Armand Robin (1912-1961)
Cet étrange personnage est né le 19 janvier 1912 à Plouguernével (Côtes-du-Nord). Huitième enfant de paysans bretons, il ne parle pas le français en entrant à l’école. Il rattrape vite son retard et effectue des études brillantes, tout en échouant à différents concours. Il se passionne pour les langues et apprend le russe, l’allemand, l’anglais, l’arabe, le chinois, l’hébreu… en tout une vingtaine de langues ! Poète, il néglige ses propres écrits pour traduire ceux des autres qu’il fait connaître en France. En 1933, il séjourne dans un kolkhoz en URSS et découvre la réalité du régime. Dès 1935, il collabore à de nombreuses revues littéraires. Il se passionne pour l’écoute des radios étrangères et analyse les émissions soviétiques afin de démonter les mécanismes de la propagande. Pendant l’Occupation, il continue ses activités d’auteur et de traducteur, tout en étant employé par le ministère de l’information pour rédiger des bulletins d’écoute dont les doubles sont fournis à la Résistance. Après avoir été surveillé par la Gestapo en 1943 pour avoir tenu des propos antihitlériens, il est poursuivi à la Libération par la haine des communistes qui arrivent à le faire inscrire sur une liste noire. Il revendiquera cet honneur et se portera « candidat d’avance pour toutes les listes noires ». En 1945, il adhère à la Fédération anarchiste qui publia Les Poèmes indésirables. De 1951 à 1953, il anime des émissions télévisées sur la poésie. Début mars 1961, il doit faire face à des difficultés financières et à des ennuis de santé. On le retrouvera mystérieusement mort le 29 à l’infirmerie du dépôt de police.
(« Agenda 2001. Itinéraire ».)

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