Mars 2015

EN VRAC SUR LE WEB

Le site Street Press a établit une carte parisienne de la « gauche alternative » qui regroupe bars, commerces et lieux de vie ; librairies et bibliothèques ; partis et syndicats ; squats, collectifs et associations ; lieux remarquables (!). Sans surprise (pour les initiés) mais bien fait… et le courant libertaire et anarcho-syndicaliste est particulièrement bien représenté. Les exploits de la bande à Bonnot ont donné l’idée à Victorin-Hippolyte Jasset (article sur Wikipédia), un réalisateur spécialiste de la « série policière » sur grand écran, de s’en inspiré pour tourner en 1912 les Bandits en automobile. Le film muet, restauré en 2007 par la Cinémathèque royale de Belgique, est visionnable sur YouTube malgré quelques défauts dûs à l’outrage du temps. En dépit des outrances et de quelques libertés prises avec l’histoire, c’est une intéressante reconstitution à chaud des événements qui restitue bien l’ambiance de l’époque. En prime, une carte postale sur le site Cartoliste représentant un cinéma qui projette le second épisode, Hors la loi. On devrait prochainement retrouver des anarchistes au cinéma avec le film d’Elie Wajeman (site) qui relate l’histoire d’un flic infiltré attiré par les idées libertaires. Principaux commédiens : Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos. Les médias ont abondamment dénoncé les destructions de statues, frises et autres trésors préislamiques du musée de Mossoul, puis celles concernant les ruines assyriennes de Nimroud par l’Organisation de l’Etat islamique (OEI). Ce crime contre l’humanité n’est pas contestable, mais les Occidentaux sont-ils bien les plus habilités à porter des jugements en ce domaine ? Généralement, on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu. Certains ont rappelé la destruction des bouddhas de Bamiyan par les talibans en mars 2001, mais nul n’a établi de relation avec les destructions commises durant des siècles par l’Eglise catholique : en Europe (destructions de temples et de lieux de cultes païens), dans les Amériques et en Asie (le site Athéisme.org présente, par exemple, une carte postale montrant un prêtre et une vierge trônant au-dessus d’un amas de statuettes bouddhistes). Toutes les religions ont commis ce genre d’holocauste culturel et il serait bon d’en établir la liste pour chacune, question de ne pas oublier leur nocivité. Pas de nouvelles de Raif Badawi, le blogueur saoudien condamné à mille coups de fouet et à dix ans de prison « pour avoir créé un forum en ligne destiné au débat public et “insulté l'islam” » (précédente chronique). Selon Libération, sa femme réfugiée au Canada craindrait qu’il soit prochainement jugé pour « apostasie » (peine de mort possible). A Cuba, le blasphème contre la « religion de l’Etat révolutionnaire » vous conduit aussi en prison : un taggeur en mal de performance en a fait les frais. Il a été arrêté dans un taxi transportant deux porcs vivants, peints en vert et portant inscrits sur leurs flancs les noms de Fidel et de Raúl. L’artiste souhaitait les relâcher dans un parc au centre de La Havane pour renouer avec une tradition rurale. Depuis, il est hébergé à la prison de Valle Grande (lire infos) et on ne sait ce que sont devenus les petits cochons. Si la revue Offensive a arrêté de paraître en 2013 (lettre), sa rédaction a voulu laisser disponible à la consultation et au téléchargement la presque totalité des numéros publiés. On peut les trouver sur ce site ou sur Anarlivres avec les thèmes des différents dossiers (rubrique OLS). Les paranos et tous ceux qui souhaitent être le moins contrôlable possible dans le merveilleux monde du Web doivent consulter le Guide d’autodéfense numérique (accessible en ligne en deux volumes) et récemment paru en version papier aux éditions Tahin Party (512 p., format : 20 × 20 cm, 15 euros). Avis aux amateurs, « on y trouve des éléments de compréhension de l'outil informatique et de ses failles, des éléments de réflexion permettant d'élaborer et de mettre en place des “politiques de sécurité” et des outils permettant à quiconque d'apprendre et de répandre des pratiques de protection appropriées à chaque situation. » Le groupe Puig-Antich s’est récemment dé-fédéraliser de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) à la suite d’un certains nombres de divergences qu’il analyse dans un texte où il dénonce pratiques sectaires et autoritaires, dérives idéologiques (références à des « minorités nationales », principes d’unité stratégique et d’unité tactique…) et différences d’analyses sur des sujets tels que l’antipatriarcat, l’islamophobie et l’anticléricalisme (). Grand Angle accueille les textes des séminaires du groupe Etape (Explorations théoriques anarchistes pragmatistes pour l’émancipation) « qui regroupe des militants de différentes organisations anarchistes ainsi que des personnes extérieures au milieu anarchiste mais intéressées par les idées libertaires, pour certains chercheurs ou doctorants ». Quelques thèmes précédemment abordés : « L’autogestion en pratiques », « Expériences précaires et émancipation », « Sur la pensée critique, émancipatrice et altermondialiste », « L’idée du capitalisme comme aliénation aujourd’hui », etc. Thème du séminaire à venir : « Libéralisme, anarchisme et critique de l’Etat », avec Ruwen Ogien. A la mi-février s’est tenue à Paris une réunion (compte rendu) en soutien au militant anarchiste et antifasciste Alexandre Koltchenko. Ukrainien résidant en Crimée, il a été arrêté le 16 mai 2014 à Simferopol pour avoir organisé une manifestation pacifique de protestation contre l’occupation militaire russe et le référendum truqué. Détenu par le FSB (police politique, ex-KGB), il a été emmené à Moscou avec, entre autres, le réalisateur Oleg Sentsov. Il « est accusé d’avoir participé à un “groupe terroriste” [d’extrême droite], planifié des explosions près de la statue de Lénine à Simferopol les 8 et 9 mai, saboté des voies ferrées et des lignes électriques, tenté d’incendier les locaux de l’Unité russe et de la Communauté russe de Crimée le 14 avril, et ceux de Russie unie le 18 avril ! » (article de Médiapart). On peut organiser des actions de solidarité ou participer à celles qui vont être mises en place, avant début avril, date à laquelle le tribunal de Lefortovo doit se prononcer (infos et contacts sur le site du Libertaire).

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Saint-Denis, 1er mars. A 15 heures, aux « Dimanches de la Dionyversité », il sera question de « La Commune de Paris et la presse : une bataille iconographique », avec Laurent Bihl, historien et spécialiste de l'image. Rendez-vous au Musée d'art et d'histoire, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris). Site Internet.

Montpellier, 3 mars. Le groupe Un autre futur de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) présentera son ouvrage Crises, analyses libertaires. Comprendre pour lutter (à télécharger), à 18 heures, à l'université Paul-Valéry (salle Crampoux). La présentation sera suivie d'un débat. Site Internet.

Montpellier, 5 mars. Conférence-débat « Turismo molesto ou le harcèlement touristique : politiques urbaines et instrumentalisation du tourisme », par Daniel Bartement, géographe, maître de conférences à l'université Montpellier-III. A 20 heures, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Rennes, 5 mars. Conférence animée par Alan Le Cloarec sur le thème « Emile Masson et le premier PNB, une pensée révolutionnaire de gauche dans les origines du mouvement breton contemporain », à 18 h 30, amphi A1 Rennes-II, place du recteur Henri-Le-Moal. Organisée par la section universitaire du Syndicat des travailleurs de Bretagne.

Limoges, 6 mars. Soirée poésie avec Yves Le Car, conteur et jongleur de mots, à 19 heures, salle de conférences de la BFM, 2, place Aimé-Césaire. Entrée libre. Organisée par le Centre internationale de recherche sur l’anarchisme (CIRA) limousin, avec le soutien du groupe de l’Union pacifiste et de la Libre Pensée 87.

Marseille, 6 mars. A 20 heures, intervention théâtrale par la compagnie Catamavra : « Alexandre Marius Jacob. 34 777, anarchiste, cambrioleur, bagnard » à l’Equitable café, 54, cours Julien, Marseille 6e. Prix libre. Site Internet.

Paris, 6 mars. Rencontre-débat : Patrick Zech s’entretient avec Bernard Friot autour de son livre Emanciper le travail (La Dispute), à 19 h 30, librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Clermont-Ferrand, 7 mars. La CNT-AIT 63 organise une soirée de soutien aux inculpés anarchistes espagnols à partir de 20 heure à l’Hôtel des Vils, 55, avenue Union-Soviétique : diffusion de courts-métrages, discussions autour de la répression, table de presse… Athénéo du Puy-de-Dôme.

Lille, 7 mars. Projection du film Tout est permis, mais rien n’est possible (2012, 55 min), d’Ossian Gani et Fabien Trémeau, sur la réflexion du sociologue Michel Clouscard et l’idéologie « libérale-libertaire ». A 16 heures, à L'Insoumise (bouquinerie occupée), 10, rue d'Arras. Site Internet.

Paris, 7 mars. Conférence-débat sur « Les enjeux de la théorie darwinienne de l'évolution », avec Marc Silberstein. A 16 heures, bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Paris, 7 mars. La librairie du Monde libertaire et Mots et musiques présentent le festival Femmes de paroles : concert, à 17 h 30, avec Nathalie Solence et Claude Gaisne à la guitare. Au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Clermont-Ferrand, 7 mars. La CNT-AIT 63 organise une soirée de soutien aux inculpés anarchistes espagnols à partir de 20 heure à l’Hôtel des Vils, 55, avenue Union-Soviétique : diffusion de courts-métrages, discussions autour de la répression, table de presse… Athénéo du Puy-de-Dôme.

Lille, 7 mars. Projection du film Tout est permis, mais rien n’est possible (2012, 55 min), d’Ossian Gani et Fabien Trémeau, sur la réflexion du sociologue Michel Clouscard et l’idéologie « libérale-libertaire ». A 16 heures, à L'Insoumise (bouquinerie occupée), 10, rue d'Arras. Site Internet.

Paris, 7 mars. Conférence-débat sur « Les enjeux de la théorie darwinienne de l'évolution », avec Marc Silberstein. A 16 heures, bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Paris, 7 mars. La librairie du Monde libertaire et Mots et musiques présentent le festival Femmes de paroles : concert, à 17 h 30, avec Nathalie Solence et Claude Gaisne à la guitare. Au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Bagnolet, 11 mars. Projection et goûter à partager pour les enfants du quartier et d'ailleurs à 15 h 30 précises, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Paris, 12 mars. Vernissage de l’exposition « Kronstadt 1921 », peintures d’Eric Savignac et textes de Dominique Guérin. A cette occasion, Alexandre Skirda, auteur de plusieurs ouvrages sur cette période, présentera son film documentaire Le Commandant de Kronstadt parle. A partir de 18 h 30, librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Bagnolet, 12 mars. « La vie sous la contre-révolution » : projection du film Little Caesar (1931, 79 min), de Mervyn LeRoy, suivie d’une discussion sur le roman noir américain, sa signification sociale et politique. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Lyon, 13 mars. Conférence-débat avec Philippe Pelletier qui présentera son livre Anarchisme, vent debout (Cavalier bleu) à la MJC Monplaisir, 25, avenue des Frères-Lumière, Lyon 8e. Entrée libre. Organisée par le groupe Graine d’anar (FA).

Lille, 14 mars. Projection à 16 heures du film documentaire Sur les toits (2013, 90 min), de Nicolas Drolc, à propos des mutineries de 1971 et 1972 dans les prisons françaises. A L'Insoumise (bouquinerie occupée), 10, rue d'Arras. Site Internet.

Marseille, 14 mars. A 17 heures, causerie animée par Erwan Redon, Nicolas Sonnet, Marie Claude Labourin et Vincent Reyes : « De l’éducation nationale à une alternative éducative ». Entrée libre. Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 50, rue Consolat, Marseille 1er. Site Internet.

Marseille, 14 mars. Le groupe Germinal (FA) organise une journée de soutien au Chiapas : à 19 heures, à Mille Babords, causerie sur l'actualité des luttes zapatistes avec Guillaume Goutte ; à 21 heures, à La Salle Gueule, concert de soutien avec Butcher Project (crust), Cavacade (punk) et The Chemiste and the Acevities (anarcho-surf). Entrée : 5 euros.

Paris, 14 mars. La librairie du Monde libertaire et Mots et musiques présentent le festival Femmes de paroles : concert, à 17 h 30, Annick Cisaruk chante Léo Ferré avec David Venitucci. Au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Paris, 14 mars. Concert-bal irlandais organisé par le Syndicat unifié du bâtiment - CNT, avec Kwaga Band, à partir de 19 h 30, rue des Vignoles, Paris 20e. Entrée libre. Buvette et restauration. Site Internet.

Rouen, 14 mars. Rencontre avec Justhom autour de son nouveau livre Madeleine Vernet (1878-1949). Houlmoise pacifiste, éducatrice libertaire et féministe. A 15 heures, librairie L’Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire. Entrée libre.

Lyon, 15 mars. Dans le cadre du Printemps des poètes, soirée poésie et contes à partir de 19 heures avec Vincent (Peau d’être) et Lionel Perrin (Révolte, paresse et liberté), à la librairie La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Site Internet.

Paris, 17 mars. A 18 heures, projection d’Elisée Reclus, la passion du monde (2012, 52 min), de Nicolas Eprendre, puis débat avec le réalisateur et le géographe Philippe Pelletier, amphi 302 de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris - La Villette, 145, avenue de Flandre, Paris 19e. Site du film.

Paris, 17 mars. Projection de Libertarias (1996, 125 min, VO sous-titrée) de Vicente Aranda, à 20 h 30, en présence du réalisateur. Ce film, qui relate l’action des Mujeres Libres pendant la révolution espagnole, n’a jamais été distribué en France et n’a été projeté qu’au Festival du film méditerranéen de Montpellier en 1997. Cinéma Le Saint-André-des Arts, 30, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6e. Site Internet.

Amiens, 18 mars. Le journal Le Poing organise une soirée ciné-débat, à 19 heures, salle Maurice-Honeste, 67, boulevard du Cange, avec la projection du documentaire Vivre l'utopie (1997, 96 min), de Juan Gamero, sur l’Espagne libertaire de 1936.

Paris, 18 mars. Ciné-club du groupe Commune de Paris (FA) : Il n’y a plus de fous (55 min, 3e partie d’Un autre futur), de Richard Prost, sur la fin de la guerre d’Espagne et l’exil. A 20 heures, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Merlieux (02), 19 mars. De 18 h 30 à 21 heures, rencontre-débat à la Bibliothèque sociale avec l’écrivain Guy Marival, autour de son ouvrage La Chanson de Craonne (Corsaire Editions). Table de presse, apéro dînatoire. Athénée libertaire, 8, rue de Fouquerolles. Site Internet.

Paris, 20 mars. Soirée « Elisée Reclus. Rencontres et documentaire », avec Christophe Brun pour son ouvrage Elisée Reclus. Les grands textes (Flammarion) et Isabelle Pivert, des Editions du Sextant, qui a édité Fragment d’un voyage à La Nouvelle-Orléans et L’Anarchie d’Elisée Reclus. A 19 heures, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Paris, 21 mars. Conférence-débat de « L’Ecole de La Rue » : « La théorie darwinienne de l'évolution et la biologie du développement », par Franck Bourrat. A 16 heures, bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Paris, 21 mars. La librairie du Monde libertaire et Mots et musiques présentent le festival Femmes de paroles : concert, à 17 h 30, avec Sabine Viret. Au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire).

Chambéry, 21 mars. Les libertaires de Chambéry vous invitent au 2e Concert sans frontières. A partir de 18 heures, discussions libres ; 19 heures, début des concerts avec : O Deves (chants tziganes), Prince Ringard (folk rock), Paranoïa (ska), Cartouche (punk rock). Et Yan'oï aux platines entre les groupes et pour finir la soirée. A manger (avec La Marmite) et à boire. Table de presse. Entrée à prix libre. Salle La Bisseraine, 505, route de La Labiaz, quartier de Bissy.

Paris, 22 mars. A partir de 17 heures, concert de soutien à la bibliothèque anarchiste Le Jargon libre avec Brassens Not Dead (punk) et Les Naufrages (punk chanson) au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Nation). Le Jargon libre est ouvert du lundi au samedi, de 14 à 20 heures, au 32, rue Henri-Chevreau, Paris 20e.

Lyon, 26 mars. La librairie La Gryffe et la Frapna Rhône vous invitent à la projection, à 20 heures, de Gabès Labess (2014, 47 min) de Habib Ayeb. Le film, qui questionne sur les modèles actuels de développement, sera suivi d’un débat avec le réalisateur. Maison rhodanienne de l’environnement (MRE), 32, rue Sainte-Hélène, Lyon 2e. Entrée gratuite.

Vannes, 26 mars. Projection-conférence-débat, à 20 heures, Palais des arts, place de Bretagne : « L'expérience zapatiste, une alternative concrète au capitalisme », avec Guillaume Goutte, auteur de Tout pour tous ! (Libertalia). Organisé par le groupe libertaire René-Lochu (FA). Entrée libre. Site Internet.

Paris, 27 mars. Soirée vidéo à la Librairie du Monde libertaire : concert de John Lee Hooker dans les années 70, avec Thierry de l'émission « Blues en liberté » (Radio-Libertaire). A 19 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Lyon, 28 mars. Rencontre-débat à 17 heures avec des membres de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) autour de la brochure Crises, analyses libertaires. Comprendre pour lutter (à télécharger). A la Plume noire, 8, rue Diderot, Lyon 1er (M° Croix-Paquet ou Croix-Rousse). Site Internet.

Paris, 28 mars. La librairie du Monde libertaire et Mots et musiques présentent le festival Femmes de paroles : concert, à 17 h 30, avec Aruna. Au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire).

Bagnolet, 29 mars. A 16 heures, projection de Comrades (1987, 172 min) de Bill Douglas relatant l’histoire, en 1834 dans le sud de l’Angleterre, de quelques laboureurs qui créèrent la Société amicale des laboureurs, organisation préfigurant le syndicalisme… Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Saint-Jean-en-Royans, 29 mars. « Journée Sacco-Vanzetti », organisée par le groupe La Rue râle (FA) : dès 9 heures, dans la salle d’Activ’Royans, participation au repas autogéré proposé par La Cantin’A (repas bio et à prix libre) ; à 12 heures, tout le monde à table ; à 14 h 30, dans la salle La Parenthèse, projection du film Sacco et Vanzeti (1971, 120 min), de Giuliano Montaldo, proposée par les Bobines du Royans. Puis, à 16 h 30, Ronald Creagh animera un débat sur cette affaire. Site Internet.

Paris, 31 mars. Rencontre, à 19 heures, avec le sociologue argentin Andrés Ruggeri autour de son livre « Occuper, résister, produire » Autogestion ouvrière et entreprises récupérées en Argentine (Syllepse). Au bar-restaurant Le lieu-dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant ou Gambetta).

Colombelles (Calvados), 31 mars. A l'occasion de l'inauguration du fonds Lettre balkaniques, Linda Lê, romancière, et Jacques Baujard présenteront l'œuvre de Panaït Istrati à partir de 20 h 30 à la Médiathèque Le Phénix, 10, rue Elsa-Triolet.

 

FOIRE AUX LIVRES,
EXPOSITIONS, COLLOQUES

Chansons. « Femmes libres » (Radio-Libertaire) et Christine Hudin organisent le 9 mars, à partir de 20 heures, une soirée « Femmes libres en chansons » au Vingtième Théâtre, 7, rue des Plâtrières, Paris 20e. « Amours joyeuses ou douloureuses, viol, prostitution, avortement, domination et, bien sûr, combats féministes se déclineront en musique. » Avec Les Chanteurs livreurs, Claire de Lune, Francesca Solleville, Mamia Cherif, Nelly Pouget, Véronique Pestel, Les Voix rebelles… et autres surprises. Tarif : 21 euros (16 euros pour les chômeuses-chômeurs et les Amis du Vingtième Théâtre). Réservations : 01-48-65-97-90.

« Chanter la lutte ». L'université Paul-Valéry organise, du 18 au 20 mars, un colloque international sur ce thème. La chanson engagée a souvent accompagné les luttes sociales, les revendications politiques et régionales. Les intervenants évoqueront ces chansons et leurs interprètes issus de plusieurs pays et régions : Italie (avec le chanteur anarchiste Fabrizio De André), Mexique, Catalogne, Kabylie, Espagne, Brésil, Occitanie, Chili (avec la projection d'un film documentaire), Grèce et Tunisie. Adresse : Salle des colloques 2, site Saint-Charles, rue du professeur Henri-Serre, 34080 Montpellier. Programme complet.

¡Libertarias! Une journée d’études sur le thème « Femmes, militantes et anarchistes, de l’Espagne à l’exil (1934-1975) » se tiendra le 20 mars, de 9 h 30 à 18 heures, à l’université de Pau et des pays de l’Adour, amphithéâtre de la Présidence, avenue de l’Université (entrée sud). Elle « se propose d’analyser le discours libertaire au féminin, grâce à des approches historiques, sociologiques, littéraires ou artistiques qui viendront alimenter un débat autour des sociabilités anarchistes et de la question du genre dans le militantisme en général ». Chaque communication (45 min) sera suivie d’une discussion d’un quart d’heure. Entrée libre. Programme complet.

Vignoles. Journée de soutien aux locaux du 33, rue des Vignoles, Paris 20e, menacés par la Mairie de Paris, le 22 mars. Rendez-vous à 11 heures, cimetière de Pantin, cérémonie et dépôt d’une plaque à Manuel Lozano. A partir de 15 heures, dans les locaux de la Confédération nationale du travail (CNT), exposition et salon du livre. Puis, à 16 heures, projection du film documentaire La Nueve ou les oubliés de la victoire (2009, 52 min, à voir sur YouTube) d’Alberto Marquardt, et débat. A partir de 18 h 30, ensemble tzigane, musique des Balkans et spectacle de flamenco.

Spectacle Brassens. La compagnie Je suis ton père présente tous les vendredis et samedis à 19 heures, jusqu’au 28 mars, « Brassens. Lettres à Toussenot » au Guichet Montparnasse, 15, rue du Maine, Paris 14e (M° Montparnasse-Bienvenüe). Ces lettres écrites de l’impasse Florimont, de 1946 à 1952, par le poète à son ami le philosophe dévoilent sa misère quotidienne et les « contours de son univers poétique et libertaire ». Vidéo de présentation. Mise en scène : Vincent Mignault et Nicolas Fumo. Avec : Vincent Mignault, Laure-Estelle Nézan, Nicolas Fumo et Amélie Legrand. Tarif général : 20 euros ; tarif réduit : 15 euros. Infos complémentaires.

Vallès et les anarchistes. Appel à contributions pour le n° 46 de la revue Autour de Vallès qui « se propose de mettre en perspective le rapport de Vallès aux anarchismes et la réception de Vallès par les anarchistes – toutes tendances confondues ». Pour ce numéro, résolument interdisciplinaire, les contributions émanant d’historiens, de sociologues et de politistes sont les bienvenues. Merci d’envoyer vos propositions d’articles (résumé et titre, même provisoires) à Sarah Al-Matary (almatary76[at]hotmail.com) avant le 30 juin ; les textes sélectionnés seront à rendre le 1er mai 2016, pour publication à l’été 2016. Infos complémentaires.

Femmes et métiers. Le Musée de l’histoire vivante organise jusqu'au 20 décembre une exposition intitulée « Femmes en métiers d'hommes », adaptée de l'ouvrage du même nom de Juliette Rennes (Bleu Atour, 2013). Elle « retrace, au travers de cartes postales mais aussi d'autres archives écrites, visuelles, sonores, filmiques, l'histoire des premières femmes avocates, charpentières, cochères, doctoresses héroïsées ou moquées. Tout au long de cette période, le débat sur la capacité des femmes à exercer ces métiers historiquement masculins s'accentue. Il devient incontournable dans les années 20, au vu du rôle des femmes dans la première guerre mondiale ». Musée de l’histoire vivante, 31, boulevard Théophile-Sueur, 93100 Montreuil. Heures d'ouverture : mercredi, jeudi, vendredi, de 14 à 17 heures ; samedi et dimanche, de 14 à 17 h 30. Tél. : 01-48-70-61-62 - Site Internet.

 

PÉRIODIQUES

De nombreuses revues ont consacré une ou plusieurs pages aux événements des 7, 8 et 9 janvier à Paris. C’est le cas du Combat syndicaliste (n° 398, février, 12 p., 2 euros, site) qui présente des anciennes « unes » ornées de dessins réalisés par des victimes de la tuerie de Charlie Hebdo et le témoignage d’un enseignant en collège. Un article, par ailleurs, s’élève contre l’offensive des réac-publicains dans le domaine de l’éducation. Celui de mars présente deux textes (« “Je suis Charlie”, ou pas ») révélateurs des différences de positionnement et une double-page sur les auxiliaires dans l'éducation. Le bulletin Lucioles (n° 21, février, recto-verso, à télécharger) s’élève contre les religions et l’union nationale : « Nous avons pu voir les brebis citoyennes trouver refuge dans l’asile sacré de l’appartenance nationale, et leur bêlements être exploités par tous les politicards désireux de vendre leurs soupes avariée démocrate et/ou sécuritaire. » Anarchosyndicalisme (n° 143, février-mars, 20 p., 2 euros, site), quant à lui, réaffirme son athéisme forcené et la nécessité de lutter sans faiblir contre toutes les religions à travers plusieurs articles qui abordent différents aspects du problème : le « mais » qui tue (dénonciation de certains soutiens), l’endoctrinement des enfants, le refus de l’amalgame mais l’affirmation d’un continum de pensée (entre islam modéré et djihadisme), la significations du « je suis… », « la lutte des classes là-dedans ? », religion et science, rationalisme contre fanatisme… Si Courant alternatif (n° 247, février, 36 p., 3 euros, site) sacrifie au sujet, c’est de façon plus modérée et pour mettre les choses au point : « non à la récupération politicienne et à l’“union sacrée” », « non à l’antiracisme sélectif et à l’islamophobie, vecteur d’une stigmatisation “anti-Arabes” », « oui à la justice sociale ici et partout ». Mais ce qui attire aussi l’attention, c’est un très documenté et passionnant texte sur le loup en France, une critique de l’ouvrage Affinités révolutionnaires d’Olivier Besancenot et Michael Löwy où les « étoiles rouges » sont appelées à moins se soucier des alliances et de la politique politiciennes et les « étoiles noires » à renouer avec les analyses de classe, ainsi que « Faire des enfants, un droit nouveau ? ». Celui-ci, que l’on peut consulter en ligne, revient sur la polémique (lire, entre autres, Paris-Luttes.info, site d'Alexis Escudero, position de la CGA de Lyon) suscitée par la parution de l’ouvrage La Reproduction artificielle de l’humain (Le Monde à l’envers), et s’interroge sur la procréation médicalement assistée, ses dangers et ses possibles évolutions, le pouvoir médical, les biotechnologies, la liberté consumériste, l’égalité sociétale qui est recherchée aux dépens de l’égalité sociale, etc. Entre organisations et à l’intérieur de celles-ci (lire ci-dessus « A propos de notre dé-fédération… » du groupe Puig-Antich de Perpignan), les réactions suites aux attentats se sont classées sur un axe allant de la réaffirmation d’un athéisme et d’un anticléricalisme pur et dur à un refus de cautionner de quelque manière que ce soit le rejet de l’islam et un racisme anti-arabe. Le Monde libertaire (n° 59, janvier-février, 60 p., 5 euros, site) nous propose un très intéressant hors-série sur le thème de « L’anarchie à l’épreuve du réel ». Yannis Youlountas dénonce au cours d’un entretien les tentations du « rester entre soi » et du « purisme révolutionnaire », puis analyse et compare les situations en Grèce, en Espagne et en France. « Propos sur notre cohérence » s’interroge sur certains moyens en désaccord avec le but affiché, sur des pratiques autoritaires et sur l’action violente et non-violente. Emouvant témoignage d’un auxiliaire de vie scolaire qui se débat entre Education nationale, comportement des profs, appréhension du handicap, et essaye de faire avancer concrètement les choses en adoptant une approche égalitaire, refusant l’autoritarisme et prônant la discussion. Présentations de quelques luttes et expériences autogestionnaires en France : des campements No Border aux ZAD, « comment ça marche une ZAD ? », entretien avec des membres des Mutins de Pangée (coopérative de réalisation et de distribution de films documentaires), témoignages sur les réalisations du groupe Poulaille (Fédération anarchiste) et l’AMAP Court-Circuit de Saint-Denis (à l’honneur également d’un article sur Reporter.net)… Et l’interview de Lydie Salvayre, auteure de Pas pleurer (prix Goncourt 2014) sur le « bref été de l’anarchie », souvenirs de liasses de billets brûlés et de solidarités, sur Georges Bernanos et ses refus, sur la langue écrite et parlée. La revue anarchiste apériodique Des Ruines (112 p., 4 euros, courriel : desruines[at]riseup.net) « se donne l’ambition de remuer les réflexions, recherches et débats autour des perspectives anarchistes et antiautoritaire » en dehors des « gardiens du temple », des « boutiquiers idéologiques et groupusculaires ». Il s’agit de déconstruire les idées toutes faites et de se « désaliéner [du] langage employé pour nous asservir ». De nombreux textes, souvent traduits pour la première fois en français, s’essayent donc à détricoter le prêt-à-penser (critique du post-anarchisme, « impasses » d’un certain antifascisme, « pour en finir avec le prisonnier politique »…) Le dossier « Ni héros ni martyrs » pose la question de notre rapport, en tant qu’anarchistes, à nos morts et à la mémoire : « culte de la charogne » de Libertad, « ni oubli ni cérémonie », culpabilité ou non, qu’est-ce que cela change ? (« Notes sur Sacco et Vanzetti »), les cinq « martyrs » de Chicago pas si innocents que ça. Signalons également le beau texte d’Alfredo Bonanno, « Je sais qui a tué le commissaire Luigi Calabresi » (responsable de la mort de Giuseppe Pinelli), le coup de gueule d’André Prudhommeaux (1938, biographie) sur le « martyre obligatoire », à propos du « “jusqu’au-boutisme” des embusqués », des héros, des déserteurs et des « défaitistes », et l’instructif « Mémoire d’un indomptable » en souvenir d’António Ferreira de Jesus (1940-2013). Les divers textes s’entrechoquent, se répondent, peuvent se contredire, nous irritent parfois mais nous interrogent toujours, et n’est-ce pas le but ?… Ajouté à un parti-pris esthétique certain, le pari du premier numéro est réussi ! Le mouvement des femmes kurdes est à l’honneur dans Alternative libertaire (n° 248, mars, 20 p., 3 euros, site) car, outre leur participation à la lutte de libération nationale, elles mènent un combat pour leur propre émancipation et dépasser le « système social patriarcal et étatiste ». Celui-ci passe par la constitution d’unité combattantes, par un rassemblement politique spécifique, la création de conseils de femmes dans les territoires kurdes autonomes de Syrie (Rojava), l’affirmation de la liberté sexuelle et l’opposition aux « crimes d’honneur » (qui, dans la culture féodale, règlent la sexualité des femmes), refus de la polygamie, liberté d’avorter ou non, changement des mentalités et des rapports hommes-femmes, prise de responsabilités organisationnelles, éducation féministe… Les rédactrices de cet article reconnaissent, malgré les avancées importantes, que les nécessités de la lutte armée paralysent certaines de leurs revendications. Egalement, le rappel de l’émeute de Clichy du 16 mars 1937 qui a divisé le Front populaire entre révolutionnaires partisans d’une accélération des conquêtes et responsables gouvernementaux socialistes soucieux (déjà) de donner des gages de bonne gouvernance à l’opposition. Outre le lourd bilan (sept morts et plus de cinq cents blessés), il n’y eut pas de gagnants à gauche, tout cela n’apportant que du grain à moudre à l’extrême droite.

 

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