Mai 2013

PUBLICATIONS

Michel Perraudeau, auteur d'un remarquable Dictionnaire de l'individualisme libertaire en 2011, est parti à la recherche d'Anselme Bellegarrigue. Le premier des libertaires (Les Editions libertaires, 289 p., 15 euros). On savait peu de choses sur ce personnage (1813 - vers 1868-1870) mais cela n'a pas empêché certains d'inventer et d'autres de répéter les erreurs… ce qui fut notre cas à une occasion (lire « complément »). Errare humanum est. L'auteur s'est donc livré à une traque virtuelle, aux Amériques et en France, qu'il nous relate en détail ; retrouvant des descendants, précisant ses date et lieux de naissance, divers événements de sa vie et son établissement comme directeur de l'université de San Salvador (biographie). Il analyse également ses écrits qui font de lui l'un des premiers propagateurs de l'idée libertaire, d'inspiration individualiste : refus de tout gouvernement et du système électoral, primauté de l'individu, critique de la violence révolutionnaire, pour un « ordre libertaire », pour le municipalisme… Et revient sur l'accusation qui lui a été faite d'être un chantre du libéralisme, récupéré par les libertariens américains. Un seul regret, de nombreuses répétitions alourdissent quelque peu le récit. C'est pour rendre hommage à Arthur Lehning (1899-2000, biographie) que Les Editions du Monde libertaire ont publié cette « graine d'ananar » (sous la coordination d'Alayn Dropsy, 66 p., 5 euros). Militant anarcho-syndicaliste hollandais d'origine allemande, il a traversé le siècle et participé à la création de la FAUD, lutté contre l'avènement du nazisme en Allemagne, fut secrétaire de l'AIT de 1933 à 1936, cofonda l'Institut international d'histoire sociale (IIHS) d'Amsterdam et publia, entre autres, les huit volumes des archives Bakounine. La brochure contient un article qui précise ses divers engagements et une interview inédite de Lehning où il s'explique en particulier sur la création de la revue d'art abstrait et d'architecture i10 (1927-1929) qui a réuni des collaborateurs devenus célèbres depuis. Pour lui, « seule une révolution de la vie dans sa globalité pourra permettre d'édifier une société antiautoritaire ». En 2008, les éditions Le Chien rouge avait réédité l'ouvrage introuvable de Carlo Cafiero Abrégé du « Capital » de Karl Marx (trad. de James Guillaume, 158 p., 10 euros, avec en annexe la correspondance inédite entre les deux auteurs). Le titre de nouveau épuisé, elles ont effectué un retirage avec une autre couverture et au même prix. Nous ne pouvons que répéter ce que nous disions alors : « La crise financière et économique a remis au goût du jour le Capital, livre dans lequel Karl Marx analyse avec précision les ressorts de l'exploitation capitaliste. Synthèse brillante des travaux de penseurs (dont Proudhon) l'ayant précédé. (…) [Cafiero souhaitait ainsi populariser] les thèses de Marx dans un langage simple et compréhensible par le plus grand nombre. Communiste libertaire italien, [il] n'était pas un disciple et s'est opposé à Marx lors de la scission de la Ire Internationale. Mais il avait compris tout l'intérêt de l'ouvrage et le penseur allemand le félicita pour son travail. Alors, pourquoi bouder notre plaisir ? » Cela aidera le mensuel CQFD qui connaît actuellement des difficultés (« Dix ans, toutes ses dents mais plus un rond ! ») et coupera l'herbe sous le pied des petits spéculateurs qui proposent sur un site de vente en ligne la précédente brochure à deux fois son prix. Na ! Dans Itinéraires. Barcelone-Perpignan (Atelier de création libertaire, 138 p., 10 euros), Jordi Gonzalbo nous narre l'existence d'un enfant de libertaires espagnols réfugiés en France pour fuir le franquisme victorieux. Né à Barcelone en 1930, arrivé à Perpignan en 1938, il a connu l'accueil honteux du « pays des droits de l'homme », le sentiment d'abandon, les difficultés pour subsister, la guerre et l'Occupation, mais aussi l'espoir et le sentiment que ce n'était pas terminé. Il fut membre, de 1960 à 1975, d'un groupe de la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL) qui, s'opposant à l'immobilisme des dirigeants de la CNT en exil et au désir du plus grand nombre de tourner la page, décidèrent d'agir pour préparer l'avenir et démontrer que l'Espagne n'était pas une démocratie – comme voulaient le faire croire responsables politiques et économiques européens – mais une dictature. Il s'agissait essentiellement de faire franchir la frontière aux personnes et au matériel, d'assurer une propagande pour la lutte de l'Interior. D'autres posèrent des bombes (en évitant au maximum les victimes humaines) pour ruiner les efforts touristiques et plusieurs y perdirent la vie ou la liberté. Dans une seconde partie, l'auteur relate ses recherches pour connaître la vie militante de ses parents dans les années 1930. Nous ne quittons pas cette époque avec le magnifique livre consacré à un illustrateur et affichiste de grand talent qui a participé à l'élaboration de l'identité visuelle de la révolution espagnole. Helios Gómez. La révolution graphique (Associació cultural Helios Gómez - Association Mémoire graphique, 255 p., 30 euros) présente une biographie de l'artiste, la reproduction de plusieurs de ses albums graphiques et une sélection de dessins de presse et d'illustrations pour l'édition (certaines créations sont visibles sur le site de l'association), passés au crible du regard croisé de plusieurs auteurs. Né en 1905 à Séville, il suit des cours du soir, tout en travaillant comme ouvrier décorateur de céramiques. Et se rapproche des milieux anarchistes et de la CNT. Puis Helios Gómez connaîtra l'exil pour son engagement, renoncera à l'anarchisme, se rapprochera d'une organisation marxiste antistalinienne (avant d'en être exclu), adhérera au Parti communiste espagnol (PCE), participera aux barricades de Barcelone en 1936, rejoindra la colonne Durruti (après son exclusion du PCE), mettant toujours son art au service de la lutte et du peuple… Exil de nouveau, retour en Espagne, et persécution car il refuse de collaborer avec le régime franquiste. Incarcéré à plusieurs reprises, il meurt à Barcelone en 1956, deux ans après sa libération. Mieux faire connaître son œuvre et faire sortir de l'ombre un artiste injustement méconnu, voilà les vœux de cet ouvrage. Pour Eric Fournier, La Commune n'est pas morte (Libertalia, 187 p., 13 euros) car sa mémoire demeure, mais une mémoire très diverse, conflictuelle, en évolution constante. De la tentative des versaillais d'effacer toute trace à son culte par les communistes à partir des années 1920, en passant par la volonté d'oubli des républicains modérés, les tentations de l'extrême droite tirallée entre son souhait de récupération et de répéter les « crachats » de ceux qui l'ont combattu, sans compter que les socialistes, les anarchistes et l'extrême gauche ont également leur vision de cet événement ; pas facile d'étudier les « usages politiques du passé », mais c'est passionnant. La Commune était multiple (nationaliste et révolutionnaire, autoritaire et libertaire), logique que son souvenir le soit aussi. Depuis l'anniversaire de son centenaire en 1971, le temps de l'apaisement est venu, et celui des discours unanimistes sur son apport à l'histoire de France (tel celui du gaulliste Christian Poncelet le 4 juin 2003). Mais attention, elle peut se réveiller et gageons, en cas de conflit social d'importance, qu'on saura retrouver le chemin du mur des Fédérés. Le « printemps arabe » a accouché de gouvernements islamistes, en Egypte comme en Tunisie. Il est d'autant plus intéressant de lire la brochure des Editions du Monde libertaire sur Le Mouvement anarchiste et syndical en Tunisie (dossier réalisé par Elie Octave et Nidhal Chamekh, 151 p., 8 euros). Constituée d'interview de syndicalistes, de représentants associatifs et de textes du mouvement Désobéissance, elle est bien utile pour avoir une information directe, en dehors des grands médias français. Revenant sur l'attitude de l'UGTT au cours du renversement de Ben Ali – combative et solidaire à la base, collaboratrice au niveau des dirigeants –, sur les graves problèmes écologiques dus à l'exploitation du phosphate, sur l'insurrection du bassin minier (de 2008 à aujourd'hui), sur les luttes des chômeurs et des femmes, les différents intervenants sont bien conscients qu'il faut poursuivre le combat pour plus de liberté, de justice, d'égalité économique et sociale… Cette fois face aux Frères musulmans, à la fois rétrogrades sur le plan des mœurs et partisans du libéralisme économique, qui ont su profiter de l'élan populaire et contestataire sans y participer. Avec L'Enfer vert. Un projet pavé de bonnes intentions (L'Echappée, coll. Négatif, 126 p., 9 euros), Tomjo livre un pamphlet au vitriol contre les technocrates verts, s'appuyant essentiellement sur l'exemple de Lille et sa région. « Chez les Verts, la question n'est pas pourquoi se déplacer, mais comment se déplacer plus, plus vite et plus loin, tout en respectant son prochain, sa génération future et le monde dont celle-ci va hériter. » Quitte à prôner un flicage généralisé grâce aux puces RFID (lire articles sur le site Pièces et Main-d'œuvre. Et cela est aussi valable pour l'urbanisme, le canal Seine-Nord-Europe, la recherche, le développement des nouvelles technologies, etc. A savourer également l'analyse du parcours de certains écologistes politiques (ou politiciens) devenus des professionnels et des gestionnaires. Dans un second texte (« Critique de la planification écologique »), l'auteur s'attaque plus particulièrement à la « fuite en avant techno-industrielle », même teintée de vert, du Front de gauche. Réjouissant ! En 2010 déjà, Offensive et L'Echappée avaient édité un ouvrage réunissant des dossiers conçus par la revue sur le thème : Divertir pour dominer. La culture de masse contre les peuples (recension). Les mêmes ont renouvelé l'expérience avec Construire l'autonomie, se réapproprier le travail, le commerce, la ruralité (coll. Pour en finir avec, 322 p., 14 euros). Nous avons à de nombreuses occasions dit tout le bien que nous pensions des productions d'Offensive : un regard critique et multiple, une analyse sérieuse, sans dogmatisme, une volonté évidente de réflexion… Et cette nouvelle livraison est à l'unisson, avec son parti pris de didactisme (présentation de chaque article, notes précises, et bibliographies sélectives par chapitre). Il suffit de parcourir les sous-titres pour connaître le menu : « Travail : revaloriser les savoir-faire et la culture de métier », « Commerce : retrouver de l'autonomie dans les échanges », « Terre : la ruralité comme espace de résistance », « Précaires : s'affranchir de la dépendance à l'économie ». Bonnes lectures.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Chambéry, 1er mai. A midi, repas à prix libre avec La Marmite, cantine végétarienne autogérée, en haut du parc de Buisson-Rond. Atelier NoTav, tables de presse, etc. Rendez-vous dès le matin à la manif ou, plus tard, pour participer au repas.

Montreuil, 2 mai. Le café-librairie Michèle-Firk (La Parole errante), 9, rue François-Debergue, accueille à 19 h 30 Philippe Sizaire qui dira et lira quelques contes, prétexte à parler de ce pouvoir de « renversement » du conte, et de ce que nous pouvons en faire aujourd'hui. Site Internet.

Paris, 2 mai. A 20 heures, discussion autour de la revue Subversions n° 1 (septembre 2012, 52 p.) et n° 2 (avril 2013, 66 p.) à la bibliothèque anarchiste Libertad, 19, rue Burnouf, Paris 19e (M° Belleville ou Colonel-Fabien). Site Internet.

Alès, 3 mai. A 19 heures, auberge espagnole, puis projection-débat à partir de 20 heures de Coup pour coup, de Marin Karmitz. A la Rétive, 42, rue du Faubourg-d'Auvergne. Présentation de la bibliothèque et programme du mois.

Lille, 3 mai. Conférence-débat sur la crise de l'économie capitaliste, à 19 heures, à la maison des syndicats CNT, 32, rue d'Arras, avec la participation de militant-e-s de la CNT-SO de Lyon et de l'UL-CNT de Lille. Entrée gratuite, buvette et petite restauration à prix libre. Site Internet.

Marseille, 4 mai. Causerie de Jacques Aubergy, à 17 heures, à propos de Chroniques de Chiapas (L'Atinoir), de Juan Gelman. Au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 50, rue Consolat, Marseille 1er. Courriel : cira.marseille(at)free.fr - site Internet.

Paris, 4 mai. La bibliothèque La Rue vous invite à une rencontre-débat avec Christophe Darmangeat autour de son ouvrage Conversation sur la naissance des inégalités (Agone). A 17 heures, bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Saint-Denis, 5 mai. A 15 heures, « Les dimanches de la Dionyversité » : conférence de Laurent Bihl, historien et spécialiste de l'image, sur Marcel Aymé et son art du vitriol camouflé. Au Musée d'art et d'histoire, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris).

Marseille, 6 mai. La revue Offensive et la commission bibiothèque de Mille Bâbords accueillent deux des traducteurs de l'ouvrage Refuser d'être un homme. Pour en finir avec la virilité (Syllepse), de John Stoltenberg. A 18 h 30, à Mille Bâbords, 61, rue Consolat, Marseille 1er.

Toulouse, 6 mai. Soirée de soutien et de projets, de 18 à 20 heures, avec Naji Owdah qui parlera de Laylac, un nouveau centre culturel, et répondra aux questions sur l'actualité palestinienne. Au Chat noir toulousain, 18, avenue de la Gloire.

Paris, 7 mai. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un débat : « Elisée Reclus, la géographie d'un anarchiste encore d'actualité », en présence de Philippe Pelletier, auteur de Géographie et anarchie (Editions du Monde libertaire), et de Ronald Creagh, auteur d'Elisée Reclus et les Etats-Unis (Noir et Rouge). Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation).

Bagnolet, 8 mai. Projection de Nuit noire, 17 octobre 1961 (108 min, 2005), d'Alain Tasma, à propos du massacre d'Algériens à Paris lors de la manifestation du FLN. A 19 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Sarrant (32), 9 mai. La Librairie-Tartinerie accueillera à 20 heures Eric Fournier, auteur de La Commune n'est pas morte (Libertalia) pour un débat sur les mémoires conflictuelles de la Commune de Paris. Site Internet.

Toulouse, 10 mai. Eric Fournier présentera, à 19 heures, La Commune n'est pas morte (Libertalia) à la librairie Terra Nova, 18, rue Gambetta.

Lille, 11 mai. Conférence-débat, à 18 heures : « Camus et les anarchistes », avec Lou Marin, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Au Centre culturel libertaire (CCL), 4, rue de Colmar (M° Porte-des-Postes).

Lot, 11 mai. Eric Fournier, auteur de La Commune n'est pas morte (Libertalia), parlera de son ouvrage à 11 heures, librairie Le Livre en fête, 27, rue Orthabadial, à Figeac ; et, à 16 heures, au Lieu commun, 68, rue Saint-James, à Cahors.

Paris, 11 mai. Rencontre à 16 h 30 avec Francis Dupuis-Déri pour son livre Démocratie. Histoire politique d'un mot, aux Etats-Unis et en France (Lux). A la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Paris, 14 mai. « De la résistance à l'autogestion », conférence-débat organisée, à 20 heures, par Alternative libertaire en son local, 92, rue d'Aubervilliers, Paris 19e.

Merlieux, 16 mai. Rencontre-débat avec Patrick Pelloux autour de ses livres sur les urgences, tant à l'hôpital qu'au SAMU. Apéro dînatoire, table de presse, entrée libre et gratuite. A 18 h 30, Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Site Internet.

Paris, 16 mai. La librairie Quilombo organise un débat en présence de Laurence Le Bras et Emmanuel Guy, commissaires de l'exposition « Guy Debord, un art de la guerre » à la BNF ; Patrick Marcolini et Zvonimir Novak, auteurs respectivement des articles « La méthode Debord » et « La société sans classes a trouvé son artiste. Debord graphiste » dans le catalogue de l'expo. A partir de 19 h 45, à la librairie, 23, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation).

Bagnolet, 17 mai. Projection et discussion autour du documentaire Eldridge Cleaver, Black Panther (65 min, 1970) de William Klein, sur le combat des Noirs américains, la lutte armée, les mouvements de libération nationale, la guerre du Vietnam… A 19 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M°Robespierre ou Gallieni).

Redon, 17 mai. Réunion publique « Syndicalisme et émancipation humaine », à 20 heures, avec la projection du film documentaire Histoire de la grève générale et en présence de militants syndicalistes anarchistes. Au centre social Confluence, rue Guy-Pabois.

Saillagouse (66), 17 mai. A partir de 19 heures, salle du cinéma, les militant-e-s du groupe Puig-Antich (Perpignan) de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) animeront une conférence autour du thème « 1936-1939, le printemps libertaire à Puigcerda ». Des chercheurs catalans seront présents. Entrée libre. La conférence pourra être contradictoire. Site Internet.

Lyon, 18 mai. Projection à 15 heures du documentaire Dédale, un fil vers la démocratie (80 min), coréalisé par Emmanuel Borgetto, Laurent Lhermite, Alice Tabart et Christian Vialaret. Puis discussion sur l'autogestion et les alternatives en « démocratie ». Librairie La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Site Internet.

Angers, 22 mai. « Pour en finir avec l'austérité : révolution ! autogestion ! », projection-débat à propos de l'expérience autogestionnaire du village andalou de Marinaleda organisée par le CAL Angers (Alternative libertaire). A 20 h 30, à l'Etincelle, 26, rue Maillé.

Bagnolet, 22 mai. Projection du film Les Femmes du bus 678 (100 min, 2012) de Mohamed Diab, sur la révolte de trois femmes égyptienne contre les harcèlements sexistes et sexuels. S'ensuivra une discussion. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 22 mai. A propos d'Où sont passés les intellectuels ? (Textuel), débat avec son auteur Enzo Traverso, organisé par la librairie Quilombo. A partir de 19 h 45, au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Site Internet.

Paris, 22 mai. A 20 heures, « Les révoltes en Egypte », récit d'un voyage dans quelques villes et des perspectives révolutionnaires de compagnons… Bibliothèque anarchiste Libertad, 19, rue Burnouf, Paris 19e (M° Colonel-Fabien). Site Internet.

Orléans, 23 mai. Le groupe Gaston-Couté (Fédération anarchiste) vous invite à un débat « Foot et anarchie », à propos de l'ouvrage Eloge de la passe (Les Editions libertaires), avec Wally Rosell. A 20 h 30, au Chiendent, 259, rue de Bourgogne.

Paris, 23 mai. La CNT accueille Eric Fournier (La Commune n'est pas morte, Libertalia) deux jours avant la montée au mur des Fédérés pour une discussion-débat sur la Semaine sanglante et les mémoires conflictuelles de la Commune de Paris. A 19 heures, au 33, rue des Vignoles, Paris 20e.

Amiens, 24 mai. Poursuivant le cycle de ses réunions bimestrielles, le collectif libertaire amiénois organise, à partir de 20 heures, à l'espace Dewailly (3, place Louis-Dewailly), une réunion-débat intitulée « Perspectives révolutionnaires du féminisme ». La soirée se finira autour d'un PPP (pain-pâté-pinard).

Cahors, 24 mai. Les éditions Redhic et la Libraithèque Le droit à la paresse vous invitent à la présentation du livre Une histoire d'imposture, les habits neufs du stalinisme, à 18 heures, à la Bourse du travail, place Claude-Rousseau. En présence de membres du collectif Les Autres. A propos de l'apposition d'une plaque sur une place publique de Cahors et de l'exil antifasciste espagnol.

Grenoble, 24 mai. Conférence-débat « Le contrôle total sur nos territoires agricoles » : un arboriculteur présentera l'exemple de la sharka des vergers, du puçage des animaux, du système de la PAC, de la mise en place des polices sanitaires et des pistes de résistance possibles… Organisée avec Les Renseignements généreux. A 20 heures, à Antigone, café-bibliothèque, 22, rue des Violettes. Prix libre. Site Internet.

Paris, 24 mai. Réunion-débat organisée par le groupe Salvador-Segui (FA) à propos de « La distribution de la presse en France, luttes d'hier et d'aujourd'hui », avec des salariés de la presse et des kiosquiers. A 19 h 30, bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Abbesses ou Blanche).

Louhans (71), 25 mai. Rencontre-débat à 15 heures avec Christian Roux, auteur de l'ouvrage Auriez-vous crié « Heil Hitler » ? (Max Milo), organisée par le groupe libertaire de Saône-et-Loire, la Vache noire et la CNT. Salle communale, 15, rue Ferdinand-Bourgeois. Entrée libre.

Lyon, 25 mai. A propos de l'ouvrage Une fabrique de libertés. Le Lycée autogéré de Paris (Editions Repas), discussion avec des représentants du collectif d'élèves et de professeurs. A 15 heures, à la librairie La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Site Internet.

Paris, 25 mai. Les éditions Noir et Rouge et Antoine Martin Productions organisent à 14 heures la projection d'Elisée Reclus. La passion du monde, film de Nicolas Eprendre, au cinéma La Clef, 34, rue Daubenton, Paris 5e (M° Censier-Daubenton). Entrée gratuite. Site Internet des éditions.

Paris, 29 mai. « La révolution graphique », soirée organisée par la librairie Quilombo, en présence d'Eric Drooker, de Gabriel Gómez (fils d'Helios Gómez) et d'Amado Marcellán de l'association Mémoire graphique. A partir de 19 h 45, au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Site Internet.

Paris, 30 mai. Présentations croisées de L'Humanité augmentée (L'Echappée) d'Eric Sadin et de L'Emprise numérique (L'Echappée) de Cédric Biagini, à 19 h 30, à la librairie Le Monde en l'air, 71, rue de Ménilmontant, Paris 20e.

Toulouse, 30 mai. Mogniss H. Abdallah présentera à 19 heures son livre Rengainez, on arrive ! (Libertalia) à la librairie Terra Nova, 18, rue Gambetta.

Montpellier, 31 mai. A 19 h 30, le groupe de Montpellier de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) organise un débat sur la révolution en Tunisie, avec Mohamed Amami. Situation actuelle, analyse du processus révolutionnaire tunisien, de ses limites et des possibles perspectives… Librairie La Mauvaise Réputation, 20, rue Terral (quartier Saint-Anne).

Saint-Denis, 31 mai. Alternative libertaire organise une réunion publique en présence de syndicalistes sur le thème « Pouvoir travailler tous et toutes, et autrement ». Le débat portera sur la question de l'emploi, mais aussi sur les conditions de travail, pour réfléchir au projet de société voulu.

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Toulouse. Le « Bazar au Bazacle » accueille une « foire à l'autogestion » qui se tiendra du 29 avril au 5 mai au parc des sports du Bazacle et à Utopia : débats, ateliers, musique, théâtre, cirque, expos, animations, librairies, restauration et buvette… Site Internet. « Rêver, imaginer, ressentir, expérimenter, donner à réfléchir, partager, penser... pour retrouver ensemble les chemins de l'utopie. Telle est la démarche du “Bazar au Bazacle”, croisement original, basé sur la convergence de pratiques militantes, sociales et artistiques. [Il] s'affirme depuis quelques années comme un espace de confrontation, de débats, d'expérimentations culturelles, sociales et politiques, mais aussi comme une aventure humaine originale. » Programme à télécharger.

Fribourg (Suisse). Une journée d'étude « Géographie, enseignement et tendances libertaires » se tiendra les 2 et 3 mai, à l'université de Fribourg, bât. Pérolles, 2, rue P.A. de Faucigny. « Des géographes comme Elisée Reclus (1830-1905), Pierre Kropotkine (1842-1921) ou encore Charles Perron (1837-1909) ont été les pionniers de la nouvelle approche qui envisageait une pédagogie géographique passant par l'expérience directe du monde et se passant tant que possible de manuels et de cartes. Ces discours révèlent aujourd'hui leur étonnante modernité du point de vue des approches pédagogiques et didactiques, des dispositifs soulevant le rôle de l'école publique lorsqu'elle est remise en question et de la géographie de l'expérience du monde confrontée à l'enseignement. Le problème de la multiculturalité à l'école était déjà posé à cette époque par l'entremise de principes cosmopolites véhiculés par le mouvement libertaire… » Liste des interventions sur le site RA Forum - Elisée Reclus.

Fête CNT-RP. Les syndicats de la Confédération nationale du travail (CNT) de la région parisienne organisent les 3, 4 et 5 mai leur fête annuelle à la Parole errante, 9, rue François-Debergue, à Montreuil (M° Croix-de-Chavaux). Ce rendez-vous 2013 conjuguera plusieurs approches complémentaires : internationalistes, anti-impérialistes, artistiques et musicales, culturelles, éditoriales. Avec des projections, des débats, des concerts, un salon du livre… Programme complet sur le site de la fête.

Mois de l'anarchisme. Le Festival de l'anarchie à Montréal se déroulera du 1er mai au 1er juin. Il regroupera de nombreux événements (programme complet) dont une Foire du livre radical (16 mai), un Festival international de théâtre (21-22 mai), des expositions d'art, un Salon du livre anarchiste (25-26 mai), des rencontres, des ateliers, une manifestation dansante, un tour guidé de la communauté à vélo, etc. Organisé par le Groupe de recherche d'intérêt public (GRIP), la Foire du livre radical aura lieu boulevard de Maisonneuve Ouest, entre Guy et Mackay (M° Guy-Concordia), de 11 à 17 heures. Site Internet. Le Salon du livre anarchiste se tiendra quant à lui, de 10 à 17 heures, dans deux bâtiments situés l'un en face de l'autre autour du Parc Vinet : au Centre culturel Georges-Vanier (CCGV), 2450 rue Workman, et au Centre d'éducation populaire de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CEDA), 2515 rue Delisle (M° Lionel-Groulx). Il réunira des libraires et éditeurs venus d'Amérique du Nord et d'Europe, et proposera aussi un cabaret anarchiste, une exposition d'art, des projections de films, des ateliers et des réunions-débats…

Ecrire l'insurrection. « A l'heure où se multiplient d'une part les travaux sur les “pouvoirs de la littérature” et d'autre part les études sur l'expérience et les déstabilisations induites par le “moment révolutionnaire”, il convient de reprendre une double question : ce que l'insurrection, temps d'ouverture des possibles, espérés ou craints, fait à l'écriture ; parallèlement le rôle de la littérature, ses codes, ses topiques, son efficacité propre, sa force d'évocation, sa capacité de synthèse dans le temps insurrectionnel. Existe-t-il au siècle des révolutions, qui est aussi celui de l'histoire, du sujet dit moderne, du sacre de l'écrivain et d'une mutation de fond de la culture écrite, un lien spécifique entre littérature et insurrection, de la Révolution française à la première guerre mondiale ? C'est à cette question qu'entendent répondre ces deux journées d'études… » Les 10 et 11 mai, à l'IHMC - Ecole normale supérieure, 45, rue d'Ulm, Paris 5e : « Ecrire l'insurrection - Ecrire dans l'insurrection au XIXe siècle, 1789-1914 ». Programme complet.

Braderie. Les éditions Noir et Rouge organisent une fête du livre libertaire le samedi 18 mai, à partir de 13 heures, à la librairie L'Emancipation, 8, impasse Crozatier, Paris 12e (M° Faidherbe-Chaligny ou Gare de Lyon). Des centaines de livres d'occasion seront disponibles… Site Internet.

Haute-Vienne. Journée à propos des « Collectivisations dans la révolution espagnole, des années 20 à 1937 », le 25 mai, à la salle des fêtes de Rempnat (canton d'Eymoutiers). A partir de 15 heures, projection de la première partie du film Ortiz, général sans Dieu ni maître, de Laurent Guyot, Ariel Camacho et Laurent Casoar. Puis, à 17 heures, présentation du livre de Jordi Gonzalbo, Itinéraires Barcelone-Perpignan (Atelier de création libertaire). A 18 h 30, conférence-débat sur les collectivisations dans la révolution espagnole avec Frank Mintz. A 20 heures, repas à l'Auberge du sauvage (10 euros). Projection de la seconde partie du film Ortiz… à 22 heures.

Livre politique. Les éditeurs Aden, Agone, Amsterdam, Editions Pontcerq, Entremonde, Ere, La Dispute, La Fabrique, La Ville brûle, L'Echappée, Le Passager clandestin, Les Prairies ordinaires, Le Temps des cerises, Libertalia, Lux, Raisons d'agir, Rue des Cascades, Syllepse et Zones seront présents à la 6e édition du Petit salon du livre politique, les 25 et 26 mai, de 14 à 22 heures, au Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e. Site Internet.

Valise mexicaine. Exposition au Musée d'art et d'histoire du judaïsme, Hôtel de Saint-Aignan, 71, rue du Temple, Paris 3e (M° Rambuteau ou Hôtel-de-Ville), jusqu'au 30 juin : « La valise mexicaine, les négatifs retrouvés de la guerre d'Espagne ». Quelque quatre mille cinq cents négatifs et tirages de Robert Capa, Gerta Taro et Chim, perdus en 1939 et retrouvés en 2007 : « D'un exceptionnel intérêt documentaire, ces films et clichés racontent aussi l'histoire de trois célèbres photographes juifs, totalement investis dans la cause républicaine, qui, au prix de risques considérables, ont jeté les bases de la photographie de guerre actuelle et donné ses lettres de noblesse au photoreportage engagé. Portraits, scènes de combat, images rappelant les effets terribles de la guerre sur les civils… » Présentation de l'expo. Des projections de films documentaires et des conférences sont également au programme.

Inscription et réservation. La librairie La Gryffe, le Centre de documentation libertaire et les Ami-e-s de La Gryffe ont le plaisir de vous annoncer l'organisation d'une 3e édition du Salon des éditions libertaires de Lyon, qui se déroulera les 23 et 24 novembre 2013 à la Maison des associations, 28, rue Denfert-Rocherau, 69004 Lyon. Editeurs et éditrices, lecteurs et lectrices, militants et militantes, n'hésitez pas à nous contacter pour toutes informations ou suggestions à l'adresse salonzedlib(at)lagryffe.net ou au 04-78-61-02-25 (librairie La Gryffe, du lundi au samedi, de 14 à 19 heures).

 

DIVERS

En vrac sur le Web (mai). Plusieurs lieux de lecture et d'échanges ont été ouverts récemment : la Biblibre (« bibliothèque libertaire, anticapitaliste et antiautoritaire ») à Bruxelles, 131 av. Buyl (lire présentation) ; Encre noire à Toulouse, dans un bâtiment occupé rebaptisé Beurk In Game Palace, au 59, rue Offenbach ; et, « plus installée », L'Insoumise, la bouquinerie occupée de Lille située au 10, rue d'Arras (dont nous avons répercuté les rendez-vous au cours des précédents mois). Radio PFM a rencontré des membres du collectif gestionnaire et y a consacré un reportage pour « discuter avec eux du projet et des menaces qui pèsent sur le lieu ». De nombreuses brochures sont disponibles en lecture ou à télécharger sur Internet (se référer, entre autres, à la bibliographie d'Anarlivres) : Non Fides nous convie, par exemple, à prendre connaissance de la compilation de textes à propos de la répression antianarchiste en Bolivie et du prisonnier Henry Zegarrundo, Chronique d'un chemin caillouteux ; Ravage Editions s'intéresse entre autres Aux origines du pouvoir. Mythe, nationalisme et politique : analyse de quelques outils de domination ; et l'Infokiosque fantôme (Partout) présente des extraits traduits de l'anthologie du mouvement queer insurrectionnaliste Bash Back : Queer ultra violence. Les locuteurs hispanophones pourront dorénavant consulter les cent trente-six numéros, publiés entre 1906 et 1916, d'Ideas y Figuras, revue hebdomadaire de critique et d'art d'orientation acrate. La Federacion libertaria argentina (FLA) les a numérisés et y donne accès. Jean-Denis, le « bidouilleur des ondes », met à notre disposition la série d'entretiens qu'Henri Laborit (1914-1995) avait accordé à Radio-Libertaire en octobre et novembre 1984. Médecin chirurgien, neurobiologiste, spécialiste du comportement animal et humain, philosophe, esprit curieux et anticonformiste, celui-ci s'interroge sur l'inconscient, le pouvoir, l'agressivité, la domination, le conditionnement… « Tant qu'on n'aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l'utilisent et tant que l'on n'aura pas dit que jusqu'ici cela a toujours été pour dominer l'autre, il y a peu de chance qu'il y ait quoi que ce soit qui change », confie-t-il dans Mon oncle d'Amérique. A télécharger ou à écouter en direct : 1. « L'homme et la ville » ; 2. « La nouvelle grille » ; 3. « Eloge de la fuite » ; 4. « De mes couilles au cosmos » ; 5. « La colombe assassinée ». Nous avions signalé en janvier dernier l'existence de Fragments d'histoire sur la gauche radicale. Son adresse a changé car, après sept mois d'existence sur la plate-forme de blogs Wordpress.com, le collectif Archives Autonomies a désormais son propre site Internet. Il « se donne pour objectif de diffuser des documents sur l'histoire de la gauche radicale et/ou extraparlementaire en vue de rendre possible toute réappropriation de ces productions écrites, orales, audiovisuelles et graphiques par des individus ou des collectifs intéressés par des pratiques et des discours de rupture avec l'existant. (…) [En privilégiant] une période relativement récente, à savoir la seconde moitié du XXe siècle, les luttes politiques et sociales ainsi que les groupes révolutionnaires actifs de la fin des années 1960 à la fin des années 1990 (…) » Notons que des périodiques anarchistes lyonnais de la fin du XIXe siècle sont aussi accessibles. C'est également le cas sur Numelyo, le site de la bibliothèque numérique de Lyon qui présente des titres de la presse lyonnaise de 1790 à 1944. Avec Thesaurus, on peut effectuer une recherche sur différents sites Web selon des mots-clés, des zones géographiques, des périodes historiques, des dates de parution… sans être obligé de multiplier l'opération d'un site à l'autre. Par exemple, « Allemagne » liste les entrées concernant ce sujet sur le catalogue du CIRA Lausanne, sur Placard : affiches anarchistes, sur RA Forum, sur Archives du Monde libertaire et sur Bibliothèque du CCL (Lille) ; « 1912 » donne les références à cette date sur Cartoliste (cartes postales anarchistes), sur Bianco : 100 ans de presse anarchiste et sur Cgecaf (Catalogue générale des éditions et collections anarchistes francophones). Cela simplifie considérablement le travail de documentation et on peut compter sur son animateur pour continuer à développer cet outil. Atheisme.org constate que les prières de rue, interdites et très critiquées lorsqu'il s'agit des musulmans, n'engendre pas les mêmes réactions lorsqu'il s'agit de l'extrême droite catholique : Civitas, près du Sénat à l'occasion de la discussion de la loi sur le mariage des homosexuels, et SOS Tout-Petits, devant l'hôpital Tenon (lire article avec photos). Les pouvoirs publics et la police allant jusqu'à les protéger des protestataires et des riverains excédés. Deux poids, deux mesures ! A la Défense, centre d'affaire de la capitale, une mosquée provisoire constituée d'un grand chapiteau accueille les fidèles. Les affaires stimulent certainement la religion (besoin de se faire absoudre, peut-être) car une église catholique, une autre évangélique et un centre Loubavitch pour le judaïsme sont également présents dans le quartier. Un curieux a écouté les prêches des deux imams et les diverses interventions : vérités absolues, obscurantisme, simplisme, superstition et appels aux dons sont au rendez-vous… Comptes rendus. Le quotidien Le Monde, lui, nous apprend qu'au Brésil « l'Eglise catholique a excommunié le 29 avril un prêtre ayant refusé de se rétracter après avoir fait des déclarations de soutien aux homosexuels », alors que, pendant des décennies, dans de multiples pays, elle a protégé les prêtres pédophiles, se contentant de les muter d'une paroisse à l'autre. Les voies du Seigneur sont (décidément) impénétrables…

Souscription. Publié en 1926 aux éditions de L'Insurgé, réédité en 2005 chez Egrégores, Dix-huit ans de bagne de Jacob Law est actuellement introuvable. Les Editions de La Pigne lancent une souscription pour le rééditer. Anarchiste individualiste, son auteur est assez méconnu. Né en 1885 en Ukraine, il suit sa famille en 1905 à New York pour échapper aux pogroms. Il revient en Europe en 1906. Le 1er mai 1907, depuis l'impériale d'un omnibus, il tire plusieurs coups de revolver sur des cuirassiers, n'en blessant qu'un seul légèrement (on peut voir la carte postale éditée à cette occasion sur le site Cartoliste). Après avoir échappé de peu à un lynchage par la foule, il est arrêté puis condamné. Suite à la publication de son livre qui relate sa vie au bagne, il est expulsé du territoire français et l'on perd alors sa trace. Parution prévue en septembre 2013, préface de Claire Auzias, postface de Léon Collin, 110 p. : 8 euros (au lieu de 9 euros à parution), 7 euros l'unité à partir de cinq livres commandés (chèque à l'ordre de La Pigne). Adresse postale : Les Editions de La Pigne, 21, rue Yvan-Goll, 88100 Saint-Dié.

 

PÉRIODIQUES

N'autre école (n° 34-35, printemps-été, 66 p., 6 euros, site) s'intéresse aux relations ambiguës, entre intégration et résistance, qu'entretiennent l'école et l'entreprise. Entreprendre solidairement, la pédagogie de l'activité, le projet éducatif du Medef, la vision du monde ouvrier sur l'école, la littérature jeunesse et le travail… sont quelques-uns des sujets abordés. Un article sur l'histoire de l'enseignement professionnel et de l'apprentissage montre bien quel est le but essentiel de l'école : « Conformer les individus au projet social et politique dominant pour qu'ils occupent la place qu'on leur assigne. » Signalons également les clichés sur le monde du travail d'Alain Lefebvre (« photographe-ouvrier ») qui illustrent les pages de ce numéro. Et, pour citer l'éditorial, la « dénonciation » ne convainquant personne, ne s'agit-il pas d'entreprendre « pas pour le fric » mais « pour la beauté d'un orchestre à l'école, d'une fresque collective, la pertinence d'une recherche mathématique, la nécessité d'une pétition pour un copain sans-papier (…) chacun trouvera ses exemples, ses entreprises ». Le « Bulletin anarchiste de Paris et sa région », Lucioles (n° 8, avril, recto-verso, à télécharger, site), reparaît sous une forme et un format différents après quelques mois d'absence. Pourquoi ce titre ? Parce que ces coléoptères se signalent par une lueur dans la nuit. Ce numéro éclaire, lui, un projet de la ville de Paris dans le 17e arrondissement intitulé « éco-quartier Clichy-Batignolles » et plus particulièrement la construction d'une « cité judiciaire » pour désengorger le TGI de l'île de la Cité. Cela coûtera cher (merci Bouygues), pour l'édification et la maintenance, mais on ne saurait mégoter pour s'assurer la paix sociale ! Puis quelques brèves sur la « guerre sociale » et la reproduction d'un tract dénonçant la machine à expulser et ses principaux complices (ou bénéficiaires)… Le dossier d'Offensive (n° 37, mars, 52 p., 4 euros, site) prône l'« (Im)mobilisation générale ! » pour lutter « contre l'idéologie libérale de la circulation massives des marchandises, y compris humaines ». S'ensuit une analyse et une critique de la mobilité moderne : bouger sans rupture, destruction de l'espace et des liens sociaux, moyen de relégation des populations pauvres, société et développement sous-tendus par la grande vitesse… et, a contrario, sédentarisation des populations nomades pour les rendre productives, limitation du déplacement des femmes dans l'espace public. « La relocalisation et le questionnement sur l'utilité sociale et écologique de nos activités, l'immobilité choisie, la pratique de l'auto-stop, du vélo ou de la marche sont des pistes à creuser pour arrêter de circuler toujours plus vite et plus souvent, d'un lieu d'exploitation-consommation à un autre. » Le Libertaire 66 (n° 18, avril-mai, 8 p., à télécharger, site) du groupe Puig-Antich de Perpignan de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) est un spécial 1er-Mai. Rappelant tout d'abord les nombreuses récupérations de la fête des travailleurs, dans le passé et de nos jours, le journal dresse une liste des différents dates qui ont marqué l'histoire ouvrière (de 1886 à 1968). Un article dont la substance est résumée par ses deux intertitres – « A bas les syndicats », « Vive le syndicalisme » – et un autre dénonçant un certain « nationalisme anarchiste » concluent cette livraison. En effet, quand des Identitaires (comme Philippe Vardon, de Nissa Rebela) affirment : « Reprenons notre destin en main ! Autonomie, autogestion, autodéfense ! Maîtres chez nous ! Maîtres chez nous ! », il est urgent de dissiper la confusion et de dénoncer ces « Canada Dry de l'anarchisme ». Dans le numéro d'avril d'Alternative libertaire (n° 227, 20 p., 2 euros, site), outre des articles d'actualité sur le logement, les luttes syndicales et contre le patriarcat, ou relevant des domaines de l'international et de la culture, deux textes ont attiré notre attention. Le premier, à propos de la « chavezolâtrie » d'une certaine extrême gauche, tout en reconnaissant des avancées dans le domaine social, dénonce le chavisme comme un « nationalisme de gauche, mené par un caudillo dans la tradition latino-américaine ». Qui n'a même pas su assurer l'indépendance nationale puisque l'économie vénézuélienne reste majoritairement dépendante de la rente pétrolière. Le second revient sur l'insurrection du ghetto de Varsovie, le 19 avril 1943, à l'initiative des organisations de gauche. Occasion de contester formellement la prétendue passivité de la population juive alors que, quand c'était possible, celle-ci a fourni nombre de combattants à la Résistance internationale. L'auteur, Jean-Marc Izrine (lire bibliographie), note aussi la présence d'anarchistes juifs polonais.

 

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