Mars 2007

PUBLICATIONS

Jour de fête. Encore une brochure sur la révolution espagnole ! serait-on tenté de dire. Et pourtant, celle-ci constitue une excellente introduction à la découverte de cette période de l’histoire où des travailleurs sont montés à l’assaut du vieux monde pour le conquérir et bâtir une société enfin égalitaire et libertaire. Des conditions économiques et social de l’avant-36 à l’après-guerre, tout est abordé : la problématique guerre et/ou révolution, les réalisations concrètes de la révolution, la transformation des milices en « armée populaire », la contre-révolution et le rôle du Parti communiste, mais aussi les leçons de cette grande espérance. Et cela est dit avec clarté et précision en quelque 80 pages.
« Un dimanche de la vie. La révolution espagnole, 1936-1939 », Olivier Pinalie, 15,5 x 21,5, Editions du Monde libertaire, Paris, 80 p., 8 euros. Courriel.

Un… plus un, plus… Les Editions Labor ont réédité la Bible de l’individualisme, l’œuvre majeure de Max Stirner (1806-1856), dans une traduction de Robert Reclaire (comme cela n’est pas indiqué). Pour Stirner, il n’y a pas de valeur suprême au moi individuel, tout n’est que superstitions : nationalisme, étatisme, libéralisme, socialisme, communisme, humanisme… Ce qui aliène la soif de liberté et d’absolu de l’« égoïste » doit être détruit : Etat, religion, parti, révolution… « L’Unique et sa propriété » a inspiré tout un courant de l’anarchisme et l’existentialisme. Si aucune société ne peut être constituée de « moi » exacerbés (la liberté de l’un limite celle de l’autre), Stirner nous rappelle bien à propos la valeur de l’être humain, de son unicité, bien souvent opposé à une société qui l’étouffe, l’annihile, le détruit. Pour ne rien gâcher, le style du philosophe est magnifique, ample, flamboyant. Reste à concrétiser l’égalité et la solidarité des « moi » pour que la société soit la somme des individualités.
« L’Unique et sa propriété », Max Stirner, 12 x 18,5, Editions Labor, coll. Quartier libre, Loverval (Belgique), 513 p., 17 euros. Courriel.

Violence. En 1906, Georges Sorel (1847-1922), philosophe et historien socialiste, livre une étude sur la violence qui s’attirera aussi bien les foudre des socialistes réformistes que des hommes politiques partisans de l’ordre. En effet, il y s’y élève tout autant contre le réformisme aménageur social que contre le prétendu « ordre naturel » qui ne fait que légitimer l’exploitation. Sorel veut révéler au monde ouvrier sa valeur propre et sa conscience de classe. Car la violence prolétarienne est de nature différente, elle ne veut pas conquérir l’Etat mais le renverser. Cet ouvrage deviendra une référence pour le syndicalisme révolutionnaire en théorisant la grève générale comme moyen révolutionnaire. Mais l’on peut aussi s’inquiéter de cette idéalisation de la violence, de cette fascination envers un outil qui demeure contrainte. Et le sort des révolutions à venir, débouchant sur des dictatures, tout comme la mise en pratique par les divers fascismes de l’analyse sorélienne, ne peuvent qu’inciter à approfondir la réflexion sur la violence révolutionnaire, certes nécessaire, mais potentiellement dangereuse.
« Réflexion sur la violence », Georges Sorel, 12 x 18,5, Editions Labor, coll. Quartier libre, Loverval (Belgique), 450 p., 16 euros. Courriel.

Familistère. Stephen Mac Say (1884-1972), anarchiste pacifiste, enseignant à La Ruche et l’un des principaux rédacteurs de l’« Encyclopédie anarchiste », écrit en 1928 une étude sur le fonctionnement de l’association Godin-Familistère de Guise. Cette fabrique de poêles de chauffage et de matériel sanitaire fonctionnait depuis 1865 selon quelques principes de Fourier : les tâches courantes y étaient socialisées, l’habitat collectif et les ouvriers bénéficiaient d’un système d’assurances, de loisirs et d’éducation.
« De Fourier à Godin : le Familistère de Guise », Stephen Mac Say, La Digitale, Quimperlé, 62 p., 9 euros.

Libération. Un jeune homme (le père de l’auteur) étouffe dans sa famille et sous les bombes, dans la banlieue de Rouen en 1944. Désireux de combattre aux côtés des Alliés contre le IIIe Reich, il s’engage dans les Forces françaises libres. Croyant devenir enfin un acteur de l’histoire, et du bon côté de surcroît, il se retrouve en 1945 à faire de la figuration dans Sétif. Ce roman rappelle cette époque où beaucoup de civils vivaient sous les bombes américaines, puis peint avec talent le tableau du climat de répression coloniale qui prévalait en Algérie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cela pour illustrer le prétendu « apport positif » de la colonisation. Lorsque les indigènes qu’on avait envoyé au casse-pipe en première ligne avaient le culot de se révolter contre le joug colonial, on les massacrait alors sans état d’âme. La libération n’était pas pour eux !
« Le Soldat françaoui. De Sotteville à Sétif », Jean-Luc Debry, 13 x 21, L’Insomniaque, Montreuil-sous-Bois, 112 p., 10 euros. Tél.-fax : 01 48 59 65 42 - Courrriel.

Cathos fachos. A la veille du ralliement probable à Rome d'une partie des intégristes disciples de feu Mgr Lefebvre, cette brochure passe en revue le petit monde des catholiques traditionnalistes, avec leurs différents groupes, communautés et organisations, les ligues de vertu, les associations familialistes, sans oublier leurs relais politiques (Front national, Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, royalistes, etc.). L’étude des organisations de jeunesse (scouts tradis, réseau éducatif Saint Pie X, Mouvement de la jeunesse catholique de France…) et des moyens de diffusion (« Présent », « Minute », « Monde et Vie », Radio Courtoisie…) conclut cette très intéressante enquête.
« A l’extrême droite de Dieu », collectif, format A4, sans nom d’éditeur, 80 p., 5 euros (4 euros chaque, pour 10 exemplaires, frais de port compris). Courriel.


RENCONTRES-DÉBATS

Marseille, 3 mars. A 17 heures, au Centre international de recherche sur l’anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, 13001 Marseille, conférence-débat avec Bernard Réglat et Patrick Mignard qui présenteront les éditions Association pour l’art et l’expression libre (AAEL). Nées, en 1973, du désir de quelques-uns d’avoir une possibilité de critique tout à fait autonome, elles ont édité, entre autres, les deux tomes de l’« Anthologie de la connerie militariste », de Lucien Séroux, et organisent depuis deux ans le salon du livre de Toulouse Anarphabètes. Courriel.

Paris, 3 mars. La bibliothèque La Rue (tél. : 01 42 23 32 18), 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses), reçoit à 15 h 30 Thierry Maricourt pour son dernier ouvrage, « Ils ont bossé… et puis après ? Alcatel-Illkirch, entreprise high-tech et restructurations » (Syllepse).

Paris, 11 mars. Conférence-débat avec Guillaume Lecointre à propos des matérialistes et de leurs (malhonnêtes) détracteurs, à 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris. Guillaume Lecointre est le coauteur, entre autres, d’« Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences » (Syllepse, 2001) et de « Classification phylogénétique du vivant » (Belin sciences, 2006).

Paris, 14 mars. A 19 h 45, au CICP, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris, la librairie Quilombo organise la projection du film documentaire « Putain d’usine » (52 min.) de Rémy Ricordeau, d’après l’ouvrage de Jean-Pierre Levaray (L’Insomniaque, 2002 ; Agone, 2005). Après la projection, débat avec le réalisateur. Courriel - Site Internet.

Merlieux, 15 mars. Rencontre, de 18 heures à 21 heures, à la bibliothèque sociale (tél.-fax : 03 23 80 17 09), 8, rue de Fouquerolles, Merlieux (Aisne), avec Nan Aurousseau. Il n'y a pas si longtemps encore il était plombier, mais aussi chauffagiste, maçon et ferronnier. A 54 ans, il a publié son premier roman « Bleu de chauffe » (Stock, 2005) qui relate les mésaventures d'un plombier avec son escroc de patron. Son deuxième roman, « Du même auteur » (Stock), vient de paraître…

Montpellier, 16 mars. A 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti (CAD), 6, rue Henri-René, présentation de l’association Regarde à vue, par Hervé Boulate, avec la projection de « Sans casque, ni bouclier », témoignage d’un ex-officier de police. Site Internet CAD - Site Internet Regarde à vue.

Saint-Claude, 16 mars. Le groupe Lucio (FA) organise une réunion publique : combattre la biométrie, avec le Collectif jurassien pour le refus de prélèvement d’ADN, au Coffre-Fort, rue de Boneville, à 20 h 30. Courriel.

Toulouse, 19 mars. Conférence d’Eric Lowen à 20 h 30, sur « La déchristianisation du fait religieux », à la Maison de la philosophie, organisée par l’association Aldéran pour la promotion de la philosophie et des savoirs. Cela se passe au 29, rue de la Digue, 31300 Toulouse (tél. : 05 67 11 63 43). (Participation : 4 euros.)

Paris, 31 mars. Le syndicat santé-social de la CNT organise une journée d'information, de débat et de réflexion sur le thème « Eduquer par l’enfermement ? ». Projection du film « Eduquer ou enfermer », de Nathalie Loubeyre, et débat en présence de : Jacques Lesage de la Haye, psychologue ; Laurent Ott, formateur en travail social ; Jacques Bourquin, historien ; L'Envolée ; des travailleurs du social et de l'éducation de la CNT. Tables de presse et apéro. Entrée libre. Dès 15 heures, au 33, rue des Vignoles, 75020 Paris (M° Avron). Courriel.


COLLOQUE, RENCONTRES, THÉÂTRE…

Paris, 6 mars. Colloque « Concevoir et produire des logements populaires », organisé par le syndicat unifié du bâtiment CNT, à 19 heures, à l’école d’architecture UP6 (144, rue de Flandre, M° Corentin-Cariou). Intervenants : Bernard Kohn (architecte), Maurice Garreau (fondation Emmaüs), Jean-Paul Flamand (historien), Gustave Massiah (économiste).

Gand (Belgique), 10 mars. Sixième Foire internationale du livre alternatif et libertaire à De Centrale, Kraankinderstraat 2, Gand. Dès 10 heures, des stands de libraires, d’éditeurs et de diffuseurs présenteront un vaste choix de publications relatives à l'anarchisme, l'antimondialisme, l'action directe, l'antimilitarisme, l'activisme environnemental radical… A partir de 12 h 30, Infomania présentera un programme de conférences, ateliers, vidéos… En permanence : bar, vente de sandwiches végétariens/végétaliens et soupe. Prise en charge des enfants (de 3 à 10 ans) de 13 heures à 17 heures. En soirée, concerts de René Binamé (B, anarchopunk) et De Hardheid (HOL, skapunk) et fête avec DJ Houtsnip (musiques mondiales). Entrée : 5 euros. Plus d’infos - Courriel.

Nancy, du 14 au 17 mars. Rencontre libertaire sur l’autogestion, avec des débats (expériences autogestionnaires pendant la révolution espagnole, autonomie indienne, Chiapas, Oaxaca, pratiques locales et projet politique, production et distributions coopératives…), projections, chorale, soirée cabaret, bouffes collectives, manif festive, etc. Les différentes activités se dérouleront en divers lieux : fac de lettre, local CNT, MJC Bazin. Tout le programme sur le site Internet. [Ce site n'est plus en activité (mars 2011).] Adresse postale : Rencontres libertaires sur l’autogestion, c/o Planète verte, BP 600 22, 54002 Nancy Cedex - Courriel.

Montpellier, les 24 et 25 mars. Le groupe Un autre futur de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) organise des journées libertaires au Théâtre Pierre Tabard, quartier des Beaux-Arts, 17, rue Ferdinand-Fabre, et à la librairie La mauvaise réputation, quartier Sainte-Anne, 20, rue Terral. Débats (« luttes syndicales et sociales », « politique et idéologie sécuritaires », « l'anarchisme, un projet de société en rupture avec l'électoralisme », « environnement »), projection de film, tables de presse, etc. Pour plus d’informations.

« Del amor, la guerra y la revolucion ». L’adaptation théâtrale des souvenirs de la guerre d’Espagne d’Antoine Gimenez sera présentée à 21 heures, le 30 mars, à Périgueux, salle Grassé du TNP, esplanade du Théâtre (rens. : 06 71 72 65 08, entrée libre, participation au frais souhaitée). Les 31 mars (à 20 heures) et 1er avril (à 16 heures), le spectacle de Fabrice Taponard est acueilli à l’Athénée libertaire de Bordeaux (Librairie du muguet, 7, rue du Muguet, tél. : 05 56 81 01 91, courriel) . Participation aux frais : 5 euros. Site Internet des Giménologues.

 

DIVERS

Bibliodiversité. Il y a un an, une dizaine d’éditeurs libertaires (Ab Irato, Acratie, Editions libertaires, Egrégores, Ivan Davy…) se sont regroupés pour créer un Club du livre libertaire (CLL). Et ça marche ! En s’acquittant d’une cotisation annuelle de 15 euros, l’adhérent reçoit deux fois par an le catalogue (130 titres actuellement) et bénéficie pour tout achat d’une réduction de 30 % (frais d’expédition gratuits à partir de trois ouvrages). C’est tout bénef pour l’acheteur et les éditeurs. Adresse postale : CLL, L.D. Ginestes, 81350 Crespin – Courriel.

Librairie L’Insoumise. L’union locale de Montréal de la Fédération des communistes libertaires du Nord-Est (Nefac) invite tous ceux qui sont intéressés à venir bouquiner en sa compagnie tous les dimanches, de 12 heures à 17 heures, au 2033 rue Saint-Laurent (M° Saint-Laurent, entre Ontario et Sherbrooke) (tél. : 514 313 3489). Près de trois mille titres d’ouvrages liés à l’histoire sociale et à diverses tendances du mouvement libertaire, des revues, des CD et DVD vous y attendent… Site Internet de la Nefac.

Chat noir. Pour la sortie de son nouvelle album, Fred Alpi sera à 20 h 30 à L'Autan (rond-point Arnaud-Bernard, 58, bd Arcole, 31000 Toulouse), samedi 24 mars, pour un concert de soutien à la librairie associative autogestionnaire Le Chat noir toulousain, 18, av. de la Gloire. Site Internet de la librairie - Site Internet de Fred Alpi.

Expo Clovis Trouille. Du 13 avril au 17 juin, le Musée de Picardie, 48, rue de la République, à Amiens, présentera une quinzaine de toiles de Clovis Trouille (1889-1975). Peintre proche des surréalistes, il est l’auteur de cent vingt tableaux qui constituent une œuvre subversive, antimilitariste et anticléricale. Sa peinture lui a permis d’explorer des thèmes tels que l'érotisme, la mort, la religion, la patrie… dans une veine parodique, iconoclaste, parfois violente. Musée de Picardie - Association Clovis-Trouille.

Dico militant. Un dictionnaire biographique du mouvement libertaire devrait voir le jour en 2009, comportant de cinq cents à six cents notices (dont une cinquantaine consacrée à des militants belges et suisses francophones). A l’ouvrage papier sera joint un cédérom qui, lui, pourrait comporter plusieurs miliers de biographies et des éléments iconographiques. Cet ouvrage sera piloté par une équipe mixte, composée de militants et d’historiens correspondants du « Maitron », qui assurera la coordination du projet, la collecte et la relecture des biographies. Les personnes qui désirent participer à ce projet peuvent contacter Hugues Lenoir par courriel. Une souscription sera lancée courant 2008 afin d’en assurer le financement (55 à 60 euros l’exemplaire).

 

REVUES

Numéro spécial. « Offensive » (n° 13) et « Courant alternatif » (HS n° 12) se sont associés pour publier un numéro commun sur le thème « Révolutionnaire aujourd’hui » (52 pages, 5 euros). Se divisant en trois parties (engagement, luttes, alternatives), cette livraison se veut être un bilan du militantisme et de l’acivisme actuel : « Qui sommes-nous ? », « Le militant funambule, la soutenable légèreté de l'être », « Révolution.com », « Je suis donc je lutte ? », « Militant et dominant ? », « Si j'avais un marteau… Luddisme et bris de machines », « Enracinement et luttes », « Pour en finir avec les catégories d'oppression », etc. « Offensive » : courriel - site Internet. « Courant alternatif » : courriel - site Internet.

« Communard 35 ». Le dernier numéro du bulletin anarcho-syndicaliste-révolutionnaire du groupe La Sociale (FA) de Rennes est paru. Au sommaire de ce n° 16 : « Donnons de la voix dans la rue et pas dans les urnes ! », « Enseignement primaire : flicage et caporalisation », meeting, manif interrégionale contre les nouveaux réacteurs EPR (17 mars, 14 heures, place de la Gare, Rennes). On peut télécharger tous les numéros au format .doc ou .pdf. CourrielSite Internet.

« Gavroche ». La revue a fêté ses vingt-cinq ans en décembre 2006 et ce n° 149 (janvier-mars, 51 pages) ne dépare pas les précédents par son éclectisme et son intérêt pour l’histoire populaire. De la correspondance très illustrée d’un poilu de la Grande Guerre, on passe à un article de François Roux relatant la faible opposition des anarchiste à la mobilisation générale (1914) ; puis c’est la résistance des travailleurs dans l’Italie fasciste et dans l’Allemagne nazie, « Le Crime du métro Porte-Dorée », et une étude sur Paul-Louis Courier et Pierre-Jean de Béranger. Immanuel Wallerstein, quant à lui, s’interroge sur le pays qui sera prépondérant au XXIe siècle. Sans oublier les « bonnes feuilles » (extraits d’ouvrages parus), la revue des livres et la chronique médiatique. La nouvelle maquette met parfaitement en valeur les textes et on peut maintenant retrouver « Gavroche » sur Internet. Que du bon ! Le numéro : 8 euros, abonnement un an (4 n°) : 30 euros. CourrielSite Internet.

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