Juillet-août 2010

PUBLICATIONS

Durant les années 1960, un groupe d'étudiants américains blancs appartenant aux Students for a Democratic Society (SDS) s'oppose à la guerre du Vietnam et désigne l'impérialisme comme son ennemi, avec le racisme pour instrument principal. Le SDS éclatera et donnera naissance à plusieurs groupes, dont la Weather Underground Organization (WUO) qui passera dans la clandestinité après le meurtre de militants des Blacks Panthers par la police de Chicago en 1969. C'est cette « histoire explosive du plus célèbre groupe radical américain » que nous raconte Dan Berger dans Weather Underground (L'Echappée, coll. Dans le feu de l'action, 592 p., 24 euros). Il retrace parfaitement l'ambiance nauséabonde des Etats-Unis de ces années-là, où le FBI utilise tous les moyens en sa possession pour contrecarrer les luttes libératrices (mensonges, infiltrations, cambriolages, assassinats de militants…) et le cheminement de cette « nouvelle gauche » qui, après une première phase marquée par la démocratie directe et des structures de lutte horizontale, s'enferre dans la construction d'un « vrai » parti communiste, de débats autour du marxisme-léninisme et la promotion d'icônes tiers-mondistes autoritaires. Un livre intéressant pour son aspect historique mais aussi pour les leçons et le bilan que l'on peut en tirer. Après s'être penché, avec Franck Liaigre, sur Les Listes noires du PCF (lire compte rendu), Sylvain Boulouque nous livre avec L'Affaire de « L'Humanité » (Larousse, coll. Essais et documents, 255 p., 18 euros) une biographie de leur principal animateur : Maurice Tréand (1900-1949). L'éditeur, trouvant sans doute cela plus « vendeur », a jugé bon de privilégier l'épisode qui vit le quotidien communiste négocier sa reparution pendant l'occupation nazie. A cette époque, le Parti communiste français n'était pas encore le « parti des fusillés » ! Mais ce n'est pas le souci principal de l'auteur qui s'attache surtout à dépeindre l'itinéraire d'un haut responsable policier du bolchevisme. Formation, apogée, chute et effacement du souvenir d'un bureaucrate finalement assez ordinaire, qui servit de bouc émissaire au changement de stratégie de l'Internationale communiste, directement dicté par les intérêts de l'URSS et les alliances de Staline. C'est passionnant du début à la fin car « Maurice Tréand a été l'incarnation du communisme à la française pour sa fidélité au système qui l'a promu puis déchu. Ce livre est aussi l'illustration de ce qu'a été le communisme. (…) il est d'abord soumission à l'autorité (et) par un processus d'inversion, (il) réussit à se faire passer pour une forme de révolte et de subversion. » A côté de ce personnage, celui qui deviendra un comploteur professionnel apparaît à cette époque assez naïf. Michel Bakounine (lire biographie), arrêté après l'insurrection de Dresde de mai 1849, condamné à mort, séjournera dans diverses prisons et connaîtra l'exil en Sibérie durant douze années. « Dans les griffes de l'ours ! » (présentation et notes d'Etienne Lesourd, Les Nuits rouges, 250 p., 15,30 euros) sont réunies une centaine de lettres écrites de prison et durant sa déportation, puis immédiatement après son évasion. On y découvre surtout l'homme, à la la fois confiant et sûr de lui, puis découragé et suicidaire, mendiant sa grâce au tsar Alexandre II, faisant le dos rond en attendant son heure, comme un fauve en cage prêt à bondir… On retrouve le « Camarade Vitamine », ainsi que l'avait baptisé Léo Ferré, dans la réédition de La Révolution libertaire (Les Editions de l'épervier, coll. Les grands combats de la liberté, 244 p., 10,50 euros) qui présente cent quarante textes de Proudhon, Bakounine et Kropotkine choisis et présentés par Philippe et Michael Paraire. Parus pour la première fois en 2008 au Temps des cerises, c'est un digest de la pensée libertaire : après une biographie des trois auteurs, on parcourt des extraits de leurs écrits classés selon quatre thèmes : « choisir l'homme contre la divinité », « la lutte contre le principe d'autorité », « les méfaits du capitalisme », « le programme libertaire ». Un régal ! A propos de Dieu, rappelons sa célèbre phrase – « Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître » – pour aborder avec Les Editions libertaires et Narcisse Praz le problème de la pédophilie ecclésiastique. Dans Gare au gorille ! (coll. Propos mécréants, 116 p., 10 euros), ce dernier, se servant de ces souvenirs personnels, pense que le célibat forcé n'explique pas tout car, « des siècles durant, par peur panique de paternités ecclésiastiques honteuses, l'Eglise catholique (a) délibérément inculqué à ses séminaristes la peur et la haine de la femme pécheresse » et a accepté avec beaucoup d'hypocrisie des succédanés, parfois magnifiés comme dans La Ville dont le prince est un enfant où M. Henry de Montherlant exalte l'inclinaison de l'abbé de Pradts pour l'un de ses élèves. Mais ce n'est peut-être pas tant la honte que craignait l'Eglise mais la paternité et la redoutable question de l'héritage. Pensez qu'une partie de ses biens pourrait être revendiquée a dû lui être intolérable. L'auteur rappelle également que l'Eglise fut toujours friande de ces enfants de pauvres intelligents que l'on pouvait « recruter » – ce qui fut son cas – et pervertir : « Laissez venir à moi les petits enfants ! » La Coupe du monde de football est enfin terminée mais il n'est cependant pas trop tard pour lire Footafric. Coupe du monde, capitalisme et néocolonialisme (L'Echappée, coll. Pour en finir avec, 151 p., 11 euros), de Ronan David, Fabien Lebrun et Patrick Vassort, car le « cirque » recommencera bientôt tel quel (rendez-vous en 2014 avec le Brésil) ou avec un autre sport (Tour de France, Jeux olympiques, etc.) puisque c'est le fondement même de cette activité dans notre société capitaliste. Les auteurs analysent ainsi le formatage des esprits (marchandisation, union nationale, culte de la compétition et de la virilité, exploitation des corps), le renforcement à cette occasion des moyens sécuritaires et la militarisation de l'espace, et surtout la magnifique occasion de favoriser l'implantation des entreprises occidentales et de piller les fonds publics au profit des grandes sociétés capitalistes. Comment s'étonner dès lors des « dérives » historiques et des tentations fascistes : Italie en 1934, Chili en 1962, Mexique en 1970, Argentine en 1978… « Dénoncer la Coupe du monde (…), c'est déjà combattre toutes les formes d'exclusion et de compétitions sociales, c'est refuser la loi du plus fort, c'est croire à la différence et à la liberté. Pour être libre, il faut en finir avec le modèle sportif », concluent ainsi les auteurs. Un Zo d'Axa (lire biographie) aurait ajouté : Vous n'êtes que des poires ! (présentation de Bernard Langlois, postface : « Les partisans du rire militant », par Hubert Prolongeau, Le Passager clandestin, 80 p., 7 euros). Dans ce court recueil, on retrouve six articles – issus principalement de la feuille – du pamphlétaire dont l'humour féroce n'épargne personne : pas plus le magistrat, l'homme politique ou le policier, que l'électeur et l'« honnête ouvrier » ! « Qu'il soit de la mine ou de l'usine, l'Honnête Ouvrier, cette brebis, a donné la gale au troupeau. » A savourer, bien que cet aristocratique dédain puisse énerver parfois. Son abus est nuisible à l'émancipation !

 

RÉUNION-DÉBAT, BAL,
RENCONTRE LIBERTAIRE

Toulouse, 7 juillet. A 20 h 30, discussion publique avec Mitchell Verter à propos de Ricardo Flores Magón et de la révolution mexicaine, organisée par la CNT-AIT, 2, rue Saint-Jean (M° Carmes).

Paris, 8 juillet. La librairie Quilombo organise à 20 heures la projection du documentaire Un aller simple pour Maoré, suivie d'une conférence-débat : « En finir avec la “Françafrique” », en présence de membres d'Offensive libertaire et sociale (le dernier numéro d'Offensive est consacré à ce thème) et de Survie. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Courriel : quilombo(at)globenet.org - Site Internet.

Paris, 13 juillet. Bal antinational à partir de 19 h 30. Concert avec : Riton la Manivelle et son orgue de barbarie, Hardcore et Ame (hip-hop), Les Sousoupes (soup'n'roll garage)… Entrée : 5 euros avec un apéro offert. Menu gargote à prix libre. CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets).

Marseille, 19 juillet. Discussion : « Antifa dans un pays tel que l'Autriche » à 19 heures au Seul Problème, 46, rue Consolat, Marseille 1er. Tél. : 04-91-50-86-27 - courriel : acratos(at)no-log.org

Montréal, 22 juillet. L'Union communiste libertaire (UCL) vous convie à une conférence estivale sur « Matinik Doubout : lutte anticolonialiste et lutte de classe en Martinique et dans les Antilles », avec Nemo, auteur de Matinik Doubout (Editions d'Alternative libertaire). A 19 heures, au 4525, rue Saint-Jacques (M° Place-Saint-Henri).

Eychenat (Ariège). L'Organisation communiste libertaire (OCL) et Offensive libertaire et sociale (OLS) organisent depuis quelques années des rencontres à Eychenat (Esplas-de-Sérou), entre Foix et Saint-Girons, pour créer un espace de dialogue et d'échanges. Cette année, du samedi 24 juillet au jeudi 5 août, les thèmes abordés seront : l'aménagement du territoire, les luttes des sans-papiers, les luttes dans les services publics, la répression, être ou ne pas être dans la société, l'organisation anarchiste, la « Françafrique », la libération sexuelle, la pédagogie et les luttes des chômeurs. Programme complet. L'hébergement se fait sous forme de camping. Les repas sont organisés et pris en commun. Les frais de séjour étant établis en fonction des revenus. Renseignements pratiques. Contacts : OCL, c/o Egrégore, BP 1213, 51058 Reims Cedex (courriel : lechatnoir(at)club-internet.fr ; tél. : 03-26-82-36-16) ; OLS, c/o Mille Bâbords, 61, rue Consolat, 13001 Marseille (courriel : ols(at)no-log.org ; tél. : 06-70-61-94-34).

Metz, 31 août. Le groupe de la Fédération anarchiste propose un débat public à propos de la réforme des droits à la retraite, à 20 heures, au café Jehanne d'Arc, place Jeanne-d'Arc. Adresse postale : Association culturelle libertaire, BP 16, 57645 Noisseville. Courriel : groupedemetz(at)federation-anarchiste.org

 

FESTIVALS, EXPOSITION

Festival Léo Ferré. A Gourdon (Lot), rue du Majou, du 4 au 25 juillet, festival centré cette année sur « Léo et l'Espagne ». Expositions thématiques, d'artistes, d'archives. Soirées (sur réservation) repas-cabaret. Le 16, à 18 heures, scène ouverte ; 21 heures : Cathy Fernandez ; 22 heures : Michel Avalon. Le 17, à 17 heures, conférence de Robert Horville ; 21 heures : scène ouverte ; 21 h 30 : Christiane Courvoisier. Le 18, à 17 heures, conférence de Stéphane Oron ; 21 heures : concert Pauvre Martin ; 21 h 30 : Emmanuel Depoix. Renseignement-information : Association des amis de la Butte, tél. : 05-65-41-31-23.

Résistances. Festival de cinéma du 9 au 17 juillet à Foix (Ariège). Au programme : projections, rencontres et débats qui nourriront un espace d'expression autour de quatre thèmes : « H2Eau, mon amour » ; « Le travail, c'est la santé ? » ; « Réinventer les luttes » ; « Homme/femme, précis de recomposition ». En outre, cette année le zoom géographique s'intéressera à l'Iran, avec des fictions et des documentaires, et la présence de Shahram Alidi, Mehran Tamadon, Mithra Farahani ou encore (sous réserve) Bahman Ghobadi. Programme complet et informations pratiques sur le site du festival.

La Belle Rouge. Festival organisé par la compagnie Jolie Môme, toujours à Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme), avec cette année encore du théâtre, de la chanson, des ateliers politiques, du cinéma, des rencontres, des jeux, de la musique, un bal de la fraternité… Du 23 au 25 juillet. Toujours deux campings gratuits, l'un pour les lève-tôt, l'autre pour les couche-tard. Toujours de quoi manger, boire, lire, discuter, échanger… Le tout sous chapiteau et en plein air. Toutes les infos sur le site de la compagnie.

« Courbet-Proudhon. L'art et le peuple ». Le musée départemental Gustave Courbet d'Ornans présente, à partir du 4 juin et jusqu'au 6 septembre, à la Saline royale d'Arc-et-Senans une exposition sur les relations entre le peintre Gustave Courbet (1819-1877) et le philosophe Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), deux figures historiques de Franche-Comté. Cette exposition évoque la rencontre entre deux hommes partageant un même idéal social et politique. Tous deux ont été témoins et acteurs de cette période révolutionnaire qui parcourt l'Europe au milieu du XIXe siècle et qu'illustre parfaitement Courbet engagé aux côtés des insurgés de la Commune de Paris. Par de multiples témoignages (tableaux, gravures, sculptures, photographies), se dévoile un moment essentiel de l'Histoire de France, dont l'écho se poursuit encore aujourd'hui. Tarifs : visite libre en possession du billet d'entrée de la Saline royale. Ouverture de 9 à 12 heures et de 14 à 18 heures ; en juillet-août : de 9 à 19 heures. Tél. : 03-81-54-45-45 - site Internet.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (juillet). L'Ephéméride anarchiste s'est doté d'une nouvelle galerie de cartes postales anciennes. Après « La Ruche, école libertaire fondée par Sébastien Faure » ; « Les communautés. L'Essai et l'Expérience » ; « La Semaine tragique. Barcelone, 1909 » ; « Hommage à Francisco Ferrer », voilà celle réservée aux « Penseurs et personnalités liés au mouvement libertaire ». Vous y retrouverez Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Elisée Reclus, Jean Grave, Tolstoï, Louise Michel, Johann Most, Sébastien Faure, etc. Attention, L'En Dehors, le site d'infos et de discussion libertaire avec sa Zone autonome de traduction, a changé d'adresse… Si vos marque-pages ne sont pas à jour, vous risquez d'échouer sur un site de cul. Et, pour le contacter : endehors(at)no-log.org La librairie Quilombo (23, rue Voltaire, 75011 Paris) cessera toute activité cet été, du samedi 24 juillet à 20 heures au mardi 17 août à 13 heures. Courriel : quilombo(at)globenet.org - site Internet. Idem ou presque pour la bibliothèque La Rue (10, rue Robert-Planquette, 75018 Paris) qui ferme ses portes du samedi 17 juillet au samedi 14 août inclus. Réouverture le samedi 21 août à 15 h 30. Blog de la bibliothèque. Nouveau site Internet pour la Coordination des groupes anarchistes (CGA) : une apparence sobre et élégante, (un peu de) noir, du blanc et une pointe de rouge, une seule illustration en tête et tout ce qu'on peut espérer y trouver : « principes et fonctionnement », liste des groupes, communiqués, inscription à la liste d'informations de la CGA, dernier numéro d'Infos et analyses libertaires en ligne, etc. Un peu ascétique, malgré tout. Une partie du congrès de l'Internationale des fédérations anarchistes (IFA) qui s'est tenu à Carrare (Italie) en 1968 a été enregistrée sur disque. On peut maintenant télécharger le fichier audio et découvrir les voix de militants libertaires aujourd'hui disparus : Umberto Marzocchi (Fédération anarchiste italienne, FAI), Maurice Joyeux (Fédération anarchiste française, FAF) (lire biographie), Federica Montseny (Fédération anarchiste ibérique, FAI) (lire biographie), Georges Balkanski (Union des anarchistes bulgares, UAB) (lire biographie)… C'était peu de temps après les événements de Mai 68 et les jeunes chahutaient quelque peu les « vieux ». Un certain Daniel Cohn-Bendit, figure du Mouvement du 22 Mars, y assiste, et lui et ses amis se moquent de Domingo Rojas (Fédération anarchiste mexicaine et Mouvement libertaire cubain en exil) lorsque celui s'exprime sur la faillite du régime castriste. On note aussi la présence de Jean-Jacques Lebel (lire « Expo “Soulèvements” »), délégué de la Fédération socialiste libertaire suisse, tandis que Joyeux – comme à son habitude – houspille la chienlit marxienne et les « jeunes gens qui confondent tumulte avec révolution ». Une page d'histoire sonore ! La Coupe du monde de football se termine et les petits drapeaux que l'on a vu fleurir aux fenêtres des cités vont disparaître… Fort heureusement, les guenilles tricolores ne sont pas restées très longtemps et la décrépitude de l'équipe de France faisait plaisir à voir. A cette occasion, le Groupe contre l'horreur olympique et sportive (GrouCHOS) a mis en ligne un tract du Comité d'action des footballeurs distribué lors de l'occupation du siège de la Fédération française de football (FFF) en mai 68. Il s'agissait alors de « libérer le football de la tutelle de l'argent des pseudo-mécènes incompétents qui sont à l'origine du pourrissement du football ». On ne peut pas dire, depuis, que les choses se soient arrangées… Comme les créateurs du site le soulignent, le football est « pris dans le développement de cette société : son essence, sa nature n'est pas fixe et donnée une fois pour toute. Et si l'on tient à le caractériser, il vaudrait mieux dire de lui qu'il est “bourgeois” : la hiérarchie (le coach), la sélection (l'élite), la compétition (la victoire, le gagnant), les classements (le règne de la valeur), la vedette (le héros), etc. » « Voix de faits », l'émission radio du collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec), et CKIA 88.3 FM diffusent « Souvenirs de la guerre d'Espagne. 19 juillet 1936 - 9 février 1939 » tous les mercredis de l'été, de 23 heures à 24 heures (rediffusion en podcast dès le lendemain). Ce feuilleton radiophonique, basé sur les Mémoires d'Antoine Gimenez, milicien du groupe international de la colonne Durruti, a été produit en 2005 par Les Giménologues et sera ainsi diffusé pour la première fois au Québec. Elles ont été publiées en 2006 (Les Fils de la nuit. Souvenirs de la guerre d'Espagne, Les Giménologues - L'Insomniaque, 558 p.) et sont aujourd'hui épuisées. On peut cependant les trouver en format pdf sur le site de l'éditeur et consulter le passionnant site Web des Giménologues sur le sujet.

Régis Messac (1893-1945). Enseignant, romancier, premier exégète de la littérature policière, historien de la littérature populaire et de science-fiction, proche des libertaires et des écrivains prolétariens, il est l'auteur entre autres de nombreux écrits de science-fiction. Membre de la Résistance, déporté, il meurt quelque part en Allemagne. Pour Didier Reboussin, « la ligne directrice qui unit la vie de Régis Messac à son œuvre est celle de la mise au pilori de la bêtise humaine. Messac ne prend même pas la peine de la dénoncer : il la met en scène, en lumière, et son ironie mordante se charge de l'exécution ». Les éditions Ex nihilo poursuivent la réédition de ses œuvres. Dans Valcrétin (166 p., 15 euros), Messac décrit une humanité dégradée. Les membres d'une expédition scientifique partent à la recherche des Crétins sur une île perdue au large du Chili et sombrent eux aussi dans la folie. La Cité des asphyxiés (326 p., 19 euros), satire mordante de notre époque, dépeint un monde souterrain où seuls les riches ont le monopole de la production et de la distribution de l'air. Les Zeroes, une population d'esclaves, y fomentent une révolte pour renverser la caste dominante… Quant à Brève histoire des hommes (201 p., 15 euros), il s'agit d'une étude matérialiste sur les faits de peuplement et de culture ou, plus précisément, selon l'auteur (Nouvel Age, 1937), sur « les faits essentiels de l'histoire humaine, faits qui dominent tous les autres, et qu'on ne devrait jamais perdre de vue. C'est d'eux que dépendent même les faits de civilisation et de conscience, les phénomènes dits spirituels ou intellectuels, les mœurs, les idées, le comportement des foules et des individus ».

Publications sur la Retirada. Deux ouvrages édités par les Presses universitaires de Perpignan s'intéressent à l'aide apportée par les Catalans et les Languedociens à la République espagnole et aux exilés de la Retirada de février 1939 : passages clandestins d'armes, accueil des réfugiés par divers mouvements (francs-maçons, catholiques, occitanistes...), participation aux débats sur la guerre et la révolution. Il s'agit de Catalans du Nord et Languedociens et l'aide à la République espagnole (1936-1946), actes de la journée d'étude de l'association Maitron Languedoc-Roussillon, Perpignan, 7 février 2009, Presses universitaires de Perpignan, coll. Etudes, 2010, 192 p., 22 euros, et de Vincent Parello, Des réfugiés espagnols de la guerre civile dans le département de l'Hérault (1937-1939), Presses universitaires de Perpignan, coll. Etudes, 2010, 214 p., 20 euros.

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