Bernard Lazare (1865-1903)
Lazare Bernard, de son vrai nom, est né à Nîmes (Gard) le 15 juin 1865 dans une famille de la petite-bourgeoisie juive. Il obtient un baccalauréat en sciences, mais est passionné par la littérature comme son ami toulousain, le poète Ephraïm Mikhaël. Celui-ci l'encourage à venir à Paris ; ce qu'il fait en 1886 pour s'inscrire à l'Ecole pratique des hautes études, au cours de l'abbé Louis Duchesne, plus « historien » que « théologien ». Au cours de l'année universitaire 1887-1888, Lazare remet un mémoire consacré à la « législation conciliaire relative aux Juifs ». Vers 1890, il s'« engage en anarchie », ne cautionnant pas l'action directe mais soutenant les idées par ses écrits dans la presse et en tant que critique littéraire. Il apporte également son soutien financier à différentes publications anarchistes et lors des procès. En 1896, il assiste au congrès socialiste de Londres et dénonce « l'autoritaire et jaloux Karl Marx, infidèle à son propre programme que l'Internationale dévia de son but ». Partisan de l'internationalisme révolutionnaire et de la totale assimilation des Juifs, il publie, en 1894, L'Antisémitisme, son histoire et ses causes. En octobre 1896, il révèle l'erreur judiciaire dont a été victime en 1894 un capitaine juif, Alfred Dreyfus, accusé de trahison. Lazare démonte point par point l'accusation et demande la révision du procès. Ça sera un long combat qui enflammera la France entière. En réaction à l'antisémitisme ambiant, il devient nationaliste juif, sans rien renier de ses engagements libertaires et partage un temps les vues de Theodor Herzl, le fondateur du sionisme. Mais Lazare prendra rapidement ses distances, lui écrivant en 1899 : « Vous êtes des bourgeois de pensée, des bourgeois de sentiment, des bourgeois d'idées, des bourgeois de conception sociale. » Désormais, il continue à sa manière son combat pour les Juifs, dénonçant le sort qui leur est fait en Roumanie et en Russie, ainsi que les persécutions turques envers les Arméniens. Il aspire à la justice, à la vérité et à la liberté sans compromis. Bernard Lazare meurt le 1er septembre 1903, à 38 ans, après avoir été opéré d'un cancer des voies digestives, laissant un manuscrit inédit, Le Fumier de Job. Le 4 octobre 1908, un monument en son honneur est inauguré dans sa ville natale. Son effigie qui l'orne sera mutilée à plusieurs occasions par des antisémites et l'ensemble détruit durant l'Occupation.
(D'après Wikipedia.)

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