Rudolf Rocker (1873-1958)
Naissance à Mayence (Allemagne) le 25 mars 1873. Très jeune orphelin, il est élevé par un oncle républicain et devient relieur. Il adhère aux Jeunesses du Parti social-démocrate qui forment une opposition au sein du parti, puis découvre l'anarchisme à la lecture de Freiheit (« Liberté ») de Johann Most. En août 1891, il assiste au congrès socialiste de Bruxelles où il rencontre de jeunes anarchistes allemands. De retour en Allemagne, il rejoint un groupe anarchiste et se livre à une active propagande qui attire sur lui l'attention de la police. Il gagne alors Paris en 1892 et rentre en contact avec des anarchistes français, dont Jean Grave. Après les persécutions policières de 1894, il part à Londres. Il se rapproche du milieu ouvrier juif anarchiste de l’East End. Propagandiste très actif (par la parole et par l'écrit), il apprend le yiddish et fait paraître à partir de 1898 le journal en yiddish Arbeter Fraynt (« Le Travailleur libre »), puis Germinal (1900), avant de reprendre le premier titre de 1903 à 1914. Il soutient de nombreuses grèves, dont celle des tailleurs, en privilégiant la solidarité entre travailleurs de différentes communautés. En 1907, à Amsterdam, Rocker est l’un des secrétaires du Congrès anarchiste international. Lorsque la guerre éclate, les autorités anglaises l’internent dans un camp. Expulsé d'Angleterre en mars 1918, il séjourne à Amsterdam, avant de rejoindre Berlin. Pour « incitation à la grève et atteinte à la sûreté de l'Etat », il est de nouveau arrêté. Libéré, il se consacre à la reconstruction du mouvement anarcho-syndicaliste allemand (FAUD) qui aboutit au niveau international, en décembre 1922, à la renaissance à Berlin de l'Association internationale des travailleurs. Il en sera d’ailleurs l’un des premiers secrétaires internationaux. En 1933, fuyant les nazis, il rejoint les Etats-Unis où il tentera en 1936 de mobiliser l'opinion en faveur de la révolution espagnole. En 1937, il s'installe avec sa compagne Milly dans la communauté anarchiste de Mohigan (New York). Il publie alors l’un de ses principaux ouvrages, Nationalisme et Culture, récemment traduit en français. Après-guerre, les autorités américaines tentent de l'expulser, mais le retour en Allemagne lui est refusé. Il meurt donc aux Etats-Unis en septembre 1958.
(D’après « Itinéraire » n° 4.)

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