Francisco Ferrer y Guardia (1859-1909)
Né le 10 janvier 1859 à Alella, près de Barcelone, il est le treizième enfant sur quatorze d'agriculteurs catholiques et monarchistes aisés. A 14 ans, il est placé chez un minotier républicain et libre-penseur qui l'initie aux idées nouvelles et l'aide dans ses études. En 1884, il adhère à la franc-maçonnerie. D'un mariage avec Teresa Sanuarti, il aura quatre enfants. Le 19 septembre 1886, il prend part à un mouvement de révolte dirigé par le général républicain Villacampa, destiné à renverser la monarchie. L'insurrection échoue et Ferrer est contraint à l'exil. Il réside à Paris avec sa famille, de 1886 à 1901, et devient professeur d'espagnol. Vers 1892, il abandonne ses idées républicaines et se déclare anarchiste. En 1901, une de ses élèves, Mlle Meunier meurt et lui lègue sa fortune. Dès lors, il s'attache à la création d'une école laïque libérée de l'emprise de l'Eglise, de l'Etat, des dogmes et des superstitions. Il est secondé dans cette entreprise par Soledad Villafranca qui devient sa nouvelle compagne. Ainsi naît l'Escuela Moderna (« Ecole moderne ») de Barcelone, qui publie journaux et bulletins. Mais Ferrer s'attire ainsi la haine de l'Eglise qui détenait jusqu'alors le monopole de l'« éducation ». Le 31 mai 1906, le jour du mariage du roi Alfonso XIII, une bombe explose au milieu du cortège, provoquant la mort de vingt-huit personnes. Le responsable en est l'anarchiste Mateo Morral, qui travaillait à l'Ecole Moderne. Le pouvoir en profite pour emprisonner Francisco Ferrer qui prône plutôt une éducation rationaliste que des actes violents pour préparer la révolution sociale. Il ne sera acquitté et libéré qu'en juin de l'année suivante. A Paris, il crée une Ligue Internationale pour l'éducation rationnelle de l'enfance. En juillet 1909, il est de passage à Barcelone lorsque éclate la grève générale contre l'intervention militaire au Maroc qui se transforme en insurrection contre la monarchie, matée par l'armée. Rendu responsable par l'Eglise des événements de la « Semaine tragique », Ferrer est arrêté le 1er septembre 1909 et jugé le 9 octobre par un tribunal militaire qui le condamne à mort, après une parodie de procès. Le 13 octobre, il est fusillé dans les fossés de Montjuich malgré les protestations qui affluent du monde entier. Les Ecoles modernes essaimeront jusqu'en Amérique du Nord et du Sud. Un monument (fruit d'une souscription internationale) lui sera élevé à Bruxelles le 5 novembre 1911 et de nombreuses rues en Europe porteront son nom. Durant la révolution espagnole, la place Urquinaona de Barcelone sera « rebaptisée » place Francisco-Ferrer, mais il faudra attendre le 13 octobre 1990 pour qu'un monument (copie de celui de Bruxelles) lui rende hommage et soit inauguré dans les jardins de Montjuich… sans toutefois signaler son identité libertaire.
(D'après l'Ephéméride anarchiste.)

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