Mai 2011

PUBLICATIONS

Lorsque Régis, 16 ans, décide de passer ses vacances avec son grand-père Antonio à Barcelone, il ne sait vraiment pas ce qui l'attend. Le vieil homme, exilé en France en 1939, est revenu vivre en Espagne. Jean Manuel Florensa nous amène ainsi, avec Les Mille et Un Jours des Cuevas (Albin Michel, 578 p., 23 euros), à la rencontre des fantômes du passé, de l'épopée anarchiste, de la guerre civile et de la tragédie espagnoles, dans les camps de France et dans la nuit franquiste. Mais les spectres ont la vie dure, hier renoue avec les luttes actuelles, avec les mauvaises habitudes fascistes… A la fois fresque historique, récit de voyage dans la « mémoire hémiplégique » espagnole, roman d'amour(s), initiation d'un adolescent, c'est un formidable bouquin, au souffle puissant, peuplé d'évocations saisissantes. A découvrir sans attendre ! Autre itinéraire et autres lieux, les éditions L'Echappée ont réédité l'ouvrage d'Yves Frémion paru en 1999 : Léauthier l'anarchiste. De la propagande par le fait à la révolte des bagnards (1893-1894) (coll. Dans le feu de l'action, 249 p., 17 euros). Tout est dit dans le titre : en novembre 1893, un ouvrier cordonnier, révolté par le chômage et les inégalités sociales, poignarde un diplomate serbe pour « crever un bourgeois ». Après Ravachol (lire biographie) et en pleine période des attentats anarchistes, il est bon pour le bagne. Frémion a fouillé les archives officielles, les journaux de l'époque et les récits des témoins pour retracer l'affaire, le procès et sa mort. Le bagne, la « guillotine sèche », est conçu pour exterminer lentement les condamnés ; à la suite d'un énième assassinat commis par deux matons, une révolte éclate causant la mort de ceux-ci puis le massacre d'une douzaine d'émeutiers évadés dont Léauthier. L'auteur relate ces épisodes dans un style extrêmement vivant, en se gardant bien de toute invention romanesque. Il y a des personnages qui défrayent la chronique et d'autres, simples militants, qu'on a tendance à oublier. C'est à la rencontre de l'un d'eux que sont partis Violette et Juanito Marcos. Dans Itinéraire d'un anarchiste, Alphonse Tricheux (1880-1957) (Loubatières, coll. Libre parcours, 200 p., 19 euros), sont évoqués les années de formation dans les Corbières, au sein de ce monde bien particulier des petits viticulteurs d'alors, le séjour à Cuba, puis l'existence du mouvement libertaire à Toulouse, des années 1920 à 1950. On y apprend bien des choses sur les combats de l'époque (lutte antimilitariste, action coopérative, activités syndicalistes révolutionnaires et culturelles…), les relations avec les autres groupes politiques, les campagnes de soutien, la répression, l'aide à la révolution espagnole, le congrès clandestin de 1943… Un seul individu, non, c'est une famille, un groupe, des amis et des compagnons qui sont ainsi dessinés par quelques traits et l'histoire vu par le petit bout de la lorgnette n'est pas moins intéressante que la grande. Avec Une femme affranchie : Gabrielle Petit l'indomptable (Editions du Monde libertaire, coll. Féminisme et anarchisme, 292 p., 15 euros), Madeleine Laude dresse le portrait d'une militante trop peu connue, une femme libre (des partis comme de la morale bourgeoise), autodidacte, conférencière brillante et infatigable, créatrice du journal La Femme affranchie qui prônait un féminisme intégral (politique mais aussi, et surtout, social et ouvrier) et dénonçait sans relâche la prostitution. Gabrielle Petit (1860-1952) participa à tous les combats du début du XXe siècle – syndicalisme, anticléricalisme, libre-pensée, antimilitarisme, pacifisme – et sera plusieurs fois emprisonnée pour ses idées. Elle n'épargnait pas non plus ses critiques vis-à-vis du socialisme réformiste, du parlementarisme, des militants remettant au lendemain de la révolution l'émancipation des femmes, et de l'instruction laïque – « On fait des chauvins et des calotins en herbe ». Pour clore le rayon des biographies, signalons rapidement deux ouvrages à propos de Louise Michel (1830-1905, lire biographie). Et tout d'abord Louise Michel en Nouvelle-Calédonie. Souvenirs et aventures de ma vie (présentation de Josiane Garnotel, Maiade, 354 p. et 50 illustrations, 21 euros). Annoncé comme le premier volume d'un texte paru initialement en feuilleton seulement quinze jour après la mort de sa prétendue auteure, l'ouvrage commence avec la Semaine sanglante et se termine au retour de déportation de l'héroïne. Certes, celle-ci avait la plume facile mais il est plus que probable qu'un journaliste a mis la patte à ce récit romanesque bien fait pour peaufiner la légende. Dans une collection « junior », Actes Sud a édité en 2010 un Louise Michel : « Non à l'exploitation » (Gérard Dhotel, coll. Ceux qui ont dit non, 96 p., 7,80 euros) pour présenter aux plus jeunes la pasionaria anarchiste. Cette année, récidive avec Emma Goldman : « Non à la soumission » (96 p., 7,80 euros), écrit par Jeanine Baude, consacré aux combats de la militante russo-américaine (1869-1940, lire biographie), des Etats-Unis de la fin du XIXe siècle à la Russie post-révolutionnaire des années 1920, puis à la guerre d'Espagne. Elles y sont d'ailleurs en fort bonne compagnie puisqu'on retrouve parmi les personnages traités Gandhi, Chico Mendes, Lucie Aubrac, Abd el-Kader… Venezuela : révolution ou spectacle ? (Les Amis de Spartacus, coll. Cahiers, série B, n° 181, 271 p., 14 euros), s'interroge Rafael Uzcátegui, militant libertaire collaborateur d'El Libertario. A propos du « processus bolivarien », il réfute tout à la fois la vision d'un « socialisme du XXIe siècle » en opposition aux politiques et aux valeurs du capitalisme impérialiste américain comme celle affirmant que le président Chávez est un dictateur en train d'instaurer par la force le communisme. Relatant des événements de la vie quotidienne, les relations entre le gouvernement et les organisations et mouvements sociaux, l'auteur replace les politiques menées par le régime vénézuélien dans le double contexte de l'histoire du pays et de la mondialisation économique contemporaine. Onze ans de chroniques hebdomadaires du militant anarchiste Patsy dans le cadre d'une émission sur la radio nantaise Alternantes FM ont été réunis dans Le Monde comme il va (1999-2010) : analyses, coups de gueule et méchancetés (Ni patrie ni frontières, 378 p., 12 euros ; adresse postale : Yves Coleman, 10, rue Jean-Dolent, 75014 Paris). Il y parle de politique internationale, d'altermondialisme, de syndicalisme, de l'exploitation salariale… On demeure un peu déçu après avoir lu Travailleurs, vos papiers ! (Iana Mar, Libertalia, coll. A boulets rouges, 152 p., 7 euros). Certes l'ouvrage, écrit par un collectif de jeunes sociologues de Paris-X Nanterre, établit un constat de l'état actuel de la lutte et restitue la parole des personnes concernées – c'est d'ailleurs ce « vécu » qui est passionnant –, mais il est difficile d'ignorer l'aspect quelque peu jargonneux et brouillon du texte ; l'oubli des femmes, avoué, n'en est pas moins incompréhensible. On aurait souhaité un écrit plus didactique et plus structuré présentant un historiques des luttes, les différentes stratégies… rendant ainsi le sujet plus accessible aux lecteurs non spécialistes. Et si, avec la crise économique se poursuivant, les délocalisations et les licenciements massifs s'amplifiant, les plans d'austérité se multipliant, la révolte grondant, des acteurs associatifs ou coopératifs, des militants impliqués dans divers secteurs se regroupaient pour construire une société parallèle, basée sur la gratuité des échanges et l'autonomie de chacun, avec ses entreprises, ses centres de soins, ses universités populaires… Et si une manifestation se transformait en guérilla urbaine permettant de marquer des points grâce, entre autres, aux technologies de la communication… Et si les deux stratégies se combinaient pour obtenir un statu quo permettant de pérenniser l'utopie, avec les difficultés et les problèmes inhérents à la nature humaine. Voilà le thème du roman de Cédric Rampeau La Cendre et les Etoiles. Chronique d'une révolution sociale (Le Flibustier, coll. Les inédits, 288 p., 16 euros). C'est jubilatoire, les personnages bien campés, le style alerte et vivant, on parcourt avec avidité cette fiction. Et si…

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Saint-Denis, mai. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Psychiatrie et antipsychiatrie », présentation de Jacques Lesage de La Haye : le 3, « Histoire de la psychiatrie » ; le 10, « La maladie mentale » ; le 17, « L'antipsychiatrie et l'alternative à la psychiatrie » ; le 24, « Le secteur psychiatrique ». Site Internet.

Alès, 5 mai. La Ligue des droits de l'homme d'Alès et le groupe Gard-Vaucluse de la Fédération anarchiste organisent à 20 h 30 une conférence publique sur L'Affaire Colonna, une parodie de justice (Bayol) avec Gérard Amaté, son auteur. Au 23, rue Faubourg-d'Auvergne. Entrée libre.

Paris, 5 mai. Projection-débat du film D'égal à égales, de Christophe Cordier et Corinne Mélis, en présence de Corinne Mélis, sur l'engagement en France de femmes syndicalistes immigrées ou issues de l'immigration. Soirée organisée par le Rajfire. A 19 heures, à la Maison des associations, 181, avenue Daumesnil, Paris 12e (M° Daumesnil ou Montgallet).

Paris, 5 mai. Libralire et les éditions L'Insomniaque vous invitent à rencontrer Briuno Montpied et Remy Ricordeau à l'occasion de la sortie d'Eloge des jardins anarchiques. A partir de 19 heures, 116, rue Saint-Maur, Paris 11e. Projection du film, suivie d'un débat.

Saint-Jean-en-Royans (Drôme), 5 mai. « De Tchernobyl à Fukushima : un débat sur l'opacité du nucléaire », avec Roland Desbordes, président de la Criirad. Organisé par le groupe La Rue râle (FA). Entrée libre. A 20 h 30, à la Maison du Royans, 29, rue Pasteur. Contact : laruerale(at)no-log.org

Paris, 6 mai. A 19 h 30, débat au local du groupe Louise-Michel, à propos des événements récents et à venir de l'autre côté de la Méditerranée : Tunisie, Algérie, Maroc, Libye, Egypte. Avec Mohamed, au 10, rue Robert-Planquette (M° Blanche ou Abbesses). Entrée libre et gratuite.

Toulouse, 6 mai. Conférence-débat sur « Les mouvements libertaires durant la transition démocratique espagnole : actions collectives, répressions et ordre public (1975-1982) », avec Arnaud Dolidier. Organisée par la CNT 31 au local Le Chat noir, 18, avenue de la Gloire, 31000 Toulouse. La soirée débute à 20 h 30 mais le local ouvre ses portes dès 19 heures.

Ivry-sur-Seine, 7 mai. Rencontre-débat à 18 heures sur l'idéologie sécuritaire avec Mathieu Rigouste, auteur de L'Ennemi intérieur (La Découverte) et des Marchands de peur (Libertalia). Puis, à 21 heures, ciné en plein air avec la projection sur écran géant du film argentin Buenos Aires, 1977 (2006). Au Poulailler, 103, avenue Maurice-Thorez (M° Pierre-Curie). Prix libre en soutien aux prisonniers (Kaliméro).

Le Mans, 7 mai. Café libertaire organisé par le groupe Lairial, à 16 heures : « Les pratiques libertaires actuelles sont-elles autogestionnaires ? ». A l'Epicerie du Pré, 31, rue du Pré.

Marseille, 7 mai. Causerie animée par Ramón Pino, kiosquier parisien pendant plus de trente ans et ancien membre du bureau du Syndicat national des diffuseurs de presse (CGT), sur « La distribution de la presse écrite en France ». A 17 heures, au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel : cira.marseille(at)free.fr - Site Internet.

Merlieux, 7 mai. Projection du film Water Makes Money, suivie d'un débat sur la privatisation de l'eau. A 18 heures, à la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Entrée libre et gratuite.

Paris, 7 mai. A 15 heures, rencontre avec Jean-Didier Vincent, auteur d'Elisée Reclus : géographe, anarchiste, écologiste (Robert Laffont), sur le thème : « Elisée Reclus, géographe et visionnaire ». Bibliothèque Faidherbe, 18, rue Faidherbe (M° Faidherbe-Chaligny). Entrée libre.

Paris, 7 mai. Patrick Schindler dédicacera, à 16 h 30, son livre Arthur Rimbaud, l'anarchiste inachevé (Editions du Monde libertaire) à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot (M° Oberkampf ou Fille-du-Calvaire). Courriel : librairie-publico(at)sfr.fr - site Internet.

Saint-Denis, 7 mai. De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée » avec la Dionyversité. Ce jour, il est question de Michel Zévaco, avec Laurent Bihl qui, à l'issue de cette conférence-débat, dédicacera son ouvrage De cape noire en épée rouge (Ressouvenances), sélection et présentation des articles révolutionnaires de Zévaco. Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris ou RER D). Entrée libre.

Paris, 11 mai. A 19 heures, projection-débat du film Remue-ménage dans la sous-traitance, en présence de la réalisatrice Ivora Cusack. Maison des ensembles, 3-5, rue d'Aligre, Paris 12e (M° Ledru-Rollin ou Gare-de-Lyon). Organisée par le Rajfire. Entrée libre.

Paris, 11 mai. ANNULÉ. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un débat autour de deux ouvrages : Les Marchands de peur (Libertalia), de Matthieu Rigouste, et La Politique de la peur (Seuil), de Serge Quadruppani, en présence des auteurs. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Courriel : quilombo(at)globenet.org - site Internet.

Paris, 12 mai. Vernissage à 18 heures de l'exposition de Riri, dessinateur du Monde libertaire, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot (M° Oberkampf ou Fille-du-Calvaire).

Paris, 12 mai. A 19 heures, rencontre avec la revue Rebeldía (Mexique) qui se déclare ouvertement zapatiste et publie l'information des sans-voix. Elle partage ainsi les idées et réflexions issues des communes autonomes du Chiapas. Vidéos et échanges, suivis d'un repas. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire (M° Rue-des-Boulets).

Troyes, 13 mai. Débat de l'UP3 sur la situation en Tunisie, avec Mohamed (groupe Pierre-Besnard de la Fédération anarchiste). A 19 h 30, à la Ligue de l'enseignement de l'Aube, 8, rue de la Mission. Entrée libre. Courriel : up.troyes(at)orange.fr

Paris, 14 mai. Après-midi Proudhon avec, de 14 h 30 à 15 h 30, la projection du documentaire d'Anne Argouse et Hugues Peyret, Où est passé Proudhon ? ; et, de 15 h 30 à 17 heures, une réunion-débat organisée par la Société P.-J. Proudhon à l'occasion de la parution du Dictionnaire Proudhon (Aden). Bar-restaurant Le lieu-dit, 6, rue Sorbier (M° Ménilmontant ou Gambetta).

Paris, 14 mai. De 16 h 30 à 19 h 30, rencontre avec des animatrices et animateurs de Radio-Libertaire dans le cadre des 30 ans de la radio. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Courriel : librairie-publico(at)sfr.fr - Site Internet.

Ivry-sur-Seine, 15 mai. A l'initiative du Groupe libertaire d'Ivry de la Fédération anarchiste, journée sur l'autogestion de 14 heures à 23 heures au squat Le Poulailler, 103, avenue Maurice-Thorez (M° Pierre-Curie). Débat « Expériences autogestionnaires, quels bénéfices, quelles limites ? », musique, expo, ateliers d'autosuffisance animés par les squatteurs et, à 21 heures, projection de Charbons ardents de J.-M. Carré.

Poitiers, 18 mai. A 20 h 30, rencontre-débat sur l'anarchisme animée par le groupe Pavillon noir de la Fédération anarchiste. Au bar Le Plan B, 30-32, boulevard du Grand-Cerf. Entrée libre. Renseignements : pavillon-noir(at)federation-anarchiste.org

Bruxelles, 19 mai. Projection-débat d'Illégal, un film documentaire qui montre le parcours des indésirables à travers les rues et les centres fermés. A 19 h 30, local Acrata, 32, rue de la Grande-Ile. Courriel : acrata(at)post.com

Merlieux, 19 mai. De 18 heures à 21 heures, rencontre-débat avec Sarah et Adolfo Kaminsky pour Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire (Calmann-Lévy). A la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles, animée par le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste. Table de presse, apéro dînatoire. Courriel : kropotkine02(at)no-log.org - site Internet.

Chambéry, 20 mai. Conférence et vernissage de l'exposition sur la Commune de Paris, organisés par le groupe de la Fédération anarchiste, à 18 h 30, Maison des associations (hall d'entrée et salle D 012). L'expo se tiendra du 16 au 28 mai. Site Internet.

Millau, 20 mai. Soirée ciné libertaire à 20 h 30 organisée par No Pasaran 12 avec L'An 01, un film utopique de Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, à la librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin. Entrée libre. Site Internet.

Saint-Denis, 20 mai. Le groupe Henry-Poulaille (Fédération anarchiste) organise une projection-débat du documentaire Nosotros del Bauen, de Didier Zyserman, sur l'autogestion d'un hôtel de luxe en Argentine. En présence du réalisateur. A 19 h 30, 4, place Paul-Langevin (M° Basilique - Hôtel-de-Ville).

Troyes, 20 mai. Conférence-débat à l'UP3 : « Qu'est-ce que le fascisme ? Réalités d'hier et d'aujourd'hui », avec Larry Portis. A 19 h 30, Ligue de l'enseignement de l'Aube, 8, rue de la Mission. Entrée libre. Courriel : up.troyes(at)orange.fr

Paris, 21 mai. La Librairie du Monde libertaire reçoit, à 16 h 30, François Graner et Jean-Manuel Traimond à propos du génocide rwandais de 1994 et des implications de la « Françafrique ». 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Courriel : librairie-publico(at)sfr.fr - Site Internet.

Paris, 25 mai. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 la projection du film Les Contis, gonflés à bloc (Les Filmeurs, 130 min), de Philippe Clatot, puis débat avec le réalisateur et, sous réserve, un des participants à la lutte. Au CICP, 23, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets, Nation). Site Internet.

Alès, 26 mai. Le groupe Gard-Vaucluse de la Fédération anarchiste a invité Larry Portis à l'occasion de la sortie de son livre Qu'est ce que le fascisme ? (Alternative libertaire). Rendez-vous à 19 h 30, au 23, rue du Faubourg-d'Auvergne. Site Internet.

Saint-Nazaire, 26 mai. Soirée-débat sur la Commune de Paris (1871), à l'initiative de la Fédération anarchiste. A 20 h 30, à la librairie Voix au chapitre, 67, rue Jean-Jaurès (près du marché des Halles). Entrée libre.

Merlieux, 28 mai. A partir de 19 heures, repas des anars à prix libre, en soutien aux activités du groupe Kropotkine. Chili con carne selon la recette page 43 du livre de cuisine anarchiste Mieux vaut boire du rouge que broyer du noir (Editions libertaires). Benoist Rey, son auteur, sera chef cuistot et dédicacera l'ouvrage. Inscription avant le 20 mai. Renseignements : 03-23-80-17-09. Courriel : kropotkine02(at)no-log.org

Paris, 28 mai. Claudio Zaretti et Moustache de Paname viendront pousser la chansonnette, à 16 h 30, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot (M° Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Qu'on se le dise ! Courriel : librairie-publico(at)sfr.fr - Site Internet.

Saint-Denis, 29 mai. De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée » avec la Dionyversité. Ce jour, il est question d'« Henri Jossot, la caricature et les fœtus récalcitrants », avec Henri Viltard. Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri. Entrée libre.

Nîmes, 30 mai. Larry Portis, auteur de Qu'est ce que le fascisme ? (Alternative libertaire) sera à 20 heures au centre Pablo-Néruda, rue du Cirque-Romain, invité par le groupe Gard-Vaucluse (FA) et le Scalp No Pasaran. Site Internet.

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Bristol Anarchist Bookfair. La foire aux livres anarchistes de Bristol (Royaume-Uni) se tiendra samedi 7 mai, de 10 h 30 à 18 h 30. Elle s'inscrira dans la tradition du 1er Mai en présentant les idées et pratiques anarchistes. Au menu : stands, ateliers, débats, espace pour les enfants et café vegan. Adresse : Hamilton House, 80 Stokes Croft, BS1 3QY. Courriel : bristolanarchistbookfair(at)riseup.net) - site Internet.

Colloque à Lyon. Le Centre de documentation et de recherche sur les alternatives sociales (Cedrats), les laboratoires Triangle et Modys - Centre Max-Weber, l'Ecole normale supérieures (ENS) organisent du 12 au 15 mai un colloque intitulé « Philosophie de l'anarchie : théories libertaires, pratiques quotidiennes et ontologie ». Il fera le point sur le regain d'intérêt pour les idées anarchistes que l'on constate depuis une quinzaine d'années (rééditions de classiques, travaux universitaires et théoriques, mutualisation des résultats de recherches). Les deux premières journées aborderont les thèmes suivants : « Proudhon et l'anarchie », « Anarchie nature mystique »  (jeudi), « Philosophie et anarchie » (vendredi) ; et se dérouleront à l'ENS. Samedi, à la Condition des soies, « Théorie des pratiques libertaires » et « Philosophie non dogmatique ». Dimanche, à la Maison des associations : « Genre et anarchie » et « Actualité du sujet révolutionnaire ». Programme complet et liste des participants. Site Internet.

Salon des éditions libertaires. Le Centre de documentation libertaire, les Amis de La Gryffe et la librairie La Gryffe organisent à Lyon, les samedi 14 (de 11 heures à 19 heures) et dimanche 15 mai (de 10 heures à 17 heures), le Salon des éditions libertaires. Livres, revues, CD, DVD, brochures, zines, affiches, débats, projections et expositions sont au menu. Adresse : Maison des associations, 28, rue Denfert-Rocherau, Lyon 4e. Renseignements : librairie La Gryffe, tél. : 04-78-61-02-25 (du lundi au samedi, de 14 heures à 19 heures), courriel : salonzedlib(at)lagryffe.net, site Internet.

Colloque radios libres. Il y a trente ans, profitant de l'élection de François Mitterrand, de nombreuses radios virent le jour, s'engouffrant dans la brèche pratiquée par les dissidents de la première heure. A cette occasion, le Groupe de recherches et d'études sur la radio (GRER) se propose de revenir sur l'événement en organisant un colloque international. Née sous l'étendard de la « parole libérée » et de la communication sociale, dans des conditions historiques qu'il s'agit de réexaminer, la grande vague des années 1980 a-t-elle porté ses fruits ? Si oui, sous quelles formes ? Lieu : amphithéâtre Buffon, université Paris-Diderot, 4, rue Marie-Andrée-Lagroua-Weill-Halle, Paris 13e. Dates : 20 et 21 mai. Renseignements complémentaires et préprogramme. Par ailleurs, une exposition autour des archives radiophoniques est organisée par le centre d'art et de recherche Bétonsalon et l'association Eldoradio, jusqu'au 21 mai, rez-de-chaussée de la Halle aux farines, 9, esplanade Pierre-Vidal-Naquet, Paris 13e (M° ligne 14 ou RER ligne C, arrêt Bibliothèque-François-Mitterrand). Entrée libre, du mardi au samedi, de 11 heures à 19 heures.

Rencontre avec la CNT. La Confédération régionale du travail - Région parisienne (CNT-RP) organise trois journées de débats, projection de film et concerts au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Buzenval ou Avron). Vendredi 27 mai, à 19 heures : « Les révolutions arabes en débat » ; à 21 heures : Zone d'expression populaire en concert. Samedi 28 : 14 heures, départ en cortège pour la montée au mur des Fédérés (140e anniversaire de la Commune) ; 18 heures, « Salaires, salariat, répartition des richesses », débat avec Bernard Friot et des syndicalistes CNT ; 20 heures, banquet rouge et noir ; 21 heures, concert avec Dubamix et BG du 57. Dimanche 29 : 14 heures, projection du film inédit Grandpuits et petites victoires, avec le collectif des Mutins de Pangée, suivie d'un débat-bilan sur le mouvement des retraites (pratiques de lutte et perspectives) ; concert avec La Rabia, Fred Alpi et The Red Riding. Table de presse, accueil enfants, restauration. Prix libre. Site Internet.

Petit salon du livre politique. Sa quatrième édition se déroulera au Lieu-Dit les 28 et 29 mai, de 15 heures à 22 heures. Avec les éditeurs : Agone, Amsterdam, Ere, La Dispute, La Fabrique, La Ville brûle, L'Echappée, Le Passager clandestin, Les Prairies ordinaires, Libertalia, Lux, Nous, Raison d'agir, Rue des Cascades, Syllepse et Zones. Rencontre-débat avec Frédéric Lordon le samedi 28 mai à 20 heures. Bar-restaurant Le Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e. Tél. : 01-40-33-26-29 - site Internet.

Librairie champêtre libertaire. Le CIRA Limousin organise dimanche 29 mai, de 10 heures à 19 heures, à Ligoure (Haute-Vienne), la deuxième édition de cette rencontre. Au programme cette année : des stands d'éditeurs, des débats (éloge de la lenteur, sortie du nucléaire, les anarchistes et la Commune de Paris), une restauration à prix libre, un bar, un espace mômes, une exposition (Sacco et Vanzetti). Adresse : Château de Ligoure, 87110 Le Vigen. Renseignements : CIRA Limousin, 58, rue du Chinchauvaud, 87100 Limoges (tél. : 06-58-92-62-38) - courriel : cira.limousin(at)free.fr Téléchargement (pdf 368 Ko) du programme complet.

Expo Jossot. A la Bibliothèque Forney, se tient jusqu'au 18 juin une exposition « Jossot (1866-1951). De la révolte à la fuite en Orient ». C'est la première rétrospective consacrée à ce caricaturiste libertaire de la (si mal nommée) Belle Epoque. Elle regroupe aussi bien des dessins que des affiches, des lithographies ou des œuvres orientalistes. Son style graphique, « très personnel, [est] influencé par les enluminures médiévales et les estampes japonaises : élégance décorative, déformation caricaturale, contrastes violents des couleurs en aplats finement cloisonnés ». Bibliothèque Forney, 1, rue du Figuier, Paris 4e (tél. : 01-42-78-14-60). Du mardi au samedi, de 13 heures à 19 heures (prix d'entrée : 6, 4 ou 3 euros). Télécharger le dossier de presse (PDF, 840 Ko).

« Brassens ou la liberté ». La Cité de la musique rend hommage au poète libertaire (lire biographie et bibliographie) en organisant jusqu'au 21 août une exposition avec des documents inédits, des photographies, des films et des archives sonores peu connus. On peut aussi y entendre des chansons inédites, récemment découvertes, mises en musique par Olivier Daviaud et interprétées par François Morel. Par ailleurs, le dessinateur Joann Sfar a réalisé une série de dessins et de croquis sur l'univers de Brassens qui jalonnent le parcours de l'exposition (un album d'illustrations de 120 chansons, accompagnées des accords et des paroles, est paru chez Gallimard). Infos complémentaires. Espérons seulement que cet hommage à un poète qui aurait eu 90 ans cette année ne se transformera pas en récupération commerciale et ne se traduira pas par un affadissement de celui qui a écrit « La Mauvaise Réputation », « Le Gorille », « Hécatombe », « La Mauvaise Herbe » et bien d'autres titres jugés mal pensants à l'époque. « Le temps ne fait rien à l'affaire », disait-il en parlant des cons, mais, pour la postérité, c'est une autre histoire !

DIVERS

En vrac sur le Web (mai). Un nouveau site Internet consacré à l'histoire de l'anarchisme a vu le jour. Il s'agit de Cartoliste, animé par l'équipe de L'Ephéméride anarchiste, qui s'est lancé dans la recension des cartes postales anarchistes ou ayant ce thème pour sujet. Déjà 780 exemplaires anciens (CPA) et modernes (CPM) ont été scannés (130 rien que pour La Ruche de Sébastien Faure). La présentation met bien en valeur l'objet, tout en fournissant de nombreux renseignements (éditeur, dimensions, descriptif, date…). Cet important travail de recensement n'en est qu'à ses débuts mais présente d'ores et déjà un intérêt considérable. Souhaitons que la contribution des uns et des autres l'enrichisse régulièrement (étrangement, l'adresse courriel n'est pas encore indiqué sur le site ; un oubli certainement, qui sera vite réparé). Les personnes qui s'intéressent aux journaux satiriques et aux caricatures de la guerre franco-prussienne (1870-1871) et de la Commune de Paris pourront consulter librement les collections numérisées de L'Eclipse, du Grelot, du Sifflet, de La Scie, du Fils du Père Duchêne, de La Revue comique, ainsi que neuf albums grand format rassemblant près de deux mille dessins publiés sous forme de tracts. C'est un libraire londonien qui a fait don en 1885 de ce riche fonds à la bibliothèque de l'université de Heidelberg (Allemagne) et celle-ci le met aujourd'hui à la disposition du plus grand nombre. On peut consulter, feuilleter et télécharger l'ensemble de ces documents (les indications techniques et les commentaires sont hélas en allemand ou en anglais). Côté cinéma, La Feuille d'infos du CIRA-Marseille nous apprend que Christie Books vient de mettre en ligne la première collection de films anarchistes en accès libre. The Anarchist Film Archive propose plus de mille vidéos en streaming : fictions, documentaires, interviews, conférences… avec une base de données (en anglais) mise à jour par Santiago-Juan Navarro. Ceux qui s'interrogent sur l'usage de l'ADN par la police et la justice se doivent de consulter le site Adn.internetdown.org Son objectif est d'informer, de proposer des outils pour se défendre juridiquement et donner des pistes pour s'organiser collectivement. Des brochures, mais aussi des témoignages personnels, des argumentaires d'avocats et des décisions de justice pouvant faire jurisprudence sont régulièrement publiés… Chacun est ainsi invité à alimenter le site en communiquant son expérience et les documents juridiques auxquels il a pu avoir accès (courriel : dusangdelachique[at]riseup.net). Ainsi, la prochaine fois que vous cracherez ou que vous éternuerez, réfléchissez-y à deux fois ! Sur le site Rebellyon on peut télécharger un texte de réflexion sur les risques des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) appliquées à l'enseignement, suite aux Journées du e-learning, un colloque international qui s'est tenu à l'université Lyon-III les 24 et 25 juin 2010 (Des machines peuvent-elles nous apprendre à vivre ?, pdf 270 Ko) Et tout d'abord concernant l'enseignant lui-même, sa fonction, son statut et son existence à plus ou moins long terme. Craintes aussi envers une plus grande marchandisation et standardisation de l'enseignement. Par ailleurs, les spécificités de cette technologie (ou leurs conséquences) ne doivent pas être ignorées : immédiateté, zapping des connaissances plutôt qu'approfondissement, absence de sens critique, apprentissage de la mobilité et de la disponibilité (bien utiles pour l'entreprise), contrôle renforcé des activités et des temps, désocialisation et diminution des rappports sociaux… Récemment une série de rencontres avec des membres de l'Anarchist Black Cross de Minsk ont eu lieu en Europe pour informer sur la répression féroce dont sont victimes les anarchistes en Biélorussie et organiser la solidarité internationale. A cette occasion, une brochure a été produite et tente, en compilant des textes sur la répression, les actions de solidarité, le mouvement anarchiste biélorusse et des interviews, d'établir un état des lieux. Anarchisme et répression en Biélorussie (pdf 2,2 Mo). Contact : belarus_abc(at)riseup.net Le Club du livre libertaire, qui regroupe actuellement quelques trente et un éditeurs, vient de publier son catalogue 2011 (60 pages). La cotisation annuelle s'élève à 15 euros (sans obligation d'achat, ni envoi d'office) et permet d'obtenir une rédution de 30 % sur tous les titres commandés. On peut télécharger le catalogue ou demander sa version papier sur le site. Adresse postale : CLL, Les Ginestes, 81350 Crespin – courriel : clubdulivrelibertaire(at)orange.fr
Arnaud Gainville a édité sur Internet un roman libertaire – Devenir l'œuvre de sa vie – qu'il place sous les auspices de Max Stirner et de Friedrich Nietzsche (« Que dit ta conscience ? – Tu dois devenir l'homme que tu es. » Le Gai Savoir). Le directeur financier d'une multinationale, figé dans sa vie de cadre dirigeant, voit son quotidien chamboulé après une rencontre ; commence alors une sorte de voyage initiatique où il sera question de détruire l'argent et d'une utopie en devenir… A vous de juger car il est téléchargeable (pdf 716 Ko) gratuitement selon les termes de la licence Creative Commons paternité (pas d'utilisation commerciale, pas de modification) et il n'est pas interdit, après lecture, de transmettre son sentiment à l'auteur. Connaissez-vous Le Monde d'Antigone ? C'est le « blog autonome d'un révolutionnaire sans drapeau (…) consacré à l'actualité internationale »… mais pas seulement car les articles de la rubrique « Histoires et théories du passé » portant sur le syndicalisme révolutionnaire, le conseillisme, les insurrectionnalistes, le trotskysme, l'internationalisme, l'expérience de délégué syndical… ne sont pas moins intéressants. Analyses, remarques pertinentes, textes d'information internationale pêchés sur de nombreux sites, présentés et commentés, sont au rendez-vous. Avec également la retranscription de discussions (« Autour de l'autonomie ») issues d'un forum, dont la cordialité et la tranquille assurance tranchent avec la prose haineuse ou entâchée de mauvaise foi et du désir de dominer l'autre qui pollue certains lieux d'échanges ou listes de diffusion.

 

PÉRIODIQUES

Au sommaire du dernier Gavroche (n° 166, avril-juin, 52 p., 9 euros, site) : Antoine Marius Cyvoct, « premier martyr de l'anarchie », condamné à mort en décembre 1883, peine commuée en travaux forcés à perpétuité, pour un double attentat qu'il n'a pas commis. Il sera finalement grâcié après quatorze ans de bagne et une importante campagne de presse, mais jamais son procès ne sera révisé malgré les vices de forme. Trois autres articles sont à signaler : une interview de Claude Guillon sur les enragés de la Révolution française ; la résistance – longtemps ignorée – de jeunes Allemands contre Hitler et le national-socialisme ; la vie et les engagements politiques de l'écrivain Jack London (1876-1916)… A contretemps (n° 40, mai, 32 p., « pas de prix, juste des frais », site), titré « Généalogie d'une époque. L'écart situationniste », publie les souvenirs de jeunesse inédits d'Alain Segura qui relate sa rencontre avec quelques-uns de ses protagonistes (« Or s'en vont, les chevaliers questant »), évoquant aussi la mémoire de son père « exilé d'une révolution » et la surréaliste Marianne Ivsic (et non Marianne Van Hirtum, comme indiqué par erreur). Avec, en complément, l'actualité bibliographique de Guy Debord. Comme à son habitude, une « Revue des livres et des revues » présente de nombreuses notes de lecture. Et, pour conclure, un texte de Floréal Melgar analyse une enquête sur Céline – par trop bienveillante –, menée en 1950 par Le Libertaire (ce texte, « Un peu d'histoire », peut être lu sur son blog). Avec pour titre « Orwell, entre littérature et politique », Agone (n° 45, 2011, 224 p., 20 euros, site) rend compte du premier colloque consacré en France à ce personnage, à l'université de Lille-III en mars 2010. Les divers aspects de sa pensée et de son œuvre sont étudiés : son modernisme, sa révolte intellectuelle, sa vision du « peuple », son analyse de la question palestinienne, son anticolonialisme, la réception de son œuvre par la gauche hétérodoxe. Outre ce dossier, on pourra lire des textes de et sur Lewis Mumford, philosophe de l'environnement méconnu. Saluons la naissance de L'Anarchiste révolutionnaire (n° 1, avril, 25 p., à télécharger – pdf 6,6 Mo), bulletin trimestriel issu du Forum anarchiste révolutionnaire avec des textes essentiellement consacrés à la révolte des pays arabes, mais aussi concernant le soutien aux anarchistes russes, la loi Loppsi 2, la riposte au G8-G20, une réponse à O. Besancenot sur son appel aux libertaires, la lettre d'un anarchiste à Mélenchon, etc. La périodicité choisie et le choix d'écrits d'actualité font hélas craindre que la date de validité de la denrée soit rapidement atteinte. Alternative libertaire (n° 206, mai, 20 p., 2 euros, site) consacre également des pages au monde arabe mais en ciblant des thématiques spécifiques à chaque pays, sans oublier un témoignage sur la situation catastrophique des Palestiniens de la Bande de Gaza. Le sujet du mois demeure cependant l'extrême droite avec une dénonciation de l'incroyable opportunisme et de la démagogie sociale du Front national, la poussée de violence des nazillons à Lyon et, comme riposte, l'indispensable reconquête des quartiers et des entreprises. Le mensuel nous apprend également la création d'« Un blog cégétiste rouge et noir » qui se veut la voix des Communistes libertaires de la CGT et un espace de discussion. Après un rappel historique non dénué d'intérêt, « Regards sur la presse écrite en France » établit dans Le Monde libertaire (n° 1634, du 5 au 11 mai, 24 p., 2,50 euros, site) le triste bilan de l'évolution de la distribution des journaux : remise en cause des acquis de la Libération et condamnation à mort de la presse d'information politique et d'opinion. Dans le même numéro, Roger Dadoun célèbre le traducteur et poète libertaire Armand Robin (1912-1961, lire biographie) et Charles Reeve revient sur la faillite du Portugal, le « bon élève de l'intégration européenne » victime du néolibéralisme. Crise sociale et crise politique sont au rendez-vous. Notons par ailleurs la sortie d'un hors-série sur « 101 ans de CNT. D' hier et de demain un combat pour la liberté » (HS n° 41, du 15 avril au 3 juin, 74 p. en couleurs, 5 euros, en vente en kiosques), réalisé en collaboration avec Solidaridad Obrera.

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