Arthur Lehning (1899-2000)
Naissance le 23 octobre 1899 à Utrecht (Pays-Bas) de parents allemands. Il étudie l'économie à Rotterdam et l'histoire à Berlin. Fréquentant les milieux révolutionnaires qui refusent la guerre puis l'étatisme bolchevique, il participe à la fondation de la Freie Arbeiter Union Deutschland (FAUD), organisation anarcho-syndicaliste qui adhère à Berlin, le 25 décembre 1922, à la nouvelle Association internationale des travailleurs (AIT) antiautoritaire. Son action ne se limite pas à la lutte politique, il occupe également la scène artistique et littéraire en participant au mouvement Bauhaus. En janvier 1927, il crée la revue i10 rédigé en quatre langues (hollandais, allemand, anglais et français) qui comptera parmi ses collaborateurs de nombreux artistes et intellectuels. Pour lui, seule une révolution de la vie dans sa globalité pourra permettre d'édifier une société antiautoritaire. Secrétaire de l'AIT de 1933 à 1936, il se rend à plusieurs reprises dans l'Espagne révolutionnaire et en particulier en Catalogne. Face à la montée du nazisme, il prône la grève générale. Après avoir prononcé un ultime discours, le 17 février 1933, entre la prise du pouvoir par les hitlériens et l'incendie du Reichstag, il se réfugie aux Pays-Bas. En 1935, à Amsterdam, il est l'un des fondateurs de l'Institut international d'histoire sociale (IIHS) qui deviendra un important centre de documentation. Les menaces de guerre obligent pour l'heure l'institut à transférer (dès mars 1939) une partie des archives à Oxford (Grande-Bretagne). A la fin de son internement, Arthur Lehning entreprend de mettre en place cette filiale. En même temps, il travaille dans la section néerlandaise de la BBC et sert de correspondant de guerre à Londres. Après la guerre en 1945, il retourne à Amsterdam et retrouve l'IIHS dévalisé par les troupes d'occupation nazies. En 1952, il se rend en Indonésie et crée à Jakarta une bibliothèque d'économie, de politique et d'histoire sociale avec les quinze mille ouvrages réunis par ses soins à travers toute l'Europe. Il enseigne à l'université de Jakarta entre 1954 et 1957. De retour à Amsterdam, il publie à partir de 1961 huit volumes des archives Bakounine dont il était responsable à l'IIHS. Sa bibliographie fait état de plus de six cents titres, la plupart en néerlandais et en allemand, et il n'a de cesse de réaffirmer ses aspirations libertaires en appellant à la désobéissance civile pour activer l'avènement d'une société sans classe ni Etat. Honoré pour son œuvre complète du prix PC Hooft, la plus haute distinction littéraire néerlandaise, à l'occasion de son centenaire, il meurt le 1er janvier 2000 à Lys-Saint-Georges (Indre, France) où il s'était retiré avec sa compagne Toke Van Helmond.

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