|
|

Mars 2012
PUBLICATIONS
Si
l'étude de Jean-Marie Guyau est connue et appréciée
depuis longtemps dans les milieux libertaires, l'intérêt
et la richesse de cette récente réédition par Payot
d'Esquisse d'une morale sans obligation
ni sanction (coll. Critique de la politique, 336 p., 23,49 euros)
se situent essentiellent dans les textes qui l'accompagnent. Tout d'abord
Jordi Riba retrace la courte vie (1854-1888) du talentueux et précoce
philosophe, puis analyse ce que la pensée de Guyau a d'original,
de rationaliste et d'antiautoritaire. En postface, il conclut en s'interrogeant
sur les similitudes et les différences de conception avec Nietzsche
et Kropotkine, ses deux illustres commentateurs. Les jugements de ceux-ci
sont d'ailleurs livrés à la suite de l'Esquisse,
avec les annotations du philosophe allemand sur son propre exemplaire
et la retranscription du chapitre XIII de L'Ethique
que le penseur anarchiste consacre à Guyau. Il « voulait,
d'une part, débarrasser la morale de toute prescription mystique
et surnaturelle d'une divinité, de toute contrainte extérieure,
de tout devoir imposé du dehors ; d'autre part, il voulait
écarter du domaine moral l'intérêt personnel matériel
et l'aspiration au bonheur, sur lesquels était fondée la
morale des utilitaristes ». C'est sans doute ce dernier
point qui dérange fortement le philosophe « libertaire »
Michel Onfray dont Louis Janover s'amuse à démonter la mécanique
de dénigrement de Guyau en vue de réhabiliter Nietzsche,
dans La Construction du surhomme
(Grasset, 2011). L'auteur de la « Note polémique »
reproche au « grand inquisiteur »
ses incohérences, contradictions et amalgames, le conduisant même
à faire de Guyau un précurseur du régime de Vichy.
Extrêmement réjouissant ! Est-ce à dire que sa
pensée n'est pas critiquable ? Certes non, et lui-même
en convient tout en déclarant : « Encore
faut-il que les critiques méritent Guyau. » Constatant
le renouveau des travaux universitaires sur l'anarchisme, dans un contexte
de regain de la contestation anticapitaliste et de faillite du prétendu
socialisme réel, les organisateurs du colloque tenu à Lyon
du 12 au 15 mai 2011 (voir
vidéos) ont souhaité faire le point sur l'état
des différentes recherches. Les textes issus de celui-ci composent
aujourd'hui Philosophie de l'anarchie.
Théories libertaires, pratiques quotidiennes et ontologie
(sous la dir. de Jean-Christophe Angaut, Daniel Colson et Mimmo Pucciarelli,
Atelier
de création libertaire, 460 p., 20 euros). Cette
somme est si dense, diversifiée et complexe qu'il est difficile
d'en faire un compte rendu exhaustif. A la limite de l'« hérésie »,
Renaud Garcia se demande si Kropotkine est un « pionnier
de la sociobiologie » ; Loïc Rossignol définit
la « biologie révolutionnaire »
de Curderoy ; tandis que David Bisson tente une approche de
la pensée de Hakim Bey et qu'Edward Castleton souligne l'apport
des manuscrits inédits de Proudhon. Sur le thème « Philosophie
et anarchisme », Vivien Garcia analyse les relations et les
contradictions inhérentes à ces deux termes, Daniel Colson
part, lui, à la recherche de l'« ontologie
anarchiste » et Jean-Christophe Angaut étudie
le « statut de la philosophie chez
le dernier Bakounine ». Trois interventions (Tomá
Ibáñez, Carlo Milani et John P. Clark) s'intéressent
à l'anarchisme en tant que « philosophie
non dogmatique ». Plus historiens, d'autres s'attachent
aux théories et pratiques libertaires. Et, plus près de
nous, avec une réflexion assez inédite, Julie Abbou mesure
l'« anarchisme et [le] féminisme
au prisme du langage », alors que Gwendolyn Windpassinger
met en regard l'anarchisme, le féminisme et la théorie queer.
Cet inventaire à la Prévert oublieux de quelques
contributeurs, qu'ils nous en excusent rend évidentes
la variété des apports et les différences d'origine
géographique et de formation. Avec
George Orwell, de la guerre civile espagnole
à 1984 (Lux
Editeur, Montréal, 235 p., 10 euros), Louis Gill
retrace l'arrivée à Barcelone, son engagement suite à
la fièvre révolutionnaire dans les milices du POUM hasard
et destinée , d'un personnage conduit essentiellement
par son antifascisme. Mais, dans l'action et témoin à la
fois des conquêtes révolutionnaires et de la terreur stalinienne,
il va vite évoluer. La stratégie du Parti communiste espagnol,
épaulé et guidé par son grand frère russe,
pour prendre le pouvoir au moyen du mensonge, du chantage, de la liquidation
de nombreux militants et de procès à charge va lui faire
entrevoir la réalité du totalitarisme qu'il dénoncera
dans son plus célèbre roman. En quête d'un « socialisme
démocratique, seul rempart à l'étouffement de la
liberté de pensée », Orwell refusera de retour
en Grande-Bretagne l'antifascisme des « compagnons de route »,
la « russification » de la pensée politique
et, après le pacte Hitler-Staline, prônera de « défendre
le mauvais contre le pire » (c'est-à-dire l'impérialisme
anglais). Tout en s'opposant aux théories de Hayek, annonçant
le néolibéralisme. C'est aussi un avertissement qu'il nous
lance, les démocraties ont bien compris la leçon du totalitarisme
et savent désormais, grâce aux médias, « ériger
le mensonge en réalité et du passé effacer les traces ».
Orwell, bien sûr, s'interroge aussi sur l'attitude qu'il juge ambiguë
des anarchistes espagnols pendant la guerre civile. Ce
que Claudio Venza tente de comprendre et d'analyser dans L'Anarchisme
espagnol entre pouvoir et révolution (Atelier
de création libertaire, 165 p., 12 euros). Il nous
brosse un panorama clair, complet et synthétique de la Confédération
nationale du travail (CNT) à partir de 1868, entre éducation,
luttes syndicales et insurrections, des différences régionales
et de tendances (« possibilistes » contre « intransigeants »)
avant et pendant la guerre, de l'uvre constructive de la révolution
L'auteur analyse aussi le cheminement de la CNT, entre contrainte et renoncements
progressifs, présentant les positions des partisans et des opposants
au rassemblement antifasciste, les contradictions de l'anarchisme espagnol,
les conditions historiques (la guerre, le besoin en armes, le peu
de solidarité des démocraties, etc.), conduisant à
la reconstruction de l'Etat et au renforcement du Parti communiste. Parfait,
mais le lecteur reste un peu sur sa faim du fait de la démarche
adoptée et revendiquée par l'auteur, de « type
problématique », évoquant « plus
de débats ouverts que de solutions toutes faites et bien établies »
et l'on a malgré tout l'impression de rester bien en deçà
d'un ouvrage tel celui de César M. Lorenzo, Le
Mouvement anarchiste en Espagne : pouvoir et révolution sociale
(Les Editions libertaires). Quel plaisir de retrouver la poésie
et la sensualité
de Gébé dans cette bande dessinée parue initialement
dans Charlie hebdo en 1979 et
éditée pour la première fois en album par les éditions
Wombat (Tout
s'allume, préf. de Raoul Vaneigem, introd. de Wolinski,
postf. de Pacôme Thiellement, coll. Les iconoclastes, n° 1,
Paris, 56 p., 13 euros). C'était au temps où ce
journal n'était pas un marchepied pour « humoriste »
en mal de reconnaissance et un refuge pour dessinateurs conformistes,
cela a des relents de L'An 01 et d'après-Mai 68.
L'histoire ? Une Fondation pour l'accession à la conscience
supérieure et universelle fait circuler des camions équipés
d'une batterie d'instruments destinés à favoriser l'épanouissement
intellectuel et physique des individus. Au fur et à mesure que
les gens se libèrent, le gouvernement s'inquiète, les services
de renseignement et d'action (officiels et officieux) entrent en jeu,
mais la contagion est inévitable
C'est, dans l'esprit de
Gébé, d'un élan libératoire et libertaire
dont il est question mais la façon de faire nous rappelle les pratiques
d'une certaine secte, le conditionnement, le lavage de cerveau. Et tout
en se régalant des trouvailles « iconoclastes »,
un malaise nous assaille malgré tout. Le remède serait-il
dans Désobéir. Le petit
manuel (Le Passager
clandestin, 184 p., 9 euros) de
Xavier Renou, réédition revue, actualisée et enrichie
de photographies d'intervention du Petit Manuel
de désobéissance civile (Syllepse) ? Constatant
que, pour lutter et convaincre, la violence est inefficace (rapport de
forces déséquilibré), nuisible (problématique
de la fin et des moyens) et contre-productive, l'auteur expose les grands
principes de la désobéissance civile et de la non-violence.
En fait, il s'agit de judo : l'adversaire étant plus fort,
il faut se servir de ses points faibles (réputation, appât
du gain, soif de puissance) pour le déséquilibrer et révéler
son vrai visage. Passant en revue les différentes techniques et
moyens utilisables avant (recueil d'informations, analyse du but à
atteindre, préparation, pertinence, précautions
),
pendant (réalisation, communication, contrôle de la situation,
sécurisation, médiation
) et après l'action
(garde à vue, amendes, procès, bilan critique
), cet
ouvrage est un véritable bréviaire que tout militant devrait
connaître par cur. Facile d'accès, concret, pratique,
il se dévore ! Le Lycée autogéré
de Paris (LAP) fêtera cette année ses trente ans d'existence.
A cette occasion, pour relater cette aventure et témoigner des
pratiques qui font sa particularité, un ouvrage collectif sera
publié. Une souscription (17 euros l'exemplaire, sortie prévue
en juin) a été ouverte, bulletin et extraits sur le site
Internet du LAP. Qu'on se le dise !
La sortie de L'Ordre
libertaire. La vie philosophique d'Albert Camus (Flammarion,
595 p., 22,50 euros) de Michel Onfray s'est rapidement accompagnée
de recensions dithyrambiques de la part de revues peu habituées
à saluer une quelconque pensée libertaire (L'Express,
Le Figaro
et surtout Le Point).
Cet éloge du vice à la vertu avait de quoi inquiéter,
surtout qu'il s'accompagnait d'une croisade anti-Sartre qui puait la haine
recuite et la « guerre froide ». Que Sartre et sa
coterie se soient acharnés sur le philosophe, l'écrivain
et l'homme n'étonnera personne et surtout pas les anarchistes.
Mais ceux qui semblent découvrir aujourd'hui l'originalité
et les sympathies d'Albert Camus sont les mêmes qui ont superbement
ignoré les écrits rassemblés et présentés
par Lou Marin dans Albert Camus et les libertaires
(1948-1960) (Egrégores, 2008), les Rencontres méditerranéennes
tenues les 10 et 11 octobre 2008 au château de Lourmarin
sur le même thème (info
sur Anarlivres) et les actes de ce colloque parus en 2009 (renseignements
bibliographiques), sans compter les nombreux livres publiés
auparavant. Les éditions Flammarion n'ayant
pas donné suite à ma demande de service de presse et peu
soucieux, pour ma part, d'apporter ma contribution au quatrième
groupe d'édition français, j'ai lu avec empressement l'article
« Onfray contre les libertaires » de Lou Marin dans
Le Monde libertaire n° 1658.
Outre quelques erreurs factuels, l'auteur y dénonce l'oubli de
nombreux militants anarchistes, amis contemporains de Camus, et le peu
d'intérêt la dépréciation ou le
mépris accordé aux travaux antérieurs
des libertaires sur le sujet. Il lui reproche également de réduire
le rôle de Rirette Maîtrejan et d'omettre totalement celui
de Simone Weil dans l'évolution de l'écrivain (deux femmes !
le prétendu machisme de l'auteur de L'Homme
révolté en prend un coup). Ecrire que l'adhésion
de Camus à une pensée libertaire cohérente date des
années 1930 et non des années 1950, alors qu'il
adhère de 1935 à 1937 au Parti communiste en pleine
période des procès de Moscou, est une belle ânerie.
Pareillement de l'affirmation que, durant la polémique avec Sartre-Jeanson,
il s'est retrouvé seul, privé de tout soutien alors que
la presque totalité du mouvement libertaire a pris fait et cause
pour lui. N'est-ce pas volonté de minorer les autres pour se rehausser
soi-même ? Si l'hédonisme et le nietzschéisme
peuvent servir à façonner un néolibéral, cela
ne suffit pas à faire un anarchiste, il manque l'intérêt
pour le collectif, la volonté d'égalité et de changer
le monde. Camus-Onfray
L'un s'engageait dans l'action sincèrement,
modestement, fermement ; l'autre est suffisant, professoral (voir
sa prestation sur un plateau de télé avec Philippe Poutou),
peu solidaire (sa réaction dans Siné
Hebdo aux arrestations de Tarnac est pitoyable, lire
le texte « Pourquoi Onfray-t-il mieux de se taire »
de Claude Guillon) et ses choix
électoraux (!) erratiques
(lire, par exemple, cet article
d'Alternative libertaire de
2007).
Même si nombre de ses écrits et son athéisme affirmé
peuvent nous séduire, son aura médiatique nous flatter par
ricochet, Michel Onfray doit encore beaucoup évoluer pour espérer
devenir anarchiste.
On
peut lire l'article « Onfray
contre les libertaires » de Lou Marin (paru initialement
dans Le Monde libertaire du 2
au 8 février) sur le blog des éditions Libertaria.
Et, pour compléter, ce savoureux texte « Albert Camus,
le mouvement libertaire et Michel Onfray ou Le bon, la brute et
Michel Onfray » sur Le Blog
de Floréal. En revanche, Ariane Gransac et Octavio Alberola
prennent la défense du philosophe sur le site Bellacio.
RÉUNIONS-DÉBATS
Montpellier,
1er mars. Le groupe Un autre futur de la Coordination des
groupes anarchistes (CGA), l'union départementale CNT 34 et
le Collectif pour une Alternative libertaire 34 organisent un débat :
« Crise, dette, austérité, une fatalité ?
Analyse de la situation et perspectives libertaires ». A 19 h 45,
salle Guillaume-de-Nogaret, Espace Pitot. Courriels : montpellier(at)alternativelibertaire.org
- ud34(at)cnt-f.org - groupe-uaf(at)c-g-a.org
Montpellier, 1er mars.
« Les droits de l'animal s'opposent-ils aux droits de l'homme ? »,
débat présenté par Pierre Jouventin, directeur de
recherche au CNRS en écologie-éthologie. A 20 h 30,
au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site
Internet.
Millau, 2 mars.
A 20 h 30, le réseau Solidaires, écologistes
et libertaires et No Pasaran 12 vous invitent à une conférence-débat
sur un panorama complet de l'extrême droite, qui abordera aussi
les luttes antifascistes. En présence d'un membre de la revue antifasciste
Reflex. Librairie Plume(s), 16, rue
Saint-Martin. Plus
d'infos.
Paris, 2 mars.
Dans le cadre des soirées lecture de la librairie du Monde libertaire,
Pikékou et Robert d'« Artracaille » (sur
Radio libertaire, les mardis, de 11 heures à 12 h 30)
viendront discuter avec vous de L'Intranquille.
Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou (Iconoclaste) de
Gérard Garouste, avec Judith Perrignon. A partir de 19 h 30,
au 145, rue Amelot (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire).
Saint-Etienne, 2 mars.
Le collectif anticarcéral Mur mures et la CNT 42 invitent
Mathieu Rigouste dans le cadre d'une soirée consacrée aux
Marchands de peur (Libertalia). A 19 heures,
espace autogéré de la Gueule noire, 16, rue du Mont,
quartier de Bellevue.
Les Lilas, 3 mars.
A 15 h 30, débat avec Christian Vélot, chercheur
et lanceur d'alerte, à propos des OGM(s). A L'Usine, 8, rue
Chassagnolle (M° Porte-des-Lilas ou Mairie-des-Lilas). Entrée
libre.
Le Mans, 3 mars.
Le groupe Lairial organise à 16 heures un café
libertaire : « Analyse libertaire des propositions électorales »,
exposé et débat. Epicerie du Pré, 31, rue du Pré.
Marseille, 3 mars.
Causerie animée par François Roux, auteur du livre Auriez-vous
crié « Heil Hitler ! » (Max Milo),
à propos de la résistance au fascisme. A 17 heures,
au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA).
Nouvelle adresse : 50, rue Consolat, Marseille 1er. Courriel :
cira.marseille(at)free.fr - site
Internet.
Montpellier, 3 mars.
« L'extrême droite : mieux la connaître pour
mieux la combattre », conférence-débat par un
militant antifasciste du Scalp de Paris, suivi d'un « fallait-pas »
(chacun apporte un petit truc à manger ou boire, à partager
ensemble). A 18 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue
Henri-René. Site
Internet.
Saint-Denis, 4 mars.
De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée »
avec la Dionyversité. « Histoire des cafés
et bistrots », conférence-débat de Laurent Bihl,
historien et spécialiste de l'image. Rendez-vous au musée
d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri
(M° Porte-de-Paris ou RER D). Entrée libre.
Toulouse, 5 mars.
Soirée de discussion avec la rédaction du journal Article 11
sur le thème « Maintien de l'ordre, contexte
global et situation locale ». En présence de Juliette
Volcler, Mathieu Rigouste et Serge Quadruppani, respectivement auteurs
des ouvrages Le Son comme arme
(La Découverte), Les Marchands
de peur (Libertalia) et La Politique
de la peur (Seuil). A 20 h 30, au Kiosk, 3, rue
Escoussières Arnaud-Bernard (M° Compans-Caffarelli).
Saint-Denis, mars.
Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures
à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro
ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Le nucléaire » :
le 6, « Catastrophes et
accidents nucléaires majeurs », avec Martial Mazars ;
le 13, « La radioactivité :
en comprendre les risques », avec Michel Dannequin ;
le 20, « L'énergie
nucléaire et les nucléocrates », avec Guillaume
Leturgie et Serge Aumeunier ; le 27,
« Sortir de la société nucléaire »,
avec Guillaume Leturgie et Serge Aumeunier. Site
Internet.
Avignon, 8 mars.
Pour prolonger la réflexion sur « A quoi sert la prison ? »,
projection de Qui prier pour oublier ?,
suivie d'un débat en présence du réalisateur Ekin
Ercan, de deux des protagonistes du film, ainsi que d'Alain Cangina, président
de l'association Renaître - PJ2R. A 20 heures, à
la salle de l'antichambre de la mairie, soirée organisée
par le STICS-CNT 84. Site
Internet.
Paris, 9 mars. Dans
le cadre des « soirées lecture de la librairie du Monde
libertaire », sur le thème « La Grèce
est notre passé. Elle est aussi notre avenir », Yannis
Youlountas viendra discuter avec vous de son livre Paroles
de murs athéniens (Editions libertaires). A partir de 19 h 30,
au 145, rue Amelot, Paris 11e.
Paris, 10 mars.
Rencontre avec Caroline Granier pour la réédition d'Aline-Ali
d'André Léo, un des premiers ouvrages féministes,
paru en 1869, abordant la notion de genres. A 16 h 30,
à librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.
Site Internet.
Rennes, 10 mars.
A 18 heures, au Papier timbré, 39, rue de Dinan, Grégory
Chambat présentera l'ouvrage Pédagogie
et Révolution (Libertalia). Une soirée organisée
par la CNT Education 35, qui se poursuivra par un concert de The
Vanishing Project.
Toulouse, 10 mars.
Débat à 11 heures, à la librairie Terra Nova,
18, rue Gambetta, avec Chris Vientiane, coauteure de Contre
les publicités sexistes (L'Echappée).
Toulouse, 12 mars.
Débat à la librairie Ombres blanches avec Chris Vientiane,
coauteure de Contre les publicités
sexistes (L'Echappée), et Mix-Cité Toulouse. De 16 heures
à 18 h 50, rue Gambetta.
Montpellier, 15 mars.
A 20 h 30, conférence-débat avec Yannis Youlountas,
auteur de Paroles de murs athéniens
(Editions libertaires). Au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René.
Lille, 16 mars.
La CNT Education organise à 19 heures un débat sur
le thème de la sélection et de la reproduction des inégalités
avec Brigitte Monfroy, sociologue à l'IUFM Nord Pas-de-Calais.
Maison des syndicats CNT, 32, rue d'Arras. Entrée gratuite
et petite restauration à prix libre.
Montpellier, 16 mars.
Projection du film Nestor Makhno, paysan d'Ukraine
(60 min), d'Hélène Chatelain, et débat. A 20 h 30,
au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site
Internet.
Uzès, 16 mars.
Conférence-débat à 19 heures avec Yannis Youlountas,
auteur de Paroles de murs athéniens
(Editions libertaires). Au 1, avenue du Maréchal-Foch, coorganisée
par le groupe Var-Vaucluse (FA) et Attac Uzège. Site
Internet.
Nîmes, 17 mars.
A 15 heures, conférence-débat avec Yannis Youlountas,
auteur de Paroles de murs athéniens
(Editions libertaires), au Centre Pablo-Neruda, place Hubert-Rouger. Coorganisée
par le groupe Var-Vaucluse (FA) et les Indignés. Site
Internet.
Paris, 17 mars.
La Bibliothèque La Rue organise une rencontre avec Pierre
Brasseur, écrivain, pour son dernier roman : Je
suis un terroriste (Après la lune), suivie d'un débat :
« Après Tarnac, le terrorisme d'ultragauche est-il une
fiction ? » Au 10, rue Robert-Planquette (M° Blanche
ou Abbesses). Site
Internet.
Les Ulis, 20 mars.
La revue N'autre
école et l'union
locale CNT vous invitent à venir débattre sur le thème
« Pour une pédagogie sociale » avec Laurent
Ott, auteur de Pédagogie sociale, une
pédagogie pour tous les éducateurs (Chroniques sociales)
et Grégory Chambat, auteur de Pédagogie
et révolution (Libertalia). A 20 h 30, Maison
pour tous des Amonts.
Paris, 21 mars.
A partir de 19 heures, vernissage de l'exposition des Bracolleurs
à la librairie Quilombo, 23 ter, rue Voltaire, Paris 11e
(M° Rue-des-Boulets ou Nation). L'expo se tiendra jusqu'au 22 mai.
Paris, 23 mars.
Dans le cadre des soirées lecture de la librairie du Monde libertaire,
Sébastien (collégien) et Milan (lycéen, animateur
de « Radio LAP » sur Radio-Libertaire) viendront
discuter avec vous de l'oppression sociale des enfants, autour de la BD
Paracuellos (Fluide glacial), de Carlos
Gimenez. A partir de 19 h 30, au 145, rue Amelot.
Paris, 24 mars.
Forum-débat à la librairie du Monde libertaire, à 16 h 30,
avec Jean-Pierre Levaray pour son livre Tue
ton patron vol. 2 (Libertalia) ; François-Xavier Seren
pour C'est quoi ce travail ? et
Erik pour l'album BD Tue ton patron.
145, rue Amelot, 75011 Paris (M° République,
Oberkampf, Filles-du-Calvaire). Site
Internet.
Paris, 24 mars.
Débat sur le nucléaire, à 16 heures, avec Alain
Dubois, auteur du livre Jean Rostand, un biologiste
contre le nucléaire (Berg International). Concert à
prix libre, à 19 h 30, avec Bobby Sixkiller et Streets
of Rage. En soutien aux sections syndicales en lutte du Syndicat de la
presse CNT. Au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron
ou Buzenval).
Lausanne, 26 mars.
Le Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) vous invite,
à 18 h 30, à un débat suivi d'un apéro
pour la présentation du livre de Mathieu Léonard :
L'Emancipation des travailleurs, une histoire
de l'Association internationale des travailleurs (La Fabrique).
A la librairie Basta-Chauderon, Petit-Rocher 4.
Genève, 27 mars.
A 19 heures, toujours avec le CIRA et avec Mathieu Léonard,
mais cette fois à l'Infokiosk, buvette de l'îlot 13, 14
Montbrillant. Site internet.
Paris, 28 mars.
La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un débat
sur le « Bluff technologique », avec Tomjo, auteur
de L'Enfer vert. Un projet pavé de
bonnes intention (Editions Badaboum), et Jean-Luc Porquet, auteur
de Jacques Ellul. L'homme qui avait (presque)
tout prévu (Le Cherche Midi). Au CICP, 21 ter, rue
Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Courriel :
quilombo(at)globenet.org - site
Internet.
Bordeaux, 29 mars.
La librairie du Muguet organise à partir de 20 heures la projection
du film Au prix du gaz, en présence
du réalisateur Karel Pairemaure. Entrée libre. Athénée
libertaire, 7, rue du Muguet. Courriel : contact(at)atheneelibertaire.net
- site Internet.
Merlieux, 29 mars.
Le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste recevra
de 18 heures à 21 heures, Evelyn Mesquida et Serge Utgé
Royo pour l'ouvrage La Nueve, ces républicains
espagnols qui ont libéré Paris (Cherche-Midi). Athénée
libertaire, 8, rue de Fouquerolles. Entrée libre et gratuite.
Apéro dînatoire. Site
Internet.
Montpellier, 29 mars.
Jean-Jacques Gandini présentera le n° 27 de la revue Réfractions,
sur le thème « Libres. De quelle liberté ? »,
à 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René.
Site Internet.
Paris, 30 mars.
Soirée vidéo à la librairie du Monde libertaire avec
Kashima Paradise (105 min, 1973),
un film de Yann Le Masson et Bénie Deswarte à propos des
luttes ayant entouré la construction de l'aéroport de Narita.
A partir de 19 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e
(M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire).
Perpignan, 30 mars.
La librairie Torcatis et la CNT 66 vous invitent, à 18 heures,
à la présentation du livre Une résurgence
anarchiste. Les Jeunesses libertaires dans la lutte contre le franquisme
,
en présence de Tomás Ibañez, l'un des auteurs, et
de Jean-Pierre Duteuil des éditions Acratie. Librairie Torcatis,
10, rue Mailly. Plus
d'infos.
Paris, 31 mars.
A partir de 16 heures, vernissage de l'exposition de JtheAntiproduct,
« pochoiriste » nantais auteur de nombreuses uvres
de propagande anarchiste. Librairie du Monde libertaire, 145, rue
Amelot, Paris 11e.
Rouen, 31 mars.
Vidéo-débat (avec la participation de Droit au logement),
à 14 h 30, autour du film Squat,
la ville est à nous de Christophe Coello. Entrée
libre. Librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.
Toulouse, 31 mars.
Le Chat noir (18, avenue de la Gloire), librairie autogérée
de l'UL CNT, organise à 17 heures la projection d'Au
prix du gaz, film documentaire écrit et réalisé
par Karel Pairemaure sur la lutte des ouvriers de New Fabris, à
Châtellerault en 2009. Au Hangar, 8, rue de Bagnolet (M° Arènes).
Site
Internet.
FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE
Y'a
le feu. Le premier salon des revues politiques se tiendra les
9 (à partir de 18 heures), 10
et 11 mars au Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant
ou Gambetta). Débats, projections, représentation théâtrale
et interventions musicales sont également au programme. Les revues
Contretemps, Ecorev, Mouvements, Multitudes,
Politis, Regards, Rdl - La Revue des livres, Savoir/Agir, Vacarme
et Z, entre autres, seront présentes.
Infos
complémentaires.
Livre
alternatif et libertaire à Gand. La 11e édition
de ce rendez-vous en Belgique aura lieu samedi
10 mars, de 10 heures à 19 heures. Elle
accueillera de nombreux libraires, éditeurs et distributeurs de différents
pays. Au programme également : des débats, des
projections, une restauration, un bar, un espace pour les enfants
et un concert à partir de 21 heures. Adresse : Intercultureel
Centrum De Centrale, Kraankindersstraat 2, 9000 Gand, Belgique. Courriel :
aboekenbeurs(at)yahoo.com). Renseignements sur Internet.
Proudhon au théâtre.
La Compagnie Bacchus de Besançon interprète jusqu'au
18 mars Proudhon modèle
Courbet au Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6e
(M° Notre-Dame-des-Champs ou Vavin). Mise en scène de
Jean Pétrement. Avec Alain Leclerc (Courbet), Jean Pétrement
(Proudhon), Diana Laszlo (Jenny), Lucien Huvier (Georges, le paysan braconnier).
Création lumière de Baptiste Mongis. Décor de Magali
Jeanningros. Résumé :
« A l'intérieur du
huis clos dans l'atelier d'Ornans, Courbet et Proudhon s'affrontent. Un
dialogue auquel se joignent d'un côté Jenny, la femme modèle
émancipée qui n'impressionne guère le philosophe
misogyne, et, de l'autre, un paysan braconnier enclin aux idées
conservatrices. Qui modèle l'autre ? La rencontre de
ces deux monstres sacrés n'exclut ni l'humour ni la légèreté. »
Du mardi au samedi, à 20 heures ; dimanche à
17 heures. Durée : 1 h 10. Prix : 30,
25 ou 15 euros (tarifs réduits). Infos pratiques sur le site
du théâtre.
Médias pour la
paix. Les Trois Lumières et le CERHEC-HiSCA
organisent une journée d'étude sur le thème « Des
médias pour la paix : pratiques médiatiques et engagements
pacifistes dans la France du XXe siècle », le 23 mars,
de 9 heures à 18 heures, à l'Institut national
d'histoire de l'art (INHA), salle Vasari (2, rue Vivienne ou 6, rue
des Petits-Champs, Paris 2e). La matinée sera consacrée
à la Première Guerre mondiale, avec deux axes : « Traumatisme
de la Grande Guerre » (refus pacifiste, la guerre dans les
uvres picturales et théâtrales) et « Le
cinéma de l'entre-deux guerres : au service du pacifisme ? »
(instituteurs, La Grande Parade).
L'après-midi, seront abordés la « Guerre d'Algérie »
(désobéissances et résonances médiatiques,
réfractaires non-violents, presse écrite et cinéma)
et « Pacifisme et pratiques médiatiques contemporaines »
(radio et cinéma). De nombreux intervenants sont prévus.
Programme
complet. Contact : lestrois3lumières(at)gmail.com
Salon du livre libertaire
à Nantes. Le groupe de la Fédération anarchiste
et des individu-e-s se sont associé-e-s pour organiser un salon
du livre à l'université de Nantes, le 27 mars,
de 10 heures à 18 heures, dans le hall du Tertre (tram
ligne 2, arrêt Facultés). Livres, journaux, Infokiosque,
brochures, BD, CD, DVD seront au rendez-vous. « En
cette sinistre période électorale (
), c'est aussi
l'occasion de se rencontrer, de discuter et d'échanger afin de
trouver ensemble des solutions alternatives au système capitaliste.
» Site Internet.
Festival
Bobines rebelles. La deuxième édition de ce festival
du documentaire politique et social dans l'Aisne aura lieu le samedi
31 mars, à partir de 20 heures, et le dimanche
1er avril, de 11 heures à 22 h 30, au
cinéma municipal L'Ermitage, 6, rue Simon à Saint-Gobain.
Au programme, neuf films et cinq débats autour des thèmes
de la mondialisation de l'agriculture, de l'anarchisme en actes et de
la critique des médias, plus un clin d'il pour les 50 ans
de l'Union pacifiste. Projection en avant deuxième mondiale du
dernier film de Pierre Carles Juppé,
DSK, Hollande, etc., en présence de Julien Brygo coréalisateur
du film. Participeront également au festival, Bernard Baissat (réalisateur),
Pierre Rimbert (journaliste au Monde diplomatique)
et des représentants d'alternatives en actes. Programme
en détail. Entrée à prix libre, repas où
l'on partagera ce que chacun apportera (sandwichs pour les fainéants).
Buvette et tables de presse.
Foire aux livres de Zagreb
(Croatie). La 8e édition d'Anarhisticki sajam knjiga (ASK)
se tiendra du samedi 31 mars au lundi
2 avril et accueillera plusieurs dizaines de stands d'éditeurs
et des débats. Courriel : anarhisticki.sajam.knjiga(at)gmail.com
(en anglais). Site Internet
(en croate et en anglais).
« Crise
de foi ». Il est rare que la religion nous fasse sourire
et encore moins rire, surtout avec les événements récents.
Et pourtant, si l'on en croit le site Athéisme.org,
un spectacle devrait retenir notre attention : celui de Sophia Aram,
« Crise de foi », au Palais des Glaces à
Paris jusqu'au 14 avril. Infos
complémentaires. « La
présentation du spectacle annonce une précaution inhabituelle :
il est déconseillé aux personnes plaçant leur
foi au-dessus de leur sens de l'humour. L'avertissement, souriant,
n'est pas de trop car, effectivement, Sophia Aram fustige gaiement les
trois monothéismes avec beaucoup d'intelligence et une vigueur
très saine, à défaut d'être sainte. On rit
beaucoup, on vient d'ailleurs pour cela et se gausser autant des idéologies
religieuses que des phobies des croyants les plus fanatiques et obscurantistes. »
Lire la suite.
Théâtre.
La Compagnie Marie-Ruggeri joue Louise Michel,
écrits et cris, spectacle théâtral et musical
sur Louise Michel (1830-1905), jusqu'au 15 avril
(relâches les 4, 8 et 9 mars). Représentations
les jeudis, vendredis, samedis à 20 heures, et dimanches à
18 heures. Prix des places : 20 euros (tarif réduit :
15 euros, tarif groupe : 10 euros). Ce spectacle est conçu
à partir de la correspondance et de l'autobiographie de la militante
anarchiste (adaptation et jeu : Marie Ruggeri ; musique et jeu :
Christian Belhomme). Au théâtre
Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville
ou Rambuteau). La compagnie peut se déplacer pendant cette période
dans les régions Nord, Normandie, Bretagne, Pays de Loire, Centre.
Et, les 6 et 7 mars, dans le sud-est de la France (représentation
le 8 mars à Draguignan). Contact (invitation, groupe et organisation
de spectacle) : 06-64-16-37-35 ou compagniemr(at)yahoo.fr
Salon
du livre libertaire de Paris. En 2012, cette sixième édition
ouvrira ses portes dès vendredi 11 mai
à 14 heures (jusqu'à 21 heures) et se poursuivra
samedi 12 mai, de 10 heures
à 20 heures, et dimanche 13 mai,
de 10 heures à 16 heures. Des compagnons suisses (francophones,
alémaniques ou italophones) ont été invités
à venir présenter leur production éditoriale. Ce
sera aussi l'occasion de découvrir le programme de la Conférence
internationale de Saint-Imier qui se tiendra en août 2012
dans le Jura suisse : conférences, ateliers, expositions,
salon, concerts, etc. Autre nouveauté, la création d'un
espace livres neufs à prix cassés. Plus de vingt heures
de débats (répartis sur trois jours) sont prévus :
« Idées reçues sur l'anarchisme » ;
« L'alternative anarchiste en actes » ; « L'éducation » ;
« Faut-il s'indigner ou se révolter ? » ;
« Décroissance et partage des richesses » ;
« Avenir des médias libres » ; « Réinventer
la grève générale »
Radio-Libertaire
(89.4 MHz) proposera à ses consurs de Paris et de province
d'animer et de diffuser des émissions en direct depuis le salon
(studio prévu à cet effet). Et tout cela se passera à
l'espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple,
Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville ou Saint-Paul). Entrée
à prix libre. Bar et restauration légère. Pour contacter
l'organisation : Salon du livre libertaire, 145, rue Amelot,
75011 Paris - tél. : 01-48-05-34-08 - courriel :
livrelibertaire2012(at)sfr.fr - site Internet.
DIVERS
« Spaghetti
a la Bakunin ». Trouvée, dans
un ouvrage récemment paru aux Editions générales
First, La Cucina della mamma. Recettes
authentiques des grands-mères italienne (collectif, 414 p.,
17,90 euros), une recette de spaghettis à la Bakounine.
Le texte de présentation rappelle que celui-ci « arriva
en Italie en 1862 et tissa des liens avec Carlo
Cafiero, Saverio Frisc[i]a,
et [Giuseppe] Fanelli,
avec lesquels il élabora les sujets qui allaient être la
cause de la scission avec la branche marxiste de la Première Internationale
». Vella, un peintre d'Agrigente, fervent admirateur de Bakounine,
lui dédia cette recette sicilienne. Ingrédients : 2 gousses
d'ail, 45 ml (3 c. à soupe) d'huile d'olive, 4 filets
de sardines salées, 1 kg de tomates, piment fort en poudre,
sel, poivre, marjolaine, 700 g de spaghettis. « Faites
dorer légèrement les gousses d'ail dans l'huile, puis enlevez-les.
Dans l'huile aromatisée, faites fondre les filets de sardines salées,
puis ajoutez les tomates pelées et épépinées,
coupées en morceaux, une pincée de piment fort, du sel et
du poivre. Faites cuire à feu doux pendant 10 minutes, puis
parsemez abondamment de marjolaine. Cette sauce permet d'assaisonner 700 g
de spaghettis cuits al dente. »
Vin conseillé : inzolia ou grecanico de Sicile.
En vrac
sur le Web (mars). Les éditions La Baronata (Lugano),
le Circolo Carlo Vanza (Locarno) et le CIRA de Lausanne ont lancé
un Chantier
biographique des anarchistes en Suisse qui a pour but de recueillir
des informations (en italien, français ou allemand) sur la vie
et le parcours de militants helvétiques ou ayant séjourné
dans le pays. Pour le moment, les textes sont publiés dans la langue
qui a servi à leur rédaction. A ce jour, environ mille six
cents notices biographiques (complètes ou partielles) sont consultables.
On peut effectuer des recherches par nom, canton, ordre alphabétique
et selon certains critères (femmes, de passage, etc.). Pour y contribuer
et envoyer des propositions d'articles, courriel : cantierebiografico(at)gmail.com
Des nouveautés sur le site
du Monde libertaire : les
abonnés pourront désormais télécharger le
numéro de la semaine au format PDF et, pour tous, possibilité
de feuilleter l'exemplaire en cours et de télécharger les
numéros gratuits ; une carte de France permet de visualiser
les blogs et sites des groupes de la Fédération anarchiste ;
une représentation du monde, quant à elle, donne accès
aux dernières infos et réflexions parus sur des sites anarchistes
de tous les continents. Et toujours, des articles et la possibilité
de réagir en laissant des commentaires. Un
seul défaut : le site est encore un peu lent. Alternative
libertaire annonce, pour sa part, que les tee-shirts Kronstadt et Barcelonna
sont de nouveau disponibles (boutique)
« pour s'habiller avec classe tout
en favorisant subtilement les discussions politiques ».
Pas évident, cependant, avec ceux-ci de jouer au foot : il
manque des numéros ! Un appel pour une Foire
à l'autogestion a été lancé au début
du mois. Elle sera « le point de
rencontre de toute une galaxie de collectifs, d'associations, d'entreprises,
de coopératives, d'organisations syndicales et politiques qui cherchent
à faire vivre l'idée d'autogestion. L'événement
aura lieu le week-end du 23-24 juin 2012 à Montreuil (93),
sur le site de la Parole errante, avec des stands, des espaces de débat
retransmis à la radio, des projections de films, un concert, un
village du livre, un espace enfants, des ateliers pratiques
»
Constatant que « la crise économique
et financière qui ébranle le monde est aussi une crise de
civilisation, face à laquelle les réponses habituelles,
néolibérales comme étatistes, sont impuissantes.
L'autogestion peut constituer une alternative ». 
De nombreuses coopératives, associations, structures syndicales
et politiques, que l'on peut retrouver sur le site, sont déjà
signataires de cet appel. Qu'en est-il de la réalité économique
de ces tentatives d'auto-organisation. Deux articles sur le site El Correo
s'essayent à dresser un bilan et les perspectives de cas concrets
en Argentine (« Usines
autogérées argentines, dix après »)
et au Brésil (« Flaskô,
usine sous contrôle ouvrier au Brésil »).
Le mot « libertaire » est à la mode, on le
met à toutes les sauces et particulièrement à celle
du libéralisme lorsqu'il s'agit des murs, du domaine sociétal.
Les bobos (bourgeois bohèmes) adooorent cela
L'Express
l'a bien compris et a établit le « top
100 libertaire » qui regroupe « les
fiches les plus appréciées et les mieux notées sur
la thématique libertaire ». Heureusement, il
n'y en a que quinze. Et qui trouve-t-on dans ce palmarès mêlant
personnes réelles et livres ? En premier lieu, Serge Gainsbourg
(« poète maudit et provocateur »),
puis Le Portrait de Dorian Gray
d'Oscar Wilde, Bertrand Russell, Thomas Hobbes, Le Baron
perché d'Italo Calvino (histoire d'un homme sur un arbre),
Jean-Louis Bory, Le Banquier anarchiste
de Fernando Pessoa, etc. Certes Russell est « un militant
de gauche proche du socialisme de tendance libertaire »,
mais les autres assez sympathiques à l'exception de
Hobbes qui est un penseur de la souveraineté démocratique
et d'une certaine bourgoisie éclairée sont plutôt
des originaux, des dandys, des êtres qui ont vécu ou essayé
de vivre une existence ou une sexualité hors des normes
Peut-on
cependant les considérer (définition du Petit
Larousse) comme des partisans « de
la liberté absolu de l'individu en matière politique
et sociale » (souligné par nos soins) ? Il
faut attendre la 13e place pour trouver un authentique anar et révolté
en la personne de Jean Meckert (alias Jean
Amila), auteur de romans noirs fustigeant les politiciens, la famille,
l'armée et les institutions (lire
article de La Bouche de fer). Le ridicule ne tue plus
à
Poitiers, une personne qui avait participé à la chorale
ayant entonné « Hécatombe » de Brassens
devant le commissariat de police (lire « En
vrac sur le Web (juillet) ») a appris qu'elle était
poursuivie pour avoir « outragé
par parole, gestes, menaces, écrit non rendu public, image non
rendue publique, envoi d'objet, de nature à porter atteinte à
la dignité ou au respect dus à la fonction de Monsieur M. J.-C.,
commandant de police, personne dépositaire de l'autorité
publique, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses
fonctions, en l'espèce en lui ayant projeté au visage une
poignée de confettis » (infos sur le blog
du groupe Pavillon noir). Elle passera pour ce motif en procès
le 4 mai prochain. La musique n'adoucit décidément
pas les murs, mi-décembre, près de soixante-dix jeunes
punks ont été arrêtés dans la province d'Aceh
par la police. Signalons que dans cette région d'Indonésie,
c'est la charia, la loi islamique, qui est en vigueur depuis 2001.
Ils
ont étés battus, rasés, « débarrassés »
de leurs piercings et de leurs vêtements, douchés
et
rééduqués pendant une dizaine de jours dans une caserne
de l'armée. Leur crime ? Avoir assisté à un
concert de charité et violé la charia par leur comportement
(lire Courrier
international et Punk
Aid [en anglais] pour le soutien). Et encore, s'en tirent-ils à
bon compte ! Hamza Kashgari, un journaliste saoudien de 23 ans,
risque la peine de mort pour avoir, le 4 février, publié
sur son compte Twitter des messages envoyés au prophète
Mahomet. Exemple de tweets : « Le
jour de ton anniversaire, je dirai que j'ai aimé le rebelle en
toi, que tu as toujours été une source d'inspiration pour
moi, et que je n'aime pas le halo de divinité qui t'entoure. Je
ne prierai pas pour toi. » Menacé, craignant
pour sa vie, il a quitté l'Arabie saoudite pour la Nouvelle-Zélande
où il souhaitait demander l'asile politique. Mais à une
escale à Kuala Lumpur (Malaisie), Hamza Kashgari a été
arrêté et renvoyé à Riyad le 12 février
(alors qu'il n'existe aucun traité d'extradition entre les deux
pays). Bien qu'il se soit repenti (!), il risque la pendaison pour apostasie
(Rue89
et Athéisme.org).
Mais l'Arabie saoudite n'est pas l'Iran, et cette alliée des Etats-Unis
et de l'Occident, n'en doutons pas, saura faire preuve de tolérance
à l'égard de la liberté d'expression qui est, comme
chacun sait, le socle de la démocratie (dommage que le point
d'ironie soit aussi peu pratiqué !).
Création d'un café-librairie.
Un appel aux dons (argent et livres) a été lancé
pour la création au printemps 2012 d'un lieu associatif au
fonctionnement collégial, qui sera situé dans les locaux
de la Parole errante à Montreuil (M° Croix-de-Chavaux).
Celui-ci sera ouvert du mercredi au dimanche inclus, de 13 heures
à 20 heures. Au moins deux fois par mois, des rencontres seront
organisées le soir jusqu'à minuit pour discuter d'une uvre,
d'un auteur, d'une idée ou d'une situation politique. On y trouvera
des denrées issues de l'agriculture paysanne ou de coopératives,
des livres neufs ou d'occasion à la vente, une bibliothèque
pour consulter sur place, des brochures, des journaux
Le collectif
qui prend en charge ce lieu se compose d'une dizaine de personnes, dont
certaines participent à des revues (Z),
à des éditions (La Lenteur), à des groupes anti-industriels
(Oblomoff), à des collectifs de précaires et de chômeurs
(CIP-IDF, CAFards), etc. Adresse : café-librairie Michèle Firk,
c/o La Parole errante, 9, rue François-Debergue,
93100 Montreuil. Pour tout renseignement : michelefirk(at)riseup.net
Texte de l'appel aux dons (516 Ko).
PÉRIODIQUES
Que vous comptiez ou non manifester
le 24 mars à Nantes, contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes,
vous lirez avec profit le quatre pages
édité à cette occasion par les groupes libertaires
de la région (FA, OCL, AL, entre autres). Il y est question de
grands travaux inutiles, d'un aéroport pour quoi faire ?,
d'un partenariat privé-public bien juteux pour
Vinci et des
compromissions des écologistes politiques (PDF
à télécharger, 300 Ko). On
nous a signalé la parution d'un dossier « Aux sources
de l'histoire syndicale française. Retour sur les bourses du travail »,
coordonné par David Hamelin, dans le numéro double 116-117
des Cahiers d'histoire (24 euros,
abt 4 n° : 52 euro, site).
Les articles sont regroupés en trois chapitres comme autant de
questions : « quels enjeux ? », « quelles
mises en uvre ? », « quelle place aujourd'hui ? ».
Les illustrations aux deux premières sont particulièrement
riches, avec entre autres un texte sur les origines (Nicolas Gallois),
une « expression de l'autonomie ouvrière »
(David Rappe), une comparaison « impossible ? »
avec les Labour Exchanges britanniques et un exemple de propagande par
le théâtre avant la Grande Guerre (Marjorie Gaudemer). Le
traitement de la troisième risque de nous laisser sur notre faim :
un seul texte, malgré son titre alléchant (« La
Bourse du travail de Bastia : la construction d'un non-lieu
de mémoire ? »), cela fait court ! Sortie
également, ces jours-ci, du n° 19 des Cahiers
Octave Mirbeau (mars, 448 p., 31 euros avec l'adhésion
à la Société Octave Mirbeau, site).
Comme d'habitude, il est constitué d'études, d'un dossier,
de documents, de témoignages et d'une bibliographie. L'imposante
et très complète table des matières peut être
parcourue
sur le site consacré
à l'écrivain, qui permet agréablement de (re)découvrir
son uvre, sa biographie, une chronologie, des jugements et des citations
Dont celle-ci, toujours et parfaitement d'actualité : « Les
moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent
rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et
pour le bourgeois qui les mangera. Plus
bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur
nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions
pour conquérir ce droit. » (« La Grève
des électeurs », Le Figaro,
28 novembre 1888.) A ce sujet, Le Libertaire 66
(n° 16, février-mars, 13 p., gratuit, site),
la « revue épisodique » du groupe Puig-Antich
de Perpignan de la Coordination des groupes anarchistes (CGA), vient de
paraître ; c'est un spécial anti-électoralisme :
« Ne prenez pas le bulletin qu'ils vous tendent
ne défendez
pas les programmes qu'ils vous imposent, prenez vos affaires
en mains ! » Avec cet avertissement qu'il faudrait apposer
sur les urnes : « Le vote
provoque l'impuissance politique et peut entraîner la mort de votre
esprit critique. Ne commencez pas. » Et aussi :
« Combattre le fascisme dans la rue, pas dans les urnes ! »,
« Luttons pour que les choses changent
»,
« Nos villes sont des prisons à ciel ouvert »
et un très intéressant article à propos de Mohamed
Saïl, anarchiste et Kabyle. A
télécharger (PDF, 2,2 Mo). Dans
Alternative libertaire (n° 215,
mars, 28 p., 3 euros, site),
un dossier spécial de huit pages tente d'établir le bilan
des « révolutions arabes » avec un titre
tout en nuances (« Décevantes, les révolutions ? »).
Certes, dans plusieurs pays, « le
pouvoir est aujourd'hui assumé par d'anciens dignitaires recyclés
et par des islamistes », mais l'heure est aux revendications
sociales et aux mobilisations féministes
Et l'on constate
un réveil des libertaires. En Tunisie, la « normalisation »
n'empêche pas les luttes sociales. La Libye est toujours agité
de convulsions, entre milices armées, tribus et groupes islamistes
aux intérêts divergents. Là bas, l'idée de
« démocratie directe » a été
pour longtemps discréditée par Kadhafi. Interview de Yasser
Abdelkawi, du Mouvement socialiste libertaire, sur la situation en Egypte.
Au Maroc, la constestation perdure, reposant essentiellement sur les collectifs
de femmes et le mouvement des « chômeurs diplômés ».
Une plate-forme pour le regroupement des libertaires y serait en préparation.
Témoignage d'un anarchiste syrien et attitudes des Palestiniens
face à la dictature de Bachar Al-Assad
N'Autre
Ecole se
présente en vidéo et, dans son dernier opus (n° 31,
hiver 2011-2012, 58 p., 4 euros, site),
s'entretient avec Laurent Ott, après sa démission de l'Education
nationale, des « pratiques de pédagogie sociale ».
Hugues Lethierry, quant à lui, est interrogé sur les apprentissages
militants. Un texte d'Irène Pereira relate l'étude sociologique
qu'elle a menée auprès des adhérents du Syndicat
unifié du bâtiment de la région parisienne (CNT).
Hors des frontières : grève des professeurs vaudois
en Suisse et témoignage d'une enseignante bénévole
au Sénégal. A la rubrique « Mémoire »,
le parcours d'Hélène Radlinska (1879-1954) et trente ans
de lycée expérimental à Saint-Nazaire. Notons aussi
l'interview de Pierre-Emmanuel Weck, dont les photographies illustrent
les pages du numéro ; dans les années 2000, il
s'est intéressé au « nouveaux militants »
et à leurs pratiques. Et plein d'autres articles, sans oublier
un copieux tour d'horizon de la presse et des bouquins récemment
parus
On peut aussi feuilleter
la revue sur Calaméo.
|
|