Nicolas Lazarevitch (1895-1975)
Naissance le 17 août 1895 à Jupille, banlieue de Liège (Belgique), dans une famille de révolutionnaires russes en exil. En 1911, il commence à travailler en usine comme électricien, fréquente des anarchistes et devient un syndicaliste actif. N'étant pas mobilisé au moment de la déclaration de guerre, il part un temps travailler en Allemagne (1916), avant de rejoindre la Hollande où il entre en contact avec des soldats russes échappés d'Allemagne. Avec eux, il va tenter en 1917 (après la révolution de février en Russie) de constituer un soviet de soldats. Arrêté par les autorités hollandaises, il est interné dans un camp d'où il s'évade, et parvient à rejoindre Moscou en février 1919. Engagé dans l'Armée rouge, il est envoyé à Odessa (occupé par les troupes françaises depuis décembre 1918) pour s'infiltrer et faire de la propagande révolutionnaire auprès des soldats. Bloqué dans son repli par l'armée blanche de Dénikine, Nicolas Lazarevitch est contraint de passer en Roumanie durant l'été 1919. Il traverse ensuite la Yougoslavie, puis arrive en Italie à l'été 1920 et prend part au mouvement d'occupation des usines. Après un court emprisonnement, il rejoint la Russie en 1921, travaille dans des ateliers du chemin de fer près de Moscou. Mais, critique du régime bolchevique, il commence à prendre ses distances. Renvoyé d'une usine, il part travailler dans une mine près de Toula, qu'il quitte pour rejoindre une petite communauté à Yalta. De retour à Moscou, il poursuit un militantisme ouvrier qui mène à son arrestation par la Guépéou le 8 octobre 1924 et à sa condamnation à trois ans de camp. Grâce à une mobilisation internationale, il est libéré le 29 septembre 1926 et expulsé de Russie. A Paris, il collabore au journal Dielo Trouda publié par des anarchistes russes en exil, se mobilise pour Sacco et Vanzetti et rencontre Ida Gilman (Ida Mett) qui deviendra sa compagne. En novembre 1928, le couple expulsé de France se fixe à Liège, où Nicolas malgré une maladie des poumons travaille à la mine. En 1930, il revient clandestinement en France et, l'année suivante, séjourne quelques mois en Espagne – la République vient d'être proclamée – en étant correspondant de La Révolution prolétarienne. De retour en Belgique, il crée avec Jean De Boë le journal Le Réveil syndicaliste mais est condamné en 1933 à quatre mois de prison pour avoir pris la parole lors d'un meeting ouvrier interdit, puis est de nouveau incarcéré en 1934 et en 1936. Il revient alors en France et travaille comme correcteur d'imprimerie. En 1939, il est interné en tant qu'étranger au camp du Vernet, mais s'enfuira lors d'un transfert. Après la Libération, il redevient correcteur et se lie avec Albert Camus. Dans les vingt dernières années de sa vie, Nicolas Lazarevitch se passionne pour l'étude du russe et du tchèque, et suit les cours de langues orientales à la Sorbonne. En mai 1968, il suit avec ferveur les événements et participe à de nombreux débats dans l'université occupée. Il meurt à Paris le 24 décembre 1975.
(D'après l'Ephéméride anarchiste et le Dictionnaire international des militants anarchistes.)

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