Piotr Archinov (Marine Piotr, dit) (vers 1887- ?)
Naissance à Ekaterinoslaw (Ukraine), dans une famille ouvrière. Ouvrier serrurier, il travaille en 1904 dans les ateliers de Khisil-Artavat, près de la mer Caspienne. Après avoir sympathisé avec les bolcheviks, il devient anarchiste. Fortement imprégné par le nihilisme de la période des attentats, Archinov fait sauter en 1906 un immeuble de la police, puis tue d’un coup de revolver le responsable de la dénonciation pour faits de grève de plus de cent ouvriers. Condamné à mort, son exécution est ajournée et il réussit à s’évader grâce à l’intervention de camarades. Il se réfugie pendant deux ans à l’étranger et continue d’aider le mouvement libertaire russe en passant clandestinement des armes et des livres. Arrêté à la frontière autrichienne, Archinov est détenu pendant un an, puis livré aux autorités russes qui le condamnent à vingt ans de prison, ignorant ses actes antérieurs. Emprisonné près de Moscou, il rencontre et se lie d’amitié avec Makhno.
Libéré après la révolution de février, Archinov milite tout d’abord à la Fédération des groupes anarchistes de Moscou puis, sur la demande de Makhno, rejoint la Makhnovtchina et s’occupe de la commission culturelle. En 1921, suite à la répression bolchevique qui frappe le mouvement, il passe clandestinement la frontière et séjourne à Berlin, puis publie son Histoire du mouvement makhnoviste. Arrivé en France, en 1925, il participe aux activités du Groupe des anarchistes russes en exil, connut pour avoir proposer un projet d’organisation du mouvement anarchiste, la plate-forme.
Très affecté par le « manque de perspective du mouvement » et souffrant, ainsi que sa compagne, du mal du pays, il prend contact avec l’ambassade pour regagner l’Union soviétique. A sa demande, Archinov rédigera une brochure où il dresse un constat d’échec du mouvement anarchiste. Avec sa compagne et leur fils, il part pour l’URSS au cours de l’année 1932, malgré les avertissements de ses compagnons. Archinov y occupera un poste de correcteur jusqu’en 1937, année où, comme tant d’autres, il est victime des purges, le tribunal l’accusant de « tentative de restauration de l’anarchisme ».
(D’après « Itinéraire » n° 9.)

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