Juillet-août 2009

PUBLICATIONS

En juin, nous vous annoncions la sortie prochaine de deux ouvrages. C'est fait. Le premier, La Liberté des peuples. Bakounine et les révolutions de 1848 (Atelier de création libertaire, 224 p., 16 euros), de Jean-Christophe Angaut, revient sur la période préanarchiste de Bakounine, dominée par son engagement pour l'émancipation des peuples slaves, avec des textes en annexe dont certains sont inédits en français. Chez Bakounine, le combat national comprend une dimension sociale qui prendra finalement le pas avec la remise en cause de toute idéologie nationaliste. Mais la question est loin d'être tranchée pour le mouvement libertaire comme on a pu s'en apercevoir lors de chaque lutte de libération nationale ou concernant la décolonisation. Avec le second, nous pouvons maintenant aisément disposer de tous les textes libertaires d'Armand Robin (lire biographie), poète rebelle et traducteur hors pair. Dans Le Combat libertaire (Jean-Paul Rocher, éd. établie par Jean Bescond, introd. d'Anne-Marie Lilti, 248 p., 24 euros), on trouvera aussi bien la longue lettre (de rupture avec le communisme stalinien) à Jean Guéhenno de juillet 1935 et Les Poèmes indésirables – longtemps épuisés – que les articles parus dans Le Libertaire entre 1945 et 1955… Pour de plus amples renseignements sur la vie et l'œuvre d'Armand Robin, on peut se référer au remarquable dossier établi par la revue bibliographique A contretemps, disponible en ligne. Autre poète révolté dont les médias célèbrent actuellement, avec une certaine hypocrisie, le cinquantième anniversaire de la mort, Boris Vian (1920-1959). Le présentant comme un dilettante, un gentil et inoffensif artiste, ils oublient trop souvent l'auteur farouchement antimilitariste et anticlérical, qui dénonçait la société de son temps et les pouvoirs de toute sorte. Pour notre plus grand plaisir, Jean-Michel Leterrier nous le fait ainsi revivre avec Boris Vian… Un provocateur engagé (Les Points sur les i, 152 p., 14,50 euros). Au rayon littérature, nous trouvons également la réédition de deux textes de l'écrivain anarchiste Georges Darien (1862-1921) qui dénonce dans L'Ennemi du peuple (préf. de Jean-Pierre Bouyxou, L'Age d'homme, coll. Le livre carabiné, 186 p., 17 euros) la complicité maître-esclaves dans les sociétés modernes. « Qu'est-ce que le Peuple ? C'est cette partie de l'espèce humaine qui n'est pas libre, pourrait l'être, et ne veut pas l'être ; qui vit opprimée, avec des douleurs imbéciles ; ou en opprimant, avec des joies idiotes ; et toujours respectueuse des conventions sociales. » Avec Le Voleur (nouv. éd. de Patrick Besnier, Gallimard, coll. Folio classique, 512 p., 7 euros), il se livre à un autre type d'exercice : nous narrer les aventures d'un jeune homme de bonne famille, orphelin ruiné par un oncle indélicat, qui se fait voleur par esprit de révolte, pour dire « non » à la société, à la bourgeoisie, à l'ordre, aux socialistes qui se trémoussent sur l'estrade et aux moralistes… Pour ceux que les portraits au vitriol intéressent, notons la réédition du recueil de vers Au pays du mufle (préf. d'Armand Silvestre, éd. revue, augmentée et annotée par Gilles Picq, Cynthia 3000, 146 p., 20 euros), de Laurent Tailhade (1854-1919) où celui-ci s'en prend joyeusement et férocement à ses contemporains, de l'homme de la rue aux « gensdelettre ». Saluons aussi le passionnant travail de recherche et les riches commentaires de Gilles Picq, auteur d'une monumentale biographie de l'auteur (cf. bibliographie). Sous-titré « La CNT de la victoire de juillet 1936 à la défaite de mai 1937 », Agustín Guillamón nous propose avec Barricades à Barcelone 1936-1937 (Spartacus, 224 p., 15 euros) de parcourir le chemin qui permit à l'Etat de se réapproprier le pouvoir acquis par les ouvriers les armes à la main, du fait de la priorité absolue donnée à la lutte contre le fascisme. Expérience amère qui doit nourrir la réflexion de tous ceux qui s'interrogent sur les chemins à prendre pour construire une société libérée de l'exploitation et de l'oppression, ce communisme libertaire auquel aspiraient les militants cénétistes. L'étude historique a besoin de recul, de temps, pour digérer les événements, les analyser et les comprendre, mais elle a aussi besoin de documents à vif tels que cette brochure (en français) sur l'insurrection indienne au Pérou pour le contrôle des ressources et l'autonomie à télécharger. Ou bien cette autre sur le mouvement lycéen grenoblois du printemps 2008, « Aux armes ! » Le mouvement lycéen en guerre contre l'Etat (Zanzara athée, 52 p.) que l'on trouve sur Infokiosques.net. Après avoir publié La Communauté par le retrait et autres essais l'année dernière, les Editions du Sandre poursuivent la publication des œuvres de Gustav Landauer (lire biographie) avec Un appel aux poètes. Et autres essais (textes traduits et présentés par Charles Daget, 89 p., 11 euros). Elles présentent ainsi l'ouvrage : « Utopie et révolution, c'est sous ce double patronage que le poète et le peuple peuvent se soutenir mutuellement, afin que le poète du peuple laisse place au peuple poète. » Les mêmes éditions publient du philosophe et poète anarchiste anglais Edward Carpenter (1844-1929) La Civilisation, ses causes, et ses remèdes (éd. établie et présentée par Stéphane Beau, 96 p., 11 euros). L'auteur, proche du mouvement d'inspiration anti-industrielle Arts & Crafts de William Morris, figure aussi parmi les premiers activistes homosexuels. Avec une radicalité teintée d'ironie, il pose, en substance la question suivante : si nous allons si mal, est-ce parce que la civilisation est en crise ou, au contraire, parce qu'elle se porte un peu trop bien ? Pour terminer ce recensement des publications récentes, réservons une place particulière aux réflexions de Philippe Geneste dans Le Travail de l'école : contribution à une critique prolétarienne de l'éducation (Acratie, 183 p., 15 euros). S'appuyant sur son expérience professionnelle, l'auteur constate tout d'abord que les filières de formation actuelles sont toutes professionnelles, visant « un même but : l'entrée dans la vie professionnelle, l'éducation adéquate à tel ou tel niveau hiérarchique » et reproduisant ainsi les inégalités sociales. Il prône alors un « système de formation initiale sans filière de formation », un « enseignement polytechnique et polyvalent pour tous et toutes ». Après s'être livré à une critique du système actuel, il tente ensuite d'élaborer un « projet éducatif autonome du prolétariat ». Un livre à débattre, et pas seulement entre spécialistes !…

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Paris, 1er juillet. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 une projection-débat : « Trois petits films contre le grand capital », avec Le Temps des bouffons (Pierre Falardeau, 1985, 15 min), Le Désarroi esthétique (Pierre Carles, 1996, 14 min), L'Initiation (Boris Carré et François-Xavier Drouet, 2007, 63 min). En présence de Boris Carré et François-Xavier Drouet. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Site Internet.

Le Mans, 4 juillet. Café libertaire organisé par le groupe Lairial (FA), à 16 heures : « La violence à l' école », Epicerie du Pré, 31, rue du Pré. A disposition, table de presse de Matérial.

Paris, 4 juillet. A partir de 13 heures, Fête du livre libertaire à l'initiative des Editions CNT-RP, avec de nombreux livres neufs et d'occasion. Débats sur les IWW et l'histoire du fascisme aux Etats-Unis, avec la participation de Larry Portis et de Frédéric Bureau. Au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval). Site Internet.

Paris, jusqu'au 5 juillet. Exposition des dessinateurs de l'hebdomadaire de la Fédération anarchiste : « Le Monde libertaire exp(l)ose ses dessineux ! ». Dessins de Tôma Sickart, Manolo, Jhano, Riri, Nemo, Chester… Ça se passe au bar Le Delyss, 5, rue des Deux-Gares, Paris 10e. Affiche de l'expo.

Paris, 13 juillet. 5e bal antinational, en soutien aux prisonniers d'Action directe, à partir de 19 h 30. Au Centre international de culture populaire (CICP), 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Nation). Avec Riton la Manivelle et son orgue de barbarie (chansons populaires z'et révolutionnaires) ; Hardcore et Ame (hip hop de la B-Boysconscients Connexion) ; Les Soucoupes (rock garage de soupe'n'roll) ; puis la grande soirée D.J.'s (dansante et joyeuse) avec le 1984 Victory Orchestra Inc. Et d'autres pousseurs de disques… Soirée cabaret assurée, soutien : 5 euros, un apéro offert et menu gargotte à prix libre…

Paris, 16 juillet. Soirée de soutien à La Rôtisserie, restaurant associatif situé 4, rue Sainte-Marthe, Paris 10e, victime d'un incendie criminel dans la nuit du 26 au 27 juin. La mobilisation de nombreuses associations a permis de remettre le lieu en état très rapidement. La Rôtisserie sera ouverte le midi jusqu'au 25 juillet (et à nouveau à partir du 24 août) et le soir pendant tout l'été (consultez le planning). On peut encore, au cours des deux mois d'été, aider aux travaux… Soyez nombreux à venir soutenir et à… manger.

 

SPECTACLES, COLLOQUE,
CAMPING-DÉBATS, EXPOS…

Avignon, acte I. Du 7 au 29 juillet, la pièce Sacco et Vanzetti, écrite par Alain Guyard, sera mise en scène par François Bourcier, assisté de Nathalie Moreau. Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti seront interprétés par Jean-Marc Catella et Jacques Dau. Fidèle sur le fond, l'auteur a pris des libertés avec le déroulement des faits, imaginant un dialogue entre les prisonniers alors qu'ils étaient séparés dans la réalité. Festival off d'Avignon, Théâtre du Chêne noir, 8 bis, rue Sainte-Catherine (tél. : 04-90-82-40-57). Sacco et Vanzetti, par Alain Guyard, Les Editions libertaires, 2009, 56 p., 8 euros).

Avignon, acte II. Le comédien et écrivain libertaire Jean-Hugues Lime interprétera Carla B. tous les soirs du 8 au 31 juillet, à 21 h 30. Le spectacle est écrit par Frédéric Pagès et mis en scène par Patrice Minet. Lime incarne Carla la chanteuse. Alors que la révolution gronde et que le peuple encercle le Petit Président qui prend la fuite, Carla n'a peur de rien. Elle sait parler des chômeurs : « S'ils n'ont pas de CDD, qu'ils écoutent mon CD ! » Elle ne craint pas les émeutiers : « Dans cocktail Molotov, il y a cocktail. » Festival off d'Avignon, Pitchoun Théâtre, 40, rue de la Masse (tél. : 06-68-91-10-11).

Léon Jouhaux (1879-1954). Le dimanche 12 juillet, de 9 heures à 18 h 30, aura lieu à Aubervilliers, à la Documentation française, 124, rue Henri-Barbusse, un colloque sur : « Léon Jouhaux (1879-1954). Histoire d'un syndicaliste, d'Aubervilliers au prix Nobel ». Au programme : une exposition (« Un militant ouvrier face à l'histoire ») ; des tables rondes et des débats ; des projections de bandes d'actualité et des textes lus par les comédiens du Théâtre de la Commune. Entrée gratuite mais réservation indispensable au 01-48-39-52-21 ou par courriel : relations.publiques(at)mairie-aubervilliers.fr Programme détaillé et documents disponibles sur le site Maitron.org

Spectacles. Le festival d'été de la compagnie Jolie Môme, « La Belle Rouge », se déroulera du 24 au 26 juillet à Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme). Au programme : du théâtre (Faut pas payer !, de Dario Fo, par la compagnie), des solos clownesques, une conférence gesticulée sur les conséquences de la fin du pétrole, de la/des musique(s) (Les Blérots de Ravel, Bringuebal, Microsillons…), des chansons, des courts-métrages et documentaires, un spectacle en chantier (sur l'affaire de Tarnac), des ateliers (animés par Aline Pailler, Pierre Rimbert, Naje, Samizdat, Le Pavé…), des spectacles de rue, des Olympiades populaires, des stands associatifs et politiques, une librairie, des expos… et le Théâtre de l'Epée de bois, avec Les Ecrivains contre la Commune. Forfait pour les spectacles : 54 euros (tarif réduit à 38 euros). Le programme complet et les informations pratiques.

Eychenat (Ariège), du 25 juillet au 5 août. Comme ces dernières années, l'Organisation communiste libertaire (OCL) et Offensive libertaire et sociale (OLS) organisent des rencontres ouvertes à toutes et à tous. Les débats se tiennent « à la fraîche » après le repas du soir. Thèmes abordés : la crise, luttes internationales, luttes sociales en France, l'insurrection qui revient ?, la planète politicienne, répression, anarchisme culturel, etc. Cela se passe dans une ferme en activité, avec camping et parking. La vie quotidienne est collective et autogérée, et les tarifs journaliers s'échelonnent de 5 à 20 euros selon les revenus. Pour plus de renseignements (thème des débats, lieu, accès…). OCL, c/o Egregore, BP 1213, 51058 Reims Cedex, courriel, tél. : 03 26 82 36 16 ; OLS, c/o Mille Bâbords, 61, rue Consolat, 13001 Marseille, courriel, tél. : 06 70 61 94 34.

Camp anarchiste en Suisse. Cinquième rencontre A-camp afin de vivre quelques jours (du 5 au 16 août) ensemble sans hiérarchie ni autres formes de domination. Pour que cela soit possible, l'équipe d'organisation se dissout au début du camp afin que chacun et chacune puissent participer d'une façon égale. La participation souhaitée est de 8 francs suisses par jour et par personne. Les chiens ne sont pas acceptés. (Auto)organisation du camp, des ateliers, des échanges culturels, et mise en réseau avec des luttes politiques concrètes… plus d'infos.

Expo peinture. « Maximilien Luce : peindre la condition humaine », jusqu'au 9 septembre, Musée de l'Hôtel-Dieu, 1, rue Thiers, Mantes-la-Jolie (Yvelines). Peintre anarchiste, proche de Jean Grave, des Temps nouveaux et des postimpressionnistes tels Pissarro, Seurat ou Signac, après avoir découvert la région mantaise en 1917, Luce illustre les thématiques du paysage en vallée de Seine, du tourisme fluvial naissant, de l'essor industriel et de la condition de l'homme au travail. Des scènes de chantier, la retranscription d'événements contemporains dramatiques, notamment liés à la guerre de 1914-1918, des portraits d'une vie quotidienne plus paisible complètent cette production faisant une large place à la représentation du fleuve, axe fondamental de la perception du territoire. Tous les jours, de 13 heures à 18 heures, sauf le mardi, et jusqu'à 19 heures le samedi et le dimanche. Renseignements : 01-34-97-91-40. Maximilien Luce sur L'Ephéméride anarchiste.

Expo photo. A l'Hôtel de Sully, 62, rue Saint-Antoine, Paris 4e, jusqu'au 13 septembre : « Agustí Centelles. Journal d'une guerre et d'un exil, Espagne-France, 1936-1939 ». L'exposition retrace le parcours du photographe catalan (Valence, Espagne, 1909 - Barcelone, 1985), de son expérience de la guerre civile d'Espagne à son internement en France, au camp de Bram. Une centaine de photographies, pour la plupart inédites en France, et une collection de documents (magazines, lettres et carnets de notes du photographe) sont présentés. Du mar. au ven., de 12 heures à 19 heures ; sam. et dim., de 10 heures à 19 heures. Prix d'entrée : 2,50 euros/5 euros. Renseignements : 01-42-74-47-75. Plus d'info sur Rue89.

 

DIVERS

André Laude (1936-1995). Poète de la contestation et de la révolte, communiste libertaire, proche des marxistes et des situationnistes, il a soutenu les opprimés de l'Algérie au Vietnam en passant par l'Amérique latine, défendant les cultures bretonne et occitane. L'Association des amis d'André Laude a été créée pour sortir son œuvre de l'oubli et a récemment publié un premier « cahier » : Œuvre poétique d'André Laude, La Différence, Paris, 2008, 729 p., 49 euros. Adresse : Les Amis d'André Laude, chez André Cuzon, 12, avenue Dumont, 93600 Aulnay-sous-Bois (tél. : 01-48-66-18-88 ; courriel : acuzon[at]wanadoo.fr). L'adhésion, de 15 euros minimum, permet de recevoir un « cahier » annuel.

Libertaires lyonnais. Un nouveau blog a vu le jour sur le site Internet de l'Atelier de création libertaire (ACL), il s'intitule Histoire en images des libertaires lyonnais et souhaite présenter des photographies (personnes, manifestation…) et des reproductions de documents pour faire mieux faire connaître la spécificité du milieu. Autre volonté : créer des liens entre les militants, chercheurs et toutes personnes intéressées. Cette mise en images d'une mémoire libertaire ne va pas se faire en ordre chronologique, mais au gré des documents que Jean-Marc Bonnard et Mimmo Pucciarelli recueillerons. D'autres blogs sur d'autres sujets sont par ailleurs en prévision pour la rentrée de septembre. A suivre…

Blog de Nestor Potkine. Celles et ceux qui ont apprécié ses textes de réflexion dans les pages du Monde libertaire aimeront les retrouver sur son blog. Etes-vous pour ou contre l'athéisme financier, voulez-vous boire « Un petit verre d'inné », avez-vous songé à « L'anarchisme métis », vous intéressez-vous à Jean-Pierre Changeux ou à Héliogabale, empereur romain « insurgé » dont les penchants et la conduite scandalisèrent la Rome antique ?… Si oui, ce blog est fait pour vous. Si non, l'essayer c'est l'adopter. Reste à savoir qui est Nestor Potkine ? J'en ai une petite idée, mais je vous laisserai chercher. Et bientôt un véritable site Internet pour l'accueillir… plus à l'aise. [Ces sites ne sont plus en activité (mars 2011).]

Colloque Régis Messac. Le Centre Mauriac - Telem (université de Bordeaux-III) et la Société des amis de Régis Messac prévoient d'organiser un colloque les 5 et 6 février 2010 et lancent un appel à contributions (contact par courriel, date limite : 15 septembre). Cette rencontre sera intitulé : « Régis Messac, l'écrivain-journaliste à re-connaître ? » Elle aura pour but de sortir de l'oubli Régis Messac (1893-1945) : écrivain de science-fiction, critique littéraire, antimilitariste, libertaire, résistant mort en déportation… Informations complémentaires. Courriel.

 

PÉRIODIQUES

« N'autre école ». La revue de la fédération CNT des travailleurs de l'éducation consacre pratiquement tout son n° 22 (printemps, 52 p., 4 euros) à un dossier titré « L'éK.O.le ?… ne jetons pas l'éponge ! », suggérant que, malgré « des syndicats qui s'éloignent du terrain et usent les luttes, une école qui se coupe du quartier, des pédagogies qui nient le social... », il ne faut pas renoncer à la lutte. Classés en trois chapitres – « Décrypter, analyser », « Relier social et pédagogie », « S'engager » –, les articles abordent aussi bien l'orthographe, sa complexité et ses contradictions, ainsi que divers projets de simplification, que la subordination dans l'armée de conscription… et à l'école laïque (1890-1918), sans oublier un bilan et une réflexion sur les bouleversements de l'école qui ont préparé le terrain à la résignation. Ouverture aussi à des contributeurs extérieurs, tel Jean Foucambert (« De l'alphabétisation à la lecturisation, la raison graphique… ») et Laurent Ott (« Rendre la ville à l'enfant, rendre l'enfant à la ville »). Contacts, rédaction et abonnements :  « N'autre école », CNT-FTE, 33, rue des Vignoles, 75020 Paris. Courriel : comiteredaction(at)cnt78educ.cnt-fr.org Site Internet. On peut télécharger sur le site de la CNT-FTE Classes en lutte... (n° 104, juin-juillet), le bulletin de la fédération. Pour le recevoir automatiquement par courriel, il suffit de le demander à fede-educ(at)cnt-f.org

« Le Libertaire ». Le n° 34 (juillet, 8 p.) de l'édition électronique de la « revue de synthèse anarchiste » est disponible en ligne (pdf, 170 Ko). Le Père Chat dénonce des avocats voyoux et se souvient des « exploits » d'Alain Carignon et on peut y lire un article historique sur « L'Association internationale des travailleurs ». La reprise de deux article d'El Libertario, « Chávez et l'anarchisme » et « Stop aux meurtres et à la répression des travailleurs en lutte ! », nous informe sur la situation au Venezuela. Un article nécrologique évoque Pierre Aubéry, né au Havre, journaliste de profession, proche de La Révolution prolétarienne, collaborateur du journal sous le pseudo d'Alleber et auteur, entre autres, de deux ouvrages sur l'anarchisme : L'Anarchisme des littérateurs au temps du symbolisme et Mécislas Golberg, anarchiste et décadent.

« Infos et analyses libertaires ». Le dernier numéro du bimestriel de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) (n° 78, juillet-août, 4 p., 0,50 euro) est disponible au téléchargement (pdf, 500 Ko). A noter, un édito sur les récentes élections européennes, un « Retour sur la lutte à l'université du Mirail » (Toulouse), un vœu qui ne devrait pas rester pieux : « Contre les licenciements, passons des séquestrations à l'autogestion ! », le compte rendu du procès de Pierre et Yann, poursuivis pour des faits concernant la lutte anti-LRU de 2007 sur le campus de Perpignan. Et un article « No Border, sin fronteras, sans frontières » sur la question des sans-papiers.

« Sortir de l'économie ». Le troisième numéro de ce « bulletin critique de la machine-travail planétaire » (juin, 40 p.) peut être téléchargé (pdf, 700 Ko). Au sommaire : « Vivre ensemble à côté de l'économie ? » (édito), « Sur l'invention grecque du mot “économie” », « Etre autonome matériellement pour être libre politiquement » (entretien avec deux membres d'une communauté agricole sur le plateau de Millevaches), « Sur quelques communautés à perspective émancipatoire et la question de l'argent », « Les communautés entre elles », quelques notes de lecture… et un très intéressant tableau sur « Quelques exemples d'alternatives pour réfléchir aux possibilités actuelles de sortir de l'économie » (avec des références bibliographiques). Pour recevoir une version papier gratuite (noir et blanc), on peut contacter le bulletin : redaction(at)sortirdeleconomie.ouvaton.org

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