Ida Mett (1901-1973)
Ida Gilman, de son vrai nom, est née le 20 juillet 1901 à Smorgone (Russie) dans une famille juive de négociants en étoffe. Etudiante en médecine à Kharkov, elle doit gagner Moscou pour échapper à une commission d'épuration bolchevique et terminer ses études. Elle y fréquente les milieux anarchistes et, à quelques semaines de l'obtention de son diplôme de docteur, est arrêtée. Elle parvint à s'échapper, à gagner la Pologne puis en novembre 1925 Paris, où elle s'inscrit comme étudiante à la faculté de lettres. Membre des groupes anarchistes polonais et russe de Paris, elle participe aux activités et réunions du Comité international de défense anarchiste (CIDA). Elle collabore aussi activement à Dielo Trouda, publié par les anarchistes russes. Jusqu'en 1927, elle est la secrétaire de Nestor Makhno et de la rédaction du journal. C'est à cette époque qu'elle rencontre Nicolas Lazarevitch dont elle devient la compagne et avec lequel elle participe au projet de plate-forme organisationnelle dite plate-forme d'Archinov, publiée à partir de juin 1926 et qui sera suivie par une polémique au sein du mouvement libertaire international, les auteurs de celle-ci étant accusés de vouloir bolcheviser l'anarchisme. En 1928, elle est expulsée de France avec son compagnon. Tous deux s'installent à Liège (Belgique) où Ida reprend ses études de médecine tout en continuant à fréquenter les milieux libertaires. Après un séjour en Espagne, où la République vient d'être proclamée, le couple regagne la Belgique. Elle travaille alors dans une entreprise pharmaceutique dont elle sera licenciée après une condamnation pour participation à une manifestation contre la guerre à Bruxelles. Elle prend part aux campagnes en faveur de Francisco Ghezzi et de Victor Serge emprisonnés en URSS et contre les expulsions d'anarchistes étrangers. Après l'incarcération de son compagnon pendant un an, tous deux reviennent en France en 1936. Secrétaire du syndicat des employés du gaz à la Bourse du travail, elle collabore à La Révolution prolétarienne et au Libertaire, en particulier lors des procès de Moscou. Elle en profite pour mettre en garde contre les agissements des agents de Staline en Espagne. Le 8 juin 1940, elle est arrêtée avec son fils Marc, âgé de 8 ans, et internée au camp de Rieucros (Lozère). Libérée en avril 1941, elle se réfugie avec les siens en « zone libre », d'abord à Marseille puis à Draguignan (Var) jusqu'en 1946 où toute la famille regagne Paris. De 1948 à 1951, elle travaille comme médecin dans un préventorium d'enfants juifs à Brunoy, puis comme traductrice technique pour l'industrie chimique. Ida Lazarevitch décède à Paris le 27 juin 1973.
(D'après le Dictionnaire international des militants anarchistes.)

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