Le Père Lapurge

Interprété par Marc Ogeret.

 

I
Je suis le vieux père Lapurge
Pharmacien de l’humanité ;
Contre sa bile je m’insurge
Avec ma fille Egalité

Refrain
J’ai ce qu’il faut dans ma boutique
Sans le tonnerre et les éclairs
Pour bien purger toute la clique
Des affameurs de l’univers

II
Son mal vient des capitalistes
Plus ou moins gras, à la ronger.
En avant les gars anarchistes,
Fils de Marat, faut la purger.
Au refrain

III
J’ai du pétrole et de l’essence
Pour badigeonner les châteaux ;
Des torches pour la circonstance
A mettre en guise de flambeaux.
Au refrain

IV
J’ai du picrate de potasse,
Du soufre et du chlore en tonneaux
Pour assainir partout où passent
Les empoisonneurs de cerveaux.
Au refrain

V
J’ai des pavés et de la poudre,
De la dynamite à foison
Qui rivalisent avec la foudre
Pour débarbouiller l’horizon.
Au refrain

VI
Le gaz est aussi de la fête,
Si l’on résiste à mes joyaux,
Au beau milieu de la tempête
Je fais éclater ses boyaux.
Au refrain

VII
J’ai poudre verte et mélinite,
De fameux produits, mes enfants,
Pour nous débarrasser au plus vite
De ces mangeurs de pauvres gens.
Au refrain

VIII
J’ai pour les gavés de la table
La bombe glacée à servir
Du haut d’un ballon dirigeable
Par les toits, pour les rafraîchir.
Au refrain

IX
Voleuse et traître bourgeoisie,
Prêtres et bandits couronnés,
Il faut que d’Europe en Asie
Vous soyez tous assaisonnés !
Au refrain

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Le Père la Purge (variante) (1)

I
Je suis le vieux père la Purge,
Pharmacien de l’humanité,
Contre ta bile je m’insurge
Avec ma fille Egalité.

Refrain
J’ai tout ce qu’il faut dans ma boutique,
Sans le tonnerre et les éclairs,
Pour watriner (2) toute la clique
Des affameurs de l’Univers.

II
Pendant que le peuple s’étiole
Sur le pavé sans boulotter
Bourgeoisie, assez de ta fiole !
Avec ma purge il faut compter.
Au refrain

III
J’ai des poignards, des faulx, des piques,
Des revolvers et des flingots,
Pour attaquer les flancs iniques
Des Galliffet (3) et des sergots.
Au refrain

IV
J’ai du pétrole et de l’essence
Pour badigeonner les châteaux ;
Des torches pour la circonstance
A porter au lieu de flambeaux.
Au refrain

V
J’ai du picrate de potasse,
Du nitre, du chlore à foison.
Pour enlever toute la crasse
Du palais et de la prison.
Au refrain

VI
J’ai des pavés, j’ai de la poudre,
De la dynamite, oh ! crénom !
Qui rivalise avec la foudre
Pour vous enlever le ballon.
Au refrain

VII
Le gaz est aussi de la fête !
Si vous résistez, mes agneaux,
Au beau milieu de la tempête
Je fais éclater ses boyaux.
Au refrain

VIII
Ma boutique est toute la France !
Mes succursales sont partout
Où la faim pousse à la vengeance,
Prends ta bouteille et verse tout !
Au refrain

(1) L’auteur indique que « la Jeunesse anarchiste du XV arrondissement
de Paris a fait imprimer chez Chevrel et Duval, rue du Commerce » cette variante
de la chanson.

(2) Le 26 janvier 1886, lors de la grève des mineurs de Decazeville
(Aveyron), le sous-directeur de la mine, l’ingénieur Jules Watrin, à l’origine
d’une baisse des salaires, est défenestré. Il décèdera de ses blessures,
devenant un martyr aux yeux des patrons et donnant naissance au verbe
watriner pour se débarrasser des exploiteurs.

(3) Le marquis Gaston Alexandre Auguste de Galliffet, officier de cavalerie,
est l’un des responsables de la répression de la Commune de Paris en mai 1871
(Semaine sanglante) qui a fait plus de 10 000 victimes.

(Extrait de César Lombroso, Les Palimpsestes des prisons,
A. Storck - G. Masson, Lyon-Paris, 1894, p. 112-113.)

 

 

Dame dynamite
[« Chant tragique »]

I
Nos pères jadis ont dansé (bis)
Au son du canon du passé (bis)
Maintenant la danse tragique
Veut une plus forte musique

Refrain
Dynamitons ! Dynamitons !
Dame Dynamite
Que l’on danse vite
Dansons et chantons
Dame Dynamite
Que l’on danse vite
Dansons et chantons
Et dynamitons !

II
La poudre à canon de tout temps (bis)
N’a fait que le jeu des tyrans (bis)
Tandis que Dame Dynamite
Leur fait bien sauter la marmite
Au refrain

III
Religions, prêtres et rois (bis)
Sautez avec tous les bourgeois (bis)
Le travailleur à face blême
A soupé de votre carême
Au refrain

IV
Plus d’affamés, plus d’affameurs (bis)
Plus de gavés de nos sueurs (bis)
A l’égout cette pourriture
Pour servir aux vers de pâture
Au refrain

V
Soupé de tous les endormeurs (bis)
Plus ou moins judas et menteurs (bis)
Ces renards de la politique
Qu’à nos dépends tiennent boutique
Au refrain

VI
En avant l’idéal nouveau (bis)
Qui rallie au coeur, au cerveau (bis)
Des fiers opprimés de la terre
L’amour de boire au même verre
Au refrain

VII
Vive la Révolution (bis)
De l’homme libre en action (bis)
Plus d’argent, ni de gueux en larmes !
Plus de prisons, plus de gendarmes !
Au refrain

VIII
Plutôt que rendre aux Gallifets (1) (bis)
Cette arme aux terribles effets (bis)
Nous ferons sauter à la ronde
Palais, maisons et tout le monde !
Au refrain

(1) Le marquis Gaston Alexandre Auguste de Galliffet, officier de cavalerie,
est l’un des responsables de la répression de la Commune de Paris en
mai 1871 (Semaine sanglante) qui a fait plus de 10 000 victimes.

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Dame dynamite (variante)

I
Nos pères jadis ont dansé
Au son du canon du passé
Maintenant la danse tragique
Demande plus forte musique.

Refrain
Dynamitons, Dynamitons
Dame dynamite, que l’on danse vite !
Dansons et chantons
Dame dynamite que l’on danse vite !
Dansons et chantons et dynamitons !

II
La poudre à canon de tout temps
N’a fait que le jeu des tyrans
Tandis que dame dynamite
Leur fait éclater la marmite.
Au refrain

III
Religions, prêtres et rois
Sautez avec tous les bourgeois.
Le prolétaire à face blême
A soupé de son long carême !
Au refrain

IV
Dynamitons tous les gavés
De la sueur des affamés
Il est temps qu’on en désinfecte
Le vieux sol de notre planète !
Au refrain

V
Plus d’affamés, plus d’affameurs,
Des dirigeants, des dictateurs !
C’est bien au tour de la canaille
A porter culotte à sa taille.
Au refrain

VI
Plutôt que le rouge étendard
Soit repris par le clan soudard,
Nous ferons sauter à la ronde
Toute la terre et tout le monde.
Au refrain

VI
Vive la solidité
Des soldats de la liberté !
Mort à tous les capitalistes
Vivent tous les vrais anarchistes !
Au refrain

(Extrait de César Lombroso, Les Palimpsestes
des prisons,
A. Storck - G. Masson, Lyon-Paris,
1894, p. 111-112.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Y’a d’la malice
[« Chant rustique »] (1)
Musique de Constant Marie

Ed’ pis quarante ans sur ma fouë,
Ed’ pis quarante ans sur ma fouë,
Qu’nos grands bœufs, not’ famille et moë
Qu’nos grands bœufs, not’ famille et moë
Que j’travaillons la terre
Seul not’ propriétaire,
A comme un grand voleux,
Tou la crêm’ ed’ not’ sueux
Y’a d’la malice
Y’a d’la malice,
Oui fouë d’Bap’tiss’.

II
A preuv’que j’n’ons point tant seul’ment (bis)
Sus le dos n’un chaud vêtement ; (bis)
J’avons biau nous débattre,
Faut tirer l’diable à quatre
Pour avoir des sabiots
Et du pain pour les p’tiots
Y’a d’la… etc.

III
Tandis qu’mossieu, dans son château (bis)
A sus le dos n’un biau parl’tôt ; (bis)
En dirait qu’la nature
L’a fait dans ein’ voiture
Pour s’en v’ni’, ein’ fois l’an,
Cherchi not’ pauv’argent
Y’a d’la… etc.

IV
Jusqu’au gouvernement d’Paris (bis)
Qu’a pris not’fils ed’parti pris (bis)
Pour fair’ses tonkinades
Et madagascarades (2),
Tant si ben qu’not’pauv’gas
Est mort là-bas, là.-bas !
Y’a d’la… etc.

V
Malgré qu’ai j’somm’ des paysans (bis)
J’voyons ben qu’on nous fourr’ ed’ dans (bis)
Avec la politique
Qui fait d’not’ République
La catin des borgeois
Qui s’engraiss’nt ed’nos droits
Y’a d’la… etc.

VI
D’pis que l’siflage universel (bis)
Nous promet un bonheur réel (bis)
C’est touiours la misère,
En paix tout comme en guerre
C’qui nous fait dir’ vraiment
Qu’faut point d’gouvernement
Y’a d’la… etc.

VII
Qu’er vienn’la révolution (bis)
La torche en main à l’occasion (bis)
Mieux qu’nos grands pèr’s les Jacques
Ej f’rons des rouges pâques
Jusqu’à ce que l’rentier
Nous serve de fumier
Y’a d’la malice (bis)
Faut qu’ça finisse !

(1) Connu aussi sous le titre : « La chanson du gâs ».
(2) Allusion aux expéditions coloniales du Tonkin (1883-1885) et de Madagascar (1894-1895).

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Vive la canaille !

Entre la vase et l’écume
De cette mer à flots humains,
Une classe se consume
A tout produire à pleines mains.
On l’appelle canaille.
Elle dort sur la paille
Dans des taudis froids et malsains.

Refrain
Vive la canaille !
Vive la canaille !
A mort les ventrus, à mort les ventrus !
Vive la canaille !
Vive la canaille !
A mort les ventrus de Versailles !

II
On la vit en soixante-onze
Comme en Juin quitter ses toits,
Pour braver le feu du bronze
Des assassins du clan bourgeois.
Combien dans la bataille,
Méprisant la mitraille
Sont morts en défendant nos droits.
Au refrain

III
Qui renverse les bastilles
Au souffle de la liberté,
Qui forge faulx et faucilles
Pour le pain de l’humanité.
Toujours ces rien-qui-vaille,
Ces sans-le-sou ni maille,
Enfants de la Fraternité.
Au refrain

IV
Du riche, l’âpre femelle
A la pauvresse tous les jours
Vole jusqu’à sa mamelle
Pour gaver ses petits vautours,
Tandis que sa marmaille
Au biberon s’éraille.
Pauvres petits, pauvres amours.
Au refrain

V
Honnêtes gens de parade,
Tigres dorés, vils affameurs,
La République bâtarde,
Qui vous gave de nos sueurs,
Bientôt dans ses murailles,
Verra vos funérailles
Au bruit confus des cris vengeurs.
Au refrain

VI
Vive partout l’Anarchie !
Vive la Révolution !
Honte à la classe avachie
Qui vit de sa soumission.
Marchons, que la tripaille
Des rois de la ripaille
Donne aux vers double ration.
Au refrain

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La dynamite

Refrain
Dame dynamite,
Que l’on danse vite,
Dansons et chantons ;
Dame dynamite,
Que l’on danse vite,
Dansons et chantons,
Et dynamitons.

I
La Carmagole on a dansé, (bis)
Au son du canon du passé ; (bis)
Maintenant la danse tragique
Veut une plus forte musique :
Dynamitons ! Dynamitons !

II
La poudre à canon, de tous temps,
N’a fait que le jeu des tyrans ;
Tandis que dame dynamite,
Leur fait bien sauter la marmite :
Dynamitons ! Dynamitons !

III
Religions, prêtres et rois,
Sautez avec tous les bourgeois ;
Le travailleur, à face blême,
A soupé de votre carême :
Dynamitons ! dynamitons !

IV
Vive la solidarité
Des soldats de l’Egalité ;
Guerre à mort aux capitalistes,
Vive les vrais socialiste :
Dynamitons ! dynamitons !

V
Plus d’exploités, plus d’exploiteurs,
De dirigeants ni dictateurs ;
C’est bien au tour de la canaille,
De porter culotte à sa taille :
Dynamitons ! Dynamitons !

VI
En avant l’évolution
Du communisme en action ;
Plus d’argent ni de gueux en larmes,
Plus de prisons ni de gendarmes :
Dynamitons ! dynamitons !

VII
Dynamitons tous les gavés
De la sueur des affamés,
A l’égoût cette pourriture,
Pour servir aux vers de pâture :
Dynamitons ! dynamitons !

VIII
Plutôt d’nous rendre aux Galliffets.
Avec cette arme aux grands effets,
Nous ferions sauter à la ronde,
Toute la terre et tout le monde :
Dynamitons ! dynamitons !

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L’affranchie

I
A dix-huit ans comme une rose
Aux premiers baisers du printemps
En moi je sentis quelque chose
Comme un frisson griser mes sens
J’allais en rêvant sur le grève
Quand un canotier sans façon
M’enlève au plus beau de mon rêve
Dans la barque de Cupidon

Refrain
Ohé ha ! Ohé ha ! Ohé ha !
Ainsi le veut mère nature
Chacun ne peut faire l’injure
De résister à son désir
Qui nous dit tout bas à l’oreille :
Viens à la coupe du plaisir
Boire à l’amour qui se réveille

II
Vers 1’île d’ amour nous voguâmes
Au gré des flots silencieux
Le soir, émus, nous arrivâmes
Au port salut des amoureux
En débarquant à l’ombre douce
Des rameaux fleuris de lilas,
Bientôt sur un tapis de mousse
Je dis en soupirant tout bas :
Au refrain

III
Après une première étreinte
Des charmes de la volupté
Des préjugés bravant la crainte
Je dis : amour et liberté
A vous toute ma vie entière
Au diable la vieille chanson
De la vertu de ma portière
Et de la morale en jupon.
Au refrain

IV
Depuis ce temps comme un bohême
J’erre et je vis au jour le jour
Libre et contente de moi-mêrne
Du vieux monde je fais le tour.
J’ai pour compagnon de voyage
Mes chants d’amour et de gaîté
De mes deux jambes l’équipage
Pour domaine l’immensité.
Au refrain

V
Je n’aime pas les mercenaires
Aveugles gardiens de nos maux
Pour les révolutionnaires
J’ai des élans toujours nouveaux
La révolte est ma seule amie
Nous avons les mêmes amants
L’univers pour Mère Patrie
Pour famille tous ses enfants.
Au refrain

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C’est de la blague

I
Béranger dans un poème
A prétendu que les gueux
Etaient des heureux quand même,
Moi je réponds avec eux
C’est d’la blague, blague,
J’en appelle aux pauvres gens
Qui sans blague, blague, blague,
Ont quelque peu de bon sens.

II
Et la peste cléricale
Qui pourrit tous les cerveaux
Pourquoi nourrir cette gale
Quand tous les bondieux sont faux.
C’est d’la blague, etc.

III
Faire la bête de somme
Et souvent manquer de pain
En se targuant d’être un homme
Même un instant souverain.
Quelle blague, etc.

IV
S’entretuer à la guerre
Pour le plaisir des tyrans
Plutôt que purger la terre
De ces monstres dévorants.
Quelle blague, etc.

V
Des moyens, peuple, on t ’abuse
En te disant poivre et sel
Qu’il faut pour ça que l’on use
Du suffrage universel.
Quelle blague, etc.

VI
Tant que le bulletin de vote
N’aura fourré pour de bon
Le fusil chasse-despote
De tous les Palais-Bourbon.
C’est d’la blague, etc.

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La muse rouge

I
Rêvant, j’ai vu dans une aurore,
Une femme au regard puissant,
Qui planait comme un météore
Sur une mer aux flots de sang.

Refrain
C’est la Muse Rouge
Qui sort du sommeil
C’est la Muse Rouge
Gare à son réveil !

II
Les cordes qui montaient sa lyre
Provenaient de boyaux tirés
De la tripaille d’un gros Sire,
Pendeur de braves inspirés.
Au refrain

III
Sur l’instrument comme un tonnerre
Ses doigts sanglants faisaient vibrer
Des sons de par toute la terre :
Je crus que tout allait sombrer.
Au refrain

IV
Soudain de l’un à l’autre pôle
Je vis d’innombrables soldats
S’entretuer ; c’était leur rôle
Un sot orgueil guidait leurs pas.
Au refrain

V
Après ce barbare carnage
Paraît l’anarchie au grand jour
Faisant partout sur son passage
Œuvre de justice et d’amour.
Au refrain

VI
Pour fêter sa lumière blonde
Autels et trônes sont en feu
Le peuple autour danse à la ronde
L’autorité n’est plus qu’un jeu.
Au refrain

VII
Drapeaux et codes par les foules
Au sein des bûchers sont jetés
Temples, casernes et prisons croulent,
Sous le vieux pic des révoltés.
Au refrain

VIII
Sur l’emplacement des frontières
Au mépris des Rois et de l’or
Tous les humains deviennent frères
L’homme affranchi prend son essor.
Au refrain

IX
Enfin le vieux monde succombe
Les penseurs torturés jadis
Sur son universelle tombe
Font de la terre un Paradis.
Au refrain

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Chœur d’adolescents

I
On va nous supprimer l’école
Nous avons treize ans,
Plus de jeux, plus de ronde folle,
Nos pauvres parents
Vont nous mettre en apprentissage
Et pour de bon,
Du matin au soir à l’ouvrage
Outre raison,
Subir le surmenage
Au profit du patron.

II
Tandis que pendant les vacances,
L’écolier bourgeois
Pour qui l’on gagne des finances,
Va passer trois mois
A s’engraisser sur quelque plage
Au bon grand air,
Et faire un beau petit voyage
En pleine mer.
C’est à nous mettre en rage
Au fond de notre enfer !

III
Mais ce n’est que pour l’anarchie
Disent de fiers gas,
Qu’un jour la jeunesse affranchie
Dans tous les Etats
Egalisera l’existence
Et l’on verra :
La bourgeoisie et son engeance
Et cœtera…
Disparaître en cadence
Au son du Ça ira !

IV
Et qu’après l’humaine harmonie
Prendra son essor
Dans l’universelle patrie,
Sans l’argent ni l’or ;
Travail commun pour le bien-être,
Ah ! quel beau jour !
De voir enfin sans Dieu ni maître
Et sans retour,
La guerre disparaître
Au souffle de l’amour !

(Fonds Nettlau, IIHS, Amsterdam.)

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