Félix Fénéon (1861-1944)
Naissance à Turin (Piémont, Italie) le 29 juin 1861. Interne au lycée Lamartine, à Mâcon, il y passe son baccalauréat. Après avoir effectué son service militaire, il gagne en mars 1881 la capitale et travaille comme rédacteur au ministère de la Guerre. En 1886, Fénéon s'occupe de la critique d'art dans la revue symboliste La Vogue qui vient d'être créée. C'est dans cette publication que paraissent ses premiers articles sur les impressionnistes et les néo-impressionnistes car, comme l'a signalé Jean Paulhan, Félix Fénéon est avant tout un des plus grands critiques d'art. A la même époque, il s'engage dans le mouvement anarchiste et collabore à de nombreux journaux tels L'Endehors, La Renaissance, La Revue anarchiste ou Le Père Peinard… On l'a accusé d'avoir été l'auteur de l'attentat – qui coûta un œil à son ami Laurent Tailhade – contre le restaurant Foyot, le 4 avril 1894. Une perquisition à son bureau au ministère permet de découvrir du matériel qui, selon l'accusation, aurait pu servir à fabriquer une bombe. Au « Procès des trente » en août 1894, plusieurs anarchistes en vue (Jean Grave, Sébastien Faure, Charles Chatel, Matha…) sont inculpés d'« association de malfaiteurs » à la suite de la vague d'attentats. Félix Fénéon se retrouve lui aussi sur le banc des accusés et de nombreux artistes et écrivains prendront sa défense, tandis qu'il se paie le luxe de ridiculiser les magistrats. Tous seront acquittés, à l'exception de trois cambrioleurs dont l'illégaliste anarchiste Ortiz. En janvier 1895, ayant perdu son emploi, il devient une sorte de rédacteur en chef de La Revue blanche. C'est de ce poste qu'il participera au combat pour la libération de Dreyfus. Deux ans plus tard, il épouse Stéphanie Goubaux (qu'on appelle plutôt Fanny), une amie de la famille divorcée. Sa maîtresse de longue date, Camille Platteel, quitte Bruxelles pour Montmartre afin de se rapprocher de lui. Il se partagera entre ces deux femmes qui, chacune, connaissaient l'existence de l'autre. En 1906, il entre au Matin où on lui confie les « nouvelles en trois lignes », rubrique de faits divers qu'il transforme en perles littéraires grâce à son humour. Au début de l'année suivante, il entre comme employé à la galerie Bernheim-Jeune, puis en devient le directeur artistique. Après la Première Guerre mondiale, et avec la Révolution russe de 1917, il semble se rapprocher dans l'amitié de Paul Signac d'une sensibilité communiste. En 1942, les Fénéon s'installent dans une maison de retraite à Châtenay-Malabry où s'y éteint Félix le 29 février 1944. En 1945, la direction des musées de France refuse de recevoir en legs sa riche collection de tableaux et d'objets d'art africain ; Fanny décide alors de leur mise en vente après sa propre mort, le profit retiré servirait à aider de jeunes écrivains et artistes. Ainsi en sera-t-il fait en mars 1948, à la Sorbonne, avec la création du prix et des bourses Félix Fénéon, attribués annuellement au lendemain de l'anniversaire de sa mort.

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