Octobre 2012

PUBLICATIONS

John Holloway est décidément un marxiste peu orthodoxe. Avec son précédent ouvrage, Changer le monde sans prendre le pouvoir (Lux-Syllepse, 2007), il avait déjà subi les foudres de la gauche et de l'extrême gauche en avançant que « ce n'est pas par l'Etat que l'on peut changer le monde ». Il développe sa conception dans un second volume, Crack capitalism. 33 thèses contre le capital (Libertalia, 464 p., 20 euros) : « La seule façon de penser le changement radical (…) est de le concevoir comme la multiplicité de mouvements interstitiels découlant du particulier », en ouvrant donc des brèches, par centaines et par milliers, dans le mur du capitalisme. Il réactualise et conceptualise ainsi le « vivre tout de suite en anarchiste » de ceux qui expérimentaient les milieux libres ; ce courant que Gaetano Manfredonia nomme « éducationnisme-réalisateur ». Et il le fait avec lyrisme et enthousiasme, en tenant compte des essais et des échecs du passé ou des tentatives plus récentes (soulèvement zapatiste, luttes en Argentine, actions anti-G8, Occupy, Indignés…). Mais cet ouvrage, tout en questionnements, est trop riche pour qu'une aussi courte recension puisse en rendre compte sans le trahir. Il faut le lire, en discuter avec d'autres, confronter les expériences, et construire des « brèches » ensemble. Pour l'auteur, « il n'y a pas une seule réponse correcte à la question désespérée (posée depuis des siècles) concernant ce qu'il faut faire (…) mais cela ne signifie pas que toutes les luttes soient atomisées. Il y a une résonance entre elles, une reconnaissance mutuelle (…), un partage continuel d'idées et d'informations. » Le livre de Michael Schmidt, Cartographie de l'anarchisme révolutionnaire (traduit de l'anglais par Alexandre Sánchez, Lux, coll. Instinct de liberté, 186 p., 14 euros) est aussi particulièrement instructif. Tout d'abord parce qu'il s'élève contre la façon traditionnelle de concevoir l'histoire de l'anarchisme organisé autour de « cinq épisodes marquants » (Haymarket en 1887, Charte d'Amiens en 1906, Cronstadt en 1921, révolution espagnole de 1936-1939, Mai 68 en France), laissant ainsi de côté l'Europe de l'Est – ce que l'on peut contester pour la Russie, l'Ukraine et la Bulgarie –, l'Amérique du Sud, l'Asie et l'Afrique. Ces régions ont en effet connu des mouvements plus ou moins puissants ayant parfois marqué l'histoire sociale de leur pays, qui sont bien souvent ignorés ou marginalisés. L'auteur propose plutôt l'étude de « cinq vagues » (1868-1894, l'essor ; 1895-1923, la consolidation ; 1923-1949, contre l'impérialisme, le fascisme et le bolchevisme ; 1950-1989, actions d'arrière-garde ; de 1990 à nos jours, la résurgence) qui nous permet d'envisager les événements de façon plus globale et plus structurée. Certes, c'est une vision essentiellement communiste libertaire qui privilégie l'anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire, alors que la séparation paraît moins évidente dans certains domaines (contre-culture, éducation, coopérativisme, communauté de vie…). Reste l'intérêt de la méthodologie et l'ouverture vers des recherches moins autocentrées. La lecture de la bibliographie fait d'ailleurs apparaître les déserts de l'historiographie en langue française : Australie, Chine, Corée, Japon, Vietnam, Colombie, Cuba, pays arabes, etc. Retour sur un épisode de lutte armée, dans les années 1970, avec ce Angry Brigade. Eléments de la critique anarchiste armée en Angleterre (introduction de Jean Weir, contient « Une occasion de réflexion » d'Antonio Gizzo, 101 p., 5 euros) publié par Ravage éditions. C'était le temps du reflux de Mai 68, mais aussi des luttes contre Franco et la guerre du Vietnam, contre les restructurations industrielles naissantes ou plus spécifiques (étudiants, femmes, chômeurs…). L'ouvrage retrace les attaques à la bombe ciblées et les motivations de leurs auteurs à l'aide entre autres d'une chronologie fournie et des communiqués de revendication. Outre l'écho actuel que ces actions peuvent avoir, avant de faire œuvre historique, il s'agit pour les éditeurs de lancer la réflexion sur certains thèmes. Violence ou non, avant-gardisme et culte des masses, limites de la lutte, ses dangers, ses répercussions et récupérations… Constatant que des formes multiples et antagonistes ont toujours existé dans les mouvement ouvrier et libertaire, il est essentiel d'éviter non pas l'expression du désaccord mais la dissociation publique. C'est une lapalissade de remarquer que le traitement d'un même sujet peut donner deux ouvrages à l'intérêt très contrasté. Dans Max Stirner, contestataire et affranchi (préface de Lucien Ayissi, L'Harmattan, 119 p., 13,50 euros), Ciriac Oloum veut démontrer que Stirner est un précurseur de l'existentialisme et une source d'inspiration pour Sartre, bien que celui-ci ne l'a jamais cité. La thèse fut précédemment développée par Henri Arvon dans les années 1950, et l'auteur n'y ajoute pas grand-chose. Du moins développe-t-il correctement la dénonciation de l'Eglise et de l'Etat (sans envisager réellement en quoi cela remet en question la théorie marxiste), présentant l'« association d'égoïstes » et faisant preuve de nuances vis-à-vis des conceptions anarchistes. Ce n'est pas le souci de son préfacier et de la quatrième de couverture qui se livrent à des coups de griffes déplacés et sans intérêt. Avec Max Stirner, le philosophe qui s'en va tout seul (L'Insomniaque, 160 p., 15 euros), Tanguy L'Aminot, dans un style plus accessible, après avoir situé l'homme « en son temps », cherche à le dégager de sa complexité. Il met en lumière la pensée du philosophe qui ne souhaitait pas créer une « utopie de plus » mais développait « la plus radicale défense de l'individu contre toutes les doctrines et toutes les autorités qui veulent l'asservir spirituellement ou physiquement ». Offrant ainsi une critique prémonitoire de l'idéologie du travail, de l'aliénation due au progrès, du libéralisme et du communisme… dénonçant tout système – l'anarchisme y compris – « reposant sur un idéal supérieur, autrement dit sur le sacré ». Une riche bibliographie, une très intéressante analyse de la postérité de Stirner, aussi bien à droite qu'à gauche, concernant des philosophes mais aussi des artistes ou des écrivains, complètent ce travail. Sans oublier un texte de Daniel Joubert, « Marx versus Stirner », qui précise l'antagonisme des deux penseurs et l'évolution de Marx suite à la lecture de L'Unique et sa propriété, passant d'une vision encore philosophique à une conception plus matérialiste. Théolib est une association de protestants libéraux, attachée à sortir de l'oubli les écrits de Ferdinand Buisson, un des pères de l'école laïque, des textes relatifs à Dreyfus et éditant de nombreux ouvrages spiritualistes. Ils s'intéressent également à l'« idéalisme libertaire » et ont publié (ou comptent le faire) plusieurs titres de Han Ryner, le journal de la Commune d'Elie Reclus et ce Jésus ou L'Etonnant Retour de Jésus parmi les libertaires, sous la IIIe République (coll. Liber, 261 p., 25 euros), d'Ernest Gégout (lire biographie), surtout connu pour avoir partagé une cellule avec Charles Malato à Sainte-Pélagie. Jamais réédité depuis sa parution en 1897, ce roman satirique à clefs met en scène un Jésus libertaire confronté à une société catholique et bourgeoise après les attentats et le vote des lois scélérates. C'est l'occasion de développer l'idée anarchiste et de dénoncer l'égoïsme humain, la religion, le parlementarisme, les politiciens socialistes (on peut en reconnaître certains), le dogmatisme – présent chez les libertaires « confinés dans la théorie », dont les journaux sont bien souvent doctrinaires et les leaders (Jean Grave) parfois intolérants. Malgré une misogynie affichée, c'est un bel exercice de dynamitage ! André et Dori Prudhommeaux ont rédigé et publié à chaud (en mars 1937) leur témoignage sur la révolution espagnole que Le Coquelicot vient de rééditer sous le titre Catalogne libertaire, 1936-1397 (suivi de « Que sont la CNT et la FAI ? », coll. Les Cahiers du Coquelicot, n° 3, 106 p., 10 euros). Les nombreuses reprises et éditions de cette brochure (bibliographie) démontrent amplement son intérêt car elle allie immédiateté, lucidité et texte condensé. Lorsque les auteurs décrivent les réalisations de la CNT-FAI et de la révolution, ils n'oublient pas de mentionner les problèmes soulevés – armement du peuple, armée ou milice, unité antifasciste, commandement unique… – et les moyens de les résoudre de façon libertaire, avant que la guerre dévore la révolution. Cette vision critique de l'évolution de la situation (à propos entre autres de la participation de ministres anarchistes au gouvernementl), Prudhommeaux (biographie) l'a développée en premier dans L'Espagne antifasciste, puis dans L'Espagne nouvelle. Pour mieux connaître cet « intellectuel hors les murs », on peut se référer à la revue A contretemps qui lui a consacré un numéro passionnant (n° 42, février 2012, prochainement en ligne sur son site, lire également recension). L'Atelier de création libertaire a récemment publié trois ouvrages. Uri Gordon, universitaire et militant anarchiste israélien ayant participé à de multiples initiatives locales et alternatives (des médias indépendants aux jardins communautaires, en passant par les squats), assure dans Anarchy Alive ! Les politiques antiautoritaires, de la pratique à la théorie (244 p., 16 euros) que l'anarchisme est aujourd'hui bien vivant à travers des pratiques multiples et inventives qu'il détaille. Dans le dernier chapitre de cet ouvrage, il s'attache plus particulièrement aux activités libertaires en Israël et en Palestine. Jocelyn Peyret, quant à lui, évoque dans Une énergie antinucléaire : mon engagement dans les réseaux écologistes (186 p., 14 euros) son parcours et ses activités, entre autres au sein du réseau Sortir du nucléaire, et témoigne de la diversité des approches et des ego qui provoque bien souvent des conflits. Max Leroy, avec Les Orages libertaires. Politiques de Léo Ferré (154 p., 12 euros), s'intéresse aux prises de position du poète et de l'écrivain, de l'Irlande du Nord à la chute d'Allende, de la dictature franquiste à la guerre d'Algérie, à son engagement – terme qu'il aurait sans doute détesté – continue, représentatif d'une tradition bien libertaire. Les Editions CNT Le Havre ont décidé de lancer un appel aux jeunes historien(e)s de Seine-Maritime qui effectuent des recherches sur le syndicalisme ouvrier dans ce département et pourraient s'intéresser, par exemple, aux verriers de la vallée de la Bresle, aux ouvrières du textile dans la région rouennaise, aux dockers… Elles désirent ainsi jouer un « rôle de passeur de mémoires en œuvrant pour la diffusion de la recherche syndicale au-delà des étiquettes » et assureront la publication de leurs études, après validation du comité de lecture. La collection commence avec l'ouvrage de Hélène Rannou, Le Congrès confédéral de la CGT au Havre en 1912. 2012, le centenaire (141 p., 12 euros) qui relate ce congrès, ayant réuni six cents délégués représentant deux mille syndicats, fondateur des unions départementales et de la réaffirmation de la Charte d'Amiens. C'est aussi l'occasion d'appréhender les diverses tendances syndicales en présence, les tensions sous-jacentes et les thèmes revendicatifs mis à l'ordre du jour.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Bagnolet, 2 octobre. Discussion sur la lutte au Kurdistan turc autour de la revendication de l'« autonomie démocratique », de l'articulation entre le parti légal et la guérilla et de la place de cette lutte au sein des autres luttes sociales en Turquie. A partir de 19 heures, local du Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Pour s'inscrire à la lettre d'info.

Dijon, 3 octobre. Présentation du livre Angry Brigade. Eléments de la critique anarchiste armée en Angleterre (Ravage éditions), à 18 heures, Espace autogéré des Tanneries, 13-17, boulevard de Chicago.

Paris et Saint-Denis, 4, 5 et 6 octobre. « Chili : luttes sociales et communication audiovisuelle », projection de vidéos et débat avec des animateurs de la Productora de Comunicación Social : jeudi, à 19 heures, salle de cinéma de l'université Sorbonne nouvelle (salle 49), 13, rue Santeuil, Paris 5e (M° Sentier-Daubenton) ; vendredi, à 19 h 30, librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République ou Oberkampf) ; samedi, à 19 h 30, local de la Dionyversité, 4, place Paul-Langevin, Saint-Denis (M° Basilique-Saint-Denis).

Dijon, 5 et 6 octobre. Fête du quartier des Lentillères : ateliers, balades, discussions, projection, repas, concert… Le tout à prix libre ! Pour découvrir la réappropriation, effectuée depuis deux ans par divers collectifs et individus, des friches de la ceinture maraîchère abandonnée. Au 39-45, rue Philippe-Guignard. Programme complet.

Cuisery, 6 octobre. Rencontre avec Jean-Pierre Levaray, auteur de Tue ton patron (volets 1 et 2, Libertalia), à 17 heures, lors du Salon du livre libertaire (lire ci-dessous).

Forcalquier, 6 octobre. Vous êtes convié à l'inauguration de la bibliothèque-infokiosque Agate, armoise et salamandre - Corps et politique à partir de 16 heures autour d'un goûter-apéro, au 6, rue Saint-Mary (montée vers la citadelle). Permanence tous les samedis, de 15 heures à 19 heures, et ouverture sur demande. Contacts : 04-92-75-45-30 et 06-18-56-28-09, ou agate.etc(at)gmail.com

Marseille, 6 octobre. A 17 heures, causerie avec Jean-Jacques Gandini et Annick Stevens, de la revue Réfractions : « Désobéir à la loi : au nom de quoi ? Pour quels résultats ? » Au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 50, rue Consolat, Marseille 1er. Courriel : cira.marseille(at)free.fr - site Internet.

Nancy, 6 octobre. Présentation du livre Angry Brigade. Eléments de la critique anarchiste armée en Angleterre (Ravage éditions), à 15 heures, Centre culturel autogéré de Nancy (CCAN), 69, rue Mon-Désert.

Paris, 6 octobre. Dans le cadre de la venue d'Erik, militant des IWW, impliqué aussi dans la lutte des salariés de Starbucks, une rencontre est organisée de 16 heures à 19 heures, salle Traversière, 17, rue Traversière, Paris 12e (M° Gare-de-Lyon). Initiative coorganisée par les IWW, SUD commerces et services Ile-de-France, tendance Autre Futur, CNT social RP.

Périgueux, 6 octobre. Lecture théâtrale, à 20 h 30, d'Alexandre Marius Jacob, anarchiste et bagnard, 1879-1954. Au café associatif Les Thétards, 7, rue de la Bride. Tél. : 05-24-13-50-33.

Saint-Gobain (Aisnes), 6 octobre. Projection en avant-première du film Le Grand Retournement, réalisé par Gérard Mordillat d'après la pièce de Frédéric Lordon, au cinéma L'Ermitage, 6, rue Simon. Débat ensuite avec le réalisateur. Organisés par le groupe Kropotkine (FA). Entrée à prix libre, table de presse, buvette. Site Internet.

Saint-Denis, 7 octobre. De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée » avec la Dionyversité : Laurent Bihl abordera, images à l'appui, l'« Histoire impertinente des présidents de la République (1870-2017) ». Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris ou RER D). Entrée libre. Site Internet.

Saint-Denis, octobre. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « L'Europe qui nous dirige » par Bertrand Rothé, coauteur d'Il n'y a pas d'alternative. Trente ans de propagande économique (Seuil) : le 9, « L'Europe : un peu d'histoire » ; le 16, « Comment les socialistes français relancent l'Europe » ; le 23, « Il n'y aura pas d'Europe sociale » ; le 30, « La crise de l'euro ». Site Internet.

Bruxelles, 11 octobre. Présentation du livre Angry Brigade. Eléments de la critique anarchiste armée en Angleterre (Ravage éditions), à 19 h 30, Bibliothéque anarchiste Acrata, 32, rue de la Grande-Ile.

Paris, 11 octobre. A 19 heures, « Anonymous, pirates informatiques ou “indignés” du Web ? », rencontre avec Frédéric Bardeau et Nicolas Danet, auteurs de Anonymous, pirates informatiques ou altermondialistes numériques ? (Fyp). Bibliothèque Charlotte-Delbo, 2, passage des Petits-Pères (M° Bourse ou Palais-Royal). Entrée libre.

Montreuil, 12 octobre. Le collectif La Rotative vous invite, à 20 heures, à une discussion-apéro autour de sa brochure Jujitsu politique - l'art du levier et des stratégies de détournement. Pour en savoir plus. Pour demander la version pdf : larotative1(at)gmail.com Au café-librairie Michèle-Firk, 9, rue François-Debergue (M° Croix-de-Chavaux).

Paris, 12 octobre. Rencontre avec Sophie Pietrucci, Chris Vientiane et Aude Vincent, auteures de Contre les publicités sexistes (L'Echappée), à 19 heures, à la librairie Violette and Co, 102,rue de Charonne, Paris 11e.

Paris, 12 octobre. Dans le cadre des soirées lecture de la librairie du Monde libertaire, Nicolas (« simple lecteur ») viendra discuter avec vous du livre La Pensée de Malatesta (gr. Fresnes-Antony, FA), textes réunis et présentés par Gaetano Manfredonia. A partir de 19 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e.

Perpignan, 12 octobre. Le groupe Puig-Antich de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) organise à partir de 18 h 30, à la librairie Infos, 2, rue Théodore-Guiter (près de la place des Poilus), une conférence-débat autour de l'ouvrage Le Théorème de la Hoggra. Histoires et légendes de la guerre sociale (Editions BBoyKonsian), avec l'auteur Mathieu Rigouste.

Lyon, 13 octobre. La librairie libertaire La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e, vous propose d'assister, à 15 heures, à une rencontre-débat avec François Roux : « Auriez-vous crié “Heil Hitler” ? Résistances et soumission au nazisme ». A partir de 18 h 30, pot de rentrée de la librairie. Ouverture du lundi au samedi inclus, de 14 heures à 19 heures. Site Internet.

Paris, 13 octobre. Rencontre, à 16 h 30, avec Serge Utgé-Royo pour fêter la sortie de son nouveau disque « L'espoir têtu », à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Sarrant, 13 octobre. Grégory Chambat présentera Pédagogie et Révolution (Libertalia) lors d'une « rencontre apprenante », de 14 heures à 17 heures, organisée à la Librairie-Tartinerie. Programme de la rencontre (PDF 720 Ko).

Besançon, 17 octobre. Dans le cadre de « Ce qui nous lie », la librairie associative L'Autodidacte, 5, rue Marulaz, exposera des œuvres de Tanxxx en présence de l'auteure de 15 heures à 18 heures.

Paris, 19 octobre. Soirée vidéo à la librairie du Monde libertaire, à 19 h 30, avec la projection de Diego (40 min, 1999), un film documentaire de Frédéric Goldbronn. Dans un bar de Barcelone, Diego Camacho (Abel Paz) fait revivre la révolution de juillet 1936. La projection sera suivie d'une discussion. Au 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Rouen, 19 octobre. A 15 heures, rencontre avec Justhom autour du livre Un brûlot sous l'éteignoir ou De la tendance des pouvoirs politiques à mettre en veilleuse le mouvement associatif (Les Editions libertaires). Librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Saint-Brieuc, 19 et 20 octobre. Dans le cadre du festival Littérature et engagement, dont le thème sera cette année « Regardez-moi ce travail ! », rencontre avec Jean-Pierre Levaray, à la médiathèque de Ploufragan, vendredi, à 20 h 30 ; et, le lendemain, à 15 heures, table ronde avec lui sur le thème « Le travail, c'est pas drôle ? », même lieu, à 15 heures. Site Internet.

Saint-Denis, 19 octobre. A 19 h 30, dans le cadre du « Docu-club », la Dionyversité vous invite à la projection de Ladies' Turn (65 min, 2012), un documentaire de Hélène Harder sur l'organisation d'un tournoi de foot féminin au Sénégal, en présence de la réalisatrice. 4, place Paul-Langevin. Entrée à prix libre. Site Internet.

Vannes, 19 octobre. A 20 h 30, projection et débat autour du film De la servitude moderne (52 min., voir site), de J.-F. Brient, qui analyse la société actuelle. Palais des arts (théâtre Anne-de-Bretagne), place de Bretagne. Organisé par le groupe libertaire Lochu et la Fédération anarchiste de Vannes. Entrée libre.

Saint-Brieuc, 19 et 20 octobre. Dans le cadre du festival Littérature et engagement, dont le thème sera cette année « Regardez-moi ce travail ! », rencontre avec Jean-Pierre Levaray, à la médiathèque de Ploufragan, vendredi, à 20 h 30 ; et, le lendemain, à 15 heures, table ronde avec lui sur le thème « Le travail, c'est pas drôle ? », même lieu, à 15 heures. Site Internet.

Bagnolet, 21 octobre. Ciné-débat « Immigration, une histoire avec deux pays » à  17 heures. Projection du film Douga (2012, 51 min.), de F. Lathuillière et D. Sissoko, puis discussion avec les réalisateurs. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Pour s'inscrire à la lettre d'info.

Paris, 23 octobre. Débat et exposition d'affiches en soutien à Sonja Suder et Christian Gauger (lire ci-dessous), à 19 heures, au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval). Organisés par le secrétariat international de la CNT avec Stop-Expulsions et le Comité de solidarité aux prisonniers basques.

Bagnolet, 25 octobre. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni) : permanence « Résister à la psychiatrie » à partir de 19 heures. Projection du documentaire Un monde sans fous ? (2009, 67 min.) de Philippe Borrel, suivie d'un débat.

La Courneuve, 25 octobre. Rencontre-dédicace avec Alain et Désirée Frappier, auteurs de la BD Dans l'ombre de Charonne (Editions du Mauconduit), avec Tangui Perron, historien, qui animera le débat. A 18 h 30, librarie La Traverse, 7, allée des Tilleuls.

Amiens, 26 octobre. Le Collectif libertaire amiénois organise une réunion-débat autour des technologies à partir de 20 heures à l'espace Dewailly (à côté du Coliseum). La soirée se finira autour d'un PPP (pain, pâté, pinard).

Angers, 26 octobre. A la librairie Les Nuits bleues, 21, rue Maillé, à 20 heures, conférence-débat « Le sexe ? Ça sert à rien » avec Thierry Lodé, auteur de La Biodiversité amoureuse (Odile Jacob) et de La Guerre des sexes chez les animaux (Odile Jacob).

Grenoble, 26 octobre. Soirée-débat à propos de la contraception masculine, à partir de 20 heures, au café-bibliothèque Antigone, 22, rue des Violettes.

Montpellier, 26 octobre. A partir de 19 heures, « Fallait pas » de rentrée (chacun apporte un petit truc à manger, à boire, et on partage). A 20 h 30, projection-débat des Sentiers de l'utopie (1 h 49), film d'Isabelle Frémeaux et John Jordan. Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Montreuil-sous-Bois, 26 octobre. Discussion publique « Autogestion du 3e âge : l'exemple des Babayagas », en présence de femmes participant au projet d'une maison de personnes âgées autogérée. A 19 heures, café-librairie Michèle-Firk, 9, rue François-Debergue.

Saint-Denis, 26 octobre. Débat sur la gratuité des transports à travers l'expérience des mutuelles de fraudeurs, à 19 h 30, local de l'AMAP, 4, place Paul-Langevin. Infos complémentaires.

Bagnolet, 27 octobre. Discussion, à partir de 18 heures, sur la situation sociale en Afrique du Sud autour du livre Brûler les prisons de l'apartheid. Révoltes de prisonniers en Afrique du Sud (Syllepse), avec l'auteure Natacha Filippi. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 27 octobre. Le syndicat de l'informatique CNT vous invite à la projection du film documentaire Prêt à jeter (75 min, 2010) de Cosima Dannoritzer, puis au débat sur le thème de « L'obsolescence programmée des biens et ses conséquences (sociales, écologiques, économiques…) ». A partir de 17 heures, au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval).

Rennes, 27 octobre. A l'occasion des 10 ans de Mix-Cité Rennes, débat « Contre les publicités sexistes », autour du livre éponyme de Sophie Pietrucci, Chris Vientiane et Aude Vincent (L'Echappée). A 15 heures, Salle de la Cité, 10, rue Saint-Louis.

Toulouse, 27 octobre. Le Centre toulousain de documentation sur l'exil espagnol (CTDEE) a le plaisir de vous inviter à la Journée du livre de l'exil espagnol qu'il organise de 10 heures à 18 heures, à la Maison des associations, 81, rue Saint-Roch (M° Empalot). Présentations de livres, signatures, lectures, tables rondes… Programme complet, illustré par le peintre Joan Jorda (PDF 770 Ko). Courriel : exilespagnol.tlse(at)gmail.com

Bagnolet, 28 octobre. Ciné-club « On trace la route II » avec, à 16 heures, Alice Doesn't Live Here Anymore (« Alice n'est plus ici », 1974, VO sous titré, 112 min.), de Martin Scorsese ; et, à 18 h 30, Scarecrow (« L'épouvantail », 1973, VO sous-titré, 104 min.), de Jerry Schatzberg. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Cluny (71), 31 octobre. Projection-débat, à 20 h 30, avec Yannis Youlountas et Samuel Wahl sur la situation en Grèce à ce jour, organisée par La Vache noire (Fédération anarchiste) et le Groupe libertaire de Saône-et-Loire. Salle de justice de paix.

Paris, 31 octobre. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un débat autour du coffret Un morceau de chiffon rouge, constitué de 5 CD (documents radiophoniques, film Lorraine Cœur d'acier et livret) à propos de la radio fondée en 1979 par la CGT. En présence du coréalisateur Pierre Barron et de Marcel Trillat, documentariste et ancien de la radio. Extraits sur le site. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Courriel : quilombo(at)globenet.org - site Internet.

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Salon du livre libertaire de Cuisery. La cinquième édition de ces rencontres aura lieu à la Maison du temps libre Yves-Uny à Cuisery (Saône-et-Loire) les 6 et 7 octobre. Samedi : ouverture à 17 heures ; débat sur les risques industriels et le salariat à partir de 18 heures, avec Jean-Pierre Levaray ; dès 20 heures, invité surprise, puis concert avec Fred Alpi (chanson française). Dimanche : ouverture à 10 heures ; apéritif musical avec Michel Chevalier à partir de 12 heures ; débat avec Juanito Marcos et Yves Meunier sur le thème de la révolution espagnole (quels enseignements utiles pour un futur libertaire ?), à 14 heures ; Claire Auzias : « Le génocide tsigane », à partir de 16 heures. Restauration sur place. Organisé par La Vache noire, le Groupe libertaire 71 et la librairie associative Les Chats noirs. Contacts : vache.noire(at)no-log.org ; chats.noirs(at)yahoo.fr

Vivre l'utopie. L'association Entropie organise du 11 au 14 octobre « une manifestation qui a pour ambition de mettre en lumière des expériences sociétales alternatives envisageant des rapports plus démocratiques ». Au programme : conférences de personnes qui viendront témoigner de diverses expériences d'autogestion (scop, foyer d'hébergement, collectif de citoyens…) ainsi que des interventions plus théoriques sur diverses questions en lien avec le thème central « Utopie et projets de société » (les faranches, la commune d'Oxaca…). Des ateliers, notamment sur la prise de décision en groupe et les protocoles de débat, auront également lieu ; l'ensemble étant ponctué de projections de documentaires et de films engagés. Lieu : salle culturelle Berlioz, 361, allée Hector-Berlioz, campus universitaire de Grenoble - Saint-Martin-d'Hères. Evénement à prix libre. Le programme complet et très fourni de cette manifestation peut être consulté ou téléchargé. Courriel : entropie.asso(at)yahoo.fr

Résistance autochtone. Le Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan) vous invite, dans le cadre de la Journée internationale de solidarité avec les peuples amérindiens, à une soirée « 520 ans de résistance autochtone dans les Amériques », le 12 octobre, à partir de 19 heures, à l'Espace Daniel-Sorano (théâtre), 16, rue Charles-Pathé, Vincennes (M° Bérault ou Château-de-Vincennes). Tables de presse, librairie amérindienne, vente d'artisanat de coopératives… Projection du film Un été indien à Genève (52 min., 1986), de Pierrette Birraux-Ziegler (doCip) et Volkmar Ziegler. Table ronde à 21 heures, en présence de représentants autochtones des trois Amériques et d'Océanie. A 22 h 30, hommage à Leonard Peltier et aux prisonniers politiques en lutte, puis chant traditionnel amérindien. (PAF : 8 euros - tarif réduit : 6 euros.) Programme détaillé de la soirée.

L'anar de la série noire. A la Bibliothèque des littératures policières (Bilipo), se tient jusqu'au 13 octobre une exposition « Meckert-Amila : de la Blanche à la Série noire » pour rendre hommage à Jean Meckert (1910-1995), l'une des figures majeures du roman noir français. Sous le pseudonyme de Jean Amila, il marqua profondément de son empreinte les premières décennies de la collection Série noire avec plus d'une vingtaine de romans (lire notice sur Wikipédia). Cette exposition bénéficie des archives inédites du fils de l'écrivain, Laurent Meckert, et des documents de la bibliothèque. Bilipo, 48-50, rue du Cardinal-Lemoine (M° Cardinal-Lemoine). Du mardi au vendredi, de 14 à 18 heures ; samedi, de 10 à 17 heures (entrée libre).

Pendaison de crémaillère. Le Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) inaugure les 13 et 14 octobre son nouveau local situé au 50, rue Consolat, Marseille 1er. Le week-end sera consacré à recevoir les visiteurs pour trinquer à ce nouveau départ. Il y aura de quoi manger, boire et se documenter grâce une braderie de livres et revues à prix libre. L'animation musicale sera assurée par les chansons de Meille, René, une chorale… et peut-être d'autres. L'horaire souhaité est entre 11 heures et minuit pour respecter la tranquillité des voisins. Courriel : cira.marseille(at)free.fr - site Internet.

Antifascisme. L'association Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa) vous propose d'assister, le 20 octobre à Paris, à une journée-débat axée sur le milieu syndical à propos des enjeux de la lutte contre l'enracinement de l'extrême droite en France après l'élection présidentielle. Programme : 11 heures à 13 heures, « Le syndicalisme face à l'extrême droite », avec un intervenant de Visa, un ou une sociologue et des syndicalistes ; 13 heures à 14 heures, repas sur place ; 14 heures à 16 h 30, « Front national et droites extrêmes », un intervenant de Visa et un sociologue ; 16 h 30 à 18 h 30, « La crise économique et l'extrême droite », un intervenant de Visa, un syndicaliste et un économiste ; 18 h 30 à 19 h 45, « Débat sur la coordination des associations et syndicats contre l'extrême droite ». Un repas terminera la journée. Inscription sur le site. Courriel : assovisabi(at)gmail.com

Perspectives stirnériennes. Une journée d'étude « Actualité de Max Stirner. Perspectives radicales pour aujourd'hui » est organisée par Tanguy L'Aminot et Maurice Schuhmann, président de la Max Stirner Gesellschaft, de 9 h 30 à 17 heures le 27 octobre, salle G366, université de Paris-Sorbonne, 1, rue Victor-Cousin, Paris 5e. Programme du matin : 9 h 30 à 10 heures, accueil et ouverture ; 10 heures à 10 h 45, Maurice Schuhmann : « Max Stirner - actualité de l'individualité radicale » ; 10 h 45 à 11 h 15, Anatole Lucet : « L'éducation comme création de soi chez Stirner » ; 11 h 15 à 12 heures, Djamel Benkrid : « La problématique de la question de l'être dans le paradigme de Nietzsche et Max Stirner » ; 12 heures à 12 h 45, Antoine Lizan : « Max Stirner et l'exigence d'authenticité ». Programme de l'après-midi : de 14 h 30 à 15 h 15, table ronde animée par Tanguy L'Aminot avec Pierre Jouventin et Philippe Mortimer : « Stirner en France vers 1970 : à propos de Ego, Pausole et Daniel Joubert » ; 15 h 15 à 16 heures, Angelos Triantafyllou : « Alain Jouffroy et l'individualisme révolutionnaire : Stirner et l'Externet » ; 16 heures à 16 h 45, Yannis Constantinidès : « La nouvelle “bonne cause” : la lutte contre la vulnérabilité ».

Théâtre. Le Festival international de théâtre anarchiste de Montréal (Fitam) recherche, pour sa huitième édition qui se déroulera les 21 et 22 mai 2013, des pièces de théâtre écrites en français ou en anglais portant sur le thème de l'anarchisme ou sur tout sujet s'y rapportant, c'est-à-dire contre toute forme de pouvoir, le capitalisme, la guerre, l'aliénation, le travail salarié… Il prendra aussi en considération les textes traitant, à partir d'une perspective anarchiste, de justice écologique, sociale et économique, de race, de classe et de genre. Date limite d'inscription : 20 janvier 2013. Les troupes et personnes souhaitant y présenter leurs œuvres doivent remplir le formulaire de participation disponible en ligne. Plus d'informations sur le site du festival. Courriel : anarchistefestival(at)yahoo.ca - adresse postale : Montreal International Anarchist Theatre Festival, CP 266, succ. C, Montreal, QC H2L 4K1, Canada.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (octobre). On attribue généralement à Winston Churchill la remarque qu'« un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». Et il est très facile d'oublier son passé lorsque certains « historiens » cathodiques et médiatisés omettent des faits, se livrent à des manipulations, quand ce n'est pas à de pures falsifications. Le dernier en date est le célèbre Lorànt Deutsch avec son Métronome. L'histoire de France au rythme du métro parisien (Michel Lafon) et la série « docu-fiction » (termes bien contradictoires !) qui en a découlé sur France 5 ; succès sponsorisé entre autres par la Ville de Paris (lire vœu présenté par Alexis Corbière au conseil de Paris). L'ouvrage ne comporte aucune référence, aucune bibliographie, mais d'innombrables erreurs et une vision « très archaïques, pour ne pas dire conservatrice de l'histoire, centrée sur les grands personnages, les rois, les reines, les saints et les saintes… » (« Oups, j'ai marché dans Lorànt Deutsch »). Les sites Histoire pour tous (« Pour en finir avec… ») et Goliard(s), sous la plume de William Blanc (« La Révolution version Deutsch, ou l'histoire Yop »), ont tenté de dégonfler la baudruche. Bien mal leur en a pris, des journalistes de la presse nationale, sans jamais soulever les questions de fond, se sont rués au secours du « sympathique petit gars » et dénoncé une « vaine polémique ourdie par des historiens ultragauchistes » (« Goliard[s] ne veut la tête de personnes »), sans que les institutions qui auraient dû émettre des critiques s'en soucient ou à retardement (« Métronome sur France Culture »). Inquiétant, non, cette manie de laisser aux « industriels de la transmission » le rôle de vulgariser l'histoire ? Elitisme, crainte des médias, peur pour sa carrière ?… Après Paris et le métro, il serait même question que le « petit gars » s'attaque à une histoire de France ! Ça craint ! Un appel, lancé par le collectif des 451, se donne pour but la constitution d'un groupe d'action et de réflexion autour des métiers du livre (site Internet). Les signataires constatent que « l'industrie du livre vit en grande partie grâce à la précarité qu'acceptent nombre de ses travailleurs », tandis que « d'autres ont bien compris que le livre est surtout une marchandise avec laquelle il est possible d'engranger des profits conséquents ». Conscients que, « contrainte par le critère du succès, la production d'essais, de littérature ou de poésie s'appauvrit, [que] les fonds de librairie ou de bibliothèque s'épuisent », que « la valeur d'un livre devient donc fonction de ses chiffres de vente et non de son contenu : il ne sera bientôt plus possible de lire que ce qui marche ». Ne pouvant se « résoudre à réduire le livre et son contenu à un flux d'informations numériques et cliquables ad nauseam [car] ce que nous produisons, partageons et vendons est avant tout un objet social, politique et poétique », ils invitent les personnes intéressées à une « première session nationale de discussions, en vue de partager des réflexions, d'élaborer des groupes de travail ou de préparer des actions communes ». Cette rencontre aurait lieu à Montreuil, le week-end du 12 et 13 janvier 2013, à la Parole errante, 9, rue François-Debergue (M° Croix-de-Chavaux). Les thèmes jusqu'ici retenus sont : 1. Conditions de travail dans les métiers du livre ; 2. Vente en ligne et numérisation ; 3. de l'auteur au lecteur : métiers et savoir-faire dans la chaîne du livre ; 4. L'économie du livre : entre partage et profits (associations, commerces, coopératives, mutuelles d'achat, bibliothèques…) ; 5. Quels lieux pour le livre ? Une nouvelle émission hebdomadaire de Radio-Libertaire, « Voix de l'anarchisme international », est consacrée à la diffusion d'enregistrements réalisés à Saint-Imier (lire info). Elle a commencé le 18 septembre et donne rendez-vous aux auditeurs tous les mardis, de 14 h 30 à 16 heures, pendant environ trois mois. Consultation des programmes. Après la Croatie (2 octobre) et la présentation des actions et des propositions du MASA (réseau anarcho-syndicaliste), notamment dans la grande ville portuaire de Rijeka, ça sera au tour de la Grèce. Yannis Youlountas évoquera (9 octobre) la mise en place d'alternatives populaires de vie et de… survie, et Samuel Wahl présentera son court-métrage Grèce générale (voir sur Youtube). Ecoute de la radio sur Internet. Téléchargement des émissions. L'étude du sociologue Normand Filion (université Toulouse-Le Mirail) sur « Les nouveaux rassemblements de personnes : enjeux et perspectives », rédigée en août 2009 à la demande de la gendarmerie nationale, est tombée en de mauvaises mains et peut être téléchargée librement (PDF 54 Mo) sur le site Rebellyon. Y sont passés en revue : les rassemblements festifs de masse, furtifs ou non, les actions du « clan du néon », des Déboulonneurs, des dégonfleurs, des brigades activistes de clowns, les opérations « coup de poing » (étudiants), les stratégies des Black Blocs, etc. Le septième et dernier chapitre est un « essai de prospective croisée ». Selon le site, cette étude serait réactualisée chaque année. Il est à noter le peu de sympathie que le sociologue accorde à certains activistes qu'il accuse de « mensonges, business et récupération ». Sont entre autres visés les désobéissants, Jeudi noir et les prétendues « manifs de droite » : « Par conséquent, et malgré ses actions dérangeantes, il apparaît à nos yeux que le collectif des désobéissants n'est pas là pour agir, mais pour exister [souligné par l'auteur]. Ou plutôt, en tant que phénomène postmoderne, son but serait plutôt de se voir en train d'exister. Une imposture militante. » Quelle est « la position personnelle et le rôle de leur leader » (Xavier Renou) ? « La deuxième hypothèse est celle du cynisme, du carriérisme et de l'embuscade. Développant une “pensée” de gauche, formé à Sceinces-Po et disposant d'une médiatisation tout azimut, les ingrédients d'une carrière politique y sont et le passage à l'acte (comme l'a fait José Bové) n'est peut être pas à exclure. » Saignant et instructif ! Les 22, 23 et 24 juin dernier s'est tenue à Paris et à Montreuil (lire info) une Foire à l'autogestion. A cette occasion, de nombreux débats ont eu lieu et certaines interventions enregistrées. On peut, par exemple, suivre sur Dailymotion celles concernant « Autogestion et production », « Décroissance et autogestion » (Alex, CNT bâtiment - Paul Ariès), « Autogestion Argentine » (Frank Mintz - Mathias, FOL), « Autogestion et pédagogie » (Romuald Avet - Laurent Ott), etc. Les Editions antisociales ont récemment publié Chronique de Youv derrière les barreaux, un recueil de « bouteilles à la mer » échappées de prison (et de la censure de Facebook, pour les premières), écrites par un auteur anonyme, d'origine mauritanienne. Ce « nouveau barbare noir et musulman », révolté et sensible à l'appel « du tout, tout de suite » (comme beaucoup de financiers !), a grandi dans une cité du Val-Fourré (Yvelines) et purge actuellement une lourde peine dans une prison française pour divers vols à main armée commis au début des années 2000. Ce récit de sa jeunesse, de ce qui l'a conduit en taule, de la vie quotidienne entre quatre murs constitue un témoignage brut, sincère, lucide, sans apitoiement sur son sort ; c'est celui d'un homme digne et libre (bien plus, dans l'expression, que beaucoup à l'extérieur). Cela surpasse moult études universitaires et la lecture de ces quatre brochures (l'œuvre est encore en cours de rédaction), au style coulé (sans virgules), imagé, est passionnante. Elles sont librement téléchargeables par volume ou réunies, et vendus au prix de 5 euros l'exemplaire (à la librairie du Monde libertaire, entre autres). On peut également suivre en direct la « Chronique de Youv » sur Facebook. Kafka n'est pas mort ! Comment peut-on être jugé trente-sept ans après des faits, pour avoir prétendument participé à la logistique d'une action, alors que le seul témoin, repenti, accusé lui d'assassinat, a été gracié après quatre ans de prison, et que l'autre personne mise en cause a été relaxée ? Comment peut-on être extradable alors que onze ans plus tôt la justice s'est prononcé contre car les faits étaient prescrits en droit français ? Comment peut-on être arrêté et extradé, sans qu'une accusation ou des faits nouveaux le justifie, simplement parce que des accords dans le cadre de l'espace de Schengen ont été signés et qu'ils ont valeur rétroactive ? C'est ce qui est arrivé à Sonja Suder (80 ans) et Christian Gauger (71 ans) dont le procès s'est ouvert à Franfort (Allemagne) le 21 septembre dernier (site de leur comité de soutien). Et cela risque de durer longtemps car, du fait de l'état physique de Christian Gauger, qui souffre d'une affection cardiaque grave (il a été extradé en ambulance, placé dans un hôpital carcéral, puis libéré pour raisons médicales), le procès ne peut avoir lieu qu'au rythme de deux séances de trois heures par semaine. On songe bien sûr au dictateur Augusto Pinochet (3 200 morts, plus de 38 000 personnes torturées, des milliers d'arrestations d'opposants à son actif), trop malade en novembre 1998 pour être jugé au Royaume-Uni, montrant son excellente forme physique (pour un homme de 83 ans) à l'aéroport de Santiago du Chili, décédé en décembre 2006 sans jamais avoir été jugé. Mais, évidemment, il n'y a rien de comparable…

 

PÉRIODIQUES

Théolib (n° 58, juin, 60 p., 6,50 euros, site), la « revue trimestrielle du libéralisme théologique » (protestant) consacre ce numéro à « L'idéalisme libertaire. Autour d'Elie Reclus, Ernest Gégout, Han Ryner… ». Un premier article aborde, avec l'évocation de son journal, la position d'Elie Reclus par rapport à la Commune de Paris – critiques des hommes et fidélité à l'idéal. L'auteur, soulignant que, chez lui, « la cause révolutionnaire est avant tout une immense espérance » et que ce « vouloir-croire » est peut-être « l'un des traits distinctifs d'une large partie du courant libertaire, au XIXe siècle ». Un second texte traite, à propos de la réédition du Jésus de Gégout (lire ci-dessus), des trois niveaux de lecture de l'ouvrage : une sorte de farce destinée à la censure, une critique libertaire de la société et… un évangile délivrant un message d'humanité et de sincérité. De même pour Han Ryner, dans Le Cinquième Evangile avec son Jésus stoïcien privilégiant le « royaume intérieur » et prêchant une « éthique (…) affranchie du moralisme ». Quant au dernier article, il s'agit d'une « Mini théologie à l'usage des amateurs » qui se conclut sur le souhait d'une « Eglise sans clergé ni dogme, ouverte à tous, et avec seul programme de réaliser “une vie plus sainte au-dedans, plus active au-dehors” » Un objectif qui pourrait convenir aux anarchistes s'il concerne un monde sans hiérarchie ni dogme… et l'égalité sociale en plus ! Depuis la rentrée, Le Monde libertaire se décline en trois éditions : l'hebdomadaire à 24 pages (2,50 euros), à raison de trente-cinq numéros par an au lieu de quarante actuellement ; un hors-série de 68 pages, tous les deux mois, vendu 5 euros en kiosques (le premier de cette série paraissant à la fin du mois) ; un numéro gratuit de 8 pages, tous les quinze jours, que l'on peut télécharger sur le site du journal. Cet exemplaire ne sera pas un digest de l'hebdo comme avant et semble adopter une orientation plus régionaliste. Si l'on se réjouit à l'annonce de hors-séries plus nombreux, surtout si la qualité est au rendez-vous, on peut s'étonner en revanche de cette espèce de concurrence entre le gratuit et l'hebdo qui mobilise les énergies et risque d'être néfaste au second. Est-ce vraiment la bonne méthode pour réagir à la réforme de Presstalis et de la distribution de la presse (lire info de février 2012 et article « Presse de mal en pis ») ? Au sommaire du dernier numéro de l'hebdo (du 18 octobre au 7 novembre) : Maurice Rajsfus n'est pas loin de penser que les rues de Marseille sont plus sûres depuis la dissolution de la BAC nord ; Jacques Langlois s'interroge « à propos de Bernard Arnault, d'exil fiscal, de morale libérale et de collusion entre les affaires et la politique » ; Jean-Manuel Traimond nous fait part de « ce que le pouvoir fait au cerveau » (hormones au rendez-vous !) ; un article sur Stig Dagerman (à propos de cet auteur, lire aussi A contretemps n° 12)… Alternative libertaire (n° 221, octobre, 20 p., 2 euros, site) se livre dans ses premières pages à un réquisitoire contre le gouvernement Hollande-Ayrault (« Le pouvoir change, la rigueur reste »), passant en revue la politique d'austérité (oh ! le gros mot car il s'agit maintenant de « redressement dans la justice ») : traité européen, augmentation de la CSG, taxation « provisoire » des riches, « emplois d'avenir » (retour en fait des « emplois jeunes »), etc. En matière de politique énergétique, le pouvoir socialiste « n'en finit pas d'enchaîner les effets d'annonces et les marches arrières », sur fond de renoncements des écolos de gouvernement. Vals, lui, a chaussé les bottes de Guéant et expulse de plus belle les Roms (mais « humainement », paraît-il) après quelques mesurettes poudre-au-yeux pour favoriser… leur emploi. Pendant ce temps, les fermetures d'entreprises se multiplient. Quant à Sanofi, « l'essentiel [étant] l'actionnaire », les licenciements demeurent, ainsi que les profits et les financements publics. Deux autres articles à signaler, l'un sur l'islamophobie, côté pile avec Alain Soral et, côté face, avec Caroline Fourest ; l'autre, historique, à propos de « La résistance ouvrière à Vichy ». Titré « Prolétariat, affaire classée ? », le dossier de la revue Offensive (n° 35, septembre-novembre, 52 p., 4 euros, site) paraît partir à la recherche du « défunt » prolétariat (a-t-il réellement existé en tant que tel ?), découvre la prolétarisation de la classe moyenne et essaye de mieux comprendre ce qui se joue dans les luttes actuelles. Le cheminement est pour une fois un peu confus mais les articles sont toujours de bon niveau. Outre les trois sujets évoqués, un exemple de l'individualisation du travail et de la difficile résistance collective nous est donné avec les centres d'appel, peut-on concevoir la révolution sans le « prolétariat », qui sont ces « militants de l'économie », rapports de sexe et/ou de classe, quel est aujourd'hui le « sujet révolutionnaire » ?… Par ailleurs, un article sur « La tentation de l'humour sexiste » ciblant la presse alternative, radicale ou anarchiste, et un « petit bêtisier libertaire illustré » font mouche et devraient nous inciter à éviter les raccourcis misogyne ou homophobe, et à réfléchir sur la signification de l'image véhiculée. Courant alternatif (n° 223, octobre, 32 p., 3 euros, site) effectue un bilan de différentes luttes sociales (PSA Rennes, CHU Caen, CREA Toulouse…) et environnementales : contre la ligne à très haute tension (THT) au camp du Chefresne (Manche), contre le projet d'Aéroport du Grand Ouest (les événements se sont depuis précipités avec plusieurs lieux expulsés puis réoccupés, lire les « nouvelles du front »), contre la ligne à grande vitesse Lyon-Turin (mouvement No Tav) et les différentes résistances au nucléaire. Même si les forces en présence sont disproportionnées, la mobilisation acharnée et sans concession rend ces grands travaux inutiles très coûteux. Ce qui est le but recherché. Plusieurs pages portent sur la Rencontre internationale de Saint-Imier et le jugement des militants de l'Organisation communiste libertaire (OCL) qui y ont participé est plutôt sévère : « Ces rassemblements (…) paraissent déconnectés de l'actualité des luttes, de la crise du capital, de la nécessité d'inventer des pratiques collectives de résistance et de rupture (…). » Dénonçant ainsi l'« unanisme de façade », le côté « intemporel » de certains débats, le « style “conférence” [qui] a fréquemment primé au détriment de vrais échanges », ainsi que… la « dictature » et le coup de force vegan. Un compte rendu des débats proposés par l'OCL conclut cette « soupe à la grimace ». Et, pour terminer, signalons une naissance : Divergences est mort, vive Divergences 2 ! En fait, le premier site servira de lieu d'archivage pour les numéros parus depuis 2006 et le second s'ouvre avec la livraison d'octobre 2012 (n° 35), mais c'est toujours une « revue internationale libertaire » en plusieurs langues. Qu'est-ce qui a changé ? Les textes en espagnols semblent avoir disparu, une mise en page peut-être plus structurée et plus resserrée… mais les articles sont toujours aussi intéressants, et le mélange entre textes de fond, nouvelles internationales et expression culturelle ou graphique (très diversifiée) est particulièrement harmonieux. La maquette du sommaire est plutôt réussie avec des illustrations qui se poursuivent et se répondent. Un seul regret, quelques réalisations graphiques (entre autres celle de Nelly Trumel) souffrent de nanisme et mériteraient un développement plus important.

 

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