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Juin 2012
PUBLICATIONS
Les
Anarchistes espagnols (Editions
Denoël, coll. Médiations, 576 p., 28,50 euros)
d'Edouard Waintrop
un livre de plus sur la révolution espagnole !
Pas tout à fait, l'auteur l'avoue : il n'est pas historien
mais journaliste, et en tant que tel a joué au « chalutier,
travaillant en profondeur et systématiquement mais essentiellement
sur la pêche des autres ». Il nous brosse effectivement,
avec talent et de façon documentée, la naissance de l'anarchisme
dans ce pays, la création de la Confédération nationale
du travail (CNT), son développement par soubresauts, tiraillée
continuellement entre ses tendances syndicalistes et anarchistes (voire
ses tentations insurrectionnistes), sa résistance pendant les périodes
de dictature, de guerre civile larvée, la révolution rouge
et noir après l'échec du coup d'Etat franquiste et la guerre
civile dévorant l'élan émancipateur. Mais il le fait
avec le souffle du journaliste, du vulgarisateur conscient de sa tâche,
avec une volonté didactique d'informer de façon nuancée
et critique. Mettant à mal la « légende »
du peuple en armes défaisant la réaction en Catalogne, présentant
l'impasse dans laquelle se trouve les anarchistes ne pouvant surmonter
une contradiction fondamentale : prendre le pouvoir au risque d'établir
une dictature libertaire, critiquant un peu hâtivement
à notre avis la « créativité
économique des anarchistes de la CNT et de la FAI [qui fut]
minimale » et plus justement
la colère sanglante et bien souvent aveugle des débuts,
les erreurs commises par les dirigeants, l'« intégration
graduelle de l'anarcho-syndicalisme dans l'Etat »
Reste, comme l'indique Waintrop en conclusion, à « apprendre
à concilier les inconciliables, l'utopie et la prise en compte
des réalités du monde, la liberté et la responsabilité,
l'esprit adolescent et la conscience adulte
».
Un beau programme ! L'ouvrage
s'achève à peu près lorsque commence, dans les années 1960,
Une résurgence anarchiste
(Acratie, L'Essart, 86310 La Bussière, 380 p., 19 euros
[port compris]), de Salvador Gurucharri et Tomás Ibáñez,
qui relate la lutte des Jeunesses libertaires contre le fascisme. Après
le déclin des guérillas menées entre autres par Sabaté,
quelques jeunes de l'exil et certains arrivés d'Espagne décident,
avec l'accord de la CNT et le soutien de vieux militants comme García
Oliver et Cipriano Mera, de constituer une organisation Défense
intérieure pour intensifier la création de groupes
dans la péninsule et donner la priorité à l'action
directe afin de miner les intérêts économiques de
l'Etat franquiste. Entre 1962 et 1970, une cinquantaine d'actions furent
réalisées (divers attentants et sabotages, séquestration
de personnalités, enlèvement de Mgr Marcos Ussía,
etc.) mais l'hostilité croissante de la direction du mouvement
libertaire espagnol (composée de personnes trop longtemps en place),
les exécutions au garrot de Delgado et Granado, les arrestations
de militants en Espagne et les raffles des autorité françaises
finirent par étouffer cette tentative. Les auteurs ont participé
à ce combat et apportent leur vision des événements
(adossée à une riche documentation,
comprenant de nombreux inédits, à une chronologie et à
un index rigoureux et précieux) sur un épisode encore controversé
de la CNT en exil. Querelles
à peu près similaires avec Les Situationnistes
et l'anarchie (Editions de la Roue, 188 p., 12,20 euros,
diffusées par Court-Circuit).
Miguel Amorós nous y dépeint les prémices de Mai 68
en analysant les relations entretenues par les situationnistes avec certains
groupes libertaires. Et, indirectement, avec la Fédération
anarchiste qui, marquée par l'aventure OPB (lire biographie
de Georges Fontenis), rejette toute tentative de rénovation. Sclérosée
et arc-boutée sur le passé, elle se débarrassera
des importuns séduits par le situationnisme ou par des apports
marxisants. Ceux-ci finiront souvent par s'entre-déchirer, s'excommunier
et se dissoudre. Quant aux situationnistes, brillants analystes de l'évolution
sociétale et théoriciens visionnaires, ils demeureront drapés
dans leur élitisme et leur avant-gardisme, et, bien qu'inspirant
la révolte de la jeunesse, ne pèseront guère sur
celle-ci. Tout cela laissant un goût amer de rendez-vous manqué
avec l'histoire. On peut ne pas partager tous les jugements de l'auteur
mais il est indéniable que son ouvrage éclaire une période
de l'anarchisme encore trop peu abordée. Impossible de ne pas évoquer
à ce propos Le Mouvement situationniste.
Une histoire intellectuelle (L'Echappée,
337 p., 22 euros) de Patrick Marcolini, mais n'ayant pas eu
la possibilité de le lire, nous ne pouvons que citer ces lignes
de présentatison : « Ce
livre analyse avec précision les racines culturelles des théories
et des pratiques situationnistes. Il explore également leur postérité
diverse et souvent contradictoire : entre récupération
et radicalisation (
) chez les
stratèges du pouvoir néocapitaliste comme dans les rangs
des révoltés d'aujourd'hui. » « 1849-2009 »,
le sous-titre de Pour l'éducation
populaire (Editions du Monde libertaire, 88 p., 8 euros),
nous donne la clef de cette brochure qui réunit deux textes de
Hugues Lenoir. L'un est un commentaire critique du premier programme d'enseignement
socialiste rédigé par des instituteurs et des institutrices
en 1849, qui établit malgré quelques égarements
d'autorité et de croyance les bases d'une véritable pédagogie
libératrice. L'autre présente l'expérience de la
Dionyversité, plus proche de nous et régulièrement
citée par Anarlivres. Historique, principes de fonctionnement,
activités, public sont ainsi décortiqués. Tout en
étant rattachée à un courant éducationniste
du mouvement ouvrier qui a périclité au début
du XXe siècle. Les raisons de cet « échec » ?
Entre autres, parce qu'il ne s'agissait pas d'une « éducation
du peuple, pour le peuple et par le peuple, mais d'une éducation
donnée au peuple, c'est-à-dire une forme de bonne parole
laïque, humaniste et dans le meilleur des cas réformistes
»
Ecueil que tente d'éviter l'université populaire de Saint-Denis
en laissant une large place au débat, à la critique et à
la participation des « auditeurs-acteurs », prenant
garde de varier les sujets d'intérêt et les activités.
Education
encore, avec Apprendre à désobéir
de Laurence Biberfeld et Grégory Chambat (préf. de Martine
Auzou, postf. d'André Bernard, Editions
CNT-RP, coll. N'autre école, 238 p., 10 euros), qui
dresse la « petite histoire de
l'école qui résiste », résistance
qui peut être pédagogique (Freinet) et/ou politique (contre
le militarisme, le nationalisme, le colonialisme, le contrôle social
).
Revenant sur la création d'un système éducatif publique
et laïque dans les années 1880 il fallait
« écarter l'Eglise sans
mettre en péril la cohésion nationale et morale » ,
les auteurs notent que l'école fut très tôt un « lieu
ambivalent », entre domination et émancipation. Martine
Auzou, dans la préface, souhaite que ce livre, « par
les exemples de luttes qu'il relate, donne la pêche ! ».
Il en est en effet grand besoin lorsqu'on constate les dégâts
causés par l'idéologie néolibérale, la lassitude
et les réactions aux dernières tentatives de fichage des
enfants (fichier Base-élèves) et de contrôle
des enseignants (notation par les chefs d'établissement) qui sont
restées limitées et minoritaires. Education toujours, serait-on
tenté de dire, mais sur un autre terrain
celui de l'activité
physique et, plus particulièrement, du football. Eloge
de la passe (coordonné par Wally Rosell, Les Editions
libertaires, 191 p., 13 euros) est un plaidoyer pour un
sport plaisir, adepte du beau jeu, débarrassé de ses liens
avec l'argent et le pouvoir. Connaissez-vous la véritable histoire
des Olympiades de Barcelone (en opposition aux JO de Berlin) ? Savez-vous
que le jeu à XIII fut interdit par Pétain au profit
du rugby à XV ? Que
le siège de la Fédération française de football
a été occupé par des joueurs en Mai 68 ?
Qu'un journal a tenté pendant vingt-neuf ans de faire aimer et
défendre un jeu qui respecte les hommes, les joueurs et le public ?
Que des groupes de supporteurs(trices) mènent une lutte antifasciste,
antiraciste, anticapitaliste et antisexiste dans les tribunes des stades ?
Que le foot a aussi façonné Albert Camus ? Qu'une Coupe
alternative d'Amérique du Sud et une Coupe libertaire de football
de Stockholm existent ? Que, dans le monde anglophone, le foot peut
être un outil de libération ? Qu'en 2003, à San
Francisco, le FC Kronstadt a rencontré l'équipe communiste
Left Wing (« aile gauche ») ? Que les « règles »
(pouvant être amendées à tout moment) d'un football
libertaire ont déjà été établies équipes
mixtes, nombre de joueurs variable mais à égalité,
remplacements illimités, toute faute volontaire étant sanctionnée
par un penalty
? Après la lecture de cet ouvrage, vous
verrez les jeux de balle sous un jour nouveau et ne pourrez que souhaiter
« changer le sport pour changer
le monde » ! Dans un parc public, un vieil homme
raconte à son petit-fils l'histoire de Sacco et Vanzetti. En
Amérique à cette époque, dans les années 1920,
une véritable guerre a lieu : d'un côté, l'opulence
des nantis, l'exploitation, les hommes politiques, les juges, les polices
privées, l'armée, la violence légale ; de l'autre,
la misère, la résistance et parfois les bombes
Suite
à une attaque à main armée où deux hommes
sont tués, deux personnes sont arrêtées, jugées
(si l'on peut appeler jugement ce simulacre de procès) et condamnées
à mort. Non qu'on soit sûr de leur culpabilité mais
parce qu'anarchistes, pauvres et émigrés italiens. Leur
sort va émouvoir le monde entier et ils vont devenir un symbole.
C'est ce récit que nous livre Florent Calvez avec American
Tragedy (Delcourt,
coll. Mirages, 111 p., 14,95 euros). Parfaitement documentée,
dans des tons chauds et avec des traits hachurés qui suggèrent
l'implacabilité de la fin, la bande dessinée se révèle
particulièrement juste. La longue séquence de l'exécution,
très réussie, ne peut qu'émouvoir. L'auteur aurait
pu tout de même s'épargner de rendre Sacco complice passif
des meurtres (rumeur qui a effectivement circulée) et une fin quelque
peu moralisatrice qui prône l'individualisme bourgeois, convenant
mal à deux militants pris dans un engrenage inexorable.
RÉUNIONS-DÉBATS
Marseille,
2 juin. A 17 heures, causerie animée par Pierre Jouventin,
directeur de recherche au CNRS et président de l'association
Les Acrates, sur « Darwiniens de droite et de gauche ».
Au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA),
50, rue Consolat, Marseille 1er. Courriel : cira.marseille(at)free.fr
- site Internet.
Paris, 2 juin. Une
lecture anarchiste du marquis de Sade par Maurice Schuhmann, à 16 h 30,
à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e
(M° Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site
Internet.
Paris, 3 juin.
Deuxième rencontre des anarchistes étrangers, à partir
de 20 heures, au bar-restaurant Maldoror (10, rue du Grand-Prieuré,
Paris 11e, M° Oberkampf). Lire
précédente info.
Toulouse, 4 juin.
Conférence-débat à propos du livre La Bio,
entre business et projet de société (Agone) en présence
de deux des coauteurs, Philippe Baqué et Pierre Besse. Soirée
organisée par l'association culturelle l'Après. A 19 h 19,
au Récantou, l'autre épicerie, 42, rue des Sept-Troubadours
(M° Jean-Jaurès ou Marengo).
Angers, 5 juin.
Projection du documentaire La Domination
masculine (1 h 43), de Patric Jean, puis rencontre avec
Chistine Bard, historienne du féminisme, sur le thème du
droit des femmes et de l'égalité des droits. A 20 h 15,
au cinéma Les 400 coups, 12, rue Claveau.
Argenteuil, 5 juin.
Réunion-débat organisée par l'UD CNT du Val-d'Oise
autour de Pédagogie et révolution
(Libertalia), en présence de l'auteur Grégory Chambat. A
19 heures, Espace Mandela, Bourse du travail (3e étage),
82, bd du Général-Leclerc.
Saint-Denis, juin.
Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures
à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro
ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Autogestion
et société » : le
5, « L'autogestion, approche historique »,
avec Franck Georgy ; le 12, « Approches
économique et pédagogique », avec Frank Mintz
et Hugues Lenoir ; le 19, « L'autogestion
en actes », avec divers témoins. Site
Internet.
Paris, 6 juin. A
19 heures, apéro-rencontre avec les éditeurs de La ville
brûle à la librairie Quilombo, 23, rue Voltaire, Paris 11e.
Site Internet.
Merlieux, 7 juin.
De 18 à 21 heures, le groupe Kropotkine (Fédération
anarchiste) reçoit François Ruffin, animateur du journal
Fakir, à propos de son ouvrage
Leur grande trouille, journal intime de mes
« pulsions protectionnistes » (Les liens
qui libèrent). Apéro dînatoire. Athénée
libertaire, 8, rue de Fouquerolles. Site
Internet.
Millau, 7 juin.
« Tant qu'il y aura de l'argent, y'en aura pas pour tout le
monde ! », conférence-débat à 20 h 30
autour du livre Crises (Entremonde)
avec Léon de Mattis, son auteur. Organisée par Solidaires,
écologistes et libertaires (SEL), à la librairie Plume(s),
16, rue Saint-Martin. Plus
d'infos.
Paris, 7 juin. Le
collectif Rage de nuit vous invite à une projection suivie d'un
débat sur le thème de « La non-violence est-elle
patriarcale ? ». Film Messidor
(1970) d'Alain Tanner à 19 heures et discussion
à partir de 22 heures (entre-temps, vous aurez même
à manger !). Chez Martine, 11, cité Aubry (M° Alexandre-Dumas).
Toulouse, 7 juin.
Rencontre avec Patrick Marcolini autour de son livre Le Mouvement
situationniste. Une histoire intellectuelle (L'Echappée),
à 19 heures, librairie Terra Nova, 18, rue
Gambetta.
Montpellier, 8 juin.
A 20 h 30, débat avec Sergio Ghirardi, auteur de
Nous n'avons pas peur des ruines. Les situationnistes
& notre temps (L'Insomniaque). Centre Ascaso-Durruti, 6, rue
Henri-René. Site Internet.
Paris, 8 juin. A
16 heures, Claudio Zaretti et Moustache de Paname pousseront la chansonnette
à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e
(M° République ou Filles-du-Calvaire). Entrée libre
et gratuite.
Paris, 8 juin. Ciné-club
du SUB-CNT avec La Guerre est finie
(1966, 117 min), d'Alain Resnais. A 19 heures, à
la Confédération nationale du travail (CNT), 33, rue
des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval). Site
Internet.
Paris, 8 juin. Le
groupe Louise-Michel (Fédération anarchiste) organise un
débat à 19 h 15 sur le thème :
« Peut-on se passer de la monnaie ? » Au local
La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche
ou Abbesses). Entrée libre et gratuite.
Perpignan, 8 juin.
« Les luttes sociales, alternatives à l'électoralisme »,
conférence-débat organisée à 19 heures
par le groupe Puig-Antich de la Coordination des groupes anarchistes (CGA).
Librairie Infos, 2, rue Théodore-Guiter (près de la
place des Poilus). Site Internet.
Toulouse, 8 juin.
Projection-débat du film On est la !
(1 h 50), sur l'occupation par des travailleurs sans papiers
d'une société de nettoyage pour faire valoir leurs droits,
en présence du réalisateur Luc Decaster. A 20 heures,
ABC Toulouse, 13, rue Saint-Bernard.
Roanne, 9 juin.
A l'occasion de l'ouverture de la nouvelle Bourse du travail, projection
à 14 heures du documentaire Le Sang
des autres, suivie d'une discussion avec Christian Corouge, auteur
de Résister à la chaîne
(Agone), et Marcel Durand, auteur d'Un grain
de sable sous le capot (Agone). Organisées par l'UL de la
Confédération nationale du travail, à la Bourse du
travail, 2, rue Molière.
Paris, 12 juin.
Vernissage à partir de 19 heures de l'exposition des affiches
du Larzac (à la librairie Quilombo), suivi de la projection
du film Tous au Larzac ! en présence
du réalisateur Christian Rouaud. Au CICP, 21 ter, rue
Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Courriel :
quilombo(at)globenet.org - site
Internet.
Paris, 13 juin.
Politis et Voir & Agir organisent
à 20 heures la projection de Fernand
Pelloutier et les Bourses du travail (59 min) de Patrice Spadoni.
Elle sera suivie d'un débat animé par Antoine Girard, avec
le réalisateur et Boris Mellow. Au cinéma La Clef,
21, rue de la Clef, Paris 5e (M° Censier-Daubenton).
Infos
complémentaires.
Saint-Ouen-L'Aumône,
14 juin. Dans le cadre de la Foire à l'autogestion
(lire ci-dessous), Alternative libertaire, les cinémas
Utopia, Attac et bien d'autres vous invitent à une soirée
ciné-débat autour du film de Naomi Klein et Avi Lewis, The
Take - La prise, sur la récupération d'usines par
leurs salariés. Débat avec Frank Mintz, auteur de L'Argentine
des piqueteros (Editions CNT-RP). A 20 heures, cinéma
L'Utopia.
Lille, 15 juin.
A 19 heures, le syndicat CNT éducation-culture-recherche du
Nord/Pas-de-Calais (CNT-STERC 59/62) organise une projection-débat
sur l'université expérimentale de Vincennes dans le cadre
du cycle « Eduquer pour émanciper ». Rendez-vous
à la maison des syndicats CNT, 32, rue d'Arras. Entrée
gratuite et petite restauration à prix libre.
Saint-Denis, 15 juin.
L'université populaire de Saint-Denis, la Dionyversité,
vous convie à la projection de Que faire ?
(1 h 15, 2009), un documentaire de Pierre Merejkowsky, en présence
du réalisateur. A partir de 19 h 30, au local de la Dionyversité,
4, place Paul-Langevin (entrée libre et gratuite). Site
Internet.
Tours, 15 juin.
« Quelles solutions pour changer la société ? »,
café-débat sur ce thème organisé par Alternative
libertaire à 18 heures au bar Le Vel'Pot, place
Velpeau. Courriel : alternativelibertaire37(at)gmail.com
Vannes, 15 juin.
Le groupe libertaire Lochu (Fédération anarchiste) organise
une projection-débat du film Even Cowgirls
Get the Blues (1 h 50), de Gus Van Sant (1995), une satire
de l'Amérique. Maison des associations, 6, rue Tannerie, à
20 h 30. Entrée libre.
Clermont-Ferrand, 16 juin.
Discussion autour des expériences autogestionnaires avec la participation
d'une compagne de retour de communautés libertaires espagnoles.
A partir de 16 heures, au local de la CNT-AIT, au 2, place Poly,
à Montferrand.
Marseille, 16 juin.
La Libre Pensée autonome et Les Amis d'André Arru
vous invitent à une conférence-débat avec projection
animée par Pierre Jouventin qui présentera son livre Kamala,
une louve dans ma famille (Flammarion). A 15 heures,
Cité des associations, salle Artémis, 93 La Canebière,
Marseille 1er.
Marseille, 16 juin.
Le groupe Germinal de la Fédération anarchiste organise
à 14 heures un débat sur « Anarchisme et
éducation » au Seul Problème, 50, rue Consolat.
Présentation par Hugues Lenoir, puis alternative en acte avec des
membres de l'équipe pédagogique du collège-lycée
expérimental Freinet (CLEF) de La Ciotat.
Paris, 22 juin.
Soirée vidéo à la librairie du Monde libertaire,
à 19 h 30, avec la projection de Cathy
Come Home (75 min, 1966) de Ken Loach. La projection sera
suivie d'une discussion : la précarité, les problèmes
de logement sont-ils plus graves aujourd'hui ? Sont-ils inhérents
au système capitaliste ? Au 145, rue Amelot, Paris 11e.
Site Internet.
Paris, 23 juin.
A 16 heures, Claudio Zaretti et Moustache de Paname pousseront la
chansonnette à la librairie du Monde libertaire, 145, rue
Amelot, Paris 11e (M° République ou Filles-du-Calvaire).
Entrée libre et gratuite.
Bagnolet, 26 juin.
Conférence-débat sur le mouvement piquetero et les assemblées
populaires en Argentine à partir de l'expérience concrète
que présentera un membre du Frente de Organisaciones en Lucha de
Buenos Aires. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue
Victor-Hugo (M° Robespierre ou Galieni). Courriel : leremouleur(ar)riseup.net
Montreuil, 27 juin.
Goûter libertaire à partir de 16 h 30, parc des
Guilands (M° Croix-de-Chavaux), à l'initiative du groupe
de Montreuil de la Fédération anarchiste. Apportez à
manger, à boire, des tracts, de quoi jouer, des instruments de
musique
Site
Internet.
Paris,
28 juin. Exceptionnellement en France, Clifford D. Conner présentera
à 19 h 45 son livre Histoire
populaire des sciences (L'Echappée) à la librairie
Quilombo, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris.
Paris, 29 juin.
A 18 heures, présentation du livre Une fabrique
de liberté (Editions Repas), conçu par un collectif
d'élèves et de professeurs pour les 30 ans du Lycée
autogéré de Paris (LAP). Au 33, rue de Vaugirard, Paris 15e
(M° Convention ou Porte-de-Versailles).
Paris, 29 juin.
Patrick Marcolini présentera son livre Le Mouvement
situationniste. Une histoire intellectuelle (L'Echappée)
à la librairie Le Flâneur des deux rives, à partir
de 19 heures, au 60, rue Monsieur-le-Prince, 75006 Paris.
Montreuil, 30 juin.
« Nous sommes la crise ! », journée
de réflexion et de fête à l'occasion de la parution
du livre Crack Capitalism (Libertalia),
de John Holloway. Organisée par la librairie Michèle-Firk,
la Parole errante et les éditions Libertalia. De 14 heures
à minuit, à la Parole errante, 9, rue François-Debergue
(M° Croix-de-Chavaux). Entrée libre. Programme
détaillé (PDF 260 Ko).
Paris, 30 juin.
Toute la journée, de 10 à 22 heures, le LAP fête
ses 30 ans (lire ci-dessus) : ateliers de discussion, repas,
projections de vidéos, spectacles musicaux
Programme
complet sur le site Internet.
FOIRE
AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE
Petit Salon du livre politique.
La 5e édition se tiendra les 2
et 3 juin, de 14 heures à 20 heures, au Lieu-dit,
6, rue Sorbier, Paris 20e. On y retrouvera les éditions
Amsterdam, Entremonde, Ère, La Fabrique, L'Echappée,
Le Passager clandestin, L'Epervier, Les Prairies ordinaires,
Le Temps des cerises, Libertalia, Lux, Nous, Raisons d'agir, Rue
des cascades, Syllepse et Zones.
Le
5e festival du documentaire politique et social en Creuse aura lieu
les 8 et 9 juin à
Royère-de-Vassivière et au Villard. Vendredi, à 21 h 30,
au bar L'Atelier (Royère) : sélection de courts métrages
reprogrammés le lendemain. Samedi, de 10 heures à 24 heures,
dans trois salles au Vilard : projection de nombreux films. Des débats
auront lieu dans un espace à part à la suite des séances ;
thèmes d'ores et déjà prévus : sur le
travail et l'évolution des luttes sociales, sur la guerre civile
espagnole et le pacte de silence et d'oubli, sur le puçage et les
dérives technicistes
Entrée à prix libre. A
boire et à manger, hébergements possibles. En marge du festival,
toute la journée de samedi, plusieurs librairies tiendront table
de presse. Programme complet et renseignements pratiques à télécharger
sur le site
Internet.
Fête RP-CNT.
La fête de la région parisienne de la Confédération
national du travail (RP-CNT) en soutien aux locaux (lire
infos) aura lieu les 16 et 17 juin
au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval).
Samedi, à partir de 14 heures, projection du documentaire
La Ville à prendre et débat ;
à 20 heures, concert avec Heyoka (punk) et Première
Ligne (rap). Dimanche, à partir de 14 heures, un anthropologue
au cur de la finance, débat avec Paul Jorion ; à 17 heures,
concert avec Les chanteurs-livreurs (chanson réaliste). Prix libres.
Site Internet de la CNT.
Foire
à l'autogestion. De nombreuses associations, coopératives,
structures politiques et syndicales organisent les 22,
23 et 24 juin une Foire à l'autogestion (« Vivre,
débattre, se rencontrer autour de l'autogestion ») à Paris
et Montreuil. Le vendredi, de 18 à 20 heures, forum « Autogestion
et pédagogie » au Lycée autogéré
de Paris (LAP, 393, rue de Vaugirard, M° Convention). Samedi
(de 10 à 23 heures) et dimanche (de 11 à
18 heures), stands, cycle cinéma, vidéos, ateliers,
débats, animation musicale, buvette, restauration
à
la Parole errante, 9, rue François-Debergue (M° Croix-de-Chavaux).
Programme complet et présentation des participants sur le site
Internet.

« Le Larzac
s'affiche ». Exposition d'affiches,
jusqu'au 24 juin, à la librairie
Quilombo, 23, rue Voltaire, Paris 11e. Le 28 octobre
1971, les habitants du plateau du Larzac apprennent à la télévision,
par la voix du ministre des armées, Michel Debré, la décision
officielle de l'extension du camp militaire. Les paysans décident
alors de s'engager dans une lutte pour défendre leurs terres
Ouverture de la librairie : du mardi au samedi, de 13 heures
à 20 heures. Tél. : 01-43-71-21-07 courriel :
quilombo(at)globenet.org site
Internet.
Théâtre. La
compagnie La Balancelle présente son nouveau spectacle, Voter
nuit gravement, adaptation et mise en scène par Monique
Surel-Tupin, avec Nicole Derlon et Nicolas Mourer. Vendredi
29 juin, à 20 h 30, et samedi
30 juin, à 18 heures, à l'Espace Louise-Michel,
42 ter, rue des Cascades (M° Pyrénées).
Entrée libre. Réservations au 01-45-26-50-89.
L'anar
de la série noire. A la Bibliothèque des littératures
policières (Bilipo), se tient jusqu'au
13 octobre une exposition « Meckert-Amila : de
la Blanche à la Série noire » pour rendre hommage
à Jean Meckert (1910-1995), l'une des figures majeures du
roman noir français. Sous le pseudonyme de Jean Amila, il
marqua profondément de son empreinte les premières décennies
de la collection Série noire avec plus d'une vingtaine de romans
(lire notice
sur Wikipédia). Cette exposition bénéficie des archives
inédites du fils de l'écrivain, Laurent Meckert, et des
documents de la bibliothèque. Bilipo, 48-50, rue du Cardinal-Lemoine
(M° Cardinal-Lemoine). Du mardi au vendredi, de 14
à 18 heures ; samedi, de 10 à 17 heures
(entrée libre).
DIVERS
En vrac
sur le Web (juin). Il était parti, il est revenu
Qui ?
Le site Le Libertaire
(1917-1956), fruit de l'étude commencée par Fabrice
Magnone en 1998 pour l'obtention d'un doctorat en histoire. Très
complet, on y trouve nombre
de précisions sur le parcours politique du journal, ses conditions
d'existence, ses idées, discours et pratiques. C'est également
une source de renseignements très précieuse pour des recherches
dans les diverses archives et pour alimenter une bibliographie de l'anarchisme.
Un catalogue des articles (1944-1956) permet de retrouver ceux-ci classés
par date, auteur et rubrique. Signalons également des annexes très
fournies (chronologie, documents, fiche signalétique). Un impressionnant
travail que nous espérons pouvoir consulter longtemps. Savez-vous
que l'on peut être condamné dans la démocratique France
pour jet de confettis ? Lors de la dernière Fête de
la musique, une vingtaine de personnes avaient manifesté leur soutien
à la liberté d'expression en chantant « Hécatombe »
de Georges Brassens devant le commissariat de Poitiers (lire « En
vrac
» de juillet-août 2011). L'une
d'entre elles avait eu l'outrecuidance d'attenter à la dignité
du commandant de police Merle à l'aide de confettis. Ce « crime »
ne pouvait rester impuni, le tribunal l'a donc condamné le 4 mai
à une amende de 50 euros avec sursis, à 1 euro
de dommages-intérêts pour l'« outragé »,
à 1 euro de dommages-intérêts pour la justice.
Plus les frais de justice à régler (85 euros, avec
réduction de 10 % si paiement dans le mois), et ceux d'avocat
se montant à 700 euros ! Infos
complémentaires sur le site du groupe Pavillon noir. Cela fait
cher l'outrage
avec sursis ! A l'heure des débats sur
la mondialisation et la relocalisation des industries en France, une polémique
récente entre François
Ruffin, le journal Fakir, d'un côté,
et les animateurs de Pièces et main d'uvre (PMO), de l'autre,
nous apporte un éclairage particulier sur le sujet. Deux émissions
de « Là-bas si j'y suis » (Arkema
et les vautours, 1re partie
et 2e partie,
France Inter, les 5 et 6 avril) ont eu pour thème le
combat des salariés de l'usine Arkema et de leurs syndicats pour
éviter sa fermeture et leurs licenciements. Or l'entreprise fabrique
du PVC
qui provoque des cancers parmi les ouvriers et la population
environnante. PMO le signale avec vigueur dans deux textes : « Réindustrialisons :
quand Là-bas si j'y suis défend le cancer français »
et, suite aux réactions reçus, « Défense
du cancer français : séquelles ». François
Ruffin, qui avait réalisé le reportage, y répond
dans Fakir : « Réponse
à nos camarades de Pièces et main d'uvre ».
Puis réponse à la réponse : « Le
cancer de l'industrie. Syndicalisme et chimiothérapie »
Les scories inhérentes aux polémiques écartées,
l'échange d'arguments met en relief plusieurs thématiques
importantes : économie et/ou écologie, responsabilité
des industriels et des syndicats (ici ou ailleurs), stratégie de
lutte du « tout ou rien » ou progressivisme, productivisme
ou décroissance, encadrement des nuisances, etc. A chacun de se
faire son opinion. Bien que l'ancien président
Sarkozy eût émis un temps le souhait de « faire
entrer Albert Camus au Panthéon » (fort heureusement
la famille refusa), l'exposition « Albert Camus, l'étranger
qui nous rassemble », qui devait se tenir à Aix-en-Provence
dans le cadre de « Marseille - Provence, capitale européenne
de la culture 2013 », a été annulée
censurée par la mairie UMP de la ville.
Selon Médiapart (article réservé aux abonnés)
qui cite l'ancien adjoint à la culture de la députée-maire :
« Le projet de l'exposition montrait
entre autres l'engagement d'Albert Camus contre le régime franquiste,
dans la résistance, contre la peine de mort, lors de la guerre
d'Algérie, autant de thèmes pas du tout dans la ligne politique
de la ville. Ce n'était pas le Camus qui plaît aux nostalgiques
de l'OAS (Organisation armée secrète) et à la frange
dure de l'électorat pieds-noirs qui vote Maryse Joissains. »
Décidément ces politiciens nous feront toujours rire :
Camus, oui, mais une petite tranche, pas trop
Le
nouveau locataire de l'Elysée n'a pas eu plus de chance :
il a placé sa cérémonie d'investiture sous les auspices
de Jules Ferry. Mauvais choix, outre que celui-ci fut un fervent partisan
de la colonisation (la « race supérieure »
se devait de civiliser les barbares), son école républicaine,
construite sur les ruines de la Commune de Paris, avait pour mission de
« clore l'ère des révolutions »
et de mettre à la disposition de l'industrie et de la bourgeoisie
des ouvriers plus instruits. N'autre école,
la revue de la fédération CNT des travailleurs de l'éducation,
le rappelle en diffusant le chapitre
« Un mythe qui a la vie dure : l'école de Jules
Ferry selon Foucambert », extrait de l'ouvrage Pédagogie
et Révolution (Libertalia) de Grégory Chambat. Le
Collectif anarchiste de traduction et de scannérisation (CATS)
de Caen a annoncé début mai la mise en ligne de plusieurs
traductions, librement téléchargables et diffusables, sur
son site. La première traite des « Origines du premier
mai en Colombie et [de l']influence de l'anarchosyndicalisme »,
deux autres sont consacrées à la Seconde Guerre mondiale.
Plusieurs textes concernent l'Italie : « Le contexte italien »
(années 50 et 60), « S'organiser à
la FIAT, 1969 », « Révolution culturelle
en Italie - Lotta Continua 1970 » ; « Du
Grand Soir aux révolutions moléculaires - Italie
années 1970 » ; « Un rire qui vous
enterrera tous - Italie 1977 ». Par ailleurs, le CATS
remet en circulation une brochure (datant des années 1970),
La Question anarchiste (PDF 150 Ko)
de René Furth, qui traite des diverses perspectives de renouvellement
du mouvement anarchiste, malgré son caractère fragmenté,
en s'appuyant sur une culture libertaire revivifiée. Anarlivres,
pour sa part, a mis à disposition sur Calaméo deux brochures :
L'Organisation
anarchiste. Textes fondateurs, publiée par les Editions
de l'entr'aide en 2005 et contenant les principaux textes sur le
débat organisationnel et, plus particulièrement, celui sur
plate-forme ou synthèse ; et un savoureux Dialogue
imaginaire entre Marx et Bakounine, écrit par Maurice
Cranston et paru initialement en feuilleton dans Contre-Courant.
Sur le site des éditions L'Altiplano,
le lecteur curieux trouvera plusieurs ouvrages au format PDF en libre
téléchargement et, entre autres : Dieu
et l'Etat, de Michel Bakounine ; La Commune,
suivie de La Commune de Paris,
de Pierre Kropotkine ; Le Droit
à la paresse, de Paul Lafargue ; La Crise
de la social-démocratie, de Rosa Luxemburg ; « Mort
à la démocratie ! », de Léon
de Mattis. Bonne lecture !
Edition
libertaire, statistiques. Pour le Centre international de recherche
sur l'anarchisme (CIRA)
de Marseille, Felip Equy recense chaque année (c'est la vingt-deuxième
édition) les parutions d'ouvrages en langue françaises touchant
de près ou de loin à l'anarchisme. Pour la cuvée 2011,
il a noté 373 livres, soit 247 essais ou documents et
126 fictions (26 titres de moins que l'année précédente).
Tout dépend bien sûr des commémorations (en 2010,
Tolstoï et Camus avaient engrangé 46 titres) ; en 2011,
célébration du trentième anniversaire de la mort
de Brassens oblige, 22 livres ont été consacrés
au chanteur (qui en totalise un record !
400 ; lire bibliographie
sur Anarlivres
presque complète). Les sujets abordés
sont très variés mais les deux thèmes qui reviennent
le plus souvent demeurent la révolution espagnole et la Commune
de Paris. Plusieurs expositions ont eu pour sujet des artistes libertaires
(Courbet, Cross, Van Dongen, Jossot) et des catalogues ont donc été
réalisés. L'écrivain contemporain le plus représenté
est toujours Jean-Bernard Pouy (6 titres). Chez les éditeurs
anarchistes, la palme revient aux Editions libertaires (13), viennent
ensuite L'Echappée (8), l'Atelier de création libertaire
(7), L'Insomniaque (7), Libertalia, CNT-RP, etc. Un nouveau venu, cette
année : Les Editions de la Pigne. Les « Bibliographies
anarchistes » de 1994 à 2010 sont en libre
consultation (et celle de 2011 prochainement), ainsi que divers
textes passionnants sur Clovis Trouille, Régis Messac, Jean Vigo,
Kupka, Freinet, Vernon Richards
Désertion
finale. « C'est avec tristesse
que nous vous annonçons la désertion finale, ce 6 mai,
du doyen des antimilitaristes libertaires. » Nous avons
ainsi appris, par un camarade de l'Union pacifiste, la mort à Paris
de Pierre-Valentin Berthier dans sa 101e année. Né
le 11 septembre 1911 à Issoudun (Indre), son père
était artisan mégissier. Il quitte l'école avant
d'avoir passé le brevet
et avant d'en être exclu pour
indiscipline. Il travaille alors dans l'entreprise familiale, de 1926
à 1936, puis devient journaliste localier pour le quotidien
de Châteauroux, Le Département
de l'Indre. En 1932, il fut poursuivi suite à un article
paru dans Le Semeur de Normandie
et « en 1932-1933 eut des démêlés
avec l'autorité militaire » en tant qu'objecteur
de conscience. En septembre 1951, Berthier fut licencié et
remplacé par un militant du Parti communiste qui avait pris à
la Libération la direction du journal. Grâce à Louis
Louvet, il peut travailler comme correcteur à l'imprimerie Lang.
Admis au syndicat des correcteurs le 1er mars 1953, il entre
en janvier 1957 au Monde où
il était encore en activité en 1973. A l'automne 1952,
il participe à la fondation du groupe anarchiste de libre discussion
Centre de recherches philosociales qui, chaque samedi, organise des débats
à la salle des Sociétés savantes de Paris. Ecrivain,
il a publié des plaquettes de vers, divers romans (lire bibliographie)
et il est l'auteur avec Jean- Pierre Colignon de plusieurs ouvrages sur
les difficultés de la langue française qui font référence.
Il collabore aussi comme militant à un grand nombre de journaux
et revues libertaires et/ou pacifistes. Citons, entre autres, Ce
qu'il faut dire, Contre-Courant, Défense de l'homme (avec
Louis Lecoin), L'En-Dehors, Le Libertaire,
Liberté, Le Monde libertaire, Le Réfractaire, L'Union pacifiste,
etc. P.-V. Berthier s'était marié à Issoudun en 1945
et était père d'un enfant.
PÉRIODIQUES
Le
dernier numéro de la revue Réfractions
(n° 28, printemps, 191 p., 15 euros, site)
nouvelle maquette plus aérée, plus écologiquement
responsable et plus épais s'intéresse aux mouvements
de révolte qui ont secoué les pays arabes et aux occupations
d'espaces publics en Europe et aux Etats-Unis. Ces événements
présentent bien des similitudes et nombre de différences.
Mais pour quels résulats ? Le changement se fera-t-il en profondeur ?
Comment s'inscrit-il dans la durée ? Quelles interventions
pour ceux qui se réclament du socialisme libertaire ? Tentatives
de réponses
Mais, en définitive, ne devons-nous pas
constater avec Anselm Jappe qu'« il
y a deux nouvelles. La bonne nouvelle est que notre vieil ennemi, le capitalisme,
semble se trouver dans une crise gravissime. La mauvaise nouvelle
est que pour le moment aucune forme d'émancipation sociale ne semble
vraiment à portée de main et que rien ne garantit que la
fin possible du capitalisme débouchera sur une société
meilleure ». L'Eclat
(n° 4, avril, 20 p., prix libre, site,
PDF 1,4 Mo),
journal de la Coordination des libertaires de l'Ain, est consacré
l'actualité du mois l'exigeait à
l'élection présidentielle avec, notamment, un remarquable
article d'analyse du Front de gauche, « dernier
avatar de la social-démocratie » qui cache sous
un usage immodéré de la métaphore (une « insurrection »
est un pacifique rassemblement politique) une opération de relooking
et de racolage. Il s'agit de présenter sous un jour rénové
des politiciens adeptes du socialisme bureaucratique et autoritaire et
de donner une caution pseudo-radicale au Parti socialiste. Un autre article
présente de façon très équilibrée un
panorama des organisations libertaires en France, relevant le même
projet de société et des divergences organisationnelles
et stratégiques. Au sommaire également, « Démagogie
et dangers du Produisons français » et la
suite d'une étude historique de l'anarchisme dans le département
de l'Ain. « Chantons
la bouche pleine ! » n'est pas facile mais Courant
alternatif nous y invite en illustrant la « une »
de son hors-série (n° 18, printemps, 56 p., 5 euros,
site) avec la célèbre
photographie de ces communistes manifestant le couteau entre les dents
pour railler la propagande bourgeoise. Car il est question de « chansons
sociales et révolutionnaire » : sur la condition
ouvrière, de lutte, de révolte, antimilitaristes et/ou pacifistes,
antifascistes, d'espoir en des temps meilleurs
Quelque cent chants,
en français mais aussi en italien, castillan, allemand ou anglais,
replacés dans leur contexte historique par une courte présentation.
Ces écrits évoquent ainsi la Révolution française,
la Commune de Paris, la guerre d'Espagne, la Résistance, Mai 68,
etc. On évolue d'« Addio Lugano » à
« Zog Nit Keynmol », un chant des partisans écrit
en yiddish, en passant par la « Java des Bons-Enfants »
ou « La vie s'écoule ». Une très bonne
idée pour se mettre en voix lors des réunions et des rassemblements.
Résistons
ensemble (n° 108, mai, 4 p., site,
PDF à télécharger)
est le petit journal d'un réseau formé à la suite
du Forum de Saint-Denis en mai 2002 par des collectifs locaux, des
organisations et des individus décidés à uvrer
contre les violences policières et sécuritaires. Il salue
à sa façon l'élection présidentielle de François
Hollande en rappelant que « c'est
la gôche qui a pavé la route pour Sarkozy »
(création des centres de rétention, premières lois
« sécuritaires »
). Les forces de l'ordre
s'étaient d'ailleurs invitées/imposées pendant la
campagne par leurs manifestations en soutien à l'un des leurs qui
avait « tiré en état
de légitime défense » dans le dos d'un
homme recherché, à Noisy-le-Sec, le 21 avril. Certains
avaient alors réclamé une « présomption
de légitime défense », sorte de permis
de tuer puisqu'il est déjà peu courant qu'un flic baveur
et tueur soit condamné. Que fera le gouvernement socialiste ?
Le choix du nouveau ministre de l'intérieur laisse augurer un changement
dans la continuité, vernissée de rose. Lire à ce
sujet, sur le blog
d'Alain Gresh (Monde diplomatique),
« Vous avez aimé Claude Guéant ? Vous adorerez
Manuel Valls ». Parler
d'anarchisme dans un journal de sport est assez rare pour mériter
d'être signalé. Sport et
plein air (n° 560, mai, 36 p., 3 euros, site),
la revue de la Fédération sportive et gymnique du travail,
y consacre quatre pages à l'occasion de la publication d'Eloge
de la passe (lire ci-dessus) aux Editions
libertaires. Tout d'abord avec une interview de Wally Rosell qui a coordonné
l'ouvrage et qui explique que « le
sport peut se révéler une école d'apprentissage de
pratiques libertaires et sociales de lutte, que ce soit dans le cadre
d'une équipe ou individuellement ». Puis un article
tente de retracer la longue histoire des relations « houleuses
et complexes » entre le sport et les milieux anarchistes
qui l'ont considéré à la fois comme un « outil
de libération du corps » et un instrument de « formatage
idéologique des masses ». Ni patrie ni
frontières, revue réalisée par Yves Coleman
depuis 2002, présente des textes d'orientation différente
pour susciter le débat entre révolutionnaires de tout bord.
Signalons deux livraisons récentes. Le n° 38-39 (avril,
220 p., 10 euros, site)
a pour titre « Des altermondialistes aux Indignés. Bilan
provisoire » et s'intéresse par ailleurs à la
façon dont les milieux d'extrême gauche ont réagi
face à la tuerie de Toulouse et, à propos des attentats
en Norvège, au néofascisme et à ses influences idéologiques.
Le n° 40-41 (mai, 240 p., 10 euros) s'intitule « Soulèvements
arabes. Tunisie et Egypte ». Il reproduit deux brochures du
groupe Mouvement communiste sur les événements de 2011
dans ces deux pays et s'interroge aussi sur la complicité des régimes
de Chávez et Castro avec les dictatures syrienne et libyenne. Adresse :
Yves Coleman, 10, rue Jean-Dolent, 75014 Paris (courriel :
yvescoleman[at]wanadoo.fr). L'abonnement est de 28 euros pour trois numéros
et de 54 euros pour six numéros (chèques à
son ordre).
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