Juin 2014

PUBLICATIONS

On pensait tout savoir ou presque sur la Commune de Paris, et pourtant Paris, bivouac des révolutions. La Commune de 1871 (trad. de l’anglais par José Chatroussat, Libertalia, 470 p., 20 euros) de Robert Tombs nous en apprend beaucoup. Certainement parce que c’est l’œuvre d’un historien anglais, donc plus détaché des enjeux idéologiques franco-français, ayant le souci d’être compris par le plus grand nombre et possédant une vision générale (du contexte, des différents témoignages et des analyses postérieures). Une écriture simple, le « sens de la formule évocatrice », une « élégante distance critique » viennent à l’appui d’une évocation rigoureuse. Si l’étude relativise quelque peu l’événement en tant que tel, elle ne néglige pas son retentissement historique et passe en revue les origines de la Commune, son fonctionnement, sa composition sociologique, la lutte armée, ses conséquences politiques… faisant de cet ouvrage une référence. Le rôle des femmes, le comportement des Parisiens neutres et l’impact des transformations urbanistiques du Second Empire sont soulignés avec une certaine originalité. Dans La Révolution défaite (Noir et Rouge, 210 p., 17 euros), Daniel Aïache se penche sur les répercussions de la guerre civile espagnole auprès des groupements révolutionnaires parisiens (gauche de la SFIO, marxistes non staliniens, trotskistes, anarchistes…) et sur leurs réactions suite à l’évolution des événements : entrée des anarchistes au gouvernement, reconstitution de l’Etat, rôle du Komintern, antifascisme plutôt que révolution sociale… Si 1936 a suscité un immense espoir, la déception fut aussi grande, laissant place en 1939 à une amertume démobilisatrice (crise morale et dégoût face aux effusions de sang, aux « nécessités de la guerre », échec face au fascisme, horizon révolutionnaire bouché, conflit international inévitable). La division (franco-espagnole et entre militants français) du mouvement libertaire fut patente et laissa des traces durables, aussi bien à propos de la non-intervention (pacifistes opposés aux interventionnistes) que face aux dérives et à l’abandon des positions révolutionnaires (critiques plus ou moins sévères selon les groupes). En conclusion, c’est le totalitarisme (fasciste ou stalinien) qui a gagné. Avec Passeurs d’espoir (Les Editions libertaires, 226 p., 14 euros), Guillaume Goutte nous offre une belle étude sur le franchissement clandestin de la frontière pyrénéenne par les libertaires. Revenant sur l’immigration anarchiste espagnole avant 1939 et sur la Retirada, il analyse ensuite les raisons politiques et économiques de ce passage, son organisation (guides, faussaires, bases d’appui et hébergement) – dressant ainsi de passionnants portraits de militants et présentant une figure bien différente du passeur ordinaire –, les trajets et itinéraires, les difficultés du « voyage », la répression des Etats… L’auteur distingue plusieurs séquences historiques : pendant la seconde guerre mondiale, de 1939 à 1945 ; la guérilla antifranquiste, de 1945 à 1961 ; l’activité des Jeunesses libertaires, de 1961 à 1975. Pour chaque période, des ouvrages – certains parus récemment – permettent d’approfondir le sujet. Le 12 septembre 1948, un groupe d’anarchistes tenta de tuer le général Franco lors de régates qui se déroulaient à Saint-Sébastien. Un avion de tourisme venu de France devait larguer des bombes. L’action échoua du fait d’informations imprécises ou erronées et de la rapidité d’interventions des forces militaires espagnoles alertées par les radars. C’est cette aventure (préparation, déroulement, acteurs, contexte), assez peu connue, qui est relatée par Antonio Téllez Solá dans Attentat aérien contre Franco (trad. de Ramon Pinos, préf. de Guillaume Goutte, Albache, 110 p., 8 euros). Plus globalement, l’ouvrage pose la question de la difficile coexistence entre action illégale et organisation légale (CNT en exil). Autre difficulté, la clandestinité nécessaire à ce genre d’entreprise entraîne des évolutions personnelles pouvant être néfastes et bien souvent une absence de contrôle de l’organisation. Ce qui, avec la volonté d’agir ou pas, sera la cause de nombreux conflits au sein du mouvement anarcho-syndicaliste. Reprenant en exergue la belle phrase d’Albert Thierry (1881-1915) – « Refuser de parvenir, ce n’est ni refuser d’agir, ni refuser de vivre ; c’est refuser de vivre et d’agir pour soi et aux fins de soi » –, Marianne Enckell nous embarque avec Le Refus de parvenir (Indigène Editions, 40 p., 3,10 euros) dans une belle promenade constituée plus de faits pratiques que de théorie, de souvenirs personnels et de remises en question. Elle évoque ainsi de vieux militants anarchistes, les bases de l’éducation libertaire et du syndicalisme révolutionnaire, le passé et l’actualité de ce refus, le piège (syndical ou universitaire) de la réussite, le féminisme, la fête, le collectif, le CIRA de Lausanne… Imaginez une discussion à bâtons rompus entre un militant libertaire et son père, un humaniste curieux et tolérant, et vous aurez L'Anarchie expliquée à mon père (Lux éditeur, 244 p., 10 euros), de Thomas Déri et Francis Dupuis-Déri. La formule du dialogue a souvent été utilisé, entre autres par Errico Malatesta, mais cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu une démonstration aussi complète. Car tout est passé au crible (démocratie, domination et autorité, société, gouvernement et Etat, entraide et égoïsme, violence sociale et individuelle, capitalisme, exploitation économique…) et les concepts sont analysés avec simplicité, références théoriques et penseurs à l’appui, tout en resituant le débat dans l’actualité. Sans oublier les apports et les luttes menées dans divers domaines par les anarchistes. Toujours instructif et jamais chiant ! Jean-Marc Izrine a repris son ouvrage paru en 1998, Les Libertaires du Yiddishland (Alternative libertaire, 150 p., 16 euros), et l’a considérablement enrichi. En ces moments de confusion entre antisionisme et antisémitisme, où la « bête immonde » relève la tête, il est bon de faire (re)découvrir ce mouvement juif libertaire qui, même minoritaire, a su être de tous les combats révolutionnaires. De la fin du XIXe jusqu’à la moitié du XXe siècle, il a réussi à concilier identité et internationalisme. On le retrouve en Europe (occidentale, centrale et orientale), en Amérique du Nord et du Sud, au Proche-Orient. Organisé de façon communautaire ou parfaitement intégré, reprenant souvent à son compte la tradition messianique tout en rejetant violemment la religion, prônant la connaissance comme principale valeur émancipative, il a profondément marqué l’histoire anarchiste par sa vigueur, ses personnalités marquantes et ses nombreuses publications. L’assimilation, la répression des activités pacifistes et antimilitaristes pendant les conflits, la répression bolchevique, le génocide mené par les nazis, le développement du sionisme… ont eu raison de son existence. Cela fait près de trente ans que la France a pris le « tournant réac », que la « lepénisation » des esprits s’est doucement installée avec cette « bienheureuse » crise qui venait régler le sort des trente glorieuses, période où le pouvoir économique avait dû consentir à abandonner une partie de ses profits. A droite toute ! Le tournant des années 1980 (introd. de Théo Rival, 90 p., 8 euros), un recueil d’articles de Marco Sazzetti écrits pour le mensuel communiste libertaire Lutter !, vient nous le rappeler grâce aux éditions d’Alternative libertaire. Il souligne ainsi les responsabilités du Parti socialiste avec ses manœuvres politiciennes (l’épouvantail fasciste lui a beaucoup servi) et sa gestion sociale-démocrate, les dérives nationalistes et anti-immigration du Parti communiste, l’abandon par les partis de droite d’une tradition démocrate-chrétienne et la récupération des thèmes du Front national, le culte (gauche et droite réunies) de la réussite individuelle, de l’individualisme libéral… Et notre propre échec à nous y opposer ! Anarchiste individualiste puis révolutionnaire, bolchevique, proche puis critique de Trotski, antistalinien et socialiste antiautoritaire enfin, le parcours de Victor Serge (1890-1947, lire biographie) peut paraître chaotique mais possède sa propre logique. Le préfacier de Réflexions sur l’anarchisme (Acratie, 84 p., 8 euros) a bien raison de souligner que ces textes sous la « double influence du marxisme et de l’anarchisme » vont « irriter les puristes de l’un et l’autre camp ». On peut entre autres ne pas partager ses convictions sur le parti bolchevique et le léninisme, trouver ses spéculations quelque peu hasardeuses, et apprécier ses analyses qui refusent la facilité en s’interrogeant sur le « que faire ? ». Ce sont aussi des réflexions sur le début du XXe siècle, siècle des espoirs trahis ou avortés, menée par un témoin irremplaçable. Ceux qui s’intéressent à Elisée Reclus (1830-1905, biographie) et à la géographie ne peuvent que se précipiter sur Elisée Reclus et nos géographies. Textes et prétextes (coord. d’Isabelle Lefort et Philippe Pelletier, Noir et rouge, 453 p., 20 euros) qui représente la somme la plus aboutie sur le sujet. Les actes du colloque tenu du 7 au 9 septembre 2005 à l’université Lyon-II réunissent en effet une trentaine de contributions. Elles abordent aussi bien des espaces-thèmes (Russie, Océanie, Chine) que des « objets »-thèmes (la ville, les diasporas, les fleuves, la montagne) et passent en revue ses engagements (anarchisme, dénonciation du colonialisme, végétarisme), ses relations avec d’autres chercheurs – anarchistes ou non – et le rayonnement de sa pensée (Kropotkine, John Muir, Kumagusu Minakata, Ishikawa Sanshiro, Jacques Ellul…). Sont également étudiés la figure de Reclus, son rapport à la nature, l’écrit reclusien et sa qualité littéraire, les problématiques géopolitiques dans son œuvre, l’individu comme agent géographique, le professeur d’université, ses relations avec l’establishment… Notons également une consistante bibliographie qui étaye le propos.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Mâcon, 3 juin. Le syndicat CNT 71 organise à 19 heures un débat sur l'autogestion avec la projection du film Lip 73 (1976, 60 min), de Dominique Dubosc, salle Gambetta, 25, rue Gambetta.

Genève, 4 juin. Rencontre avec Marianne Enckell à l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif Les Anarchistes. Dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone (L’Atelier). A 17 h 30, Librairie du boulevard, 34, rue de Carouge. Site Internet.

Montreuil, 4 juin. Charles Reeve, auteur de l’appareil critique, et Laure Batier, traductrice, présenteront le livre de Paul Mattick La Révolution fut une belle aventure (L’Echappée) à la librairie Michèle-Firk, 7-9, rue François-Debergue.

Paris, 4 juin. A l’occasion de la sortie du « Maitron des anarchistes » (L’Atelier), la librairie Quilombo organise un débat en présence de Claude Pennetier, Hugues Lenoir, entre autres, qui ont participé à sa réalisation. A 19 h 45, au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Site Internet.

Paris, 4 juin. Débat sur les luttes d'émancipation des minorités, autour du livre Les Libertaires du Yiddishland (éd. Alternative libertaire), de Jean-Marc Izrine, en présence de l’auteur. Organisé par Alternative libertaire à 20 heures, au bar Aux Chiffons, 90, rue Marcadet, Paris 18e (M° Marcadet-Poissonniers ou Jules-Joffrin).

Bagnolet, 5 juin. Soirée « La France au Rwanda », de l’implication dans le génocide des Tutsis au négationnisme : projection du documentaire Tuez-les tous (2004, 100 min), de Raphaël Glucksman, David Hazan et Pierre Mezerette, suivie d’une discussion. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Figeac, 7 juin. A la librairie Le Livre en fête, 27, rue Orthabadial, Olivier Hiard présentera à 11 heures son livre Aymare, une collectivité anarcho-syndicaliste dans le Lot, 1939-1967 (Les Editions libertaires).

Paris, 7 juin. A 16 heures, au Ciné-SUBversion, projection du documentaire Petite Espagne (2006, 60 min) de Sophie Sensier et discussion avec des membres de l'équipe de tournage. Entrée libre, buvette, librairie. A la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Buzenval ou Avron).

Saint-Imier, 7 juin. A l’occasion de son congrès et du bicentenaire de Bakounine, la Fédération anarchiste francophone, en collaboration avec la coopérative Espace noir, propose des activités culturelles ouvertes au public. A la salle Saint-Georges, Beau-Site 8, à 19 heures, conférence-débat : « Actualité de la pensée de Bakounine » avec René Berthier et Edward Castleton. A l'Espace noir, rue Francillon 29, soupe à 20 h 30 ; chorale Cantamille (chansons anarchistes italiennes) dès 21 heures, puis Julien et ses copains (chants révolutionnaires).

Paris, 10 juin. Conférence de presse du collectif La Coupe est pleine ! à 10 h 30, en présence de Dirceu Traverso, secrétaire national du syndicat brésilien CSP-Conlutas. Café Le bon coin, 2, boulevard Saint-Martin, Paris 10e (M° République).

Paris, 10 juin. La librairie Quilombo organise un débat en présence de Silvia Federici, auteure de Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive (Entremonde-Senonevero), à partir de 19 h 45, au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Site Internet.

Thionville, 10 juin. A 20 heures, réunion publique « Face à l’extrême droite : quelles ripostes antifascistes ? » organisée par Alternative libertaire Moselle à la Maison des associations Raymond-Queneau, 5, place de la Gare. Site Internet.

Amiens, 11 juin. Le Poing, le journal qui ne prend pas de gants, organise une soirée ciné-débat autour du film Ne vivons plus comme des esclaves (2013, 89 min) de Yannis Youlountas. A 19 h 30, salle Maurice-Honeste. Site Internet.

Bagnolet, 12 juin. A 19 h 30, projection de Rêves d’or (2013, 108 min) de Diego Quemada-Diez, qui relate le périple de migrants latinos vers l’Amérique. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Programme complet.

Elancourt, 12 juin. Alternative libertaire 78 vous convie à assister à une projection-débat autour du film D'égal à égales (2010, 52 min), de Corinne Mélis et Christophe Cordier, au Ciné 7, à 20 h 30, centre commercial des 7 Mares. Entrée libre.

Lausanne, 12 juin. La librairie Basta ! Chauderon, Petit-Rocher 4, recevra à 18 heures Marianne Enckell pour la présentation de l’ouvrage collectif Les Anarchistes. Dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone (L’Atelier). Site Internet.

Paris, 12 juin. Dans le cadre du cycle « Individualisme et coopération au XIXe siècle », organisé par la Bibliothèque des amis de l'instruction (BAI), Daniel Lérault évoquera à 19 h 30 « Solitaire et solidaire Panaït Istrati ». Entrée et participation libres, sous réserve de places disponibles. Adresse : BAI, hôtel de Gourgues, 54, rue de Turenne, Paris 3e. Site de la BAI.

Royère-de-Vassivière (Creuse), 13 et 14 juin. Festival du documentaire politique et social Bobines rebelles le vendredi, à partir de 21 heures, au bar L’Atelier ; puis le samedi, de 10 à 24 heures, au Villard. Projections, débats, bar, librairies, restauration… entrée à prix libre. Renseignements pratiques et programme sur le site Internet.

Vannes, 13 juin. Soirée-débat « Education et pédagogie libertaire » avec Hugues Lenoir, un enseignant et un élève du lycée expérimental de Saint-Nazaire, organisée par le groupe libertaire René-Lochu (FA). Entrée libre. A 20 h 30, Palais des arts, place de Bretagne.

Paris, 14 et 15 juin. Bourse aux livres à partir de 15 heures, le samedi, et de midi, le dimanche, à la bibliothèque anarchiste Le Jargon libre, 32, rue Henri-Chevreau, Paris 20e. Apéro-concert dès 18 heures les deux soirs. Ouverture tous les jours du lundi au samedi, de 15 à 20 heures (consultation sur place et possibilité de scanner les documents).

Paris, 14 juin. « Répression syndicale, privatisation des services publics, la lutte continue » : à 17 heures, projection du film sur l’occupation des locaux de People & Baby (2010) et débat avec des camarades de la section et d’autres de La Poste, des Lilas… actuellement en lutte ; 20 heures, apéro-concert avec Trafic ; 21 heures, concert avec Dubamix. A la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Buzenval ou Avron).

Rouen, 14 juin. A 15 heures, débat autour du livre Premières Mesures révolutionnaires (La Fabrique), d’Eric Hazan et Kamo, à la librairie L’Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Saint-Etienne, 14 juin. Le collectif libertaire anti-carcéral Manuela-Rodriguez et la CNT 42 vous invitent à participer à une soirée autour de Georges Abdallah, injustement condamné et prisonnier politique en France depuis trente ans, et sur une critique des longues peines carcérales. Programme complet. A partir de 18 h 30, au Chok Théâtre, 24, rue Bernard-Palissy.

Paris, 15 juin. La librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e, organise une après-midi d’animation avec des débats et des ateliers pochoirs et écriture. A 13 h 30, « La lutte du foyer CARA à Saint-Ouen » et projection d’un documentaire ; à 15 heures, « La confusion idéologique », animé par le collectif antifasciste La Horde ; à 17 heures, « Histoire du Mouvement d’immigration des banlieues (MIB) », présenté par Rachid. Buvette et restauration sur place. Site Internet.

Caen, 16 juin. A 20 heures, rencontre avec Guillaume Goutte à propos de son ouvrage Tout pour tous ! L’expérience zapatiste, une alternative concrète au capitalisme (Libertalia), amphithéâtre Tocqueville, Campus 1, 23, avenue de Bruxelles.

Paris, 18 juin. La librairie Quilombo organise un débat sur le vélo avec Olivier Razemon, auteur du Pouvoir de la pédale (Rue de l’échiquier), et Frédéric Héran, auteur du Retour de la bicyclette (La Découverte), à 19 h 45, au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. A partir de 18 heures, atelier participatif de réparation de vélos animé par la Cyclofficine de Paris. Site Internet.

Lille, 19 juin. A 19 h 30, rencontre-débat contre la criminalisation du mouvement social avec Fouad Harjane, syndicaliste messin condamné à 40 000 euros de dommages et intérêts, à l’union locale CNT, 32, rue d’Arras. Informations complémentaires.

Cahors, 20 juin. « Autogestion d'hier, autogestion aujourd'hui », Olivier Hiard présentera à 18 heures son livre Aymare, une collectivité anarcho-syndicaliste dans le Lot, 1939-1967 (Les Editions libertaires) au Lieu commun (LLCC), rue Saint-James.

Lyon, 20 juin. Rencontre-débat : « Les mouvements féministes et libertaires au Chili », à 19 heures, avec une militante d’Alzada, acción feminista libertaria. La discussion sera suivie d’un peu de musique et de dégustation de spécialités chiliennes. Librairie La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Site Internet.

Paris, 20 juin. A 19 h 30, réunion-débat à propos de l’antipsychiatrie en France avec l’émission de Radio-Libertaire « L’entonnoir » (mercredi, de 9 h 30 à 10 h 30), précédée de la diffusion de « Qui est fou ? » (1976, 69 min), enregistrement d’une émission d’« Apostrophe ». A la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Rochefort-en-Terre (Morbihan), 20 juin. Rencontre avec Guillaume Goutte, à 19 heures, à propos de son ouvrage Tout pour tous ! (Libertalia) sur le mouvement zapatiste, au Café de la Pente (coorganisé par le groupe Lochu, Fédération anarchiste).

Paris, 21 juin. Rencontre-débat avec Jean Rat, auteur de La Monnaie de leur pièce. Plein feu sur le capital et l’Etat (Les Editions libertaires). A 16 h 30, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Berrien (Finistère), 22 juin. Rencontre à 19 h 30 avec Guillaume Goutte à propos de son ouvrage Tout pour tous ! (Libertalia) au café-librairie L’Autre Rive.

Montreuil, 22 juin. La boulangerie autogérée La Conquête du pain vous invite à une exposition de pains du monde (quinze recettes revisitées) décorés, en collaboration avec l’artiste SO, dans son local du 47, rue de la Beaune. Il s’agit d’allier techniques de pochoir et boulangère, tout en présentant un produit comestible. Site Internet.

Paris, 23 juin. Réunion publique, à 19 heures, des signataires de l’appel « Brésil : la Coupe est pleine » à la Bourse du Travail, 3, rue du Château-d’Eau, Paris 10e (M° République).

Toulouse, 23 juin. Céline Pessis et Jean-Paul Malrieu présenteront Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l’écologie (L’Echapée) à 18 heures à la librairie Ombres blanches, 50 Carriera Leon Gambetta.

Marseille, 24 juin. De 19 à 21 heures, conférence-débat sur « L'avenir des gauches et les défis de l'extrême-droite », avec Philippe Corcuff (Fédération anarchiste) et Samuel Johsua (Front de gauche), organisée par l'Université populaire et républicaine de Marseille. Maison de la région PACA, 61 La Canebière (M° Noailles).

Saint-Etienne, 24 juin. Réunion-débat à propos de la criminalisation du mouvement social, en présence de Fouad Harjane. A partir de 18 heures, salle Sacco-Vanzetti, Bourse du travail, cours Victor-Hugo.

Bagnolet, 25 juin. A 16 heures, « ciné-goûter » avec la projection des Trois Brigands (2007, 79 min) de Hayo Freitag. Pour les enfants du quartier et d’ailleurs. Accès libre pour petit.e.s et grand.e.s ! Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Perpignan, 26 juin. Réunion de soutien à Fouad Harjane (vidéo pour info) et à toutes les victimes de la répression syndicale, à 20 heures, au Centre culturel catalan, 23, avenue du Lycée-Arago. Organisée par l’union locale 66 de la CNT.

Erquery (Oise), 27 juin. Soirée dédiée à l’histoire de la Commune de Paris à partir de 20 heures. Eric Fournier présentera son ouvrage, La Commune n’est pas morte, ainsi que Paris, bivouac des révolutions (tous deux aux éd. Libertalia) de Robert Tombs. La rencontre sera suivie d’un concert de Riton la Manivelle.

Alès, 28 juin. A 14 heures, Matthias Bouchenot présentera son livre sur les groupes d'autodéfense antifascistes dans les années 1930, Tenir la rue (Libertalia). A la bibliothèque La Rétive, 42, rue du Faubourg-d'Auvergne.

Merlieux (02), 28 juin. Projection à 17 heures du film Hélène Berr, une jeune fille dans Paris occupé (2013, 65 min) de Jérôme Prieur et débat, à 18 h 30, avec le réalisateur autour du film et de ses derniers ouvrages : Une femme dangereuse et Le Mur de l’Atlantique : monument de la collaboration. Table de presse et apéro dînatoire. Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Site Internet.

Paris, 28 juin. Pour fêter la sortie du n° 4 de L'Echaudée, les éditions Ab irato vous invitent à un pot, de 15 à 19 heures, à la Librairie du Sandre, 5, rue du Marché-Ordener, Paris 18e. Tél. librairie : 01-45-20-74-86 ou 06-18-40-67-80. Site Internet des éditions.

Paris, 28 juin. Rencontre-débat à 16 h 30 avec Justhom, auteur du livre La Véridique Histoire du 1er Mai (Les Editions libertaires). Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Paris, 30 juin. Projection à 20 heures du film Quand Sisyphe se révolte (90 min, 2013), d’Abraham Ségal, puis débat en présence du réalisateur et de Lou Marin, qui a publié Albert Camus. Ecrits libertaires (1948-1960) (Indigène Editions). Au cinéma L’Entrepôt, 7, rue Francis-de-Pressensé, Paris 14e (M° Pernety).

 

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Théâtre anarchiste. Le 9e Festival international de théâtre anarchiste de Montréal (Fitam) aura lieu les 2 et 3 juin, avec la participation de vingt-cinq artistes originaire de France, du Vermont et de Montréal, à La Sala rossa, 4848, boulevard Saint-Laurent. « Deux soirées de représentations d’un théâtre engagé qui défend la liberté et la prise de parole, refuse la passivité et partage une certaine vision du monde. » Le 5 juin, de 18 à 20 heures, se tiendra une causerie sur le théâtre anarchiste de la Belle Epoque au Bar populaire, 6584 boulevard Saint-Laurent. Entrée libre. Informations complémentaires.

Education et autogestion. Une rencontre d’écoles autogérées aura lieu à Paris, les 6 et 7 juin, et réunira des membres du Lycée autogéré de Paris (LAP), de La Escuelata de Huesca (Aragon, Espagne), de La Escola autogestionada de Sants (Barcelone, Catalogne, Espagne) et de la CNT éducation. Vendredi, de 15 à 18 heures, rencontre-débat au LAP, 393, rue de Vaugirard, Paris 15e ; à partir de 20 heures, projection, débat et bouffe à la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e. Samedi, à 20 heures, à la CNT, paella-discussion autour de la récupération d’espaces pour l’éducation populaire comme à Sants.

AIT à Nancy. A l’initiative d’un collectif regroupant des organisations d'extrême gauche et libertaires, des syndicats et diverses associations, une rencontre avec de nombreux événements aura lieu à Nancy, les 13, 14 et 15 juin, pour célébrer la fondation à Londres, le 28 septembre 1864, de l'Association internationale des travailleurs (AIT), la première internationale ouvrière. Colloque « Histoire et actualité de la Première Internationale », vendredi, de 9 à 18 heures, à l’Université de Lorraine, campus lettres et sciences humaines, boulevard Albert-1er (participation gratuite mais il est préférable de s'inscrire). Manifestation « politique, revendicative, syndicale et festive en centre-ville, avec la fanfare Poulidorchestra et des interventions de chorales révolutionnaires internationales », le samedi à 10 heures. Pendant tout le week-end, de nombreuses autres interventions (débats, chansons et musique, projections…) sont prévues : programme complet et informations pratiques.

Braderie. Les éditions Noir et Rouge organisent une fête du livre libertaire le samedi 14 juin, à partir de 13 heures, à la librairie L'Emancipation, 8, impasse Crozatier, Paris 12e (M° Faidherbe-Chaligny ou Gare de Lyon). Des centaines de livres d'occasion seront disponibles… Site Internet.

Colloque AIT. Comme nous vous l’avions annoncé (lire information), à l’occasion des cent cinquante ans de la Première Internationale (Association internationale des travailleurs, AIT), la Société d'histoire de la révolution de 1848 et le Centre d'histoire du XIXe siècle (Paris-I et Paris-IV) organisent un colloque à Paris, les 19 et 20 juin, à la Maison de la recherche de l’université Paris-IV (28, rue Serpente, Paris 6e). Seront abordés les thèmes suivants : « Londres, centre de l’AIT », « L’AIT et ses sections » (Belgique, Suisse, Italie, à propos de Carlo Cafiero…), « Grèves et solidarité ouvrière », « Pour une histoire intellectuelle de l’AIT », « Autour de la Commune », « Une autre histoire ? Une histoire atlantique de l’AIT » (monde espagnol, Amérique du Sud, Etats-Unis). Informations complémentaires. La diversité des intervenants et les sujets traités (certains en anglais) soulignent la richesse et l’intérêt d’une telle rencontre.

Foire à l’autogestion. Sa troisième édition aura lieu les 28 et 29 juin à La Parole errante, 9, rue François-Debergue, Montreuil (Seine-Saint-Denis). C’est le point de rencontre de collectifs, d’associations, de coopératives, d’organisations syndicales et politiques qui cherchent à faire vivre l’idée d’autogestion. On y trouvera des espaces de débat retransmis à la radio, des projections, un concert, une librairie, un espace enfants, des ateliers pratiques… Site Internet.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (juin). Du 12 juin au 13 juillet se tiendra au Brésil la Coupe du monde de football et, en 2016, ce même pays récidive en accueillant les Jeux olympiques. Depuis plusieurs mois, de nombreuses organisations brésiliennes dénoncent le coût pharaonique des installations et le choix de cet investissement aux dépens de la santé, de l’éducation, du logement, des transports collectifs ou de la réforme agraire. Sachant également que les retombées financières iront principalement dans les poches des entreprises, de la Fédération internationale de football association (FIFA) et du Comité international olympique (CIO). Voir vidéos. En France, un appel unitaire – « La Coupe est pleine ! » – a été lancé, dénonçant les expulsions opérées pour mener à bien les travaux, l’interdiction et la répression des manifestations, les mesures « antiterroristes », l’occupation de favelas par la police militaire, l’organisation par les réseaux mafieux d’une prostitution à grande échelle… Les signataires appellent à un rassemblement à Paris devant l’ambassade du Brésil le 12 juin, à 18 heures, et un quatre-pages est disponible. L’inénarrable Michel Platini a, pour sa part, appelé les Brésiliens à ne pas manifester durant la Coupe du monde de football, précisant qu’« on va au Brésil pour leur faire plaisir » (vidéo). Le site Squat.net rend compte régulièrement des événements sociaux brésiliens pendant la Coupe du monde. Au Venezuela, la droite la plus réactionnaire se sert des manifestations étudiantes pour tenter de renverser le gouvernement chaviste qui a réagi avec vigueur. Reste que, malgré des changements structurels contrôlés (développement de l’économie sociale, conseils locaux de planification publique, conseils communaux, communes socialistes), l’augmentation de l’insécurité et de l’inflation inquiètent la population, et le pétrole (dont la gestion est chaotique) demeure encore la principale richesse – et l’une des seules – du pays. Pour Pierre Bance, il faut chercher les raisons des tergiversations gouvernementales dans l’idéologie floue du chavisme et, sur Autre Futur, il livre deux textes d’analyse à propos du socialisme bolivarien. Jérôme Baschet est l'auteur de La Rébellion zapatiste. Insurrection indienne et résistance planétaire (Champs-Flammarion, 2005) et d'Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes (La Découverte, 2014). Il vit six mois par an au Chiapas et vient d'écrire « L'Escuelita zapatiste et la contagion de l'autonomie » dans lequel il présente l'autonomie zapatiste : objectifs, modalités concrètes, difficultés rencontrées. A lire en trois parties sur le site La Voie du jaguar. Lors des dernières élections européennes, on a pu constater l’« emprunt » éhonté auquel s’est livré le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) : il a piqué aux anars le slogan « Prenons nos affaires en main ! » Sur son blog, Floréal s’en offusque et s’interroge « sur le ridicule qui consiste à se présenter à des élections destinées encore une fois à désigner à des postes confortablement rémunérés, sans obligation de présence d’aucune sorte, les mêmes sempiternels politicards de métier, tout en invitant une population à s’occuper de ses propres affaires, ce qui est la négation même du professionnalisme politique parasitaire ». Tu n’as rien compris, camarade, c’est de la dialectique ! Un superhéros libertaire existe et vous n’en saviez rien ?… Nous le devons aux sieurs Cédric Latrique (scénariste et dialoguiste) et AKar le Rouge (dessinateur) qui ont commis Capitaine Anarchy (BD de 34 pages en autoproduction, 168 x 260 mm, 9 euros). « La vie banale et résignée de Marcus Corium va basculer au lendemain de la catastrophe de la centrale de Fukushima. Il va devenir le Capitaine Anarchy. Un superhéros qui va changer la face du monde, et accessoirement celles des escrocs qui l’organisent. (…) [Mais il] sera très vitre pris dans une contradiction, se battre contre les pouvoirs en étant soi-même doté d’un pouvoir immense. » Pour en savoir plus : un site et une émission de radio (« La philanthropie de l’ouvrier charpentier » sur Radio-Libertaire). L'Espace des Tanneries (Dijon) déménage fin 2014. Après de longues négociations avec la municipalité, ses animateurs sont parvenus à un accord pour occuper un ancien hangar industriel de 900 m2 entouré de 4 000 m2 de friche boisée au sud de Dijon et laisser place boulevard de Chicago à un projet d'« éco-quartier ». C’est une page qui se tourne, en espérant que cela ne mettra pas fin à l’aventure d’un lieu autogéré où s’organisait une multitude d’activités depuis plus de quinze ans. Nous ne pouvons que leur souhaiter de maintenir le cap et de demeurer « un espace unique, fruit des rêves, des complicités, des rencontres, de la combativité de tant de gens ». Texte en forme de bilan et appel à dons et soutien. Sur le blog Quand l'hippopotame s'emmêle... hébergé par Médiapart, on peut lire une page concernant la publication par les Editions du Monde libertaire de l’ouvrage collectif Actualité de Bakounine 1814-2014 (180 p., 10 euros) : extraits de l’« Avant-propos. Bakounine, camarade vitamine ! », par Philippe Pelletier, et de « Sentiers hérétiques pour une philosophie politique de la liberté et de l’égalité : en partant de Bakounine », par Philippe Corcuff. Du 3 juin au 21 septembre, le Jeu de Paume (1, place de la Concorde, Paris 8e) présente la première exposition rétrospective de la photographe Kati Horna (1912-2000), retraçant plus de six décennies d’activité en Hongrie, en France, en Espagne et au Mexique. Dans le dossier de presse, on lit avec intérêt qu’« engagée dans la cause anarchiste, elle devient rédactrice de la revue Umbral – où elle rencontrera son futur mari, l’anarchiste andalou José Horna –, et participe à la revue culturelle de la Confédération nationale du travail, Libre-Studio. Elle collabore également avec les revues Tierra y Libertad, Tiempos Nuevos et Mujeres Libres, des publications présentées ici au public pour la première fois. Son œuvre se distingue à cette époque par des photomontages à caractère symbolique et métaphorique ». Précisons aussi que des photographies prises pendant la guerre d’Espagne sont exposées.

Business de la réimpression. En mai 2012 (lire article), nous avions dénoncé les agissements de quelques profiteurs qui, se servant des numérisations bien souvent effectuées par d’autres, réimprimaient à la demande des ouvrages épuisés. Pas de stock, pas de travail d’édition, des prix prohibitifs, un beau bénéfice avec peu d’investissement !… Depuis octobre 2013, la Bibliothèque nationale de France (BNF) s’est associée à Hachette pour mettre « le patrimoine à portée de main », comme l’affirme leur site commun. Il s’agit de rentabiliser en partie les efforts de scannérisation de l’établissement public en vendant des livres réédités en fac-similé par le biais du réseau Hachette. L’acheteur potentiel effectue ainsi une recherche dans le catalogue et passe commande du livre, puis le retire chez un libraire partenaire proche de son domicile. Cela permet de redynamiser quelque peu l’activité des libraires traditionnels – mise à mal par les géants de la vente sur Internet –, tout en satisfaisant le besoin d’accéder à des ouvrages rares. Reste à espérer que la qualité d’impression soit satisfaisante. Les prix, quant à eux, semblent compétitifs. Par exemple, Correspondance, lettres à Herzen et à Ogareff (1860-1874), de Bakounine (édition Perrin, 1896, 383 p.) est vendu 21,50 euros. Il est à noter que c’est, pour l’instant, le seul titre du révolutionnaire russe. Proudhon est bien mieux traité avec cinquante et un résultats, alors qu’une recherche avec Kropotkine n’en ramène aucun. Sur un célèbre site de vente aux enchères, quelques petits malins ont eu l'idée de proposer des ouvrages réimprimés par la BNF avec une bonne marge de profit : Subjectivisme, de Han Ryner, à 15,59 euros au lieu 7,80 euros ; Les Profiteurs de la guerre de Mauricius, 17,08 au lieu de 8,70 ; Dieu, la morale, la patrie : idéologie d'hier de Madeleine Pelletier, 19,01 au lieu de 9,60. On peut aussi se passer des intermédiaires et consulter les ouvrages (ou les télécharger) sur Gallica. Pour les trouver, se servir de la bibliographie d’Anarlivres. Tout cela est gratuit.

 

 

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