Avec Gaston
Couté, le dernier des poètes maudits. Chanson, poésie
et anarchisme à la Belle Epoque (Presses
universitaires de la Méditerranée, coll. Arts,
352 p. + 1 CD audio, 23 euros), Elisabeth Pillet
retrace le parcours du « diseux », évoque
l'histoire de la chanson et de la poésie françaises
de cette époque à travers les textes, les lieux et
les publics, et s'attache à étudier la langue si particulière
de celui qui a eu recours au patois beauceron. Ce qui fait de lui
un auteur d'« une exceptionnelle
puissance poétique, alliant humour et violence, lyrisme et
révolte sociale, langue populaire et invention verbale, de
la famille des Rimbaud, Verhaeren ou Lautréamont ».
Professeur au département de français à l'Université
Dalhousie en Nouvelle-Ecosse (Canada), Vittorio Frigerio, auteur
du recueil de textes Emile Zola au pays
de l'anarchie, récidive avec Nouvelles
anarchistes.
La création littéraire dans la presse militante (1890-1946)
(Ellug, coll.
Archives critiques, 272 p., 25 euros). Après avoir
établi une classification des uvres choisies, où
l'on trouve aussi bien les attendus « Imaginaire de la
violence » et « Paraboles et allégories »
que le plus surprenant « Contes de Noël »,
il nous emmène à la (re)découverte d'auteurs
tels que Jean Richepin, Han Ryner, Emile Armand (E. Armand
aurait été plus convenable !), Manuel Devaldès,
Mauricius, Victor Méric, Lucien Descaves, Albert Libertad,
et d'autres bien moins connus. C'est un formidable voyage au sein
d'une littérature multiforme, par les styles et les genres,
qui célèbre parfois avec naïveté
le message libertaire et appelle à la révolution sociale.
On peut être surpris toutefois par l'absence de Jean Grave.
Jean-Pierre Levaray, l'ouvrier qui écrit ne dite
pas écrivain, cela le fâche , a remis le
couvert et, décidément, veut la peau de « son »
boss. Avec Tue ton patron, saison
2 (illust. de Thierry Guitard, Libertalia,
144 p., 8 euros), il
ne s'agit pas cette fois de l'acte isolé d'un chômeur
mais de la décision prise en commun de salariés d'une
usine fabriquant des composants électroniques pour le secteur
automobile. Face aux licenciements, aux délocalisations,
« tous ensemble, tous ensemble », pratiquons
en masse le « patronicide »
Ne comptez
pas sur moi pour déflorer plus en détail l'intrigue,
lisez-le et, pourquoi pas, offrez-le à votre employeur. Attention,
cette lecture soulage, procure une douce sensation de satisfaction,
mais ne doit pas anesthésier la douleur sociale !
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RÉUNIONS-DÉBATS
Saint-Denis,
mai. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures
à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue
Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris).
Cycle « Mai féministe » : le
9 (mercredi), « Les violences faites aux femmes »,
avec le Planning familial de Montreuil ; le 15,
« Anarchisme, féminisme, contre le système
prostitutionnel », avec Elisabeth Claude ; le 22,
« Le mouvement du Nid », avec une animatrice
du Nid ; le 29, « Sexisme
et médias », avec Natacha Henry. Site
Internet.
Bordeaux, 12 mai.
Projection de documentaires sur les prisonniers politiques grecs
et la situation actuelle de délabrement démocratique,
à 17 heures, à l'Athénée libertaire,
6, rue du Muguet. Puis, à 19 heures, concert
de rebetiko (chant, bouzouki, guitare, cuillères) avec un
groupe d'Athènes. Prix libre.
Saint-Denis, 13 mai.
De 15 heures à 17 heures, « Dimanches
au musée » avec la Dionyversité. Lucien
Séroux viendra parler, images à l'appui, du dessinateur
Aristide Delannoy (1874-1911). Rendez-vous au musée d'art
et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri
(M° Porte-de-Paris ou RER D). Entrée libre.
Site
Internet.
Millau, 16 mai.
Soirée cinéma libertaire organisée par No Pasaran 12 :
Changement de situation, de Camille
Plagnet et Jeanne Delafosse, à propos de solidarités,
d'autonomie et de résistances dans le Massif central. A 20 h 30,
librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin. Site
Internet.
Bagnolet, 17 mai.
A 19 h 30, projection du film Jour
de sortie, réalisé à la maison d'arrêt
de Varces par des prisonniers et Fabien Fischer ; présentation
du n° 32 de L'Envolée
(site
Internet), journal anticarcéral ; et débat
sur « Sortir de prison ne signifie pas recouvrer la liberté ».
Le Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre
ou Gallieni). Courriel : leremouleur(at)riseup.net
Montpellier, 18
mai. Projection du film Spezzano
albanese (35 min), de G. Burnod et D. Rappe, et
débat : « La Fédération municipale
de base ou la démocratie directe contre le pouvoir municipal ».
A 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue
Henri-René. Site
Internet.
Saint-Jean-du-Gard,
21 mai. Conférence-débat sur l'anarchie
et ses lieux communs, amenez vos textes favoris ! A 19 heures,
bibliothèque-infokiosque, 152, Grand-Rue. Infos
complémentaires courriel : bibliotheque152(at)riseup.net
Montpellier, 24 mai.
Conférence-débat sur « Littérature
et anarchisme », à 20 h 30, animée
par Patrick Fornos et Antoine Barral. Centre Ascaso-Durruti, 6, rue
Henri-René. Site Internet.
Saint-Jean-du-Gard,
28 mai. Conférence-débat sur le mouvement
surréaliste, à 19 heures : « exposé
savant mais néanmoins passionnant ». Bibliothèque-infokiosque,
152, Grand-Rue. Site
Internet - courriel : bibliotheque152(at)riseup.net
Genève, 29 mai. Léon
de Mattis présentera en soirée son ouvrage Crises
(Entremonde) à La Buvette des Cropettes, Ilot 13,
rue de Montbrillant 14.
Paris, 30 mai.
La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un
débat autour de l'ouvrage collectif La Bio,
entre business et projet de société (Agone),
avec deux des auteurs : Michel Besson et Silvia Perez-Vitoria.
Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets
ou Nation). Courriel : quilombo(at)globenet.org - site
Internet.
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FOIRE
AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE
Anarcho-syndicalistes
grecs. Le secrétariat international de la Confédération
nationale du travail (CNT) a organisé une tournée
de rencontres-débats avec des anarcho-syndicalistes grecs
de l'ESE du 2 au 16 mai :
« Résistances sociales et luttes anticapitalistes.
L'alternative du syndicalisme de base en Grèce ».
Lieux et dates : Nancy et Metz, 2 mai ; Strasbourg,
3 mai ; Dijon, 4 mai ; Lyon, 5 mai ;
Paris, 6 mai ; Lille, 7 mai ; Villefranche-sur-Saône,
8 mai ; Grenoble, 9 mai ; Nîmes, 10 mai ;
Marseille, 11 mai ; Toulouse, 12 mai ; Limoges,
13 mai ; Vendée, 14 mai ; Nantes, 15 mai ;
Rennes, 16 mai. Précisions sur le Forum
anarchiste révolutionnaire.
Théâtre.
La septième édition du Festival international de théâtre
anarchiste de Montréal (Fitam) se déroulera (à
partir de 19 h 30) les 15
et 16 mai avec la participation d'une trentaine d'artistes
en provenance des Philippines, de France, des Etats-Unis et du Canada.
Deux soirées de théâtre socialement engagé
et provocant, en français et en anglais. Lieu : La Sala
Rossa, 4848, boulevard Saint-Laurent. Les billets sont disponibles
au coût de 12 dollars canadiens à la librairie
anarchiste L'Insoumise, 2033, boulevard Saint-Laurent, ou à
l'entrée de la salle. Pas de places réservées.
Programme complet sur le site
Internet. Contact : festivaltheatreanarchiste(at)yahoo.ca
Salon du livre anarchiste
de Montréal. Il se tiendra dans deux bâtiments
l'un en face de l'autre, autour du Parc Vinet, les 19
et 20 mai, de 10 heures à 17 heures.
Au Centre d'éducation populaire de la Petite-Bourgogne et
de Saint-Henri (CEDA), 2515 rue Delisle, et au Centre culturel Georges-Vanier
(CCGV), 2450 rue Workman. Présence de nombreux exposants
venu du Québec, d'Amérique du Nord et d'Europe. Courriel :
info(at)salonanarchiste.ca - plus d'infos sur le site
Internet du salon - Facebook
- Twitter.
« Le
Larzac s'affiche ». Exposition
d'affiches, du 24 mai au 24
juin, à la librairie Quilombo, 23, rue Voltaire,
Paris 11e. Le 28 octobre 1971, les habitants du plateau
du Larzac apprennent à la télévision, par la
voix du ministre des armées, Michel Debré, la décision
officielle de l'extension du camp militaire. Les paysans décident
alors de s'engager dans une lutte pour défendre leurs terres
Ouverture de la librairie : du mardi au samedi, de 13 heures
à 20 heures. Tél. : 01-43-71-21-07
courriel : quilombo(at)globenet.org site
Internet.
Festival off de l'anarchie
à Québec. Le Collectif anarchiste l'(A)telier
organise trois jours d'animation, les 24,
25 et 26 mai. Jeudi, à partir de 19 h 30,
projection du film documentaire Anarchroniques,
avec la cinéaste Karine Rosso et Fernando Garcia Blanes,
suivie d'une soirée dansante, à l'Agité-e,
251 Dorchester. Vendredi, à partir de 19 heures,
lancement du livre Perspectives libertaires
sur les services publics, puis débat avec Serge Roy,
à la librairie Saint-Jean-Baptiste, 265, rue Saint-Jean.
Samedi, de 9 h 30 à 16 heures, conférences
et ateliers, à L'Agité-e. Plus
d'infos. Courriel : ucl.quebec(at)causecommune.net
Salon du livre anarchiste
de Lisbonne. La 5e Feira do livro anarquista souhaite diffuser
les idées anarchistes à travers livres et publications
et propose des débats et des rencontres. Elle se tiendra
du vendredi 25 mai au dimanche 27 mai
à la Faculdade de belas artes, à Lisbonne (Portugal).
Renseignements complémentaires sur Internet
et par courriel : feiradolivroanarquista(at)gmail.com
Orient
et Occident. Une journée d'étude sur le thème
« Elisée Reclus, l'Orient et l'Occident à
l'âge des empires » aura lieu mercredi
30 mai, à partir de 10 heures, à
l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), 105, boulevard
Raspail, Paris 6e. Les intervenants (Ronald Creagh et Philippe
Pelletier, entre autres) analyseront « la
contribution de l'uvre géographique d'Elisée
Reclus (1830-1905) à la critique du fait colonial et de l'hégémonie
européenne, et [clarifieront]
sa représentation de l'Europe et de son autre par rapport
à la science de son temps. Il ne s'agit pas de construire
une icône anticoloniale au milieu d'un establishment conformiste
et orientaliste, mais de comprendre dans le contexte de son époque
la production et la signification de l'uvre d'un savant qui
a été à la fois un géographe et l'un
des fondateurs du mouvement anarchiste ». Programme
complet.
Petit Salon du livre
politique. La 5e édition aura lieu les 2
et 3 juin, de 14 heures à 20 heures,
au Lieu-dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e. On y retrouvera
les éditions Amsterdam, Entremonde, Ère, La Fabrique,
L'Echappée, Le Passager clandestin, L'Epervier, Les Prairies
ordinaires, Le Temps des cerises, Libertalia, Lux, Nous, Raisons
d'agir, Rue des cascades, Syllepse et Zones.
Bobines rebelles.
Le 5e festival du documentaire politique et social en Creuse
aura lieu les 8 et 9 juin
à Royère-de-Vassivière et au Villard.
Vendredi, à 21 h 30, au bar L'Atelier (Royère) :
sélection de courts métrages reprogrammés le
lendemain. Samedi, de 10 heures à 24 heures,
dans trois salles au Vilard : projection de nombreux films.
Des débats auront lieu dans un espace à part à
la suite des séances ; thèmes d'ores et déjà
prévus : sur le travail et l'évolution des luttes
sociales, sur la guerre civile espagnole et le pacte de silence
et d'oubli, sur le puçage et les dérives technicistes
Entrée à prix libre. A boire et à manger, hébergements
possibles. En marge du festival, toute la journée de samedi,
plusieurs librairies tiendront table de presse. Programme complet
et renseignements pratiques à télécharger sur
le site
Internet.
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DIVERS
En
vrac sur le Web (mai). Du 14 au 22 mai (rendez-vous
à 13 h 30, 10e chambre correctionnelle, tribunal
de grande instance de Paris, métro Cité, pour la première
audience), six personnes seront jugées sous l'accusation
d'association de malfaiteurs à finalité terroriste.
Inès (Isa), Javier (Juan), Damien, Ivan, Franck (Farid) et
Bruno ont chacun effectué entre cinq et treize mois
de détention préventive et sont depuis sous contrôle
judiciaire. « Les six inculpés,
comme des centaines de milliers d'autres personnes, ont pris part
aux différentes luttes sociales de ces dernières années :
mouvement CPE, révoltes lors des élections présidentielles
de 2007, luttes contre l'enfermement des sans-papiers et pour
la liberté de circulation
De manifs sauvages en sabotages,
la conflictualité qui s'exprimait dans ces luttes débordait
souvent du cadre légal ou des habituelles médiations
politiques et syndicales. Et quand ça remue, l'Etat cherche
à punir un petit nombre pour faire peur à tous :
par la police et la justice, il tente toujours de séparer
les bons manifestants des vilains casseurs,
d'isoler les actes du contexte dans lequel ils s'inscrivent, et
de finalement diviser pour mieux régner. Et ce qui est attaqué
là, c'est aussi un ensemble de mauvaises intentions et la
tentative de les mettre en pratique de manière autonome. »
(Extrait de l'« Appel à solidarité ».)
Sur Infokiosques.net, on peut consulter un dossier
très complet qui regroupe lettres des inculpés,
comptes rendus d'actions de solidarité, textes et analyses,
communiqués d'organisations politiques, articles de presse,
etc. ; télécharger les différents numéros
de Mauvaises intentions sur l'« outil
antiterroriste », dont le n° 3
récemment paru axé sur le procès, et diverses
brochures. Un concert de solidarité aura lieu le vendredi
11 mai à la Parole errante, 9, rue François-Debergue,
à Montreuil (M° Croix-de-Chavaux) : à
partir de 18 h 30, point d'info et présentation ;
à 20 heures, concert avec les Louise Mitchels,
Tweez, Pierre & Bastien et Gommard (bouffe et entrée
à prix libre). L'anarchisme
et les anarchistes ont souvent été confrontés
à la justice et au droit
mais l'anarchie est-elle soluble
dans le droit ? On en saura peut-être un peu plus le
23 novembre, après la sixième journée
d'études de l'Institut d'études de droit public (IEDP)
de l'universié Paris-Sud-XI qui a pour thème « Droit
et anarchie ». Les personnes qui désirent y participer
doivent présenter leur proposition de communication au plus
tard le 30 juin (en
savoir plus). Plusieurs pistes sont d'ores et déjà
présentées : « Les interactions entre
pensée juridique et pensée anarchiste »,
« La part du droit dans l'anarchie », « La
part d'anarchie dans le droit », « Le droit
en lutte contre l'anarchie »
Programme alléchant,
avis aux amateurs ! La Bibliothèque nationale de
France s'est souvenu qu'il y a cent ans, en avril 1912, la
police « démantelait
progressivement la bande à Bonnot » (sic)
et pour cela a sorti de ses tiroirs des photographies
anthropométriques de quelques protagonistes de l'affaire,
la « une » du
Petit Journal relatant l'attaque
de l'encaisseur rue Ordener et celles du Petit
Parisien pour le braquage
de la Société générale à
Chantilly le 26 mars 1912, pour l'exécution
de Jules Bonnot et l'assaut
de la troupe contre Garnier et Valet à Nogent les 14
et 15 mai. Entre la presse de l'époque et celle d'aujourd'hui
(se rappeler de l'affaire de Tarnac), une constance : sa grande
servilité vis-à-vis des pouvoirs et des institutions.
Notons, tout de même, que la multiplication des médias
et la généralisation d'Internet, entre autres, permettent
que la farce dure moins longtemps. Vous souhaitez effectuer une
visite touristique un peu particulière de la capitale ?
Eh bien connectez-vous au site d'information StreetPress qui a réalisé
« La carte
des droites nationales et radicales à Paris ».
C'est un reportage sur les hauts lieux de l'extrême droite
(avec les adresses, les « spécialités »
et les activités) : bars et restaurants, boutiques et
librairies, locaux divers, cercles et événements,
médias, églises, lieux symboliques
On y apprend
que le portrait de Jean-Marie Le Pen en corsaire trône dans
un lieu où la bière coule aussi, que certains tentent
de récupérer la Commune de Paris (« une
résistance nationaliste face à l'invasion allemande »),
où acheter des ouvrages puant de haine(s) et de complot(s)
ou bien des compil de chants de la Waffen SS, où déguster
une soupe de Solidarité des Français (garantie pur
porc), etc. Cela vaut bien la tour Eiffel ou
Disneyland ?
Une souscription a été lancée par la Confédération
nationale du travail (CNT) pour préserver le local historique
du 33, rue des Vignoles (« Dites 33
et souscrivez maintenant ! ») car il « est
aujourd'hui menacé à défaut de réalisation
de travaux d'entretien, de rénovation, impliquant de lourdes
charges financières, ceci dans le cadre d'une négociation
avec la mairie de Paris. Ce qui est en jeu, c'est le maintien à
Paris d'un espace de luttes autogéré inscrivant son
activité dans l'esprit des premières Bourses du travail
tout en étant ouvert aux conditions du combat social de ce
troisième millénaire ». Plusieurs
modalités de soutien financier sont possibles : prélèvement
mensuel, don par chèque, assister aux actions qui auront
lieu (réunions publiques, expositions, concerts, compilation
musicale, brochure consacrée au « 33 »
).
Informations
complémentaires. Soutien toujours
avec la montre de Radio-Libertaire, éditée pour ses
trente ans. Elle est en vente au prix de 25 euros à
la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris.
Et par courrier, contre un chèque de ce montant à
l'ordre de DMC. Pour terminer, quelques textes intéressants
glânés çà et là. Sur le site Kabyles.net,
on lira avec intérêt un portrait complet et juste de
« Zo
d'Axa : écrivain pamphlétaire et journaliste libertaire ».
Rebellyon.info présente, lui, un texte intitulé « Pour
une histoire de l'anti-impérialisme anarchiste »
qui aborde la spécificité de celui-ci (contre le nationalisme),
les positions de Bakounine et de la Première Internationale,
et quelques exemples d'intervention sur ce thème (Europe
de l'Est, Maghreb, Amérique du Sud, Asie
). Tout en
regrettant l'absence d'une étude exhaustive sur le sujet,
on ne peut que saluer cet essai qui donnera peut-être envie
à un universitaire de se lancer. Quant à Plusloin.org,
il livre des « Chroniques
de la Première Internationale » de Maximilien
Rubel qui, tout en établissant une chronologie de l'Association
internationale des travailleurs (de 1864 à 1876),
montrent « qu'à travers
les personnalités de Marx et de Bakounine s'affrontent ils
en étaient l'un et l'autre parfaitement conscients
deux conceptions, voire deux méthodes foncièrement
opposées de la lutte ouvrière ».
Nabu
Press, Kessinger et autres. Récemment, une internaute
m'a (gentiment) reproché de faire de la pub pour Nabu Press
à propos du reprint
de L'Anarchisme aux Etats-Unis,
de Paul Ghio. Elle avait en partie raison car j'avais fourni l'information
brute, sans commentaires. Alors, pour mettre les choses au point,
voilà le texte qui se trouve maintenant dans les pages d'Anarlivres
Certaines sociétés, plus prédatrices qu'éditrices,
ont trouvé le bon filon : elles se sont spécialisées
dans l'édition de livres anciens ou épuisés,
sous forme électronique ou imprimée. On peut citer
à ce titre Nabu Press, Kessinger et quelques autres qui,
pirates des temps modernes, pillent le domaine public pour réaliser
des profits. Contrairement
à un éditeur traditionnel, elles n'apportent aucune
plus-value (pas de présentation ou de préface nouvelles,
pas de notes ou de commentaires
), effectuent peu ou pas d'intervention
humaine (numérisation automatique), ne réalisent pas
de tirage minimum (il est effectué à la demande, parfois
à un seul exemplaire) donc pas de coût de stockage
Par rapport à des sites de téléchargement libre
(tels que Gutenberg, Wikisource, etc.), elles font payer ce qui
est gratuit ! Le livre peut présenter des imperfections :
pages manquantes ou floues, images de mauvaise qualité, marques
diverses dues à l'exemplaire original ou à la numérisation.
L'opération est simple et peu coûteuse : il s'agit
d'emprunter un livre dans une bibliothèque (ou de le télécharger
sans frais), de lui donner une date de copyright, d'obtenir un nouvel
ISBN et de le mettre en vente sur le Web en attendant qu'un acheteur
se présente. Jason Mazzone, professeur de droit à
la Brooklyn Law School, a baptisé cette pratique du
public vers le privé et du gratuit vers le payant
« copyfraud » (ce texte s'inspire de l'article
« Nabu
Press » sur Wikipédia, s'y référer
pour les notes et sources). Il est bien évident qu'Anarlivres
déplore cette façon de faire et y voit une illustration
de plus que la « propriété, c'est le vol »
(P.-J. Proudhon).
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PÉRIODIQUES
Le
dernier numéro d'Offensive
(n° 33, mars, 52 p., 4 euros, site),
trimestriel d'Offensive libertaire et sociale, présente un
consistant dossier « Art, la fabrique du social ».
Et tout d'abord « Quel art pour quelle société ? » :
l'art contemporain a évolué, certaines formes se sont
institutionalisées, d'autres se sont appauvries, les schémas
idéologiques d'alors se sont sclérosés
L'art, c'est aussi celui du marché, de la finance. Il faut
alors donner l'illusion de la nouveauté, agiter l'espace
médiatique, crééer des « coups »
pour faire monter la cote. Mais nous sommes tous artistes
pour le plus grand profit des multinationales du Web qui se créent
du contenu à bon compte. Le recours aux nouvelles technologies
permet-il à l'art d'évoluer ou plus sûrement
de nous accoutumer à notre nouvel environnement ? La
domination masculine y règne toujours et les artistes femmes
sont marginalisées, réduites à l'amateurisme
ou rangées dans les cases « art féminin »
ou « art féministe ». Le prétexte
d'une « démocratisation » de la culture
a surtout permis son étatisation, et maintenant le souffle
de la libéralisation privilégie le financement privé,
la concurrence, la « logique
de la communication de masse où priment l'événementiel,
le spectaculaire, la médiatisation et l'affluence du public ».
Pouvons-nous malgré tout partir « à la
recherche d'un art social » ? S'agit-il de représenter
la réalité, de faire uvre pédagogique
et d'appeler à la révolte, ou de dépasser l'« art
dans la révolution et l'invention de nouvelles formes de
vie » ? « L'art
comme résistance à l'art », le cinéma,
le chant populaire, l'improvisation, le design, la place de l'art
dans une société libertaire
sont également
abordés, comme autant de questions et de thèmes pour
nourrir la réflexion. Le Combat
syndicaliste (n° 368, mai, 12 p., 2 euros,
site) consacre
plusieurs pages à la « Souffrance au travail »
ou risques psychosociaux, RPS, pour les spécialistes
qui se décline de bien des façons, selon Marin Ledun,
coauteur de Pendant qu'ils comptent
les morts. Entretien entre un ancien salarié de France Télécom
et une médecin psychiatre (La Tengo). Il insiste
sur la déshumanisation des personnes dans les entreprises,
sur la soumission (celle du travail étant liée à
celle de la consommation) et sur la nécessité pour
la sphère politique de s'emparer de ce thème. Constatant
que si le travail est souvent moins dur physiquement, les conditions
psychologiques se sont aggravées (disparitions des anciennes
solidarité et de l'esprit collectif, individualisation, évaluations
constantes, politique du chiffre, chosification
). D'autres
articles s'attachent à décrire des exemples plus particuliers
tels la discrimination syndicale et le harcèlement dans une
société de nettoyage, le cas des petites entreprises
et la définition juridique du harcèlement. Une nouvelle
venue dans la
presse périodique, L'Echaudée
(n° 1, printemps 2012, 42 p., 7 euros abt.
3 n° : 25 euros, à l'ordre de Ab irato, site),
qui se veut « revue de critique
sociale, de poésie et d'utopie » dans la
continuité de l'Oiseau-tempête.
Au sommaire de ce numéro, entre autres : « Repousser
la tempête », de Charles Reeve, à propos
d'Indignez-vous de Stéphane
Hessel ; « Cette révolte ne s'arrêtera
jamais », Chris Hedges ; « Déclin
des syndicats américains et limite de l'intervention de l'Etat »,
Paul Mattick ; « Et s'il y avait une catastrophe
nucléaire en France ? » (comix), Barthélémy
Schwartz ; « Pour une poétique de la révolution »,
Americo Nunes. Signalons par ailleurs que les éditions Ab irato
ont déménagé au 118, rue Jean-Pierre-Timbaud,
75011 Paris, et accueillent les internautes sur un nouveau
site.
Suite à l'agression à Limoges d'un patron de bar par
quatre nervis du Front national (FN), venus casser du « sale
communiste » et de l'« étudiant
de gauche », un dossier met au jour les liens
étroits entre la section limousine du FN et la mouvance néonazie.
Article de presse, photographies des « gentils organisateurs »
avec leur CV, présentation du groupe de musique (très
spécifique), des groupuscules, de leurs contacts
Il
est téléchargeable
(PDF 7,1 Mo) sur le site Fafwatch.noblogs.org
qui offre également des précisions sur l'identité
de certains « identitaires » toulousains (« La
face identitaire de Toulouse »). L'article est illustré
de nombreuses photos et établit le parcours de chacun des
protagonistes dont les activités avaient été
précédemment dénoncées par l'Union antifasciste
toulousaine (« Les
identitaires et la démocratie ») : multiples
agressions de personnes et dégradation du local de la CNT 31,
le Chat noir. A
partir du n° 15, Le Monde
libertaire gratuit passe à un rythme quinzomadaire ;
le prochain sortira donc le 16 mai. Tous ces numéros
gratuits, reprenant des articles de l'hebdomadaire payant de la
Fédération anarchiste, sont en libre disposition sur
le site
du journal. Quant au hors-série (n° 44, 44 p.,
4 euros), en vente en kiosques jusqu'au 20 juin, il traite
en grande partie de la question électorale : « Quelle(s)
position(s) des anarchistes face aux élections ? Quelles
alternatives à la démocratie parlementaire ?
Quelles expériences passées et présentes portent
l'espoir d'un autre possible ? »
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