Septembre 2011

PUBLICATIONS

Jeune, on m'a dit que Paris avait été libéré par la 2e DB du général Leclerc, plus tard j'ai appris que les premiers militaires entrés dans la ville et présents dès le 24 août sur la place de l'Hôtel-de-Ville étaient des républicains espagnols enrôlés dans la 9e compagnie du 3e bataillon de marche du Tchad, commandée par le capitaine Raymond Dronne et rattachée à cette division. Mais les manuels scolaires et les films ne s'apesantissaient pas sur ce « détail ». Et pourtant… La Nueve, 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris (trad. de Serge Utgé-Royo, préf. de Jorge Semprun, postf. de Michel Roquejeoffre, Le Cherche Midi, 373 p., 18 euros) d'Evelyn Mesquida rétablit la vérité historique et honore leur souvenir. A l'origine, cette compagnie comprenait 166 hommes dont 144 Espagnols et, parmi eux, une majorité d'anarchistes. A la fin de la guerre, seuls seize Espagnols ont survécu – les généraux n'hésitant guère à sacrifier la chair à canon, surtout si celle-ci est étrangère. L'auteure s'est entretenue avec neuf d'entre eux dont les témoignages nous éclairent sur leurs motivations et leur vécu. Il s'agissait pour eux de sortir des camps de concentration – dénomination de l'époque – français, de continuer la guerre contre le fascisme, avec l'espoir que les vainqueurs régleraient son compte à Franco. Trahis, une fois encore, en 1945 comme en 1936…
A propos d'un autre combattant espagnol, les éditions Le Coquelicot (BP 74078, 31029 Toulouse Cedex 4) annoncent la publication prochaine des Mémoires de Cipriano Mera, Guerre, exil et prison d'un anarcho-syndicaliste (près de 300 p.) et lancent une souscription jusqu'au 15 octobre (18 euros – 22 euros à parution –, bon de souscription à télécharger sur le site). Militant de la CNT en prison le 18 juillet 1936, il est libéré par ses camarades et s'engage dans les milices confédérales. Malgré son aversion pour les galons, acceptant difficilement la militarisation des milices, Mera finira par commander le IVe Corps d'armée avec le grade de lieutenant-colonel et vaincra les troupes italiennes envoyées par Mussolini à l'issue de la bataille de Guadalajara. Il s'opposera également au coup d'Etat tenté par les communistes à Madrid. En 1941, les autorités françaises l'expulsent vers l'Espagne où, échappant à la peine de mort, il demeure emprisonné six ans. Rejoignant la France, il reprend son métier d'origine, maçon, et meurt le 24 octobre 1975. Des camps de concentration pour les républicains espagnols aux centres de rétention pour sans-papiers, il y a bien des années de décalage mais assez peu de différences. Réfugiés économiques et/ou politiques, ils sont privés de liberté et on monnaye leur existence selon les besoins du capitalisme. Recueil de tracts, d'articles, d'affiches et de lettres, Les Indésirables. I. Lecce (Italie) (Mutines séditions, 215 p., 8 euros) relatent le combat d'un groupe d'anarchistes italiens contre le centre Regina Pacis de San Foca – géré par Mgr Ruppi, archevêque de Lecce – et la répression qui s'ensuivit. Il a été fermé après cinq années (2001-2005) d'une lutte exemplaire basée sur l'autonomie (contre les partis et les regroupements démocratiques), la radicalité (pas d'humanisation mais destruction des centres), l'action directe, la « responsabilisation » des éléments actifs de ce « crime contre l'humanité », « sans jamais perdre de vue le nœud qui existe entre rétention, guerre permanente et militarisation de la société ». L'Etat leur fera payer cher la note, accusés d'« association subversive à finalité de renverser l'ordre démocratique », cinq seront incarcérés en 2005 et une quinzaine mis en examen ; en décembre 2010, en appel, les peines s'échelonneront d'un à cinq ans et quatre mois de prison ferme. Nous sommes tous en liberté (très) surveillée, confirme le sociologue et philosophe Wolfgang Sofsky qui, après L'Organisation de la terreur, étude sur la structure et les « règles » de fonctionnement des camps de concentration nazis, a commis Le Citoyen de verre. Entre surveillance et exhibition (trad. d'Olivier Mannoni, L'Herne, 172 p., 13,50 euros). Avec cet ouvrage, il nous met en garde sur les traces que nous laissons sans même nous en rendre compte. Nous sommes ainsi en permanence contrôlés, filmés (dans la rue et les transports, au travail…), enregistrés (factures de carte bancaire, de péage, virements), détectés, scannés, pistés (avec nos cartes de transport), épiés (par les mouchards d'ordinateur et les multiples cookies). Et bien souvent, c'est volontairement que nous livrons nos goûts et désirs par le biais des cartes de fidélité et des réseaux sociaux. Le droit à l'oubli n'existe plus avec le stockage des données… Tout cela n'est pas tant œuvre de dictature que de démocratie ; tout régime qui a abandonné la violence se doit d'observer les actes et guider les réflexions, sa survie l'exige. Sofsky nous alerte – « Celui qui croit qu'il n'a rien à cacher a déjà renoncé à sa liberté » – et nous incite à réagir. Jean-Marc Raynaud, lui, a récidivé – c'est un compulsif ! –, après la librairie du Monde libertaire et l'île d'Oléron (lire bibliographie), voilà Meurtres exquis à la Libre Pensée (Les Editions libertaires, 88 p., 10 euros). Entre autodérision et nombrilisme, il nous plonge dans le milieu anticlérical et en profite pour le faire mieux connaître. C'est souvent drôle, quelque peu outré à la façon des farces du Moyen Age, et l'on se régale à reconnaître au passage tel ou tel militant, bien aidé en cela par les très réussies caricatures de Jean-Charles Vincent. L'intrigue ? Quatre macchabées – un drôle de « penseur libre » américain, un imam, un rabbin… et un cochon –, la police enquête et surtout nos trois compères : Ted Chaucre, Denis Saint et Ed Merlieux. Tout cela, heureusement, est bien éloigné du politiquement correct. Avec 35 ans de corrections sans mauvais traitements (Acratie, 165 p., 12 euros), Vanina nous emmène dans le monde étrange de ceux (et surtout celles) qui exercent le métier de corriger/réviser dans la presse ou l'édition les différents textes à publier (exactitude des informations, orthographe, style, respect d'une charte typographique, etc.). Etrange, car souvent proche de l'obsession. L'auteure, qui a bien bourlingué, nous fait part de ses expériences (on s'amusera à retrouver sous les noms d'emprunt les véritables titres) et de l'évolution du métier. Le secteur s'est plus restructué et modernisé durant ces quatre décennies qu'au cours des siècles précédents, avec la volonté patronale de casser les statuts pour abaisser les rémunérations, le tout s'accompagnant de la dégradation des conditions de travail. Le contrôle de l'embauche par le syndicat des correcteurs CGT, comme pour tous les ouvriers du Livre, a longtemps permis de protéger les salariés – même si cela comportait une dose de cogestion et de contrôle politique. Aujourd'hui, cet acquis se réduit comme peau de chagrin dans les derniers soubresauts de la presse. Vanina porte ainsi témoignage de l'éclatement et de la division fratricide des différentes corporations et syndicats CGT, pour le plus grand profit du patronat. Crise de la presse écrite, concentration, nouveaux médias, dans L'Explosion du journalisme (« Des médias de masse à la masse des médias », Galilée, 154 p., 18 euros), Ignacio Ramonet, l'ancien directeur du Monde diplomatique, effectue avec honnêteté et lucidité l'« autopsie » du « corps du délit ». Certes, il y a eu une révolution de l'information avec Internet qui a créé une nouvelle logique de la communication mettant en péril les médias traditionnels et leur monopole. Mais ceux-ci ne sont pas moins responsables de leur situation : baisse de crédibilité (du fait des nombreuses liaisons politico-médiatiques, des bidonnages, de la propagande idéologique…), absence de pluralisme, disparition de leur rôle de contre-pouvoir, recherche forcenée de la rentabilité (impliquant le pressurage des journalistes, l'absence de vérification des informations, la fin des reportages…), les « fausses solutions » (urgence, brièveté, simplicité, frivolité), etc. Après le constat, puis l'analyse du phénomène WikiLeaks et des quelques réussites du secteur, l'auteur tente de répondre à deux questions essentielles : « Vers quel modèle de rentabilité ? » et « Les journaux vont-ils survivre ? ». Signalons pour finir la réédition par Entremonde de Marx théoricien de l'anarchisme (60 p., 7 euros) dans lequel Maximilien Rubel avance que les marxistes ont trahi Marx, par ignorance tout d'abord puis par volonté d'instaurer une idéologie de domination. L'auteur développe ainsi les arguments qui prouvent selon lui qu'il fut « le premier à jeter les bases rationnelles de l'utopie anarchiste et à en définir un projet de réalisation » ayant pour but la disparition du capital et de l'Etat. Les Editions du Sextant ont, quant à elles, republié La Grande Révolution (1789-1793) (préf. de Pierre Sommermeyer, 544 p., 26 euros) de Pierre Kropotkine, avec pour sous-titre « Une lecture originale de la Révolution française ». Ecrit en 1909, l'ouvrage donne en effet sa vision de l'événement et souligne particulièrement l'action révolutionnaire du peuple des campagnes et des villes, par rapport aux ambiguïtés, aux lâchetés et aux peurs des bourgeois et des intellectuels un temps dépassés par les soulèvements populaires et les idées, sinon communistes, du moins communalistes. Mais l'auteur insiste aussi sur la « conscience de classe » de la bourgeoisie et le rôle funeste de l'Etat pour contrôler l'élan révolutionnaire, avant de l'annihiler : « Tandis que la bourgeoisie marchait d'un pied ferme et décidé à la constitution de son pouvoir politique dans un Etat qu'elle cherchait à modeler à ses intentions, le peuple hésitait. » On sait ce qu'il en est advenu…

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Toulouse, 5 septembre. La CNT et SUD organisent, à partir de 18 heures, une réunion-débat avec Jose Luis, militant libertaire espagnol qui a participé au « mouvement des indignés », dans les locaux de SUD, 52, rue Jacques-Babinet (M° Mirail-Université), 2e étage. La soirée se poursuivra par une auberge espagnole dans les locaux de la CNT 31, 18, avenue de la Gloire, à partir de 20 h 30/21 heures.

Marseille, 10 septembre. Causerie animée par Pierre Jouventin, directeur de recherche au CNRS, sur le thème « Les droits des animaux s'opposent-ils à ceux de l'homme ? ». A 17 heures, au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel : cira.marseille(at)free.fr - site Internet.

Millau, 12 septembre. Dans le cadre de la tournée en France d'objectrices et objecteurs israéliens opposé-e-s à l'occupation de la Palestine, organisée par le Collectif tarnais de réflexion et d'opposition à la militarisation de la société (COT), rencontre-débat avec Idan Halilili, Sahar Vardi et Shaul Mograbi-Berger. A 20 h 30, salle du CREA dite René-Rieu (chapelle du CREA).

Toulouse, 17 septembre. Les trans-pédé-bi-gouines du collectif Insurrection du désir vous invitent à assister à la projection-débat du documentaire La Révolution du désir (2007) consacré aux mouvements homosexuels révolutionnaires des années 1970. Au bar Le Communard, 14, place Arnaud-Bernard. Contact : insurrectiondudesir(at)riseup.org

Montpellier, 19 septembre. Au cinéma Diagonal, projection à 20 heures du film Le Courage de refuser, suivi d'un débat avec Idan Halilili, Sahar Vardi et Shaul Mograbi-Berger, objectrices et objecteur israéliens opposé-e-s à l'occupation de la Palestine. Plus d'infos sur le site du COT.

Marseille, 21 septembre. Débat à 20 h 30 avec les mêmes personnes au Mille Babords, 61, rue Consolat, Marseille 1er.

Lyon, 22 septembre. Débat avec les mêmes personnes, de 19 h 30 à 22 h 30, MJC Saint-Just, Lyon 5e.

Strasbourg, 22 septembre. Les syndicats CNT organisent à 20 heures une conférence-débat « Autogestion : utopies et réalités » avec Alain Bihr (sociologue), Georges Federman (psychiatre) et Jean-Luc Nancy (philosophe) au Molodoï, 19, rue du Ban-de-la-Roche. Entrée libre, petite restauration (vegan) et tables de presses. Site Internet.

Toulouse, 22 septembre. Réunion-débat « Dix ans après AZF, risque industriel pour qui, pour quoi ? », avec Jean-Pierre Levaray, auteur de Putain d'usine (L'insomniaque), organisée par le groupe Albert-Camus de la Coordination des groupes anarchistes (CGA). Salle Ossète-Duratti, 6, rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier (M° Capitole). Adresse postale : 36, rue de Cugnaux, 31300 Toulouse - Site Internet.

Bordeaux, 23 septembre. Projection-débat en soutien aux squatteurs et squatteuses du village Konkret (Périgueux) à partir de 19 h 30, Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), 23 septembre. L'UL CNT Chelles et MLV organise à 19 h 30 un débat « Comment lutter contre le chômage et la précarité » au Victoria Bar, 9, bd Foch (sous le Pôle emploi), avec plusieurs intervenants. Permanence de l'UL, tous les mercredis de 18 heures à 20 heures, au 1 bis, rue Emilie, Chelles. Tél. : 06-59-36-41-02 – courriel : ul.chelles.mlv(at)cnt-f.org

Paris, 24 septembre. (Indiqué initialement, par erreur, au 1er octobre.) A 16 h 30, « Génocides et postcolonialisme : une mise au point concernant le Rwanda », suivie d'un débat animé par Aya Cissoko et Jean-Manuel Traimond. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot (M° Oberkampf, Filles-du-Calvaire, République). Site Internet.

Paris, 27 septembre. Rencontre-débat à 20 h 30 avec Idan Halilili, Sahar Vardi et Shaul Mograbi-Berger, objectrices et objecteurs israéliens opposé-e-s à l'occupation de la Palestine, au Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e.

Paris, 29 septembre. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 la projection film Bricoleurs de paradis, suivie d'une discussion avec le réalisateur Rémy Ricordeau et Bruno Montpied, auteur du livre Eloge des jardins anarchiques (L'Insomniaque). Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Courriel : quilombo(at)globenet.org - site Internet.

Troyes, 30 septembre. Conférence-débat à l'UP3 : « Mort à la démocratie », avec Léon de Mattis, auteur d'un ouvrage sur ce thème. A la Ligue de l'enseignement de l'Aube, 8, rue de la Mission. Entrée libre. Courriel : up.troyes(at)orange.fr

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Fête du livre CNT. Les éditions CNT-RP organisent le 17 septembre, à partir de 13 heures, une fête du livre (neuf et d'occasion) au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval).

 

 

 

Soirée Léo Ferré. Le Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA) du Limousin organise, avec le soutien du groupe libertaire Le Cri du peuple, une conférence avec chansons de Colette Brogniard à propos de Léo Ferré. Celle-ci, qui l'a accompagné sur certaines de ses tournées, est l'auteure du livre Léo Ferré. Vienne le temps… (La Mémoire et la Mer) sur son univers de création artistique. Mercredi 21 septembre, à 20 h 30, auditorium de la BFM de Limoges, 2, place Aimé-Césaire. PAF : 5 euros. Réservation : cira.limousin(at)free.fr

Colloque Max Stirner. La Société Max-Stirner et Sciences Po Nancy, en coopération avec le Goethe Institut de Nancy, organisent un symposium sur « Stirner et la France » le 24 septembre, de 9 heures à 18 heures, salle Vienne, 94, avenue du Maréchal-de-Lattre-de-
Tassigny, à Nancy. Au programme, notamment : « Rousseau-Stirner, aller et retour », par Tanguy L'Aminot ; « Le phalanstère des égoïstes. Une lecture de Stirner avec Charles Fourier », par Maurice Schuhmann ; « Max Stirner et Han Ryner », par Gérard Lecha ; « Questions posées par la philosophie de Stirner à la sociologie française : (in)actualité de Georges Palante », par Philippe Corcuff ; « La réception de Stirner dans l'existentialisme français (A. Camus...) », par Arno Münster ; « Individualisme ou individuation ? Dialogue fictif entre Stirner et Sartre sur la tolérance », par Till R. Kuhnle ; « Se désaliéner en se donnant son propre “moi” – de Stirner à Artaud », par Alain Naze ; « L'éthique de “L'Unique” », par Elsa Roques. Chaque intervention est suivie d'une discussion et d'une pause. Programme complet à télécharger (PDF, 284 Ko). Une exposition sur « Max Stirner – sa vie, son œuvre et sa réception » aura lieu sur le campus parallèlement au symposium. Renseignements : Mauriceschuhmann(at)aol.com ou sur le site de la Société Max-Stirner.

Journées portes ouvertes. Les Tanneries de Dijon, espace autogéré, organisent les 23, 24 et 25 septembre trois jours « de graff, projections, concerts, discussions, expos, repas, danses et mouvements pour [nous] découvrir, soutenir les espaces autogérés, croiser les luttes, fêter treize ans de résistances et de turbulences, pour se donner des forces pour la suite, avec ceux et celles qui ont forgé l'histoire du lieu, celles et ceux qui la prennent en route. Trois jours pour signifier que l'aventure continue, que l'on ne déménagera pas sans conserver un espace stable et autonome, et que tout cela dépendra toujours de notre force collective ! » Espace autogéré, 17, boulevard Chicago (bus n° 12, arrêt Chicago). Programme complet et infos sur le site Internet.

Salon du livre anarchiste de Merlieux. Le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste organise son sixième Salon du livre anarchiste - Forum social libertaire le dimanche 25 septembre. Remise du prix Ni Dieu ni maître 2011, repas des anars et soirée musicale la veille, samedi 24 au soir, avec Fred Alpi, Les Frères Lumières… Rencontre avec des auteurs, dessinateurs et éditeurs. Débats en vrac : « Il n'y a pas d'alternative… à la révolution », « Botul et l'anarchie », « L'anarchisme, idées reçues », « Le délit d'outrage », etc. Ateliers, stands, expositions, intermèdes musicaux agrémenteront la journée. Il y aura à boire et à manger, et la possibilité d'hébergement dans le village (sur réservation au 03-23-80-17-09). Informations complémentaires sur le site du groupe - courriel : kropotkine02(at)no-log.org

Journées Gaston Couté. Elles se tiendront à Meung-sur-Loire (Loiret) les 24, 25 et 29 septembre et prendront cette année un caractère particulier à l'occasion du 100e anniversaire de la mort du poète beauceron (lire biographie). A l'affiche : visite du musée qui lui est consacré et de l'exposition « Les cigaliers du Mont-Martroy » ; spectacles de poésies et de chansons (« L'illustre cabaret de la Mal Tournée », « Disons Couté ! », « Sur la grand' route ») ; projection de « Bernard ni Dieu ni chaussettes » en présence du réalisateur et de Bernard Gainier. Informations pratiques et programme complet à télécharger (pdf 1,8 Mo). Site Internet.

Rencontres Louis Lecoin. L'association des Amis de Louis Lecoin et l'Union pacifiste (UPF) organisent une série de manifestations en l'honneur du militant anarchiste et pacifiste (1888-1971, lire biographie) à Saint-Amand-Montron, sa ville natale. En 1962, à 74 ans, il poursuivit pendant vingt-deux jours une grève de la faim et obtint un texte gouvernemental reconnaissant la légalité de l'objection de conscience… Une exposition, « Louis Lecoin, une œuvre de paix », se tiendra jusqu'au 15 octobre au musée Saint-Vic, cours Manuel (ouverture de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, tous les jours, sauf samedis et dimanches, de 14 heures à 18 heures, fermeture le mardi). Conférence le 28 septembre, à 17 heures, salle des fêtes de la place Carrée, à propos de la fabrication de son buste en 1991, de son enfance et de ses combats. Projection du film Le Cours d'une vie le 30 septembre à 20 h 30, salle des fêtes, et débat avec la salle. Colloque « Créateurs de paix » le 1er octobre, au même endroit, de 14 h 30 à 17 h 30, avec Josette Pratte (compagne de Bernard Clavel), Alain Rafesthain (Citoyens du monde), Bernard Ginisty, Claude Pourcel (Amis de Louis Lecoin), Joël Frison (Mouvement de la paix), Maurice Montet (UPF), Jacques Le Puil (espéranto), etc. Concert à 21 heures, avec Cath' de La Borne, Francis Bayonne (accordéon), Jean-luc Lepresle (contrebasse), participation aux frais : 10 euros. L'ouvrage Louis Lecoin, homme de paix, publié à cette occasion, sera disponible (6 euros + port) durant ces deux jours.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (septembre). Suite au récital Brassens devant la préfecture de police de Paris (« Hécatombe », 18 juin, lire précédent « En vrac »), deux chanteurs, Michel et Jean-Paul, étaient convoqués au palais dit de justice le 30 août à 9 heures. Hélas, la représentation, malgré la présence des deux « vedettes » et de spectateurs, n'eut pas lieu faute… de magistrat, des deux gendarmes en cause et des avocats ! La magistrate de remplacement, ne connaissant pas le dossier, renvoya l'affaire au 13 décembre, même lieu, même heure. Pas sérieux tout cela, travail d'amateurs ! Quoi qu'il en soit, venez nombreux assister à la prochaine séance. La souscription de soutien se poursuit : chèques à l'ordre de ANARS, à envoyer (avec la mention au dos « Soutien à Michel et Jean-Paul ») à Groupe Kropotkine, c/o Athénée libertaire, 8, rue de Fouquerolles, 02000 Merlieux-et-Fouquerolles. Site du groupe. Le Collectif anarchiste de traduction et de scannérisation (CATS) de Caen a bien travaillé au mois de juillet et annonce la mise en ligne de neuf nouvelles traductions, librement téléchargables sur leur site. Il s'agit entre autres de : « L'anarchisme en Pologne (1903-1981) » (un court texte en attendant la traduction d'un autre plus étoffé), « L'anarchisme au Chili » (des origines jusqu'à la fin des années 1960), « L'anarchisme au Salvador » (des origines jusqu'aux années 2000), « La dictature de Gomez et la lutte clandestine des travailleurs vénézuéliens » (entre 1908 et 1935), « Les exécutions de Trofimovsky, Panteleev et Gneuchev : Trotski impose la discipline dans l'Armée rouge », « Soviets et comités d'usines pendant la révolution russe », « 1943-1945 : les partisans anarchistes dans la Résistance italienne », etc. D'autres traductions devraient suivre durant le mois de septembre. Le début août a été très chaud dans certaines villes de Grande-Bretagne avec quatre nuits d'émeutes qui n'avaient rien à voir, selon les politiciens de tous bords, avec la situation économique, la misère, la crise et les coupes budgétaires. Ce qui, en définitive, se traduisit surtout par une guerre des pauvres contre les pauvres, est analysé dans une perspective libertaire par Aidan, Andrew et Dermot du Workers Solidarity Movement (WSM). On peut trouver une traduction de ce texte en français sur Anarkismo.net. Ces événements ont également donné l'occasion à la police antiterroriste anglaise de lancer une chasse aux anarchistes. Que faire si vous découvrez que votre voisin est anarchiste ? Le dénoncer immédiatement aux autorités, bien évidemment. Selon la note en question, révélée par le Guardian (article en anglais) du 31 juillet : « L'anarchisme est une philosophie politique qui voit l'Etat comme indésirable et nuisible, et promeut une société sans Etat. Toute information sur les anarchistes doit être fournie à la police. » Le site Increvables Anarchistes a fait peau neuve et offre une belle collection d'affiches (de la Commune à nos jours), d'autocollants et de vignettes classés par thème ; un album photos fourni – avec des commentaires explicatifs ; un lexique et plus de deux cents articles (organisés par mot-clé et par période)… La nouvelle présentation est plus épurée, plus moderne et, même si le site est encore en période de rodage, c'est une incontestable réussite qui donne accès à une riche iconographie (plus de mille deux cents photographies). L'Association pour l'art et l'expression libres (AAEL, site Internet) décernera, le 8 septembre, le Prix attribué pour obéissance notoire (Papon) à un préfet de la République « qui, sur directives gouvernementales, a procédé au plus grand nombre d'expulsions de sans-papiers ». Et précise qu'« il ne s'agit évidemment pas de faire des assimilations abusives avec des événements passés mais de clairement “tirer la sonnette d'alarme”, une fois encore, sur des pratiques scandaleuses dont on sait à quoi elles peuvent conduire. Le gouvernement a, ces dernières années, engagé une chasse sans merci contre des hommes, femmes et enfants… Ainsi il n'est pas de jour sans que l'on n'arrête dans la rue, l'on piège aux guichets des préfectures, l'on sépare des familles, l'on détruise des vies et des avenirs en enfermant, jugeant, embarquant, souvent manu militari, dans des bateaux des avions… » La cérémonie se déroulera, comme il se doit, au monument de la Résistance de Toulouse. Rendez-vous à 18 h 30, allées Frédéric-Mistral. Nous ne pouvons que nous associer à des initiatives de ce genre destinées à récompenser les plus méritants…

Méfaits de la religion. Nadia El Fani, cinéaste, est menacée de mort – entre autres sur Facebook – par des islamistes parce qu'elle est athée et qu'elle a réalisé un documentaire (Ni Allah ni maître) où elle discute de la place de la religion dans la société avec des Tunisiens de la rue. Elle dénonce l'« hypocrisie sociale » qui règne dans ce pays, où « une majorité des gens ne font pas ramadan mais se cachent ». Elle souhaiterait que la religion soit une affaire privée et déplore que l'article 1 de la Constitution de son pays affirme que la « religion est l'islam ». C'était avant le renversement de Ben Ali, mais les choses changeront-elles vraiment ? Rue 89 lui a consacré un article et on peut lire son interview sur le site de Ni putes ni soumises. Aux Philippines, c'est un artiste contemporain qui a subi les foudres de la censure. Mideo Cruz avait en effet osé représenté un Christ en croix avec un pénis de bois à la place du nez et un autre affublé d'un nez de clown et d'oreilles de Mickey, œuvres destinées à « parler de l'idolâtrie » et de la « déconstruction des néodivinités ». Dans un pays dirigé pendant quatre siècles par l'Espagne et des prêtres catholiques réactionnaires et où 85 % des habitants sont chrétiens, cela ne… pardonne pas. Le centre culturel de Manille qui accueillait l'exposition a dû l'annuler après l'intervention des plus hautes autorités de l'Etat (lire Le Monde, 14 août).

Adieu J.-P. Jean-Pierre Jacquinot est né le 23 juin 1938 au Havre (Seine-Maritime), où il a toujours vécu. Après une scolarité primaire, il est tout d'abord marin de commerce de 1956 à 1961, puis docker sur le port du Havre de 1961 à 1993. Il fut syndiqué à la Confédération générale du travail (CGT) à partir de 1956, puis à la Condédération nationale du travail (CNT) à partir de 2001. Suite à sa rencontre avec Louis Lecoin (lire biographie) et Maurice Laisant (lire biographie) dans les années 1960, il adhère à la Fédération anarchiste (FA) qu'il quittera en 1978 et participe à la création du groupe Jules-Durand. Après son départ de la FA, il est de ceux qui recrée Le Libertaire dont il est le responsable d'édition de mai 1978 à novembre 2005 – actuellement disponible en version électronique, site Internet. Il est décédé, ironie de l'histoire ou dernière plaisanterie pour un antimilitariste, le 14 juillet 2011. Communiqué de la CNT 76 : « Notre camarade est mort aujourd'hui. Ancien militant de la Fédération anarchiste, militant à l'Union des anarchistes puis à la Coordination anarchiste, il s'occupait de la popote du Libertaire, journal de synthèse anarchiste. Jean-Pierre se définissait comme individualiste sur le plan de la philosophie, anarcho-syndicaliste sur le plan de l'organisation et communiste libertaire dans la finalité. Docker retraité, il avait décidé de donner un coup de main à la CNT et s'y était investi comme conseiller du salarié. Toujours fidèle au syndicat des dockers, il militait cependant à la CNT du Havre où il nous avisait de ses conseils éclairés. De la défense de l'Espagne avec Lecoin en passant par ses combats contre l'OAS, il participa aux événements de 1968, accueillit les dockers de Liverpool à Franklin et soutint les “filles d'Auchan”. Récemment il nous avait aidé à organiser malgré sa santé fragile l'anti-G8 au Havre en mai dernier. Détenteur d'un certificat d'étude, Jean-Pierre était pourtant un érudit, doué d'une mémoire phénoménale. Tes anecdotes nous manqueront. »

PÉRIODIQUES

Au mois d'avril, nous annoncions la sortie du dernier Gavroche (n° 166, avril-juin, 52 p., lire note) sans savoir que ce numéro serait effectivement le dernier. Une note de la directrice de la publication signalait bien qu'« en raison de problème de santé, le temps est venu pour nous de passer la main, de clore cette belle aventure. Nous souhaitons voir se présenter une relève… » Hélas, il semble que cela ne fut pas possible et, au mois d'août, l'arrêt de publication devint officiel. La disparition de cette « revue d'histoire populaire » à nulle autre pareille, après trente années d'existence, ne peut susciter que le regret. Est-il nécessaire de rappeler la qualité de ses études et la richesse de son iconographie ? Que tous ceux qui y ont contribué en soient ici remerciés. Anarchosyndicalisme ! (n° 124, été, 20 p., 2 euros, à télécharger sur site) annonce fort justement en « une » que « La France des “assistés”, c'est celle des exploiteurs ! », singeant ainsi – une fois n'est pas coutume – Le Figaro. Mais c'est pour mieux démonter les arguments de celui-ci et d'une certaine presse (bien « assistée », elle aussi, par des industriels de l'armement ou par des fonds publics). A noter également un dossier sur les « Assemblées populaires en débat », et en particulier sur le mouvement espagnol des Indignés, intéressant mais quelque peu dithyrambique. Manque en effet la critique de l'assembléisme, des possibilités de manipulation et de prise en main par des éléments organisés, de son caractère certes spontané mais aussi éphémère. Creuse-Citron (n° 29, août-octobre, 20 p., prix libre, à télécharger sur site), le journal de la Creuse libertaire, livre l'interview d'un ingénieur dans le domaine de la radioprotection qui ne mâche pas ses mots et aborde le problème du nucléaire aussi bien à un niveau global (rôle des experts, constat que la technique tend à gommer le champ politique, filialisation des mines avec risque de privatisation, etc.) que plus régional (Limousin) : extraction d'uranium, enfouissement des déchets, impact environnemental et sanitaire… Un bilan de la 4e édition du festival de films documentaires Bobines rebelles lui donne l'occasion de publier une lettre ouverte de Peter Watkins sur la crise des médias et la critique de la « monoforme » (utilisation de certaines techniques cinématographiques créant une « relation hiérarchique et manipulatrice avec le public »), et des éléments de réponse apportés par les organisateurs. Le dossier d'été d'Alternative libertaire (n° 208, juillet-août, 3 euros, 32 p., site) consacré à « Racismes, religions, mouvements sociaux… » pose la question du positionnement des révolutionnaires et des libertaires lorsque le gouvernement se livre, sous le masque de la défense de la laïcité, à une surenchère islamophobe, comment développer une critique de la religion (de toutes les religions) sans être taxé d'islamophobe, donc de raciste, comment ne pas s'autocensurer et lutter contre une certaine complaisance gauchiste envers la « religion des dominés et des exploités ». « Ni racisme déguisé, ni renoncement à la critique : il faut tenir la barre de la lutte contre le racisme et contre l'oppression religieuse, sans faire le jeu de l'un contre l'autre. » Bonne façon de remettre les pendules à l'heure. A contretemps (n° 41, septembre, 32 p., « pas de prix, juste des frais », site), outre une revue des livres et des revues, un article à propos de quelques publications récentes sur l'anarchisme espagnol, nous livre un texte passionnant de Daniel Colson, « Eclectisme et dimension autodidacte de l'anarchisme ouvrier ». L'auteur, après avoir délimité son sujet d'étude et évoqué diverses pratiques culturelles propres à celui-ci, en s'appuyant sur l'étude de trois brochures écrites par Victor Griffuelhes (L'Action syndicaliste, Le Syndicalisme révolutionnaire) et Emile Pouget (L'Action directe), dégage les concepts-clés de cet anarchisme ouvrier (ou syndicalisme révolutionnaire) : force, conscience (pensée), valeur (sociale, humaine, de soi), effort, volonté. Les définissant et analysant leurs interactions, il établit également leurs liens avec les pensées proudhonienne et nietzschéenne. A contretemps nous offre ainsi un texte d'une belle teneur intellectuelle qui, sans cela, nous aurait certainement échappé (publication initiale en 2010 dans les actes d'un colloque universitaire)

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