Adhémar Schwitzguébel
(1844-1895)
Il naît en 1844 à Sonvillier, dans le val de Saint-Imier (canton
de Berne), en Suisse. Son père, patron dun petit atelier de gravure
sur montres, est un progressiste qui participe activement aux luttes politiques
des années 1848. Dans latelier paternel, le jeune Schwitzguébel
apprend le métier de graveur. En 1864, il fait son service militaire
et en sort avec le grade de sous-lieutenant dinfanterie. Dès le
mois de mars 1866, il adhère à la section de l'Association
internationale des travailleurs (AIT) qui vient de se créer à
Sonvillier. Partisan de la propriété collective, il s'affilie
en 1869 à la section genevoise de l'Alliance internationale pour
la démocratie socialiste, organisation créée par Bakounine.
Après la chute de la Commune de Paris, il se rend dans la capitale porteur
de faux passeports destinés à faciliter la fuite des communards
en Suisse. Refusant les résolutions du conseil général
de l'Internationale (marxiste), Schwitzguébel prend part, le 12 novembre
1871, à la création de la Fédération jurassienne
à Sonvillier. Mandaté au congrès de l'Internationale à
La Haye le 2 septembre 1872, avec Bakounine et James Guillaume,
pour représenter le fédéralisme et le refus de l'autoritarisme,
il est témoin de l'exclusion de ses deux compagnons tandis que la sienne,
bien que réclamée, est rejetée. De retour en Suisse, il
prend part au congrès de Saint-Imier dans le but de créer, dans
le prolongement de la Fédération jurassienne, une Internationale
antiautoritaire. En 1873, il se marie avec une jeune ouvrière franc-comtoise,
avec laquelle il aura neuf enfants. Mais l'actif propagandiste a du mal
à trouver un emploi pour faire vivre sa nombreuse famille et doit s'installer
à Bienne en 1889. Il finit par accepter en 1894 un poste de
permanent du mouvement syndical mais, usé avant lâge et atteint
dun cancer à lestomac, il meurt le 23 juillet 1895,
âgé de 51 ans.
(Daprès Maurice Colombo, « Itinéraire »
n° 14-15.)