Mars 2013

PUBLICATIONS

César M. Lorenzo ne nous invite ni à descendre un long fleuve tranquille ni à nous adonner au romantisme révolutionnaire avec Horacio Prieto, mon père (Les Editions libertaires, 252 p. + un cahier iconographique, 15 euros). Secrétaire national de la CNT en 1936, organisateur de l'important congrès de Saragosse la même année, Horacio Prieto (1902-1985) est un personnage marquant de l'anarcho-syndicalisme espagnol, injustement oublié par l'historiographie. Un homme à part, pourtant. Sa lucidité et son pragmatisme l'ont continuellement situé entre « réformistes » (« trentistes », puis cntistes politisés de l'intérieur après 1945) et « intégristes » (activiste faïstes adeptes forcenés de l'insurrection, CNT « intégriste et immobiliste » de l'exil)… Très tôt, il a développé des thèses « possibilistes » : meilleure préparation à la gestion de la société, édification d'une armée révolutionnaire, participation à un gouvernement républicain, critique de la « fureur anticléricale stupide et sanglante », partisan de la création d'un parti politique libertaire, d'une transition monarchiste du franquisme. Peu entendues, sinon combattues… jusqu'à ce que les faits obligent à agir dans la précipitation. Cet homme, iconoclaste et visionnaire, aurait pu être un pont, une charnière entre les diverses tendances. Hélas, ce fut aussi un être détestable, atrabilaire, cassant, incapable de communiquer et de partager, d'un orgueil démesuré, « difficile à vivre ». Sa marginalisation, ses échecs le rendirent encore plus aigri, désespéré, dépressif et amer. Qu'il est difficile d'être le fils d'un tel père ! Et de faire avec lucidité son portrait. César M. Lorenzo, qui revendique son héritage politique, y arrive malgré tout avec beaucoup de courage et quelques jugements sur d'autres témoins un peu trop imprégnés du message paternel. Marin suédois, adhérent de la centrale anarcho-syndicaliste SAC, Nils Lätt (1907-1988) rejoint l'Espagne au début de 1937 et combat sur le front d'Aragon dans le Groupe international de la colonne Durruti. Mal équipés, les miliciens résistent alors aux troupes fascistes bien pourvues en armes et surtout appuyées par l'aviation. Blessé, il sera soigné à l'hôpital de Tarragone, puis rejoindra une collectivité rurale libertaire près de Saragosse. Dans Milicien et ouvrier agricole dans une collectivité en Espagne (Le Coquelicot, coll. Les cahiers du coquelicot, n° 4, 71 p., 8,50 euros), Nils Lätt porte témoignage des premiers mois de guerre, des événements de mai 1937 à Barcelone et du début de la reprise en main par le gouvernement central et les forces de police, sans compter les manœuvres contre-révolutionnaires du Parti communiste espagnol (PCE). C'est le récit à vif d'un simple militant, à hauteur d'homme… Dénonciation des agissements de ce même PCE, mais en France, en 1944, avec Une histoire d'imposture, les habits neufs du stalinisme (édition revue et augmentée, Collectif « Les Autres », Recherche et documentation d'histoire contemporaine (Redhic), 319 p., 18 euros ; contact : redhic[at]laposte.net). En septembre 2011, la mairie de Cahors a rendu hommage aux « républicains espagnols » en donnant cette appellation à une place de la ville mais l'apparition d'une seconde plaque à la gloire des « Guérilleros espagnols - FFI et autres combattants de la liberté morts pour la France » a mis le feu aux poudres. En effet, cette dénomination de « guérilleros espagnols » est caractéristique d'un regroupement sous l'égide de l'Unión nacional española (UNE). Cette organisation, réunissant communistes, nationalistes et catholiques opposés à Franco, a voulu à la Libération établir son hégémonie. Grâce à son organisation politico-militaire hiérarchisée, bénéficiant de l'appui total du parti frère (auréolé de son rôle de libérateur), elle a tenté par la contrainte et les assassinats d'imposer ses vues à la majorité de l'immigration et de la résistance espagnoles, composée d'anarchosyndicalistes, de socialistes, de républicains et de poumistes. Contre cette « tentative de manipulation mémorielle » et à l'appui de leur assertions, les auteurs présentent de nombreux documents, témoignages et travaux d'historiens. Voilà enfin paru en français la biographie Louis Bertoni, une figure de l'anarchisme ouvrier à Genève (trad. de l'italien par Marianne Enckel et Alain Perrinjaquet, Entremonde, coll. La rupture, 169 p., 12 euros) écrite par Gianpiero Bottinelli. Le personnage (1872-1947, lire biographie), né à Milan d'un père suisse et d'une mère lombarde, typographe, est non seulement un militant anarcho-syndicaliste d'importance, fondateur et responsable pendant près d'un demi-siècle de deux bimensuels, l'un en français (Le Réveil anarchiste), l'autre en italien (Il Risveglio anarchico), mais aussi la bête noire de la bourgeoisie genevoise et un opposant infatigable au syndicalisme réformiste. Une partie de l'histoire de la Suisse se lit également à travers sa vie. On y découvre ainsi, dans les années 1930, un gouvernement prêt à faire tirer la troupe sur les grévistes, ou sur la foule, à la neutralité ambiguë et souvent bienveillant envers les fascismes. Ce « gréviculteur » a failli être expulsé en février 1907 ; de haute lutte, il obtient une autorisation qui sera renouvelée tous les trois mois… jusqu'à sa mort. Il sera de toutes les combats : contre les expulsions, pour un syndicalisme d'action directe, pour l'antimilitarisme, « contre toutes les dictatures parlementaires, démocratiques et soi-disant prolétariennes », contre le fascisme, pour le soutien à l'Espagne révolutionnaire, pour la liberté de presse et de parole… De nombreuses fois condamné et emprisonné, Le Réveil interdit en 1940, Bertoni éditera clandestinement plus de cent cinquante brochures. L'auteur signe avec cet ouvrage un magnifique travail historique, auquel il manque toutefois un peu de « chair humaine ». Spécialiste de Proudhon (lire bibliographie), Edouard Jourdain a tenté avec L'Anarchisme (La Découverte, coll. Repères, 128 p., 10 euros) de saisir l'extrême variété et la richesse de ce courant de pensée. La volonté de classification et d'exhaustivité est patente même si l'auteur est conscient des difficultés inhérentes. Après avoir passé en revue le corpus théorique – Proudhon avec le mutuellisme, Bakounine avec le collectivisme et Kropotkine avec le communisme libertaire, sans oublier l'individualisme –, il retrace les principaux événements historiques et mises en pratique. Tout cela demeure assez classique et c'est lorsqu'il s'aventure aux « marge de l'anarchisme » que la réflexion devient plus intéressante et parfois contestable – « en présence de courants se réclamant de l'anarchisme tout en s'affirmant religieux, capitalistes, voire de droite, mais aussi d'individus qui, bien que ne se réclamant pas de l'anarchisme, élaborent néanmoins un socialisme libertaire ». Une troisième partie aborde ainsi la pluralité des théories (postanarchisme, dialogue avec le libéralisme et le marxisme, l'anarchisme écologiste, l'économie participaliste…) et des pratiques actuelles (municipalisme libertaire, zones autonomes temporaires, altermondialisme et autogestion…). Pendant des décennies, le « communisme réel » a tenu l'anarchisme sous le boisseau et maintenant celui-ci prend sa revanche, réapparaissant au grand jour sous la forme de nombreux drageons vivaces. Savoir lequel ou lesquels se développeront et donneront un arbre est une autre question ! En apercevant Elisée Reclus et les Etats-Unis (suivi de « Fragment d'un voyage à La Nouvelle-Orléans » d'Elisée Reclus, Noir et rouge, 52 p. + 15, 14 euros), de Ronald Creagh, on est tout d'abord surpris par le format 21 x 29,7 qui fait plus songer à un album BD qu'à un livre. En le parcourant, on comprend alors le choix des éditeurs pour mettre en valeur les gravures et illustrations accompagnant les textes du géographe anarchiste, ainsi que le respect de la présentation de son article paru dans Le Tour du monde. L'auteur nous indique qu'il y a séjourné à deux occasions, en 1852, jeune expatrié fuyant le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte ; puis en 1889 pour parachever le tome XVI de sa Nouvelle Géographie universelle. Entre-temps, il s'y est constamment intéressé en lisant et commentant les ouvrages paraissant sur le sujet, en particulier sur l'esclavage et la guerre de Sécession. Ses différences de perception avec Marx de la guerre civile sont particulièrement éclairantes. Par ailleurs, on ne peut qu'être étonné par cette extrême sensibilité humaine associée à une connaissance scientifique qui se veut encyclopédique, donnant naissance à des fulgurances telles que « l'Amérique du Sud sera saxonifiée mais à la condition d'hispanifier l'Amérique du Nord ». Du Canada, nous arrive l'ouvrage Par-dessus le marché ! Réflexion critique sur le capitalisme (sous la dir. de Francis Dupuis-Déri, Les Editions Ecosociété, 263 p., 19 euros) qui propose « différents textes [décryptant] les multiples facettes des rapports socio-économiques de domination et d'exploitation. Ils traitent de sujets aussi variés que le mouvement Occupy, le rôle économique de l'Etat et du patriarcat, et la logique capitaliste voilée de la poésie slam ». Nous avons plus particulièrement goûté l'étude sociologique sur la réalité et les distorsions du slogan « Nous sommes les 99 % » et l'intervention de Francis Dupuis-Déri qui dénonce l'attraction sociale-démocrate de la défense de l'Etat-providence – touchant même certains anarchistes. Face à la libéralisation des services, à la remise en cause des politiques publiques par l'idéologie néolibérale, il est tentant (et dangereux) de « réclamer plus d'Etat », soit « un système hiérarchique de domination qui distingue entre les gouvernants et les gouvernés ». Plutôt que d'affirmer qu'il « existe une troisième option (…), c'est-à-dire l'autogestion du bien commun par la communauté, ce qui est aussi appelé le communisme (non étatique) ou l'anarchie ». Revenant sur le rôle politique et économique de l'Etat, et la critique anarchiste, l'auteur nous offre ainsi une piqûre de rappel bien salutaire. Et, pour conclure, l'histoire d'un « Petit Chaperon rouge » moderne, nommée Nonna, dont les loups sont vêtus de chemises noirs et partisans de Benito Mussolini. Michel Piquemal nous narre pourquoi la petite « macaroni » et sa famille ont gagné la France, récit accompagné par les magnifiques illustrations de Justine Brax qui dédie l'ouvrage « à toutes les femmes de [sa] famille qui se battent pour réaliser leurs rêves ». C'est aussi une belle chanson rebelle, Bella ciao, hymne à la lutte antifasciste des partisans. Mon tout, La Robe rouge de Nonna (Albin Michel jeunesse, 40 p., 13,50 euros) est un album 24 x 30 à offrir aux enfants à partir de 6 ans pour évoquer la liberté, la dictature, la révolte, l'émigration… O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Nîmes, 1er mars. Pierre Stambul présentera son livre Israël-Palestine : du refus d'être complice à l'engagement (Acratie) à la librairie Diderot, 2, rue Emile-Jamais. Entrée libre. A l'initiative de l'Association France-Palestine solidarité (AFPS).

Paris, 1er mars. Soirée vidéo à la librairie du Monde libertaire, à 19 h 30, avec la projection du documentaire Le Jeu de la mort (2009) qui met en scène un faux jeu télévisé inspiré de l'expérience de Milgram sur la soumission à l'autorité, puis discussion. Au 145, rue Amelot, Paris 11e. Entrée libre. Site Internet.

Alès, 2 mars. Le Bulletin de contre-info en Cévennes est heureux de vous annoncer l'ouverture d'une bibliothèque - local d'activité, La Rétive, 42, rue du Faubourg-d'Auvergne. Inauguration à partir de 16 heures. Infos complémentaires.

Marseille, 2 mars. A 17 heures, causerie avec Pierre Stambul, auteur d'Israël-Palestine : du refus d'être complice à l'engagement (Acratie). Au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 50, rue Consolat, Marseille 1er. Courriel : cira.marseille(at)fre e.fr - site Internet.

Saint-Denis, 3 mars. De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée » avec la Dionyversité : « Rue Transnonain, n° 12. De l'image aux faits, image de la misère, gloire de l'image », conférence-débat de Maïté Bouyssy. Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris ou RER D). Entrée libre. Site Internet.

Saint-Jean-du-Gard, 4 mars. Projection-discussion à propos du documentaire Les Hommes des 3 Ky (52 min, 1996), de Dzu Le Lieu, sur les travailleurs vietnamiens enrôlés par l'armée française comme main-d'œuvre en 1939… Leur politisation et leurs luttes pour se libérer. A 19 heures, Bibliothèque-infokiosque du 152, Grand'Rue.

Chelles, 7 mars. Soirée féministe avec la projection D'égal à égales (52 min, 2011), de Corinne Mélis et Christophe Cordier, puis débat. A partit de 21 heures, cinéma Le Cosmos, 22, avenue de la Résistance (gare de Chelles-Gournay). Prix d'entrée : 3,50 euros. Organisée par l'union locale CNT, en partenariat avec les associations Ras l'front MLV, MRAP Chelles et RESF Chelles.

Genève, 8 mars. Alexandre Gillet et Federico Ferretti présentent à partir de 17 h 30 les dernières publications de textes d'Elisée Reclus, Ecrits sociaux (Héros-Limite) et Lettres de prison et d'exil (A la frontière) à la Librairie du boulevard, 34, rue de Carouge.

Montauban, 8 mars. La CNT-AIT organise à 20 h 30 un débat public sur « La situation sociale en France », salle du Fort, 5, rue du Fort.

Paris, 8 mars. Soirée vidéo à la librairie du Monde libertaire, à 19 h 30, avec la projection du film de Peter Watkins Privilège (100 min, 2011) qui décrit la construction médiatique d'une popstar et l'instrumentalisation du phénomène par les autorités, puis discussion. Au 145, rue Amelot, Paris 11e. Entrée libre. Site Internet.

Lyon, 9 mars. Le Cedrats et la librairie La Gryffe ont programmé un « Atelier de réflexion et d'échanges 2012-2013 », série de rencontres concernant le syndicalisme. Ce mois-ci : « Actualité et perspectives du syndicalisme », table ronde entre militant-e-s de diverses organisations syndicales (SUD, CNT, CGT, CFDT…). Au CEDRATS, 27, montée Saint-Sébastien, Lyon 1er. Tél. : 04-78-29-90-67 - site Internet.

Lyon, 9 mars. Cédric Biagini présentera son livre L'Emprise numérique (L'Echappée), à 15 heures, à la librairie Terre des livres, 86, rue de Marseille.

Paris, 9 mars. Rencontre, à 16 h 30, avec Anne Steiner pour son livre Le Goût de l'émeute. Manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la « Belle Epoque » (L'Echappée). Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Paris, 9 mars. Soirée de soutien à trois camarades condamnés suite à une action Pôle emploi : à partir de 18 heures, théâtre de l'opprimé ; puis projection des Nouveaux Chiens de garde (90 min, 2012), de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat ; et débat avec des intervenants d'Acrimed (Action-Critique-Média). A la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e.

Bagnolet, 11 mars. Soirée sur la lutte autonome des paysans et paysannes de Kulon Progo (île de Java, Indonésie), avec présentation par un compagnon ayant habité le pays et projection de petits films sous-titrés en français. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Orléans, 11 mars. A 18 heures, projection-débat autour du thème « L'autogestion, une idée qui a fait le tour du monde », en clôture de l'exposition photo sur Saint-Imier, et en ouverture de la tournée de la Fédération anarchiste « Crise et autogestion ». Au Chiendent, 259, rue de Bourgogne (face au Paxton).

Paris, 12 mars. La Revue des livres invite Eric Fournier, auteur de La Commune n'est pas morte (Libertalia), à discuter des usages mémoriels de la Commune de Paris, de 1871 à nos jours. A 19 heures, au Lieu-dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant).

La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), 12 mars. Les Amis et défenseurs de l'école publique (ADEP) vous invitent à 20 heures à rencontrer Grégory Chambat, auteur de Pédagogie et révolution (Libertalia) et coauteur d'Apprendre à désobéir (Editions CNT-RP) à la MJC.

Lille, 13 mars. Eric Fournier présentera, à 19 heures, La Commune n'est pas morte (Libertalia) à la librairie L'Harmattan, 35, rue Basse.

Poitiers, 13 mars. « Face à la crise… Ni autorité ni austérité : autogestion », discussion-débat à 20 h 30 au « biblio-café », 71 bis, rue de la Cathédrale. A l'initiative de la Fédération anarchiste. Site Internet.

Tours, 13 mars. Conférence-débat avec Pierre Stambul, autour de son livre Israël-Palestine : du refus d'être complice à l'engagement (Acratie), organisée par le Collectif Palestine 37 et l'Union juive française pour la paix (UJFP). A 20 heures, salle 121, aux Halles, place Gaston-Pailhou.

Bagnolet, 14 mars. Pour poursuivre le cycle sur les luttes des femmes, projection de trois films de Carole Roussopoulos, suivie d'une discussion libre : LIP : Monique (25 min, 1973) ; LIP : Monique et Christiane (30 min, 1976) ; Le FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire) (26 min, 1971). A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Toulouse, 14 mars. Soirée-débat à 20 heures autour du thème « L'autogestion, une réponse à la crise ? », dans le cadre de la tournée nationale de conférences de la Fédération anarchiste « Crise et autogestion », à la pizzéria Belfort, 2, rue Bertrand-de-Born.

Alès, 15 mars. Ciné-club avec Le Prix du danger (100 min, 1983) d'Yves Boisset : à 19 heures pour la soupe, et 20 heures pour la projection. La Rétive, 42, rue du Faubourg-d'Auvergne. Contact : laretive@@(at)riseup.net

Blois, 15 mars. Chris Vientiane présentera à 19 heures Contre les publicités sexistes (L'Echappée), ouvrage qu'elle a coécrit, à la bibliothèque municipale Abbé-Grégoire, 4-6, place Jean-Jaurès.

Montpellier, 15 mars. Réunion-débat « Face à la crise… autogestion », le Centre Ascaso Durruti (CAD) et le groupe FA de Montpellier accueille la tournée nationale de conférences de la Fédération anarchiste. A 20 h 30, au CAD, 6, rue Henri-René.

Laon, 16 mars. Réunion publique, à 20 heures, organisée par le groupe Kropotkine (Fédération anarchiste) : « Les alternatives anarchistes en actes ». Au programme : « L'autogestion vue par les anarchistes » par Hervé Trinquier, puis projection du film Court-Circuit sur l'AMAP de Saint-Denis, et débat avec des amapiens de Saint-Denis et des producteurs locaux. Maison des associations (face à la mairie), rue du Bourg (ville haute). Site Internet.

Paris, 16 mars. Rencontre-débat à partir de 16 h 30 avec Jean-Pierre Martin autour de son livre La Rue des précaires. Soins psychiques et précarités (Erès). Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Rouen, 16 mars. A 15 heures, vidéo-débat autour du film Elisée Reclus, la passion du monde (53 min), de Nicolas Eprendre, en présence du réalisateur. Librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire. Entrée libre.

Toulouse, 16 mars. Témoignage, projection, débat à propos de la la lutte des paysans de Cajamarca (Pérou) contre un projet minier : « Ni mine ni corruption, justice et autodétermination ». Organisé par l'union locale de la CNT 31. A partir de 17 heures, au Chat noir, 18, avenue de la Gloire.

Paris, 18 mars. « Il y a 142 ans, la Commune de Paris… », conférence d'Eric Fournier à l'occasion de la parution de son livre La Commune n'est pas morte (Libertalia). A 20 heures, au bar-restaurant Le Maldoror, 10, rue du Grand-Prieuré, Paris 11e (M° Oberkampf).

Paris, 18 mars. L'Organisation socialiste libertaire (OSL) coorganise avec la CGA, l'OCL et des camarades libertaires un débat, à 18 h 30, sur : « Parentalité suite : au-delà des débats sur le “comment”, quelle place pour des parentalités non hétéros, en coparentalité, etc., et pour celles et ceux qui ne veulent pas devenir parent ». A la Mutrinerie 176-178, rue Saint-Martin, Paris 3e. Site Internet.

Saint-Jean-du-Gard, 18 mars. Présentation de deux ouvrages sur la Chine, l'un sur la grande famine des années 1960, Stèles, de Yang Jisheng, l'autre étant le témoignage du poète Liao Yiwu sur sa vie et ses années de prison, Dans l'empire Ténèbres. A 19 heures, Bibliothèque-infokiosque du 152, Grand'Rue.

Clermont-Ferrand, 20 mars. A 19 h 30, parfum de révolutions, récits et photos de voyage d'un compagnon libertaire de retour d'Egypte et de Tunisie. Organisé par la CNT-AIT 63, à la fac de lettres, boulevard Gergovia. Contact : cntait63(at)gmail.com

Saint-Denis, 20 mars. « Grèce et désinformation. Que s'y passe-t-il vraiment ? Quelles sont les perspectives réelles ? », rencontre à 19 h 30 avec Yannis Youlountas sous l'égide de La Dionyversité, au 4, place Paul-Langevin (M° Mairie-de-Saint-Denis). En avant-première, un extrait du film documentaire indépendant : Dédale, un fil vers la démocratie, de Manu Borgetto, Laurent Lhermite, Alice Tabart et Christian Vialaret.

Merlieux, 21 mars. Rencontre-débat avec Yannis Youlountas, auteur de Derrière les mots et Paroles de murs athéniens, aux Editions libertaires, organisée par le groupe Kropotkine (FA). Apéro dînatoire, table de presse, entrée libre et gratuite. A 18 h 30, Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Site Internet.

Montpellier, 21 mars. Le Collectif pour une alternative libertaire montpelliérain organise au Full G, 5, rue des Ecoles-Laïques, une réunion publique sur l'histoire et l'actualité de l'autogestion. Plus d'info sur le blog du collectif.

Amiens, 22 mars. Le Collectif libertaire amiénois vous invite à une réunion-débat sur le nucléaire : « Doit-on séparer la critique du nucléaire de celle de la société qui le rend nécessaire ? », à partir de 20 heures, espace Dewailly (à côté du Coliseum). La soirée se finira autour d'un PPP (pain-pâté-pinard).

Bagnolet, 22 mars. Projection d'En construccion (125 min, 2001), de José Luis Guerin, choses vues et entendues durant la construction d'un nouvel immeuble dans le quartier populaire d'El Chino à Barcelone. A 19 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Clermont-Ferrand, 22 mars. A 18 h 30, discussion autour du livre Crack Capitalism (Libertalia), de John Holloway, en présence du traducteur. Hôtel des Vils, avenue URSS. Organisée par la CNT-AIT 63.

Lille, 22 mars. Présentation à 19 heures par Sophie Pietrucci de l'ouvrage qu'elle a coécrit, Contre les publicités sexistes (L'Echappée), à la Maison Folie de Wazemmes, 70, rue des Sarrazins.

Paris, 22 mars. Vernissage de l'exposition de photographies de Laurent Conduché « Roms, nous parlons d'hommes », à 18 heures, librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, Filles-du-Calvaire ou République). L'exposition se tiendra jusqu'au 8 avril.

Paris, 22 mars. A partir de 19 h 30, projection-débat du documentaire Dédale, un fil vers la démocratie, de Manu Borgetto, Laurent Lhermite, Alice Tabart et Christian Vialaret, en présence de Yannis Youlountas. Une discussion sur la situation en Grèce suivra la projection. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Limoges, 23 mars. Conférence-débat sur les réfractaires à la guerre d'Algérie, avec Tramor Quemeneur, enseignant-chercheur, auteur de Résister à la guerre d'Algérie (Les Petits Matins). Organisée par le Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) limousin. A 20 heures, Maison du peuple, 24, rue Charles-Michels. Réservations : cira.limousin(at)free.fr

Paris, 23 mars. Rencontre-débat, à 16 h 30, avec Alain Brossat autour de son livre Autochtone, imaginaire, étranger imaginé (Editions du souffle), à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot (M° Oberkampf, Filles-du-Calvaire ou République). Entrée libre et gratuite. Site Internet.

Saint-Jean-du-Gard, 23 mars. Rencontre autour de la situation sociale actuelle en Grèce et des résistances, avec des ami(e)s grecs (et quelques litres de raki). Discussion précédée de la projection du court-métrage Athens : social meltdown (15 min, 2012). A 19 heures, Bibliothèque-infokiosque du 152, Grand'Rue.

Toulouse, 23 mars. Concert de soutien au Chat noir, librairie, bibliothèque et lieu de réunions, au Hangar, 8 bis, rue de Bagnolet (M° Arènes), avec : La Canaille du Midi (chorale révolutionnaire), Le 25 bis (chanson populaire, festive et engagée), Brassens not Dead (punk rock). Soirée organisée par la Confédération nationale du travail, 18, avenue de la Gloire, 31500 Toulouse.

Paris, 25 mars. Présentation à 14 h 30 par Aude Vincent de l'ouvrage qu'elle a coécrit, Contre les publicités sexistes (L'Echappée), à la Bourse du Travail, 85, rue Charlot, Paris 3e.

Bagnolet, 26 mars. Projection du film Le Bruit, l'odeur et quelques étoiles (106 min, 2002), d'Eric Pittard : après l'assassinat d'un jeune par la police, émeutes et luttes du quartier… A 19 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Pour s'inscrire à la lettre d'info.

Paris, 27 mars. Apéro-rencontre avec les éditions L'Insomniaque, à 19 heures, à la librairie Quilombo, 23, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation).

Ivry-sur-Seine, 28 mars. La librairie Envie de lire accueille Eric Fournier pour une présentation-discussion autour de son nouveau livre, La Commune n'est pas morte (Libertalia).

Saint-Jean-du-Gard, 28 mars. Projection de Tabous (67 min, 2003), un film de Mitra Farahani, sur le désir sexuel et les frustrations de la société iranienne. A 19 heures, Bibliothèque-infokiosque du 152, Grand'Rue. Contact : bibliotheque152(at)riseup.net

Alès, 29 mars. Discussion autour du livre Crises (Entremonde), en présence de l'auteur Léon de Mattis. A partir de 19 heures, à La Rétive, 42, rue du Faubourg-d'Auvergne. Contact : laretive@@(at)riseup.net

Bourges, 29 mars. Cédric Biagini présentera son livre L'Emprise numérique (L'Echappée), à 21 heures, au Guillotin, 15, rue Jean-Girard.

Paris, 29 mars. Soirée vidéo de la librairie du Monde libertaire, à partir de 19 h 30, avec The Take (87 min) d'Avi Lewis et Noami Klein. A la suite de la crise économique argentine de 2001, trente ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine… Une discussion suivra la projection. 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf, Filles-du-Calvaire).

Saint-Denis, 29 mars. Dans le cadre des « Rencontres de la Dionyversité » : « Qui est Henry Poulaille ? ». Présentation de Jean-Paul Morel, codirecteur des Cahiers Henry Poulaille, et lecture de textes par des membres de l'association Mots et Regards. A 19 h 30, local de la Dionyversité, 4, place Paul-Langevin (M° Basilique-de-Saint-Denis). Entrée libre.

Paris, 30 mars. Rencontre-débat à 15 heures avec Astrid Fontaine, autour de son ouvrage Le Peuple des tunnels. 1900-1930 (Ginkgo) sur la vie quotidienne des employés de la Compagnie du Nord-Sud, qui exploita le métro au début du XXe siècle. A la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette (M° Blanche ou Abbesses). Entrée libre et gratuite. Site Internet.

Lille, 31 mars. Le groupe de la Fédération anarchiste de Lille organise, à 14 h 30, une rencontre avec l'AMAP Court-Circuit de Saint-Denis. Au programme des débats : autogestion, maintien d'une agriculture paysanne, circuit de distribution alternatif, agriculture bio… Centre culturel libertaire, 4, rue de Colmar (M° Porte-des-Postes).

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Journées libertaires de Pau. Pour sa sixième édition, ces Journées se dérouleront du 26 février au 2 mars, principalement sur le site de l'université de Pau et des pays de l'Adour (UPPA), campus de Pau, avenue de l'Université. Au programme : exposition (« Vers une autre société. Autogestion/alternatives ») ; conférences-débats (« Argentine 2001. Une tentative autogestionnaire », « Le sens du vent. Critique des énergies renouvelables ») ; projection-débat du film Squat, la ville est à nous de Christophe Coello ; concert de soutien (Viktim [2] J'Empierre, Béarn To Be Wild, Mystic Soul Train)… Informations complémentaires.

Foire du livre alternatif et libertaire. La douzième édition de celle-ci se tiendra à Gand, le 2 mars, de 10 à 19 heures, à De Centrale, Kraankindersstraat 2. Des dizaines de librairies, de distributeurs et d'éditeurs de Belgique et d'autres pays seront présents avec des livres, magazines, musique, tee-shirts… Outre les ouvrages libertaires, on pourra également trouver un vaste choix de publications relatives à l'antimondialisme, à l'action directe, à l'antimilitarisme, à l'activisme environnemental radical, etc. A partir de 13 heures : conférences, projections vidéo, spectacles (programme). Soirée à partir de 21 heures (entrée : 5 euros) : Prince Ringard (FR, anar-chanson), Aroma di Amore (B, postpunk) et fête avec Tetas y Trompetas et Abondance.

Hommes du jour. Les Editions de Champtin organisent une lecture des auteurs anarchistes publiés dans Henri Fabre et le combat anarchiste des « Hommes du Jour » (1908-1919) (lire recension), et chansons, avec Laurence Fosse, Jean-Claude Mérillon, Jean Baptiste Musset, Nathalie-Noëlle Rimlinger et Esther Tarente. Le samedi 16 mars, à 15 heures, Centre associatif Paul-Eluard, 22, rue de la Villette, Paris 19e (M° Jourdain) et le lundi 18 mars, à 20 h 30, théâtre Le Vent se lève !, 181, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e (M° Ourcq). Participation libre.

Autorité et liberté. Le groupe de recherche Interactions culturelles et discursives (EA 6297) compte organiser un colloque, les 26 et 27 septembre, à l'université François-Rabelais de Tours. Son thème : « Autorité et liberté : l'anarchie et le problème du politique ». « Expression particulière de l'idéal moderne d'émancipation, l'anarchisme s'est distingué dans l'histoire des idées politiques et sociales par sa critique radicale du politique en tant qu'organisation étatique de la sphère publique (…). Pourtant, l'histoire de l'anarchisme des XIXe et XXe siècles est traversée par une tension permanente entre le projet d'une organisation antiautoritaire et antiétatiste de la société (principe de liberté) et la nécessité d'utiliser la médiation politique-étatique comme forme d'action (principe d'autorité). » Lire « Argument du colloque » (pdf 180 Ko). Les personnes intéressées souhaitant présenter une communication sont priées d'envoyer leur proposition, un titre et un résumé d'environ 250 mots à Alfredo Gómez-Muller (alfredo.gomez-muller[at]univ-tours.fr) et à Jorge Cagiao y Conde (cagiao[at]univtours.fr) avant le 30 avril 2013. Langues du colloque : français, espagnol et anglais. Durée des communications : 40 minutes.

Valise mexicaine. Exposition au Musée d'art et d'histoire du judaïsme, Hôtel de Saint-Aignan, 71, rue du Temple, Paris 3e (M° Rambuteau ou Hôtel-de-Ville), jusqu'au 30 juin : « La valise mexicaine, les négatifs retrouvés de la guerre d'Espagne ». Quelque quatre mille cinq cents négatifs et tirages de Robert Capa, Gerta Taro et Chim, perdus en 1939 et retrouvés en 2007 : « D'un exceptionnel intérêt documentaire, ces films et clichés racontent aussi l'histoire de trois célèbres photographes juifs, totalement investis dans la cause républicaine, qui, au prix de risques considérables, ont jeté les bases de la photographie de guerre actuelle et donné ses lettres de noblesse au photoreportage engagé. Portraits, scènes de combat, images rappelant les effets terribles de la guerre sur les civils… » Présentation de l'expo. Des projections de films documentaires et des conférences sont également au programme.

Florence. Le Collettivo libertario fiorentino et l'Ateneo libertario organisent la 6e Vitrine de l'édition anarchiste et libertaire à Florence qui se déroulera du 4 au 6 octobre au Théâtre Obihall (ex-Théâtre Tenda), via Fabrizio De André (angle Lungarno Aldo Moro). La manifestation aura un caractère international et se développera autour d'une série d'événements artistiques et culturels. Il s'agit de montrer des œuvres, publications et productions qui soient l'expression du mouvement anarchiste et libertaire, sans autres limitations. Pour communiquer son adhésion et ses projets, il est nécessaire de remplir une fiche (à télécharger) et de la renvoyer avant le 30 mai par courrier postal ou électronique. Adresses : Sergio Mechi, via Montisoni 11, 50012 1ntella-Fi, Italie ; ou collibfi(at)yahoo.it

 

DIVERS

En vrac sur le Web (mars). Quelle est la rue la plus chère de Paris ? La rue de Furstemberg (6e) : 21 812 euros le m2. Et la deuxième ? L'avenue Elisée-Reclus (7e) : 20 733 euros. Cela donne l'occasion à Gilles Fumey, sur le blog de Geographica.net, de s'élever contre cette « obscénité financière » et de rappeler brièvement qui fut ce géographe anarchiste bien mal récompensé par sa « postérité immobilière ». Le Monde libertaire est partenaire du film 5 Caméras brisées (90 min, 2012), d'Emad Burnat et Guy Davidi, dont la sortie nationale a débuté le 20 février (liste des projections-débats). En 2005, Emad Burnat est un paysan qui vit à Bilin en Cisjordanie. Israël a élevé un mur qui spolie les habitants de la moitié de leurs terres. Ceux-ci s'engagent alors dans une lutte non-violente pour défendre leurs droits, dénoncer les destructions de cultures et d'oliveraies… Avec sa caméra, il témoigne de la vie du village, de celle de sa famille, des combats et des assassinats de manifestants pacifiques. Sa ténacité, sa professionalisation et la rencontre avec Guy Davidi, un « anarchiste israélien contre le mur », conduiront à la réalisation de ce film émouvant, très personnel et humain, qui ne peut qu'engendrer la révolte contre une situation qui perdure (bande-annonce). Le supplément du ML (n° 27, à lire en ligne ou à télécharger) réalisé à cette occasion contient des entretiens avec les réalisateurs, un article sur l'action non-violente en Palestine, une présentation de la campagne Boycott, désinvestissement, sanction (BDS) et un soutien aux Anarchistes contre le mur. C'est très bien fait, complet et à diffuser le plus largement possible. Le film était sélectionné aux Oscars dans la catégorie du « meilleur long-métrage documentaire ». Bien sûr, il n'a pas obtenu la récompense, cela aurait provoqué un couac politique ; et le réalisateur palestinien, invité, a même bénéficié d'une retenue d'une heure par les douanes américaines – on ne voulait sans doute pas qu'il perde l'habitude des checkpoints israéliens. Michael Moore est intervenu et a alerté la blogosphère pour le faire libérer (une semaine aux Etats-Unis, pas plus !) Le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) a réalisé un document de huit pages (PDF 264 Ko) très documenté intitulé « Le fichage des compétences à l'assaut du droit du travail ». Il observe que le « Livret des compétences » individualise à l'extrême le travailleur et rend ainsi caducs « les diplômes, certifications et qualifications collectives, les salaires négociés et garantis collectivement, les contrats collectifs de travail, le code du travail et ses inspecteurs, les conseils de prud'hommes et même les syndicats ». Et aborde aussi « comment le fichage des compétences s'est mis en place au niveau européen » et ses conséquences (leurre pédagogique, atteintes aux droits de l'homme et du citoyen, leurre social). Sous couvert de permettre aux travailleurs d'exercer une activité dans d'autres pays, c'est en fait le livret ouvrier du XIXe siècle qui refait surface, avec deux dimensions aggravantes : le niveau européen et sa numérisation permettant un immense fichage. Une rencontre nationale, « Un printemps contre le fichage », devrait se tenir les 6 et 7 avril près de Paris. Une nouvelle émission ou plus exactement le retour d'une émission anarcho-culinaire sur Radio-Libertaire : « Ni Dieu ni maître-queux », chaque quatrième dimanche du mois, de 10 h 30 à midi. Avec, bien sûr, un programme alléchant : présentation d'une expression de la langue française liée aux produits et préparatifs culinaires, un invité chaque fois que possible (étudiants sur le sujet, restaurateurs, producteurs, participants d'une AMAP, coopératives, auteurs de livres), relations entre l'alimentation et la religion, lecture d'une rubrique du Dictionnaire érotique des fruits et légumes… Plus d'infos. Les éditions L'Echappée lancent une souscription pour un livre (20 x 26 cm, 208 p.) retraçant l'histoire de l'affiche à Cuba, de l'époque de la domination espagnole à nos jours. « Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration avec les meilleurs spécialistes cubains. Conçu et coordonné par Régis Léger, il est le résultat de quatre années de liens forts tissés avec les graphistes de toutes générations. Affiches et témoignages ont été récoltés minutieusement, non sans difficultés, afin d'offrir aux lecteurs la vision la mieux documentée et la plus complète d'un art au cœur d'un pays à la culture en constante ébulition », nous apprend la quatrième de couverture. Parution en octobre. Prix de souscription : 30 euros, port compris. Bon de commande (PDF 436 Ko). Le groupe Henry-Poulaille (Fédération anarchiste) a été à l'initiative fin 2010 d'une association pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP) à Saint-Denis qui compte aujourd'hui 227 paniers et concerne deux agriculteurs. Court-Circuit fonctionne en autogestion sans aucune forme juridique. Il n'y a pas d'association loi de 1901, de cotisations, de président, trésorier ou bureau, et il n'y a pas d'assemblée générale… Une vidéo de 25 min retrace sa naissance et son fonctionnement. Si vous êtes intéressés par ce documentaire, l'AMAP peut vous en expédier un exemplaire et se tient à votre disposition pour organiser un débat. Contact par le biais du site ou adresse postale : Court-Circuit - La Dionyversité, 4, place Paul-Langevin, 93200 Saint-Denis. Des compagnons de la Bibliothek der Freien à Berlin ont répertorié les périodiques anarchistes accessibles en ligne, essentiellement au format PDF, dans diverses langues (anglais, espagnol, portugais, français, italien, russe, catalan, etc.) sur toute une série de sites dans le monde. Si vous connaissez d'autres titres disponibles, signalez-les-leur. Claude Guillon, auteur libertaire (lire bibliographie), anime depuis plusieurs années un site à la croisée de ses recherches et des événements du moment : usage politique du corps et de la nudité, sexualité, droit au suicide, « terrorisation démocratique », etc. Il vient d'ouvrir un blog sur un sujet qui le passionne également : la Révolution française. On trouvera sur La Révolution et nous « des documents d'époque révolutionnaire, des analyses sous formes d'articles, inédits ou non, et des billets d'humeur sur les surgeons, parfois étranges, des thèmes révolutionnaires dans l'actualité ». Pour mieux connaître les enragé(e)s tels Jacque Roux, Pauline Léon et Jean-François Varlet, les clubs de femmes…

 

PÉRIODIQUES

A contretemps (n° 45, mars, 72 p., « pas de prix, juste des frais… », site) nous présente un numéro exceptionnel, par son intérêt et son nombre de pages, consacré à Ba Jin (ou Pa Kin, lire biographie), de son vrai nom Li Yaotang, connu aussi comme Li Feigan (1904-2005), un des principaux romanciers chinois qui renia son engagement anarchiste en 1950 pour faire allégeance au maoïsme triomphant. Et pourtant, pendant plus de vingt-cinq ans, il s'était livré à une intense activité d'écrivain, de traducteur et de militant libertaire. Ainsi nous sont offerts ses textes théoriques sur « anarchisme et terrorisme », les « IWWW et les travailleurs chinois », le patriotisme, la « plate-forme d'Archinov », l'inéluctabilité d'une révolution sociale en Chine (écrit en 1927)… Un article d'un certain C. J. Tien nous instruit sur ses traductions de littérature anarchiste et un autre s'attache à l'analyse de l'étonnante « traduction-réécriture » de What is Communist Anarchism ? (1929) (Qu'est-ce que l'anarchisme ?, en français), d'Alexander Berkman, devenu sous la signature de Ba Jin Du capitalisme à l'anarchisme (Shanghai, 1930). Signalons également l'étude sur « ses correspondants anarchistes de l'étranger : dernières traces (1948-1950) » et son « adieu à l'anarchisme », reconstitué avec ses différentes versions. Une bibliographie des œuvres de Ba Jin parues en français, une biographie et des « notes sur l'anarchisme chinois dans la première moitié du XXe siècle » (par Jean-Jacques Gandini) complètent cette livraison qui, par son érudition, ses riches annotations, les inédits traduits et présentés par Angel Pino, sinologue, connaisseur de l'anarchisme et spécialiste de cet auteur, fera date et référence. Le mensuel de critique et d'expérimentation sociale CQFD (site) a lancé un appel dans son numéro de février pour rassembler 100 000 euros : « Dix ans, toutes ses dents mais plus un rond ! ». Les sous qui leur restent ne suffiront même pas à payer l'impression du prochain numéro. Les raisons sont connus et communes à d'autres journaux alternatifs : effritement du nombre d'abonnés et des ventes en kiosques – « imputable sans doute aux effets cumulés de la lassitude, des fins de mois longues et difficiles, et d'une désaffection générale pour la presse papier » –, des coûts de fabrication et surtout de distribution en hausse (réforme de Presstalis)… Quand on a n'a pas un banquier dans la poche, qu'on refuse la pub et que les subventions tardent à venir, cela ne pardonne pas ! Si vous ne voulez pas qu'un nouveau canard indépendant disparaisse, souscrivez, abonnez-vous, réabonnez-vous. CQFD, BP 70054, 13192 Marseille Cedex 20 (chèques à l'ordre de Rire/CQFD). Résistons ensemble (n° 116, février, 4 p., à télécharger, site), du Réseau contre les violences policières et sécuritaires, établit une « chronique de l'arbitraire » et nous apprend que les policiers de l'ex-BAC Nord de Marseille, dissoute pour des faits de recel, vols, racket, chantage, complicité d'assassinat, ont été réintégrés… sauf un, celui qui a dénoncé l'affaire. A part ça ? Des membres de la BAC Paris arrondissent leurs fins de mois en tant que vigiles et gardes du corps, les grenades lacrymogènes made in France remportent des marchés « pour la gestion démocratique des foules » (sic), des flics étrangleurs ont vu leurs peines (avec sursis) confirmées en appel, etc. Le Monde libertaire consacre son hors-série n° 48 (mars-avril, 64 p., 5 euros, site) à un dossier « Les anarchistes et l'éducation » : évocation de l'école libertaire Bonaventure, pourquoi cet intérêt des libertaires ?, la longue émancipation (syndicale) des « maîtres », l'expérience de la pouponnière de Loczy, l'école de Vitruve, « Qu'est-ce que la pédagogie sociale ? » et « L'enfant victime et prescripteur de pub », où l'on nous rappelle entre autres que Jack Lang fut l'introducteur des marques commerciales à l'école. Un appel aussi, à soutenir le lancement du site coopératif d'informations sociales et pédagogiques Questions de classe(s), ouvert depuis le 1er mars. Par ailleurs, un sujet assez peu abordé par les médias libertaires est traité : « Quel militantisme anarchiste en milieu rural ? ». Un entretien, tout d'abord, avec des membres du collectif La Rue râle, implanté dans le Vercors et le Royans, qui ont su adapter leur militantisme aux conditions locales. Puis le bilan de quarante ans d'activité du groupe Kropotkine à Merlieux et sa région (Aisne).
Ceux qui s'intéressent à l'espace latino-américain et qui recherchent une vision libertaire ou du moins non troublée par des lunettes marxiste ou néolibérale peuvent se référer au site Polémica cubana où ils trouveront des informations sur l'actualité, culturelles, économiques, historiques et politiques. Après la mort de Hugo Chávez, on lira ainsi avec profit « Ni deuil ni célébration ! L'heure de l'autonomie des luttes sociales est arrivée ! », une déclaration des anarchistes vénézuéliens ; ou « Chavez, fin d'un caudillo » (article d'Alternative libertaire) ; ou bien encore un article prospectif sur les relations entre Cuba et le Venezuela signé par Daniel Pinós (gr. Pierre-Besnard)… Un appel de plus, pour participer à la campagne de solidarité internationale avec les libertaires cubains (matériel ou fonds), sous l'égide du Groupe d'appui aux libertaires et aux syndicalistes indépendants de Cuba (Galsic) et de l'Internationale des fédérations anarchistes (IFA). L'Echaudée (n° 2, automne-hiver, 60 p., 7 euros, site) propose aussi bien des textes de réflexion – entretien-bilan sur le mouvement Occupy aux Etats-Unis avec Ken Knabb ; « utopie et mythe du communisme au Mexique », à propos de Ricardo Flores Magón, par Americo Nunes ; frictions au sommet en Chine explicitées par Charles Reeves –, que des prestations plus poétiques (signées Guy Cabanel, Alain Joubert…) ou les aphorismes de Jimmy Gladiator. Avec, pour respiration et méditations graphiques, les compositions d'Anne Van der Linden, le « comix » de Barthélémy Schwartz et les dessins de Stéphane Goarnisson. Ce qui en fait une revue très éclectique et à l'ambiance quelque peu crépusculaire ! Au moins, en parcourant ces différents titres, vous échapperez à l'hommage presque unanime rendu à Stéphane Hessel, ce haut fonctionnaire qui a attendu la retraite pour… s'indigner. Pas se révolter, mais s'indigner. Cela ne changera pas le système, mais vous soulagera un temps ! En bon social-démocrate, ce « grand homme » quelque peu truqueur, souhaitait gommer des aspérités et promouvoir quelques réformes pour que tout continue. Les anarchistes, qui ont dû le fréquenter dans les années 1980 à l'occasion de la bataille pour Radio-Libertaire, n'en garderont pas particulièrement un bon souvenir et Florealanar le rappelle sur son blog (lire « L'arracheur de dents, le biographe arrangeur et l'historien approximatif »).

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