Charles-Albert (Daudet Charles, dit) (1869-1957)
De famille d'universitaires, étudiant à Lille, Charles-Albert fut répétiteur de philosophie au collège de Sedan. En 1892, il s'installe à Lyon, travaille comme correcteur d'imprimerie et collabore à la presse libertaire. En 1895, il vient habiter Paris et tente en vain de maintenir en activité une imprimerie. Il collabore aux Temps nouveaux de Jean Grave, à L'Humanité nouvelle et, en 1899, au Journal du Peuple, quotidien créé par Sébastien Faure pour lutter en faveur de Dreyfus. La même année, il publie L'Amour libre qui connaît en France et à l'étranger une ample diffusion. Collaborateur de L'Art social, il définit l'œuvre d'art non par son contenu mais par la qualité de l'exécution, souhaitant que, dans tous les métiers, soient recherchées la beauté des formes et la perfection de l'ouvrage.
Charles-Albert se trouve en désaccord avec Kropotkine, lorsque celui-ci plaide en 1905 pour la défense de la France si celle-ci est menacée « par une coalition de puissances bourgeoises ». Une telle déclaration provoque des remous et des oppositions violentes dans les rangs libertaires. Charles-Albert, notamment, préconisa la grève des conscrits. Il collabore avec Francisco Ferrer lorsque celui-ci, réfugié en France, lance l'Ecole moderne. En 1909, Ferrer est arrêté en Espagne, puis condamné à mort. Charles-Albert se dépensa ardemment mais en vain pour sauver son ami.
Vers 1912, il envisage une entente avec les socialistes, le parlementarisme pouvant d’après lui, par l'obtention de réformes, faciliter l'action révolutionnaire. Il adhère même au Parti socialiste et se rallie dès août 1914 à l'Union sacrée, fustigeant les pacifistes et soutenant l'effort de guerre. En 1920, il fonde le mouvement de l'Ordre nouveau qui réclame le renforcement de l'Etat. Très loin, dès lors, de l'anarchisme et de son refus de l'autorité, il va orienter son action vers la cause du « planisme » et « d'un Etat réellement fort », Marcel Déat préfaçant en 1936 un de ses ouvrages. Puis ce fut la guerre et sa collaboration avec l'hebdomadaire proallemand La Gerbe. Arrêté à la Libération, il fut peu après remis en liberté.
(D’après le « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français ».)

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