Madeleine Pelletier (1874-1939)
Naissance le 18 mai 1874, à Paris. Elle connaît une enfance assez pauvre et se heurte très tôt à sa mère, femme dure et dominatrice. En 1897, elle passe son baccalauréat en candidate libre et réussit ses études de médecine, à force de volonté et malgré les nombreux obstacles mis sur le chemin d’une femme libre et émancipée. Ayant fréquentée dès l’âge de 13 ans un groupe anarchiste, elle s’en était éloigné pour se consacrer à la lutte féministe. Pour cela, elle adhère quelque temps à la franc-maçonnerie, avant d’être obligée de la quitter. En 1906, elle anime un groupe qui se distingue dans la bataille pour le suffrage des femmes. Elle adhère alors au Parti socialiste pour mieux propager sa cause. Se définissant comme une féministe intégrale, elle revendique toutes les émancipations : politiques, économiques, sociales, intellectuelles, sexuelles. En 1913, elle fait de la propagande antimilitariste auprès des femmes et participe à de nombreuses manifestations. La trahison de la plupart de ses amis socialistes, leur adhésion à l'Union sacrée, l’abandon de la grève générale révoltèrent Madeleine Pelletier. Après la guerre, elle collabore au Libertaire, écrivant des articles sur l'antimilitarisme, le néo-malthusianisme, l'éducation du prolétariat, l'affranchissement de la femme… sans pour cela se rallier au mouvement anarchiste. En décembre 1920, elle assiste au congrès de Tours et, lors de la scission, rejoint le Parti communiste (SFIC). En juillet 1921, elle part clandestinement pour la Russie et relate ses souvenirs dans un ouvrage lucide où elle critique la terreur, la bureaucratie, la misère de la population et son mysticisme, tout en constatant que, si la situation des femmes s’est améliorée, elles restent cantonnées dans des domaines bien définis. Malgré tout, elle demeure un temps encore au Parti communiste, défendant le bolchévisme et le féminisme au cours de nombreuses conférences à Paris et en province. Reconnaissant que toutes les tentatives pour allier féminisme et socialisme ou communisme avaient fait faillite, elle prend en 1926 ses distances avec les partis politiques et ne collabore plus dès lors qu'à la presse libertaire. En 1933, elle adhére au Groupement fraternel des pacifistes intégraux Mundia. La police découvre à la veille de la Seconde Guerre mondiale, à la suite d'une dénonciation, qu'elle pratique des avortements. Jugée au nom de la « loi scélérate » de 1920, elle est condamnée et, en raison de son état de santé (une hémiplégie sans espoir de guérison), internée à l'asile de Perray-Vaucluse (Epinay-sur-Orge) où elle meurt le 29 décembre 1939.

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