Marc Prévôtel (1933-2010)
Né le 22 septembre 1933 à Bordeaux, fils d'anarchistes (son père, André, a été impliqué dans « l'affaire des stérilisations » avec Aristide Lapeyre, en 1935 ; sa mère, Joséphine, dite Andrée, fut poursuivie pour « incitation de militaires à la désobéissance »), il devint très tôt lui-même anarchiste, fréquentant le groupe Sébastien-Faure de Bordeaux. Après des études en classes préparatoires, il est reçu en juillet 1954 à l'Institut du génie chimique de Toulouse et obtient en 1957 son diplôme d'ingénieur. A cette époque, il milite au groupe de Toulouse de la Fédération anarchiste dont il devient le secrétaire pendant deux ans et qu'il représente aux congrès de 1955 et de 1956. En 1961, il est coopté au comité de lecture du Monde libertaire et, l'année suivante, est nommé secrétaire aux relations internationales – responsabilité qu'il assure pendant trois ans. Il se soumet après des hésitations à vingt-huit mois de service militaire pendant la guerre d'Algérie, tentant de se tenir le plus éloigné possible du conflit. Embauché en juillet 1961 au Centre d'études nucléaires de Fontenay-aux-Roses, Marc Prévôtel est titularisé deux ans plus tard au Commissariat de l'énergie atomique (CEA) en échappant à un rapport de police arrivé trop tard. Membre de l'Union des anarcho-syndicalistes (UAS), responsable syndical national à l'Union nationale des syndicats de l'énergie nucléaire et industries connexes de Force ouvrière, il s'est battu pour une convention collective des salariés de cette activité afin d'améliorer leur sécurité, et contre sa privatisation également. Se méfiant du mouvement écologiste, au sein duquel il percevait des arrière-plans mystiques, comme des « ravages des idées à la mode », il n'a jamais reculé devant les polémiques et avait même un goût certain pour celles-ci. En dépit de son franc-parler, il respectait scrupuleusement la libre expression des autres. Adhérent actif de la Fédération nationale de la libre pensée, il était certainement l'un des meilleurs connaisseurs de la doctrine sociale de l'Eglise, de sa nocivité, et avait dénonçait en son temps la cléricalisation de la CFDT. Marc Prévôtel s'est éteint dans la nuit du 20 février 2010 à l'hôpital de Haut-Lévêque à Pessac, en Gironde.
(D'après « Notice biographique » et « Réfractions ».)

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