Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865)
Fils d’un tonnelier et d’une cuisinière, il naît à Besançon le 15 janvier 1809. En 1820, une bourse lui permet de faire des études au collège. A 17 ans, il devient ouvrier typographe pour aider financièrement ses parents. En 1838, l’Académie de Besançon lui attribue une bourse qui lui permet, à 29 ans, de passer son baccalauréat et de poursuivre des études supérieures. Proudhon fait paraître en 1839 De la célébration du dimanche puis, l’année suivante, Qu’est-ce que la propriété ?. Sa fameuse formule « La propriété, c’est le vol ! » le rend célèbre dans le monde entier mais décide l’Académie à lui retirer sa bourse en raison des polémiques suscitées. Il se prononce pour la propriété des moyens de production par les travailleurs eux-mêmes et se pose ainsi comme père de l’autogestion ou, pour employer sa terminologie dans Les Confessions d’un révolutionnaire, de la gestion directe. La situation matérielle de Proudhon est plus que précaire. Il devient fondé de pouvoir d’une entreprise de péniches que viennent de créer à Lyon d’anciens amis de collège. En 1847, il quitte son poste pour devenir journaliste. Après bien des déboires, il réussit à fonder un quotidien, Le Peuple. Février 1848, la République est proclamée. Aux élections de juin, Proudhon est élu député. Il incarne l’extrême gauche de la révolution de février et critique violemment les décrets du gouvernement provisoire. Lorsque Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République, en décembre, Proudhon se déchaîne. Ses articles sont si violents et si insultants qu’il est condamné à trois ans de prison dès mars 1849. Incarcéré, il écrit Les Confessions d’un révolutionnaire et Idée générale de la révolution, deux ouvrages dans lesquels il développe ses positions antiétatistes et anticommunistes. Libéré en juin 1852, Proudhon est de nouveau condamné à trois ans de prison, dès la parution, en 1858, De la justice dans la Révolution et dans l’Eglise, ouvrage dans lequel il résume l’ensemble de ses recherches à travers un combat général contre la religion et, plus généralement, contre tout mysticisme. Il s’exile en Belgique où il restera jusqu’en 1862. Proudhon, indéniablement le penseur français le plus important du XIXe siècle et le seul théoricien socialiste à être d’origine populaire, décède le 19 janvier 1865.
(D’après Hervé Trinquier, « Agenda 2001. Itinéraire ».)

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