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DERNIÈRE MISE Á JOUR : 19 MAI

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PARUTIONS

ALPI Fred
Cinq ans de métro, Libertalia, coll. Poches, Paris, 231 p., 10 euros (mai) infos

APPS Lara, CHRISTOYANNOPOULOS Alexandre
Anarchisme et religion, Atelier de création libertaire, Lyon, 72 p., 6 euros (avril) infos

ASTOLFI Nathalie, DERVIN Alain
127 jours en mars [« Petit abécédaire combatif contre la loi travail et son monde »], Le Passager clandestin, coll. Poche, Lyon, 210 p., 9 euros (mars) infos

BASCHET Jérôme
Défaire la tyrannie du présent [« Temporalités émergentes et futurs inédits »], La Découverte, coll. L'horizon des possibles, Paris, 320 p., 21 euros (mars) infos

BERNARD André
Le Boycott, moyen de lutte multiforme : de Lysistrada au BDS, Les Editions libertaires, coll. Désobéissances libertaires, Saint-Georges-d'Oléron, 75 p., 8 euros (mars) infos

BOISVERT Dominique
Nonviolence [« Une arme urgente et efficace »], Ecosociété, coll. Résilience, Montréal (Québec, Canada), 120 p., 8 euros (avril) infos

BOOKCHIN Murray
Pour un municipalisme libertaire (rééd.), postf. de John P. Clark, Atelier de création libertaire, Lyon, 60 p., 6 euros (mars) infos

BORRITS Benoît
Au-delà de la propriété [« Pour une économie des communs »], préf. de Pierre Dardot, La Découverte, coll. L’horizon des possibles, Paris, 250 p., 19 euros (mai) infos

BROCA Sébastien
Utopie du logiciel libre [« Du bricolage informatique à la réinvention sociale »] (rééd., poche), préf. de Christopher M. Kelty, Le Passager clandestin, coll. Poche, Lyon, 380 p., 9 euros (avril) infos

CARA ZINA
Heureux les simples d’esprit, Libertalia, coll. Poches, Paris, 224 p., 10 euros (mai) infos

CHAMECHAUDE Pierre, DAVRANCHE Guillaume
1917, les anarchistes, leur rôle, leurs choix, éd. Alternative libertaire, Paris, 120 p., 5 euros (avril) infos

COLLECTIF
Codine (BD), d'après Panaït Istrati, illust. de Simon Géliot, scénario de Jacques Baujard, La Boîte à bulles, Saint-Avertin (37), 96 p., 18 euros (mai) infos
Gustav Landauer, un anarchiste de l’envers,
suivi de douze écrits « anti-politiques » de Gustav Landauer trad. de l'allemand par Gaël Chepto, sous la dir. de Freddy Gomez, Editions de l'éclat - A contretemps, coll. Philosophie imaginaire, Paris, 216 p., 19 euros (mars) infos
Kurdistan, autogestion, révolution, éd. Alternative libertaire, Paris, 196 p. (+ 18 p. de cartes et de photos), 9 euros (avril) infos
Mai 68 par celles et ceux qui l'ont vécu,
sous la dir. de Christelle Dormoy-Rajramanan, Boris Gobille et Erik Neveu, postf. d’Edwy Plenel, Les Editions de l'Atelier - Médiapart, Ivry-sur-Seine - Paris, 480 p., 29,90 euros (mars) infos
Non-violence dans la révolution syrienne, textes présentés par Guillaume Gamblin et Pierre Sommermeyer, Les Editions libertaires - Silence, coll. Désobéissances libertaires, Saint-Georges-d'Oléron - Lyon, 116 p., 9 euros (mars) infos

COMMISSION SEXTA DE L'EZLN
Pistes zapatistes [« La pensée critique face à l’hydre capitaliste »], coéd. Nada - Albache - Union syndicale Solidaires, Paris - Rueil-Malmaison (92), 300 p. 20 euros (mars) infos

CORREIA Mickaël
Une histoire populaire du football, La Découverte, coll. Cahiers libres, Pais, 416 p., 21 euros (mars) infos

DE COCK Laurence
Sur l’enseignement de l’histoire, Libertalia, coll. Ceux d’en bas, Paris, 350 p., 17 euros (mars) infos

DÉRI Thomas, DUPUIS-DÉRI Francis
L'Anarchie expliquée à mon père (rééd.), Lux éditeur, coll. Instinct de liberté, Montréal, 232 p, 10 euros (avril) infos

GARCIA Renaud
Le Sens des limites [« Contre l'abstraction capitaliste »], L'Echappée, coll. Versus, Paris, 320 p., 20 euros (mars) infos

GELDERLOOS Peter
Comment la non-violence protège l'Etat [« Essai sur l'inefficacité des mouvements sociaux »], Editions Libre, coll. Cultures de résistance, s.l., 175 p., 13 euros (mai) infos

GIACOPINI Vittorio
Errico Malatesta [« Vie du révolutionnaire redouté de tous les gouvernements et polices du royaume d'Italie »], trad. de l'italien par Serge Quadruppani, Lux éditeur, coll. Futur proche, Montréal, 240 p., 18 euros (avril) infos

GOMEZ Freddy
Dédicaces [« Un exil libertaire espagnol (1939-1975) »], avec cinq dessins originaux de Marcos Carrasquer, Rue des Cascades, Paris, 224 p., 14 euros (avril) infos

GRAEBER David
Pour une anthropologie anarchiste (rééd.), trad. de l'anglais par Karine Peschard, Lux éditeur, coll. Instinct de liberté, Montréal, 128 p., 10 euros (mars) infos

ISTRATI Panaït
Les Arts et l'Humanité d'aujourd'hui (rééd.), postf. de Jacques Baujard, L'Echappée, Hors collection, 48 p., 5 euros (mai) infos
Méditerranée [« Lever du soleil » et « Coucher du soleil »] (rééd.), préf. de Gilles Aboucaya, postf. d'Ulysse Baratin, L'Echappée, coll. Lampe-tempête, 240 p., 19 euros (mai) infos

JOURDAIN Edouard
Proudhon contemporain, CNRS Editions, Paris, 304 p., 25 euros (avril) infos

JUSTHOM
Le Fanatisme, maladie incurable des religions, Les Editions libertaires, Saint-Georges-d'Oléron, 152 p., 13 euros (avril) infos

LERETOUR Gérard
Soldat ? Jamais ! (rééd.), Solanhets, Blajan (31), 192 p., 12 euros (mars), infos

LIDDINGTON Jill, NORRIS Jill
Histoire des suffragistes radicales, préf. de Fabrice Bensimon, trad. de l'anglais par Laurent Bury, Libertalia, coll. Ceux d’en bas, Paris, 560 p., 17 euros (mars) infos

LOMASKO Vitkoria
D'autres Russies, The Hoochie Coochie, Luc-en-Diois (26), 330 p., 19 euros (mars) infos

LONDON Jack
Le Talon de fer (rééd., poche), trad. de Philippe Mortimer, Libertalia, coll. La petite littéraire, Paris, 496 p., 8,50 euros (mai) infos

MACDONALD Charles
L'Ordre contre l'harmonie [« Anthropologie de l'anarchie »], Petra, coll. Terrains et théories anthropologiques, Paris, 336 p., 25 euros (mars) infos

MALATESTA Errico
L'Anarchie (rééd., poche), suivi du « Programme anarchiste », préf. de Serge Roy, Lux éditeur, coll. Instinct de liberté, Montréal, 96 p., 6 euros (avril) infos

MONTSENY Federica
Révolutionnaires, réfugiés et résistants [« Témoignages des républicains espagnols en France (1939-1945) »], trad. de Serge Utgé-Royo, Editions CNT-RP - association 24-août-1944, Paris, 420 p., 15 euros (mai) infos

NAÏMI Kadour
Un mai libre et solidaire [« La traversée de 68 par un jeune Algérien »], Atelier de création libertaire, Lyon, 120 p., 12 euros (avril) infos

PROLE.INFO
The Housing Monster [« Travail et logement dans la société capitaliste »] (roman graphique), Niet!éditions, Le Mas-d’Azil (09), 164 p., 10 euros (mars) infos

PROUDHON Pierre-Joseph
Qui suis-je ?, suivi de « Banque du peuple », Editions d'ores et déjà, Paris, 80 p., 8  euros (avril) infos

SPRINGER Simon
Pour une géographie anarchiste, trad. de l'anglais par Nicolas Calvé, Lux éditeur, coll. Instinct de liberté, Montréal, 312 p., 18 euros (mars) infos

THOREAU Henry D.
La Désobéissance civile (rééd.), trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Nicole Mallet, introd. de Michel Granger, Le Mot et le reste, Marseille, 96 p., 3 euros (avril) infos
La Vie sans principe
(rééd.), trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Nicole Mallet, introd. de Michel Granger, Le Mot et le reste, Marseille, 96 p., 3 euros (avril) infos

VANEIGEM Raoul
Propos de table [« Dialogue entre la vie et le corps »], Cherche Midi, Paris, 352 p., 18 euros (mai) infos

WAGNON Sylvain
Francisco Ferrer : pour une morale rationaliste, fraternelle et laïque, suivi par Francisco Ferrer, « Les principes d’une morale scientifique à l’usage des écoles rationalistes », Atelier de création libertaire, Lyon, 96 p., 10 euros (mars) infos

WAJNSZTEJN Jacques
Mai-68 à Lyon [« Retour sur un mouvement d'insubordination »], Editions à plus d'un titre, La Bauche (73), 192 p., 12 euros (mars) infos

YARTCHOUK Efim
Kronstadt dans la révolution russe, suivi du dossier de l'insurrection de 1921, présent. et trad. d'Alexandre Skirda, Noir et Rouge, Paris, 152 p., 15 euros (mars) infos

 

EN TÉLÉCHARGEMENT

ANONYME
Le Mouvement est mort, vive… la réforme ! [« Une critique de la composition et de ses élites »] [à propos de la ZAD de NDDL], s. éd., s.l., 60 p. (mars) à télécharger

COLLECTIF
ZADissidences [« Des voix off de la ZAD entre l’abandon du projet d’aéroport et la semaine d’expulsion du 9 avril 2018 »], Zadnews - Infokiosque fantôme, s.l., 36 p. (mai) à télécharger

MATHIEU Nicole-Claude
Quand céder n’est pas consentir [« Des déterminants matériels et psychiques de la conscience dominée des femmes, et de quelques-unes de leurs interprétations en ethnologie »], Indice, Lyon, 64 p. (mai) à télécharger

Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA). Nous avons récemment numérisé plusieurs brochures éditées par l'ORA au cours des années 1970. On peut les télécharger sur Anarlivres ou les visionner sur Calaméo. Il s'agit de :
L’Anarchisme, le marxisme, l’autogestion (gr. Cronstadt - gr. Varlin, 1969, 20 p.)
Les Communistes libertaires russes et l’organisation (Documents Rouge et Noir, n° 6, 1975, 13 p.)
La Crise (gr. de Sarcelles, ca. 1970, n.p. [13])
Dialogue avec l’Organisation révolutionnaire anarchiste (Documents Rouge et Noir, n° 4, 1974, 29 p.)
Fenêtre sur un massacre. Procès Valpreda-Gargamelli (suppl. à « Front libertaire » n° 14, ca. 1971, 8 p.)
La Gauche au pouvoir ? Qu'est-ce que ça veut dire pour les travailleurs ? (gr. communiste libertaire du Mans, 1974, n.p. [12])
La Martinique, département ou colonie ? (imp. spéciale « Front libertaire », 1974, 22 p.)
Radiographie du Tour de France (gr. communiste libertaire du Mans, ca. 1976, n.p. [16])
Rapport d'orientation du MCL vers l'Organisation révolutionnaire anarchiste (groupe de Bruxelles, 1973, 34 p.)
Textes de Maurice Fayolle (Documents n° 4 bis, 1974, 22 p.)
La Vérité sur les emprisonnés de Barcelone (suppl. à « Front libertaire », 1974, 29 p.)

 

REVUES

Alternative libertaire (n° 283, mai, 20 p., 3 euros, sommaire) consacre une part importante de ce numéro aux luttes : SNCF (« Qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ? »), Air France, universités, grande distribution… Un article explore les « liaisons dangereuses » entre milices fascistes et l'Etat à propos des attaques d'universités par des groupes d'extrême droite. Un constat : énergie, « Le renouvelable dévoyé » ; les projets industriels démesurés suivent une logique capitalistique et suscitent les oppositions. « Mais quelle énergie voulons-nous ? », se demande la commission écologie d'AL. Retour sur la grève des femmes le 8 mars en Espagne et des infos sur Radio Macompo, une « expérience communautaire et féministe » au Hondurac. Plutôt que d'évoquer Mai 68 (abordé tout de même en pages culture), le journal a préféré se souvenir de la réaction des anarchistes au coup d'Etat du général de Gaule en mai 1958. Abonnements et anciens numéros.

Avis de tempête (n° 4, 15 avril, 16 pages, site Internet) commence par un constat : « La révolte en Syrie est devenue un bourbier d’intérêts internationaux dont les allégeances et accords fluctuent au fil de la course vers le gouffre final. » Les anarchistes dans cette recomposition du monde, que peuvent-ils faire face à la guerre (et à la paix) (sujet du second article). Et se termine par un appel contre la terreur des Etats et des sectaires de tout poil : « Qu’ils soient de Dieu ou de la République, à bas tous les soldats ! » Reste la nécessité de lutter contre les « lieux communs » (salariat, Etat, énergies polluantes…) et de comprendre la « construction » de l'« âme humaine » pour faire accepter ceux-ci. A propos de gendarmes : « un héro français » et combien de salauds ? Sans oublier quelques brèves de la guerre sociale !

Bulletin CNT - Solidarité ouvrière (n° 21, printemps, 4 p., à télécharger). « L’année 2018 commence très fort ! », très fort, très fort… « A peine les décrets d'application des ordonnances sur le droit du travail publiés, le gouvernement poursuit tout azimut sa politique de démolition de nos droits : assurance chômage, SNCF et services publics, migrants, avec les retraites en ligne de mire… Rien ne semble arrêter le président des riches… Jusqu'à quand ? » Actualité, activité des fédérations et des syndicats sur le site Internet.

Combats internationalistes (n° 1, printemps, 8 p., à télécharger), la feuille de l’union locale des syndicats CNT d’Argenteuil entend « diffuser des informations traitant du front international de la lutte des classes, combattre les idéologies mortifères du repli nationaliste, agir pour tisser des ponts solidaires par-delà les frontières ». Au sommaire : Kendal Breizh tué par l'armée turque, lettre de Leonard Peltier qui entame sa 43e année d'emprisonnement, solidarité avec Elie Domota et l'UGTG en Guadeloupe, Kanaky (1988-2018), communiqué de la CGT de Catalogne…

Le Combat syndicaliste (n° 434, mai, 24 p., 2 euros, site Internet) présente un dossier sur les précaires à l'école et de nombreuses pages à l'international (Algérie, Sahara occidental - Kanaky, Espagne – Allemagne, Palestine, Maroc, Amazonie). Sans oublier sept pages culture avec, entre autres, des notes de lecture sur Le Socialisme sauvage (L'Echappée) de Charles Reeve ; Mon MLF (Albin Michel) de Marie-Jo Bonnet ; et la BD Les Gueules rouges (Glénat) de Jean-Michel Dupont et Eddy Vaccaro. Le numéro d'avril peut être téléchargé.

Courant alternatif (n° 280, mai, 32 p., 3 euros, site Internet) dresse un bilan de la résistance à la tentative de destruction de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes par l'Etat et imagine les perspectives… Mobilisation en Corrèze contre le projet de création d'une usine de granulés de bois (pellets) : sous couvert de transition énergétique, il s'agit de prélever des milliers de tonnes de bois vert, en polluant un espace protégé et en dégradant les conditions de vie locale (entre autres par l'augmentation du transport routier). Un article fait le point sur l'« évolution régressive des politiques publiques vis-à-vis de l'immigration ». Première partie d'un dossier « A bas le patriarcat ! » qui se poursuivra sur plusieurs numéros : dénonciation du harcèlement et des violences sexuelles envers les femmes sur les résaux sociaux, importance des agressions dans le cadre privé, rôle et engagements de l'Etat… Pour parler de Mai 68 autrement, un texte de Claudio Albertani passe en revue une décennie de l'histoire italienne, « Retour sur les années 1970. Un 68 qui a duré dix ans ». Pour télécharger le numéro d'avril.

CQFD (n° 165, mai, 4 euros, sommaire) veut, avec son dossier « Répression partout, défaite nulle part », donner la pêche. Malgré la répression des luttes et les avancées antisociales du président technocrate, la résistance de quelques « villages gaulois » demeure. « Nulle part, la défaite n’est définitive. » Revue de détail des « territoires qui désirent échapper à la toute-puissance de l'économie » : ZAD de Notre-Dame-des-Landes (« résister et rebondir »), poubelle nucléaire de Bure (« fiasco répressif »), entretien avec Elsa Dorlin (« la violence comme seul moyen de faire histoire »), fac de Nanterre (« une lutte déconcertante, mais bouillante »), des « cheminots remuants », université de Montpellier (« ça va Pétel ! »), postiers en grève à Marseille. Et de l'« actu de par ici et d’ailleurs » : Guyane, mineurs isolés étrangers, Roundup, « Mai 68 commémomifié », grand carnaval de l’inutile à Saint-Etienne… En vente par abonnement, dans quelques kiosques et dans les meilleures librairies.

Le Libertaire (n° 99, avril, 9 p., à télécharger) énonce « Nos priorités » qui devraient être reprises par tous les êtres humains épris de liberté et de justice. Et, après avoir adressé un « bravo aux jeunes » (mobilisation contre les armes aux Etats-Unis, lutte contre les injustices…), publie plusieurs textes sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes : le « vrai visage de l'armée », « Honte à Macron », contre l'Etat de droit du gouvernement Philippe, la crèche de la ZAD, la Confédération paysanne. Un « Rojava : brisons le silence ! » et une critique très positive du dernier album de Trust (« Dans le même sang ») concluent ce numéro.

Le Monde libertaire (n° 1795, mai, 76 p., 4 euros, site Internet) nous offre dans ce « spécial Mai 68 » des témoignages de militants anarchistes, des « paroles de murs » de l'époque, des chroniques de livres, d'expos (Paris et Marseille) et de films sur l'événement, un article sur les relations entre situs et anars, une critique du situationnisme par Gianfranco Marelli, Mai 68 en Sicile… Tout cela n'est pas inintéressant mais donne un peu l'impression d'un patchwork où les différentes pièces désunies seraient éparpillées, à rechercher à travers différentes rubriques. Deux textes de Tomás Ibañez se dégagent du lot, portant sur les regroupements d'étudiants libertaires les années précédentes (sans exagérer leur importance) et livrant quelques réflexions sur les apports et enseignements de Mai 68. Pour s'abonner.

Le Poing (n° 16, avril, 12 p., prix libre, à télécharger), « apériodique libertaire d'Amiens et d'ailleurs », consacre ce numéro à une évocation de Mai 68 à l'occasion des expos-conférences organisées à Amiens par la CNT-STE 80. Retour sur le contexte social de l'époque, les affiches de l'Ecole des beaux-arts de Paris et la sérigraphie, une chronologie des événements, les luttes à l'international (Etats-Unis, Mexique, Tchécoslovaquie, Espagne…), une bibliographie sélective et la présentation d'« Usines, universités, union » composent cette livraison.

Résistons ensemble (n° 172, avril-mai, 4 p., à télécharger), dans son édito, constate que les luttes des étudiants, des cheminots et de la ZAD « défient les règles [et] nous laissent entrevoir une autre société, juste et fraternelle : la fin du “chacun pour soi”, du “premier de cordée”, du “tu es ce que tu mérites”, chers à la Macronie » et use de l'image des billes de mercure qui, soit « se dispersent, soit (…) convergent, entrent en contact, les forces moléculaires invisibles les unissant, créant des billes de plus en plus grosses et puissantes » pour prôner leur convergence d'où « pourrait naître un autre avenir ». Et toujours, la longue litanie des « chroniques de l'arbitraire » : perquisitions à Toulouse, la chasse au sans-papier bat son plein, encore un mort de la frontière, trois policiers condamnés, flic violent et flics menteurs, les fachos en actions… Actualité et fiches juridiques sur le site Internet.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Châlette-sur-Loing (45), 19 et 20 mai. Exposition Mai 68 – reproductions d'affiches sérigraphiées et panneaux pédagogiques, articles, photos… – à la Maison des associations, 32, rue Claude-Debussy.

Paris, 19 mai. Trois ans après le succès du Festival Istrati, la librairie Quilombo et les éditions L’Echappée vous invitent à l’avant-première du Festival Istrati. Grande soirée festive à la librairie Quilombo, 23, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). A 18 heures, dédicace de la BD Codine (La Boîte à bulles) par Simon Géliot ; exposition des dessins originaux de Codine ; à 21 heures, concert Zografi (Alambic & Narguilé). Entrée libre. Infos.

Paris, 19 mai. De 18 heures à 19 h 30, au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e, rencontre N’Autre école avec Fabienne Lauret, autour de son livre L’envers de Flins. Une féministe révolutionnaire à l’atelier (Syllepse). Le comité de rédaction de la revue sera ouvert au public à partir de 15 heures. Infos.

Paris, 19 mai. Discussion sur la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires de Détroit, avec la projection d’un documentaire réalisé par la Ligue intitulé Finally Got The News, à 19 heures, aux Fleurs arctiques, 45, rue du Pré-Saint-Gervais, Paris 19e (M° Place-des-Fêtes). Site Internet.

Lille, 20 mai. « Informatique ou libertés ? », conférence gesticulée par Lunar à partir de 17 h 30 (accueil à 17 heures), puis discussion à 19 heures. Entrée à prix libre. Au Centre culturel libertaire (CCL), 4, rue de Colmar (M° Porte-des-Postes). Infos.

Paris, 20 mai. A 12 h 30, brunch des amis de La Nouvelle Rôtisserie (LNR), « restaurant AAA : associatif, alternatif, autogéré », au 4, rue Jean-et-Marie-Moinon, Paris 10e (M° Colonel-Fabien). Recette entièrement en soutien au projet LNR qui en a besoin. Site Internet.

Paris, 20 mai. A partir de 17 heures, rencontre-discussion avec le collectif Le Rémouleur (table de presse, émission radio, bar, sandwiches), puis concert de soutien à 19 heures avec Mobilhead, Project Reject et Diavolina Propulsion. Prix libre. Au Centre international de culture populaire (CICP), 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation).

Limoges (87), 22 mai. « L’anarchie en partage de mai 68 à mai 2018 », avec Gaetano Manfredonia, historien du mouvement ouvrier et libertaire, à 20 h 30, au Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) limousin, 64, avenue de la Révolution. Réservations : cira.limousin(at)gmail.com Entrée libre, verre de l’amitié. Site Internet.

Brest (29), 23 mai. A 18 heures, Dominique Vidal présentera son livre Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron (Libertalia) à la fac Victor-Segalen, 20, rue Duquesne, avec l’AFPS, les AMD et le CCFD.

Paris, 23 mai. Apéro-débat « La démocratie brésilienne menacée » organisé par Alternative libertaire, à 19 h 30, au bar Le Kiosque, 15, boulevard Auguste-Blanqui, Paris 13e (M° Place-d'Italie). Facebook.

Bagnolet (93), 24 mai. Projection du film Ils nous ont volé nos nuits (sous-titré en français, 68 min) : onze femmes racontent la manière dont la taule s’empare de leurs vies. Puis échanges et infokiosque. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 24 mai. Rencontre-débat, à 19 heures, avec Serge Quadruppani autour de son dernier livre Le Monde des grands projets et ses ennemis. Voyage au cœur des nouvelles pratiques révolutionnaires (La Découverte), au bar-restaurant Le Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant ou Gambetta). Infos.

Rennes (35), 24 mai. Rencontre, à 18 heures, avec Dominique Vidal à propos de son livre Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron (Libertalia). A la librairie Planète Io, 7, rue Saint-Louis. Site Internet.

Toulouse, 24 mai. En partenariat avec l'Université populaire, rencontre avec Lola Miesseroff autour de son livre Voyage en outre-gauche. Paroles de francs-tireurs des années 68 (Libertalia), à 19 heures, à la librairie Terra Nova, 18, rue Gambetta. Site Internet.

Vannes (56), 24 mai. Le groupe René-Lochu (Fédération anarchiste) reçoit, à 20 heures, à la Maison des associations, 31, rue Guillaume-Le-Bartz, Charles Reeve, auteur de l'essai Le Socialisme sauvage. Essai sur l'auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours (L'Echappée). Site Internet.

Laon (02), 25 mai. Rencontre avec Stéphanie Cormier à propos des produits toxiques, à 20 heures, à l'Etoile noire, 5, rue Saint-Jean. Femmes de ménage, agents de nettoyage du métro, éboueurs… sont exposés à des polluants chimiques impactant leur santé. Quels sont les risques ? Soirée organisée par le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste. Infos.

Lille, 25 mai. Cantine végane et à prix libre du Centre culturel libertaire (CCL) au 4, rue de Colmar (M° Porte-des-Poste), à 12 heures. On peut venir aider à partir de 9 heures. Site Internet.

Paris, 25 mai. Rencontre-débat avec Raphaël Messan autour de sa bande dessinée Les Damnés de la Commune (tome 1 : « A la recherche de Lavalette »), à 19 h 30, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Filles-du-Calvaire ou Oberkampf).

Quimper (29), 25 mai. Rencontre à 20 h 30 avec Dominique Vidal à propos de son livre Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron (Libertalia). Avec l’AFPS, aux Halles Saint-François, salle n° 1, rue Amiral-de-la-Grandière.

Toulouse, 25 mai. José Ardillo présentera, à partir de 19 heures, La Liberté dans un monde fragile (L'Echappée) à la librairie Terra Nova, 18, rue Léon-Gambetta. Site Internet.

 

FOIRES AUX LIVRES,
EXPOSITIONS, COLLOQUES, RENCONTRES

« Images en lutte. » Aux Beaux-Arts, 13, quai Malaquais, Paris 6e (M° Louvre-Rivoli, Saint-Germain-des-Pré, Pont-Neuf), se tient jusqu'au 20 mai une exposition consacrée aux « Images en lutte. La culture visuelle de l’extrême gauche en France (1968-1974) ». « L’exposition n’est pas une histoire visuelle du politique mais une histoire politique du visuel. Elle présente des affiches, des peintures, des sculptures, des installations, des films, des photographies, des tracts, des revues, des livres et des magazines, dont quelque cent cinquante publications consultables dans le cadre d’une bibliothèque ouverte. » Elle aborde les thèmes suivants : « L’Ecole des Beaux-Arts » (une place de choix est réservée aux créations de l'Atelier populaire produites par les étudiants qui occupaient l'école) ; « L’ailleurs fantasmé : Chine, Vietnam, Cuba, Palestine » ; « L’usine, l’exploitation agricole » ; « L’université, l’atelier » ; « Le bidonville, la prison, la maison, la communauté » ; « La manifestation » ; « Le corps ». Un beau catalogue de plus de 800 pages en couleur a été réalisé, au prix hélas élevé de 49 euros. Dossier de presse. Du mardi au dimanche, de 13 à 19 heures (plein tarif : 7,50 euros ; réduit : 4 euros ; gratuit pour les étudiants). Site Internet.

« Actualité du municipalisme libertaire ». Le Réseau des géographes libertaires (RGL) organise ses journées d’études à Saint-Denis (93) du 24 au 26 mai. Les deux premières journées seront consacrées à une série de conférences sur le thème « Commun.e.s – Actualité du municipalisme libertaire » et se tiendront à l’université Paris-VIII Vincennes - Saint-Denis. Le vendredi soir et le samedi auront lieu différents événements de géographie « débridée » tant sur la forme que sur le fond ; ils se dérouleront à la Dionyversité – l’Université populaire de Saint-Denis. Le programme de ces journées, très riche, peut être consulté sur le site Internet du RGL. Contact : mariont(at)riseup.net

Autogestion en 68. Différents collectifs autogestionnaires, les éditions Syllepse et l’Union syndicale Solidaires organisent une journée consacrée à « L’autogestion en mai et juin 1968 en France », le 26 mai, de 14 à 19 heures, à l’Union syndicale Solidaires, 31, rue de la Grange-au-Belles, Paris 10e. Au programme : à 14 heures, présentation et introduction par Annick Coupé et Robi Morder ; de 14 h 30 à 16 heures, « Dans les jeunesse scolarisée » : Jacques Serieys (« Dans les lycées de l’Aveyron »), Jean-Philippe Legois (« En Sorbonne »), puis échanges et débats. De 16 h 15 à 18 heures, « Dans les entreprises et les quartiers » : Michel Desmars (« A la SNCF, région de Tours »), Marie-Paule Lambert (« En Loire-Atlantique et à Nantes »), puis échanges et débats. A 18 heures, « De Lip 68 à Lip 73 », intervention de Charles Piaget. Infos complémentaires.

Livre politique. La onzième édition du Petit Salon du livre politique se tiendra les 26 et 27 mai, de 14 à 21 heures, au bar-restaurant Le Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant ou Gambetta). En présence d'une quinzaine d'éditeurs qui consacrent une partie importante de leur catalogue à la critique de l'ordre existant et aux moyens d'en sortir, avec des débats et des rencontres. Le samedi, à 18 heures, « Lecture musicale par La Parisienne libérée ». Informations complémentaires.

Salon du livre anarchiste de Montréal. Pour sa 19e édition, il se tiendra les 26 et 27 mai, de 10 à 17 heures, au CEDA, 2515, rue Delisle, et au Centre culturel Georges-Vanier, 2450, rue Workman (M° Lionel-Groulx). Présentation et informations complémentaires. Jusqu'au 15 juin, se déroulera le Festival de l'anarchie (programme complet) avec différents événements en divers lieux : nombreuses expositions (dont « Art et anarchie »), journées de cinéma (surréalisme, films radicaux…), Festival international de théâtre, etc.

Marseille 68. Le groupe Germinal de la Fédération anarchiste organise jusqu'à la fin mai une exposition « Mai 68, sans nostalgie, sans idéaliser » sur les événements à Marseille, avec des photos d'époque, de 18 à 22 heures, à l'Equitable Café, 54, cours julien, Marseille 6e. Plus d'infos.

« Albert Camus et la manipulation ». Un colloque sur ce thème se tiendra à l’Université catholique de Louvain (Belgique), du 9 au 10 novembre, à l’initiative de Vincent Engel, en collaboration avec la Société des études camusienne. « La pensée d’Albert Camus est indissociable du libertarisme et de l’anarchisme, même si cet aspect a, jusqu’à ce jour, été insuffisamment étudié, à l’exception notoire des travaux de Lou Marin. Dans une telle approche, la manipulation n’est pas envisageable ; elle est aussi dépistée avec lucidité et dénoncée avec force. Philosophe engagé et écrivain, Camus a mené ce travail sur tous les fronts de son art et de son intelligence… » Les propositions de communication sont à envoyer par courriel à Vincent Engel (vincent.engel[at]uclouvain.be) au plus tard le 10 juin. Elles doivent contenir un abstract (200 à 250 mots) et une brève présentation bio-bibliographique. Les décisions du comité scientifique seront communiquées le 30 juin. Infos complémentaires.

« Silence radio ». Radio France et l'Institut national de l'audiovisuel (INA) présentent une exposition « Silence radio : Mai 68 à l'ORTF », jusqu'au 29 juin, à la Maison de la radio (porte Seine), 116, avenue du Président-Kennedy, Paris 16e. Titre bien choisi car, à l'époque, l'ORTF est la voix du gouvernement et celui-ci veut imposer le silence sur les événement. Certains personnels essaieront de se faire entendre, d'informer et de réagir… avant les licenciements, les réaffectations et la reprise en main. « Un parcours alimenté d’archives inédites de l’INA, d’affiches, de slogans, d’extraits de courriers des auditeurs et téléspectateurs, de photos exclusives, de la description du quotidien des journalistes et de toutes les équipes qui constituaient alors l’information permettra aux visiteurs d’entrer dans ce qui fut une phase décisive pour l’avenir de l’ORTF. » Entrée libre mais réservation obligatoire (billetterie). Sur le site, on peut aussi « aller plus loin », écouter des émissions sur le sujet et fouiner dans les archives. Infos complémentaires.

« Icônes de Mai 68 ». La Bibliothèque nationale de France (BNF) organise, jusqu'au 26 août, sur le site François-Mitterrand, galerie 1, Paris 13e, une exposition « Icônes de Mai 68. Les images ont une histoire ». Infos pratiques. « 50 ans après les événements de mai-juin 1968, cette exposition revient sur la construction médiatique de notre mémoire visuelle collective. Elle permet de suivre la trajectoire d’images célèbres – les portraits de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS par Gilles Caron et de la “Marianne de 68” de Jean-Pierre Rey ; de comprendre comment et pourquoi la mémoire visuelle de Mai 68 se conjugue en noir et blanc (…) Autant de clés pour appréhender le rôle majeur des acteurs médiatiques et éditoriaux dans l’élaboration des représentations des faits. »
Dossier de presse.

 

DIVERS

En vrac sur le Web. La vague commémorative de Mai 68 commence à languir, elle a donné l'occasion de voir se téléscoper le souvenir d'une révolte passée, quelque peu aseptisé, avec des luttes du présent qui se sont attirées les foudres de la répression. « Au lieu d’essayer d’approfondir un certain nombre de questions gravissimes qui se posent dans la société actuelle et que les gens ne veulent pas voir, ils se servent de Mai 68 pour les cacher. Voilà comment fonctionnent les médias et le discours dominant. » Ce commentaire est extrait d'un entretien accordé par Jean-Jacques Lebel (Wikipédia), artiste plasticien, écrivain, poète, protagoniste des événements, et qui, à 82 ans, garde intact sa rage. « Il ne faut pas pleurnicher sur le passé de Mai 68 », affirme-t-il, avouant avoir refusé de participer « à une sorte de courbette religieuse, ridicule, commémorative, inepte, totalement inepte, qui noie le poisson, qui ne parle pas de la grève générale, qui ne parle pas de ce qui s’est passé dans les usines, qui veut monter en épingle quelques artistes – dont moi. Je ne mange pas de ce pain, pour citer mon ami Benjamin Péret. » Mais s'être laissé « beaubouriser » (« L'outrepasseur », du 30 mai au 3 septembre) : « Je ne suis pas fier de cette exposition, je vous le dis tout de suite. D’ailleurs, ce n’est pas une exposition de moi, c’est une exposition du Musée national d’art moderne. Et il y a une grande différence. Ils ont pioché dans mon travail ce qui leur convenait… ». A propos des affiches de l'Ecole des Beaux-Arts, « c’est ridicule, c’est toujours le même mythe selon lequel des artistes de génie ont interprété les actions de la classe ouvrière… (…) c’était un groupe de marxistes-léninistes et il n’y a pas plus cons, à part le PC, que les marxistes-léninistes maoïstes. Et puis quelques fous et folles, sympathiques d’ailleurs, qui votaient pour telle ou telle affiche et, comme par hasard, dès qu’il y avait quelque chose d’un peu subversif l’affiche ne passait pas parce qu’à l’époque, il ne fallait pas attaquer le PC, parti de la classe ouvrière… (…) Ce qui est très bien dans les affiches de Mai 68, c’est ce qui n’était pas à l’école des Beaux-Arts, c’est ce qui s’est passé partout, à Montpellier, à Lille, à Marseille, dans les lycées, dans les facs, dans les usines, des sérigraphies y étaient produites et il n’y avait pas d’idéologie là-dedans mais quelque chose d’immédiat, de maladroit, quelque chose de l’art brut qui est plus intéressant que l’habileté des artistes. » Au cours de l'entretien sont également abordés l'exposition avec Kader Attia au Palais de Tokyo, sa conception de l'art, la « récupération de la critique artiste », l'auto-organisation des luttes, la guerre d'Algérie, l'aventure du Grand Tableau antifasciste collectif, ses happenings, une prochaine expo à Pigalle… A découvrir sur le site AOC Média, à condition de s'inscrire (ultime victoire des marchands !). Depuis le 3 avril, les syndicats de la SNCF ont entamé un mouvement de grève de 4 heures tous les cinq jours, et ce jusqu'au 28 juin. Plus de deux mois après, il est évident que cette façon de faire « inédite » est un échec car elle a interdit tout dynamisme à l'action, rendant inutiles les assemblées générales – pourtant éléments essentiels de la mobilisation – puisque tout était décidé à l'avance. Une fois de plus les médias aux ordres ont tout fait afin de rendre impopulaire la lutte pour sauvegarder le service public. Une bande dessinée, « Les preneurs d'otages », réalisée par Emma, a tenté de combattre cette propagande et un texte d'analyse (« Réforme de la SNCF : un cas d’école ») permet de mieux comprendre les raisons de cette grève. Pour soutenir les cheminot.e.s, on peut participer à la caisse de solidarité initiée par la fédération SUD-Rail. Leur combat « est le combat de toutes et tous ». Après « Qui étaient les anarchistes chinois ? » et « He-Yin Zhen : paroles d’une anarcho-féministe », Agathe Senna poursuit sa « Petite histoire de l’anarchisme chinois » dans Lundi Matin avec « La pensée politique de Ba Jin », agréablement illustré grâce aux documents conservés par le Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) de Lausanne. Ba Jin (1904-2005, biographie), dont on retrouvera quelques textes en version française traduits par Angel Pino sur le site d'A contretemps qui lui a consacré un numéro, était un des intellectuels en vue du mouvement anarchiste des années 1930 avant de devenir un écrivain de renommée internationale. Lorsque les communistes s'emparent du pouvoir en octobre 1949, il lui est impossible de ne pas adhérer à une des organisations satellites du Parti. Il deviendra ainsi député à l'Assemblée nationale populaire et sera glorifié par le régime, ses romans étant portés à la scène et à l'écran. Mais sa vie sera ballotée au gré des fluctuations et retournements propres aux organisations léninistes et staliniennes, il sera du côté des bourreaux en 1957, puis, en 1966, à l'occasion de la Révolution culturelle, fera partie des victimes et passera dix ans à faire et à refaire son autocritique. Il ne sera réhabilité qu'en 1977, après la mort de Mao.Les Editions CNT-RP qui viennent de publier en collaboration avec l'association 24-août-1944 Révolutionnaires, réfugiés et résistants de Federica Montseny (lire ci-dessus) ont édité récemment un catalogue. Par ailleurs les derniers numéros de Courant alternatif, mensuel de l'Organisation communiste libertaire (site Internet) peuvent être téléchargés : n° 279 (avril), n° 278 (mars), n° 277 (février), n° 276 (janvier). Dans la série « les hommes politiques disent n'importe quoi », à plus forte raison lorsqu'il s'agit d'anarchie ou d'anarchisme, citons deux exemples récents. M. Hulot, ministre de la transition écologique, à Nantes, le 18 avril : « L’écologie n’est pas l’anarchie. » Fort heureusement, Hervé Kempf, sur le site Reporterre, lui répond que « M. Hulot n’est pas l’écologie » ; il lui explique aussi le sens du mot « anarchie » et lui rappelle que, très tôt, ceux qui s'en revendiquaient se sont intéressés à la protection de la nature (Elisée Reclus, Kropotkine, Murray Bookchin, Jacques Ellul), sans oublier les individualistes naturistes (Butaud, Zisly…). M. Blanquer, ministre de l'éducation, quant à lui, a déclaré dans Le Parisien du 25 avril : « La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme pédagogique. » Cette fois, c'est Nestor Romero qui s'y colle pour donner un « Court traité d'anarchisme à l'usage de J.-M. Blanquer » sur Médiapart. Il affirme en premier lieu « que l’autonomie de l’individu, de l’enfant donc, est le fondement même de l’anarchisme », citant Sébastien Faure pour qui « l’enfant n’appartient ni à Dieu, ni à l’Etat, ni à sa famille mais à lui-même ». Et évoque les nombreux anarchistes ayant œuvré pour promouvoir une pédagogie libertaire et mené des expériences en ce domaine pour administrer la preuve de sa validité. Citant ainsi Sébastien Faure et La Ruche, Paul Robin et Cempuis, Francisco Ferrer et l'Ecole moderne, Tolstoï et l'école de Iasnaïa Poliana, etc. Plutôt que de s'obstiner à être ministres, ces « mauvais élèves » devraient (re)lire leurs classiques ! La Plume noire, 8, rue Diderot, Lyon 1er, librairie anarchiste existant depuis plus de vingt-cinq ans et actuellement gérée par les militant.e.s de la Coordination des groupes anarchistes (CGA), a lancé une souscription de soutien « pour faire face à ses échéances de remboursement ». Rappelons qu'elle avait été attaquée en novembre 2016 par un groupe de fascistes (lire « En vrac »). Une fois de plus, la revue Ballast nous offre un intéressant texte à propos de l'anarchisme, cette fois il s'agit d'un entretien avec Philippe Pelletier (bibliographie), géographe et membre de la Fédération anarchiste. Sont ainsi abordés les relations entre géographie et anarchisme, la question de savoir si Elisée Reclus est un précurseur de l'écologie, le positionnement de l'interviewé vis-à-vis du mouvement écologiste, de la décroissance et de la critique de la technologie, sur le véganisme et l'antispécisme…

 

 

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