Mars 2011

PUBLICATIONS

Voilà enfin traduit en français l'ouvrage de Rudol Rocker (1873-1958, lire biographie) Théorie et pratique de l'anarchosyndicalisme (préface de Noam Chomsky, Aden, 193 p., 19 euros), paru pour la première fois à Londres en 1938. Sur la demande d'Emma Goldman, en pleine guerre civile espagnole, son auteur avait voulu mieux faire connaître cet idéal dont se revendiquaient les combattants libertaires. L'ouvrage donne ainsi une présentation exemplaire de l'anarcho-syndicalisme, de son histoire, de ses méthodes et de ses finalités, tout en considérant qu'il n'y a pas de « concepts absolus » mais au contraire la possibilité d'applications multiples pour l'organisation sociale. Son traducteur, Normand Baillargeon, a écrit une substantielle introduction et réuni une importante bibliographie pour replacer Rocker dans son époque et l'œuvre dans son contexte. Etrange bouquin que ce Clio et les Grands-Blancs. La décolonisation inachevée (Libertalia, coll. Terra incognita, 285 p., 15 euros.), de Jean-Pierre Biondi, qui mêle repères chronologiques sur le fait colonial (de 1510 à nos jours), des portraits de militants (les anarchistes ont été quelque peu oubliés), l'étude de la position à ce sujet de certains courants politiques (social-démocratie, Parti communiste français) ou de pensée (anticolonialisme chrétien), des jugements personnels (sur la politique d'assimilation, l'immigration, le sionisme…) et une assez complète bibliographie. A la fois « livre noir » sur les méfaits du colonialisme (exploitation, crimes, massacres…), analyse de la décolonisation et du néocolonialisme, explication de l'immigration en tant que suite logique du colonialisme, de son exploitation de la main-d'œuvre et d'une absence d'émancipation… cet ouvrage est riche de sa diversité et de son foisonnement. Les Editions CNT-RP commémore la création de la Confederación Nacional del Trabajo (CNT) en publiant 1910 - Naissance de la CNT (15 euros), compte rendu du second congrès (30 octobre-1er novembre 1910) de la confédération syndicale catalane Solidaridad Obrera. Au cours de celui-ci, elle décida (en présence de délégations ou de mandats d'autres régions) de se transformer en confédération nationale dans le but de regrouper sur le principe de l'action directe toutes les sociétés ouvrières restées à l'écart de l'Union générale des travailleurs (UGT), d'obédience socialiste. On sait ce qu'il est advenu de la CNT qui allait marquer de son empreinte l'histoire sociale espagnole au cours des décennies suivantes et, à défaut des actes du congrès, ce sont les seules traces – pour la première fois traduites en français – qui demeurent des débats entre partisans (anarchistes et syndicalistes révolutionnaires) et ceux qui refusaient (socialistes) cette transformation. Normand Baillargeon, décidément prolifique, présente les différents textes qui constituent Là-haut, il n'y a rien. Anthologie de l'incroyance et de la libre-pensée (Presses de l'université Laval, coll. Quand la philosophie fait pop !, 330 p., 32 euros). « En ces heures de laïcité supposée ouverte et de multiplication des accommodements avec la religion », il a voulu réunir, « dans cet ouvrage, des penseurs de toutes les époques et de diverses cultures [qui] exposent les grandes positions que l'on retrouve au sein de la famille de l'incroyance, les principaux arguments pour et contre l'existence de Dieu, les explications naturalistes des sources de la croyance religieuse, les méfaits de la religion, les éthiques non religieuses et le principe de laïcité dans l'espace public et en éducation ». Un recueil dont le prix ne le met pas, hélas !, à la portée de toutes les bourses. Ce qui n'est pas le cas de ces trois nouveaux titres – Désobéir au sexisme, Désobéir à l'argent, Désobéir à la précarité (Le Passager clandestin, 62 p. et 5 euros chaque) – qui enrichissent une collection déjà bien fournie (il y a tant de raisons de désobéir !). Rédigés par Les Désobéissant, ces « Que sais-je ? » de la contestation établissent généralement un constat de la situation actuelle, dressent un bref historique des luttes en ce domaine, avant d'aborder les moyens non violents pour combattre ou résister, et cela se conclut avec « des ressources pour aller plus loin » (livres, études, films, sites Internet, etc.). C'est écrit simplement, bien documenté, synthétique, pédagogique et pas… chiant ! Les sujets du pamphlet de Mathieu Rigouste, Les Marchands de peur. La Bande à Bauer et l'idéologie sécuritaire (Libertalia, coll. A boulets rouges, 151 p., 8 euros), n'aiment pas, eux, les gens désobéissants. Ils en ont même fait leur fonds de commerce. Pour cela, ils ont tissé leurs réseaux à gauche comme à droite – l'appartenance à la franc-maçonnerie est aussi bien utile –, développant leurs expertises dans les médias, établissant des passerelles et des coopérations entre le public et le privé, entre l'armée, la police, la recherche et l'industrie de la sécurité, afin de gérer globalement le contrôle de la population et des éléments perturbateurs. Les parcours de ces personnages, avec leurs zones d'ombre (extrême droite, organisations politico-mafieuses, opérations de manipulation et de déstabilisation…), sont ainsi retracés. L'opération Tarnarc, dont Alain Bauer fut l'un des initiateurs, constitue un exemple de « décèlement précoce » (trop !) des « menaces intérieures », échec politique et judicaire mais qui a constitué un exercice grandeur nature de mise en condition des médias, de collaboration entre différents services et de remise à jour des fichiers. Parions que le dessinateur Gustave Jossot (1866-1951, lire recension du Fœtus récalcitrant) les auraient cruellement caricaturés. Parallèlement à l'exposition qui se tient à la Bibliothèque Forney (lire info dans cette page), Paris Bibliothèque a édité Jossot, caricatures. De la révolte libertaire à l'islam (préface de Cabu, 160 illustrations en couleur, 129 p., 32 euros), réalisé par les spécialistes que sont Michel Dixmier et Henri Viltard (voir son site). Un magnifique ouvrage à consulter sur place, à voler ou à guetter en soldes ! Individualisation du travail, captation du désir pour stimuler la consommation, transformation du langage afin de travestir la réalité, le capitalisme new-look a façonné de nouvelles armes pour asseoir sa domination. Que devient alors l'individu ? C'est à cette question que tente de répondre Philippe Coutant. Texte issu d'un mémoire soutenu à la faculté de philosophie de l'université de Nantes en septembre 2008, Le Sujet et le capitalisme contemporain (Edition de la Gréneraie, 99 p., 7,50 euros port compris chez l'auteur) n'est pas d'un accès facile. L'auteur en résume ainsi le thème : « La question du sujet, sa réalité, sa consistance, sa persistance ou sa disparition est au cœur de ce travail. La problématique est celle de l'annexion du sujet par le système et donc de la transformation du sujet par le capitalisme contemporain. » On peut aussi contacter Philippe Coutant (site personnel) pour en discuter ou organiser un débat. Dans un tout autre registre, c'est un beau roman que nous offre Patrick Pécherot qui est parti sur les traces d'André Soudy, le « môme », le petit tuberculeux de la bande à Bonnot, L'Homme à la carabine (Gallimard, coll. Blanche, 271 p., 16,90 euros).… Et l'on retrouve ainsi le monde de L'Anarchie à Romainville, les autres personnages (Jules, Raymond la Science, Marie, l'innocent Dieudonné et tant d'autres), les attaques à main armée, la traque, le dénouement à Choisy-le-Roi et à Nogent, où une armée de flics et de militaires est mobilisée contre deux hommes. Un écrit de plus sur les « bandits tragiques » ? Non, car l'écriture cinématographique de l'auteur compose une étrange et très originale mosaïque de scènes, de retours en arrière, d'extraits d'interrogatoires, de rapports, de coupures de presse, d'arrêt sur image… recréant ainsi parfaitement, par touches, l'ambiance de l'époque, la révolte et le désespoir de quelques êtres victimes de la vie, de la misère, du système et de leurs rêves. Tous victimes, les hors-la-loi comme les employés de banque et les simples policiers assassinés !

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Saint-Denis, mars. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « La culture de la paix », présentation de Joël Frison : le 8, « La contestation de la culture de la guerre » ; le 15, « Les fondements de la culture de la paix » ; le 22, « La culture de la paix par l'éducation, le développement, les droits humains » ; le 29, « La culture de la paix par la démocratie, la tolérance, le désarmement ». Site Internet.

Paris, 4 mars. Le groupe Salvador-Segui (FA) organise une conférence-débat autour de l'éducation et de la pédagogie libertaires avec Hugues Lenoir, auteur notamment d'Education, autogestion, éthique (Editions libertaires). A 20 heures, à la bibliothèque La Rue (10, rue Robert-Planquette, 75018 Paris).

Bordeaux, 5 mars. Rencontre avec Grégoire Chamayou à propos de son livre Les Chasses à l'homme (La Fabrique). Comment la chasse aux esclaves fugitifs, aux Peaux-Rouges, aux pauvres, aux exilés, aux juifs, aux sans-papiers… est une grille de lecture de la longue histoire de la violence des dominants. A 17 heures, librairie du Muguet, 7, rue du Muguet.

Le Mans, 5 mars. A 16 heures, café libertaire organisé par le groupe Lairial : « Que penser de la montée des nationalismes ? ». Table de presse de Matérial. Epicerie du Pré, 31, rue du Pré.

Paris, 5 mars. L'évolution d'un quartier parisien à travers ses cafés : débat autour du livre Belleville cafés (L'Echappée) en compagnie d'Anne Steiner (auteure) et Sylvaine Conord (photographe). A 15 h 30, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Paris, 5 mars. Rencontre avec Patrick Pécherot pour son roman L'Homme à la carabine (Gallimard) – qui évoque André Soudy, le plus jeune membre de la bande à Bonnot. A 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Courriel : librairie-publico(at)sfr.fr - Site Internet.

Troyes, 5 mars. Conférence de l'UP3 sur « Le sport à l'ère des stades », avec Marc Perelman. A 18 heures, à la Ligue de l'enseignement de l'Aube, 8, rue de la Mission. Entrée libre. Courriel : up.troyes(at)orange.fr

Saint-Denis, 6 mars. De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée » avec la Dionyversité. Ce jour, il est question de « Poésie et insoumission », avec Frédéric Adam, poète et marchand de vin. Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri. Entrée libre.

Besançon, 8 mars. Conférence-débat avec Madeleine Laude à l'occasion de la sortie de son livre aux éditions du Monde libertaire : Une femme affranchie, Gabrielle Petit l'Indomptable. A 18 heures, à la librairie associative l'Autodidacte, 5, rue Marulaz. Site Internet.

Toulouse, 8 mars. Présentation à 19 heures du livre Théorie et pratique de l'anarcho-syndicalisme, de Rudolf Rocker, pour la première fois traduit en français. Avec Normand Baillargeon. A la librairie Terra Nova, 18, rue Gambetta.

Aubusson (Creuse), 11 mars. Conférence-débat sur « L'Internationale situationniste, quarante ans après… », à 19 heures, au Fabuleux Destin café. Organisé par le Cercle de réflexion sur le progrès. Plus d'infos, Cédric : 05-55-64-14-25.

Clermont-Ferrand, 11 mars. Conférence de Ronald Creagh sur « Utopies américaines », à 20 heures, à la faculté de lettres, site Gergovia, 29, boulevard Gergovia et rue Philippe-Lebon.

Paris, 11 mars. Le groupe Louise-Michel de la Fédération anarchiste organise à 19 h 30 une réunion publique avec René Berthier sur les méfaits de la globalisation et la remise en cause des services au public et des retraites. Au 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses).

Marseille, 12 mars. Une causerie sur la littérature prolétarienne contemporaine, animée par Eric Lemaire et Thierry Périssé, aura lieu à 17 heures au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel : cira.marseille(at)free.fr - Site Internet.

Paris, 12 mars. De 16 h 30 à 19 heures, rencontre avec des animatrices et animateurs de Radio-Libertaire dans le cadre des 30 ans de la radio. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Courriel : librairie-publico(at)sfr.fr - Site Internet.

Rouen, 12 mars. Débat à 15 heures avec Mohamed (groupe Pierre-Besnard de la Fédération anarchiste) sur la situation en Tunisie. Librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Paris, 16 mars. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 une présentation-débat de l'ouvrage d'Anselm Jappe : Crédit à mort. La décomposition du capitalisme et ses critiques (Lignes), avec l'auteur. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Courriel : quilombo(at)globenet.org - Site Internet.

Merlieux, 17 mars. De 18 heures à 21 heures, rencontre-débat sur « L'espéranto, qu'est-ce que c'est ? », avec Guy Cavalier de Sat-Amikaro. A la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Renseignements : kropotkine02(at)no-log.org

Paris, 18 mars. Pour la Saint-Patrick, le SUB-CNT organise une nuit cinéphile irlandaise, de 19 heures à 6 heures. Projection de trois films : Le Vent se lève, The Commitments, Au nom du père. Entrée libre, bar irlandais (4 euros la pinte de Guiness). Au 33, rue des Vignoles (M° Avron ou Buzenval).

Perpignan, 18 mars. Conférence, organisée par le groupe Puig-Antich de la Coordination des groupes anarchistes (CGA), à 18 h 30 : « A Kronstadt, il y a 90 ans déjà ». Librairie Infos, 2, rue Théodore-Guiter.

Paris, 19 mars. Forum-débat avec Larry Portis autour de son dernier ouvrage Qu'est-ce que le fascisme ? (Editions Alternative libertaire). A 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Perpignan, 19 mars. Conférence-débat « Autour de l'anti-électoralisme. Agir au lieu d'élire », organisée à 15 h 30 par le groupe Puig-Antich (CGA), à la librairie Infos, 2, rue Théodore-Guiter.

Nîmes, 21 mars. Invité par le groupe Gard-Vaucluse de la FA, l'avocat Jean-Jacques Gandini abordera le sujet du « Devoir de désobéissance » au Centre Pablo-Néruda de Nîmes, salle 3, à 20 heures. Entrée libre et table de presse.

Paris, 23 mars. Apéro-débat à 19 heures sur l'idéologie sécuritaire et sa construction avec Mathieu Rigouste, auteur de l'ouvrage Les Marchands de peur. La Bande à Bauer et l'idéologie sécuritaire (Libertalia). A la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Buzenval ou Avron).

Strasbourg, 23 mars. « Suite à la crise économique, y a-t-il un danger fasciste ? », réunion-débat avec Larry Portis, auteur d'Histoire du fascisme aux Etats Unis et de Qu'est-ce que le fascisme ? A 20 heures, à la Maison des associations, place des Orphelins. Organisée par Alternative libertaire Alsace et la CNT 67.

Alès, 24 mars. Rencontre-débat avec Philippe Pelletier, auteur de Idées reçues sur l'anarchisme (Cavalier bleu), organisée par le groupe Gard-Vaucluse de la FA. A 20 heures, au 23, rue du Faubourg-d'Auvergne. Entrée libre et table de presse.

Mulhouse, 24 mars. Réunion publique et débat sur « La crise économique et politique peut-elle conduire au fascisme ? », avec Larry Portis et en présence d'Alain Bihr, auteur de plusieurs ouvrages sur l'extrême droite. A 20 heures, Auberge de la jeunesse, 37, rue de l'Illberg (tram 2, arrêt Côteaux). Organisée par A contre-courant politique et syndical, Alternative libertaire Alsace et la CNT 68.

Nîmes, 25 mars. Rencontre-débat avec Philippe Pelletier, auteur de Idées reçues sur l'anarchisme, organisée par le groupe Gard-Vaucluse de la FA. A 20 heures, au Centre Pablo-Néruda, salle 3.

Marseille, 26 mars. Réunion-débat à 17 heures avec Larry Portis, pour la sortie de son dernier livre : Qu'est-ce que le fascisme ? (Editions Alternative libertaire). Organisée par Alternative libertaire Marseille, au Mille Babords, 61, rue Consolat, Marseille 1er.

Paris, 26 mars. Forum-débat avec Normand Baillargeon, pour son livre Là-haut il n'y a rien. Anthologie de l'incroyance et de la libre-pensée (Presses de l'université de Laval). A 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Montpellier, 30 mars. Conférence-débat à 18 h 30, au Full Gnawa, 5, rue des Ecoles laïques, autour du dernier livre de Larry Portis Qu'est ce que le fascisme ? (Editions Alternative libertaire). En présence de l'auteur !

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Expo Jossot. A la Bibliothèque Forney, se tiendra du 1er mars au 18 juin une exposition « Jossot (1866-1951). De la révolte à la fuite en Orient ». C'est la première rétrospective consacrée à ce caricaturiste libertaire de la (si mal nommée) Belle Epoque. Elle regroupe aussi bien des dessins que des affiches, des lithographies ou des œuvres orientalistes. Son style graphique, « très personnel, [est] influencé par les enluminures médiévales et les estampes japonaises : élégance décorative, déformation caricaturale, contrastes violents des couleurs en aplats finement cloisonnés ». Bibliothèque Forney, 1, rue du Figuier, Paris 4e (tél. : 01-42-78-14-60). Du mardi au samedi, de 13 heures à 19 heures (prix d'entrée : 6, 4 ou 3 euros). Télécharger le dossier de presse (PDF, 840 Ko).

Expo autocollants. La galerie Confluences présente du 2 au 27 mars « La lutte des signes ! », une exposition présentée en partenariat avec Médiapart et les Editions libertaires. Six cents vignettes, papillons, autocollants sont proposés pour restituer un siècle de lutte sur les murs… Vernissage le 2 mars à partir de 18 heures. La galerie est ouverte du lundi au vendredi, de 10 heures à 18 heures, et les soirs de représentation. Confluences, 190, boulevard de Charonne, Paris 20e (M° Philippe-Auguste). Tél. : 01-40-24-16-34 – Site Internet.

Conférence gesticulée. La Dionyversité organise le 9 mars à 19 h 45 une soirée : « Qu'est-ce qu'un homme ? Qu'est-ce qu'une femme ? Une autre histoire du sexisme… », septième conférence gesticulée de La Scope Le Pavé, mise en scène de Franck Lepage. A la La Belle Etoile (Compagnie Jolie-Môme), rue Saint-Just, quartier La Plaine Saint-Denis. Entrée libre et gratuite, sortie à prix libre pour les artistes. Site Internet.

« Brassens ou la liberté ». La Cité de la musique rend hommage au poète libertaire (lire biographie et bibliographie), à partir du 15 mars et jusqu'au 21 août. Exposition avec des documents inédits, des photographies, des films et des archives sonores peu connus. On pourra aussi y entendre des chansons inédites, récemment découvertes, mises en musique par Olivier Daviaud et interprétées par François Morel. Un concert est également prévu le 16 mars avec J.P. Nataf, Thomas Fersen et Bertrand Belin. Par ailleurs, le dessinateur Joann Sfar a réalisé une série de dessins et de croquis sur l'univers de Brassens qui jalonneront le parcours de l'exposition (un album d'illustrations de 120 chansons, accompagnées des accords et des paroles, paraîtra début mars chez Gallimard). Infos complémentaires. Espérons seulement que cet hommage à un poète qui aurait eu 90 ans cette année ne se transformera pas en récupération commerciale et ne se traduira pas par un affadissement de celui qui a écrit « La Mauvaise Réputation », « Le Gorille », « Hécatombe », « La Mauvaise Herbe » et bien d'autres titres jugés mal pensants à l'époque. « Le temps ne fait rien à l'affaire », disait-il en parlant des cons, mais, pour la postérité, c'est une autre histoire !

Chomsky à Bruxelles. Conférence de Noam Chomsky sur « Crise économique, guerre et transformation sociale », le 16 mars, à 20 h 30, Université libre de Bruxelles, auditoire Janson, 48, avenue Roosevelt, 1050 Ixelles. Le 17 mars, à partir de 20 heures, entretien entre Chomsky, Jean Bricmont et Normand Baillargeon : « Raison contre pouvoir », au théâtre national, 111, bd Jacqmain, 1000 Bruxelles.

Bobines rebelles. Le premier festival du documentaire politique et social dans l'Aisne aura lieu dimanche 27 mars, de 10 heures à 22 h 30, organisé par la Bibliothèque sociale de Merlieux. Au cinéma communal L'Ermitage, à Saint-Gobain. Projections, tables de presse, buvette, repas des partageux le midi (chacun-e apporte ce qu'il veut partager). Entrée à prix libre. Contact : 03-23-80-17-09 - site Internet pour le programme complet.

Anarhisticki sajam knjiga (ASK). Du vendredi 1er au dimanche 3 avril aura lieu la 7e Foire du livre anarchiste de Zagreb (Croatie) qui accueillera des stands d'éditeurs, une exposition de photos et des débats. Courriel : anarhisticki.sajam.knjiga(at)gmail.com (on peut écrire en anglais) – site Internet (en croate et en anglais).

Salon des éditions libertaires. Le Centre de documentation libertaire, les Amis de La Gryffe et la librairie La Gryffe organisent à Lyon, les samedi 14 et dimanche 15 mai, le Salon des éditions libertaires. Livres, revues, CD, DVD, sites, brochures, zines, affiches, expressions artistiques et débats seront au menu. Adresse : Maison des associations, 28, rue Denfert-Rocherau, Lyon 4e. Renseignements : librairie La Gryffe, tél. : 04-78-61-02-25 (du lundi au samedi, de 14 heures à 19 heures), courriel : salonzedlib(at)lagryffe.net.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (mars). Le quotidien Le Monde parle rarement d'anarchisme et, lorsqu'il le fait de façon correcte (édition du 25 février), c'est à signaler. D'abord avec un article sur le spectacle de Gérard Pierron, Hélène Maurice et Bernard Meulien, à propos de Gaston Couté : « Le discours du traîneux ». Si celui-ci est terminé, il reste le livre-disque : Le Temps d'amour. Gaston Couté, 131 ans (1880-1911), textes choisis et préfacés par Gérard Pierron (Piqu & Colégraph, 216 p. + CD du concert, 24 euros). L'ouvrage comprend un livret de vingt-cinq chansons (partitions calligraphiées et accompagnements chiffrés par Patrick Reboud). A commander auprès de Patrick Piquet, 13, allée Gagarine, 94200 Ivry-sur-Seine (courriel : piquetcolegraph[at]orange.fr). Pour écouter gratis le gâs Pierron, grâce à l'ami Jean-Denis. Puis, sous la plume d'Hervé Kempf (« Road movie anarchiste »), une recension des Sentiers de l'utopie (« livre-film », éd. Zones, 320 p., 25 euros) qui relate le voyage durant sept mois d'Isabelle Frémeaux et John Jordan dans dix lieux d'anarchie : école antiautoritaire en Espagne, camp climat en Angleterre, communauté agricolo-radiophonique de France, usine autogérée de Serbie… Pour en savoir plus, l'ancien site du voyage vers l'utopie, joliment illustré, et le nouveau (plus marketing). Fin janvier, Normand Baillargeon, enseignant en sciences de l'éducation à l'université de Montréal, essayiste, militant libertaire et auteur de nombreux ouvrages (lire bibliographie), se trouvait à Rennes à l'invitation de la Fédération anarchiste d'Ille-et-Vilaine. Et cela pour une réunion-débat sur le thème « Les intellectuels et la lutte des classes » qui a été enregistrée et dont les vidéos sont visibles sur Dailymotion, ainsi que de nombreuses autres sous l'intitulé Farennes. Un site pour rendre hommage au militant communiste libertaire disparu en 1988 (lire biographie) : Daniel Guérin Info. Il est animé par des militants, des chercheurs, des membres de sa famille et de l'association des Amis de Daniel Guérin. Des éléments biographiques, une galerie de photos, une bibliographie fournie, des textes (politiques ou sur la sexualité) en plusieurs langues permettent d'appréhender l'homme et son œuvre. On peut cependant regretter une présentation un peu trop hiérarchisée et l'impossibilité de circuler en transversale. Et espérer que de plus nombreux textes ou extraits soient offert à la lecture, qu'il s'agisse de la Révolution française, du fascisme ou du colonialisme (lire sa riche bibliographie). Jusqu'au 31 mars, le film ¡ Viva Mexico ! (documentaire réalisé par Nicolas Défossé, Terra Nostra Films, 120 min) est en tournée en France, puis en Europe (fin du périple, le 31 mai). Synopsis : « Dans un voyage des montagnes du sud-est mexicain jusqu'à la frontière nord avec les Etats-Unis, le sous-commandant Marcos et le peuple du Mexique dessinent le visage oublié d'un pays. Une célébration de la lutte pour la terre et la dignité. » Vous en saurez plus (photos, affiche, dates et lieux de projection) en consultant le site qui lui est dédié. Ludique, pratique et pédagogique, le blog du groupe Quartier pirate montre en images comment fabriquer une banderole. Un article documenté du Libertaire, « Dans la “révolution arabe” n'oublions pas les Berbères » nous rappelle l'existence de ce peuple. Dispersés d'est en ouest, d'Egypte aux Canaries, en passant par le Maghreb, la Mauritanie, le Mali et le Niger, ceux que l'on nomme Berbères, Amazighs ou Touaregs sont ballottés au gré des événements et risquent de faire les frais des changements en cours. Une belle conclusion, universelle, à ce texte : « Et de se souvenir que la reconnaissance de l'autre est aussi primordiale que l'affirmation de soi. »

Religion(s). Dans nombre de médias, de bonnes âmes (!) récemment converties à la laïcité se disent choquées par les prières de musulmans dans une rue du XVIIIe arrondissement de Paris. Il suffit de taper « rue Myrha » dans Google pour tomber sur leurs prêches. Que ne sont-elles pas autant outrées par les processions en tout genre de l'Eglise catholique sur la voie publique et par les propos (assez peu laïcs) du chanoine de Latran (le ci-devant Sarkozy) vantant « l'héritage chrétien de la France », en oubliant ce que le monde de la connaissance doit à l'héritage arabo-musulman. Y aurait-il deux poids, deux mesures ? Une solution à la modeste fréquentation de certaines églises pourrait être de les consacrer mosquée le vendredi, synagogue le samedi et réservées aux rites chrétiens le dimanche… Un autre jour de la semaine pour les diverses autres sectes, et le reste du temps comme salle de réunion municipale… Cela ne coûterait pas plus cher qu'actuellement aux contribuables et cela fonctionne déjà très bien avec des lieux de culte dans les hôpitaux, les prisons ou les salles de recueillement des pompes funèbres. On pourrait aussi songer à donner la parole de temps en temps aux athées, auxquels on ne permet guère de s'exprimer dans la presse, sur les ondes et sur les chaînes de télévision. Alors quelques sites sur Internet : Athéisme. L'homme debout, très complet ; CROA (Cercle des résistants à l'oppression des agenouillistes), impertinent et drôle ; Athéisme.org, documenté et varié ; Union des athées, historique et plein de pubs non souhaitées ; Islam-documents.org, sur l'élaboration de la religion musulmane ; Le gros mensonge de la Bible, tout est dit dans le nom !

 

PÉRIODIQUES

Les syndicalistes de la CNT et les anarchistes ont été exclus de la manifestation du 16 février à Rouen pour l'initiative « Jules Durand », en hommage à ce militant anarcho-syndicaliste condamné à mort en 1910 suite à une machination patronale (lire recension de L'Affaire Quinot). Le Libertaire (n° 50, mars, 8 p., à télécharger sur le site et Le Monde libertaire (n° 1625, 3 au 9 mars, 2,50 euros, site), sous la plume de Jean-Pierre Jacquinot, commentent et s'insurgent contre cet « Oukaze de l'UD CGT 76 », permis par la passivité ou la complicité de membres du Comité de défense des libertés fondamentales (sauf pour les anarchistes !). Libération du 7 mars consacre une double-page à l'affaire Jules Durand et à la campagne syndicale pour sa réhabilitation mais, sur la Toile, « La résurrection du “Dreyfus ouvrier” » est réservé aux abonnés. Syndicalisme toujours avec Gavroche (n° 165, janvier-mars, 52 p., 9 euros, site) qui revient sur l'expérience de Lorraine Cœur d'Acier, une radio de lutte de la CGT montée en 1979 contre la casse de la sidérurgie et liquidée par les instances nationales du syndicat, effrayées par sa liberté de ton et son esprit critique. Interview et témoignages relatent cette aventure qui a été filmée et dont le DVD est sorti récemment. Autres articles : un portrait de « Jean Zyromski, leader de la gauche socialiste entre les deux guerres », « Zola au Panthéon », et « Deux siècles d'immigration à Lyon, entre ghettoïsation et intégration citoyenne ». Courant alternatif (n° 207, février, 32 p., 3 euros, site) traite de façon documentée « La crise dans l'Etat espagnol » : offensive patronale et de l'Etat contre les travailleurs (rémunérations, retraites, précarité), criminalisation des luttes, hégémonisme d'un syndicalisme de conciliation et de collaboration, atomisation du syndicalisme alternatif… et grève générale improbable. Un autre dossier, titré approximativement « LOPPSI'tion sécuritaire », s'intéresse au contenu de cette nouvelle loi fourre-tout et à l'actualité du contrôle social : fichage dans l'Education nationale, interdiction de certains habitats, répression à Saint-Nazaire, « politique de soins sécuritaire » en psychiatrie, les projets du Parti socialiste dans ce domaine… La revue épisodique du groupe Puig-Antich de Perpignan (CGA), Le Libertaire 66 (n° 14, mars, 12 p., à télécharger sur le site) est en partie consacré à la révolte des peuples de l'autre côté de la Méditerranée et se souvient d'une autre révolte qui eut lieu il y a quatre-vingt-dix ans exactement contre le pouvoir bolchevique : la commune de Kronstadt, du 2 au 18 mars 1921. « La terre aux paysans, l'usine à l'ouvrier », sur le principe, le mot d'ordre des kronstadiens est toujours valable. Ce que ne démentira certainement pas le Bulletin de la fédération CNT des travailleurs-euses de la terre et de l'environnement (n° 12, février, 2,50 euros, abonnement 2 numéros : 4 euros, site). Au sommaire : « FCO et puçage », « Traçabilité et contrôle social », « Retraites : défendre quoi ? », « Installation : quelle structure juridique ? », « Produire plus pour gagner plus ? », etc. Vous pouvez le commander à : CNT-STTE 34, BP 04, 34390 Olargues.

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