Louis Lecoin (dit Léonic) (1888-1971)
Fils d'un ouvrier agricole berrichon qui eut sept enfants, après avoir obtenu son certificat d'études, il entra en formation chez plusieurs patrons sans acquérir vraiment de métier. Fin octobre 1907, il se trouve à Paris où il fréquente les réunions politiques, se ralliant finalement à Sébastien Faure et à l'anarchie. Membre du groupe anarchiste du Foyer populaire à Belleville, il fut désigné à la fin de 1912 comme secrétaire de la Fédération anarchiste-communiste qui venait de se constituer. Il demeura un militant de premier plan du mouvement durant toute l'entre-deux-guerres et assista à la plupart des congrès nationaux jusqu'en 1934. Cet engagement se doubla dans les premières années qui suivirent la Première Guerre mondiale d'une participation intense au mouvement syndical jusqu’à la scission et la prise en main de la CGTU par les communistes. Sur le plan corporatif, ayant été admis au syndicat des correcteurs en 1928, Lecoin fut délégué à différents congrès confédéraux.
Il témoigna très tôt de ses convictions antimilitaristes. Au cours de son service militaire, refusant de garder les voies en solidarité avec les cheminots grévistes, il écope d’une condamnation à six mois de prison. Puis il est condamné à trois ans de prison pour sabotage de la mobilisation à la suite d’un tract. En novembre 1916, à peine libéré, il retourne son fascicule de mobilisation et distribue le tract « Imposons la paix ! » qu'il avait fait imprimer. Il est condamné le 18 décembre par le 2e conseil de guerre à cinq ans de prison pour insoumission, auxquels viennent s'ajouter dix-huit mois pour propos subversif à l'audience. Il ne fut libéré que le 24 novembre 1920. Il récidivera au début de la Seconde Guerre mondiale en diffusant le tract « Paix immédiate ! ». Arrêté le 29 septembre 1939 à Angers, il sera interné dans différents camps et ne retrouvera la liberté que le 25 août 1941. En 1958, il fonde Liberté, journal pacifiste, et crée Secours aux objecteurs de conscience (SOC) pour donner une impulsion nationale à la défense des objecteurs. Par une grève de la faim de vingt-deux jours (1er-22 juin 1962 ), à l’âge de 73 ans, il obtient un engagement public du gouvernement au sujet d'un statut de l'objection de conscience, loi qui fut votée avec bien des amendements dénaturant le projet initial le 22 décembre 1963.
(D’après le « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français ».)

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