Joseph Déjacque (1821-1864)
Naissance à Paris le 27 décembre 1821. Orphelin de père, il est élevé par sa mère, lingère. Il devient, en 1839, commis de vente dans un commerce de papiers peints, puis s’engage dans la Marine. De retour à la vie civile en 1843, il exerce comme commis de magasin, mais s'accommode mal de l'autorité patronale. En 1847, il commence à s'intéresser aux idées socialistes, compose des poèmes dans lesquels il appelle à la destruction de toute autorité par la violence et collabore au journal L'Atelier. L'Insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe. Déjacque publie en mars une pièce dans laquelle il se fait le porte-parole des aspirations ouvrières. Au chômage, il s'inscrit le 10 mai aux Ateliers nationaux. Après leur suppression, les ouvriers occupent (jusqu'au 25 juin) la moitié de Paris aux cris de « Vive la révolution sociale ». La répression est terrible, l'armée (républicaine) use de l'artillerie et massacre trois mille insurgés. Déjacque est arrêté, bien qu'il n'ait pas participé directement à l'insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie un texte qui lui vaut aussitôt une condamnation à deux ans de prison. Libéré au lendemain du coup d'Etat de Bonaparte, il s'exile à Londres où il rencontre Gustave Lefrançais et fonde avec lui une société d'entraide ouvrière La Sociale.
En 1854, il rejoint la colonie française de New York. L’année suivante, il signe le manifeste inaugural de l'AIT, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit L'Humanisphère, utopie anarchique, et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon. En 1858, il retourne à New York où il commence le 9 juin la publication du journal Le Libertaire (mot dont il est l'inventeur). En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l'amnistie. Mais, vivant dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864.
(D’après le « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français ».)

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