Mai 2009

PUBLICATIONS

Les éditions La Découverte - Zones ont réédité La Révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse (189 p., 15 euros), avec un avant-propos de Gaetano Manfredonia qui met justement en valeur l'aspect réalisateur et novateur pour l'époque du texte d'E. Armand prônant l'amour libre et refusant l'« exclusivisme ». Si les mœurs ont évolué depuis, la marchandisation du sexe et la sacralisation du couple demeurent. La pensée de l'auteur reste donc subversive et porteuse de questionnements, même si parfois ses recommandations semblent taillées sur mesure pour sa propre personne. Autonomie toujours, mais cette fois de l'action collective avec cette réédition de L'Action directe (suivie du « Sabotage », Le Flibustier, 134 p., 11 euros) d'Emile Pouget. Une publication qui vient à point en ces temps de crise où les individus doivent retrouver une conception de la lutte débarrassée des intermédiaires (syndicats ou partis politiques) trop enclins à la gérer pour que rien ne change. On peut aussi se plonger dans le passé pour s'en inspirer et (re)découvrir le « roman social » de Charles Malato, La Grande Grève (Le Goût de l'être - Encrage, 318 p., 20 euros) relatant l'agitation ouvrière, d'inspiration anarchiste, qui a secoué la région minière de Montceau-les-Mines, de 1882 à 1899, ainsi que les mouvements de grèves qui s'ensuivirent. L'action ne doit pas faire négliger la réflexion, mais l'accompagner. Deux ouvrages nous le rappellent. L'un, Philosophie & anarchisme (Atelier de création libertaire, 60 p., 5 euros), nous présente les réponses de Daniel Colson, Ronald Creagh, Vivien Garcia, Irène Pereira et Alain Thévenet aux questions posées lors d'un colloque du Cedrats (en novembre 2008) : existe-t-il une philosophie anarchiste et quels sont les liens entre l'anarchisme et la philosophie ? Le second nous avertit que certains combats sont faussés et débouchent sur des impasses. Avec La Diversité contre l'égalité (trad. de Frédéric Junqua, Raisons d'agir, 155 p., 7 euros), Walter Benn Michaels démontre, à l'aide d'exemples, que prôner la diversité a pour but essentiel d'enterrer la question sociale, de nier la pauvreté et, accessoirement, de donner bonne conscience. On comprend mieux dès lors l'engagement de certains (hommes politiques et dirigeants économiques) en faveur de la diversité et de la discrimination positive, ou même pour la valorisation du sentiment de communauté. Où sera le changement social avec des patrons… blacks ou beurs ? Plus divertissant, le roman policier de Jean-Marc Raynaud, Meurtres exquis à la librairie du Monde Libertaire (Les Editions libertaires, 96 p., 10 euros), met en scène quelques personnages du lieu croqués avec art par Jean-Charles Vincent. On s'amuse alors à mettre un nom sur chaque tête. Au total, un exercice quelque peu nombriliste mais bien réjouissant. Thierry Maricourt, quant à lui, nous livre les Mémoires d'un nouveau-né (illustrations de Marion Claeys et Catherine Senaffe, Chant d'orties, 72 p., 10 euros), avec un bien étrange bébé qui, dès sa naissance, comprend tout, perçoit tout, observe ses parents et le monde, et en tire des conclusions sans concessions. Un QI exceptionnel dû à un petit accident dans une toute petite usine nucléaire d'un petit village des environs explique tout cela… Pour les enfants, les vrais, à partir de 8 ans, un conte de Louise Michel que celle-ci écrivit lorsque, institutrice, elle inventait des « histoires édifiantes ». La Vieille Chéchette (dessins de S. Blanquet, Albin Michel, coll. Jeunesse, 40 p., 12,90 euros) est un personnage hideux à demi-sauvage, dont on se moque et qui va se sacrifier au cours d'un incendie. Un peu naïf mais bien rafraîchissant ! Les adultes aussi, souvent, croient aux contes de fées, comme à celui qui voudrait que l'Eglise catholique ait accepté la perte de son pouvoir séculier. Le pire, c'est que la République dite laïque se prostitue et se vautre de plus en plus dans le lit des religions. « Laïcité ouverte », célébration du prêtre (avant l'instituteur) et, tout récemment, reconnaissance des diplômes catholiques… c'est le retour de l'ordre moral et du dogmatisme, constate Maurice T. Maschino dans La République des bigots (Les Editions libertaires, 125 p., 10 euros). Ces femmes, ouvrières et anarchistes de Buenos Aires, ne nous auraient pas contredit, elles qui ont combattu dans les années 1890-1920 à la fois le cléricalisme, l'exploitation salariale et le patriarcat. Dans Ni Dieu, ni patron, ni mari (Editions du Temps Perdu, 38 p., 5 euros), Hélène Finet qui a déjà publié diverses études sur l'anarchisme en Amérique du Sud que l'on peut retrouver sur le site RA Forum nous donne un trop court aperçu de leurs luttes. Depuis longtemps, Maurice Rajsfus a un problème avec le pouvoir, la police… Avec A vos ordres ? Jamais plus ! (Editions du Monde libertaire, coll. Pages libres, 260 p., 12 euros), il décortique tous les avatars de cet ordre honni, plaidant pour un sain devoir de désobéissance. Un autre qui n'aime pas l'autorité, c'est Giampietro (Nico) Berti, un historien anarchiste. Il se raconte et livre son parcours de jeune adolescent italien découvrant au cours des années 1960 les milieux libertaires dans un entretien réalisé par Mimmo Pucciarelli, joliment titré Ici on ne vend pas d'anarchie (trad. et prés. d'Isabelle Felici, Atelier de création libertaire, 100 p., 8 euros). Et comment conclure cette recension sans signaler deux ouvrages historiques. Michel Biard a décortiqué la collection du Père Duchesne, le journal d'Hébert, pour nous livrer les mots et expressions typiques du « parler révolutionnaire », établissant leur sens et leur origine. Cela donne un documenté et réjouissant Parlez-vous sans-culotte ? Dictionnaire du Père Duchesne, 1790-1794 (Tallandier, 578 p., 25 euros). Les « enfonceurs de portes ouvertes » sont toujours là, même si le « rasoir national » – fort heureusement – ne « coupe plus le sifflet ». Quand à Dominique Kalifa, il est parti explorer Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française (Librairie académique Perrin, coll. Pour l'histoire, 344 p., 21 euros). Il retrace ainsi, pour la première fois me semble-t-il, l'histoire de cet « archipel pénitentiaire » de 1830 à la fin des années 1960, un enfer que connurent nombre d'anarchistes et de rebelles.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Avignon, 2 mai. A 18 h 30, Maison « IV de Chiffre », 26, rue des Teinturiers, discussion avec Marcel Durand, auteur du livre Grain de sable sous le capot. Résistance et contre-culture ouvrière : les chaînes de montage de Peugeot (1972-2003)(Agone, 2006).

Paris, 2 mai. Fred Morissse viendra présenter son livre : La Semaine d'un lézard (Editions du Monde libertaire), à 16 h 30, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Courriel - Site Internet.

Saint-Denis, mai. Les cours de la Dionyversité – l'université populaire de Saint-Denis – ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Les mardis, « Les révolutions libertaires », avec Philippe et Michaël Paraire. Le 5 mai, « La Commune de Paris : du mythe à la réalité » ; le 12 mai, « La Révolution russe : de 1905 à Cronstadt, en passant par octobre 1917 » ; le 19 mai, « La révolution espagnole 1936-1939 » ; le 25 mai, « La révolution de Mai 68 ». Les jeudis, « Religion : tristes réalités ». Le 7 mai, « Le voile : l'offensive continue », avec Pierre Cassen et Annie Sugier ; le 14 mai, « Le Vatican, façon Ratzinger », avec Gérard da Silva ; le 28 mai, « L'affaire Mortara et l'antisémitisme chrétien », avec Gérard da Silva. Informations complémentaires sur le site Internet.

Merlieux (Aisne), 7 mai. La Bibliothèque sociale, animée par le groupe Kropotkine (FA), reçoit Jacques Lesage de La Haye, auteur entre autres de La Mort de l'asile. Histoire de l'antipsychiatrie (Editions libertaires). Table de presse. Entrée libre. Athénée libertaire, 8, rue de Fouquerolles.

Marseille, 9 mai. A 17 heures, causerie animée par Caroline Granier sur « Littérature et révolution à la fin du XIXe siècle : les “briseurs de formules” » au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel - Site Internet.

Montreuil, mai. Les cours de Montr'UP – l'université populaire de Montreuil – ont lieu les samedis à partir de 19 heures à la Parole errante, 9, rue François-Debergue (M° Croix-de-Chavaux). Le 9 mai, « Les femmes philosophes et la Révolution française » ; le 16 mai, « Les femmes philosophes et le mouvement ouvrier révolutionnaire » ; le 23 mai, « Les femmes philosophes et la révolution russe » ; le 30 mai, « Les femmes philosophes et la révolution féministe ». Avec Michaël Paraire, philosophe et écrivain. L'expo du mois : peintures et livres de Chari Goyeneche.

Paris, 9 mai. La librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire) recevra à 16 h 30 Michaël Paraire pour parler de La Société mourante et l'anarchie et de son auteur, Jean Grave. Courriel - Site Internet.

Nanterre, 13 mai. La Fédération des travailleuses(eurs) de l'éducation (CNT-FTE) organise une journée sur les pédagogies alternatives à l'université de Nanterre (Paris-X) : « L'éducation autrement ». Toute la journée, projection de films sur ces expériences d'éducation, en France ou à l'étranger. En matinée, un point sur les différentes pédagogies « alternatives » avec des interventions d'enseignants ou d'animateurs, suivi d'un pique-nique collectif. L'après midi, débat sur l'université et sur les formes alternatives existantes. Pour en savoir plus…

Paris, 15 mai. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 une rencontre-débat avec Christophe Fourel et des membres de la revue Eco'Rev à propos de la sortie récente d'André Gorz. Un penseur pour le XXIe siècle (La Découverte, 239 p., 19 euros). Philosophe autodidacte d'origine autrichienne, né à Vienne en 1923, disparu à l'automne 2007, André Gorz est l'un des grands penseurs de la critique sociale du XXe siècle. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Courriel - Site Internet.

Prades (Pyrénées-Orientales), 15 et 16 mai. « Hommage à la Catalogne révolutionnaire », organisé par la Confédération nationale du travail (CNT), au cinéma Le Lido, salle Jean-Cocteau (deuxième étage). Vendredi, à 20 h 30 : « Exils d'Espagne : de la retirada à aujourd'hui », récits de Susana Azquinezer, accompagnée à l'accordéon par Virgile Goller. Samedi, à 16 h 30 : récits de témoins sur la révolution et l'exil ; exposition de photographies de la retirada. A 19 heures, repas convivial partagé, et, à 20 h 30, « Variations sur la frontière », spectacle poético-narratif sur des poèmes de Jo Falieu autour de la retirada et des textes écrits au camp d'Argelès et à Valmy en 1939… Plus d'infos.

Paris, 16 mai. La Bibliothèque La Rue recevra à 15 h 30 Guillaume Carnino pour un débat sur l'ouvrage collectif paru aux éditions L'Echappée en 2007 : La Tyrannie technologique. Au 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Abbesses ou Blanche). Tél. : 01 42 23 32 18. Site Internet.

Paris, 16 mai. René Berthier présentera à 16 h 30 son livre Digressions sur la révolution allemande (Editions du Monde libertaire) à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Courriel - Site Internet.

Toulouse, les 19 et 26 mai. De 18 h 30 à 19 h 30, exposition sur la retirada à l'Athénée Albert-Camus, 36, rue de Cugnaux. Courriel - Site Internet.

Toulouse, 22 mai. Projection à 20 h 30 du film documentaire Diego (1999, 40 min) de Frédéric Goldbronn sur Diego Camacho (alias Abel Paz), récemment disparu. A la librairie associative Le Chat noir, 18, avenue de la Gloire. Programme du mois.

Paris, 23 mai. A 16 h 30, rencontre avec Michaël Paraire, coauteur de La Bibliothèque anarchiste (Editions du Monde libertaire - Radio-Libertaire), ouvrage accompagné d'un CD MP3 présentant et commentant divers textes de penseurs anarchistes. A la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Ivry, 24 mai. Au squatt Sans Plomb, 38, rue Gabriel-Péri (à 100 m du métro Mairie-d'Ivry), fête du groupe libertaire d'Ivry. Entrée libre à partir de midi : bouffe pas chère. A 13 h 30, projection du documentaire de Jean-Pierre Thorn Le Dos au mur, suivie d'une discussion sur le thème : « Autogérons les luttes aujourd'hui pour autogérer la société demain ». Concert avec Putta Guerilla (groupe anarchopunk, insoumis et subversif). Activités pour les enfants. A 20 heures : Ainsi soit-il, pièce hilarante et blasphématoire, par les squatters.

Paris, 25 mai. Projection-débat sur la crise avec la diffusion à 20 heures, en avant-première, de Fortunes et infortunes des familles du Nord, de Gilles Balbastre, en présence du réalisateur. Plus d'infos. Au local de la Confédération nationale du travail (CNT), 33, rue des Vignoles, Paris 20e. Site Internet.

Paris, 29 mai. Soirée en souvenir de Diego Camacho (alias Abel Paz), décédé le 13 avril dernier, aux Ateliers Varan, 6, impasse du Mont-Louis, Paris 11e (M° Philippe-Auguste), à 20 heures. Projection du film de Frédéric Goldbronn, Diego, lecture de poèmes par Violeta Ferrer qui sera accompagnée de musiciens. La soirée se poursuivra autour d'un verre.

Perpignan, 29 mai. Le groupe Puig-Antich de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) organise à la librairie Infos, 2, rue Théodore-Guiter (près de la place des Poilus), à 18 h 30, une réunion-débat sur le thème : « Les élections servent les gens de pouvoir et desservent la grande majorité des individus ».

 

FESTIVAL, WEEK-END, COLLOQUE,
JOURNÉES DU LIVRE…

Portes ouvertes aux Tanneries. Du 1er au 4 mai, festival et portes ouvertes au 17, boulevard de Chicago, Dijon : manifestation, kermesse, bouffe, expos, projection de films, concerts, spectacles et activités diverses… le programme complet. Un énième projet plane sur le quartier de l'espace autogéré, ce qui pour les bâtisseurs semble impliquer que les Tanneries doivent dégager. Il faut donc se mobiliser pour que ce rare espace de liberté, construit par dix ans de luttes, d'activités et de passion, sans subvention ni patron, ne disparaisse pas.

Week-end antifasciste, les 8 et 9 mai. Concert, vendredi à partir de 20 heures, organisé par United Underground, avec Crane d'obus, Time Bomb, K-Listo, Zartako, Hors Contrôle. Meeting, samedi, de 14 heures à 18 heures, en présence de Jacques Damiani (combattant FTP) et Antonio Martin (résistant antifranquiste). A la CIP-IDF, 14-16, quai de Charente, Paris 19e (M° Corentin-Cariou). Manifestation, samedi, à partir de 20 heures, entre Denfert-Rochereau et Montparnasse. Organisé par : Scalp-Reflex, CNT, RLF-MLV, Fédération anarchiste, NPA, Alternative libertaire, MQJS, SUD étudiant.

Montréal (Canada), 16 et 17 mai. Dans le cadre du Festival de l'anarchie qui se déroule tout au cours du mois de mai, le 10e Salon du livre aura lieu au CEDA, 2515 Delisle (tout près du métro Lionel-Groulx). Ce salon est organisé dans un esprit d'ouverture vis-à-vis des différentes traditions, visions et pratiques de l'anarchisme. Ses organisateurs cherchent à promouvoir l'anarchisme en mettant en pratique des valeurs comme l'entraide, la démocratie par la base, l'action directe, l'autonomie et la solidarité, et en s'opposant à toutes formes d'oppression. Principes du Salon du livre anarchiste. C'est l'un des plus importants événements du genre en Amérique du Nord. Au cours de la dernière décennie, il s'est avéré l'un de principaux points de convergence et de référence pour les idées et les pratiques antiautoritaires. Pour savoir ce qui s'y passe.

Foire du livre de Cardiff. Le samedi 23 mai, de 10 heures à 18 heures, les anarchistes du sud du Pays de Galles organisent la Cardiff Anarchist Bookfair. On y trouvera des stands d'éditeurs, des débats, de quoi se restaurater, une crèche, des projections de DVD et des spectacles. Adresse : Cathays Community Centre, 36 Cathays terrace, Cardiff CF24 4HX. Courriel - Site Internet.

Besançon, 29 mai. Un meeting-colloque, sur le thème : « Face au capitalisme et à ses crises, penser et agir avec Proudhon », se tiendra au Théâtre Bacchus, rue de la Vieille-Monnaie, à 20 heures. Au programme : « Actualité de Proudhon », par Daniel Colson ; « Proudhon, un philosophe antidogmatique », par Mickaël Parraire ; « Proudhon, père de l'anarchisme », par Archibald Zurvan ; « Le mutuellisme », par Philippe Parraire ; « Economie politique. Proudhon vs Marx », par René Berthier ; « Proudhon en Amérique ou un Américain sur les traces de Proudhon », par Edward Castelton. D'autres contributions sont attendues (sous réserves) : « L'antireligion de Proudhon », par Jean Préposiet ; « Monnaie, banque et finance chez Proudhon », par Jacques Langlois ; « Proudhon mutuelliste », par Jean Préposiet ; « Le crédit gratuit, une idée révolutionnaire ? », par Olivier Chaïbi.

Fête du Combat syndicaliste. Elle se déroulera les 5, 6 et 7 juin, à la Parole errante, 9, rue François-Debergue, Montreuil (M° Croix-de-Chavaux). Projections, débats, concerts, salon du livre (nombreux stands d'éditeurs, de revues et de labels), restauration… Prix libre. Programme complet.

Bobines rebelles. Le 2e festival du documentaire politique et social en Creuse aura lieu les 12 et 13 juin à Royères-de-Vassivière et au Villard. A partir de 21 h 30, vendredi, au bar L'Atelier et toute la journée de samedi (trois salles), de 10 heures à minuit, de nombreux films seront projetés. De 18 h 30 à 20 heures : débat sur la thématique du travail dans le film documentaires, en présence de réalisateurs. Entrée à prix libre. A boire et à manger, hébergements possibles. En marge du festival, toute la journée de samedi, plusieurs librairies tiendront table de presse. Programme complet et renseignements pratiques.

 

DIVERS

Adieu Diego. Abel Paz, de son nom de plume, Diego Camacho pour l'Etat civil, est mort le 13 avril dernier à Barcelone, à l'âge de 87 ans. Adolescent, il combattit dans la colonne Durruti, puis connut l'exil en France, avant de rejoindre en 1942 la guérilla antifranquiste en Espagne. Arrêté et emprisonné pendant plus de dix ans, il s'exilera de nouveau en 1953. Auteur de plusieurs ouvrage, en français ou en espagnol, sur la guerre et la révolution espagnoles, il fut entre autres le biographe du célèbre leader de la CNT-FAI avec Durruti. Le Peuple en arme, plusieurs fois réédité sous des titres différents. Edouard Waintrop, pour Cinoque, un des blogs de Libération, lui a consacré quelques lignes de présentation et d'adieu émouvantes que l'on peut consulter. « L'anarchisme est la poésie de la vie, et l'amour en est sa meilleure expression », Diego Camacho (1921-2009).

Fanzinothèque en ligne. Non Fides met à la disposition des internautes des fanzines anarchistes ou antiautoritaires, en plusieurs langues (français, anglais, espagnol, italien), à télécharger librement sous forme de fichiers PDF. Avec cet avertissement, tout de même : « Si des zines tiennent sur la durée, c'est aussi parce qu'ils sont soutenus financièrement par le biais de commandes, d'abonnements ou autres. Alors ne profitons pas bêtement de cette fanzinothèque pour consommer du zine comme des imbéciles avachis d'électeurs ou des consommateurs enthousiastes. » Avis aux amateurs. Pour chacun des journaux présents, on trouve un lien ou un contact. Page de la fanzinothèque.

Souscription. Les éditions Ab irato rééditent l'ouvrage d'Americo Nunes, Les Révolutions du Mexique (240 p., 15 euros), paru pour la première fois en 1975 chez Flammarion, avec une importante postface de l'auteur et une bibliographie réactualisée (12 euros en souscrition, disponible fin mai). Comment qualifier la révolution mexicaine (1911-1938) ? « Socialiste », « démocratique bourgeoise », agraire, sociale, paysanne, anti-impérialiste ?… Un peu tout cela à la fois. En même temps révolution des classes moyennes et des paysans « zapatistes », finalement vaincus. On peut télécharger le bulletin de souscription sur le site Internet des éditions. Adresse postale : Ab irato, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris.

Le seul problème… Ouverture au 46, rue Consolat, Marseille 1er, d'un lieu social et autogéré pour vivre une expérience collective et affinitaire, pour l'émancipation des individus. D'ores et déjà, existent : un accès Internet, une librairie, un infokiosque (plus de 300 brochures), des concerts de salon et des spectacles ouatés (le dimanche en fin d'après-midi, une fois par mois), un resto végétarien (à prix libre, le soir, tous les premiers vendredis du mois), des projections (les seconds vendredis). En prévision : une bibliothèque, un magasin gratuit, des débats et des discussions, des expos, etc. Ouverture du mardi au vendredi, de 14 heures à 20 heures ; le samedi, de 10 h 30 à 19 heures ; et le dimanche, de 14 heures à 20 heures. Ah, au fait, le seul problème, c'est… le pouvoir ! Courriel - Tél. : 04 91 50 86 27.

Rue des cascades. Ces éditions ont désormais un site Internet sur Atheles.org où l'on peut découvrir l'ensemble des livres publiés et les commander en ligne. Elles sont d'ailleurs en bonne compagnie avec, entre autres : Agone, Centre d'histoire du travail, Offensive, Spartacus, Tahin Party… qui proposent de nombreux titres de la littérature libertaire. Adresse postale : Rue des Cascades, 32, rue des Cascades, 75020 Paris. Courriel - Site Internet.

 

PÉRIODIQUES

« ¡ Podemos ! » (« Nous pouvons ! »). Cette revue espagnole de 20 pages en couleur a été imprimée à 130 000 exemplaires en castillan et à 220 000 exemplaires en catalan grâce à l'argent « exproprié » aux banques (cf. affaire Enric Durán et à la collaboration de différentes personnes et collectifs, présents dans toutes les phases du processus, de la rédaction à la distribution. Les causes de la crise sont tout d'abord analysées dans l'objectif de développer ensuite, dans les pages centrales, un « plan d'action pour que le capitalisme sorte de nos vies ». Le collectif Crisi ? affirme qu'« il faut changer d'attitude. Il ne suffit pas de protester, il faut agir ». Il s'agit de mettre en pratique un projet de transformation social qui s'adresse à toutes et à tous. L'Organisation communiste libertaire (OCL) a traduit les principaux textes de cette revue et on peut la télécharger (brochure 16 pages, format A 4, fichier pdf, 2 Mo).

« Gavroche ». Dans ce n° 158 (avril-juin, 8 euros), on découvre sous la plume de Larry Portis « Un libertaire et antifasciste (presque) inconnu : George Seldes » (1890-1995). Celui-ci, journaliste américain, proche des IWW et d'Emma Goldman, a aussi bien dénoncé la répression du régime bolchevique que le fascisme italien, ses liens avec le patronat, et l'assassinat du socialiste Giacomo Matteotti. Journaliste intègre, il s'attaqua également à la corruption, aux courants antidémocratiques américains et à la désinformation de la presse. Un autre article retrace l'histoire du MIL, le mouvement antifranquiste d'ultragauche qui lutta en Espagne dans les années 1960 et 1970. D'autres évoquent les engagements d'Anatole France, l'exil de six proscrits sarthois à Jersey, l'idéologie du cinéma (entretien avec Régis Dubois)… Sans oublier « Les bonnes feuilles » et les notes de lecture. Abonnement d'un an : 30 euros pour quatre numéros (chèques à l'ordre de Scoop Presse). Courriel - Site Internet.

« A contretemps ». Un n° 34 (mai) qui fait la part belle à un hommage à Ricardo Flores Magón, avec l'article de David Doillon consacré à la figure littéraire de l'anarchiste dans l'œuvre de l'activiste et écrivain mexicain : qui est-il, quel est son rôle, quels sont les rapports entre l'auteur et son personnage ? A propos de la réédition de La Terreur noire, une recension de Pascal Pia parue en 1959 qui saluait le scepticisme, l'humour et la poésie d'André Salmon, tout en apportant quelques rectifications. Egalement une note de lecture de Freddy Gomez sur « Joe Hill et les IWW : itinéraire d'un nomade inspiré » et une revue des livres et des revues très complète. « Pas de prix, juste des frais… Qu'on se le dise, à toutes fins utiles ! » Courriel - Site Internet.

« Courant alternatif ». Le n° 190 (mai, 2,50 euros) du mensuel de l'OCL contient un dossier sur « Strasbourg emporte l'OTAN » consacré à la mobilisation du contre-sommet d'avril : bilan contrasté, chronologie détaillée des événements, encadrés sur la CGT-NPA et sur les Blacks Blocs (qui « n'existent pas »). Intéressant document mais le ton « donneur de leçons » de l'article principal le rend vite insupportable. La relation des difficultés d'habitants de yourtes à Bussière-Boffy (Limousin), menacés d'expulsion par un maire récemment élu, est beaucoup plus instructive : loin d'être Clochemerle, cela en apprend beaucoup sur la sociologie d'une région et sur les enseignements d'une lutte locale. Disponible en kiosque ou à commander à : Egregore, BP 1213, 51058 Reims Cedex. Site Internet

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