Mars 2012

PUBLICATIONS

Si l'étude de Jean-Marie Guyau est connue et appréciée depuis longtemps dans les milieux libertaires, l'intérêt et la richesse de cette récente réédition par Payot d'Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction (coll. Critique de la politique, 336 p., 23,49 euros) se situent essentiellent dans les textes qui l'accompagnent. Tout d'abord Jordi Riba retrace la courte vie (1854-1888) du talentueux et précoce philosophe, puis analyse ce que la pensée de Guyau a d'original, de rationaliste et d'antiautoritaire. En postface, il conclut en s'interrogeant sur les similitudes et les différences de conception avec Nietzsche et Kropotkine, ses deux illustres commentateurs. Les jugements de ceux-ci sont d'ailleurs livrés à la suite de l'Esquisse, avec les annotations du philosophe allemand sur son propre exemplaire et la retranscription du chapitre XIII de L'Ethique que le penseur anarchiste consacre à Guyau. Il « voulait, d'une part, débarrasser la morale de toute prescription mystique et surnaturelle d'une divinité, de toute contrainte extérieure, de tout devoir imposé du dehors ; d'autre part, il voulait écarter du domaine moral l'intérêt personnel matériel et l'aspiration au bonheur, sur lesquels était fondée la morale des utilitaristes ». C'est sans doute ce dernier point qui dérange fortement le philosophe « libertaire » Michel Onfray dont Louis Janover s'amuse à démonter la mécanique de dénigrement de Guyau en vue de réhabiliter Nietzsche, dans La Construction du surhomme (Grasset, 2011). L'auteur de la « Note polémique » reproche au « grand inquisiteur » ses incohérences, contradictions et amalgames, le conduisant même à faire de Guyau un précurseur du régime de Vichy. Extrêmement réjouissant ! Est-ce à dire que sa pensée n'est pas critiquable ? Certes non, et lui-même en convient tout en déclarant : « Encore faut-il que les critiques méritent Guyau. » Constatant le renouveau des travaux universitaires sur l'anarchisme, dans un contexte de regain de la contestation anticapitaliste et de faillite du prétendu socialisme réel, les organisateurs du colloque tenu à Lyon du 12 au 15 mai 2011 (voir vidéos) ont souhaité faire le point sur l'état des différentes recherches. Les textes issus de celui-ci composent aujourd'hui Philosophie de l'anarchie. Théories libertaires, pratiques quotidiennes et ontologie (sous la dir. de Jean-Christophe Angaut, Daniel Colson et Mimmo Pucciarelli, Atelier de création libertaire, 460 p., 20 euros). Cette somme est si dense, diversifiée et complexe qu'il est difficile d'en faire un compte rendu exhaustif. A la limite de l'« hérésie », Renaud Garcia se demande si Kropotkine est un « pionnier de la sociobiologie » ; Loïc Rossignol définit la « biologie révolutionnaire » de Cœurderoy ; tandis que David Bisson tente une approche de la pensée de Hakim Bey et qu'Edward Castleton souligne l'apport des manuscrits inédits de Proudhon. Sur le thème « Philosophie et anarchisme », Vivien Garcia analyse les relations et les contradictions inhérentes à ces deux termes, Daniel Colson part, lui, à la recherche de l'« ontologie anarchiste » et Jean-Christophe Angaut étudie le « statut de la philosophie chez le dernier Bakounine ». Trois interventions (Tomá Ibáñez, Carlo Milani et John P. Clark) s'intéressent à l'anarchisme en tant que « philosophie non dogmatique ». Plus historiens, d'autres s'attachent aux théories et pratiques libertaires. Et, plus près de nous, avec une réflexion assez inédite, Julie Abbou mesure l'« anarchisme et [le] féminisme au prisme du langage », alors que Gwendolyn Windpassinger met en regard l'anarchisme, le féminisme et la théorie queer. Cet inventaire à la Prévert – oublieux de quelques contributeurs, qu'ils nous en excusent – rend évidentes la variété des apports et les différences d'origine géographique et de formation. Avec George Orwell, de la guerre civile espagnole à 1984 (Lux Editeur, Montréal, 235 p., 10 euros), Louis Gill retrace l'arrivée à Barcelone, son engagement suite à la fièvre révolutionnaire dans les milices du POUM – hasard et destinée –, d'un personnage conduit essentiellement par son antifascisme. Mais, dans l'action et témoin à la fois des conquêtes révolutionnaires et de la terreur stalinienne, il va vite évoluer. La stratégie du Parti communiste espagnol, épaulé et guidé par son grand frère russe, pour prendre le pouvoir au moyen du mensonge, du chantage, de la liquidation de nombreux militants et de procès à charge va lui faire entrevoir la réalité du totalitarisme qu'il dénoncera dans son plus célèbre roman. En quête d'un « socialisme démocratique, seul rempart à l'étouffement de la liberté de pensée », Orwell refusera de retour en Grande-Bretagne l'antifascisme des « compagnons de route », la « russification » de la pensée politique et, après le pacte Hitler-Staline, prônera de « défendre le mauvais contre le pire » (c'est-à-dire l'impérialisme anglais). Tout en s'opposant aux théories de Hayek, annonçant le néolibéralisme. C'est aussi un avertissement qu'il nous lance, les démocraties ont bien compris la leçon du totalitarisme et savent désormais, grâce aux médias, « ériger le mensonge en réalité et du passé effacer les traces ». Orwell, bien sûr, s'interroge aussi sur l'attitude qu'il juge ambiguë des anarchistes espagnols pendant la guerre civile. Ce que Claudio Venza tente de comprendre et d'analyser dans L'Anarchisme espagnol entre pouvoir et révolution (Atelier de création libertaire, 165 p., 12 euros). Il nous brosse un panorama clair, complet et synthétique de la Confédération nationale du travail (CNT) à partir de 1868, entre éducation, luttes syndicales et insurrections, des différences régionales et de tendances (« possibilistes » contre « intransigeants ») avant et pendant la guerre, de l'œuvre constructive de la révolution… L'auteur analyse aussi le cheminement de la CNT, entre contrainte et renoncements progressifs, présentant les positions des partisans et des opposants au rassemblement antifasciste, les contradictions de l'anarchisme espagnol, les conditions historiques (la guerre, le besoin en armes, le peu de solidarité des démocraties, etc.), conduisant à la reconstruction de l'Etat et au renforcement du Parti communiste. Parfait, mais le lecteur reste un peu sur sa faim du fait de la démarche adoptée et revendiquée par l'auteur, de « type problématique », évoquant « plus de débats ouverts que de solutions toutes faites et bien établies » et l'on a malgré tout l'impression de rester bien en deçà d'un ouvrage tel celui de César M. Lorenzo, Le Mouvement anarchiste en Espagne : pouvoir et révolution sociale (Les Editions libertaires). Quel plaisir de retrouver la poésie et la sensualité de Gébé dans cette bande dessinée parue initialement dans Charlie hebdo en 1979 et éditée pour la première fois en album par les éditions Wombat (Tout s'allume, préf. de Raoul Vaneigem, introd. de Wolinski, postf. de Pacôme Thiellement, coll. Les iconoclastes, n° 1, Paris, 56 p., 13 euros). C'était au temps où ce journal n'était pas un marchepied pour « humoriste » en mal de reconnaissance et un refuge pour dessinateurs conformistes, cela a des relents de L'An 01 et d'après-Mai 68. L'histoire ? Une Fondation pour l'accession à la conscience supérieure et universelle fait circuler des camions équipés d'une batterie d'instruments destinés à favoriser l'épanouissement intellectuel et physique des individus. Au fur et à mesure que les gens se libèrent, le gouvernement s'inquiète, les services de renseignement et d'action (officiels et officieux) entrent en jeu, mais la contagion est inévitable… C'est, dans l'esprit de Gébé, d'un élan libératoire et libertaire dont il est question mais la façon de faire nous rappelle les pratiques d'une certaine secte, le conditionnement, le lavage de cerveau. Et tout en se régalant des trouvailles « iconoclastes », un malaise nous assaille malgré tout. Le remède serait-il dans Désobéir. Le petit manuel (Le Passager clandestin, 184 p., 9 euros) de Xavier Renou, réédition revue, actualisée et enrichie de photographies d'intervention du Petit Manuel de désobéissance civile (Syllepse) ? Constatant que, pour lutter et convaincre, la violence est inefficace (rapport de forces déséquilibré), nuisible (problématique de la fin et des moyens) et contre-productive, l'auteur expose les grands principes de la désobéissance civile et de la non-violence. En fait, il s'agit de judo : l'adversaire étant plus fort, il faut se servir de ses points faibles (réputation, appât du gain, soif de puissance) pour le déséquilibrer et révéler son vrai visage. Passant en revue les différentes techniques et moyens utilisables avant (recueil d'informations, analyse du but à atteindre, préparation, pertinence, précautions…), pendant (réalisation, communication, contrôle de la situation, sécurisation, médiation…) et après l'action (garde à vue, amendes, procès, bilan critique…), cet ouvrage est un véritable bréviaire que tout militant devrait connaître par cœur. Facile d'accès, concret, pratique, il se dévore ! Le Lycée autogéré de Paris (LAP) fêtera cette année ses trente ans d'existence. A cette occasion, pour relater cette aventure et témoigner des pratiques qui font sa particularité, un ouvrage collectif sera publié. Une souscription (17 euros l'exemplaire, sortie prévue en juin) a été ouverte, bulletin et extraits sur le site Internet du LAP. Qu'on se le dise !

La sortie de L'Ordre libertaire. La vie philosophique d'Albert Camus (Flammarion, 595 p., 22,50 euros) de Michel Onfray s'est rapidement accompagnée de recensions dithyrambiques de la part de revues peu habituées à saluer une quelconque pensée libertaire (L'Express, Le Figaro et surtout Le Point). Cet éloge du vice à la vertu avait de quoi inquiéter, surtout qu'il s'accompagnait d'une croisade anti-Sartre qui puait la haine recuite et la « guerre froide ». Que Sartre et sa coterie se soient acharnés sur le philosophe, l'écrivain et l'homme n'étonnera personne et surtout pas les anarchistes. Mais ceux qui semblent découvrir aujourd'hui l'originalité et les sympathies d'Albert Camus sont les mêmes qui ont superbement ignoré les écrits rassemblés et présentés par Lou Marin dans Albert Camus et les libertaires (1948-1960) (Egrégores, 2008), les Rencontres méditerranéennes tenues les 10 et 11 octobre 2008 au château de Lourmarin sur le même thème (info sur Anarlivres) et les actes de ce colloque parus en 2009 (renseignements bibliographiques), sans compter les nombreux livres publiés auparavant. Les éditions Flammarion n'ayant pas donné suite à ma demande de service de presse et peu soucieux, pour ma part, d'apporter ma contribution au quatrième groupe d'édition français, j'ai lu avec empressement l'article « Onfray contre les libertaires » de Lou Marin dans Le Monde libertaire n° 1658. Outre quelques erreurs factuels, l'auteur y dénonce l'oubli de nombreux militants anarchistes, amis contemporains de Camus, et le peu d'intérêt – la dépréciation ou le mépris – accordé aux travaux antérieurs des libertaires sur le sujet. Il lui reproche également de réduire le rôle de Rirette Maîtrejan et d'omettre totalement celui de Simone Weil dans l'évolution de l'écrivain (deux femmes ! le prétendu machisme de l'auteur de L'Homme révolté en prend un coup). Ecrire que l'adhésion de Camus à une pensée libertaire cohérente date des années 1930 et non des années 1950, alors qu'il adhère de 1935 à 1937 au Parti communiste en pleine période des procès de Moscou, est une belle ânerie. Pareillement de l'affirmation que, durant la polémique avec Sartre-Jeanson, il s'est retrouvé seul, privé de tout soutien alors que la presque totalité du mouvement libertaire a pris fait et cause pour lui. N'est-ce pas volonté de minorer les autres pour se rehausser soi-même ? Si l'hédonisme et le nietzschéisme peuvent servir à façonner un néolibéral, cela ne suffit pas à faire un anarchiste, il manque l'intérêt pour le collectif, la volonté d'égalité et de changer le monde. Camus-Onfray… L'un s'engageait dans l'action sincèrement, modestement, fermement ; l'autre est suffisant, professoral (voir sa prestation sur un plateau de télé avec Philippe Poutou), peu solidaire (sa réaction dans Siné Hebdo aux arrestations de Tarnac est pitoyable, lire le texte « Pourquoi Onfray-t-il mieux de se taire » de Claude Guillon) et ses choix… électoraux (!) erratiques (lire, par exemple, cet article d'Alternative libertaire de… 2007). Même si nombre de ses écrits et son athéisme affirmé peuvent nous séduire, son aura médiatique nous flatter par ricochet, Michel Onfray doit encore beaucoup évoluer pour espérer devenir anarchiste.

On peut lire l'article « Onfray contre les libertaires » de Lou Marin (paru initialement dans Le Monde libertaire du 2 au 8 février) sur le blog des éditions Libertaria. Et, pour compléter, ce savoureux texte « Albert Camus, le mouvement libertaire et Michel Onfray ou Le bon, la brute et… Michel Onfray » sur Le Blog de Floréal. En revanche, Ariane Gransac et Octavio Alberola prennent la défense du philosophe sur le site Bellacio.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Montpellier, 1er mars. Le groupe Un autre futur de la Coordination des groupes anarchistes (CGA), l'union départementale CNT 34 et le Collectif pour une Alternative libertaire 34 organisent un débat : « Crise, dette, austérité, une fatalité ? Analyse de la situation et perspectives libertaires ». A 19 h 45, salle Guillaume-de-Nogaret, Espace Pitot. Courriels : montpellier(at)alternativelibertaire.org - ud34(at)cnt-f.org - groupe-uaf(at)c-g-a.org

Montpellier, 1er mars. « Les droits de l'animal s'opposent-ils aux droits de l'homme ? », débat présenté par Pierre Jouventin, directeur de recherche au CNRS en écologie-éthologie. A 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Millau, 2 mars. A  20 h 30, le réseau Solidaires, écologistes et libertaires et No Pasaran 12 vous invitent à une conférence-débat sur un panorama complet de l'extrême droite, qui abordera aussi les luttes antifascistes. En présence d'un membre de la revue antifasciste Reflex. Librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin. Plus d'infos.

Paris, 2 mars. Dans le cadre des soirées lecture de la librairie du Monde libertaire, Pikékou et Robert d'« Artracaille » (sur Radio libertaire, les mardis, de 11 heures à 12 h 30) viendront discuter avec vous de L'Intranquille. Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou (Iconoclaste) de Gérard Garouste, avec Judith Perrignon. A partir de 19 h 30, au 145, rue Amelot (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire).

Saint-Etienne, 2 mars. Le collectif anticarcéral Mur mures et la CNT 42 invitent Mathieu Rigouste dans le cadre d'une soirée consacrée aux Marchands de peur (Libertalia). A 19 heures, espace autogéré de la Gueule noire, 16, rue du Mont, quartier de Bellevue.

Les Lilas, 3 mars. A 15 h 30, débat avec Christian Vélot, chercheur et lanceur d'alerte, à propos des OGM(s). A L'Usine, 8, rue Chassagnolle (M° Porte-des-Lilas ou Mairie-des-Lilas). Entrée libre.

Le Mans, 3 mars. Le groupe Lairial organise à 16 heures un café libertaire : « Analyse libertaire des propositions électorales », exposé et débat. Epicerie du Pré, 31, rue du Pré.

Marseille, 3 mars. Causerie animée par François Roux, auteur du livre Auriez-vous crié « Heil Hitler ! » (Max Milo), à propos de la résistance au fascisme. A 17 heures, au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA). Nouvelle adresse : 50, rue Consolat, Marseille 1er. Courriel : cira.marseille(at)free.fr - site Internet.

Montpellier, 3 mars. « L'extrême droite : mieux la connaître pour mieux la combattre », conférence-débat par un militant antifasciste du Scalp de Paris, suivi d'un « fallait-pas » (chacun apporte un petit truc à manger ou boire, à partager ensemble). A 18 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Saint-Denis, 4 mars. De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée » avec la Dionyversité. « Histoire des cafés et bistrots », conférence-débat de Laurent Bihl, historien et spécialiste de l'image. Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris ou RER D). Entrée libre.

Toulouse, 5 mars. Soirée de discussion avec la rédaction du journal Article 11 sur le thème « Maintien de l'ordre, contexte global et situation locale ». En présence de Juliette Volcler, Mathieu Rigouste et Serge Quadruppani, respectivement auteurs des ouvrages Le Son comme arme (La Découverte), Les Marchands de peur (Libertalia) et La Politique de la peur (Seuil). A 20 h 30, au Kiosk, 3, rue Escoussières Arnaud-Bernard (M° Compans-Caffarelli).

Saint-Denis, mars. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Le nucléaire » : le 6, « Catastrophes et accidents nucléaires majeurs », avec Martial Mazars ; le 13, « La radioactivité : en comprendre les risques », avec Michel Dannequin ; le 20, « L'énergie nucléaire et les nucléocrates », avec Guillaume Leturgie et Serge Aumeunier ; le 27, « Sortir de la société nucléaire », avec Guillaume Leturgie et Serge Aumeunier. Site Internet.

Avignon, 8 mars. Pour prolonger la réflexion sur « A quoi sert la prison ? », projection de Qui prier pour oublier ?, suivie d'un débat en présence du réalisateur Ekin Ercan, de deux des protagonistes du film, ainsi que d'Alain Cangina, président de l'association Renaître - PJ2R. A 20 heures, à la salle de l'antichambre de la mairie, soirée organisée par le STICS-CNT 84. Site Internet.

Paris, 9 mars. Dans le cadre des « soirées lecture de la librairie du Monde libertaire », sur le thème « La Grèce est notre passé. Elle est aussi notre avenir », Yannis Youlountas viendra discuter avec vous de son livre Paroles de murs athéniens (Editions libertaires). A partir de 19 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e.

Paris, 10 mars. Rencontre avec Caroline Granier pour la réédition d'Aline-Ali d'André Léo, un des premiers ouvrages féministes, paru en 1869, abordant la notion de genres. A 16 h 30, à librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Rennes, 10 mars. A 18 heures, au Papier timbré, 39, rue de Dinan, Grégory Chambat présentera l'ouvrage Pédagogie et Révolution (Libertalia). Une soirée organisée par la CNT Education 35, qui se poursuivra par un concert de The Vanishing Project.

Toulouse, 10 mars. Débat à 11 heures, à la librairie Terra Nova, 18, rue Gambetta, avec Chris Vientiane, coauteure de Contre les publicités sexistes (L'Echappée).

Toulouse, 12 mars. Débat à la librairie Ombres blanches avec Chris Vientiane, coauteure de Contre les publicités sexistes (L'Echappée), et Mix-Cité Toulouse. De 16 heures à 18 h 50, rue Gambetta.

Montpellier, 15 mars. A 20 h 30, conférence-débat avec Yannis Youlountas, auteur de Paroles de murs athéniens (Editions libertaires). Au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René.

Lille, 16 mars. La CNT Education organise à 19 heures un débat sur le thème de la sélection et de la reproduction des inégalités avec Brigitte Monfroy, sociologue à l'IUFM Nord Pas-de-Calais. Maison des syndicats CNT, 32, rue d'Arras. Entrée gratuite et petite restauration à prix libre.

Montpellier, 16 mars. Projection du film Nestor Makhno, paysan d'Ukraine (60 min), d'Hélène Chatelain, et débat. A 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Uzès, 16 mars. Conférence-débat à 19 heures avec Yannis Youlountas, auteur de Paroles de murs athéniens (Editions libertaires). Au 1, avenue du Maréchal-Foch, coorganisée par le groupe Var-Vaucluse (FA) et Attac Uzège. Site Internet.

Nîmes, 17 mars. A 15 heures, conférence-débat avec Yannis Youlountas, auteur de Paroles de murs athéniens (Editions libertaires), au Centre Pablo-Neruda, place Hubert-Rouger. Coorganisée par le groupe Var-Vaucluse (FA) et les Indignés. Site Internet.

Paris, 17 mars. La Bibliothèque La Rue organise une rencontre avec Pierre Brasseur, écrivain, pour son dernier roman : Je suis un terroriste (Après la lune), suivie d'un débat : « Après Tarnac, le terrorisme d'ultragauche est-il une fiction ? » Au 10, rue Robert-Planquette (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Les Ulis, 20 mars. La revue N'autre école et l'union locale CNT vous invitent à venir débattre sur le thème « Pour une pédagogie sociale » avec Laurent Ott, auteur de Pédagogie sociale, une pédagogie pour tous les éducateurs (Chroniques sociales) et Grégory Chambat, auteur de Pédagogie et révolution (Libertalia). A 20 h 30, Maison pour tous des Amonts.

Paris, 21 mars. A partir de 19 heures, vernissage de l'exposition des Bracolleurs à la librairie Quilombo, 23 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). L'expo se tiendra jusqu'au 22 mai.

Paris, 23 mars. Dans le cadre des soirées lecture de la librairie du Monde libertaire, Sébastien (collégien) et Milan (lycéen, animateur de « Radio LAP » sur Radio-Libertaire) viendront discuter avec vous de l'oppression sociale des enfants, autour de la BD Paracuellos (Fluide glacial), de Carlos Gimenez. A partir de 19 h 30, au 145, rue Amelot.

Paris, 24 mars. Forum-débat à la librairie du Monde libertaire, à 16 h 30, avec Jean-Pierre Levaray pour son livre Tue ton patron vol. 2 (Libertalia) ; François-Xavier Seren pour C'est quoi ce travail ? et Erik pour l'album BD Tue ton patron. 145, rue Amelot, 75011 Paris (M° République, Oberkampf, Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Paris, 24 mars. Débat sur le nucléaire, à 16 heures, avec Alain Dubois, auteur du livre Jean Rostand, un biologiste contre le nucléaire (Berg International). Concert à prix libre, à 19 h 30, avec Bobby Sixkiller et Streets of Rage. En soutien aux sections syndicales en lutte du Syndicat de la presse CNT. Au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval).

Lausanne, 26 mars. Le Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) vous invite, à 18 h 30, à un débat suivi d'un apéro pour la présentation du livre de Mathieu Léonard : L'Emancipation des travailleurs, une histoire de l'Association internationale des travailleurs (La Fabrique). A la librairie Basta-Chauderon, Petit-Rocher 4.

Genève, 27 mars. A 19 heures, toujours avec le CIRA et avec Mathieu Léonard, mais cette fois à l'Infokiosk, buvette de l'îlot 13, 14 Montbrillant. Site internet.

Paris, 28 mars. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un débat sur le « Bluff technologique », avec Tomjo, auteur de L'Enfer vert. Un projet pavé de bonnes intention (Editions Badaboum), et Jean-Luc Porquet, auteur de Jacques Ellul. L'homme qui avait (presque) tout prévu (Le Cherche Midi). Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Courriel : quilombo(at)globenet.org - site Internet.

Bordeaux, 29 mars. La librairie du Muguet organise à partir de 20 heures la projection du film Au prix du gaz, en présence du réalisateur Karel Pairemaure. Entrée libre. Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. Courriel : contact(at)atheneelibertaire.net - site Internet.

Merlieux, 29 mars. Le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste recevra de 18 heures à 21 heures, Evelyn Mesquida et Serge Utgé Royo pour l'ouvrage La Nueve, ces républicains espagnols qui ont libéré Paris (Cherche-Midi). Athénée libertaire, 8, rue de Fouquerolles. Entrée libre et gratuite. Apéro dînatoire. Site Internet.

Montpellier, 29 mars. Jean-Jacques Gandini présentera le n° 27 de la revue Réfractions, sur le thème « Libres. De quelle liberté ? », à 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Paris, 30 mars. Soirée vidéo à la librairie du Monde libertaire avec Kashima Paradise (105 min, 1973), un film de Yann Le Masson et Bénie Deswarte à propos des luttes ayant entouré la construction de l'aéroport de Narita. A partir de 19 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire).

Perpignan, 30 mars. La librairie Torcatis et la CNT 66 vous invitent, à 18 heures, à la présentation du livre Une résurgence anarchiste. Les Jeunesses libertaires dans la lutte contre le franquisme…, en présence de Tomás Ibañez, l'un des auteurs, et de Jean-Pierre Duteuil des éditions Acratie. Librairie Torcatis, 10, rue Mailly. Plus d'infos.

Paris, 31 mars. A partir de 16 heures, vernissage de l'exposition de JtheAntiproduct, « pochoiriste » nantais auteur de nombreuses œuvres de propagande anarchiste. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Rouen, 31 mars. Vidéo-débat (avec la participation de Droit au logement), à 14 h 30, autour du film Squat, la ville est à nous de Christophe Coello. Entrée libre. Librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Toulouse, 31 mars. Le Chat noir (18, avenue de la Gloire), librairie autogérée de l'UL CNT, organise à 17 heures la projection d'Au prix du gaz, film documentaire écrit et réalisé par Karel Pairemaure sur la lutte des ouvriers de New Fabris, à Châtellerault en 2009. Au Hangar, 8, rue de Bagnolet (M° Arènes). Site Internet.

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Y'a le feu. Le premier salon des revues politiques se tiendra les 9 (à partir de 18 heures), 10 et 11 mars au Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant ou Gambetta). Débats, projections, représentation théâtrale et interventions musicales sont également au programme. Les revues Contretemps, Ecorev, Mouvements, Multitudes, Politis, Regards, Rdl - La Revue des livres, Savoir/Agir, Vacarme et Z, entre autres, seront présentes. Infos complémentaires.

Livre alternatif et libertaire à Gand. La 11e édition de ce rendez-vous en Belgique aura lieu samedi 10 mars, de 10 heures à 19 heures. Elle accueillera de nombreux libraires, éditeurs et distributeurs de différents pays. Au programme également : des débats, des projections, une restauration, un bar, un espace pour les enfants et un concert à partir de 21 heures. Adresse : Intercultureel Centrum De Centrale, Kraankindersstraat 2, 9000 Gand, Belgique. Courriel : aboekenbeurs(at)yahoo.com). Renseignements sur Internet.

Proudhon au théâtre. La Compagnie Bacchus de Besançon interprète jusqu'au 18 mars Proudhon modèle… Courbet au Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6e (M° Notre-Dame-des-Champs ou Vavin). Mise en scène de Jean Pétrement. Avec Alain Leclerc (Courbet), Jean Pétrement (Proudhon), Diana Laszlo (Jenny), Lucien Huvier (Georges, le paysan braconnier). Création lumière de Baptiste Mongis. Décor de Magali Jeanningros. Résumé : « A l'intérieur du huis clos dans l'atelier d'Ornans, Courbet et Proudhon s'affrontent. Un dialogue auquel se joignent d'un côté Jenny, la femme modèle émancipée qui n'impressionne guère le philosophe misogyne, et, de l'autre, un paysan braconnier enclin aux idées conservatrices. Qui modèle l'autre ? La rencontre de ces deux monstres sacrés n'exclut ni l'humour ni la légèreté. » Du mardi au samedi, à 20 heures ; dimanche à 17 heures. Durée : 1 h 10. Prix : 30, 25 ou 15 euros (tarifs réduits). Infos pratiques sur le site du théâtre.

Médias pour la paix. Les Trois Lumières et le CERHEC-HiSCA organisent une journée d'étude sur le thème « Des médias pour la paix : pratiques médiatiques et engagements pacifistes dans la France du XXe siècle », le 23 mars, de 9 heures à 18 heures, à l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), salle Vasari (2, rue Vivienne ou 6, rue des Petits-Champs, Paris 2e). La matinée sera consacrée à la Première Guerre mondiale, avec deux axes : « Traumatisme de la Grande Guerre » (refus pacifiste, la guerre dans les œuvres picturales et théâtrales) et « Le cinéma de l'entre-deux guerres : au service du pacifisme ? » (instituteurs, La Grande Parade). L'après-midi, seront abordés la « Guerre d'Algérie » (désobéissances et résonances médiatiques, réfractaires non-violents, presse écrite et cinéma) et « Pacifisme et pratiques médiatiques contemporaines » (radio et cinéma). De nombreux intervenants sont prévus. Programme complet. Contact : lestrois3lumières(at)gmail.com

Salon du livre libertaire à Nantes. Le groupe de la Fédération anarchiste et des individu-e-s se sont associé-e-s pour organiser un salon du livre à l'université de Nantes, le 27 mars, de 10 heures à 18 heures, dans le hall du Tertre (tram ligne 2, arrêt Facultés). Livres, journaux, Infokiosque, brochures, BD, CD, DVD seront au rendez-vous. « En cette sinistre période électorale (…), c'est aussi l'occasion de se rencontrer, de discuter et d'échanger afin de trouver ensemble des solutions alternatives au système capitaliste. » Site Internet.

Festival Bobines rebelles. La deuxième édition de ce festival du documentaire politique et social dans l'Aisne aura lieu le samedi 31 mars, à partir de 20 heures, et le dimanche 1er avril, de 11 heures à 22 h 30, au cinéma municipal L'Ermitage, 6, rue Simon à Saint-Gobain. Au programme, neuf films et cinq débats autour des thèmes de la mondialisation de l'agriculture, de l'anarchisme en actes et de la critique des médias, plus un clin d'œil pour les 50 ans de l'Union pacifiste. Projection en avant deuxième mondiale du dernier film de Pierre Carles Juppé, DSK, Hollande, etc., en présence de Julien Brygo coréalisateur du film. Participeront également au festival, Bernard Baissat (réalisateur), Pierre Rimbert (journaliste au Monde diplomatique) et des représentants d'alternatives en actes. Programme en détail. Entrée à prix libre, repas où l'on partagera ce que chacun apportera (sandwichs pour les fainéants). Buvette et tables de presse.

Foire aux livres de Zagreb (Croatie). La 8e édition d'Anarhisticki sajam knjiga (ASK) se tiendra du samedi 31 mars au lundi 2 avril et accueillera plusieurs dizaines de stands d'éditeurs et des débats. Courriel : anarhisticki.sajam.knjiga(at)gmail.com (en anglais). Site Internet (en croate et en anglais).

« Crise de foi ». Il est rare que la religion nous fasse sourire et encore moins rire, surtout avec les événements récents. Et pourtant, si l'on en croit le site Athéisme.org, un spectacle devrait retenir notre attention : celui de Sophia Aram, « Crise de foi », au Palais des Glaces à Paris jusqu'au 14 avril. Infos complémentaires. « La présentation du spectacle annonce une précaution inhabituelle : il est “déconseillé aux personnes plaçant leur foi au-dessus de leur sens de l'humour”. L'avertissement, souriant, n'est pas de trop car, effectivement, Sophia Aram fustige gaiement les trois monothéismes avec beaucoup d'intelligence et une vigueur très saine, à défaut d'être sainte. On rit beaucoup, on vient d'ailleurs pour cela et se gausser autant des idéologies religieuses que des phobies des croyants les plus fanatiques et obscurantistes. » Lire la suite.

Théâtre. La Compagnie Marie-Ruggeri joue Louise Michel, écrits et cris, spectacle théâtral et musical sur Louise Michel (1830-1905), jusqu'au 15 avril (relâches les 4, 8 et 9 mars). Représentations les jeudis, vendredis, samedis à 20 heures, et dimanches à 18 heures. Prix des places : 20 euros (tarif réduit : 15 euros, tarif groupe : 10 euros). Ce spectacle est conçu à partir de la correspondance et de l'autobiographie de la militante anarchiste (adaptation et jeu : Marie Ruggeri ; musique et jeu : Christian Belhomme). Au théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville ou Rambuteau). La compagnie peut se déplacer pendant cette période dans les régions Nord, Normandie, Bretagne, Pays de Loire, Centre. Et, les 6 et 7 mars, dans le sud-est de la France (représentation le 8 mars à Draguignan). Contact (invitation, groupe et organisation de spectacle) : 06-64-16-37-35 ou compagniemr(at)yahoo.fr

Salon du livre libertaire de Paris. En 2012, cette sixième édition ouvrira ses portes dès vendredi 11 mai à 14 heures (jusqu'à 21 heures) et se poursuivra samedi 12 mai, de 10 heures à 20 heures, et dimanche 13 mai, de 10 heures à 16 heures. Des compagnons suisses (francophones, alémaniques ou italophones) ont été invités à venir présenter leur production éditoriale. Ce sera aussi l'occasion de découvrir le programme de la Conférence internationale de Saint-Imier qui se tiendra en août 2012 dans le Jura suisse : conférences, ateliers, expositions, salon, concerts, etc. Autre nouveauté, la création d'un espace livres neufs à prix cassés. Plus de vingt heures de débats (répartis sur trois jours) sont prévus : « Idées reçues sur l'anarchisme » ; « L'alternative anarchiste en actes » ; « L'éducation » ; « Faut-il s'indigner ou se révolter ? » ; « Décroissance et partage des richesses » ; « Avenir des médias libres » ; « Réinventer la grève générale »… Radio-Libertaire (89.4 MHz) proposera à ses consœurs de Paris et de province d'animer et de diffuser des émissions en direct depuis le salon (studio prévu à cet effet). Et tout cela se passera à l'espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville ou Saint-Paul). Entrée à prix libre. Bar et restauration légère. Pour contacter l'organisation : Salon du livre libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris - tél. : 01-48-05-34-08 - courriel : livrelibertaire2012(at)sfr.fr - site Internet.

 

DIVERS

« Spaghetti a la Bakunin ». Trouvée, dans un ouvrage récemment paru aux Editions générales First, La Cucina della mamma. Recettes authentiques des grands-mères italienne (collectif, 414 p., 17,90 euros), une recette de spaghettis à la Bakounine. Le texte de présentation rappelle que celui-ci « arriva en Italie en 1862 et tissa des liens avec Carlo Cafiero, Saverio Frisc[i]a, et [Giuseppe] Fanelli, avec lesquels il élabora les sujets qui allaient être la cause de la scission avec la branche marxiste de la Première Internationale ». Vella, un peintre d'Agrigente, fervent admirateur de Bakounine, lui dédia cette recette sicilienne. Ingrédients : 2 gousses d'ail, 45 ml (3 c. à soupe) d'huile d'olive, 4 filets de sardines salées, 1 kg de tomates, piment fort en poudre, sel, poivre, marjolaine, 700 g de spaghettis. « Faites dorer légèrement les gousses d'ail dans l'huile, puis enlevez-les. Dans l'huile aromatisée, faites fondre les filets de sardines salées, puis ajoutez les tomates pelées et épépinées, coupées en morceaux, une pincée de piment fort, du sel et du poivre. Faites cuire à feu doux pendant 10 minutes, puis parsemez abondamment de marjolaine. Cette sauce permet d'assaisonner 700 g de spaghettis cuits al dente. » Vin conseillé : inzolia ou grecanico de Sicile.

En vrac sur le Web (mars). Les éditions La Baronata (Lugano), le Circolo Carlo Vanza (Locarno) et le CIRA de Lausanne ont lancé un Chantier biographique des anarchistes en Suisse qui a pour but de recueillir des informations (en italien, français ou allemand) sur la vie et le parcours de militants helvétiques ou ayant séjourné dans le pays. Pour le moment, les textes sont publiés dans la langue qui a servi à leur rédaction. A ce jour, environ mille six cents notices biographiques (complètes ou partielles) sont consultables. On peut effectuer des recherches par nom, canton, ordre alphabétique et selon certains critères (femmes, de passage, etc.). Pour y contribuer et envoyer des propositions d'articles, courriel : cantierebiografico(at)gmail.com Des nouveautés sur le site du Monde libertaire : les abonnés pourront désormais télécharger le numéro de la semaine au format PDF et, pour tous, possibilité de feuilleter l'exemplaire en cours et de télécharger les numéros gratuits ; une carte de France permet de visualiser les blogs et sites des groupes de la Fédération anarchiste ; une représentation du monde, quant à elle, donne accès aux dernières infos et réflexions parus sur des sites anarchistes de tous les continents. Et toujours, des articles et la possibilité de réagir en laissant des commentaires. Un seul défaut : le site est encore un peu lent. Alternative libertaire annonce, pour sa part, que les tee-shirts Kronstadt et Barcelonna sont de nouveau disponibles (boutique) « pour s'habiller avec classe tout en favorisant subtilement les discussions politiques ». Pas évident, cependant, avec ceux-ci de jouer au foot : il manque des numéros ! Un appel pour une Foire à l'autogestion a été lancé au début du mois. Elle sera « le point de rencontre de toute une galaxie de collectifs, d'associations, d'entreprises, de coopératives, d'organisations syndicales et politiques qui cherchent à faire vivre l'idée d'autogestion. L'événement aura lieu le week-end du 23-24 juin 2012 à Montreuil (93), sur le site de la Parole errante, avec des stands, des espaces de débat retransmis à la radio, des projections de films, un concert, un village du livre, un espace enfants, des ateliers pratiques… » Constatant que « la crise économique et financière qui ébranle le monde est aussi une crise de civilisation, face à laquelle les réponses habituelles, néolibérales comme étatistes, sont impuissantes. L'autogestion peut constituer une alternative ».
De nombreuses coopératives, associations, structures syndicales et politiques, que l'on peut retrouver sur le site, sont déjà signataires de cet appel. Qu'en est-il de la réalité économique de ces tentatives d'auto-organisation. Deux articles sur le site El Correo s'essayent à dresser un bilan et les perspectives de cas concrets en Argentine (« Usines autogérées argentines, dix après ») et au Brésil (« Flaskô, usine sous contrôle ouvrier au Brésil »). Le mot « libertaire » est à la mode, on le met à toutes les sauces et particulièrement à celle du libéralisme lorsqu'il s'agit des mœurs, du domaine sociétal. Les bobos (bourgeois bohèmes) adooorent cela… L'Express l'a bien compris et a établit le « top 100 libertaire » qui regroupe « les fiches les plus appréciées et les mieux notées sur la thématique libertaire ». Heureusement, il n'y en a que quinze. Et qui trouve-t-on dans ce palmarès mêlant personnes réelles et livres ? En premier lieu, Serge Gainsbourg (« poète maudit et provocateur »), puis Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, Bertrand Russell, Thomas Hobbes, Le Baron perché d'Italo Calvino (histoire d'un homme sur un arbre), Jean-Louis Bory, Le Banquier anarchiste de Fernando Pessoa, etc. Certes Russell est « un militant de gauche proche du socialisme de tendance libertaire », mais les autres – assez sympathiques à l'exception de Hobbes qui est un penseur de la souveraineté démocratique et d'une certaine bourgoisie éclairée – sont plutôt des originaux, des dandys, des êtres qui ont vécu ou essayé de vivre une existence ou une sexualité hors des normes… Peut-on cependant les considérer (définition du Petit Larousse) comme des partisans « de la liberté absolu de l'individu en matière politique et sociale » (souligné par nos soins) ? Il faut attendre la 13e place pour trouver un authentique anar et révolté en la personne de Jean Meckert (alias Jean Amila), auteur de romans noirs fustigeant les politiciens, la famille, l'armée et les institutions (lire article de La Bouche de fer). Le ridicule ne tue plus… à Poitiers, une personne qui avait participé à la chorale ayant entonné « Hécatombe » de Brassens devant le commissariat de police (lire « En vrac sur le Web (juillet) ») a appris qu'elle était poursuivie pour avoir « outragé par parole, gestes, menaces, écrit non rendu public, image non rendue publique, envoi d'objet, de nature à porter atteinte à la dignité ou au respect dus à la fonction de Monsieur M. J.-C., commandant de police, personne dépositaire de l'autorité publique, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, en l'espèce en lui ayant projeté au visage une poignée de confettis » (infos sur le blog du groupe Pavillon noir). Elle passera pour ce motif en procès le 4 mai prochain. La musique n'adoucit décidément pas les mœurs, mi-décembre, près de soixante-dix jeunes punks ont été arrêtés dans la province d'Aceh par la police. Signalons que dans cette région d'Indonésie, c'est la charia, la loi islamique, qui est en vigueur depuis 2001. Ils ont étés battus, rasés, « débarrassés » de leurs piercings et de leurs vêtements, douchés… et rééduqués pendant une dizaine de jours dans une caserne de l'armée. Leur crime ? Avoir assisté à un concert de charité et violé la charia par leur comportement (lire Courrier international et Punk Aid [en anglais] pour le soutien). Et encore, s'en tirent-ils à bon compte ! Hamza Kashgari, un journaliste saoudien de 23 ans, risque la peine de mort pour avoir, le 4 février, publié sur son compte Twitter des messages envoyés au prophète Mahomet. Exemple de tweets : « Le jour de ton anniversaire, je dirai que j'ai aimé le rebelle en toi, que tu as toujours été une source d'inspiration pour moi, et que je n'aime pas le halo de divinité qui t'entoure. Je ne prierai pas pour toi. » Menacé, craignant pour sa vie, il a quitté l'Arabie saoudite pour la Nouvelle-Zélande où il souhaitait demander l'asile politique. Mais à une escale à Kuala Lumpur (Malaisie), Hamza Kashgari a été arrêté et renvoyé à Riyad le 12 février (alors qu'il n'existe aucun traité d'extradition entre les deux pays). Bien qu'il se soit repenti (!), il risque la pendaison pour apostasie (Rue89 et Athéisme.org). Mais l'Arabie saoudite n'est pas l'Iran, et cette alliée des Etats-Unis et de l'Occident, n'en doutons pas, saura faire preuve de tolérance à l'égard de la liberté d'expression qui est, comme chacun sait, le socle de la démocratie (dommage que le point d'ironie soit aussi peu pratiqué !).

Création d'un café-librairie. Un appel aux dons (argent et livres) a été lancé pour la création au printemps 2012 d'un lieu associatif au fonctionnement collégial, qui sera situé dans les locaux de la Parole errante à Montreuil (M° Croix-de-Chavaux). Celui-ci sera ouvert du mercredi au dimanche inclus, de 13 heures à 20 heures. Au moins deux fois par mois, des rencontres seront organisées le soir jusqu'à minuit pour discuter d'une œuvre, d'un auteur, d'une idée ou d'une situation politique. On y trouvera des denrées issues de l'agriculture paysanne ou de coopératives, des livres neufs ou d'occasion à la vente, une bibliothèque pour consulter sur place, des brochures, des journaux… Le collectif qui prend en charge ce lieu se compose d'une dizaine de personnes, dont certaines participent à des revues (Z), à des éditions (La Lenteur), à des groupes anti-industriels (Oblomoff), à des collectifs de précaires et de chômeurs (CIP-IDF, CAFards), etc. Adresse : café-librairie Michèle Firk, c/o La Parole errante, 9, rue François-Debergue, 93100 Montreuil. Pour tout renseignement : michelefirk(at)riseup.net
Texte de l'appel aux dons (516 Ko).

 

PÉRIODIQUES

Que vous comptiez ou non manifester le 24 mars à Nantes, contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, vous lirez avec profit le quatre pages édité à cette occasion par les groupes libertaires de la région (FA, OCL, AL, entre autres). Il y est question de grands travaux inutiles, d'un aéroport pour quoi faire ?, d'un partenariat privé-public bien juteux pour… Vinci et des compromissions des écologistes politiques (PDF à télécharger, 300 Ko). On nous a signalé la parution d'un dossier « Aux sources de l'histoire syndicale française. Retour sur les bourses du travail », coordonné par David Hamelin, dans le numéro double 116-117 des Cahiers d'histoire (24 euros, abt 4 n° : 52 euro, site). Les articles sont regroupés en trois chapitres comme autant de questions : « quels enjeux ? », « quelles mises en œuvre ? », « quelle place aujourd'hui ? ». Les illustrations aux deux premières sont particulièrement riches, avec entre autres un texte sur les origines (Nicolas Gallois), une « expression de l'autonomie ouvrière » (David Rappe), une comparaison « impossible ? » avec les Labour Exchanges britanniques et un exemple de propagande par le théâtre avant la Grande Guerre (Marjorie Gaudemer). Le traitement de la troisième risque de nous laisser sur notre faim : un seul texte, malgré son titre alléchant (« La Bourse du travail de Bastia : la construction d'un “non-lieu de mémoire” ? »), cela fait court ! Sortie également, ces jours-ci, du n° 19 des Cahiers Octave Mirbeau (mars, 448 p., 31 euros avec l'adhésion à la Société Octave Mirbeau, site). Comme d'habitude, il est constitué d'études, d'un dossier, de documents, de témoignages et d'une bibliographie. L'imposante et très complète table des matières peut être parcourue sur le site consacré à l'écrivain, qui permet agréablement de (re)découvrir son œuvre, sa biographie, une chronologie, des jugements et des citations… Dont celle-ci, toujours et parfaitement d'actualité : « Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, et ils n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit. » (« La Grève des électeurs », Le Figaro, 28 novembre 1888.) A ce sujet, Le Libertaire 66 (n° 16, février-mars, 13 p., gratuit, site), la « revue épisodique » du groupe Puig-Antich de Perpignan de la Coordination des groupes anarchistes (CGA), vient de paraître ; c'est un spécial anti-électoralisme : « Ne prenez pas le bulletin qu'ils vous tendent… ne défendez pas les programmes qu'ils vous “imposent”, prenez vos affaires en mains ! » Avec cet avertissement qu'il faudrait apposer sur les urnes : « Le vote provoque l'impuissance politique et peut entraîner la mort de votre esprit critique. Ne commencez pas. » Et aussi : « Combattre le fascisme dans la rue, pas dans les urnes ! », « Luttons pour que les choses changent… », « Nos villes sont des prisons à ciel ouvert » et un très intéressant article à propos de Mohamed Saïl, anarchiste et Kabyle. A télécharger (PDF, 2,2 Mo). Dans Alternative libertaire (n° 215, mars, 28 p., 3 euros, site), un dossier spécial de huit pages tente d'établir le bilan des « révolutions arabes » avec un titre tout en nuances (« Décevantes, les révolutions ? »). Certes, dans plusieurs pays, « le pouvoir est aujourd'hui assumé par d'anciens dignitaires recyclés et par des islamistes », mais l'heure est aux revendications sociales et aux mobilisations féministes… Et l'on constate un réveil des libertaires. En Tunisie, la « normalisation » n'empêche pas les luttes sociales. La Libye est toujours agité de convulsions, entre milices armées, tribus et groupes islamistes aux intérêts divergents. Là bas, l'idée de « démocratie directe » a été pour longtemps discréditée par Kadhafi. Interview de Yasser Abdelkawi, du Mouvement socialiste libertaire, sur la situation en Egypte. Au Maroc, la constestation perdure, reposant essentiellement sur les collectifs de femmes et le mouvement des « chômeurs diplômés ». Une plate-forme pour le regroupement des libertaires y serait en préparation. Témoignage d'un anarchiste syrien et attitudes des Palestiniens face à la dictature de Bachar Al-Assad… N'Autre Ecole se présente en vidéo et, dans son dernier opus (n° 31, hiver 2011-2012, 58 p., 4 euros, site), s'entretient avec Laurent Ott, après sa démission de l'Education nationale, des « pratiques de pédagogie sociale ». Hugues Lethierry, quant à lui, est interrogé sur les apprentissages militants. Un texte d'Irène Pereira relate l'étude sociologique qu'elle a menée auprès des adhérents du Syndicat unifié du bâtiment de la région parisienne (CNT). Hors des frontières : grève des professeurs vaudois en Suisse et témoignage d'une enseignante bénévole au Sénégal. A la rubrique « Mémoire », le parcours d'Hélène Radlinska (1879-1954) et trente ans de lycée expérimental à Saint-Nazaire. Notons aussi l'interview de Pierre-Emmanuel Weck, dont les photographies illustrent les pages du numéro ; dans les années 2000, il s'est intéressé au « nouveaux militants » et à leurs pratiques. Et plein d'autres articles, sans oublier un copieux tour d'horizon de la presse et des bouquins récemment parus… On peut aussi feuilleter la revue sur Calaméo.

 

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