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PUBLICATIONS

Michel Perraudeau, auteur d'un remarquable Dictionnaire de l'individualisme libertaire en 2011, est parti à la recherche d'Anselme Bellegarrigue. Le premier des libertaires (Les Editions libertaires, 289 p., 15 euros). On savait peu de choses sur ce personnage (1813 - vers 1868-1870) mais cela n'a pas empêché certains d'inventer et d'autres de répéter les erreurs… ce qui fut notre cas à une occasion (lire « complément »). Errare humanum est. L'auteur s'est donc livré à une traque virtuelle, aux Amériques et en France, qu'il nous relate en détail ; retrouvant des descendants, précisant ses date et lieux de naissance, divers événements de sa vie et son établissement comme directeur de l'université de San Salvador (biographie). Il analyse également ses écrits qui font de lui l'un des premiers propagateurs de l'idée libertaire, d'inspiration individualiste : refus de tout gouvernement et du système électoral, primauté de l'individu, critique de la violence révolutionnaire, pour un « ordre libertaire », pour le municipalisme… Et revient sur l'accusation qui lui a été faite d'être un chantre du libéralisme, récupéré par les libertariens américains. Un seul regret, de nombreuses répétitions alourdissent quelque peu le récit. C'est pour rendre hommage à Arthur Lehning (1899-2000, biographie) que Les Editions du Monde libertaire ont publié cette « graine d'ananar » (sous la coordination d'Alayn Dropsy, 66 p., 5 euros). Militant anarcho-syndicaliste hollandais d'origine allemande, il a traversé le siècle et participé à la création de la FAUD, lutté contre l'avènement du nazisme en Allemagne, fut secrétaire de l'AIT de 1933 à 1936, cofonda l'Institut international d'histoire sociale (IIHS) d'Amsterdam et publia, entre autres, les huit volumes des archives Bakounine. La brochure contient un article qui précise ses divers engagements et une interview inédite de Lehning où il s'explique en particulier sur la création de la revue d'art abstrait et d'architecture i10 (1927-1929) qui a réuni des collaborateurs devenus célèbres depuis. Pour lui, « seule une révolution de la vie dans sa globalité pourra permettre d'édifier une société antiautoritaire ». En 2008, les éditions Le Chien rouge avait réédité l'ouvrage introuvable de Carlo Cafiero Abrégé du « Capital » de Karl Marx (trad. de James Guillaume, 158 p., 10 euros, avec en annexe la correspondance inédite entre les deux auteurs). Le titre de nouveau épuisé, elles ont effectué un retirage avec une autre couverture et au même prix. Nous ne pouvons que répéter ce que nous disions alors : « La crise financière et économique a remis au goût du jour le Capital, livre dans lequel Karl Marx analyse avec précision les ressorts de l'exploitation capitaliste. Synthèse brillante des travaux de penseurs (dont Proudhon) l'ayant précédé. (…) [Cafiero souhaitait ainsi populariser] les thèses de Marx dans un langage simple et compréhensible par le plus grand nombre. Communiste libertaire italien, [il] n'était pas un disciple et s'est opposé à Marx lors de la scission de la Ire Internationale. Mais il avait compris tout l'intérêt de l'ouvrage et le penseur allemand le félicita pour son travail. Alors, pourquoi bouder notre plaisir ? » Cela aidera le mensuel CQFD qui connaît actuellement des difficultés (« Dix ans, toutes ses dents mais plus un rond ! ») et coupera l'herbe sous le pied des petits spéculateurs qui proposent sur un site de vente en ligne la précédente brochure à deux fois son prix. Na ! Dans Itinéraires. Barcelone-Perpignan (Atelier de création libertaire, 138 p., 10 euros), Jordi Gonzalbo nous narre l'existence d'un enfant de libertaires espagnols réfugiés en France pour fuir le franquisme victorieux. Né à Barcelone en 1930, arrivé à Perpignan en 1938, il a connu l'accueil honteux du « pays des droits de l'homme », le sentiment d'abandon, les difficultés pour subsister, la guerre et l'Occupation, mais aussi l'espoir et le sentiment que ce n'était pas terminé. Il fut membre, de 1960 à 1975, d'un groupe de la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL) qui, s'opposant à l'immobilisme des dirigeants de la CNT en exil et au désir du plus grand nombre de tourner la page, décidèrent d'agir pour préparer l'avenir et démontrer que l'Espagne n'était pas une démocratie – comme voulaient le faire croire responsables politiques et économiques européens – mais une dictature. Il s'agissait essentiellement de faire franchir la frontière aux personnes et au matériel, d'assurer une propagande pour la lutte de l'Interior. D'autres posèrent des bombes (en évitant au maximum les victimes humaines) pour ruiner les efforts touristiques et plusieurs y perdirent la vie ou la liberté. Dans une seconde partie, l'auteur relate ses recherches pour connaître la vie militante de ses parents dans les années 1930. Nous ne quittons pas cette époque avec le magnifique livre consacré à un illustrateur et affichiste de grand talent qui a participé à l'élaboration de l'identité visuelle de la révolution espagnole. Helios Gómez. La révolution graphique (Associació cultural Helios Gómez - Association Mémoire graphique, 255 p., 30 euros) présente une biographie de l'artiste, la reproduction de plusieurs de ses albums graphiques et une sélection de dessins de presse et d'illustrations pour l'édition (certaines créations sont visibles sur le site de l'association), passés au crible du regard croisé de plusieurs auteurs. Né en 1905 à Séville, il suit des cours du soir, tout en travaillant comme ouvrier décorateur de céramiques. Et se rapproche des milieux anarchistes et de la CNT. Puis Helios Gómez connaîtra l'exil pour son engagement, renoncera à l'anarchisme, se rapprochera d'une organisation marxiste antistalinienne (avant d'en être exclu), adhérera au Parti communiste espagnol (PCE), participera aux barricades de Barcelone en 1936, rejoindra la colonne Durruti (après son exclusion du PCE), mettant toujours son art au service de la lutte et du peuple… Exil de nouveau, retour en Espagne, et persécution car il refuse de collaborer avec le régime franquiste. Incarcéré à plusieurs reprises, il meurt à Barcelone en 1956, deux ans après sa libération. Mieux faire connaître son œuvre et faire sortir de l'ombre un artiste injustement méconnu, voilà les vœux de cet ouvrage. Pour Eric Fournier, La Commune n'est pas morte (Libertalia, 187 p., 13 euros) car sa mémoire demeure, mais une mémoire très diverse, conflictuelle, en évolution constante. De la tentative des versaillais d'effacer toute trace à son culte par les communistes à partir des années 1920, en passant par la volonté d'oubli des républicains modérés, les tentations de l'extrême droite tirallée entre son souhait de récupération et de répéter les « crachats » de ceux qui l'ont combattu, sans compter que les socialistes, les anarchistes et l'extrême gauche ont également leur vision de cet événement ; pas facile d'étudier les « usages politiques du passé », mais c'est passionnant. La Commune était multiple (nationaliste et révolutionnaire, autoritaire et libertaire), logique que son souvenir le soit aussi. Depuis l'anniversaire de son centenaire en 1971, le temps de l'apaisement est venu, et celui des discours unanimistes sur son apport à l'histoire de France (tel celui du gaulliste Christian Poncelet le 4 juin 2003). Mais attention, elle peut se réveiller et gageons, en cas de conflit social d'importance, qu'on saura retrouver le chemin du mur des Fédérés. Le « printemps arabe » a accouché de gouvernements islamistes, en Egypte comme en Tunisie. Il est d'autant plus intéressant de lire la brochure des Editions du Monde libertaire sur Le Mouvement anarchiste et syndical en Tunisie (dossier réalisé par Elie Octave et Nidhal Chamekh, 151 p., 8 euros). Constituée d'interview de syndicalistes, de représentants associatifs et de textes du mouvement Désobéissance, elle est bien utile pour avoir une information directe, en dehors des grands médias français. Revenant sur l'attitude de l'UGTT au cours du renversement de Ben Ali – combative et solidaire à la base, collaboratrice au niveau des dirigeants –, sur les graves problèmes écologiques dus à l'exploitation du phosphate, sur l'insurrection du bassin minier (de 2008 à aujourd'hui), sur les luttes des chômeurs et des femmes, les différents intervenants sont bien conscients qu'il faut poursuivre le combat pour plus de liberté, de justice, d'égalité économique et sociale… Cette fois face aux Frères musulmans, à la fois rétrogrades sur le plan des mœurs et partisans du libéralisme économique, qui ont su profiter de l'élan populaire et contestataire sans y participer. Avec L'Enfer vert. Un projet pavé de bonnes intentions (L'Echappée, coll. Négatif, 126 p., 9 euros), Tomjo livre un pamphlet au vitriol contre les technocrates verts, s'appuyant essentiellement sur l'exemple de Lille et sa région. « Chez les Verts, la question n'est pas pourquoi se déplacer, mais comment se déplacer plus, plus vite et plus loin, tout en respectant son prochain, sa génération future et le monde dont celle-ci va hériter. » Quitte à prôner un flicage généralisé grâce aux puces RFID (lire articles sur le site Pièces et Main-d'œuvre. Et cela est aussi valable pour l'urbanisme, le canal Seine-Nord-Europe, la recherche, le développement des nouvelles technologies, etc. A savourer également l'analyse du parcours de certains écologistes politiques (ou politiciens) devenus des professionnels et des gestionnaires. Dans un second texte (« Critique de la planification écologique »), l'auteur s'attaque plus particulièrement à la « fuite en avant techno-industrielle », même teintée de vert, du Front de gauche. Réjouissant ! En 2010 déjà, Offensive et L'Echappée avaient édité un ouvrage réunissant des dossiers conçus par la revue sur le thème : Divertir pour dominer. La culture de masse contre les peuples (recension). Les mêmes ont renouvelé l'expérience avec Construire l'autonomie, se réapproprier le travail, le commerce, la ruralité (coll. Pour en finir avec, 322 p., 14 euros). Nous avons à de nombreuses occasions dit tout le bien que nous pensions des productions d'Offensive : un regard critique et multiple, une analyse sérieuse, sans dogmatisme, une volonté évidente de réflexion… Et cette nouvelle livraison est à l'unisson, avec son parti pris de didactisme (présentation de chaque article, notes précises, et bibliographies sélectives par chapitre). Il suffit de parcourir les sous-titres pour connaître le menu : « Travail : revaloriser les savoir-faire et la culture de métier », « Commerce : retrouver de l'autonomie dans les échanges », « Terre : la ruralité comme espace de résistance », « Précaires : s'affranchir de la dépendance à l'économie ». Bonnes lectures.

 

 

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Paris, 14 juin. Débat, à 19 heures, organisé par le groupe libertaire Louise-Michel sur le thème : « Techniques, technologies, technosciences : comment dépasser l'alternative technophobie versus technolâtrie ? ». Introduction par Nicolas Cornuault, Franck Bourrat, Marc Silberstein. A la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette (M° Blanche).

Mâcon, 15 juin. Conférence-débat, à 19 h 30, sur « L'innovation, pour quoi faire ? ou A quoi nous servent les nouvelles technologies ! », avec Pièces et main-d'œuvre (site) : projection du film RFID, la police totale et présentation de Sous le soleil de l'innovation, rien que du nouveau ! (L'Echappée). 25, rue Gambetta. Entrée libre.

Paris, 15 juin. « Pour que vive le Jargon libre », deuxième Bourse aux livres à partir de 15 heures. Apéro et opéra minimal, violon et voix de Houligani Dangereux à 19 heures. Le Jargon libre, bibliothèque de consultation, livres sur le mouvement libertaire et révolutionnaire, est ouvert tous les jours du lundi au samedi de 15 à 20 heures au 32, rue Henri-Chevreau, Paris 20e.

Paris, 15 juin. Rencontre-débat à la librairie du Monde libertaire avec Nils Anderson et l'émission « Sortir du colonialisme » de Radio-Libertaire autour du livre La Pacification (Les Petits Matins, 1960) de Hafid Keramane sur la répression des combattants algériens et des opposants à la guerre d'Algérie. A 16 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Toulouse, 15 juin. Au Chat noir, 18, avenue de la Gloire, à 19 h 30, projection de courts-métrages avec Les Vidéophages. Participation libre. Site Internet.

Montreuil, 16 juin. « Soutien aux prisonniers politiques en Russie », organisé par le Groupe de résistance aux répressions en Russie et par La Horde. Au Chinois (6, place du Marché), à partir de 17 heures, projection du film Persécutions politiques en Russie : l'exemple des antifas de Nijny-Novgorod, puis débat avec Alexandre Bikbov. Concert, à 19 heures, avec Première Ligne, Tweez et Julie Colère. P.A.F. : 5 euros. Renseignements complémentaires.

Saint-Hilaire-du-Rosier (38), 16 juin. « Le goût du local », un moment pour découvrir l'alimentation de proximité et échanger sur nos pratiques de consommations. Visite de l'exploitation, médiathèque sociale itinérante, marché de producteurs, projection du film de l'AMAP Court-Circuit. A 14 h 30, rencontre-débat organisée par le collectif La Rue râle et le groupe Henry-Poulaille (FA). Champ Bouzard, La Plaine.

Merlieux, 20 juin. Rencontre-débat à 18 h 30 avec Muriel Mollard, une écrivaine locale, pour son premier roman Sans bleu (La Main multiple). Apéro dînatoire. Table de presse. Entrée libre et gratuite. Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Site Internet.

Paris, 20 juin. Soirée « Théâtre et politique » à partir de 20 heures avec la pièce Victoire, la fille du soldat inconnu, de Sylvie Gravagna (de la compagnie Un pas de côté), suivie d'une discussion en sa compagnie et avec Olivier Neveux, auteur de Politiques du spectateur (La Découverte). Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Entrée gratuite.

Paris, 22 juin. A 17 heures, « Marx, l'anarchisme et les enjeux de l'émancipation au XXe siècle », rencontre avec Philippe Corcuff à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire. Site Internet.

Rouen, 22 juin. Concert-tôt en lutte majeure avec le groupe Dada, chansons d'humeur et d'humour, à 17 h 30, librairie l'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Bagnolet, 28 juin. Projection à 19 h 30 de Remue-ménage dans la sous-traitance (70 min, 2008), documentaire d'Ivora Cusack sur la lutte en 2002-2004 des femmes de ménage de la société Arcade, suivie d'une discussion. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 29 juin. Marie-Claire Calmus présentera son nouveau spectacle Corps et Mots (poèmes, chansons, chroniques) à l'occasion de la sortie de son CD de chansons Passions et Révoltes, à 16 h 30, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Entrée libre.

 

 

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

C'est l'anarchie ! A l'initiative de la BAF, d'Antigone, de Faranches, de la CNT, du local autogéré et d'une nébuleuse d'individu.e.s, neuf jours autour des idées et pratiques anarchistes : ateliers, discussions, conférences, chorale, projections, débats, repas, apérorocks, balade à vélo… « Parce qu'il nous semble important de nous réapproprier l'histoire de notre mouvement, d'agir sur nos présents et de construire nos avenirs. (…) Parce que nous souhaitons nous/vous rencontrer, renforcer nos liens, partager nos points de vue et expériences. » Du 8 au 16 juin, à Grenoble, dans divers lieux, programmation complète sur IndymediaGrenoble

Expo de pochoirs. Jusqu'au 30 juin, exposition de pochoirs par SO à la boulangerie La Conquête du pain, 47, rue de la Beaune, 93100 Montreuil-sous-Bois (M° Croix-de-Chavaux). La boulangerie est ouverte de 8 à 14 heures et de 16 à 20 heures, du lundi au vendredi.

Marche Ponzán. Cette année encore des personnes commémorent le réseau d'évasion Ponzán dans les Pyrénées et vous invitent à marcher avec elles les 22 et 23 juin. L'activité de ce réseau, composé de militants anarchistes de la CNT espagnole, est relatée dans le livre d'Antonio Téllez Solá. Rendez-vous au village d'Aston (Ariège) le samedi à 8 h 30. Randonnée accessible aux débutants. Rendez-vous pour le repas du soir (participation : 5 euros) et le couchage au centre d'accueil La Freychède à Montferrier. Musique et chansons à 22 heures avec Eric Fraj. A l'initiative de la CNT Solidarité ouvrière (CNT-SO). Renseignements complémentaires.

Antifascisme. Un week-end antifasciste et antiraciste, organisé par la commission antifa de la CNT-RP, aura lieu les 28, 29 et 30 juin au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval). Repas, concerts, débats : programme complet à télécharger (PDF 803 Ko). Courriel : com.antifa.rp(at)cnt-f.org

 

Sainte-Foy-la-Grande. La ville natale d'Elisée Reclus sera le théâtre d'une manifestation qui se tiendra du 8 au 13 juillet : Les Reclusiennes. Organisées par l'association Cœur de bastide et plusieurs partenaires, elles veulent « abord[er] chaque année l'une des questions soulevées au XIXe siècle dans l'œuvre d'Elisée Reclus et l'explor[er] à la lumière du présent ». Pour la première édition, il s'agira du vote et de la citoyenneté : « universitaires, chercheurs et écrivains [se retrouveront] afin d'exposer l'état de leurs réflexions, présenter leurs travaux et confronter leurs points de vue… » Au programme : ateliers, conférences et débats, cinéma, concert, expositions, lectures, spectacle de rue, dégustation de vins… Renseignements.

Grande Nuit Léo Ferré. Pour rendre hommage à Léo Ferré (1916-1993), disparu il y a vingt ans, le théâtre Toursky (16, promenade Léo-Ferré, Marseille 3e) organise une « Grande Nuit Léo Ferré » (avec bal populaire après le spectacle) le 14 juillet, à partir de 21 heures. De nombreux interprètes, musiciens et danseurs « diront ce qu'il fut, ce qu'il est ». « A l'amour et à l'anarchie se déclinent d'autres thèmes comme la solitude, la tristesse, le refus du pouvoir, la liberté, l'exil, l'errance, l'argot, la mort, la nuit et le jour, l'enfance, l'érotisme, le rien, l'insurrection de l'intelligence et du cœur, la révolte, la marge. » Cette soirée sera retransmise sur écran géant et en plein air à Marseille, à Paris, à Monaco et en Italie à Castellina, ville où le poète est décédé le 14 juillet 1993. Distribution, réservation (obligatoire), informations pratiques sur le site du théâtre.

Rencontres libertaires. L'Organisation communiste libertaire (OCL, site Internet) organise chaque été dans l'Ariège, à Eychenat, des journées de rencontres et de débats. Elles se dérouleront cette année, du 22 juillet au 2 août, dans un local mis à disposition sur une ferme en activité. La vie quotidienne est collective : les repas sont pris en commun et confectionnés par des équipes tournantes ; les autres tâches sont également assurés par rotation. Programme provisoire des débats : 23/07, « Contrôle du vivant » ; 24/07, « Internements psychiatriques abusifs » ; 25/7, « Psychiatrie avec et sans remède » ; 26/7, « Résistance au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes » ; 27/7, « Pratiques militantes » ; 28/7, « Restructurations capitalistes et luttes d'entreprise » ; 29/7, « Autogestion, coopératives… des alternatives au capitalisme ? » ; 30 et 31/7, « Journaux locaux de contre-information » ; 1er/08, « Qu'est-ce que faire de la politique aujourd'hui ? ». Inscription : OCL, c/o Egrégore, BP 1213, 51058 Reims Cedex. Renseignements complémentaires.

 

 

 

DIVERS

En vrac sur le Web (juin). Certains intellectuels (dits islamo-gauchistes) s'élèvent régulièrement contre l'athéisme qu'ils qualifient de « haine de la religion » et taxent ses partisans d'islamophobie, tout en sachant que les adeptes de cette idéologie antimusulmans (ou anti-arabes, bien souvent) ne sont généralement pas des sans-religion mais des catholiques, des protestants et des juifs prêchant pour leur propre chapelle. Etrangement, dans leurs écrits et discours, il est rarement fait mention de « judéophobie » ou de « christianophobie » ! Le dernier avatar de ces « staliniens de la pensée » semble être Pierre Tevanian, auteur de l'ouvrage La Haine de la religion, comment l'athéisme est devenu l'opium du peuple de gauche (La Découverte, 128 p., 10 euros), paru récemment. Sur Mondialisme.org, Yves Coleman analyse et critique sur des bases essentiellement marxistes et de façon très pertinente ce pamphlet (lire l'article « Le jésuite [1] Pierre Tevanian est un digne représentant de la confusion gauchiste postmoderne [2] »). Sur le même site, on peut télécharger le catalogue « Ni patrie ni frontières 2002-2012 » (487 Ko) car la revue du même nom aura bientôt onze ans d'existence et il était temps de lister les nombreux titres qu'elle a publiés. Dès son origine, elle se voulait une passerelle entre groupes d'extrême gauche d'orientations différentes : « Nous souhaitons éveiller la curiosité, le sens critique. Nous voulons sortir des carcans mentaux et idéologiques imposés par de longues années d'isolement. Rien ne nous est plus étranger que le patriotisme, y compris sa variante étriquée : le patriotisme d'organisation. » Jusqu'à ce jour, elle y a plutôt bien réussie. Le 24 avril dernier, le Cercle libertaire Jean-Barrué de la Fédération anarchiste (33), l'Union juive française pour la paix (UJFP) Aquitaine et la librairie du Muguet ont accueilli Pierre Stambul à l'Athénée libertaire de Bordeaux. Il a animé une conférence sur le sionisme suivi d'un débat autour de son livre Israël/Palestine : du refus d'être complice à l'engagement (Acratie). L'auteur y démonte les mécanismes historiques et actuels du sionisme et y développe les raisons de le combattre. Près de deux heures de vidéos ont été enregistrées et mises en ligne sur Youtube (présentation de la conférence), sur le site du Cercle libertaire et sur celui de la coordination BDS 33. L'Institut international d'histoire sociale (IIHS, Amsterdam) a organisé une exposition virtuelle sur « Le néo-malthusianisme en France », dédiée à l'œuvre de ses pionniers, les anarchistes Paul Robin et, notamment, Eugène et Jeanne Humbert (cf. bibliographies et bios sur Anarlivres), dont le fonds se trouve à l'IIHS. « Les idées de partisans ainsi que d'adversaires du contrôle des naissances sont présentées à travers des reproductions de catalogues de préservatifs, journaux, lettres, brochures, extraits de livres et coupures de presse. Les brochures, dont certaines sont très rares et fragiles, sont reproduites en entier et peuvent se lire en ligne. » Est-il utile de préciser que l'Eglise catholique fut au premier rang de ceux qui dénoncèrent le « complot néo-malthusien contre les bonnes mœurs et l'avenir de la patrie ». Cette défense de la famille passe de nos jours par le refus du mariage pour tous qui a occasionné un déferlement de haine homophobe. Dans le cadre du Projet'aime, Alexandra Mangone et Marie Mollier ont conçu un documentaire en noir et blanc, sous-titré « Aimer qui on est pour aimer qui on veut », afin de présenter avec sobriété et sensibilité le témoignage de quinze personnes expliquant leurs coming out et ses conséquences. Les réalisatrices souhaitent que ces moments de vérité aident les associations dans leurs travaux d'information auprès des plus jeunes. Autre film, sur la crise grecque et sur les possibilités de bâtir un autre monde, Ne vivons plus comme des esclaves, réalisé par Yannis Youlountas, est en voie d'achèvement. On peut visionner dès maintenant la bande-annonce (versions courte et longue), participer à la souscription pour aider à sa libre diffusion et/ou contacter le réalisateur afin d'organiser des projections-débats. Les chimpanzés du futur se révolteraient-ils ? Cela semble être le cas lorsqu'on découvre la vidéo de Camille Ludd retraçant leur intervention au cours du Forum de la biologie de synthèse qui a failli se tenir à Paris le 25 avril. Ils voulaient ainsi dénoncer les campagnes de manipulation visant à faire accepter le développement des techno-sciences. Vous en saurez plus en vous référant aux diverses contributions du groupe Pièces et Main-d'œuvre. Le Musée d'art moderne André-Malraux du Havre accueille jusqu'au 29 septembre une exposition consacrée à Camille Pissaro (1830-1903). « Cent dix ans nous séparent du décès de cet éminent "anartiste". Ce sera l'occasion pour de nombreux visiteurs de découvrir la vision de ce peintre anarchiste quant aux activités humaines industrielles et portuaires… » Felip Equy, sur le site Autre Futur, nous en dit plus sur ce personnage. Parce qu'il n'était « pas satisfait du paysage vidéo ludique actuel, pas satisfait des idéologies qui y sont transmises. Sur le fond d'abord, car les plus grosses ventes se font sur des jeux baignant dans une imagerie guerrière impérialiste, où il est de bon aloi de tirer sur tout ce qui est différent de nous en réponse à des menaces terroristes fantasmées. (…) Mais également sur la forme, où l'on nous jette au visage des codes issus de la publicité, avec des héros bodybuildés et des adjuvantes avec d'énormes poitrines où tout est histoire de performances et de quantifiable », il a créé un jeu vidéo avec les ouvriers d'Arcelor Mittal de Florange : Kill Mittal. Présentation sur le site de la CNT-F. On peut y jouer sur son navigateur, le télécharger gratuitement en version Windows et/ou Mac OS X. Rendez-vous sur Killmittal.com Reconnaissant « des lacunes de game design et de gameplay », l'auteur espère néanmoins que cela éveillera des « consciences chez ces développeurs indépendants qui font tellement de différence entre leurs idéologies et les œuvres qu'ils produisent ». Game over.

 

 

 

PÉRIODIQUES

Qu'y a-t-il de commun entre des pères qui montent sur des grues afin de réclamer un droit de visite pour leurs enfants, Eric Zemmour, un romancier antiféministe, une page « Osez le masculin » ouverte sur Facebook par des étudiant de l'IEP de Bordeaux, le carnage à l'Ecole polytechnique de Montréal en 1989 d'un tueur qui ciblait les femmes ? Le masculinisme !… Alternative libertaire (n° 228, mai, 20 p., 2 euros, site) y consacre quatre pages pour dénoncer cette idéologie qui, sous des dehors égalitaristes, est une machine de guerre contre le féminisme. Le mouvement, au Québec et en France, veut privilégier les droits des pères, combattre la crise de la « masculinité » et les violences faites aux hommes… Se prétendant victimes d'une société qui se serait féminisée, leurs « objectifs politiques visent à renforcer les privilèges masculins ». Premier numéro de la « Lettre d'info de la Coordination des groupes anarchistes [CGA] », Résistances libertaires (mai, 4 p., à télécharger) avec l'annonce de la création d'un collectif antifasciste dans l'Hérault, une brève à propos des expulsions à Saint-Denis, un appel à la solidarité contre les agressions homophobes, la relaxe d'un libertaire à Montpellier, condamné en première instance à un mois de prison avec sursis pour possession d'Opinel et refus de prélèvement ADN. La volonté de criminaliser les mouvements sociaux s'est ainsi heurtée à la mobilisation militante. Un dernier article présente la CGA et l'on peut constater que l'essentiel de sa présence se concentre dans le sud de la France. Le « bulletin anarchiste de Paris et sa région » Lucioles (n° 9, mai, recto-verso, à télécharger) appelle à la fois à la résistance contre la boboïsation des quartiers populaires de la capitale et cite une affiche se concluant par : « La ville, nous ne voulons ni nous en évader ni nous la réapproprier, nous voulons détruire intensément et dans la joie le monde qui la produit, et elle avec elle. » A propos du « mariage pour tous » : deux ennemis… frères jumeaux. D'un côté, les opposants, avec leur « morale médiévale » et leur « obscurantisme religieux » ; de l'autre, l'Etat, avec sa volonté de contrôler et de normaliser. Des infos sur les prisons : une nouvelle à Beauvais, d'autres enfin en rénovation, une entreprise (Gepsa) réalise ses bénéfices sur le dos des prisonniers… De nombreux articles de Subversions (n° 2, avril, 64 p., 2 euros, c/o Bibliothèque Libertad, 19, rue Burnouf, 75019 Paris, courriel : subversions[at]riseup.net) peuvent énerver, irriter, parce qu'ils renvoient à une lutte qui se voudrait sans concessions, idéale, et qui paraît peu sensible aux réalités sociales et humaines… Pourtant, ces textes « poil à gratter » sont bien nécessaires, ils relancent la réflexion et nous évitent de nous endormir dans un conformisme protestataire. D'abord une analyse de « l'ouvriérisme comme idéologie au services des patrons » parce que les travailleurs acceptent, pour vivre, la pollution, la mort et l'inutilité de certaines activités. Notre-Dame-des-Landes et les potentialités des luttes spécifiques. Que penser des ONG et de l'humanitaire, complices du pouvoir étatique et gérants des étrangers indésirables, quand ce n'est pas sous le treillis un « militarisme à visage humain » ? A propos de la rencontre anarchiste internationale de Zurich en novembre 2012, des contributions posent la question « de comment faire dérailler ces mouvements (protestataires) de leur voie réformiste pour tenter l'inconnu insurrectionnel ? » Une attaque en règle contre les « marchands de papier », anarchistes ou non, qui éditent des écrits libertaires grâce aux subventions publiques. Un très intéressant article (traduit d'une anthologie en italien) sur « L'anarchisme autonome de Guiseppe Ciancabilla » (1871-1904), théoricien du courant anti-organisationnel, défenseur des actes individuels de révolte, polémiste opposé à « tout tacticisme et calcul politiques ». Et bien d'autres choses encore… L'autogestion aurait-elle le vent en poupe ? Deux manifestations (on dit aussi « foires » !) sur ce thème, l'une à Toulouse fin avril, l'autre début juin à Montreuil. Pas étonnant donc que Le Monde libertaire (hors-série n° 49, mai-juin, 64 p., 5 euros, site) y consacre un numéro spécial, plutôt bien fait (textes intéressants, maquette réussie, belles illustrations). Tout d'abord, pour déblayer le terrain et éviter les confusions – dans les années 1970, tout le monde ou presque était pour l'autogestion –, un peu de théorie : ses multiples facettes, une courte histoire de l'autogestion à la française, le « modèle » yougoslave…. Ensuite, la mise en pratique : à l'école, une entreprise du bois, une coopérative alimentaire, une AMAP de Saint-Denis, Cecosesola au Venezuela, Espace noir et Imagine dans le Jura suisse. En prime, une bande dessinée sur le capitalisme vert (pardon le « Green Bizne$$ ») dont on lira avec délectation les sept commandements, et une interview de King Ju du groupe Stupeflip. Le 14 juillet prochain, il y aura vingt ans que mourait Léo Ferré (1916-1993, bibliographie). Les Editions du Petit Véhicule viennent de publier le n° 11 des Cahiers Léo Ferré (180 p., 22 euros, site) presque exclusivement consacré à La Mémoire et la Mer (version complète, titrée tout d'abord Les Chants de la fureur), ce « poème-monde », selon Luc Vidal (à la librairie du Monde libertaire le 13 juin), fut écrit sur l'îlot du Guesclin – à proximité de Saint-Malo et de Cancale. « Il aura fallu une quinzaine d'années à Léo Ferré pour y mettre le point final. Le poète musicien en tirera comme d'un vin nouveau sept partitions-chansons : FLB, La Mer noire, Géométriquement tien, Des Mots, La Marge, Christie et cette Mémoire et la Mer [clip et paroles], clé de voûte du fameux double album Amour Anarchie des années soixante-dix. » On y retrouve aussi Richard Martin, « homme-comédien, homme-metteur en scène, homme-diseur de poèmes », qui organise une « Grande Nuit Léo Ferré » au théâtre Toursky de Marseille (lire ci-dessus). Signalons par ailleurs la sortie du n° 20 des Cahiers Octave Mirbeau (avril, 376 p., 31 euros avec l'adhésion à l'association, site) dont le sommaire est toujours aussi impressionnant et varié (études, documents, témoignages, bibliographie).

 
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