E. Armand (Ernest Juin, dit) (1872-1962)
D’après ses dires, jamais il ne fréquenta une école et c'est son frère qui se chargea de son instruction. De 8 à 15 ans, E. Armand dévora les classiques de la bibliothèque paternelle et, vers l'âge de 13 ans, apprit les langues modernes. Puis des « revers de fortune » l’obligèrent à travailler comme employé chez un industriel de Belleville. Il avait alors 17 ans. La lecture du Nouveau Testament provoque en lui une crise mystique qui le pousse à adhérer et à militer dans les rangs de l’Armée du Salut, de décembre 1889 à décembre 1897.
Vers 1895-1896, il découvre Les Temps Nouveaux, fondé par Jean Grave, et écrit quelques articles dans Le Libertaire de Sébastien Faure à la fin de 1897. Il fonde en mai 1901, avec Marie Kugel, sa compagne jusqu’à sa mort en 1906, L'Ere nouvelle, qui se proposait de répandre l'« Evangile intégral : spirituel, moral, social ». Bientôt, cependant, il renoncera à faire appel aux sentiments chrétiens et, en novembre 1903, le journal devient « organe d'entente libertaire, revue d'émancipation intégrale, d'idéalisme pratique et de communisme appliqué ».
Le 4 avril 1911, Armand épouse une institutrice, Denise Rougeault, qui l'aide dans ses travaux.
L'idéologie qu'Armand s'efforce de répandre, par l’écrit et devant de petits auditoires, est celle de l'anarchisme individualiste. Comme l'indique le titre d'un de ses périodiques, il fut un « en dehors ». Pour lui, l'être humain est l'origine, le fondement de l'humanité, la société n'étant que « le produit d'additions individuelles ». Aussi « l'unité humaine » ne doit-elle « jamais (…) se trouver dépossédée et sacrifiée au profit de l'ensemble social ». L'individu vivra isolé, en marge, ou s'associera, mais l'association sera volontaire. Armand attache aussi aux relations sexuelles une importance essentielle, prônant la « camaraderie amoureuse » et l'« hospitalité sexuelle ».
(D’après le « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français ».)

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