Mai 2008

PUBLICATIONS

Il est réjouissant de constater que certains ne se résignent pas à accepter le consensus mou régnant de nos jours à propos de la religion. Dans ce cadre, la superstition et ceux qui l'enseignent constituent alors des références spirituelles, l'éthique ne peut être conçu sans morale ; le refus de Dieu, des dieux, étant souvent considéré comme une manifestation de racisme ou de fascisme vis-à-vis des croyants. Basta ! D'autant plus que cette leçon de rationalisme nous est donné par un biologiste, professeur à l'université d'Oxford, spécialiste de l'évolution. Merci donc à Richard Dawkins qui s'adresse à notre intelligence avec ce Pour en finir avec Dieu (Robert Laffont, 432 p., 22 euros), dénonciation de la religion sur la base de démonstrations scientifiques. Avec la télévision, la messe est quotidienne et les prêtres cathodiques prônent eux aussi la soumission à l'argent et au pouvoir, l'abêtissement et l'endormissement, mais ici le miracle est continuel avec les émissions de jeux… Roger Dadoun va à sa rencontre, pour l'analyser : La Télé enchaînée. Pour une psychanalyse politique de l'image (Homnisphères, 352 p., 18 euros). Escroquerie toujours avec Jean-Manuel Traimond qui s'est attaché à établir une anthologie de l'arnarque au cours des siècles (Du noble art de l'escroquerie. Histoire de la carambouille de A à Z, Scali, 245 p., 24 euros). Il y a des crapules sympathiques et d'autres beaucoup moins, comme ces bouchers de La Villette qui servirent de troupes de choc aux nationalistes antidreyfusards. Eric Fournier est parti à la découverte de La Cité du Sang (Libertalia, illust. de Gil, 147 p., 13 euros), avec force références et un style enjoué. L'affaire Dreyfus se déroulait en effet autant dans les prétoires que dans la rue, et là les anarchistes s'opposèrent avec vigueur à ces « tueurs » aussi effrayants que très souvent grotesques et ridicules. Une belle leçon d'histoire et une intéressante explication de la fascination respective entre nationalistes et bouchers ! Les éditions CNT-Région parisienne viennent de publier Ecole, une révolution nécessaire (207 p., 13 euros), livre d'entretiens avec des militants de la fédération des travailleuses et travailleurs de l'éducation (CNT-FTE). Cet ouvrage retrace de façon vivante et passionnée dix années de luttes et de réflexions, par-delà les statuts différents, quels que soit les multiples parcours ou la région, pour une « n'autre école ». Ce qui constitue une excellente « photographie sociologique ». Après cet autre syndicalisme, Pour un nouvel anarchisme (Cartouche, 185 p., 17 euros), de René Schérer, dont la présentation avance que « l'anarchisme n'est pas un système politique existant ni définissable en soi. Il pénètre toute pensée et toute action politique et philosophique, en forme un élément plus ou moins intense. Il se tient au début, comme existence primordiale d'une société sans principe autoritaire ni organisateur, et à la fin, dans la perspective toujours reculée, utopique, d'une dissolution de l'Etat. Il y a un anarchisme des deux côtés : tant de Barrès que de Kropotkine, de Péguy que de Bakounine ou de Blanqui. Gide, Valéry, Artaud, peuvent être comptés dans son florilège, son éventail ouvert ». Cette position n'est pas forcément partagée par les partisans d'un « anarchisme social » qui s'est particulièrement illustré lors de la révolution espagnole. La Mort de l'espoir. Mémoires de la guerre civile espagnole 1936-1939 (Eduardo de Guzman, No Pasaran, 220 p., 12 euros) nous relate, heure par heure, sous la plume d'un journaliste libertaire, les quatre premiers jours de l'insurrection fasciste, la réaction populaire d'autodéfense, la prise des casernes et le départ des miliciens vers le front, puis les cinq derniers jours du conflit. Le début et la fin, comme un raccourci saisissant du drame espagnol. Dans la collection Paroles, qui abrite des recueils de citations sur un thème choisi, accompagnées de créations graphiques, Les Editions libertaires nous invitent à parcourir Paroles clandestines (60 p. quadrichromie, 13 euros), avec des peintures de Roland Cros et des textes d'Harpocrate, pseudonyme évoquant sans doute ce dieu romain représenté les doigts devant la bouche, imposant le silence. Pour rendre compte des relations complexes du secret avec la domination et la liberté, le peintre choisit de nous offrir des écritures, des graphies réelles et fictives à déchiffrer. Refusant l'idéologie dominante et contemporaine de la prétendue transparence généralisée, il affirme que l'acte de cacher et de se cacher n'est en soi ni bon ni mauvais, ni honteux. Sans dissimulation, la liberté est-elle d'ailleurs encore possible ? Les mêmes éditions nous présentent une très intéressante biographie de Buonarroti l'inoxydable (1761-1837), par Jean-Marc Schiappa (236 p., 15 euros). Révolutionnaire républicain, coauteur avec Babeuf de Conspitation pour l'égalité, animateur de nombreuses sociétés secrètes, il peut être considéré comme l'ancêtre des révolutionnaires « professionnels » européens, prônant inlassablement un communisme égalitariste mais vivement opposé au fédéralisme. Une vie de passion et d'action ! En association avec les Editions du Monde libertaire, elles ont aussi publié une étude de Pierre-Henri Zaidman sur Le Mandat impératif. De la Révolution française à la Commune de Paris (90 p., 12 euros). Cette revendication, chère au cœur des libertaires lorsqu'elle s'accompagne du contrôle permanent et de la révocabilité des mandatés, est à la base de la démocratie directe et reprend force à chaque bouleversement révolutionnaire. C'est ce que rappelle l'auteur. Les éditions Ressouvenance, avec le souci de faire connaître des textes un peu oubliés, ont publié en deux tomes ce que l'on appellerait aujourd'hui une « compil » d'Aristide Bruant, Dans la rue. Chansons et monologues (en fac-similé, avec des dessins de Steinlen, 208 p., 22 euros). Le poète du Paris populaire et de l'argot a eu son heure de gloire à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Mais se souvient-on encore de « Nini peau d'chien » ou A la Goutte-d'Or ?… Pour les (re)découvrir, on peut aussi télécharger l'ouvrage sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF. En novembre 2005, se tenait à Brest un colloque international sur Lucien Descaves (1861-1949), auteur naturaliste, antimilitariste et proche de l'anarchisme, qui s'intéressait à tous les aspects de son œuvre littéraire (poésie, roman, théâtre…). Les actes (312 p.) sont maintenant disponibles aux éditions Du Lérot (Les Usines réunies, 16140 Tusson, tél. : 05 45 31 71 56) au prix un peu élevé de 35 euros. Des informations complémentaires peuvent être glanées sur un très instructif site Internet consacré à l'écrivain. Autre colloque, tenu en son temps à Venise, dont les textes viennent d'être traduits en français pour notre plus grand plaisir car le sujet est des plus alléchant : Juifs et anarchistes. Histoire d'une rencontre (collectif, sous la dir. d'Amedeo Bertolo, éd. de L'Eclat, 224 p., 20 euros). « Une étrange et magique rencontre », c'est ainsi qu'Amedeo Bertolo caractérise la convergence, entre la fin du XIXe siècle et la moitié du XXe, de deux traditions apparemment étrangères l'une à l'autre, d'abord dans les régions d'Europe de l'Est, puis, de manière croissante, dans tous les territoires où, fuyant la misère et les persécutions, l'immigration juive porta ses pas. Par ailleurs, les rapports entre l'anarchie et le mouvement sioniste sont également étudiés. Parmi la centaine de publications à l'occasion de l'anniversaire de Mai 68, l'ouvrage de Jacques Guigou et Jacques Wajnsztejn, Mai 68 et le mai rampant italien (L'Harmattan, coll. Temps critiques, 370 p., 33,50 euros) se distingue. Pour les auteurs, l'événement « constitue un moment historique qui réalise la conjonction unique de deux mouvements de lutte jusque-là séparés. D'une part la contestation de toutes les institutions et des rôles traditionnels tenus par l'individu, d'autre part la critique du travail ». En France comme en Italie, il s'agit de « la fin du cycle des révolutions prolétariennes et [de] l'émergence de la révolution à titre humain ». On peut heureusement commander le livre au tarif auteur (25 euros, port compris) en s'adressant à Jacques Wajnsztejn, 11, rue Chavanne, 69001 Lyon (courriel). Parmi les fruits de 68, la remise en cause de la hiérarchie et des relations entre hommes et femmes n'a pas été des moindres. Dans Sexe, genre et domination masculine (110 p., 15 euros), Régis Dauxois analyse le concept de genre qui ne se réduit pas à une notion de sexe et met en évidence une « construction sociale, articulée et ancrée dans des relations de pouvoir, une hiérarchisation des positions sociales, avec son cortège de privilèges, de violences, d'inégalités des droits, de discriminations, de pathologisation des homosexualités ».

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Perpignan, du 26 avril au 13 mai. Le groupe Puig-Antich de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) organise, avec la participation de la CNT 66 et du bar associatif La Réal, une quinzaine autour de Mai 68. Projections de films et de documentaires, débats, expositions d'affiches, de tracts et de photographies sont au programme. On peut télécharger un dépliant sur le site de la CNT 66 ou de la CGA. Librairie Infos, 2, rue Théodore-Guiter (près de la place des Poilus) - Courriel CGA. Courriel CNT 66.

Saint-Denis, mai. Les cours de la Dionyversité – l'université populaire de Saint-Denis – ont lieu à partir de 19 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Ce mois-ci : « La critique des médias », organisés par Le Plan B et Acrimed. Le 6 mai, « Le traitement médiatique de l'insécurité », avec Laurent Bonelli ; le 14 mai, « A quoi servent les experts médiatiques », avec Mathias Reymond ; le 22 mai, « Elections, piège à com' », avec Gregory Rzepski ; le 30 mai, « Les contestataires et les médias », projection et commentaire du film de Damien Doignot José Bové. Le cirque médiatique (55 min.), avec Pierre Rimbert. Informations complémentaires sur le site Internet. Certaines des conférences de la Dionyversité sont disponibles en fichiers sonores sur le site.

Gap, 1er mai. Le collectif Galucha, avec le soutien du GEL-05 de la Fédération anarchiste, organise une soirée projection-discussion autour du film Et pourtant ils existent, histoire du syndicalisme d'action directe à la salle Le Royal, 13 bis, rue Pasteur, à 18 h 30. Collation sur place à prix libre, tables de presse… Entrée (et sortie !) gratuite.

Mont-Saint-Aignan, 2 mai. Le groupe de Rouen de la Fédération anarchiste vous invite à assister à la projection du film documentaire réalisé par Alain Tanner, Le Pouvoir est dans la rue, à 18 h 30, à la Maison de l'université. Puis soirée spectacle « Les Anartistes », avec Alain Marcadé qui chante Ferré, Brassens, Caussimon… Entrée payante pour le spectacle (6 ou 4 euros). Courriel.

Toulouse, 6 mai. Retour sur le mouvement anti-CPE avec la projection en avant-première du documentaire Il s'agit de ne pas se rendre, à la salle du Sénéchal, 17, rue Remusat (M° Capitole). Entrée libre. Bande-annonce.

Paris, 10 mai. Projection-débat à propos de Mai 68, à 20 h 30, à la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval) : « Grands soirs et petits matins », documentaire de William Klein qui a filmé en noir et blanc, caméra au poing, la chronique des événements, puis débat sur les les acquis et les échecs de 68, les leçons à tirer… Courriel.

Saint-Nazaire, 13 mai. A 20 h 30, soirée bavarde avec Jean-Pierre Duteuil, l'un des fondateurs du Mouvement du 22 mars, autour de son livre Mai 68, un mouvement politique (Acratie, 250 p., 23 euros), salle Louis-Scutenaire de la librairie Voix au chapitre, 67, rue Jean-Jaurès. Tél. : 02 40 01 95 70.

Lyon, 14 mai. A la Maison des Passages, 44, rue Saint-Georges, le groupe Vivre libre (FA) organise à 19 h 30 une soirée débat avec la projection de Coup pour coup (1972, 1 h 30), réalisé par Martin Karmitz avec les ouvrières d'une usine de confection d'Elbœuf. Le film relate leur grève sauvage. Avec buffet-buvette, diaporama musical et sketchs par la compagnie Noir clair.

Nantes, 14 mai. Jean-Pierre Duteuil présentera son livre Mai 68, un mouvement politique (Acratie), à 20 h 30, à l'Atelier - B 17, 17, rue Paul-Bellamy (2e cour).

Merlieux, 15 mai. Le groupe Kropotkine (Fédération anarchiste) a invité Maurice Rajsfus, journaliste et historien, auteur d'une cinquantaine d'ouvrages. Il parlera de son dernier livre (à paraître aux Editions du Monde libertaire), Les Mercenaires de la République, qui concerne la chasse aux précaires. Autant dire un livre d'actualité… Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Renseignements au 03 23 80 17 09.

Lyon, 17 mai. La librairie La Gryffe fête ses 30 ans et les 40 ans de Mai 68 avec un concert de soutien à partir de 19 h 30, au Grrrnd Zero Gerland, 40, rue Pré-Gaudry, Lyon 7e (M° Jean-Jaurès). Avec : Samizdat (punk, Lyon), Lost Boys (punk, Lyon), Damn'dynamite (punk, Lyon et Grenoble), L'Oiseau mort (rap, Grenoble), Skizominus Crew (rap, Saint-Etienne). PAF : 5 euros. La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, 69007 Lyon. Ouverture du lundi au samedi, de 14 heures à 19 heures. Tél./fax : 04 78 61 02 25. Site Internet.

Marseille, 17 mai. Conférence-débat animée par Charles Jacquier à propos de « Dynamique contestataire et histoire ouvrière. L'exemple de la collection Mémoires sociales, chez Agone », à 17 heures, au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel - Site Internet.

Paris, 17 mai. Forum-débat à la librairie du Monde libertaire avec Roger Dadoun, à propos de ses derniers livres : La Télé enchaînée. Pour une psychanalyse de l'image (lire ci-dessus) et L'Homme aux limites. Essais de psychologie quotidienne. A partir de 16 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Paris, 17 et 18 mai. L'Organisation communiste libertaire (OCL) et Offensive libertaire et sociale (OLS), en collaboration avec la librairie Quilombo, organisent deux journées « Autour de Mai 68 », au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e, les 17 et 18 mai. Programme du samedi : 11 à 14 heures, « Avant mai, les prémices » (lycéens et étudiants, luttes paysannes et ouvrières) ; 15 h 30 à 19 heures, « Mai-juin 68 » (Saclay et la question de l'autogestion, le mouvement du 22 mars, les comités de base…) ; 20 h 30 à 22 h 30, projection-débat. Programme du dimanche : 10 heures à 13 h 15, « Les traces dans l'après-mai » (mouvement étudiant 68-86, l'insubordination ouvrière…) ; 14 h 30 à 18 heures, « 68 réinterprété, récupéré ». Table de presse, buvette, coin repas… A cette occasion, les revues Courant alternatif et Offensive publieront un numéro commun sur Mai 68 (parution le 22 avril). Courriels OCL - OLS.

Périgueux, 22 mai. A 20 heures, projection du film L'An 01 de Jacques Doillon, suivie d'un débat avec Serge Aumenier, au Cap Cinéma, place Francheville. La soirée est organisée par le groupe Emma-Goldman (Fédération anarchiste), avec le concours de Ciné Cinéma.

Saint-Denis, 22 mai. Conférence-spectacle, à 20 heures, au théâtre de la Belle Etoile. Au programme : premier bilan de l'université populaire (Dionyversité, lire ci-dessus), conférence sur la littérature prolétarienne avec J.-P. Levaray, spectacle de Nicolas Bonneau (conteur) « Sortie d'usine ». Entrée libre et gratuite. Site Internet.

Paris, 23 mai. Théâtre à la bibliothèque La Rue : à 15 h 30, un membre de la troupe La Balancelle lira Morituri, texte de Philippe Malone. Bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Abbesses ou Blanche). Tél. : 01 42 23 32 18. Site Internet.

Dijon, 27 mai. Conférence-débat avec Jacques Lesage de La Haye : « Enfermement et état des lieux du monde carcéral et psychiatrique », à 19 heures, à la Maison des associations, 2, rue des Corroyeurs.

Dijon, 28 mai. Projection du film Censures à 19 heures, suivie d'une rencontre-débat sur l'univers carcéral, avec Charlie Bauer. Espace autogéré des Tanneries, 17, boulevard Chicago.

Paris, 29 mai. A partir de 19 heures, la section CNT de Censier vous invite à fêter le 40e anniversaire de Mai 68 sur le thème : « 1968-2008… N'effacez pas nos traces ! ». Au programme : un concert de la chanteuse Dominique Grange avec la présence du dessinateur Tardi. Ils dédicaceront en cette occasion leur livre et leur disque. Université Sorbonne nouvelle, Amphi A (rdc), 13, rue de Santeuil. Plus d'infos.

Saint-Denis, 30 mai. Meeting-débat anarchiste (AL, CGA, FA, OCL, OLS) à la Bourse du travail (M° Porte-de-Paris, ligne 13) à partir de 18 h 30 : « Mai 68, mai 2008… la révolution reste à faire ». Première séquence : « Une lecture révolutionnaire et libertaire de Mai », avec Jacques Baynac, Jean-Pierre Duteuil, Hélène Hernandez. Seconde séquence à 21 heures : « La persistance de l'esprit de Mai dans les luttes d'aujourd'hui » avec, entre autres, Nathalie Bonnet, Kamel Tafer, Hugues Lenoir. Après chaque séquence, débat avec la salle. Site Internet commun Mai 68-mai 2008. [Ce site n'est plus en activité (juillet 2012).]

 

THÉÂTRE, FESTIVAL, SALONS DU LIVRE,
COLLOQUE…

« Sacco et Vanzetti ». Les 5, 12, 19 et 26 mai, à 20 h 30, Les Inactualistes ont décidé de remettre au goût du jour l'histoire des deux militants anarchistes italiens exécutés le 23 août 1923 aux Etats-Unis, après un simulacre de procès. Pièce écrite et mise en scène par Loïc Joyez. Au théâtre Dejazet, 41, bd du Temple, Paris 3e (M° République). Location : 01 48 87 52 55, FNAC et points de vente habituels (tarifs : 30, 25 et 20 euros ; étudiants : 15 euros ; abonnés : 12 euros). Site Internet des Inactualistes.

Festival de théâtre anarchiste, 13 et 14 mai. Au D.B. Clarke Theatre, université Concordia, 1455, de Maisonneuve Ouest, Montréal. Mardi, à 19 h 30 : Bread & Puppet Theatre, The Divine Reality Comedy Circus (Etats-Unis) ; Norman Nawrocki, Cazzarola ! Anarchy, Mussolini, Genoa, Roma, Italy today (Québec) ; Nicolas Mourer, Je viens de la solitude, une soirée avec Armand Robin (France). Mercredi, à 19 h 30 : Bread & Puppet Theatre, Photographs of My Corpse: A Puppet Service for Guantanamo (Etats-Unis) ; La Balancelle (Nicolas Mourer, Monique Surel-Tupin, Jacques Surel), Cabaret anarchiste à la Belle Epoque (France) ; Le Comité de la fin du monde, Le Début de la fin : la première odyssée spatio-temporelle anarcho-chaotique (Québec). Courriel - Site Internet.

Salon du livre de Montréal. Le 17 mai, de 10 heures à 18 heures, aura lieu au CEDA, 2515 rue Delisle (à deux pas du métro Lionel-Groulx), le 9e Salon du livre anarchiste de Montréal. Précédé par le mois du Festival de l'anarchie, suivi par une journée entière de débats et d'ateliers sur l'anarchisme (18 mai), c'est le plus important événement anarchiste en Amérique du Nord. Programme d'activités et service de garde gratuit pour les enfants. Nombreux stands, des « ateliers d'introduction » (« Vivre l'anarchie dans l'ici et le maintenant » et « ABC de l'anarchisme »), des expositions artistiques, des projections de films et de documentaires sont prévus. Informations complémentaires. On peut voir des photos du salon du livre de 2006, pour avoir une idée de l'ambiance qui y régnait.

« Caricature et religion(s) ». L'Equipe interdisciplinaire de recherche sur l'image satirique (EIRIS) organise les 22, 23 et 24 mai un colloque international à la faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Bretagne occidentale, à Brest. Des intervenants de plusieurs continents, mais également de disciplines les plus diverses, y participeront. Plusieurs axes d'étude sont proposés : le 22 mai, « De quelques usages iconoclastes de la religion au cinéma, dans la BD et les journaux satiriques aujourd'hui » ; le 23 mai, « Caricature et religion(s) en Europe et en Asie » ; le 24 mai : « Autour de Mahomet ». Une exposition de caricatures étudiées pendant le colloque sera également visible pendant ces trois jours. Pour tout savoir du programme et des modalités d'inscription.

Rencontre autour du livre subversif. Cela se passe à Bruxelles, les 24 et 25 mai, de 12 heures à 21 heures, à De Pianofabriek, rue du Fort, 35, Bruxelles (Saint-Gilles). Entrée libre. Tables de presse de Belgique, des Pays-Bas, de France, d'Allemagne, du Royaume-Uni, de Grèce, d'Italie et d'Espagne. Programme des débats et causeries, informations complémentaires sur le site RA-Forum.

Liber'Tarn. Le 25 mai, de 10 heures à 19 heures, se tiendra la première édition de Liber'tarn, librairie champêtre libertaire. Où ? Domaine viticole de Brames-Aïgues (A 68, sortie 8, à 500 m. direction Parisot). Qui ? De nombreux éditeurs libertaires seront présents sur leurs stands. Quoi ? Restauration, bar (cuvée vin de Gaillac Liber'Tarn, entre autres), espace mômes, fanfare, expo des affiches Espagne 36, débats sur « antimilitarisme et guerre d'Algérie » et sur le Mouvement ibérique de libération, etc. Courriel.

Salon du livre libertaire. Les 31 mai et 1er juin, la librairie du Monde libertaire et Radio-Libertaire organisent à l'Espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville), un salon du livre libertaire (entrée à prix libre). Participation de quelque soixante-dix-neuf éditeurs et de plus de cent auteurs (listes complètes sur le site Internet). Expositions, débats, espace de libres lectures à voix haute, bar et restauration légère sont prévus pendant ces deux jours (samedi, de 10 à 20 heures ; dimanche, de 10 à 16 heures). Contact : SLL, 145, rue Amelot, 75011 Paris. Courriel - Site Internet.

 

DIVERS

Gaston Couté (1880-1911). Bernard Meulien lui rend une nouvelle fois hommage avec un double disque compact (41 titres), complété par un livret de 24 pages qui raconte un peu leur genèse. Il s'agit d'enregistrements en public (Anduze, Artigues, Paris) et d'extraits de disques vinyl. D'autres interprètes et compositeurs du poète anarchiste beauceron sont également au rendez-vous. Dans le vent large des chemins de traverse, par Bernard Meulien et… Mosaic Music, Les Indépendants (2 CD + 1 livret), 20 euros.

A l'occasion de l'anniversaire des quarante ans de Mai 68, tout au long de l'année, une foultitude de séminaires, de colloques, de journées d'étude et de débats-rencontres sont prévus, organisés par divers organismes et universités… Vous pouvez consulter quelques rendez-vous sur Anarlivres et vous référez au blog de Mai, fruit du rassemblement de diverses organisations, revues, librairies, personnalités, qui offre un album photo (tracts, affiches, « une » de journaux) particulièrement riche, présente des témoignages et informe aussi des diverses rencontres.

AnarSonore. Un site Internet qui a pour ambition de créer une bibliothèque sonore anarchiste vient d'ouvrir et propose déjà quelques enregistrements sur l'organisation (« Quel mode d'organisation construisons-nous ? »), sur la pratique militante (« Comment lutter ? », « Militer en réseau »…), des témoignages sur l'histoire du mouvement (Federica Montseny : « La création des milices », « L'or de la banque d'Espagne »). C'est une excellente idée et on ne peut que lui souhaiter de s'enrichir constamment de documents sonores riches et variés.

Marius Jacob blogué. L'Atelier de création libertaire annonce la prochaine publication de Marius Jacob, l'honnête cambrioleur. Portrait d'un anarchiste (1879-1954) dont l'auteur, Jean-Marc Delpech, anime un blog qui s'attache à dissiper les fictions sans tuer la légende de ce « travailleur de la nuit » ayant nourri l'imaginaire d'une époque et celle du bourg de Reuilly, dans l'Indre, où il s'était retiré. On y découvre quelques personnages connus tels que Darien et d'autres beaucoup plus obscures, illégalistes comme Félix Bour ou Marius Baudy, les « joyeusetés » du bagne, la jeunesse à Marseille du futur cambrioleur… En attendant le livre, on peut parcourir les pages électroniques.

 

PÉRIODIQUES

« Gavroche ». A la « une » de ce n° 154 (trimestriel, avril-juin, 50 p.) de la revue d'histoire populaire : « Le péril jaune à travers la caricature de la Belle Epoque », qui révèle une peur de la Chine servant aussi de prétexte à l'annexion de territoires ; « L'Ecole mutuelle », à partir de 1815, apparaissent en France des écoles où les élèves sont instruits par d'autres élèves ; « Marinus et Georg, comment résister au nazisme ? », deux actes désespérés de résistance qui ont été récupérés par la propagande ; « Pourquoi les fous sont morts de faim ? », retour sur le sort réservé aux malades mentaux par le régime de Vichy. Une livraison aussi riche et passionnante que les précédentes. 8 euros le numéro, abonnement 4 numéros : 30 euros - BP 863, 27008 Evreux Cedex. Courriel - Site Internet.

« Monde libertaire ». Un très beau dessin de Tardi illustre la couverture de ce numéro hors-série (n° 34, 32 p., 3 euros) inspiré comme il se doit par Mai 68 : « On remet ça ! ». Citons, entre autres, un entretien avec Jean-Pierre Duteuil qui revient sur les prémices libertaires ; Maurice Rajsfus dresse le portrait (faciès ?) de la police de cette époque ; Marc Tomsin évoque le mouvement lycéen ; un entretien avec Dominique Grange et Jacques Tardi relate leurs parcours ; le mouvement féministe est abordé par LN ; Yves Frémion fait, lui, revivre le mouvement hollandais Provo ; René Schérer se penche sur la « révolution sexuelle ». Et bien d'autres encore pour un excellent numéro souvenir… sans nostalgie ! Prix de vente de l'hebdo : 2 euros ; abonnement 3 mois : 20 euros, 6 mois : 38 euros, 1 an : 61 euros. Rédaction-administration : Le Monde libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris.

« GrAin de révolte / Opstandzaaier ». Ce nouveau journal d'information régional a la particularité d'être bilingue (français, flamand) et transfrontalier (France, Belgique), il est réalisé par la section CNT-AIT (Confédération nationale du travail - Association internationale des travailleurs) de Lille-Hainaut-Flandre. Au sommaire de ce premier numéro : « Réflexion sur la sous-traitance du sous-emploi », « Du démocratisme en milieu étudiant », « A propos d'une idée ignoble appelée compétition ». Il peut être téléchargé gratuitement. Laat ons bouwen aan een anarchistisch communisme nu ! (« Construisons le communisme anarchiste maintenant ! ») Courriel - Site Internet.

« No Pasaran ». Un hors-série consacré à Mai 68 (« 68 : sous les pavés, la rage »), édité par le Scalp de Nantes (60 p., couverture quadri, 5 euros). D'après ses concepteurs, cette contribution « se veut un fragment, un aperçu de ce qu'ont été ces jours de mai qui reste, à l'instar des grèves de 36, de la révolution russe et espagnole ou de la résistance antinazie, une référence dans l'imaginaire des révolutionnaires ». Des témoignages d'ouvriers, de paysans, d'employés, d'étudiants et de lycéens… mais aussi des articles sur l'université de Vincennes, Sud Aviation, les communautés, de La Rodhia à Lip, la question du pouvoir populaire (sic), Mai 68 au Mexique et au Japon, les immigrés et 68, etc. A commander au Cered, BP 322, 44803 Saint-Herblain Cedex (chèque à l'ordre du Cered). Réseau No Pasaran, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris. Courriel - Site Internet.

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