Mai 2010

PUBLICATIONS

Les québécoises éditions Lux ont décidé de s'implanter réellement en France en installant un bureau à Paris, garant d'une meilleure diffusion. Au vu de leurs choix éditoriaux, nous ne pouvons que nous en réjouir et saluer la publication de deux titres. Réédition tout d'abord de l'ouvrage de Francis Dupuis-Déri sur Les Black Blocs. La liberté et l'égalité se manifestent (coll. Instinct de liberté, 252 p., 14 euros), une des plus sérieuses études sur ce mouvement (origines, organisation, éthique et objectifs politiques) qui défraie de temps en temps la chronique par ses actions violentes que l'auteur situe dans la tradition anarchiste de l'action directe. Il en profite aussi pour effectuer quelques ajouts : critiques de la tactique adoptée, analyse des liens entre celle-ci et d'autres approches manifestantes, et ouverture sur des expériences européennes. La réimpression de Pour une anthropologie anarchiste (coll. Instinct de liberté, 176 p., 14 euros) de David Graeber (lire précédente note) permettra à un plus grand nombre de personnes de lire ce texte essentiel. Actuellement professeur d'ethnologie à l'université de Londres, Graeber reprend les conceptions de Pierre Clastre (lire bibliographie) et estime que l'organisation des sociétés « primitives » sans Etat peut offrir un modèle de communauté valable pour le présent. Il ne s'agit pas, bien sûr, de revenir au « bon sauvage » mais de démocratie directe et informelle dans laquelle la formation d'un consensus ne lèse personne. Et les exemples modernes sont nombreux : assemblées de quartiers de Buenos Aires, municipalités autonomes du Chiapas (Mexique), Direct Action Network (réseau qui a réuni les protestataires de Seattle, en 1999), etc. Critique de l'organisation hiérarchisée et autoritaire encore et toujours, mais cette fois du côté des mouvements révolutionnaires, avec ce classique des années 1970 : Le Militantisme, stade suprême de l'aliénation (Organisation des jeunes travailleurs révolutionnaires, Parrhèsia - Editions du Sandre, 56 p., 9 euros), présenté et annoté par Claude Guillon. Daté, ce texte qui dénonce les magouilles et les calomnies, le dirigisme et le bureaucratisme des organisations maos, trotskos ou du PSU l'est certes… Et pourtant, des faits récents telle que la fondation du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ou même certains comportements au sein d'organisations libertaires peuvent faire penser que sa lecture n'est pas plus inutile aujourd'hui qu'hier. Tout en gardant à l'esprit que, dans notre actuel bain libéral-libertaire, « l'immobilisme aigri et méprisant (…) est le stade suprême de la soumission ». Le Flibustier vient de publier Les Bandits tragiques (224 p., 11 euros), jamais réédités depuis 1926, qui relate l'épopée sanglante de la bande à Bonnot. Victor Méric y peint fort justement le millieu des individualistes et des illégalistes regroupés autour de L'Anarchie. N'ayant rien, voulant tout, refusant d'être des esclaves salariés, quelques « en-dehors » vont se lancer dans une course folle, sachant que la mort les attend irrémédiablement. Le pouvoir utilisera tous les moyens policiers et militaires pour les mettre hors d'état de nuire et se vengera sur des innocents (Eugène Dieudonné, Victor Kibaltchiche) qui paieront cher le fait d'être des proches. Aveugle, la justice l'est souvent lorsqu'il s'agit de pauvres ! Parfois, elle doit desserrer ses griffes lorsque l'injustice est trop grande ou que l'opinion publique gronde. Ce fut le cas pour Samuel Schwarzbard qui assassina à Paris dans les années 1920 Simon Petlioura, organisateur de pogroms et bourreau de la communauté juive d'Ukraine. Dans Mémoires d'un anarchiste juif (préf. de Michel Herman, Syllepse, coll. Yiddishland, 297 p., 22 euros), on le suit à travers la révolution russe de 1905, combattant avec les troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale, de retour en Russie en 1917 puis, déçu par les communistes lors de la guerre civile, regagnant Paris en 1920 et fréquentant les groupes anarchistes russes et juifs. Une vie construite sur le refus de la soumission et de l'humiliation, et cela sur deux fronts : la révolution sociale et l'autodéfense juive. Mais son judaïsme prophétique et son messianisme risquent à la longue de rebuter le lecteur. Maurice Rajsfus, dans L'Intelligence du barbare (Editions du Monde libertaire, coll. Pages libres, 290 p., 15 euros), part à la rencontre de cet individu des temps modernes, « prédateur de ses semblables », « persuadé d'avoir un destin qui doit se réaliser, de gré ou de force, quel qu'en soit le prix à payer par l'ensemble de la cité ». Vous l'avez reconnu ce barbare ? Il est dictateur, despote, tyran, homme d'Etat ; il a fait des émules : patrons, politiciens, profiteurs de tout ordre ; des mercenaires – militaires, policiers, hommes d'Eglise – le protège… Il veut moins de services publics (moins de solidarité) et faire travailler plus (plus d'exploitation) ! Rajsfus cite ce propos d'un barbare en chef : « Nous voulons dépouiller l'Etat de ses lois économiques… Il faut en finir avec l'Etat cheminot, l'Etat postier, l'Etat assureur… Nous n'admettrons la grève dans les services publics sous aucun prétexte ! » Ce discours ultralibéral a bien une sonorité moderne mais il date de 1922 et c'est Mussolini qui l'a prononcé. Le barbare était-il l'indigène ou le conquistador ? Bien sûr le premier avait parfois des coutumes sanglantes et des potentats locaux pouvaient régner en maîtres absolus, mais Christophe Colomb « découvrant » l'Amérique, Cortés et les missionnaires apportant la paix et la civilisation… sont une vaste plaisanterie. Avec Petite Histoire de la conquête des Amériques (préf. de Sophie Gergaud, trad. de Sebastián Cortés, L'Echappée, 157 p., 11 euros) de Hans Koning, cela nous est rappelé avec force. Ce ne fut que massacre des populations et des cultures, pillage, esclavage, épidémies, au Nord comme au Sud, tout au cours des siècles, de 1492 jusqu'à nos jours. Pas de quoi être fier de ce « génocide » provoqué par l'avidité, l'égoïsme, la démesure, la soif de conquête et la volonté de puissance. La lutte des autochtones continue malgré tout, avec des moyens dérisoires et l'entêtement du désespoir. Des Etats d'Oaxaca et du Michoacán, Alèssi Dell'Umbria nous ramène ces Echos du Mexique indien et rebelle (Rue des cascades, coll. Les livres de la jungle, 90 p., 6,65 euros) constitués de réappropriation culturelle avec cette guelaguetza (symbole de don, d'échange et de fête) parallèle à l'officielle, c'est-à-dire organisée par le gouvernement, célébrant pour les touristes l'exotisme et la prétendue unité de la nation, ou encore réappropriation collective des terres précédemment spoliées. En Europe comme aux Amériques, c'est la fin de la propriété collective des terres qui a conduit à la dépossession du plus grand nombre au profit d'une minorité. Le problème du partage de la terre constitua d'ailleurs un des éléments essentiels de la première révolution du XXe siècle. En rééditant Histoire de la révolution mexicain (postf. de Felipe Avila Espinosa, coll. Mémoire des Amériques, 317 p., 20 euros) de Jesús Silva Herzog, ce best-seller de la littérature mexicaine, Lux nous permet de retrouver dans un style vif et enjoué les principaux événements et protagonistes des luttes (Pancho Villa et Emiliano Zapata, entre autres) qui ont secoué le pays de 1910 à 1917. Un reproche, tout de même, l'auteur néglige trop l'un des courants les plus radicaux et les plus conscients de cette période : le mouvement magoniste d'inspiration anarchiste (lire biographie de Ricardo Flores Magón et article de la revue A contretemps).

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Saint-Denis, 2 mai. De 15 heures à 17 heures, les dimanches de la Dionyversité : ce jour-là, il sera question de Germinal et plus généralement de la représentation du mouvement ouvrier par le dessin de presse dans la période 1870-1914. Présentation de Laurent Bhil, historien spécialiste de l'image à partir de documents d'époque projetés sur écran. Au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri (métro ligne 13, station Porte-de-Paris, ou RER D). Entrée libre.

Saint-Denis, mai. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Luttes alternatives », organisé par John (gr. Poulaille) et Pierre Muratet : le 4 mai, « Act Up Paris, association de lutte contre le sida », avec Patrick Schindler ; le 10 mai, « Le CLIP (Collectif de libération de l'immobilier privé », avec des militants du collectif ; le 18 mai, « Le collectif RATP (Réseau pour l'abolition des transports payants », avec des militants du collectif ; le 25 mai, « Athétürk, athéisme et laïcité en France et en Turquie », avec des militants du collectif. Cycle « L'érotisme, autrement », organisé par Pierre et Camille : le 13 mai, « Erotisme et poilade », avec Etienne Liebig ; le 20 mai, « Erotisme et BD », avec Fabien Tillon ; le 27 mai, « Premières fois », avec Sybilline. Site Internet.

Merlieux, 6 mai. De 18 heures à 21 heures, Didier Daeninckx est l'invité du groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste (FA), à la Bibliothèque sociale, pour présenter sa biographie de Missak Manouchian, personnage représentatif des immigrés engagés dans la Résistance française. Au 8, rue de Fouquerolles. Apéro dînatoire. Entrée libre et gratuite. Renseignements : 03-23-80-17-09.

Paris, 6 mai. Rencontre avec Eric Hazan (La Fabrique) et Thierry Discepolo (Agone) sur le thème : « L'édition politique, entre la presse, le militantisme et l'université ». A 20 heures, à la librairie L'Atelier, 2 bis, rue du Jourdain, Paris 20e (M° Jourdain). Informations : 01-43-58-00-26.

Pau, 6 mai. Lou Marin présente son livre Albert Camus et les libertaires (1948-1960) (Egrégores) lors d'une conférence organisée par la Coordination libertaire étudiante (CNT-AIT) à 18 h 30, à la faculté des lettres, amphi 1.

Paris, 7 mai. Le groupe Louise-Michel (FA) organise à 19 heures une conférence-débat intitulée « Indépendance, servitude ou soumission, qu'en est-il des médias ? », avec entre autres la participation d'Henri Maler d'Acrimed. Au local de La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses).

Perpignan, 7 mai. Le groupe Puig-Antich de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) vous invite à la pojection du film Le Pantalon d'Yves Boisset (1 h 45), suivie d'un débat sur l'antimilitarisme des anarchistes. A 18 h 30, à la librairie Infos, 2, rue Théodor-Guiter (près de la place des Poilus). Site Internet.

Toulouse, 7 mai. Le groupe Albert-Camus de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) organise, à 20 heures, une conférence-débat avec Lou Marin à propos de « Camus et les libertaires ». A l'Athénée Albert-Camus, 36, rue de Cugnaux, 31300 Toulouse (M° Patte-d'Oie ou Les Arènes). Site Internet.

Vannes, 7 mai. Projection-débat autour du film d'animation La Ferme des animaux, inspiré de l'ouvrage de George Orwell… où il est question de révolution, d'égalité et de prise de pouvoir. Organisée par le groupe libertaire Lochu (FA). A 20 h 30, Maison des associations, 6, rue Tannerie. Entrée libre. Courriel : fedeanar56(at)yahoo.fr

Marseille, 8 mai. Causerie animée par Benito Pelegrín à propos de son ouvrage Marseille quart Nord. Chronique marseillaise (Sulliver). A 17 heures, au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel : cira.marseille(at)free.fr - Site Internet.

Paris, 8 mai. A 19 h 30, débat « Piqueteros et autogestion à General Mosconi en Argentine », avec la participation d'Irène Pereira, après la projection de Sans lutte pas de victoire possible, un film de Jeanine Meerapfel (2008, 55 min, VOSTF). Au Centre international de culture populaire (CICP), 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e.

Paris, 13 mai. La librairie Quilombo organise à partir de 16 heures une projection-débat « Autour du Mexique révolutionnaire », en présence des éditeurs, auteurs, traducteurs de la maison d'éditions Lux. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Courriel : quilombo(at)globenet.org - Site Internet.

Millau, 15 mai. Soirée ciné-libertaire, avec la projection d'Attention, danger travail, de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe, organisée par No Pasaran 12. A la librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin, à 20 h 30. Entrée libre. Site Internet.

Saint-Laurent-en-Royans (Drôme), 15 mai. Le groupe La Rue râle vous invite, à partir de 20 h 30, à une soirée de théâtre et de danse autour de Nous avons toutes la même histoire, un texte de Franca Rame et Dario Fo, présenté par la Cie Ké-Seksa. Un spectacle qui questionne les rapports homme-femme, à l'autre, à la contraception, à l'avortement… Entrée à prix libre (à partir de 12 ans). Salle des fêtes. Contact : laruerale(at)no-log.org

Paris, 17 mai. Dans le cadre du Festival des résistances et alternatives de Paris 2010 (FRAP 2010), conférence-débat « Construire l'anarchie » avec l'OLS, l'ACL, la FA et AL. Projection des Moissons de la révolte, de Richard Hamon (France, 2006, 52 min.) et concert de Riton la Manivelle. A partir de 19 heures, au Moulin à café, 9, place de la Garenne (M° Pernetty).

Millau, 20 mai. A 20 h 30, conférence-débat « Les disparus du Pérou » en présence de Daniel Dupuis, auteur de ¿ Dónde Están ? Terreur et disparitions au Pérou (1980-2000) (Le Passager clandestin), avec la projection du documentaire Manchay Tiempo de Florence Blum et Maria Pia Medina Luna (Pérou, 2005, 26 min.). A la librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin.

Paris, 20 mai. « Le post-anarchisme expliqué à ma grand-mère », présentation de Michel Onfray de l'Université populaire de Caen. A 12 h 30, au théâtre du Rond-Point, 2 bis, avenue Franklin-Roosevelt, Paris 8e. Entrée libre. Réservation indispensable au 01-44-95-58-81.

Toulouse, 21 mai. Rencontre à 20 h 30 avec Guillaume de Gracia, auteur de L'Horizon argentin. Petite histoire des voies empruntées par le pouvoir populaire. 1860-2001 (Editions CNT-RP). A la librairie associative Le Chat noir, 18, avenue de la Gloire. Programme du mois.

Bordeaux, 23 mai. Projection à partir de 19 heures de The Magdalene Sisters de Peter Mullan (Irlande, 2002, 119 min.), l'histoire de trois jeunes filles livrées en 1964 à une institution religieuse. Organisée par le Groupe anarchiste de Bordeaux (GAB) à l'Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. Participation aux frais : prix libre. Site Internet.

Caen, 25 mai. A 20 heures, le groupe Sanguin, avec la FSE et la CNT 14, vous invite à une conférence-débat avec Jacques Lesage de La Haye, sur le thème « Logiques carcérales, violences étatiques », à l'amphi Tocqueville, campus 1, université de Caen.

Metz, 25 mai. Projection à 20 heures d'un documentaire sur la Commune de Paris, La Semaine sanglante, suivie d'un débat. Caveau du café Jehanne d'Arc, place Jeanne-d'Arc. Entrée libre.

Grenoble, 28 mai. A 20 heures, à la librairie Antigone, 22, rue des Violettes (tram ligne C, arrêt : Vallier-Catane), rencontre avec Jean-Pierre Garnier, auteur d'Une violence éminemment contemporaine (Agone) : « Prévenir à défaut de guérir »… ou comment ne pas résoudre la question sociale.

Lyon, 28 mai. La librairie La Gryffe organise une rencontre-débat « OGM, mieux les connaître, pour mieux leur résister », avec le Collectif vigilance OGM 69. A 19 h 30, au 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Courriel : librairie(at)lagryffe.net - site Internet.

Montpellier, 28 mai. « Sacco et Vanzetti, la diabolisation de deux immigrés », conférence multimédia par l'association I Dilletanti, autour du livre du romancier américain John Dos Passos, Devant la chaise électrique (Gallimard). En présence de sa traductrice Alice Béja. Lecture trilingue de lettres des deux anarchistes italiens exécutés en 1927. A 17 h 30, musée Fabre, auditorium, 39, boulevard Bonne-Nouvelle.

Paris, 29 mai. Jeannine Milange viendra présenter son spectacle en argot montmartrois : « Comme ej'taimais », sur des textes de Jehan Rictus et des chansons d'Yvette Guilbert, à 15 h 30, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Entrée libre, participation « au chapeau ». Tél. : 01-42-23-32-18 - Site Internet.

Rouen, 29 mai. Vidéo-débat organisée conjointement par la librairie L'Insoumise, la CNT 76, Ras l'Front Rouen, la Fédération anarchiste, le NPA et Alternative libertaire dans le cadre d'une campagne internationale de soutien aux antifascistes russes. A 15 heures, librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Saint-Jean-en-Royans (Drôme), 29 mai. Le groupe La Rue râle (Fédération anarchiste) organise à 20 h 30 une soirée-débat sur les logiciels libres et pourquoi les libertaires s'intéressent à cette philosophie du libre. Le débat sera introduit et animé par des passionnés de Linux. Maison du Royans, 22, rue Pasteur. Contact : laruerale(at)no-log.org

 

CINÉMA, COLLOQUE, EXPOSITIONS

Avant-première cinéma. La Bibliothèque sociale de Merlieux vous invite à assister à l'avant-première de l'adaptation cinéma du roman Les Vivants et les Morts, en présence de l'écrivain-cinéaste Gérard Mordillat. Le dimanche 2 mai, toute la journée, au cinéma communal L'Ermitage (tél. Caroline : 03-23-52-80-01), 6, rue Simon, 02140 Saint-Gobain. Programme : 9 h 30 à 13 heures, quatre premiers épisodes ; 13 heures à 14 h 30, « Repas des partageux » (chacun-e apportera de quoi manger en commun) ; 14 h 30 à 18 heures, quatre derniers épisodes ; 18 h 30, apéro et causerie. Une histoire d'usine qui ferme, où les ouvriers n'hésiteront pas à s'attaquer à l'outil de travail... (feuilleton en huit épisodes de 52 min, diffusé sur France 2 et Arte à la fin 2010). Table de presse, buvette (prix : 5, 4, 3 euros). Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles, 02000 Merlieux (tél/fax Dominique : 03-23-80-17-09).

Noam Chomsky à Paris. Colloque organisé par la chaire de philosophie du langage et de la connaissance (professeur Jacques Bouveresse) : « Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky », vendredi 28 mai, de 9 heures à 18 heures, amphithéâtre Marguerite-de-Navarre, Collège de France, 11, place Marcelin-Berthelot, 75005 Paris. Accès libre sans réservation dans la limite des places disponibles. Ce colloque sera intégralement retransmis en direct (vidéo) sur le site Web du Collège de France et des vidéos intégrales en français et en anglais seront téléchargeables une semaine plus tard. Programme : 9 heure, Jean-Jacques Rosat, « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action » ; 10 heures, Pascal Engel, « La vérité peut-elle survivre à la démocratie ? » ; 11 heures : pause ; 11 h 15, Thierry Discepolo, « Tout cela n'est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d'une ligne éditoriale » (Agone) ; 12 h 15 : fin de la matinée. A 14 heures, Jacques Bouveresse, « Bertrand Russell, la science, la démocratie et la poursuite de la vérité » ; 15 heures, John Newsinger, « George Orwell and Democratic Socialism » (conférence en anglais) ; 16 heures, Noam Chomsky, « Power-hunger tempered by self-deception » (conférence en anglais) ; 17 heures : discussion générale. Fin du colloque à 18 heures.
Pour connaître l'ensemble du programme de Noam Chomsky en France (28 au 31 mai), site Internet.

Soldaderas. Exposition de photographies des Archives Casasola, à la Maison des Amériques, 3, rue Cassette, 75006 Paris (M° Saint-Sulpice), du lundi au samedi, de 10 heures à 19 heures, jusqu'au 27 mai. Elle rend hommage aux femmes combattantes du mouvement d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa. Selon l'historienne Elena Poniatowska, « sans les soldaderas, la révolution mexicaine n'existerait pas ». Les photographes des Archives Casasola ont couvert l'épopée de la révolution (1910-1930), laissant une extraordinaire collection de photographies (plus de 450 000 négatifs), réhabilitant le rôle de ces femmes, trop souvent passé sous silence, et composant une fresque du Mexique de la première partie du XXe siècle qui a façonné notre imaginaire. Site Internet.

Bobines rebelles. Le 3e Festival du documentaire politique et social en Creuse aura lieu les 11 juin et 12 juin. Le vendredi, à partir de 21 h 30, à l'Atelier (Royère-de-Vassivière). Le samedi, de 10 heures à 24 heures, au Villard. Présenté par : Autour du 1er Mai, Creuse Citron, Emile a une vache, Mémoire à vif, Peuple et Culture 19, La loutre par les cornes. De nombreux intervenants viendront présenter leurs réalisations et participeront aux débats. Possibilité d'être hébergé sur place (sur réservation) ou aux alentours. Programme, détail des films et infos pratiques sur le site Internet.

 

FOIRES AUX LIVRES

Le Vigen (Haute-Vienne). Librairie champêtre libertaire le 2 mai, de 10 heures à 19 heures, au château de Ligoure, au Vigen (près de Limoges), organisée par le CIRA limousin. De nombreux stands d'éditeurs et de presse, débat sur « Répression et contrôle policier », spectacle Gaston Couté avec Bernard Meulien, etc. Entrée libre, repas à prix libre, camping possible, parking assuré. Navette avec la gare de Limoges en appelant le 06-81-88-08-19 ou le 06-64-36-95-21. Télécharger la plaquette d'infos (jusqu'au 29 avril). Adresse postale du CIRA : Marsaleix, 19700 Lagraulière. Courriel : cira.limousin(at)free.fr

Salon du livre libertaire de Paris. Samedi 8 mai, de 10 heures à 20 heures, et dimanche 9 mai, de 10 heures à 16 heures, se tiendra le 5e Salon du livre libertaire à l'Espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris (M° Hôtel-de-Ville). Entrée à prix libre. Plus de quatre-vingts éditeurs seront présents, ainsi qu'une centaine d'auteurs. Des expositions, des débats, un espace de libres lectures à voix haute, bar et restauration légère. Radio-Libertaire (89.4) émettra en direct du site d'animation des Blancs-Manteaux pendant ces deux jours. Contact : SLL, 145, rue Amelot, 75011 Paris (tél. : 01-48-05-34-08). Courriel : salon-livre-libertaire(at)wanadoo.fr - site Internet.

Salon du livre de Biel/Bienne (Suisse). Après Winterthur en février 2009, cette manifestation souhaite proposer un aperçu des publications de nombreuses maisons d'édition et organisations anti-autoritaires suisses, françaises, allemandes, italiennes, etc. Elle se déroulera les 15 et 16 mai au Farelsaal, Oberer Quai 12 à Biel-Bienne (canton de Berne). Parallèlement, pendant les deux jours, des expositions, des projections de films, des lectures, des conférences, des débats, des ateliers, des lectures, un concert (le samedi soir) seront proposés. Le samedi, à 12 heures, Marianne Enckell (CIRA-Lausanne, membre du collectif de Réfractions) interviendra en présentant le thème de discussion : « Le mouvement anarchiste et l'importance des bibliothèques ». Pour les visiteurs, l'entrée est gratuite. Pour les exposants, un stand avec tables est mis à disposition contre une petite participation aux frais. Pour toutes infos, adresse postale : Buchmesse 2010, c/o Labiu, Wydenauweg 38, CH - 2503 Biel-Bienne, Suisse - courriel : info(at)foire-du-livre.ch ou info(at)buechermesse.ch - Site Internet.

Montréal (Canada). Le Salon du livre anarchiste aura lieu les 29 et 30 mai, de 10 heures à 17 heures, au CEDA, 2515 Delisle (tout près du métro Lionel-Groulx). Entrée gratuite. Avec des éditeurs d'Amérique du Nord et d'Europe, des ateliers, des films, des discussions, des expositions, des activités pour les enfants, etc. Présentation du salon du livre. Tout au cours du mois de mai se déroulera le Festival de l'anarchie, avec différents événements en divers lieux. Les soirées des 18 et 19 mai sont d'ores et déjà réservées au Festival de théâtre anarchiste et celle du 28 au Cabaret anarchiste. Courriel : info(at)salonanarchiste.ca - site Internet - sur Facebook - sur Twitter.

 

DIVERS

Fête de l'insurrection gitane. Si un peuple aime autant, sinon plus, la liberté que les anarchistes, ce sont bien les Roms. Et ce n'est pas Claire Auzias qui nous contredira à ce propos (lire bibliographie). Pour commémorer la révolte dans le camp de concentration de Birkenau, le 16 mai 1944, de la communauté rom – menacée d'extermination par les nazis – et pour se souvenir afin que l'histoire ne bégaie pas, une grande fête est organisée le 16 mai à partir de 18 h 30 sur le parvis de la basilique de Saint-Denis. Plus de trente artistes gitans s'y produiront en concert gratuit. Echange, information, plats traditionnels… venez nombreux !

Nouveau sur Anarlivres. Les lecteurs attentifs auront remarqué que nous avons multiplié dans les pages Bibliographie les liens vers des versions numérisées – présentes sur les sites Wikisource, RA Forum, Theyliewedie ou autres – de titres cités (indiqués par un [à lire]) et/ou la possibilité de télécharger les textes au format .doc, .rtf ou .pdf afin que chacun puisse découvrir les écrits disponibles de la pensée libertaire. Nous continuerons autant que possible ce développement et espérons que vous nous communiquerez les liens ou les fichiers de textes répertoriés lorsque ceux-ci existent sur Internet. Soyez-en remercié ici même.

En vrac sur le Web (7). Nous avons évoqué le mois dernier, pour la réédition de Je ne mange pas de ce pain-là (lire chronique), Benjamin Péret. Il existe une association des amis du poète surréaliste, qui publie régulièrement depuis 1995, dans un bulletin fort bien nommé Trois cerises et une sardine (deux numéros par an), des inédits qu'elle met également en ligne sur son site. On peut y (re)découvrir des extraits de son œuvres, des articles à son sujet, une bibliographie très complète et même une bibliothèque sonore. Dans le Déshonneur des poètes (1945), Péret s'élève contre certains, tels Eluard et Aragon, ses anciens compagnons, qui ont « engagé » leur plume au service du combat contre l'occupant, associant leurs voix à celles des chrétiens et des nationalistes et s'appliquant ainsi à « cesser d'être des poètes pour devenir des agents de publicité ». « Agent » stalinien, Louis Aragon avait déjà chanté le Guépéou (GPU, police politique soviétique), défendu la « rééducation de l'homme par l'homme » à propos du Goulag et encensé Staline. « Des prisons et des hommes », c'est à ce thème que le Théâtre du Nord-Ouest, 13, rue du Faubourg-Montmartre, Paris 9e (M° Grands-Boulevards), consacre sa nouvelle saison contemporaine jusqu'au 20 juin. Le programme contenant le calendrier des lectures et des représentations ainsi que la distribution complète de chaque pièce est en téléchargement (PDF, 790 Ko). L'Atelier de création libertaire a décidé de « gazouiller » et de se mettre sur Twitter pour mieux communiquer. Le blog Croix-Rousse alternative a suivi. Pour recevoir leurs messages, il faut s'abonner : ACL et Croix-Rousse. Sur Internet, on écoutera avec profit l'enregistrement d'une émission de France Culture (« Les nouveaux chemins de la connaissance », 18 décembre 2008) axée sur l'Etat avec Daniel Colson, professeur de sociologie à Saint-Etienne et à l'Université populaire de Lyon, auteur du Petit Lexique philosophique de l'anarchisme (Le Livre de poche). A l'écoute. Plusieurs de ses conférences à propos de l'anarchisme sont par ailleurs accessibles sur le site RA Forum. Une nouvelle collection est née aux éditions Le Passager clandestin, dirigée par Xavier Renou – un « désobéissant ». Il s'agit de « Désobéir ». Son but ? Fournir « des données pour comprendre, des arguments pour discuter, des conseils pratiques pour s'opposer ». On y trouve actuellement quatre titres (64 p., format : 105 x 160, 5 euros) : Désobéir par le rire, Désobéir au nucléaire, Désobéir avec les sans-papiers et Désobéir à la pub. Des objectifs bien séduisants et il y a tant de motif de désobéissance que l'avenir de la collection semble garanti. Sur le site de Temps critiques, on lira avec profit la préface de la seconde édition d'Individu, révolte et terrorisme (L'Harmattan, 130 p., 15,50 euros), de Jacques Wajnsztejn, réactualisant la problématique du sujet étudié. L'ouvrage sur les mouvements de lutte armée des années 1965-1975 et leur échec peut être commandé à tarif préférentiel (13 euros port compris, chèque au nom de l'auteur) à Temps critiques, 11, rue Chavanne, 69001 Lyon. Mondialisme.org, quant à lui, nous apprend que la revue Ni patrie ni frontières a sorti au début de ce mois trois nouvelles publications : « Restructuration et lutte de classes dans l'industrie automobile mondiale » (230 p., 6 euros), recueil de textes publiés entre 1979 et 2009 par le réseau Echanges et Mouvement ; « “Encyclopédie anarchiste” : la Raison contre Dieu » (484 p., 12 euros), rassemblant les articles consacrés (!) aux religions, à l'Eglise, à l'athéisme, à la libre-pensée, à la morale… ; « Religion et politique » (392 p., 12 euros), une compilation (la cinquième) de textes publiés dans la revue les années précédentes (avec quelques inédits). Lire présentation complète. Pour toute commande (les frais de port sont compris dans le prix) : Yves Coleman, 10, rue Jean-Dolent, 75014 Paris, ou yvescoleman(at)wanadoo.fr Lutte contre les religions, encore et toujours, avec La Lettre d'Athéisme.org Elle a repris du service, après quelques mois d'arrêt, et dénonce toujours aussi vigoureusement l'islam, le christianisme, le judaïsme ou toute autre secte à succès, donnant également des informations sur la critique des religions. A noter : un ouvrage de Jean Boulègue, Le Blasphème en procès, 1984-2009 (Nova éditions, 222 p., 18 euros) et l'adresse du site de la Ligue rationaliste arabe (en arabe) Pour recevoir cette lettre, envoyez un courriel vide. Un message de confirmation vous sera ensuite demandé.

 

PÉRIODIQUES

La dernière livraison de Gavroche (n° 12, avril-juin, 51 p., 9 euros, site) nous narre le périple en 1833 de quatre Indiens Charruas (parmi les derniers survivants) extradés – déportés – d'Uruguay pour être exhibés en France. Trois d'entre eux moururent rapidement et le squelette du chef Vaimaca Péru, « héros » de la guerre d'indépendance contre l'Espagne, ne fut rendu qu'en… 2002. Au sommaire également : l'Eglise saint-simonienne, l'aventure tragique des résistants FTP du Kremlin-Bicêtre fusillés en 1944 et la maltraitance des jeunes filles confiées au Bon Pasteur, institution religieuse française qui ne semble pas dépareiller celles d'Irlande et de Grande-Bretagne. Une revue itinérante qui, à chaque numéro, s'installe dans un lieu différent (Tarn, Marseille, Amiens, puis Nantes), ce n'est pas courant et c'est le cas de Z (parution trois fois par an, disponible au numéro et par abonnement : 30 euros + 10 euros de frais de port, « sauf si vous êtes à la dèche », site). Nous avions présenté le premier numéro, le n° 3 récemment paru porte sur les barrages du Kurdistan, les « consultations » à propos des nanotechnologies et, bien entendu, sur la région amiénoise : hortillonnages, à la rencontre d'un monde ouvrier en lutte, les « gueules cassées » du pneu, retour sur Lip (1973) à l'université populaire… Mais aussi questions et enquête sur la démocratie directe et les tentatives autogestionnaires, sans oublier la remise en cause du travail. Varié et riche ! Le Combat syndicaliste (n° 349, avril, 12 p., 2 euros, site) est comme toujours fort bien pourvu en informations sur les luttes (People and Baby, Ed, Cinémathèque) et sur les sections syndicales de la CNT (LFO, PSA, Sepur…), de nouvelles internationales (Italie, Mali, Allemagne, Mexique) et de brèves juridiques. De plus on peut télécharger le numéro complet au format PDF (1 Mo). Un dossier « Peur et répression » dans les colonnes de Courant alternatif (n° 199, avril, 32 p., 3 euros, site) tente entre autres de répondre à la question : « Y a-t-il plus de répression qu'avant ? ». Tout dépend où se situe cet « avant » : vingt-trente années en arrière ou un siècle… Des constats sont effectués : si les moyens de contrôle se sont renforcés, le traitement de masse des informations n'est pas aisé et de nombreux grains de sable demeurent ! Par ailleurs, la « culture de l'individu » a mis à mal la conscience de classe et la solidarité. Un article revient sur les émeutes anti-immigrés de Rosarno (Calabre) et privilégie l'affrontement social entre entrepreneurs et salariés journaliers, exacerbé par la crise, aux explications mettant en avant la « pulsion xénophobe » ou le rôle de la mafia locale. Un texte de camarades grecs analyse les mobilisations face aux mesures d'austérité, tout en étant assez réservé sur leur développement de façon autonome. Le dernier numéro du bulletin de critique bibliographique A contretemps (n° 37, mai, 44 p., « pas de prix… mais des frais », site) est dédié au syndicalisme révolutionnaire avec, tout d'abord, une recension par Freddy Gomez de la récente publication par les éditions CNT-RP des actes du colloque sur la charte d'Amiens (lire note). On lira également avec intérêt : le compte rendu par Pierre Monatte du congrès de 1906 ; un texte de Paul Delesalle sur « L'action syndicale et les anarchiste » ; une présentation de Der Syndikalist, organe en langue allemande de la CGT (1911-1912) ; le jugement (critique) d'André Prudhommeaux sur les syndicalistes de La Révolution prolétarienne ; et un passionnant article de Bert Altena à propos de l'analyse (ou, plutôt, des analyses) du syndicalisme révolutionnaire et de l'importance des communautés locales. Tout cela est fort instructif, comme toujours…

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