Lucien Barbedette (1890-1942)
Né à Levaré (Mayenne), le 13 août 1890,
dans une famille de catholiques fervents, Lucien Barbedette songea à
devenir missionnaire. Il obtint son baccalauréat à 23 ans,
puis une licence en philosophie et une autre de sciences naturelles. En 1919,
il fut nommé professeur au collège de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) ;
il y enseignait la philosophie et l'histoire, et, s'il en était besoin,
le grec et le latin. On le décrit « de
petite taille rapetissée encore par une simple pèlerine arrivant
presque à terre, et par un chapeau melon enfoncé sur une tête
éclairée de petits yeux vifs, derrière de grosses lunettes,
prolongée par une longue barbe fauve ». Excellent pédagogue,
il « possédait l'art d'enseigner et
savait intéresser ses élèves ». Soucieux
de faire connaître sa pensée à un public plus vaste, il
édita à ses frais des brochures qui traitaient de philosophie
et écrivit ensuite dans la presse anarchiste. Il collabore ainsi à
L'En-Dehors, journal individualiste de E. Armand ;
à Terre libre, organe de la Fédération
anarchiste du Sud ; au Semeur, de 1927
à 1936 ; très régulièrement à La
Voix libertaire, organe de l'Association des fédéralistes
anarchistes ; au Combat syndicaliste, organe
de la CGT-SR. Il donna aussi à l'Encyclopédie
anarchiste de Sébastien Faure de nombreux articles sur des thèmes
philosophiques ou historiques. Barbedette était de santé fragile
et mourut victime d'une crise cardiaque. Il fut enterré civilement au
cimetière de Luxeuil où sa pierre tombale fut édifiée
par souscription auprès de ses élèves et de ses collègues.
(D'après le « Dictionnaire biographique
du mouvement ouvrier français ».)