Pierre Kropotkine (1842-1921)
9 décembre 1842, naissance à Moscou du prince Pierre Alexeiévitch Kropotkine. A 15 ans, et durant cinq ans, il étudie à l’école des Pages. Il en sortira sergent et deviendra le page personnel de l’empereur Alexandre II. Nommé officier, Pierre Kropotkine choisit un régiment stationné en Sibérie. Sa première expédition importante est la traversée de la Mandchourie. Ayant quitté l’armée, il entre à l’université de Saint-Pétersbourg à l’automne 1867 pour étudier et poursuivre ses recherches scientifiques sur la glaciation et la dessication eurasienne. A la mort de son père, en 1872, il décide de se rendre à Zurich, où il adhère à une section de l’Association internationale des travailleurs (AIT), puis parcourt le Jura où l’activité libertaire est importante. De retour en Russie, il devient un propagandiste infatigable et durant deux ans arpente les quartiers populaires de Saint-Pétersbourg déguisé en paysan. Arrêté en 1874, il est emprisonné à la forteresse Pierre et Paul. Avec l’aide de sa sœur, il s’en évade et se réfugie en Angleterre. Le désir d’agir le pousse à retourner en Suisse. Il s’installe dans le Jura et commence pour lui une période d’activités intenses. A l’automne 1877, il participe au congrès de Verviers qui sera le dernier congrès international de la tendance bakouninienne. En 1879, il édite un journal pour la Fédération jurassienne, Le Révolté, qui prendra en 1887 le nom de La Révolte, puis s’intitulera Les Temps nouveaux en 1895. En 1882, il se rend en France où il est arrêtés avec soixante autres anarchistes et sera condamné à cinq ans de prison. A sa libération, Kropotkine décide avec sa femme, Sophie Ananief, de séjourner à Londres. Ils resteront trente ans en Angleterre où le mouvement anarchiste anglais prend de l’ampleur. Le 14 mars 1916, paraît un manifeste dit des Seize dont Kropotkine et Jean Grave sont les promoteurs. Ce texte, qui sera condamné par l’ensemble du mouvement anarchiste, s’élève contre les projets de paix et prône une attitude jusqu’au boutiste en faveur des démocraties alliées. En mai 1917, Kropotkine revient en Russie où il est chaleureusement accueilli. Il refuse de participer à un quelconque gouvernement et ne cesse de dénoncer la dictature qui s’instaure. Il meurt à Dmitrov le 8 février 1921 et son enterrement sera la dernière grande manifestation des anarchistes en Russie.
(D’après Didier Roy, « Agenda 2001. Itinéraire ».)

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