Elie Reclus (1827-1904)
Fils d'un pasteur protestant et d’une institutrice, frère aîné d'Elisée, Jean-Pierre Michel (dit Elie) naît le 16 juin 1827 à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). En 1840, il est envoyé faire ses études dans une communauté des frères Moraves à Neuwied sur le Rhin. Il poursuit ensuite des études de théologie et il est ordonné pasteur, mais démissionne aussitôt. En 1851, il manifeste contre le coup d'Etat de Napoléon, puis s'exile en Angleterre (avec Elisée). En 1855 (après l'amnistie), il rentre en France et travaille un temps à la banque du Crédit mobilier, établissement fondé par des saint-simoniens. Il fréquente de nombreux socialistes révolutionnaires et rencontre Proudhon. En 1866, il est administrateur de la Société du crédit au travail, destinée à favoriser la création de coopératives de production, de consommation ou de crédit. Elie Reclus adhère en 1865 à l'Alliance de la démocratie sociale, créée par Bakounine, et, en 1867, il est le responsable français du journal de la Ligue de la paix et de la liberté. Avec sa compagne Noémi, son frère Paul et André Léo, il est signataire des statuts de la Société de revendication des droits de la femme. Le 4 septembre 1870, Elie prend part aux manifestations qui précipitent la chute de l'Empire et collabore ensuite à La République des travailleurs, organe de la section des Batignolles de l'AIT. Pendant la Commune, il est brancardier de la Garde nationale, puis participe à la commission chargée de réorganiser l'enseignement primaire, avant d'être nommé directeur de la Bibliothèque nationale. Il parvient à échapper à la répression versaillaise et à se réfugier à Zurich. En 1876, il part en Amérique où il rencontre Benjamin Tucker, puis s’installe à Londres, et revient finalement à Paris après son amnistie en mars 1879. Il travaille comme bibliothécaire et collabore à de nombreuses revues scientifiques et d'anthropologie, mais aussi libertaires comme L'Humanité nouvelle. Ses travaux d'ethnologie sur les primitifs ne lui éviteront pas les persécutions policières en relation avec l'attentat de Vaillant. Il quitte alors la France en 1894 pour la Belgique, où il accepte une chaire de mythologie comparée à l'Université nouvelle de Bruxelles. Elie Reclus meurt le 11 février 1904 à Ixelles (Bruxelles).
(D’après l’Ephéméride anarchiste et « Itinéraire » n° 14/15.)

Fermer la fenêtre

Retour à l'accueil