Georges Etiévant (1865-1900)
Né à Paris (17e arrond.) le 8 juin 1865, son père Jean-Baptiste est comptable et sa mère Victorine Rosalie Le Boulanger, mère au foyer. Il devance l'appel et s'engage pour cinq ans, le 13 juin 1883, effectuant son service dans la région d'Oran (Algérie) au 2e régiment de zouaves. Libéré, il aurait travaillé comme sculpteur sur bois ou ouvrier typographe. Vers 1890, il commence à fréquenter les milieux anarchistes et, en 1891, est condamné à 50 francs d'amende « pour avoir été surpris, revolver en poche, collant des placards anarchistes ». C'est à cette même époque qu'il monte un groupe dénommé Groupe amical d'études sociales d'Asnières et c'est vraisemblablement au lieu de réunion de celui-ci que, lors d'une perquisition, la police découvre dans un poêle en fonte des cartouches de dynamite provenant d'un lot dérobé le 15 février 1892 à Soisy-sous-Etioles et dont certaines auraient servi lors des attentats imputés à Ravachol. Inculpé de recel, il est poursuivi le 25 juillet 1892 aux assises de Versailles, avec Faugoux, Chevenet et Drouhet, et est condamné à cinq ans de prison. Lors de ce procès, il fait une déclaration qui sera reproduite et traduite à plusieurs reprises sous des titres différents. Après avoir purgé sa peine, Etiévant collabore au Libertaire. Suite à un article intitulé « Le Lapin et le Chasseur », paru dans le n° 99, il est condamné par contumace en décembre 1897 à deux ans de prison. Dans la nuit du 18 au 19 janvier 1898, Etiévant, que l'on croyait parti en Belgique ou en Angleterre, poignarde un planton du poste de police de la rue Berzélius (17e arrond.) et un second agent venu au secours de son collègue. Après avoir été maîtrisé et conduit à l'intérieur du commissariat sans avoir été fouillé, il tire avec son revolver sur une troisième personne. Les trois policiers ne sont que légèrement blessés. Selon ses déclarations, il aurait « choisi des gardiens de la paix pour victimes, parce qu'ils [lui ont] paru être l'emblème de l'autorité, de l'ordre social qui (…) opprime », regrettant de n'avoir pas eu la possibilité de taper plus haut. Bien que n'ayant tué personne, il est condamné à mort. La peine sera commuée en travaux forcés à perpétuité. Envoyé au bagne en Guyane, Etiévant meurt le 6 février 1900 aux îles du Salut.

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