Nicolas Faucier (1900-1992)
Né à Orléans (Loiret) le 30 mars 1900, dans une famille pauvre avec dix enfants, Nicolas Faucier s'engage à 18 ans dans la marine comme mécanicien. En février 1919, il est sanctionné pour avoir manifesté sa solidarité avec les mutins de la mer Noire. Démobilisé en 1921, il revient à Orléans et travaille dans une usine automobile. En 1923, il part pour Paris et s'inscrit au groupe anarchiste d'Argenteuil. Il devient administrateur permanent du Libertaire et gérant de la Librairie sociale en 1927, fonctions qu'il exerce pendant deux ans. Il a été candidat libertaire « abstentionniste » aux élections municipales de 1929 dans le XIXe arr. de Paris. Sans travail, du fait de ses activités syndicales à la CGT, il entre en juin 1934 comme correcteur stagiaire au Journal officiel. Et sera admis définitivement au syndicat des correcteurs le 1er juillet 1935.
Lorsque la révolution espagnole éclate, il crée avec Louis Lecoin le Comité pour l'Espagne libre qui se transformera en Solidarité internationale antifasciste (SIA), lors du congrès de l'Union anarchiste en 1937. SIA apporta une aide conséquente aux révolutionnaires espagnols en leur faisant parvenir argent, vivres, médicaments et armes. Elle gérait aussi, près de Llansa, non loin de la frontière française, la colonie Ascaro-Durruti qui accueillit 300 enfants, la plupart orphelins de guerre.
Le 24 mai 1938, au moment des événements de Munich, Nicolas Faucier est condamné par défaut pour « incitation de militaires à la désobéissance » à deux ans de prison. Dès la déclaration de guerre, avec Louis Lecoin, il participe à la sortie du tract « Paix immédiate », tiré à 100 000 exemplaires, premier manifeste contre la guerre qui fut acheminé un peu partout grâce à la complicité de postiers. Arrêté le 8 octobre 1939, il est condamné pour insoumission à trois ans de prison et maintenu ensuite dans divers camps. Il parvient à s'évader en décembre 1943 et vit dans la clandestinité jusqu'à la Libération. En septembre 1944, il reprend son métier de correcteur, ainsi que son militantisme syndical et pacifiste. Par la suite, et en 1977 encore, Nicolas Faucier témoignait en faveur d'objecteurs de conscience qui comparaissaient devant les tribunaux. Il meurt le 20 juin 1992 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

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