Septembre 2010

PUBLICATIONS

Commençons par deux ouvrages destinés aux débutants, à ceux qui veulent se documenter sur l'anarchisme… et que toute personne lira avec profit. L'Anarchisme (Le Cavalier bleu, 128 p., 9,80 euros) de Philippe Pelletier, paru dans la collection Idées reçues, passe en revue les a priori que l'on peut avoir sur le sujet et y répond. « L'anarchie, c'est le chaos », les anarchistes « aiment détruire », tous des terroristes, des nihilistes, des fous, des gauchistes (au choix !), ils « sont jeunes, ça leur passera », « il n'y a pas de programme », j'en passe et des meilleurs… Et réussit à faire le tour de la question en à peine plus de cent pages. Bravo l'artiste ! C'est un sprint à chaque chapitre, mais tout est dit et bien dit. Les dernières pages sont, bien sûr, une invitation à « aller plus loin » (livres, revues, sur la Toile). Et pourquoi pas à cet Abécédaire de la pensée anarchiste (Abécédaire Editions, Bordeaux, 260 p., 16 euros), de Jipépak. Ce premier tome d'une série que l'on espère longue (un deuxième volume est déjà annoncé) « donne la parole aux anarchistes » et reproduit des extraits de textes, sagement rangés de A comme acte/action à C comme christianisme, en passant par argent/richesse, avenir/passé/présent, bourgeois/bourgeoisie, chef/patron… Et, comme auteur(e)s, que du beau monde : hommes et femmes, anciens et actuels, illustres et moins connus, de multiples nationalités et de presque tous les continents. On peut être surpris par la présence de certains – Serge Netchaiev, Anton Pannekoek, Paul Lafargue – qui s'avouèrent peu anarchistes et ne pratiquèrent guère. Certes, les deux derniers, par leurs écrits, ont en partie contribué à enrichir la culture libertaire… Des références bibliographiques précises et de brèves notices biographiques complètent cet excellent recueil de courts écrits. A savourer, en piochant çà et là. Miguel Giménez Igualada (1888-1973) fut l'un des plus brillants représentants de l'anarchisme individualiste espagnol, que l'on pourrait situer entre Max Stirner et Han Ryner. Ayant connu une jeunesse agitée et illégaliste en Uruguay, il fait ensuite le choix de la non-violence et du pacifisme. Pendant la révolution, il est directeur du Théâtre populaire de Barcelone et anime la revue culturelle Nosotros de la Fédération anarchiste ibérique (FAI) de Valence. Dans Anarchisme. (L'Harmattan, coll. Mouvements des savoirs, 229 p., 21,50 euros), le seul de ses nombreux écrits traduit en français, il développe ses conceptions. Pour lui, l'anarchisme est avant tout « une conduite », « une éthique rigoureuse et une morale aimante » plutôt qu'un projet de société. Il se méfie d'ailleurs de toute doctrine extérieure, de tout dogmatisme abstrait, qu'il faut nécessairement passer au crible de la pensée critique si l'on ne veut pas demeurer « un croyant ». Qu'est-ce que l'humanité ? Un ensemble d'uniques. La révolution ? Equilibre intérieur, connaissance de soi, la révolution est dans l'homme… Si cette recherche continuelle d'« harmonie » doit être célébrée, elle laisse cependant insatisfait : faudra-t-il attendre que tous les humains soient anarchistes pour espérer un changement social ? Saluons par ailleurs le travail de Guillaume Demange, traducteur et préfacier de cet ouvrage, qui nous permet de partager le style poétique et lyrique – au service d'une démonstration rigoureuse – de ce philosophe trop peu connu. Une autobiographie ensuite, celle de Ghjuvan Petru Graziani, Corse libertaire. Chroniques (Cismonte è Pumonti, 139 p., 12 euros), l'itinéraire d'un petit Corse à Toulon dans les années 1950, les oncles militaires pour la France, la Régie Renault à Boulogne-Billancourt, Mai 68, le Groupe anarchiste Renault en 1970, le syndicalisme, le Larzac, les amours, la création de la maison de disques Vendémiaire et l'enregistrement de traces de culture populaire, le FLNC première manière, la fondation de la maison d'édition Cismonte è Pumonti pour publier en langue corse, l'installation dans l'île comme un retour à la source… L'auteur se livre avec pudeur, comme à regret, lâchant des bouts de vie et des anecdotes. L'important est de vivre le jour même car « chaque jour est une vie » (Sénèque), et la rencontre de femmes et d'hommes debout : le (grand-)Père, des compagnons de travail et de lutte, des musiciens, des militants de toutes nationalités, des amis… Un beau voyage en fin de compte ! Né à Issoudun en 1911, Pierre-Valentin Berthier a été insoumis. La découverte d'E. Armand l'oriente vers l'anarchisme individualiste. Journaliste et correcteur dans différents titres de presse, il a aussi écrit dans divers périodiques libertaires et publié de nombreux ouvrages (lire bibliographie complète), dont plusieurs sur la langue française en collaboration avec Jean-Pierre Colignon. En 1980, il a fait paraître le premier des cinq recueils de poésie constituant La Passion de l'Olympe ; La Chair et la Flamme (L'Insomniaque, 144 p., 10 euros), dédié à sa compagne Suzanne Detaille (1915-2007), sorti en juin dernier, est le cinquième et dernier. Plus de quatre-vingt-dix pour cent du trafic mondial de marchandises s'effectue sur les mers... et, sous prétexte de désengorger les voies de communication, le capitalisme veut faire de l'espace maritime son nouvel alibi écologique. Les instances de l'Union européenne présentent ainsi les « autoroutes de la mer » et les « bateaux à grande vitesse » comme les prochains outils d'un « transport écologique au service du développement durable ». Fortunes de mer. Lignes maritimes à grande vitesse : les illusions bleues d'un « capitalisme vert » (Acratie, 240 p., 12 euros), écrit par des anarchistes communistes du groupe La Mouette enragée de Boulogne-sur-Mer et des individus intéressés par la question, dénonce ces fausses solutions. En ces temps de chasse aux Roms, on peut se référer au petit ouvrage de Claire Auzias Roms, Tsiganes, Voyageurs : l'éternité et après ? (Indigène éditions, coll. Ceux qui marchent contre le vent, 32 p., 3 euros), qui a écrit plusieurs livres sur les « funambules de l'Histoire » (lire bibliographie). Dans celui-ci, elle met en lumière leurs luttes pour leur reconnaissance et leur droit à l'autodétermination, hors des tutelles paternalistes et maternalistes qui les étouffent. Un combat ancré dans des cadres politique et culturel. Certes il ne s'agit pas d'extermination, mais de reconduite à la frontière. Et pourtant, ce groupe d'êtres humains stigmatisé, ces rafles, ces bruits de bottes doivent rappeler de mauvais souvenirs à Maurice Rajsfus que l'on retrouve dans la bande dessinée Le Petit Maurice dans la tourmente (illustration de Mario et Michel D'Agostin, TartaMudo, 64 p., 14 euros). La vie d'une famille juive polonaise pendant l'Occupation et, en juillet 1942, au cours de la rafle du Vel' d'Hiv', l'arrestation et la conduite à Drancy. Les deux enfants, parce que nés en France, seront relâchés ; pas les parents. Commence alors une longue errance et une survie de tous les instants. Les Editions libertaires ont inauguré un nouveau blog et sont dorénavant diffusées par Court-Circuit. Rendez-vous donc sur l'un ou l'autre des deux sites pour connaître leurs nouvelles publications. Car, loin de s'arrêter pour souffler, elles passeraient même à la vitesse supérieure avec la sortie de trois titres en cette rentrée. Persistant dans leurs « croassements » et leurs dénonciations des religions, c'est tout d'abord Athéisme, une conviction, une attitude (80 p., 12 euros), en coédition avec les éditions du mouvement Freinet. L'ouvrage est issu des échanges entre jeunes de collège et de lycée et des membres du chantier recherche documentaire de l'Institut coopératif de l'Ecole moderne (ICEM). Qu'est-ce qu'être athée ? Choisit-on d'être athée ou croyant ? Qu'est-ce que cela implique dans la façon de vivre, de concevoir le monde, face à la mort ? Quelle est l'histoire de l'athéisme ? Quels sont les rapports entre laïcité et athéisme ? Autant de questions et de réponses… Dans Jésus, fils du Nil (208 p., 13 euros), André Guittard s'attache à dénoncer, outre les invraisemblances et l'absence inexplicable de traces ou de témoignages, la filiation hébraïque de la Bible. Pour lui, comme le titre le suggère, le « livre » trouve plutôt ses origines dans la mythologie égyptienne et, en particulier, dans la tentative des pharaons Amenhotep III (v. - 1391 à - 1353) et Amenhotep IV (v. - 1353 à - 1337) d'instaurer le culte d'un dieu unique, Aton. Il donne, parfois de façon un peu confuse, de nombreux exemples de similitudes : la vie au-delà de la mort, le traitement du corps du Christ, la Trinité égyptienne, l'existence d'une âme éternelle, le statut de la Vierge, l'enfantement par (un) dieu, les prêtresses, etc. Cet ouvrage ne peut que renforcer l'idée que la Bible est un assemblage de textes empruntés à diverses cultures, remaniés selon les intérêts du moment, contenant également de nombreuses scories, inexactitudes ou erreurs concernant des dates, des indications géographiques… Eloigné des mythologies, bien que les premiers enseignants furent des prêtres, l'ouvrage de Hugues Lenoir, Education, autogestion, éthique (préf. de Jean Le Gal, 223 p., 14 euros), analyse tout d'abord l'évolution de la figure de l'« enseigneur » : de maître (débitant la vérité révélée) à éducateur (aidant à apprendre), en passant par celui – plus libéral – qui accepte la discussion tant que l'ordre n'est pas remis en cause ; il s'agit en fait de faire « le deuil de l'autorité » mais cette rupture reste inachevée. Il aborde ensuite l'éducation libertaire (histoire, principes et buts) et les différentes « formules démocratiques » de par le monde (entretien avec Francisco Codello), avant de s'intéresser à l'inutile fracture entre formation initiale et éducation permanente. S'appuyant sur des expériences de terrain, l'auteur s'attache aussi à démontrer l'efficacité des formations coopératives et autogérées, avant d'aborder la délicate question de l'éthique et des valeurs nécessaires à la conduite de l'action éducative, en particulier en matière d'évaluation. Essentielle mais « principal frein de la transformation », lourdement chargée des valeurs de la société, celle-ci se révèle un nœud de contradictions à résoudre. Avec ce titre, Hugue Lenoir nous offre sa réflexion la plus aboutie sur le sujet. Parmi les rééditions, il faut signaler La Makhnovchtchina : l'insurrection révolutionnaire en Ukraine de 1918 à 1921 (postf., avec des photos et des cartes, de Hélène Châtelain, Les Amis de Spartacus, 256 p., 15 euros), de Piotr Archinov (1887- ?, lire biographie). C'est le témoignage irremplaçable d'un protagoniste de cette épopée de l'armée insurrectionnelle paysanne qui combattit les forces contre-révolutionnaires et la dictature bolcheviste pour établir un communisme libertaire, auto-organisé et égalitaire. En 1921, Archinov constatait lucide : « Au nom de la dictature de leur parti, les communistes ont écrasé, par les armes, toutes les tentatives des travailleurs d'établir leur autodirection sociale, ce qui formait le but essentiel de la révolution russe, et ont ainsi détruit la fermentation révolutionnaire du pays. » Certains ont mis très longtemps avant de s'en apercevoir, d'autres ne l'ont pas encore tout à fait réalisé et n'en ont pas tiré les leçons.

 

RÉUNION-DÉBAT

Paris, 3 septembre. La CNT-Région parisienne invite le sociologue et économiste Bernard Friot pour une rencontre autour de son livre : L'Enjeu des retraites (La Dispute). Rendez-vous à 19 h 30 au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval).

Cuisery (Saône-et-Loire), 4 septembre. Conférence-débat Salle du temps libre sur le thème « Qu'est-ce que l'anarchisme ? » à 17 heures, suivie d'un repas festif et d'un concert d'Arsène Lupunk (sous réserve).

Dijon, 7 septembre. A 20 h 30, au cinéma Eldorado, projection du film Pistés par nos gènes et débat sur le fichage ADN et les autres formes de contrôle biométrique. Organisée par la Caisse solidarité 21, courriel : caisse-de-solidarite(at)brassicanigra.org Le 14 septembre, rassemblement à 13 heures devant le palais de justice, bd Clemenceau, à l'occasion d'un procès pour refus de fichage ADN. Infos complémentaires.

Saint-Imier (Suisse), 15 septembre. Réunion-débat organisée par l'Organisation socialiste libertaire sur « Révision de la loi sur l'assurance chômage et invalidité (LACI) : assainissement ou démantèlement social ? ». Avec Sylvain Astier (député au grand conseil, PLR Moutier) et Pierluigi Fedele (secrétaire régional UNIA Transjuranne). A 20 heures, Espace Noir, rue Francillon, 29. Tél. : 032-941-35-35 - Site Internet.

Lille, 16 septembre. Ciné-Club anar, à 20 heures : projection d'un film surprise, suivie d'une discussion, au Centre culturel libertaire, 4, rue de Colmar. Organisé par Turbulences sociales. (Prix libre.)

Paris, 16 septembre. Présentation du dernier ouvrage de Maurice Rajsfus, Le Petit Maurice dans la tourmente, récit de ses quatre années de survie pendant l'occupation nazie, à 19 h 30, à la librairie Résistances, 4, Villa-Compoint (angle du 40, rue Guy-Môquet), Paris 17e. Site Internet.

Périgueux, 17 septembre. Café libertaire (projection-débat), organisé par le Collectif libertaire Marius-Jacob, à 20 h 30, au local associatif Les Thétards, 7, rue de la Bride : « L'insurrection au Chiapas et le mouvement zapatiste ». Site Internet.

Montignargues (Gard), 18 septembre. Fête de la CNT 30. Débats : à 10 heures, « Les conséquences de la réforme du droit syndical de 2008 » ; à 14 heures, « La privatisation du rail » ; à 17 heures, « L'Espagne de la crise ». Table de presse, restauration sur place. Concert à 20 heures. Infos complémentaires.

Lausanne, 22 septembre. Débat à 20 heures avec Ronald Creagh autour de son livre Utopies américaines. Expériences libertaires du XIXe siècle à nos jours (Agone) à la bibliothèque du Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA), av. de Beaumont, 24.

Bron, 24 septembre. A partir de 17 heures, « Deuxième Nuit de résistance au Vinatier : l'enfermement, la folie, etc. », au centre social de l'hôpital : film, débats, tables de presse, buffet, boissons… Invité, entre autres : Jacques Lesage de La Haye. Organisé par la CGT-Vinatier. Accès : tram T2, bus 28, arrêt Hôpitaux-Desgenettes-et-Vinatier.

Ivry-sur-Seine, 24 septembre. Le groupe libertaire d'Ivry de la Fédération anarchiste organise une séance de « théâtre de l'opprimé » (spectacle interactif, pour info) à 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès (face au vieux moulin), à cinq min de la station de métro Pierre-Curie. Thème (d'après une histoire vécue) : « Comment lutter contre son patron ? » Ouverture des portes et accueil dès 19 heures. Entrée libre. Petite restauration possible.

Troyes, 24 septembre. Première conférence de l'UP3 (Université populaire de Troyes) sur « L'éducation populaire », avec Hugues Lenoir, auteur de différents ouvrages et contributions sur les questions du syndicalisme, de la formation et de l'éducation. Lieu : Ligue de l'enseignement de l'Aube, 8, rue de la Mission. Entrée libre. Contact : up.troyes(at)orange.fr

Paris, 25 septembre. Présentation du recueil d'articles Séverine (1855-1929) (L'Archipel) par Evelyne Le Garrec et débat à propos de la vie et de l'œuvre de cette journaliste féministe et anarchiste. A 15 h 30, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Merlieux (Aisnes), 26 septembre. Pas de Salon du livre anarchiste cette année, mais le groupe Kropotkine de la FA tiendra son stand toute la journée devant l'Athénée libertaire, au 8, rue de Fouquerolles. Renseignements : 03-23-80-17-09. Et Jean-Pierre Levaray, auteur de Tue ton patron (Libertalia), sera au Village du livre pour un débat et des dédicaces.

Marseille, 30 septembre. Rencontre-débat avec Jean-Pierre Garnier sur « La rénovation urbaine contre le Marseille populaire », organisée avec les associations Approche, culture et territoire et Enfants aujourd'hui, monde de demain. A 18 h 30, 31, rue Jean-Cristofol, Marseille 3e. Inscription nécessaire : redaction(at)agone.org

 

FOIRES AUX LIVRES, EXPOSITIONS,
SPECTACLES, CINÉMA

Cuisery (Saône-et-Loire). De 10 heures à 19 heures, troisième Salon du livre libertaire organisé le 5 septembre par la librairie associative Les Chats noirs, le Groupe libertaire de Saône-et-Loire et le groupe La Vache noire de la Fédération anarchiste. Restauration à prix libre, buvette, débats, musique et poésie… Courriel : leperepeinard(at)no-log.org

« Courbet-Proudhon. L'art et le peuple ». Le musée départemental Gustave Courbet d'Ornans présente, à partir du 4 juin et jusqu'au 6 septembre, à la Saline royale d'Arc-et-Senans une exposition sur les relations entre le peintre Gustave Courbet (1819-1877) et le philosophe Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), deux figures historiques de Franche-Comté. Cette exposition évoque la rencontre entre deux hommes partageant un même idéal social et politique. Tous deux ont été témoins et acteurs de cette période révolutionnaire qui parcourt l'Europe au milieu du XIXe siècle et qu'illustre parfaitement Courbet engagé aux côtés des insurgés de la Commune de Paris. Par de multiples témoignages (tableaux, gravures, sculptures, photographies), se dévoile un moment essentiel de l'Histoire de France, dont l'écho se poursuit encore aujourd'hui. Tarifs : visite libre en possession du billet d'entrée de la Saline royale. Ouverture de 9 à 12 heures et de 14 à 18 heures ; en juillet-août : de 9 à 19 heures. Tél. : 03-81-54-45-45 - site Internet.

Saint-Affrique. La Confédération nationale du travail (CNT) de l'Aveyron organise les 8, 9 et 10 septembre des journées « Espagne 1936, la révolution libertaire ». De 10 heures à 21 heures, exposition, projection et stands libertaires (CNT 12, Solidaires, écologistes et libertaires [SEL], No Pasaran 12). Salle du Caveau, entrée libre. Vendredi, apéro-bouffe en soirée et concert de soutien à la CNT 12, avec les groupes Pepé Linares, La Fibre et La Ligue antiproprios. Site Internet.

Anarchia Infesta. Cinquième édition d'« Anarchie en fête » à Massa (localité de Le Jare, près de l'hôpital pédiatrique) les 10, 11 et 12 septembre, organisée par les groupes et individuel(le)s anarchistes de Massa, Carrara, Montignoso, Versilia (Toscane, Italie). Au programme : concerts, spectacles, stands, librairies, buvette, restauration… dans une grande pinéde. Camping gratuit. Entrée libre. Informations (en italien) à venir sur Indymédia Toscane.

Bristol Anarchist Bookfair. Samedi 11 septembre, de 10 h 30 à 17 h 30 a lieu la Foire aux livres anarchistes de Bristol (Royaume-Uni). Au menu : une trentaine de stands, des ateliers, des débats, du cinéma et un café. Adresse : Hamilton House, 80 Stokes Croft, BS1 3QY. Site Internet – courriel : bristolanarchistbookfair(at)riseup.net

Cinémaligre. La 7e édition de ce festival, organisé par une association d'animation de quartier (12e arrond.), La Commune libre d'Aligre, se déroulera du 16 au 19 septembre. Thème : « Désobéissance ». Projection de films, repas (espagnol, italien, etc.), animations musicales sont au programme. Toutes les séances sont gratuites. Pour connaître la liste des films et les lieux de projection, consultez le site Internet. Contacts : cinemaligre2010(at)yahoo.fr - Commune libre d'Aligre, 3, rue d'Aligre, 75012 Paris.

Gaston Couté. A Meung-sur-Loire (Loiret), se tiendront les 25 et 26 septembre les Journée Gaston Couté, poète beauceron et libertaire. Samedi : à 14 h 30, rendez-vous au musée pour la visite commentée de l'exposition « Gaston des Mauves et des mauvais senquiers » (entrée libre) ; de 15 h 30 à 17 heures, séance de dédicaces par Claude Antonini, auteur de Gaston Couté, 1880-1911, les z'amis, les z'honneurs, les z'avatars (Arianeprod) ; de 20 h 30 à 2 heures, soirée cabaret avec une dizaine d'interprètes autour de l'œuvre du poète (réservation à l'office du tourisme, 15 et 10 euros). Dimanche : de 10 h 30 à 13 heures, scène animée par Vania Adrien-Sens et son orgue de barbarie, place du Martroi ; 16 heures, à la Fabrique, spectacle de la compagnie Chauffe-Brûle (réservation à l'office du tourisme, 10 euros).

 

DIVERS

Trop chers livres anars. Sur un site de vente aux enchères bien connu, on peut trouver une Encyclopédie anarchiste (édition originale de 1934, 4 vol., 2 893 p., « demi-chagrin noir, dos à nerfs [reliure de l'éditeur] ») à 1 700 euros. Une autre, moins onéreuse, s'« offre » à 1 350 euros… Mieux vaut, pour pas un rond ou presque (coût d'accès !), consulter le site qui porte son nom et donne accès à de nombreuses définitions (en attendant la totalité). La Correspondance d'Elisée Reclus (1830-1905, lire biographie) vient d'être rééditée en reprint par les Archives Karéline. Chouette !, jamais republiés depuis 1925, ces trois volumes (1850-1870, 1870-1889, 1889-1905) contiennent des informations passionnantes sur la vie du célèbre géographe anarchiste et des renseignements sur sa personnalité. Un hic, le prix : 34 euros + 49 euros + 34 euros, soit au total 117 euros. Heureusement, en se branchant sur Gallica, site de la Bibliothèque nationale de France (BNF), on peut obtenir une version en pdf de la correspondance de Reclus car les droits… sont tombés dans le domaine public. Pendant ce temps, d'autres, tel Hervé Trinquier des Editions TOPS, s'échinent à mettre à disposition et aux meilleurs prix les textes essentiels de la pensée anarchiste (Proudhon, Bakounine, Leval, Grave, Reclus, etc.), en prenant personnellement de gros risques financiers. Qu'ils en soient ici salués.

En vrac sur le Web (septembre). Au moment où s'amorce à l'Assemblée national le débat (?) sur le projet de loi visant à faire reculer l'âge de la retraite, après l'adoption il y a un an de la loi généralisant les dérogations au repos dominical, décidément à contre-courant, l'association Bizi ! a publié récemment un texte original intitulé « Travailler une heure par jour » que l'on peut librement télécharger. C'est l'adaptation moderne d'une partie du livre du Collectif Adret Travailler deux heures par jour, paru en 1977 au Seuil. Pourquoi et comment la réduction du temps de travail est une urgence à la fois écologique et sociale… Le projet Retirada s'inscrit dans une étude sur l'exil des réfugiés en Europe mené par l'association d'histoire doro[t] (à l'origine axée sur les familles juives de la région Rhône-Rhin). Ses buts sont la localisation, la recherche, l'analyse et la valorisation des sources d'archives de l'exil et des persécutions raciales et politiques ; la publication d'articles de synthèse et d'analyse, de témoignages ; et la constitution de bases de données nominatives et documentaires pour permettre aux chercheurs et aux familles de reconstituer les itinéraires de l'exil. Un site est actuellement en construction. On pourra à terme y trouver une histoire (avant 1939 et jusqu'à la Libération), une géographie, une étude des populations (enfants, civils, militaires, etc.) de l'exil espagnol. D'ores et déjà, on peut connaître l'état des recherches en cours et questionner une base de données de près de 78 000 noms répertoriés. Nouveautés sur le site Bianco : 100 ans de presse anarchiste qui répertorie les périodiques anarchistes de langue française parus entre 1880 et 1983. Outre les fiches de chaque publication et l'index des noms des contributeurs, on peut maintenant avoir accès à une bibliographie et à une liste des sources en relation avec le Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones (Cgécaf), à un tableau synoptique qui indique le nombre de titres de la presse anarchiste selon les années (et donc, en partie, son importance), une liste des imprimeries et des lieux d'impression, une autres des illustrateurs et le classement des titres par année de première création. Ce sont de nouveaux outils qui permettront aux militants et aux curieux d'effectuer de multiples recherches. Anartiste [nouvelle adresse du site] annonce la parution prochaine d'un recueil Art et anarchie acte I (15 x 21 cm, 226 p., 20 euros), en souscription jusqu'au 15 octobre au prix de 17 euros (chèque à l'ordre de DCC, DCC Editions K'A, 2, Carrer Julien-Panchot, 66130 Ille-sur-Têt). Cette publication, selon les éditeurs, est « conçu comme un instantané avec des entrées multiples et non sectaires, il interroge, apporte des éléments historiques et propose des interventions d'artistes. (…) Ne cherchez pas ici de parti pris esthétique, l'approche an-archiste de nos propos prône la diversité et non la restriction au nom d'un quelconque positionnement historique, univoque et/ou politique. Nous poursuivons nos “errances”, lutte et création restent intimement liées. Création et lutte sont les sœurs de la Révolte ! » On peut consulter en ligne le sommaire, les thèmes abordés et le nom des auteurs.

Sara Berenguer. Le Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA) de Marseille nous apprend la mort, le 8 juin 2010, d'une de ses plus vieilles adhérentes. Née en 1919 à Barcelone, Sara Berenguer commence à travailler dès l'âge de 13 ans. En 1936, elle participe à la révolution, militant dans le comité révolutionnaire de son quartier, aux Jeunesses libertaires, à Solidarité internationale antifasciste (SIA) et au mouvement Mujeres libres. L'exil la conduit en 1939 dans la région de Béziers. En 1965, lorsque le bulletin Mujeres libres est relancé, elle fait partie du comité de rédaction. Sara est aussi l'auteure de livres de poésie, d'essais et d'une autobiographie, Entre el sol y la tormenta (1988, rééd. en 2004). En français, on peut se référer à la brochure de Jacinte Rausa, Sara Berenguer, éd. du Monde libertaire-Alternative libertaire, coll. Graine d'ananar, Paris-Bruxelles, 2000, 46 p., que l'on trouve encore en vente au prix de 3 euros.

Georges Fontenis. Personnage beaucoup plus controversé, le militant communiste libertaire est décédé à son domicile tourangeau le 9 août 2010. Avec lui disparaît l'un des derniers protagonistes de la reconstitution du mouvement libertaire et de la création de la Fédération anarchiste à la Libération. « Héros » également de l'« affaire Fontenis ou OPB » qui vit la prise de contrôle et la transformation de la FA en Fédération communiste libertaire (FCL), puis la refondation d'une nouvelle FA par les exclus et les scissionnistes. Pour certains, il fut longtemps le « méchant » ; lui-même se voyait en Satan ou en « prince des ténèbres »… Et plutôt bouc émissaire des échecs et des divisions du mouvement anarchiste. Obéissance et discipline d'un côté, passivité et légèreté de l'autre expliquent plus sûrement l'« affaire » qui renvoie au tabou du comportement autoritaire et bureaucratique dans le mouvement libertaire. Alternative libertaire lui a consacré une nécrologie élogieuse, on en trouvera une plus personnelle sur le site (lire biographie). « Marcher vers l'anarchie ne peut pas signifier le reniement de l'anarchisme à travers la constitution d'un gouvernement de soi-disant anarchistes. Il faut tendre vers ce que l'on veut en faisant ce que l'on peut. » (Errico Malatesta.)

 

PÉRIODIQUES

Le numéro d'été d'Alternative libertaire (n° 197, juillet-août, 32 p., 3 euros, site) comportait un dossier très intéressant sur la prostitution titré « Prosti tueurs, pour en finir avec ce système ». D'inspiration nettement abolitionniste (à l'exception de l'entretien avec Lilian Mathieu, sociologue, qui prend du recul et signale la complexité des situations), les textes entendaient « répondre de manière argumentée à l'offensive réglementariste : création d'un syndicat de prostitué-e-s – le Strass –, pétition (…), mais aussi pour enrayer la séduction que certains arguments réglementaristes peuvent exercer sur des libertaires. » Lire « Pour l'abolition : arrêter le mensonge », texte disponible sur le site Internet du journal. Le Syndicat du TRAvail Sexuel (STRASS), par un communiqué, a vertement réagi à ce dossier, affirmant que « ni le STRASS ni ses alliées féministes ne se sont “pro-prostitution”, mais défendent la légalité du travail sexuel, sa dignité, son droit d'exister sans souffrir de discriminations, d'opprobre et de violence », et répond à l'argumentation des abolitionnistes. Le débat est ouvert… Quant au dernier numéro d'Alternative libertaire (n° 198, septembre, 24 p., 2 euros) en vente dans les kiosques, toujours « Dans la rue » mais « contre l'Etat », il devrait susciter moins de polémique. Il paraîtrait que Le Niglo (serait) en colère… noire (parution irrégulière, 4 p., gratuit, à télécharger). Le « niglo », c'est le hérisson, l'animal fétiche des gens du voyage. C'est donc un bulletin de tendance anarcho-syndicaliste, édité par des gens du voyage et leurs amis, et soutenu par la CNT-AIT. Avec, tout d'abord, un article sur l'actualité de la chasse aux Roms et le passé (plus ou moins récent) guère plus brillant en ce qui concerne les Gitans (discriminations en tout genre) ; un exemple de solidarité ouvrière (Roms-Tchèques) lors d'une grève victorieuse en République tchèque ; un portrait d'Hector Helios, gitan, militant de la CNT, un des représentants du graphisme espagnol au XXe siècle. Et la reproduction (pour mémoire) de deux articles plus anciens… Les Renseignements généreux, en plein mois de juillet, ont lancé une revue dénommée La Traverse (n° 1, pas de périodicité, 76 p., à prix libre ou en téléchargement). Ses objectifs ? « A travers des entretiens, des analyses, des exposés, cette revue s'efforcera de tendre vers deux directions : forger des outils d'autodéfense intellectuelle ; imaginer, construire et faire découvrir des actions politiques ou des alternatives qui nous semblent pertinentes. » Au sommaire, entre autres : un entretien avec le sociologue Alain Accardo sur la contestation en France, une réflexion sur le découragement en politique, une présentation du parcours de Saul Alinsky, éducateur de rue made in USA… Gavroche (n° 163, juillet-septembre, 52 p., 9 euros, site), quant à lui, se penche sur l'image de l'apache – voyou des faubourgs à rouflaquettes – dans la caricature de la Belle Epoque ; s'intéresse à l'histoire de la « maison dieu » de Montreuil-Bellay qui permet de mieux comprendre la place et le rôle du pauvre dans la société du XIVe au XVIe siècle ; remonte aux origines du racisme « scientifique » en analysant les discours monogénistes et polygénistes – l'humanité est-elle constituée d'une ou de plusieurs espèces ? Sans oublier un très intéressant article sur la FORA, l'organisation ouvrière anarchiste argentine qui fut, au début du XXe siècle, le plus important mouvement ouvrier du pays, à l'origine de nombreuses grèves et luttes révolutionnaires. Dans A contretemps (n° 38, septembre, 32 p., « pas de prix… mais des frais », site), deux textes à propos de Mon ami Vassia (réédité récemment), peinture réaliste de la société russe à l'époque de Staline, pêchés dans les collections de La Révolution prolétarienne : l'un de l'auteur, Rainer Biemel, alias Jean Rounault, développe les raisons d'être de ce livre ; l'autre de Pierre Monatte. L'hommage est titré avec brio « L'écriture comme fraternité agissante ». Par ailleurs, Freddy Gomez « fesse » magistralement le boursouflé universitaire qui préface la réédition en espagnol des Mémoires (tronquées) de José Peirats en se livrant à une « nouvelle méthode d'exécution intellectuelle : la disqualification post mortem ». C'est peu glorieux, mais moins risqué ! Et de nombreuses recensions, plus ou moins développés… Le Grognard (n° 15, septembre, 51 p., 10 euros, site) grogne toujours avec des nouvelles, des poèmes, des textes de fond, des recensions… Deux articles à signaler plus particulièrement : « Ravachol » d'Octave Mirbeau et « Octave Mirbeau et Ravachol » de Pierre Michel. Le Monde libertaire (n° 1603, du 9 au 15 septembre, 24 p., 2 euros, site) de rentrée revient sur les événements de l'été : « Ordre public, ordre moral ! », dans les cités et ailleurs, pour Maurice Rajsfus ; mythes et réalités d'une migration économique bien ordinaire, pour Claire Auzias, auteure de plusieurs ouvrages sur les Roms et les gens du voyage. Jacques Langlois, lui, décortique « La réforme gouvernementale des retraites » : les responsables d'une situation résultant du sous-emploi, de la globalisation et de la captation par le Capital des gains de productivité veulent faire payer aux salariés la note. Et si c'était le tour des riches ; même réformistes, les solutions existent. L'hebdo de la Fédération anarchiste souffle également les cent bougies d'existence de la Sveriges Arbetares Centralorganisation (SAC), la centrale anarcho-syndicaliste suédoise, et rappelle les frictions qu'elle connut dans les années 1950, partagée entre « réformisme » et « purisme ».

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