Alexander Berkman (1870-1936)
Naissance le 21 novembre 1870 à Vilna (Russie) dans une famille aisée de commerçants en cuirs. Expulsé du lycée pour ses idées révolutionnaires, à 17 ans, il part pour les Etats-Unis où il arrive en 1888. Il apprend le métier de compositeur d’imprimerie et travaille à Freiheit (« Liberté »), le journal anarchiste allemand de Johann Most. Etudiant autodidacte, il devient anarchiste et milite activement.
En 1892, Berkman gagne Pittsburgh et blesse grièvement le directeur des aciéries Carnegie à Homestead, responsable de la mort de plusieurs ouvriers au cours d’une fusillade entre grévistes et agents de Pinkerton. Il est condamné à vingt-deux ans de prison. Il relatera ces années, qu’il mit à profit pour approfondir ses connaissances, dans ses Mémoires. Libéré le 18 mai 1906, Berkman se replonge dans la propagande, en collaborant entre autres à Mother Earth avec Emma Goldman. En 1910 et 1911, il est l’un des organisateurs de l’école Ferrer de New York et y donne régulièrement des cours.
Entre 1913 et 1915, il organise des dizaines de manifestations et meetings en soutien aux chômeurs, aux grévistes, aux victimes du système judiciaire. En janvier 1916 paraît, à San Francisco, le premier numéro de son journal, The Blast (« L’Explosion »). En 1917, Berkman retourne à New York et milite contre la conscription et la participation des Etats-Unis à la guerre. Il est arrêté, emprisonné et, en décembre 1919, expulsé des Etats-Unis. Voyageant à travers la Russie, son enthousiasme pour la révolution se transforme vite en désillusion. En décembre 1921, Berkman et Goldman quittent la Russie par les Pays baltes. Il écrira une série de brochures pour informer sur la « tragédie russe » et dénoncer la « tyrannie nouvelle ». De 1923 à 1932, il s’occupe de la publication du bulletin du Fonds de secours de l’AIT pour les anarchistes et anarcho-syndicalistes emprisonnés et exilés en Russie (avec des éditions en anglais, français et allemand). Alexander Berkman s’installe définitivement en France en 1925. Souvent malade, fatigué et déprimé, constamment menacé d’expulsion, il vit avec d’énormes difficultés à Paris, Saint-Tropez et Nice. Après deux opérations chirurgicales, il se suicide le 28 juin 1936.
(D’après « Itinéraire » n° 8.)

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