Jean Marestan (Gaston Havard, dit) (1874-1951)
Né à Liège (Belgique) le 5 mai 1874, Gaston Havard, dit Jean Marestan, serait le fils naturel d’un médecin belge et d'une Française musicienne et peintre. Des revers de fortune l'obligent à interrompre des études médicales et, vers 1890, il vient à Paris et habite la butte Montmartre, fréquentant écrivains et artistes. Il adhère rapidement au mouvement anarchiste et compte parmi les premiers rédacteurs du Libertaire. S'étant découvert des talents de guérisseur, il exerce alors le métier de masseur-magnétiseur. En 1899, Jean Marestan s'installe à Marseille où il participe à une réunion au sujet de l’affaire Dreyfus et de l’antisémitisme. Signataire en 1904 d’un Manifeste contre la guerre en Extrême-Orient, il collabore également au mensuel L’Action antimilitariste, édité par l’Association internationale antimilitariste (AIA). Les problèmes sexuels l’intéressant, il se joint bientôt au groupe des néo-malthusiens, apportant son concours à Génération consciente. En 1910, Jean Marestan publie L’Education sexuelle qui obtient un réel succès. De 1911 à 1913, il parcourt la France, donnant des conférences sur l’éducation sexuelle et le problème des familles nombreuses. Parallèlement, il se dépense en faveur du mouvement antimilitariste et contre les bagnes militaires. En 1914, mobilisé dès le début des hostilités dans l'infanterie, il est finalement muté dans le service sanitaire et affecté comme infirmier à l’Hôtel-Dieu à Paris. Après la guerre, Marestan poursuivit ses activités, mais c’est le néo-malthusianisme qui l’occupe avant tout et il effectue de nombreuses conférences. Il est initié à la franc-maçonnerie et fréquente la loge La Parfaite Union de Marseille. Pendant la seconde guerre mondiale, « résolument éloigné des pacifistes intégraux », il participe à la Résistance en collaborant entre autres au réseau d’embarquements clandestins. Arrêté comme « intellectuel suspect » le 26 février 1943 par la police allemande, Marestan reste emprisonné une centaine de jours à la prison Saint-Pierre. Après la Libération, il maintient des rapports étroits avec les milieux anarchistes, adhère au groupe des Amis d’Eugène Humbert et reprend sa collaboration à La Grande Réforme. En 1949, il effectue, sous l’égide de la Fédération anarchiste, une série de conférences sur l’éducation sexuelle et meurt à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 31 mai 1951.
(D'après le Dictionnaire des militants anarchistes.)

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