Ernest Cœurderoy (1825-1862)
Après des études à Tonnerre (Yonne), il va faire sa médecine à Paris (1842-1845). En 1845, il devint interne des hôpitaux de Paris et entre dans la vie politique en 1848, professant après les journées de juin des « opinions révolutionnaires socialistes intransigeantes ». Après la manifestation du 13 juin 1849, il doit s'enfuir en Suisse et est condamné par contumace par la Haute Cour de Versailles à la déportation. Expulsé de Suisse, puis de Belgique, il réside deux ans en Grande-Bretagne. En 1853, il part pour l'Espagne et, en 1854, pour l'Italie. En 1855, il épousa la fille de Germain Rampont-Léchin, ancien représentant démocrate de l'Yonne à la Constituante. Pendant ces années d'exil, il consacre l'essentiel de son temps à des activités littéraires. Ernest Cœurderoy était en fait un solitaire. Il combattait vivement les chefs républicains et socialistes dont il rendait les ambitions et les dissensions responsables de la défaite de la révolution de 1848. Sous la triple influence de Fourier, de Pierre Leroux et de Proudhon, son système était une « synthèse de collectivisme et de mutuellisme libertaires ». Il réclamait la propriété collective des moyens de production, le libre accès pour tous aux instruments de travail, la propriété individuelle et l'échange mutuel des produits du travail. Il refusa l'amnistie de 1859. Malade depuis assez longtemps, il se suicida dans une crise de dépression nerveuse ou de folie.
(D’après le « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français ».)

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