Mai 2015

DIVERS

En vrac sur le Web (mai). Concernant le génocide arménien (avril 1915), Philippe Pelletier nous rappelle sur le blog Géographies en mouvement (Libération) que les massacres ont commencé bien avant cette date (dès août 1894) et qu’Elisée Reclus s’y était particulièrement intéressé, étant l’un des premiers à cartographier les différents « lieux d’égorgement ou de lutte ». Le géographe anarchiste analyse les rapports de forces entre les Etats-empires et constate que leurs intérêts priment sur celui des petites nations. Il s’agit toujours de dresser les peuples les uns contre les autres pour assouvir ses ambitions. Reclus en annonce aussi l’une des conséquences : l’émigration massive. Autres « commémorations » : sur le site d’Alternative libertaire, on peut lire une intéressante évocation des émeutes de Limoges en avril 1905 ; et écouter une émission de France Culture ayant pour sujet l’« Archéologie de la guerre d’Espagne : de la bataille de Madrid aux camps de concentration franquistes ». Ravage Editions a mis en ligne trois brochures que l’on peut télécharger : un recueil de textes sur la lutte contre les prisons de type C en Grèce, qui ressemblent étrangement aux quartiers de haute sécurité (QHS) français ; Tous innocents, tous martyrs ?, interrogation sur la volonté de « blanchir » certains anarchistes, des cinq de Haymarket à Sacco et Vanzetti ; quelques notes autour de la mort de Clément Méric pour « mettre en évidence les impasses d’un certain antifascisme et questionner notre réactivité, mais aussi reposer la question de la solidarité révolutionnaire ». A propos, entre autres, du 1er Mai et de son origine, signalons la sortie nationale au cinéma de Howard Zinn, une histoire populaire américaine (premier volet : Du pain et des roses), d’Olivier Azam et Daniel Mermet, production des Mutins de Pangée. Bande-annonce, synopsis, lieux de projection et plein d’infos sur le site du film. A méditer : « Tant que les lapins n'auront pas d'historiens, l'histoire sera racontée par les chasseurs. » Le Passager clandestin, pour sa part, propose une collection dirigée par Serge Latouche intitulée « Les précurseurs de la décroissance » : quatorze titres (8 euros chaque) sont parus depuis 2013. Dans chaque volume, un spécialiste présente l’auteur puis un texte ou des extraits de textes pour illustrer sa pensée. Pour les « objecteurs de croissance » (article Wikipédia), l’accroissement démographique et la croissance économique ne sont pas des bienfaits mais représentent un danger pour l’environnement et la paix. Plusieurs anarchistes ou proches sont présents dans cette collection : Pierre Kropotkine, Murray Bookchin, Léon Tolstoï, Charles Fourier. On y trouve aussi des philosophes de l’Antiquité (Epicure, Lao-tseu, Diogène), des non-violents et des pacifistes (Lanza del Vasto, Jean Giono) ainsi que Jacques Ellul, André Gorz, Cornelius Castoriadis, Théodore Roszak et Lewis Mumford. Un nouveau site créé et animé par Mato Topé et Pierre Esse : Après Auschwitz. Pourquoi ? « Soixante-dix ans après la libération des camps, la question reste ouverte ! Malgré toutes les enquêtes, tous les ouvrages sur le sujet, il reste dans la mémoire comme un trou qui aspire toutes les réponses comme si elles ne suffisaient pas à comprendre ce qui s’est passé. » Mais, outre l’Holocauste et les camps de concentration, les textes abordent la représentation des événements historiques, les résistances oubliés, l’Algérie, la critique de films et de livres plus ou moins en relation avec la seconde guerre mondiale. C’est sensible, humain, intelligent et instructif ! Pour ceux qui n’ont pas pu assister à la table ronde organisée en novembre 2014 par la médiathèque d’Arcueil sur « L’actualité de la pensée libertaire », avec Frank Mintz, Irène Pereira, Mimmo Pucciarelli et Gaetano Monfredonia, séance de rattrapage sur YouTube… Une bibliothèque, également « lieu où se réunir, échanger des idées, étudier, approfondir et débattre des problèmes du monde actuel », qui organise des débats sur la presse militante ou sur « L’aménagement du territoire destructeur du climat » (le 7 mai, à 19 heures), une projection de film sur la Freie Schule de Berlin, une soirée de contes en musique, un atelier « couture et tricots », des après-midis « jeux de société »… c’est la Bibliothèque associative de Malakoff (BAM) : site - catalogue en ligne. Adresse : 14, impasse Carnot (interphone B.A.M.), Malakoff (M° Etienne-Dolet). Si vous avez des livres à donner, n’hésitez pas ils sont preneurs… et un vide-grenier permanent permet d’acquérir – à prix libre (ou par troc ?) – nombre d’ouvrages n’ayant pas trouvé leur place dans les rayonnages des étagères. Le 11 avril, des rassemblements (Biarritz, Paris, Marseille, Strasbourg, Kiev, Minsk, Berlin, Brême…) ont eu lieu pour réclamer la libération d’Alexandr Koltchenko, antifasciste ukrainien enlevé et détenu par Moscou (lire « En vrac » précédent). Articles sur Alternative libertaire, sur le site de l’organisation communiste libertaire russe Avtonomnoye Deïstviye, sur celui de la Ligue des droits de l’homme, et tract unitaire distribué le 1er Mai . Des nouvelles des « intégrismes »… L’OBS-Rue89 s’inquiète du harcèlement subi par Taslima Nasreen, écrivaine du Bangladesh menacée de mort par les islamistes de son pays et exilée en Inde. Son compte Facebook a en effet été fermé « pendant deux jours à la suite de signalements… des intégristes ! » « C’est une guerre qui peut sembler désuète, mais qui a son importance », estime le journaliste Pierre Haski. Moins cependant, à notre avis, que les femmes voilées agressées dans les rues de France. L’affaire la plus récente et qui, pour une fois, a obtenu un certain retentissement médiatique fut celle de cette jeune femme enceinte rouée de coups à Toulouse à la fin du mois de mars. Pour sa part, notre ami Floréal règle son compte à un gourou de la « secte maoïste » : Alain Badiou (« Bad you ! »). Lu sur le site de l’Eglise catholique à Paris : « Chemin de croix dans la rue du Sacré-Cœur de Montmartre (sic !), le 3 avril : départ à 12 h 30 du square Louise-Michel (18e), arrivée au Sacré-Cœur de Montmartre, 35, rue du Chevalier-de-La-Barre (18e). » Pas de chance, ce sont deux athées et anticléricaux notoires, dont l'un fut victime de l'Eglise ! Pour en savoir plus sur le jeune chevalier de La Barre, torturé, décapité et brûlé pour blasphème et sacrilège le 1er juillet 1766.

 

Gilbert, Serge et Philippe.

On ne verra plus Gilbert Roth (1945-2015) derrière une table de presse ou venir prendre des revues et des livres pour aller les vendre lors d’une foire ou d’un colloque, en France ou à l’étranger. Notre VRP de l’anarchie s’est arrêté à Limoges, ce mardi 14 avril, il devait se rendre à Gand. Et nous sommes tristes. Jean-Marc Delpech lui rend un bel hommage sur le site qu’il anime, Alexandre Jacob, l’honnête cambrioleur. On y trouvera également un entretien et la notice biographique rédigée par des membres du Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) de Marseille. Elle rappelle que Gilbert était né à Paris le 3 juin 1945, que, sur les traces de son grand-père, il a commencé à militer en 1969, qu’il fut membre de plusieurs organisations libertaires (FA, CNT). Dans les années 1970-1980, il a participé aux activités de la librairie Le Jargon libre avec Helyette Bess et aux actions de solidarité pour les membres des GARI arrêtés. Il a connu lui aussi quelques séjours à l’ombre pour des activités de « travailleur de la nuit », puis a monté une SCOP d’informatique et s’est investi dans le mouvement des coopératives. En 1998, il rejoint le CIRA de Marseille, met en place l’informatisation et lance des cuvées de vin dont les étiquettes sont réalisées par des dessinateurs connus ; les recettes contribueront en partie à l’achat d’un local. En 2008, il est l’un des fondateurs du CIRA Limousin qui a organisé un colloque et des librairies champêtres. Une vie bien remplie.

« Serge Torrano ne poussera plus de coups de gueule » nous apprend Alternative libertaire, il s’est éteint le 30 mars 2015 à l’hôpital d’Agen. A la SNCF, il a participé à la grève de 1971 et fut exclu de la CGT, dont il avait vertement critiqué la mollesse. Il rejoint la CFDT et adhère à l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA). Avec la majorité des membres de celle-ci, il évolue, à partir de 1974, vers des positions ultra-gauche ; ce qui aboutira à la constitution de l’Organisation communiste libertaire (OCL). En 1977, gagné à l’antisyndicalisme, il claque la porte de la CFDT et s’engage dans le mouvement « autonome » alors en plein essor. Constatant son échec, il reprend des activités de syndicaliste et, durant l’hiver 1986-1987, fut l’un des animateurs de la grande grève SNCF qui voit l’émergence de coordinations de grévistes. Secrétaire du syndicat CFDT de Paris Sud-Ouest en 1989, il anime la grève de décembre 1995 contre la casse des retraites (plan Juppé). Rompant avec la direction confédérale CFDT qui avait trahi le mouvement, il sera de ceux qui fondèrent SUD Rail au début de 1996 et en assumera le secrétariat du syndicat de Paris - Rive gauche pendant plusieurs années.

Dans la nuit du 28 février au 1er mars, Philippe Coutant (1952-2015) nous a quittés (lire info dans Le Monde libertaire). Militant de la CNT depuis 1995, il a participé au comité de rédaction des Temps maudits. En 2007, salarié à plein temps, il entreprend des études de philosophie pour mieux lier théorie et pratique. Son dernier ouvrage, Gérer sa vie (Editions de la Gréneraie), issu de son mémoire de master II, met l’accent sur l’évolution du capitalisme : celui-ci a étendu son domaine du corps à l’esprit. Dans une vidéo (à 1,40 min), il s’exprime à l’occasion d’une réunion de collectifs de chômeurs/euses et précaires à Lille, en septembre 2012. On peut retrouver nombre de ses textes, touchant à la politique, à la sociologie, à la philosophie ou à la psychanalyse, sur le site Nouveau millénaire, défis libertaires qu’il avait créé. Notons également qu’il fut l’un des initiateurs du local autogéré B17 à Nantes et qu’il participait assidûment à son animation.

Les parcours et activités de ces trois compagnons montrent à l’envi la richesse humaine du mouvement libertaire.

 

A propos de « Charlie ». Avant les attentats de janvier, l’hebdomadaire était déficitaire et menaçait de mettre la clef sous la porte ; ce ne fut pas toujours le cas, en 2006 (année des caricatures du prétendu prophète) les bénéfices ont atteint 968 501 euros et 85 % de cette somme fut distribué aux actionnaires Philippe Val, Cabu, Bernard Maris et Eric Portheault (« De la bande de copains à l'entreprise prospère »). Après la tuerie, la manne des souscriptions et des abonnements submerge le titre et crée la zizanie car les actionnaires actuels – Riss (40 %), les parents de Charb (40 %), Portheault (20 %) – sont contestés par des membres de la rédaction (« Tensions à “Charlie Hebdo” sur le mode de gestion du journal ») qui réclament un « renouveau » (« Pour la refondation de “Charlie Hebdo” »). Afin d’obtenir plus de démocratie interne ou pour partager le gâteau ? Notons au passage que Le Monde adore disserter sur les soubresauts et difficultés d’autres titres, beaucoup moins sur les siens (pour cela, il faut lire Libération, et vice versa). Le créateur du logo « Je suis Charlie », Joachim Roncin, regrette presque de ne pas l’avoir déposé au vu du commerce qui s’est développé sur la Toile avec des tee-shirts et des mugs (« Récupérer JeSuisCharlie pour le fric, honteux ! »). Pourquoi s’en étonner, puisque c’est la règle du capitalisme. Pour beaucoup, le changement d’état d’esprit de Charlie Hebdo est essentiellement dû à son ancien directeur, Philippe Val. Lire à ce sujet la critique signée Julien Salingue de son dernier ouvrage, Malaise dans l'inculture (Grasset), et sachez que les éditions Libertalia ont mis en libre téléchargement Même pas drôle, le pamphlet de Sébastien Fontenelle paru en septembre 2010 sur son itinéraire fin et début de siècle. Il n’a rien perdu de sa pertinence. Reste que ceux qui ne sont pas partis ou qui n’ont pas été licenciés se sont trouvés obligés de suivre la ligne éditoriale « à l’insu de leur propre gré » ! En tant que révolutionnaires et libertaires, il n’est pas inutile de nous interroger sur nos propres conceptions. C’est ce que fait Mondialisme.org avec deux articles : l’un sur le concept fumeux d’« islamophobie », attribut du « prisme déformant d’un certain anti-impérialisme » et l’autre, « D’une authentique émotion de masse à la manipulation politico-médiatique », d'Yves Coleman, tente d’expliquer à des lecteurs étrangers « certaines positions adoptées, publiquement ou sur des listes de discussion, par des militants d’extrême gauche et anarchistes suite aux dix-sept exécutions perpétrées par trois djihado-terroristes ». Après avoir analysé « les particularités de l’humour franco-français dit “antiraciste” » et « ce qui a changé dans la situation des musulmans (français ou pas) en France », l’auteur estime « que la critique nécessaire de toutes les religions et la défense de l’athéisme et du matérialisme doivent être renouvelées, rajeunies, et fondées sur une compréhension plus profonde de la façon dont les religions, et l’islam en particulier, façonnent les attitudes et les valeurs des croyants ».

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Périgueux, 30 avril, 1er et 2 mai. « La Lutte des classes pendant la révolution française », cycle présenté par Sandra C., auteure de Révolution bourgeoise et luttes de classe en France, 1789-1799 (1re partie à télécharger), à 20 h 30, à la Bourse du travail, 26, rue Bodin. Programme complet.

Besançon, 1er mai. Le groupe Proudhon (FA), la CNT 25 et des libertaires vous invitent à un apéro-repas, à 12 heures, place Marulaz, après la manifestation du 1er Mai. Site Internet.

Chambéry, 1er mai. A midi, repas collectif à prix libre avec La Marmite, la cantine autogérée, en haut du parc de Buisson-Rond. Rendez-vous dès 9 heures pour participer à la préparation ou à 10 heures pour la manif. Site Internet.

Lautrec (Tarn), 1er mai. Soirée aragonaise au café Plùm, rue de Lengouzy : à 18 heures, concert « La poesia es un arma cargada de futuro » ; à 19 h 30, repas aragonais (15 euros) sur réservation (tél. : 05-63-70-83-30) ; à 20 h 30, projection du documentaire de Françoise Arnoult et Jacques Pillet Sur les chemins d'Acratie (80 min) à propos des collectivités agraires en Aragon, suivie d'un débat. Infos complémentaires.

Montpellier, 1er mai. Le groupe Un autre futur de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) lance un cycle sur l’autogestion. Après la manifestation, rendez-vous à la librairie La Mauvaise Réputation, 20, rue Terral, pour un repas partagé dans une ambiance musicale. A 14 heures, table ronde sur « L'autogestion une pratique qui existe ». Site Internet.

Strasbourg, 1er mai. Dans la cadre de la fête du Molodoï (débat et concerts), William Blanc, coauteur de Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire (Libertalia), présentera à 15 h 30 son ouvrage au 19, rue du Ban-de-la-Roche.

Nancy, 2 mai. Le Centre culturel autogéré de Nancy (CCAN), 69, rue Mondésert, accueille à 15 heures William Blanc pour une présentation de l’ouvrage sur Charles Martel, mythe identitaire publié aux éditions Libertalia.

Toulouse, 2 mai. Dans le cadre du Bazar au Bazacle, Parc des sports du Bazacle, 1, impasse du Ramier-des-Catalans, se tiendront trois ateliers : à 14 heures, mine du Rancié (Ariège) dont les filons ont appartenu aux mineurs du Moyen Age au XXe siècle ; à 15 h 30, présentation du réseau de coopératives autogérées ; à 17 h 30, débat sur le lien entre coopératives et mouvements sociaux et/ou syndicaux, sociétaux. Programme complet.

Paris, 3 mai. Chaque 1er et 3e dimanche du mois, à 16 h 30, répétitions de la Chorale libertaire à la Confédération nationale du travail (CNT), 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval). Au répertoire : La Makhnovtchina, La Révolte, La Semaine sanglante, A Las Barricadas, La Danse des bombes… Toutes les voix sont bienvenues.

Paris, 5 mai. Procès du Jura libertaire suite à une plainte pour « injure et diffamation publiques envers la police nationale », déposée en juillet 2010 par le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, concernant l’assassinat de Karim Boudouda par la BAC à La Villeneuve (Grenoble). A 13 h 30, devant la 17e chambre du tribunal de grande instance, 4, boulevard du Palais, Paris 1er.

Paris, 5 mai. Pour rendre hommage au courage et au combat des antifascistes espagnols déportés dans les camps nazis et la libération du stalag de Mauthausen, l’association 24-août-1944 appelle à un rassemblement à partir de 15 h 30 au cimetière du Père-Lachaise (porte Gambetta), rue des Rondeaux, Paris 20e (M° Gambetta). Prise de parole et dépôt de gerbe.

Bordeaux, 6 mai. Rencontre, à 19 h 30, avec Beata Umubyeyi-Mairesse autour de son recueil de nouvelles Ejo (La Cheminante) qui raconte des destins de femmes à la veille et au lendemain du génocide des Tutsis du Rwanda. Librairie du Muguet, 7, rue du Muguet. Site Internet.

Paris, 6 mai. La librairie Quilombo organise à 20 heures une présentation-débat de l’ouvrage Ce qu’on dit des Rroms (et ce qu’il faut savoir) (Le Passager clandestin), avec son auteur Jean-Pierre Dacheux. Au 23, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets). Site Internet.

Rouen, 6 mai. La librairie L’Insoumise fait son cinéma… aux Bouillons ! Cycle « L’autogestion en question » : Entre nos mains (2010, 87 min), de Mariana Otero – les ouvrières de Lejaby se battent et se racontent… Ferme des Bouillons, chemin des Bouillons, Mont-Saint-Aignan.

Montpellier, 7 mai. Dans le cadre d’un cycle sur l’autogestion, le groupe Un autre futur de la CGA propose une rencontre-débat « L'autogestion, une pratique pour se libérer de l'exploitation économique ? », avec un membre de l'imprimerie Scopie (ex-Imprimerie 34) et la projection de documentaires. A 19 heures, librairie La Mauvaise Réputation, 20, rue Terral. Site Internet.

Paris, 9 mai. Campagne « Construire l’autonomie » : « L’autonomie du prolétariat et ses luttes », réunion organisée et animée par les groupes Regard noir et Salvator-Seguí (FA), à 19 h 30, Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Bordeaux, 10 mai. A partir de 18 heures, ciné-club de l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet : The Little Shop of Horrors (« La Petite Boutique des horreurs », 1960, 70 min), de Roger Corman, et, à 19 h 30, Starcrach (« Le Choc des étoiles », 1979, 92 min) de Luigi Cozzi. Site Internet.

Paris, 10 mai. Inauguration de la bibliothèque anarchiste La Discordia, à partir de 18 heures, 45, rue du Pré-Saint-Gervais, Paris 19e. « Venez découvrir La Discordia, en savoir plus sur le projet et discuter. Vous pouvez amener, si vous le souhaitez, à boire et à manger. » Ouverture tous les lundis, de 16 à 20 heures. Programme de mai. Courriel : ladiscordia(at)riseup.net

Montpellier, 11 mai. Le Scalp - No Pasaran 34 organise, à 18 heures, salle Jean-Moulin (Maison des étudiants, université Paul-Valéry), sa première soirée internationaliste consacrée au Sahara occidental. Au programme, projection-débat autour du documentaire Territoire perdu (2011, 75 min), de Pierre-Yves Vandeweerd. Infos complémentaires.

Paris, 12 mai. Campagne « Construire l’autonomie » : « L’antifascisme anarchiste aujourd’hui », réunion organisée et animée par les groupes Regard noir et Salvator-Seguí (FA), à 19 h 30, Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Montpellier, 13 mai. Dans le cadre d’un cycle sur l’autogestion, le groupe Un autre futur de la CGA propose une rencontre-débat « L'autogestion, une pratique émancipatrice pour les femmes ? », avec la projection du film ¿Vos, cómo trabajàs? (2011, 51 min) qui aborde la question spécifique des ouvrières dans le mouvement de récupération des usines en Argentine. A 19 heures, librairie La Mauvaise Réputation, 20, rue Terral. Site Internet.

Rouen, 13 mai. La librairie L’Insoumise fait son cinéma… aux Bouillons ! Cycle « L’autogestion en question » : Nosotros del Bauen (2010, 85 min), de Didier Zyserman – à Buenos Aires, les employé de l’hôtel Bauen travaillent en autogestion… Ferme des Bouillons, chemin des Bouillons, Mont-Saint-Aignan.

Toulouse, 13 mai. Rencontre, à 19 heures, avec Jann-Marc Rouillan à l'occasion de la sortie de son livre Le Rat empoisonné (Al Dante) à la librairie Terra Nova, 18 rue Gambetta.

Paris, 15 mai. Projection du film documentaire A Bure pour l’éternité (2013, 52 min), de Sébastien et Aymeric Bonetti, sur la maison de la résistance contre le lieu d'enfouissement de déchets radioactifs. A 19 h 30, Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Bagnolet, 16 mai. « Pourquoi et comment protéger ses emails ? », atelier cryptographie à partir de 18 heures au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Si possible, venez avec votre ordinateur portable, une cl USB et les logiciels Mozilla Thunderbird et GNU Privacy Guard installés et configurés (infos complémentaires).

Paris, 16 mai. Campagne « Construire l’autonomie » : « Le rôle du racisme et l’offensive xénophobe », réunion organisée et animée par les groupes Regard noir et Salvator-Seguí (FA), à 19 h 30, Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Paris, 17 mai. Chaque 1er et 3e dimanche du mois, à 16 h 30, répétitions de la Chorale libertaire à la Confédération nationale du travail (CNT), 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval). Au répertoire : La Makhnovtchina, La Révolte, La Semaine sanglante, A Las Barricadas, La Danse des bombes… Toutes les voix sont bienvenues.

Paris, 17 mai. Campagne « Construire l’autonomie » : « Luttes sociales féministes », réunion organisée et animée par les groupes Regard noir et Salvator-Seguí (FA), à 19 h 30, Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Montreuil, 19 mai. Projection à 19 h 30 du documentaire Et nous jetterons la mer derrière vous (2015, 72 min, VOSTFR) d’Anouck Mangeat, Noémi Aubry, Clément Juillard et Jeanne Gomas. Une histoire d’exil, l’Europe, ses réalités, ses frontières et ses polices… Projection en plein air, place de la Fraternité, à Montreuil, et en cas de pluie au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo, Bagnolet.

Amiens, 20 mai. Le Poing, « le journal qui ne prend pas de gants », organise une soirée ciné-débat à 19 heures, à la salle Maurice-Honeste. Le film documentaire projeté sera Les Nouveaux Chiens de garde (2012, 104 min), de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, d’après l’essai de Serge Halimi (Liber, 2005).

Paris, 20 mai. Ciné-club du groupe Commune de Paris (FA) : Nuestro Culpable (1937, 84 min), de Fernando Mignoni, une comédie satirique sur la justice, le système carcéral, l'argent et l'hypocrisie de la morale bourgeoise… A 20 heures, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Bagnolet, 21 mai. Discussion sur le syndicalisme révolutionnaire, avec Daniel Pinos et Juan Chica Ventura du groupe Salvador-Segui (FA), à propos de la parution en un seul volume de L’ABC syndicaliste de Georges Yvetot et du Sabotage d’ Emile Pouget. A partir de 19 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 22 mai. Vernissage, à 19 heures, de l’exposition « Des hommes et des bagnes » puis présentation de l’ouvrage éponyme en présence de Jean-Marc Delpech et de Philippe Collin, coauteurs de la préface et de l’appareil critique du livre du Dr Léon Collin (Libertalia). Librairie Quilombo, 23, rue Voltaire, Paris 11e (M° Nation ou Rue-des-Boulets).

Erquery (60), 23 mai. Présentation-discussion de l’ouvrage Des hommes et des bagnes (Libertalia), du Dr Léon Collin, en présence de Jean-Marc Delpech, Nicolas Norrito et Eric Fournier, à 20 heures, à La Grange, 16, rue de la République.

Montpellier, 23 mai. Soirée de clôture du cycle sur l’autogestion organisé par le groupe Un autre futur de la CGA : à 17 h 30, projection du documentaire L'Autogestion, une révolution économique (2014, 85 min), du collectif Documental Semillas, sur l'expérience de la Fasinpat, une usine de céramique récupérée en Argentine, suivie d'une discussion. Librairie La Mauvaise Réputation, 20, rue Terral. Site Internet.

Rennes, 27 mai. Réunion publique sur le thème « Contre l’aggravation des inégalités, les atteintes aux libertés, la dégradation de l’environnement, une autre société est possible », organisée par le groupe La Sociale (FA). A 20 heures, Maison internationale de Rennes, 7, quai Châteaubriand (M° République).

Carlucet (46), 28 mai. A 20 h 30, à la salle des fêtes, projection-débat autour de l’éducation et des pédagogies alternatives avec la vidéo Bonaventure, une école libertaire (1994), de Franck Thiriot et Patrice Klein. Invités : deux des fondateurs de l’école Bonaventure et le groupe travaillant sur la création d’une école alternative dans la région de Gramat.

Marseille, 28 mai. Conférence « Quelle(s) langue(s) pour l'Europe ? », à partir de 18 heures, au Centre internationale de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 50, rue Consolat, Marseille 1er. Cet événement fait partie de la Semaine de l'espéranto, qui a lieu du 26 au 31 mai. Programme détaillé des manifestations disponible sur le site Espéranto Marseille.

Paris, 28 mai. Exposition d’Anne Vander Linden à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Infos complémentaires.

Paris, 29 mai. L'émission « Blues en liberté » (Radio-Libertaire) présentera, à 19 h 30, à la Librairie du Monde libertaire un film sur le guitariste et chanteur de blues du Mississippi Robert Johnson (1911-1938), de John Hammond. Site Internet.

Saint-Etienne, 29 mai. Sophie Divry et Bruno Clémentin présenteront Vivre la simplicité volontaire (L’Echappée), à partir de 19 heures, à la librairie Lune et l'autre, 19, rue Pierre-Bérard.

Paris, 30 mai. Les amies et amis de la Commune de Paris donnent rendez-vous, à 14 h 30, à l’entrée du cimetière du Père-Lachaise, rue des Rondeaux, Paris 20e (M° Gambetta), pour une montée au mur des Fédérés. Site Internet.

Quimper, 30 mai. De 10 à 19 heures, Fête de l’autogestion sur l’esplanade François-Mitterrand à l’initiative de la CNT 29. Entrée libre et gratuite. Des stands, des espaces de débat, des concerts, des éditeurs, un marché gratuit… Infos complémentaires.

Saint-Jean-en-Royans (26), 30 mai. Le groupe La Rue rale de la Fédération anarchiste invite Guillaume Goutte pour une présentation de Tout pour tous ! L’expérience zapatiste, une alternative concrète au capitalisme (Libertalia). La discussion aura lieu à 20 heures dans les locaux d’Activ Royans. Site Internet.

Bagnolet, 31 mai. Projection à 18 heures du film Omar (2013, 97 min, VOSTFR) de Hany Abu-Assad sur l’utilisation par l’armée israélienne de la suspicion et de la trahison pour briser la volonté des combattants palestiniens. Au Rémouleur, 106 rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 31 mai. Réunion-débat organisée, à partir de 19 heures, par la bibliothèque anarchiste La Discordia, 45, rue du Pré-Saint-Gervais, Paris 19e (M° Place-des-Fêtes) : « Mixité sociale, rénovation urbaine et guerre aux pauvres… Trouver des pistes pour combattre la gentrification ». Site Internet.

 

FOIRE AUX LIVRES,
EXPOSITIONS, COLLOQUES

Trois jours de chansons libres, organisés par Noirs Coquelicots, à l’Européen, 3-5, rue Biot, Paris 17e (M° Place-de-Clichy), les 1er, 2 et 3 mai. Vendredi, à 19 heures, huitième édition de « Premier Mai, jour Ferré » avec Angélique Ionatos, Tony Hymas, Sara Veyron, Romain Lemire, Léo Nissim, Nicolas Reggiani et… Marie-Christine Diaz-Ferré. Samedi, à 19 heures, « Libres Chants » avec Michel Bühler, Véronique Pestel, Bernard Joyet, Les Chanteurs livreurs, Frasiak, Pierre Margot, Nathalie Miravette, etc. Dimanche, à 18 heures, « Trio Utgé-Royo » avec Serge Utgé-Royo, Léo Nissim et Jean My Truong (artiste invitée : Marie Baraton). Programmes et tarifs. Billetterie : 01-43-87-97-13.

« C'est ça, la guerre ! » Le groupe Lecture performante des Editions de Champtin présente le 8 mai, à 20 h 30, un « spectacle anarchiste et antimilitariste décapant  » : C'est ça, la guerre ! N'oubliez jamais ! Mise en lecture et en musique : Philippe Aglaé. Réalisation : N. N. Rimlinger. Interprètes : Vladia Nuyttens, Nathalie-Noëlle Rimlinger, Michel Robert, Esther Tarente. Avec le soutien de l’Union pacifiste. Suivi d'un concert de Jean-Claude Mérillon (auteur compositeur-interprète). Entrée : 7 euros. Le Vent se lève, 181, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e (M° Ourcq). Site Internet.

Fête de la CNT. Les syndicats CNT de la région parisienne organisent leur festival les 8, 9 et 10 mai à la Parole errante, 9, rue François-Debergue, 93100 Montreuil. Outre trois soirées de concerts pour tous les goûts (cumbia, punk, cabaret), de nombreux intervenants seront accueillis : Sorj Chalandon viendra parler du lien entre journalisme et fiction ; Penny Allen présentera Property… L’économie ne sera pas en reste avec Bernard Friot et Alain Bihr ; et la science-fiction sera à l’honneur avec Ayerdhal et Alain Damasio. A l’occasion des soixante-dix ans du massacre de Sétif, sera projeté Sétif, un certain 8 mai 1945 ; et les quarante ans de la loi Veil seront évoqué avec la BD Le Choix. Retour sur la déportation à Mauthausen avec Armand Gatti et son film L’enclos. Robert Guédiguian, quant à lui, viendra présenter Les Neiges du Kilimandjaro. Ce sera aussi l’occasion pour les éditions CNT-RP de faire connaître leurs deux prochains ouvrages : Antifascisme radical et réédition du livre sur Joe Hill. De nombreux auteurs viendront aussi débattre autour de leur(s) livre(s) : Eric Fournier, Sébastien Fontenelle, Olivier Cyran, Jean-Christophe Angaut, Guillaume Davranche, Charlotte Nordmann… Site du festival (programme complet et infos pratiques). Vidéo de présentation.

Maquis de l’Aude. L’association Cerel (63, avenue de Catalogne, 11300 Limoux) organise une « passejada historique au maquis de Picaussel » le samedi 9 mai. Rendez-vous à 11 heures, lieu précisé après l’inscription (tél. : 06-89-23-84-01, courriel : cerel11[at]orange.fr). Pique-nique à prévoir. Départ en véhicules pour le lieu du maquis, interventions de J.-C. Bouchareu (historique des maquis de l’Aude), Enric Melich (auteur d’A chacun son exil. Itinéraire d’un militant libertaire espagnol), Olivier Clastres (contribution de l’exil espagnol à la Résistance). Participation : 5 euros. Informations complémentaires.

Sous l’égide de l’Association des amis de Panaït Istrati et de la librairie Quilombo, du 15 au 17 mai, des intervenants de tout horizon – auteurs, musiciens, comédiens, éditeurs, libraires… – feront partager leur passion pour cet écrivain et conteur roumain, dont le style a magnifié la langue française. Vagabond et « éternel révolté », épris de liberté et d’égalité, Panaït Istrati (1884-1935) fut l’un des premiers à dénoncer l’imposture et la dictature du régime soviétique. Poursuivi par la vindicte des staliniens de tout poil, son œuvre sera longtemps négligé et oublié. Un journal, contenant entre autres des textes de Linda Lê et de Patrick Pécherot, lui rend hommage, présente ses ouvrages et le riche programme de l’événement (à télécharger) Lieux : Centre international de culture populaire (CICP) et librairie Quilombo, 21 et 23, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Contacts : quilombo(at)globenet.org ou 01-43-71-21-07.

Berne (Suisse). Un salon du livre anarchiste se tiendra à Berne les 16 (de 10 à 18 heures) et 17 mai (de 10 à 16 heures) au centre culturel Progr, Waisenhausplatz 30. Des stands de livres de quelque vingt exposants vous y attendent, de même que des conférences-débats, des lectures, des concerts, un bistrot sympa et des projections au cinéma de la Reitschule. Le salon est trilingue (allemand, français et italien). Soirée d’ouverture le 15 mai, à partir de 21 heures. Au programme des conférences-débats (interventions en allemand, français ou anglais, et traduction) : les Balkans et plus particulièrement la Roumanie, la Moldavie, les luttes sociales en Serbie, les femmes roms, le collège slovène de Klagenfurt… Renseignements par courriel (info[at]buechermesse.ch) et site Internet.

Montréal. Cette année, le Salon du livre anarchiste se tiendra les 23 et 24 mai, de 10 à 17 heures, dans deux bâtiments situés l’un en face de l’autre autour du parc Vinet : Centre culturel Georges-Vanier (CCGV), 2450, rue Workman et Centre d’éducation populaire de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CEDA), 2515, rue Delisle (à côté du métro Lionel-Groulx). Principes du Salon du livre. Les tables d’exposition prendront place seulement le samedi 23 mai. Les ateliers, salles thématiques, projections de films et œuvres d’art auront lieu pendant les deux journées. Le Festival de l’anarchie se déroulera, lui, tout au cours du mois de mai et présentera diverses activités dans différents lieux de la ville. Appel à contributions. Courriel : info(at)anarchistbookfair.ca

Iconoclastes (Toulouse). « Premières journées iconoclastes » de la CNT-AIT les 29, 30 et 31 mai dans les locaux de La Chapelle, 36, rue Danielle-Casanova, Toulouse (M° Compans ou Canal-du-Midi). Au programme… Vendredi, à 18 heures, accueil-apéro ; 20 h 15, conférence de Françoise Morvan (« Ethnorégionalisme et ultralibéralisme : la Bretagne pour laboratoire », puis débat. Samedi, de 11 à 13 heures, petit-déjeuner et table ronde autour des régionalismes, débat avec la salle ; à 16 heures, conférence d’Yves Coleman (revue Ni patrie ni frontières, site) sur « L’antisémitisme de gauche », et débat ; à 20 h 15, conférence de Jordi Vidal (« Postmodernisme : la stratégie, ou l’extinction des Lumières » et débat. Dimanche, de 11 à 13 heures, atelier militant (« Analyse de trente ans de scissions dans les milieux libertaires »), sur inscription préalable auprès des organisateurs ; de 13 à 15 heures, pique-nique ; à 15 heures, conférence d’Yves Coleman (« Idéologues et militants du social-chauvinisme ») et débat. Entrée libre. Infos complémentaires.

Livre politique. La huitième édition du Petit Salon du livre politique aura lieu les 30 et 31 mai, de 14 à 22 heures, au Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (site). Editeurs présents : Agone, Amsterdam, Editions Delga, Ere, La Dispute, La Fabrique, L’Echappée, Les Prairies ordinaires, Le Passager clandestin, Le Temps des cerises, Libertalia, Nous, Raisons d’agir, Rue des cascades, Syllepse et Zones. Tous, quelle que soit leur taille, consacrent une partie importante de leur catalogue à « la politique », c’est-à-dire à la critique de l’ordre existant et aux moyens d’en sortir. Entrée libre. Pendant le salon, des débats seront également organisés.

 

PÉRIODIQUES

Un épatant dossier sur l’athéisme et l’anticléricalisme, joliment accompagné par les compositions de Laurent Melon, dans le dernier hors-série du Monde libertaire (n° 60, avril-mai, 64 p., 5 euros, site). Sus donc aux curés, imams, rabins et gourous de toutes sortes ! Face au regain de la religion et à son invasion continue de la sphère publique, il faudrait construire un anticléricalisme du XXIe siècle refusant le patriarcat, le machisme et le racisme, prônant la liberté sexuelle et la lutte des classes. Attention également à la découpe en tranches du racisme (antisémitisme, islamophobie, négrophobie), porteur de divisions et de confusions. Normand Baillargeon se déclare, quant à lui, « mécréant humaniste ». Il livre quelques observations personnelles, le sentiment de philosophes et une explication scientifique des croyances. Un kiosquier parisien, athée et anarchiste, conte avec beaucoup d’humour ses discussions « théologiques » avec des pratiquants. Connaissez-vous l’anarcho-islam ? Non, dans ce cas, lisez l’article d’Eric Vilain. C’est nouveau mais, à l’analyse, le mariage-récupération est plus ardu que dans le cas du christianisme. Il y en a même un qui nous conseille de lire la Bible et le Coran pour mieux critiquer. Deux autres nous rappellent la haine de toutes les religions pour les femmes. Et, pour conclure, une analyse de la montée de l’islamisme en Algérie : échec des solutions rationnelles existantes (socialisme, libéralisme), exploitation et misère, travail social des militants sur le terrain (grâce aux pétrodollars des pays du Golfe), domestication ou répression des syndicats et des partis politiques laïques… Aujourd’hui, une alliance islamistes-gouvernement a été conclu pour maintenir la domination. Un seul regret, le titre du dossier (« Ni Dieu ! ») n’est pas très rock’n’roll et les camarades auraient pu trouver plus accrocheur. Alternative libertaire (n° 250, mai, 20 p., 3 euros, site) publie un entretien avec Christiane Passevant sur la grève à Radio France, la plus longue de son histoire (28 jours). Il s’agissait de lutter contre la casse du service public et le projet de restructuration mené dans une logique capitaliste, contre les suppressions d’emplois, pour la résorption de la précarité et… des mesures de modération des hauts salaires. Le mouvement, en grande partie auto-organisé, a été stoppé par la décision de la plupart des syndicats d’appeler à la reprise après la nomination d’un médiateur. La combativité observée dans les radios locales et la volonté de la direction de poursuivre sa politique laissent penser que le feu couve. « Solidarité internationale pour Alexandr Koltchenko » (lire ci-dessus) dont le procès pourrait se tenir au cours de l’été. Le pouvoir russe maintient ses accusations mensongères de terrorisme et le gouvernement ukrainien, tout en ayant déposé une plainte pour enlèvement, défend mollement ce citoyen qui est avant tout un opposant… Il faut donc intensifier la mobilisation et l’élargir ! En page « histoire », un passionnant article sur « la guerre des paysans en Allemagne » entre 1524 et 1526. Souhaitant « la liberté, la justice et le pouvoir pour leurs communautés », cette révolte de « l’homme du commun » s’attaquait aux princes et à l’Eglise, s’appuyant sur une volonté d’égalitarisme et sur les paroles de l’Evangile. La grève à Radio France nous est relatée par Courant alternatif (n° 250, mai, 32 p., 3 euros, site) vue des régions avec l’exemple de France bleu Pays Basque. Analyse de la loi santé de Marisol Touraine « qui peut rapporter gros pour le privé » : « démantèlement de la Sécu au profit des assurances et trusts mutualistes », distribution des « missions de santé publique aux patrons de cliniques privés » et prorogation des plans d’économie (10 milliards d’euros d’ici 2017). Le projet de loi sur le renseignement a été adopté, le texte de loi va donc arriver très rapidement. Au menu : propagande vallsienne et réalité, surveillance des mouvements sociaux légalisée, commission administrative de contrôle sans pouvoir et sans moyens, surveillance de masse (possible mais pas forcément gérable), statut « protecteur » pour certaines professions… à la merci du premier ministre, après simple consultation de la commission, renforcement du secret défense (et des peines en cas de violation) pour éviter au maximum les fuites… Dans « Jérusalem : du mythe au nettoyage ethnique », Pierre Stambul nous apprend que l’histoire du peuple juif a été réécrit à la lumière de la Bible (les découvertes archéologiques contredisent ces falsifications) et des besoins politiques du moment. La propagande sioniste affirme que Jérusalem est majoritairement peuplée par des Juifs depuis deux cents ans, alors que ce peuplement a été réalisé après l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem-Ouest, d’abord, puis par la judaïsation de Jérusalem-Est. On oublie le nettoyage ethnique effectué par les milices de l’Irgoun en 1948 et les centaines de villages palestiniens rayés de la carte, les réquisitions de terres prétendument vacantes, etc. Et le grignotage continue ; aujourd’hui, « les Palestiniens sont à peine majoritaires dans ce qui aurait dû être en théorie la capitale de leur Etat ». Dans Anarchosyndicalisme ! (n° 144, avril-mai, 20 p., 2 euros, site), un intéressant article titré « De la langue à la race. Dérive identitaire occitane » remarque que les mouvements régionalistes reproduisent « à l’identique ce qu’ils affirment dénoncer : le centralisme linguistique ». La construction d’un « occitan unifié » vise à « gommer les nombreuses différences linguistiques » (gascon, nissart…). Le jeu de Bruxelles est également dénoncé : sous couvert de soutenir les langues, ne s’agit-il pas de fragmenter l’Europe en petites sociétés nationalistes (transfrontières) ? De la notion de peuple (souvent reconstruite) à la « quête de l’identité », la dérive vers l’exclusion de l’autre est un réel danger. Par ailleurs, un dossier présente un projet pour mettre à jour les références de l’anarcho-syndicalisme (chartes de Paris et de Lyon) : « Déclaration de principes » et « Statuts de la CNT-AIT » (à consulter en ligne). Fruits de nombreux débats, ces textes sont soumis à la discussion et à la critique publique. Au sommaire de l’Union pacifiste (n° 529, mai, 16 p., 3 euros, site) : un « tour du monde » des infos militaristes, des « nouvelles du front » pacifiste et objecteur, un adieu à Gilbert (Roth) (lire aussi ci-dessus), les bios de quelques pacifistes (dont de nombreux anarchistes) en 1914, quelques recensions d’ouvrages et l'annonce de la réédition de L’Antimilitarisme libertaire de Pierre-Valentin Berthier par l’Union pacifiste. A noter, une double-page sur le mathématicien Alexandre Grothendieck, « pacifiste, anarchiste, écologiste, mystique », soit « une comète apparue puis disparue, laissant des éléments de sa chevelure dans différentes constellations ». Avec quelque peu de retard, N’Autre Ecole (n° 39, printemps, 60 p., 4 euros, site) fait paraître un numéro en commun avec Questions de classe(s) et nous apprend qu’une possible autonomisation de la revue vis-à-vis de la CNT-F est en discussion. Pour l’heure, c’est une riche et agréable livraison qui nous est proposée : articles de réflexion, de pratiques pédagogiques, de souvenirs aussi, des recensions d’ouvrages et de périodiques, enchâssent un très complet dossier « Lire et s’affranchir ». Et toujours le même objectif : « un œil sur le social, un autre sur l’école, et toujours cette visée émancipatrice ». Des articles courts permettent de picorer çà et là : lecture obligatoire, l’avenir du livre, lire sans manuel ou des contre-manuels, la lisibilité en question, les lectures personnelles, Lip en BD, l’enseignement de la lecture, une librairie à part, lecture en commun, les livres à l’usine… Des encadrés, où anonymes et pédagogues présentent l'ouvrage qui les a marqués, parsèment aussi ces pages. Ce dossier se prolonge sur le site Internet du partenaire avec des entretiens, des documents à lire, écouter ou voir, et de nombreux liens.

 

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