Septembre 2014

PUBLICATIONS

Intrigué par le souvenir d’une colonie libertaire dans sa région, Olivier Hiard a mené une véritable enquête pour retracer l’histoire d’Aymare, une collectivité anarcho-syndicaliste espagnole dans le Lot (Les Editions libertaires, 176 p., 13 euros). Ce domaine agricole de 120 hectares fut acheté en 1939 par le Mouvement libertaire espagnol (MLE) pour extraire ses militants des camps d’internement français. Pendant la guerre, il servira de refuge aux exilés, puis accueillera des mutilés et invalides de guerre, et finalement se transformera en véritable collectivité libertaire où vivront régulièrement près de vingt-cinq personnes de 1948 à 1967. Organisée de façon autogestionnaire, malgré des conditions difficiles, elle arrivera à peu près à subvenir à ses besoins, la solidarité aidant. Elle sera également un lieu d’échange – recevant des « vacanciers » et des congressistes –, de fraternité et de culture. Le départ de compagnons compétents, des difficultés extérieures, un endettement croissant, des irrégularités dues au manque de contrôle, les divisions du mouvement cénétistes… vont conduire à la vente de la propriété, soldant ainsi une expérience exceptionnelle, bien avant les communautés post-68. De nombreux documents (dont certains inédits) et des illustrations enrichissent ce travail de mémoire. On y croise aussi l’étonnant Jean Roumilhac, patron libertaire marseillais qui servit de prête-nom. Des personnages surprenants, il y en a à foison dans cette « bible » que constitue le Maitron des Anarchistes (« Dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone », Les Editions de l’atelier, 527 p., 50 euros) : cinq cents notices extraites d’une base de données en ligne en comportant plus de trois mille deux cents. Certaines ont été reprises, relues, retravaillées et mises à jour ; d’autres sont nouvelles. Un chantier qui s’étend sur sept ans, regroupant près d’une centaine de collaborateurs, militants et historiens, œuvrant à distance grâce à un site coopératif mis en place par Anthony Lorry (lire nécrologie). De Miguel Almereyda à Paul Zorkine, on parcourt quelque cent cinquante ans d’anarchie, découvrant de grands noms et des plus obscurs, les différentes orientations théoriques, les caractéristiques sociologiques, abordant tous les terrains de lutte… C’est une référence, à ce jour inégalée. Est-ce terminée ? Bien sûr que non, et il est souhaitable que l’équipe reste mobilisée pour compléter la base de données, l’enrichir au fur et à mesure des recherches et des découvertes. Un seul regret : le prix de l’ouvrage quelque peu élevé, bien qu’il donne accès à l’ensemble des biographies en ligne. Avec cette « graine d’ananar » (Editions du Monde libertaire, 70 p., 5 euros) consacrée à Madeleine Vernet (1878-1949, lire biographie), Hugue Lenoir évoque la militante éducatrice et pacifiste qui a fondé en 1906 l’Avenir social, un orphelinat lié aux organisations du mouvement ouvrier, situé d’abord à Neuilly-Plaisance puis à Epônes (ancienne Seine-et-Oise). Il s’agissait de sauver les « orphelins du prolétariat » des institutions religieuses ou des bagnes pour enfants, et de donner à chacun(e) une éducation « aussi rationnelle que possible (…) entièrement laïque et indépendante » « pour en faire un individu conscient de lui-même, justement équilibré au moral comme au physique ». La réaction paralysera en partie cette expérience éducative d’essence libertaire, mais c’est le jeune Parti communiste qui donnera le coup de grâce en évinçant sa directrice qui refusait d’y adhérer. De sa création à 1922, près de cinq cents enfants de 6 à 15 ans y furent accueillis. Un texte sur l’amour libre et des reproductions de cartes postales complètent cette présentation. Guillaume Goutte nous livre, avec Tout pour tous ! (Libertalia, 104 p., 8 euros), un « digest » – au bon sens du terme – de l’expérience zapatiste, bien loin du style métaphorique et quelque peu irritant de certains textes sur le sujet. Après nous avoir rappelé que la lutte s’enracine dans une longue tradition de résistance et de rébellion des peuples indigènes pour récupérer la terre volée à la communauté et leur dignité, il décrit l’organisation horizontale mise en place pour assurer un fonctionnement autonome et la solidarité entre les différentes entités. Si les résultats en matière d’économie, d’éducation, de santé et d’amélioration du statut des femmes sont à saluer, il reste du chemin à parcourir concernant la justice (« réparer plutôt que punir ») et surtout la défense (l’armée zapatiste est « une structure tout à fait verticale et hiérarchique »). Constat et non jugement, car il n’en demeure pas moins que c’est la réalisation révolutionnaire la plus aboutie actuellement… Tenir la rue. L’autodéfense socialiste, 1929-1938 (Libertalia, 299 p., 15 euros), voilà une passionnante étude sur un sujet plutôt ignoré par l’historiographie. C’est la concurrence – parfois musclée – avec le Parti communiste, après le congrès de Tours, qui pousse les socialistes à renouer avec les traditions d’avant-guerre (affrontement avec les ligues nationalistes) pour protéger leurs meetings et les ventes de journaux. Très rapidement, l’ennemi redeviendra l’extrême droite avec la montée des fascismes. Ouverture à d’autres forces (communistes révolutionnaires, libertaires), aliance avec les staliniens seront alors à l’ordre du jour. Evolution, organisation des groupes de défense, composition sociale sont passées au crible. Leurs membres sont essentiellement issus de l’aile gauche (rôle prépondérant de Marceau Pivert) de la SFIO qui est partagée entre révolutionnaires et réformistes, d’où les débats : prise du pouvoir par la rue ou dans les urnes, service d’ordre ou embryon d’armée révolutionnaire… Ce conflit culminera avec les événements de Clichy, le 16 mars 1937 (« Front populaire de combat contre Front populaire de gouvernement »). A la lecture, on est à la fois surpris par le désir de concurencer les groupes paramilitaires fascistes sur leur propre terrain (uniforme, parade, hiérarchie, culte de la virilité…) et le chemin idéologique parcouru depuis par les socialistes français. Les éditions Acratie (L’Essart, 86310 La Bussière) ont réédité Cent ans de capitalisme en Algérie, 1830-1930. Histoire de la conquête coloniale (75 p., 8 euros) de Robert Louzon (1882-1976, biographie), l’un des premiers militants anticolonialistes dans le mouvement ouvrier révolutionnaire. C’est en mars et en mai 1930 qu’il livre ces deux articles à La Révolution prolétarienne (quelque trois cents numéros sont disponibles sur le site du CRAS). Dans le premier, il dénonce les dessous du « coup de l’éventail » – non seulement la France n’a pas remboursé ses dettes au dey d’Alger mais a pris le prétexte d’un énervement de celui-ci après trentre-trois ans d’attente pour envahir le pays –, la conquête faite de massacres (femmes et enfants compris), de villages brûlés, de mosquées détruites, la spoliation des terres collectives et l’expropriation ou le séquestre pour les terrains individuels. Avec le second, il examine la victoire du capitalisme sur la bureaucratie, les réussites du colonialisme dans les riches plaines (domaines viticoles, orangeraies, cultures de primeurs) et son échec dans les montagnes, la création d’un prolétariat indigène qui aspire à la modernité et l’existence d’une vaste masse subsistant dans la pauvreté. Et, pour tous les indigènes, une justice aux ordres, des droits aux rabais, la déportation pour les récalcitrants… Avec la certitude que l’union du peuple indigène se fera prochainement car « la politique bornée de l’Européen algérien en est le plus sûr garant ». D’origine suisse, professeur dans une université canadienne, Vittorio Frigerio s’intéresse entre autres aux rapports que la littérature française a pu entretenir avec l’anarchisme. Dans La Littérature de l’anarchisme. Anarchistes de lettres et lettrés face à l’anarchisme (Ellug, 390 p., 25 euros), il étudie une période – de 1848 à la fin des années 1930 – plus vaste que celle habituellement envisagée des attentats et de l’engouement des symbolistes pour les poseurs de bombes. Il retrouve l’influence libertaire dans de nombreux mouvements littéraires (romantisme, réalisme, naturalisme…) et présente des auteurs appartenant à la culture officielle qui ont mis en scène des anarchistes dans leurs œuvres : Anatole France, Montherlant, Ernest Psichari, Villiers de l’Isle-Adam et Roland Dorgelès. Puis il passe en revue des romanciers et nouvellistes militants ou sympathisants, connus comme Han Ryner, Rosny aîné, Jules Lermina, Jehan Rictus, ou un peu oubliés (Brutus Mercereau, Fernand Kolney, K. X., Henri Rainaldy). C’est un magnifique roman noir social que nous propose Jean-Luc Debry avec Départ volontaire (Noir et Rouge, 102 p., 8 euros), une plongée dans la jungle de l’open space d’un service commercial. C’est la crise, il faut dégraisser (traduire : réduire le personnel) afin d’améliorer les marges bénéficiaires : plus travailler pour moins cher. Compétitivité, adhésion à la culture de l’entreprise, réorganisation, optimisation, rationalisation, automatisation deviennent l'alpha et l'oméga. Il faut « dévorer » celui ou celle qui n’est déjà plus un collègue (collegium, « ensemble ») mais un adversaire, un ennemi, pour ne pas être bouffé (ou du moins pas encore), pour ne pas connaître la délocalisation, le chômage avec Police emploi comme seul horizon, avec les dettes, les charges qui s’accumulent… A-t-on le choix ? Le ton y est (utilisation de termes techniques anglo-saxons pour marquer l’appartenance), l’atmosphère – glauque, morne –, ainsi que les personnages (certains gris, les futurs perdants, d’autres flamboyants, les gagnants). On s’y reconnaît ! Odile, le personnage principal, va être mise en condition (par une promotion bidon), conduite à commettre un acte qui va la ronger (manque d’habitude, pas préparée pour ça, problème générationnel !), à accepter tout… avant de devenir la prochaine cible. Plus de retard, plus d’absence, un contrôle permanent, un harcèlement de chaque moment, l’isolement… avant le départ volontaire, la dégringolade et l’oubli.

Spécial Bakounine. Année du bicentenaire de sa naissance (1814-1876, lire biographie) oblige, plusieurs ouvrages ont été publiés récemment à son sujet (liste des titres disponibles dans les bonnes librairies). Principes et Organisation de la Société internationale révolutionnaire (Editions de l’escalier, 151 p., 12 euros) contient deux textes – « Catéchisme révolutionnaire » et « Organisation » –, écrits en mars 1866 et datant de la période du « premier anarchisme » (il ne le fut réellement que de 1868 à 1876), selon l’expression du préfacier Jean-Christophe Angaut. Pas de confusion avec le brûlot – abc du terrorisme et du cynisme politique – de Serge Netchaïev (article Wikipédia), rédigé en 1868, auquel on l’a trop souvent associé. Il y développe au contraire les « principes de la philosophie bakouninienne de la liberté et de la morale », son « opposition à l’autorité et à la centralisation », puis tente une « description de l’organisation politique (…) et de l’organisation sociale » envisagées. Si l’on y retrouve encore de multiples « relents » proudhoniens, des références à l’Etat, des ambigïtés à propos du centralisme, et que l’on constate l’absence de critique du modèle représentatif, l’auteur évolue vers une conception plus libertaire qui se concrétisera après son adhésion à la Première Internationale et une « prise de conscience : celle des capacités révolutionnaires des classes ouvrières ». Dans Actualité de Bakounine, 1814-2014 (Editions du Monde libertaire, 180 p., 10 euros), les auteurs présentent ce que les écrits bakouniniens peuvent nous apporter aujourd’hui et en quoi ils nous aident à appréhender les problématiques que nous rencontrons : question de l’organisation, syndicale et spécifique (thème abordé plus largement avec la troisième publication) ; question nationale et question religieuse… Franck Mintz dresse ainsi une « check-list » à l’usage des militants et constate que Bakounine fut longtemps mis de côté par certains suite au « rejet généralisé de tout ce qui a un rapport avec le marxisme » après 1921. Quelque peu rejoint par René Berthier qui regrette que ses « leçons » aient été trop lontemps oubliées car « l’anarchisme a perdu beaucoup de temps du fait de la raideur mentale et du manque d’imagination de beaucoup de militants ». Débarrassé de ses aspirations panslavistes, le révolutionnaire russe se heurta en Italie aux divers courants prônant l’unification avant toute révolution sociale. Constatant que la situation politique et idéologique est rarement « pure », il concède une certaine adaptation aux conditions du moment. Pour Philippe Pelletier, sa critique « géopolitique » du marxisme lui fait entrevoir, après la défaite de la Commune et la victoire prussienne, une « convergence entre système autoritaire et socialisme centralisateur ». Cela justifie-t-il pour autant de soutenir un impérialisme contre un autre, ainsi que l’on fait les signataires du « Manifeste des seize » en 1916 ? Sur le plan religieux, Bakounine se révèle un ardent adversaire de la théologie, celle-ci étant pour lui le fondement du principe d’autorité, l’être humain ne pouvant être libre que si Dieu n’existe pas, mais il se refuse à lutter contre les religions par la coercition car les « manières de combattre ne sont pas que des moyens (…), elles sont elles-mêmes significatives de ce que nous voulons ». Les éditions Noir et Rouge ont regroupé sous le titre Bakounine entre syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (postf. de René Berthier, 114 p., 13 euros) deux de ses textes – « L'organisation de l'Internationale », « La politique de l'Internationale » – et une étude d’Antonioli Maurizio. Celle-ci évoque la polémique qui, au début du XXe siècle, opposa ceux qui estimaient que le « syndicalisme d’action directe » se suffisait à lui-même, l’organisation de masse (apolitique, autonome, non-confessionnelle), actuel outil de lutte, assurant la gestion de la société après la révolution, et ceux qui pensaient que l’organisation spécifique pouvait éviter au syndicat le danger du corporatisme et de se transformer « en puissant moyen de règlementer [l’]exploitation ». Les uns se disant syndicalistes « purs » ou révolutionnaires, les autres anarchistes (bien qu’il y en eut dans les deux camps et que les deux parties se réclamaient de Bakounine et du courant socialiste anti-autoritaire). L’histoire donna tort aux deux : l’évolution réformiste ne put être stoppée et l’entrée des bolchevicks dans les syndicats les vida de leurs conceptions autogestionnaires. C’est en fait l’intervention de la minorité révolutionnaire dans le syndicat qui est en cause et, à examiner le panorama syndical actuel, il semble que le débat ne soit pas tranché. Par ailleurs, sur le blog Michel Bakounine de l’Atelier de création libertaire, animé par Jean-Christophe Angaut, on peut trouver diverses informations sur l’actualité du révolutionnaire russe et, entre autres, des « impressions » à propos de la conférence internationale qui s’est tenue les 12 et 13 juillet 2014 à Priamoukhino (Russie), son village natal. De nombreux textes également sur Monde nouveau.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Montreuil, 5 septembre. Présentation du dernier numéro de Z (n° 8, « Vénissieux, la rouge et la révolte », 208 pages, 10 euros) et projection du film de Stéphane Gatti et Hélène Chatelain, Dix jour dans la ZUP des Minguettes ou l’Amazonie est de l’autre côté de la rue (1973), en leur présence. A 18 h 30, au café-librairie Michèle-Firk, 9, rue François-Debergue. Site Internet.

Paris, 5 septembre. L’association 24 août 1944 organise, à partir de 20 heures, une soirée sur le thème « Révolution, guerre et exil des républicains espagnols ». Trois films seront projetés, suivis d’un débat : Bajo el signo libertario (1936, 16 min), de Les ; Contes de l’exil ordinaire (1989, 52 min), de René Grando (en sa présence) ; La Nueve ou les oubliés de la victoire (2009, 53 min), d’Alberto Marquardt. Cinéma La Clef, 34, rue Daubenton, Paris 5e (M° Censier-Daubenton).

Lille, 6 septembre. En ce premier jour de la braderie, la maison des syndicats CNT (32, rue d’Arras) sera ouverte sans interruption de 9 à 18 heures. Pour en savoir plus.

Paris, 6 septembre. Représentation de La Nueve, montage théâtral mis en espace par Armand Gatti composé de témoignages de soldats espagnols (dont certains anarchistes) appartenant à la 9e compagnie de la 2e DB qui sont les premiers entrés dans Paris en 1944. Interprétés par des membres de l'association 24 août 1944. A 15 heures, au cinéma La Clef, 34, rue Daubenton, Paris 5e (M° Censier-Daubenton).

Marseille, 8 septembre. Rencontre autour du délibéré du procès en appel de Walid et Dorsaf et présentation du livre Permis de tuer. Chronique de l’impunité policière (à paraître en septembre aux éditions Syllepse), à 19 heures, à la librairie Transit, 45, bd de la Libération, Marseille 1er. Site Internet.

Forcalquier, 10 septembre. Présentation du livre Constellations, trajectoires révolutionnaires du jeune XXIe siècle (L'Eclat), en présence de plusieurs de ses auteurs, à 18 heures, salle Boris-Bojnev, sur le lieu de l'exposition « L'utopie des indociles », coorganisée par Radio Zinzine, Longo Maï et Agate, armoise et salamandre.

Paris, 10 septembre. La librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire), organise à 19 heures une rencontre-débat avec Alain Brossat autour de son ouvrage Peut-on parler avec l'ennemi ? (Noir et Rouge). Plus d'infos.

Forcalquier, 11 septembre. Réunion-débat à propos de la situation économique et politique dans l'Etat de Oaxaca au Mexique et du rôle des radios communautaires dans les luttes sociales. Projection du film Somos viento (« Nous sommes le vent », 39 min). A partir de 19 heures, salle Boris-Bojnev. Prix libre en soutien à Radio Totopo.

Toulouse, 11 septembre. La nudité pour répondre à la violence des « forces de l'ordre » (Notre-Dame-des-Landes), rencontre avec Camille à poil(s) à partir de 19 h 30, AP2P, 23, rue Casanova. Plus d'infos. Cette soirée sera également l'occasion de soutenir les opposants au barrage du Testet.

Paris, 12 septembre. A l’occasion de la réédition de Ma guerre d'Espagne à moi (Milena) de Mika Etchebéhère (1902-1992), avec des photos inédites et un documentaire de 80 minutes de Fitot Pochat et Javier Olivera, projection et débat à 19 h 30. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Plus d'infos.

Merlieux, 13 septembre. Un repas de soutien au dispensaire gratuit et autogéré d'Exarcheia (Athènes), initié par la Fédération anarchiste, se déroulera au 8, rue de Fouqueroles. Au programme : 17 heures, projection d’un court-métrage sur la structure de santé et Ne vivons plus comme des esclaves de Yannis Youlountas, qui présentera ensuite les initiatives solidaires en Grèce ; 19 heures, repas à prix libre ; 20 h 30, concert avec Gadget’Swing (jazz manouche) et Cheese not dead (rock progressif). Inscription au repas et bon de soutien sur le site du groupe Kroptkine.

Paris, 14 septembre. Journée d’information sur les communautés zapatistes, suite à l'attaque et à la destruction par l'armée mexicaine de la communauté La Realidad, de 17 heures à 21 h 30. Projection, information et concert – Inner Terrestrials (punk ska reggae) et Cartouche (méli-mélodic punk). PAF : 5 euros (« pas de verre, pas de clope, no god no master, merci »). Au Centre international de culture populaire (CICP), 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Nation).

Millau, 16 septembre. Présentation de la brochure-compilation Ramasser ses miettes sur l’anarcho-punk et son histoire au « premier Grenelle du do it yourself (fais-le toi-même) », à partir de 19 heures, au bar à vin Lo Veirat, 43, rue de la Capelle. La soirée se poursuivra en musique (punk !). Plus d’infos.

Bagnolet, 19 septembre. Projection du film Le Sel de la terre (1954, 92 min, VOST), d’Herbert J. Biberman, ou comment les luttes anticapitalistes, antiracistes et antipatriarcales peuvent se rejoindre… A 19 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Besançon, 20 septembre. Pot de rentrée à la librairie L’Autodidacte, 5, rue de Marulaz, à partir de 17 heures.

Paris, 20 septembre. Salon du livre neuf et d'occasion, de 11 à 18 heures, à la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e. A partir de 19 heures, théâtre avec la compagnie L'Argile magique (Hôpital debout, à votre santé), en soutien à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu. Site Internet.

Paris, 20 septembre. A 16 h 30, la librairie du Monde libertaire reçoit René Berthier pour la parution d’un hors-série consacré à la Première Guerre mondiale (« Morts par la France », en kiosques à partir du 11 septembre) et de son ouvrage Kropotkine et la Grande Guerre (Editions du Monde libertaire). Au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Plus d'infos.

Paris, 21 septembre. A l'occasion de la Journée du patrimoine, la CNT union régionale parisienne vous invite à visiter, de 14 à 18 heures, le passage du 33, rue des Vignoles, Paris 20e, menacé par la Mairie de Paris. Site Internet.

Besançon, 23 septembre. Soirée Bakounine proposée par la Fédération anarchiste, à 20 h 30, à la librairie L’Autodidacte, 5, rue de Marulaz, à partir de 17 heures.

Martigues, 23 septembre. Rencontre-débat, à 18 heures, à propos du Dictionnaire des anarchistes (Maitron) avec Françoise Fontanelli et Claude Pennetier. Librairie L’Alinéa, Le Nouveau Prado, 12, rue Jean Roque.

Bagnolet, 24 septembre. Ciné-goûter pour les enfants du quartier et d’ailleurs. Projection d’Ernest et Célestine (2012, 80 min, VOFR) : dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris… A 16 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Besançon, 24 septembre. Notre-Dame des luttes (2012, 52 min), de Jean-François Castell, projection organisée par la Confédération nationale du travail (CNT). A 20 h 30, librairie L’Autodidacte, 5 rue de Marulaz.

Paris, 24 septembre. Jusqu’au 24 octobre, exposition à propos de la Commune de Paris : Eric Savignac (peintures) et Dominique Guérin (textes). Vingt planches, des textes, un album… Vernissage le vendredi 26, à 18 heures. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Vierzon, 24 septembre. Débat avec Pièces et main d’œuvre : « Progrès technoscientifique et regret social et humain », à 19 h 30 à l’auberge de jeunesse, 1, rue François-Mitterrand.

Arles, 25 septembre. Au Capitole, rue Laurent-Bonnemant, exposition « L'utopie des indociles » organisée par Longo Maï : quarante années d’aventure autogestionnaire.

Besançon, 25 septembre. Projection à 19 heures de Ne vivons plus comme des esclaves (2014, 89 min), de Yannis Youlountas, proposée par le Resto-Trottoir, à la librairie L’Autodidacte, 5, rue de Marulaz, à partir de 17 heure.

Nantes, 25 septembre. Présentation de la CNT, son fonctionnement, ses pratiques…, avec projection du documentaire Et pourtant ils existent sur l'histoire du syndicalisme d'action directe de 1895 à 2000. A 20 heures, au B17, 17, rue Paul-Bellamy (deuxième cour à gauche au-dessus du garage associatif L'Atelier).

Saint-Amand-Montrond, 25 septembre. Débat avec Pièces et main d’œuvre : « Progrès technoscientifique et regret social et humain », à 20 heures au café Le Bistrot, 13, cours Manuel.

Besançon, 26 septembre. « Actualité du Chiapas » : débat organisé par la Fédération anarchiste, à partir de 20 h 30, à la librairie L’Autodidacte.

Bourges, 26 septembre.Débat avec Pièces et main d’œuvre : « Progrès technoscientifique et regret social et humain », à 21 heures au Guillotin, 15, rue Jean-Girard.

Paris, 27 septembre. A partir de 13 heures, les éditions Noir et Rouge organisent une foire aux livres d’occasion à la librairie L’Emancipation, 8, impasse Crozatier (à la hauteur du 43, rue Crozatier), Paris 12e (M° Faidherbe-Chaligny ou Gare-de-Lyon.

Besançon, 28 septembre. Repas gratuit végétalien proposé par le Resto-Trottoir, à 12 h 30, place Marulaz.

Besançon, 30 septembre. Projection du film Quand Sisyphe se révolte (2013, 90 min), d’Abraham Segal sur Albert Camus, et débat avec le réalisateur. Soirée organisée par la Fédération anarchiste, à 20 h 30, au cinéma Victor-Hugo, 6, rue Gambetta. Prix : 5 euros.

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Librairie champêtre libertaire. Troisième édition de cette rencontre avec le CIRA Limousin qui se tiendra du 13 au 14 septembre, de 10 à 19 heures, au château de Ligoure, 87110 Le Vigen. Sont prévus des stands d’éditeurs, des débats (avec Anne Steiner, Philippe Pelletier, David Doillon et Hélène Finet), des spectacles (théâtre, chanson, musique), une exposition de dessins de Madeleine Lamberet sur la guerre d’Espagne, une restauration à prix libre, un bar, un espace mômes… Camping possible et parking assuré. Navette avec la gare de Limoges. Infos pratiques. Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA), 58, rue du Chinchauvaud, 87100 Limoges - tél. : 06-58-92-62-38 - courriel : cira.limousin(at)free.fr

En première ligne. Ce festival littéraire se donne pour objectif, à travers de nombreuses initiatives, de rapprocher du livre et de la lecture les populations qui en sont le plus éloignées. Une ambition : explorer les rapports entre littérature et monde social. Le fil rouge de cette année sera l'égalité. Des rencontres, des débats, des animations, de la musique, du théâtre, de la poésie, un vide-greniers et un troc littéraire, des livres pas chers… les 20 et 21 septembre, Espace Robespierre, 2, rue Robespierre, Ivry-sur-Seine (M° Mairie d’Ivry). Tout le programme.

Editions subversives. A Lisbonne, les 26, 27 et 28 septembre, se tiendra un Salon des éditions subversives, « espace ouvert aux débats et au partage d’idées critiques d’une réalité dans laquelle nous ne nous retrouvons pas et que nous désirons subvertir. Nous pensons que livres, revues, journaux, fanzines, musique, vidéo ou débats sont des véhicules importants dans l’attaque de cette société que nous rejetons et dans la recherche d’alternatives qui nous libèrent des relations de domination ». Adresse : BOESG, rua das Janelas Verdes nº 13, 1º Esq., Santos, Lisboa – courriel : mostradedicoesubversivas(at)riseup.net – site Internet.

Editions subversives. A Lisbonne, les 26, 27 et 28 septembre, se tiendra un Salon des éditions subversives, « espace ouvert aux débats et au partage d’idées critiques d’une réalité dans laquelle nous ne nous retrouvons pas et que nous désirons subvertir. Nous pensons que livres, revues, journaux, fanzines, musique, vidéo ou débats sont des véhicules importants dans l’attaque de cette société que nous rejetons et dans la recherche d’alternatives qui nous libèrent des relations de domination ». Adresse : BOESG, rua das Janelas Verdes nº 13, 1º Esq., Santos, Lisboa – courriel : mostradedicoesubversivas(at)riseup.net – site Internet.

Week-end à Merlieux. A l’occasion de la Fête du livre de Merlieux, le groupe Kropotkine (Fédération anarchiste) organise un repas champêtre (sauté de porc au cidre et au miel ou chili végétarien – à prix libre) le samedi 27 septembre à 19 h 30, suivi d’un concert du groupe Double Mixte à partir de 21 heures. Pour participer au repas, merci de vous inscrire par courriel (kropotkine02[at]no-log.org) ou par téléphone au 03-23-80-17-09. Et dimanche 28, après-midi zapatiste : 14 heures, projection de trois petits films (La Terre est à ceux qui la travaillent, L'Art en rébellion, Vers une nouvelle santé) ; 15 h 30, débat avec Guillaume Goutte, auteur de Tout pour tous (Libertalia). Projections et débat auront lieu à la Bibliothèque sociale ou, s'il fait beau, sous un chapiteau à la même adresse : 8, rue de Fouquerolles. Site Internet.

Cluny (Saône-et-Loire). Le Salon du livre libertaire de Cluny se tiendra le 28 septembre, de 9 à 19 heures, salle des Griottons, rue des Griottons. Il est organisé par le Groupe libertaire 71 et la Vache noire (Fédération anarchiste). Au programme : à 10 heures, film et débat sur les antifascistes espagnols ; apéro-concert avec Michel Chevalier ; après-midi : débats sur le Chiapas, le mouvement punk et l’anarchie, la décroissance et l’écologie.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (septembre). Le conflit qui a opposé, durant cet été, Israël à différents groupes paramilitaires (et para-étatiques) palestiniens, dont le Hamas, a suscité de nombreuses manifestations de soutien au peuple de Gaza, première victime de ces affrontements. La position des anarchistes vis-à-vis de cet événement est peu aisée : contre les Etats (existant ou à venir), contre les religions et les fanatismes religieux quels qu’ils soient, contre l’exploitation économique, pour la liberté et l’égalité, ils ne peuvent rester insensibles à la douleur d’un peuple colonisé, soumis à un embargo effroyable de la part de l’Etat israélien mais aussi, ce que l’on a oublié trop souvent de préciser, de l’Egypte depuis le coup d’Etat militaire. Les libertaires doivent donc rester fidèles à leurs convictions et soutenir les résistants à cet ordre mortifère, qu’ils soient juifs (Anarchistes contre le mur ou réservistes objecteurs) ou arabes (« Libérez la jeunesse de Gaza ! »), adhérer à la campagne de boycott BDS et ne pas céder aux chants des sirènes… A ce propos, le site d’informations locales tourangeau La Rotative.info a recueilli plusieurs textes qui constituent une intéressante « réflexion sur l’antisémitisme, le sionisme et le nationalisme » (on peut en revanche trouver déplacée et inadéquate l'illustration de tête). Comme d’autres (Rue89, Mediapart, Libération), nos camarades belges de Divergences ont été victime d’un piratage informatique mené par un individu se présentant comme « militant sioniste » : Ulcan, de son vrai nom Gregory Chelli. Consternant ! Lire leur mise au point. Impulsés par l’association 24 août 1944, plusieurs manifestation (colloque, spectacle, marche dans les rues de Paris) ont rappelé en cette fin de mois d’août le rôle des antifascistes espagnols – dont de nombreux anarchistes – appartenant à la 2e DB dans la libération de la capitale. A l’occasion de la sortie du livre de la journaliste Evelyn Mesquida, La Nueve, 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris (Le Cherche Midi), on pouvait lire à ce sujet un article de Paco sur Le blog de Floréal. On y trouvera aussi le discours de Daniel Pinos pour l’association 24 août 1944. Les Archives Getaway ont été inaugurées en décembre 2012. Leur but est de collecter tous les documents (tracts, brochures, livres, sons, images, films, objets, affiches) ayant un rapport avec les luttes sociales et les groupes révolutionnaires de 1960 à nos jours. Il s’agit de sauver ce qui a été créé par des groupes éphémères. Des rencontres sur des thèmes précis sont organisées : les radios pirates en juillet 2013, le cinéma militant en novembre 2013, les bidonvilles en mars 2014. On peut aider ce projet en donnant des documents, fournir une aide matérielle ou proposer un groupe de travail. Adresse : Maison ouverte, 17, rue Hoche, 93100 Montreuil. Une permanence s’y tient le premier lundi de chaque mois de 19 heures à 21 h 30. Réalisée par Felip Equy pour le Centre international de recherche sur l’anarchisme (CIRA) de Marseille, la Bibliographie anarchiste 2013, vingt-quatrième opus de ce genre (précédents depuis 1994), nous apporte de multiples informations sur l’édition libertaire de cette année. 370 livres ont été recensés (278 essais et documents, 92 fictions), score assez semblable à celui de 2012. Les ouvrages parus à l’occasion du centième anniversaire de la naissance d’Albert Camus (49 au total) ont été comptabilisés à part. Les sujets abordés sont très divers et, dans la rubrique histoire, une fois de plus l’Espagne et sa révolution ainsi que la Commune de Paris trustent les titres (dix-huit et neuf, respectivement). Trois livres de vulgarisation ont été édités, ce qui semble montrer l’intérêt du grand public pour l’anarchisme. L’étude dresse aussi le panorama des auteurs classiques, des penseurs contemporains, des artistes et des écrivains. Les Editions libertaires (avec quinze titres) ont le plus produit, suivies par Libertalia (onze), l’Atelier de création libertaire et L’Echappée (neuf). Deux nouveaux venus sont à saluer : Nada et Noir et Rouge, qui démarre fort avec six ouvrages. Par ailleurs, le CIRA annonce la parution prochaine de son calendrier 2015 consacré aux « personnalités de sensibilité libertaire » dans la bande dessinée (avec Tardi, Bilal, Golo, Les Croquignard…). Le prix de l’exemplaire est de 5 euros, 20 euros pour cinq exemplaires (frais de port : 1,55 euro pour un exemplaire, 3,30 euros pour cinq). Vous pouvez envoyer votre chèque au CIRA, 50, rue Consolat, 13001 Marseille (il sera encaissé après l’envoi). Le CIRA Lausanne a, pour sa part, mis en ligne son bulletin n° 70 (été 2014). Au sommaire : rapport d’activités 2013, conseils pratiques pour les bibliothèques militantes en cas de sinistre, hommages à des compagnes et compagnons disparus, biographies, liste des livres et brochures catalogués. Adresse : CIRA, avenue de Beaumont 24, 1012 Lausanne, Suisse (courriel : info[at]cira.ch). La carte de lecture donne droit à la consultation, au prêt et au bulletin, elle coûte 40 francs suisses ou 40 euros par an. Le blog Liberté ouvrière offre la possibilité de lire et de télécharger les deux tomes (70 pages chacun) de la bande dessinée que François Homburger a consacré à Nestor Makhno : L'Ukraine libertaire. 1918-1921 (Les Editions libertaires - Editions du Monde libertaire). Avant de signaler son « entrée en hibernation » suite à un constat concernant l’« état de la critique des mythes monothéistes », un peu trop partagée à son goût entre « incapacité paralysante à fustiger la secte imaginée par Mahomet avec les mêmes flèches que la concurrence chrétienne » et « dérive (…) de partisans de la laïcité vers l'extrême droite », le site Atheisme.org nous gratifie de deux comptes rendus de recherche : l’un sur l’existence d’églises « marquées du sceau de la République », c’est-à-dire portant des inscriptions laïques (« République française », « Liberté, égalité, fraternité », « Propriété communale », etc.) ; l’autre sur la cartographie du « colonialisme chrétien en Amérique ». Et l’on peut bien entendu apporter sa pierre à l’édifice.

 

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