Janvier 2012

PUBLICATIONS

Saluons tout d'abord la réédition par La Découverte d'un monument de l'édition libertaire, Ni Dieu ni maître. Anthologie de l'anarchisme (coll. Poche essai, n° 335, 768 p., 18 euros) de Daniel Guérin (lire biographie), cette fois en un volume. Paru à l'origine en 1966 aux Editions de Delphes, puis régulièrement réédité par Maspero dans les années 1970 et jusqu'en 1980, il propose un choix raisonné de textes des grands noms de l'anarchisme, remis dans leur contexte et en perspective. L'auteur retrace ainsi sur deux siècles l'aventure de la pensée et de l'action du mouvement libertaire. Stirner, Proudhon, Bakounine – les précurseurs –, comme Guillaume, Kropotkine, Malatesta, Pelloutier, Voline, Makhno, Durruti… sont présents, illustrant le rôle des anarchistes pendant la révolution russe et la guerre d'Espagne. Tous les thèmes et sujets sont ainsi abordés de façon claire et vivante. Une réussite qui explique que cet ouvrage soit devenu un classique. Que se passe-t-il lorsqu'on devient clandestin ? Lorsque, pour éviter la répression et une incarcération, on décide de disparaître, de changer d'identité, de quitter ses proches, de changer de lieu et de vie, d'être un(e) autre… C'est ce que tente de nous faire partager le recueil de témoignages, traduit de l'italien, Incognito. Expériences qui défient l'identification (Petite collection italienne, n° 3, 117 p., 5 euros) publié par Nux-Vomica (nux-vomica[at]riseup.net) et Mutines Séditions. On se retrouve bien souvent seul (pour ne pas être arrêté) et isolé (pour ne pas faire courir de risques aux autres), il est difficile alors de ne pas être déconnecté de la lutte. La clandestinité fait vivre intensément (ou paralyse) car tout prend de l'importance (le moindre détail, oubli, peut se traduire par une arrestation) ; on doit être un(e) autre, au risque de le devenir… Si l'aspect moral ou intellectuel est bien exprimé, un seul témoignage aborde réellement l'aspect pratique (travail, ressources, logement, etc.), celui d'un sans-papier algérien, réfugié politique (pris en tenaille par les terrorismes islamiste et gouvernemental). Reste les questions essentielles des traducteur(e)s : « comment s'organiser face à la répression en prenant en compte l'éventualité de se mettre au vert », comment ne pas être détruit, comment continuer à se battre… N'est-ce pas d'actualité ? Parfois la cavale dure très longtemps, comme celle de Pierre Conty dont Yannick Blanc relate l'histoire dans Les Esperados, une histoire des années 1970 (suivis de « Le troupeau par les cornes », L'Echappée, coll. Négatif, 304 p., 14 euros). Le 24 août 1977, « Pierrot » et Stéphane Viaux-Pecatte, membres d'une communauté anarchiste à Rochebesse (Ardèche), attaquent une banque à Villefort en Lozère. Depuis quelques mois, les tensions étaient vives avec le voisinage paysan et la communauté était menacée d'expulsion. Après le braquage, deux fusillades causent la mort d'un gendarme et de deux passants. Pour la presse à sensation, c'est devenu l'affaire du « tueur fou de l'Ardèche ». Viaux-Pecatte sera arrêté deux mois plus tard puis condamné à dix-huit ans de prison. Condamné à mort par contumace, Conty n'a jamais été retrouvé... et n'a pas refait surface malgré la prescription. Précédemment paru chez Robert Laffont en 1984, ce récit est complété par une postface qui revient sur les échecs de cette époque, tout en relatant l'écriture du livre et ses péripéties. Les communautés « politiques » ne sont pas un phénomène uniquement post-soixante-huitard et Jean-Christian Petitfils, avec Les Communautés utopistes au XIXe siècle (Pluriel, 414 p., 10 euros), réédition d'un ouvrage paru en 1982 chez Hachette, nous le rappelle. Certes, l'auteur, plus connu pour ses travaux sur la royauté et sur… Jésus, ne partage pas l'« optimisme » des utopistes qui pensaient que l'être humain pouvait évoluer dans un milieu ambiant différent, oubliant lui aussi que la communauté ne rompt jamais tout à fait avec l'environnement. Quoi qu'il en soit, il nous livre une intéressante étude sur les tentatives « communistes », fouriéristes et libertaires qui se sont surtout déroulées dans les Amériques et en Europe de 1825 à 1914. La recherche du site, l'installation, l'organisation économique et sociale, les activités, la situation des femmes, les réactions extérieures, les querelles internes et les raisons de leur dissolution sont ainsi passées en revue. La conclusion tente, très rapidement, de faire le lien entre les utopies d'hier et d'aujourd'hui. Libres. De quelle liberté ? (164 p., 15 euros), s'interroge la revue Réfractions dans son n° 27 qui souhaite analyser les « différences fondamentales existant entre une conception libérale et une conception anarchiste ou libertaire de la liberté ». Revenant aux sources de l'idée, les conceptions de Proudhon et Bakounine sont analysées et confrontées à des approches différentes, parfois opposées, celles de Spinoza ou de Castoriadis. L'étude nécessite également d'aborder et de décortiquer les notions de démocratie, de pouvoir, d'égalité, d'émancipation, de libéralisme et de néolibéralisme qui conçoit pour sa part la liberté comme « un bien », devenant ainsi un instrument d'asservissement. Ces questionnements se poursuivent aussi, en dehors du dossier, avec des articles plus concrets et plus actuels comme « Délibération et liberté politique dans les organisations anarchistes », à propos de l'élection tunisienne, des indignés grecs ou des luttes de libération nationale. Selon Tomás Ibáñez, la liberté, pratique de résistance contre le pouvoir, ne peut se définir qu'en mouvement, en action, par cette lutte sans fin pour atteindre l'état de liberté. Lorsqu'on se penche sur les récits relatant la vie de tel ou tel acteur de la geste libertaire, on ne peut qu'en être persuadé. Ainsi de La Révolte permanente. Un document sur l'Espagne révolutionnaire (trad. du catalan par Carles Sarrat, Balzac Editeur, 216 p., 24 euros), de Baltasar Porcel (1937-2009), parue il y a quelque mois. En 1978, durant plusieurs semaines, Joan Ferrer, militant anarcho-syndicaliste, s'est confié à l'auteur, journaliste et écrivain, qui, à la première personne, narrera sa vie et ses combats, de sa naissance à Igualada (Barcelone) jusqu'à son exil parisien. C'est ainsi près de trois quart de siècle de l'histoire de l'Espagne et du peuple espagnol qui défile : la situation économique et sociale des ouvriers et des paysans, le roi Alfonse XIII, la Seconde République, les attentats anarchistes au début du XXe siècle répondant au terrorisme de la bourgeoisie, les assassinats durant la guerre civile, mais aussi ses réflexions sur l'amour et la religion, sur le collectivisme comme idéal et degré le plus élevé d'organisation de la société… A l'occasion de l'anniversaire des quarante ans de sa mort (1888-1971), l'Union pacifiste (UPF, BP 40196, Paris Cedex 13) a publié une brochure-cahier (format : 21 x 29,7) en hommage à Louis Lecoin, homme de paix (54 p., 5 euros). Présentant sa famille (nombreuse et pauvre), son enfance et ses années de formation jusqu'à ce refus, pendant son service militaire, de garder les voies en solidarité avec les cheminots grévistes, pour lequel il écope d'une peine de six mois de prison. Rebelle, il sera ; et cela se traduira par de nombreuses années d'incarcération. Evoquant assez succinctement son militantisme libertaire et anarcho-syndicaliste (lire biographie), le texte trop souvent hagiographique aborde ses combats pacifistes : manifeste-tract « Paix immédiate ! » au début de la Seconde Guerre mondiale et lutte dès 1958 pour la libération des objecteurs de conscience et l'obtention d'un statut pour les protéger. Comportant divers portraits de « compagnons » et des témoignages de proches, cette brochure a le mérite de remettre en valeur un militant quelque peu oublié aujourd'hui. Liberté et création se retrouvent dans le deuxième numéro d'Art et anarchie (Editions K'A, 239 p., 20 euros), le troisième étant attendue pour la fin de l'année (voir site de la revue). C'est encore un foisonnement d'œuvres (mail-art ou art postal, graphisme, peinture, collage, photographie, installations), de poèmes et de textes sur Gaston Couté, l'anarchie et la franc-maçonnerie, John Cage, Vincent Bounoure, Helios Gomez et d'autres plus délirants, oniriques, poétiques, paradoxaux… Tout est parfaitement résumé par les éditeurs : « Conçu comme un instantané avec des entrées multiples et non sectaires, [ce numéro] interroge, apporte des éléments historiques et propose des interventions d'artistes. (…) Il n'y a toujours pas de parti pris esthétique, l'approche an-archiste de nos propos prône toujours la diversité… » Seul un correcteur particulièrement psychorigide pourrait s'inquiéter d'un article rendu difficilement lisible par son interlignage et d'un sommaire « déstructuré ». Babioles à côté de l'incontestable réussite. Et si aucun de ces ouvrages ne vous tentent, vous pouvez toujours allez voir Les Nouveaux Chiens de garde (lieux de projection), de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, qui illustre et réactualise l'ouvrage de Serge Halimi portant sur la soumission des médias aux pouvoirs économique et politique. C'est particulièrement instructif mais aussi bien fait, agréable et pas chiant. Avec des moments d'anthologie comme ce cruel montage qui met en scène Luc Ferry et Jacques Julliard, embauchés par LCI pour n'être pas d'accord (sur les détails) mais « copains comme cochons » sur le fond. Et ces experts démontés de belle façon ou ces journalistes pris la main dans le sac à « ménages ». La mise en scène du récent mercarto des vedettes de la presse (l'un remplace l'autre, qui succède à…, qui lui-même prend la place de…) est jubilatoire, ainsi que le pas de danse des membres invités au dîner du Siècle (patrons, politiques et journalistes de renom). En 2012, le maître d'équipage risque de changer mais ceux qui tiennent les laisses ne partiront pas pour autant. Une élection n'a jamais fait le printemps !

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Limoges, 6 janvier. A 18 h 30, conférence sur Adrien Perrissaguet (1898-1972), grande figure libertaire de Limoges et de l'exil espagnol (1939). Organisée par le Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) limousin, avec le soutien du groupe libertaire Le Cri du peuple. Auditorium BFM, 2, place Aimé-Césaire. Entrée à prix libre. Réservations : cira.limousin(at)free.fr

Le Mans, 7 janvier. Le groupe Lairial (Fédération anarchiste) organise à 16 heures un café libertaire sur l'Association internationale des travailleurs (AIT), 1864-1876, 2e partie : « La propriété, l'économie et les luttes sociales ». Rappel historique, exposé et débat. Epicerie du Pré, 31, rue du Pré.

Lyon, 7 janvier. Rencontre-débat « Pédagogie et révolution : questions de classe », à partir de 15 heures, avec des camarades de la CNT Education, Jipi et Grégory Chambat, auteur de Pédagogie et révolution. Questions de classe et (re)lectures pédagogiques (Libertalia). A la librairie La Gryphe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e (M° Saxe-Gambetta). Courriel : librairie(at)lagryffe.net - site Internet.

Toulouse, 9 janvier. Projection de Ni travail, ni famille, ni patrie : journal d'une brigade FTP-MOI (documentaire de Mosco Boucault, 1993, 90 min.), à 20 h 30, organisée par Le Kiosk, à la Maison des associations, 3, rue Escoussières Arnaud-Bernard (M° Compans-Caffarelli). Site Internet.

Saint-Denis, janvier. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Pollutions “invisibles” », organisé par Dominique Léonard : le 10, « Le nucléaire : tout un cycle, que faire après Fukushima ? », avec Monique Sené ; le 17, « Etat des lieux des pollutions électromagnétiques », avec Olivier Hahn et Hélène Danicourt ; le 24, « Les OGM et leurs pesticides associés », avec Laurent Leguyader. Site Internet.

Paris, 11 janvier. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un débat sur « L'Amérique révolutionnaire des années 1960 et 1970 », avec Caroline Rolland-Diamond, auteure de Chicago : le moment 68 (Syllepse) ; Aurélie Puybonnieux, traductrice de Weather Underground. Histoire explosive du plus célèbre groupe radical américain (Dan Berger, L'Echappée) ; Alice Gaillard, auteure des Diggers. Révolution et contre-culture à San Francisco (L'Echappée). Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Courriel : quilombo(at)globenet.org - site Internet.

Saint-Denis, 12 janvier. De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée » avec la Dionyversité. Ce jour, il est question de « 1907, la révolte des vignerons dans le Midi », avec Shakila Zamboulingame. Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris ou RER D). Entrée libre.

Paris, 13 janvier. Précédemment prévue le 25 novembre et reportée du fait de trublions kadhafistes, réunion-débat à 19 heures autour des conseils de prud'hommes : baisse des moyens, taxe de 35 euros sur les recours, ils sont la nouvelle cible des puissants. Peuvent-ils encore être un outil dans les luttes sociales ? Quel rôle les anarchistes peuvent-ils assumer en la matière ? Tels seront, entre autres, les thèmes de cette rencontre. A la Bourse du travail, 3, rue du Château-d'Eau. Entrée libre et gratuite.

Toulouse, 13 janvier. Rencontre publique sur la situation des communautés zapatistes au Chiapas, avec Jean-Pierre Petit-Gras. A partir de 20 heures, au Chat noir, 18, avenue de la Gloire. Site Internet.

Vannes, 13 janvier. Débat public sur l'« accaparement des terres par l'agriculture industrielle », avec Jean-Pierre Tertrais, auteur de Pour comprendre la « crise » agricole (Monde libertaire - Alternative libertaire). Palais des Arts, place Anne-de-Bretagne, à 20 h 30. Soirée préparée par le groupe libertaire Lochu-Ferrer et la Fédération anarchiste Vannes-Lorient.

Marseille, 14 janvier. « L'émancipation des travailleurs. Une histoire de la Première Internationale » (La Fabrique), en présence de l'auteur Mathieu Léonard. A 16 h 30, à la librairie Maupetit, 142, La Canebière, Marseille 1er.

Paris, 14 janvier. A 16 h 30, rencontre avec Zvonimir Novak pour son ouvrage Tricolores. Une histoire visuelle de la droite et de l'extrême droite (L'Echappée) à la Librairie du Monde libertaire. Au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, Filles-du-Calvaire, République). Courriel : librairie-publico(at)sfr.fr - site Internet.

Paris, 17 janvier. Le film Un Théodore Monod peut en cacher un autre ! sera présenté à 20 h 30 au restaurant Le Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant ou Gambetta), en présence de son fils, Ambroise Monod, et du réalisateur François Brey. On peut dîner au restaurant à 19 h 15. Site Internet.

Saint-Ouen, 17 janvier. Projection du film R.A.S., nucléaire, rien à signaler, d'Alain de Halleux, à 19 heures, médiathèque Persépolis (M° Mairie-de-Saint-Ouen), suivie d'un débat animé par Philippe Billard, ex-intérimaire du nucléaire.

Ivry-sur-Seine, 19 janvier. Rencontre à 19 heures autour du livre Interpellations (Le Passager clandestin) d'Octave Mirbeau, avec Serge Quadruppani, préfacier de l'ouvrage, Jean-Baptiste Bernard (Article 11) et Dominique Bellec (Le Passager clandestin). A la Guinquette du monde, 62, avenue Georges-Gosnat, 94200 Ivry-sur-Seine. Restauration possible.

Paris, les 19, 20, 21 et 22 janvier. La Compagnie Marie-Ruggeri joue Louise Michel, écrits et cris, spectacle théâtral et musical (lire ci-dessous). Tarif spécial les quatre premiers jours, pour les personnes qui n'ont pas ou plus les moyens de sortir : 5 euros. Jeudi, vendredi, samedi à 20 heures, et dimanche à 18 heures. Au théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville ou Rambuteau).

Toulouse, 19 janvier. Projection-débat à 20 h 30 autour du documentaire La Gueule de l'emploi, de Didier Cros, sur le monde du recrutement. A la pizzeria Belfort, rue Bertrand-de-Born. Organisée par Alternative libertaire, site Internet.

Lille, 20 janvier. Rencontre-débat avec Grégory Chambat, auteur de Pédagogie et Révolution (Libertalia), à 19 heures, à la Maison des syndicats CNT, 32, rue d'Arras.

Montpellier, 20 janvier. Projection du film Metello (1970, 107 min.) de Mauro Bolognini sur les luttes sociales à Florence, des années 1870 au début du XXe siècle. A 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Paris, 20 janvier. Soirée vidéo de la librairie du Monde libertaire, à partir de 19 h 30, avec la projection du film Antone's. Home of the blues, suivie d'une discussion entre fans de blues. En partenariat avec l'émission « Blues en liberté » (de 10 h 30 à 12 heures, le mercredi, sur Radio-Libertaire). Au 145, rue Amelot, 75011 Paris (M° République, Oberkampf, Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Paris, 21 janvier. Présentation par Benjamin Barthe de son livre Ramallah Dream, voyage au cœur du mirage palestinien (La Découverte), sur les illusions d'une « paix économique » sous occupation. A 17 h 30, librairie Résistances, 4, villa (impasse) Compoint (angle du 40, rue Guy-Môquet), Paris 17e. Site Internet.

Paris, 23 janvier. A propos du mouvement de l'autonomie dans les années 1970 en Italie, à 19 heures, Marcello Tarì viendra présenter Autonomie ! (trad. par Etienne Dobenesque, La Fabrique), en présence de l'éditeur, Eric Hazan. Librairie Le Monte-en-l'air, 71, rue de Ménilmontant - 2, rue de la Mare, Paris 20e (M° Ménilmontant ou Gambetta). Site Internet.

Alès, 26 janvier. Conférence-débat à 18 heures : « Résister à la chaîne », avec Christian Corouge, auteur de l'ouvrage du même nom (Agone). Salle du Capitole, 10, place de l'Hôtel-de-Ville. Informations : 04-66-52-18-25.

Paris, 27 janvier. Au café associatif La Commune, 3, rue d'Aligre, Paris 12e, présentation du n° 32 de la revue Offensive sur « Libération sexuelle ? ». A 19 heures, repas ; et à 20 heures, débat en présence de rédactrices et rédacteurs du dossier. Site Internet.

Paris, 27 janvier. A partir de 19 h 30, soirée vidéo de la librairie du Monde libertaire (145, rue Amelot, Paris 11e), en partenariat avec l'émission « Radio LAP » (Lycée autogéré de Paris) sur Radio-Libertaire, avec la projection du film Sacco et Vanzetti (1971) de Giuliano Montaldo.

Toulouse, 27 janvier. Reprogrammation de la soirée anticarcérale (prévue initialement le 16 décembre) en hommage à Charlie Bauer avec la projection du film Le Marathonien de l'espoir (60 min.), de Martin Monge, et rencontre avec des membres de L'Envolée (sous réserve). A 20 heures, au Chat noir, 18, avenue de la Gloire. Site Internet.

Rouen, 28 janvier. Rencontre, à 15 heures, avec Jean-Pierre Levaray à propos de son nouvel ouvrage Tue ton patron, saison 2 (Libertalia). A la librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Saint-Jean-du-Gard, 28 janvier. A 19 heures, rencontre-débat avec Charles Reeves et Hsi Hsuan-wou autour de leur livre Les Mots qui font peur. Vocable à bannir de la Toile en Chine (L'Insomniaque). La soirée se conclura par un banquet sinophile. Bibliothèque infokiosque, 152, Grand-Rue. Entrée libre et gratuite.

Lyon, 31 janvier. Rencontre avec Marcello Tari à l'occasion de la parution d'Autonomie ! Italie, les années 1970 (La Fabrique), en présence de l'éditeur, Eric Hazan. A 19 heures, à la librairie Rencontres, 86, rue de Marseille.

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

La Librairie éphémère. Plus de cinquante éditeurs peu présents en librairie seront du 13 décembre 2011 au 5 janvier 2012 à la Halle Saint-Pierre, 2, rue Ronsard, Paris 18e. Entrée libre. En semaine, de 10 heures à 18 heures ; samedi, de 10 heures à 19 heures ; dimanche, de 11 heures à 18 heures. Renseignements : 01-42-58-72-89. Jeudi 15, à 18 heures, vernissage (accordéon, apéritifs et signatures sauvages). Lectures publiques, présentations de livres, interventions d'auteurs, projections, conférences, expositions sont au programme. Plus de précisions et liste des éditeurs sur le site. La librairie éphémère se réinstallera à la Halle Saint-Pierre au mois de mai 2012.

Théâtre. La Compagnie Marie-Ruggeri joue Louise Michel, écrits et cris, spectacle théâtral et musical sur Louise Michel (1830-1905), du 19 janvier au 15 avril (relâches les 26 février ; 4, 8 et 9 mars). Représentations les jeudis, vendredis, samedis à 20 heures, et dimanches à 18 heures. Prix des places : 20 euros (tarif réduit : 15 euros, tarif groupe : 10 euros). Ce spectacle est conçu à partir de la correspondance et de l'autobiographie de la militante anarchiste (adaptation et jeu : Marie Ruggeri ; musique et jeu : Christian Belhomme). Au théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville ou Rambuteau). La compagnie peut se déplacer pendant cette période dans les régions Nord, Normandie, Bretagne, Pays de Loire, Centre. Et, les 6 et 7 mars, dans le sud-est de la France (représentation le 8 mars à Draguignan). Contact (invitation, groupe et organisation de spectacle) : 06-64-16-37-35 ou compagniemr(at)yahoo.fr

Colloque à Lyon. Le Centre de documentation et de recherche sur les alternatives sociales (Cedrats), les Archives municipales de Lyon et le Musée de l'imprimerie organisent du jeudi 19 au samedi 21 janvier un colloque intitulé « La presse alternative, entre la culture d'émancipation et les chemins de l'utopie ». Au programme : conservation des fonds, pluralité des causes (antimilitarisme, féminisme, libération sexuelle, écologie, non-violence, contre-culture, antiautoritarisme...), médias alternatifs dans le monde. Interviendront, entre autres, Mimmo Puciarelli, Marianne Enckell, Lou Marin et Pierre Sommermeyer. Adresses : Archives municipales, 1, place des Archives, Lyon 2e (jeudi et vendredi) ; mairie du 1er arrond., 2, place Sathonay, Lyon 1er (samedi). Renseignements : Cedrats, 27, montée Saint-Sébastien, 69001 Lyon ; tél. : 04-78-29-90-67 ; courriel : cedrats.actions(at)laposte.net

Expo à Lyon. Le Centre de ressources sur les alternatives sociales (Cedrats) présente aux Archives municipales une exposition intitulée « 50 ans de presse alternative à Lyon et sa région », jusqu'au 25 février 2012. Des petits bulletins des années 1960 à l'information qui circule aujourd'hui sur Internet, l'histoire de la presse alternative lyonnaise est foisonnante, en particulier dans le quartier de la Croix-Rousse. Archives municipales, 1, place des Archives, 69002 Lyon. Tous les jours (le lundi, de 11 heures à 17 heures ; du mardi au vendredi, de 8 h 30 à 17 heures ; le samedi de 13 heures à 18 heures), sauf jours fériés et dimanches. Tél. : 04-78-92-32-50 - courriel : aml(at)mairie-lyon.fr - site Internet.

Salon du livre libertaire de Paris. En 2012, cette sixième édition ouvrira ses portes dès vendredi 11 mai à 14 heures (jusqu'à 21 heures) et se poursuivra samedi 12 mai, de 10 heures à 20 heures, et dimanche 13 mai, de 10 heures à 16 heures. Des compagnons suisses (francophones, alémaniques ou italophones) ont été invités à venir présenter leur production éditoriale. Ce sera aussi l'occasion de découvrir le programme de la Conférence internationale de Saint-Imier qui se tiendra en août 2012 dans le Jura suisse : conférences, ateliers, expositions, salon, concerts, etc. Autre nouveauté, la création d'un espace livres neufs à prix cassés. Plus de vingt heures de débats (répartis sur trois jours) sont prévus : « Idées reçues sur l'anarchisme » ; « L'alternative anarchiste en actes » ; « L'éducation » ; « Faut-il s'indigner ou se révolter ? » ; « Décroissance et partage des richesses » ; « Avenir des médias libres » ; « Réinventer la grève générale »… Radio-Libertaire (89.4 MHz) proposera à ses consœurs de Paris et de province d'animer et de diffuser des émissions en direct depuis le salon (studio prévu à cet effet). Et tout cela se passera à l'espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville ou Saint-Paul). Entrée à prix libre. Bar et restauration légère. Pour contacter l'organisation : Salon du livre libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris - tél. : 01-48-05-34-08 - courriel : livrelibertaire2012(at)sfr.fr - site Internet.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (janvier). Le Cedias-Musée social « est une fondation dont la mission est la réflexion sur les actions sociales et les grands problèmes sociaux en favorisant les études, les échanges, l'information et la documentation ». Il possède et met à disposition du public pour une consultation sur place un important fonds documentaire historique et actuel : ouvrages, périodiques (quelque mille titres), « littérature grise » (rapports d'étude ou de recherche, actes de congrès, thèses, brevets, etc.), icononographie… soit plus de cent mille documents. Récemment, le catalogue papier de la bibliothèque a été informatisé à 90 % (plus de soixante-sept mille notices disponibles) et peut être consulté en ligne. On y effectuera de multiples recherches, simples ou croisées, par date, type de document, titre, nom d'auteur… Cedias-Musée social, 5, rue Las Cases, 75007 Paris. Horaires d'ouverture de la bibliothèque : du lundi au jeudi, de 13 heures à 18 heures ; le vendredi, de 13 heures à 17 heures. Informations pratiques (conditions d'inscription, fermetures exceptionnelles, etc.). Tél. : 01-45-51-66-10 - courriel : bibliotheque(at)cedias.org

Le site consacré à Elisée Reclus (1830-1905, lire biographie) par RA Forum vient d'être relooké et sera désormais placé sous la responsabilité de Federico Ferretti. On y trouve de nombreux textes (en français, anglais, espagnol, allemand, espéranto, italien et portugais) écrit par le savant et géographe anarchiste ou à son sujet, brèves d'actualité, publications récentes, bibliographies et biographies… C'est une source inépuisable d'infos et de documents. De nouveaux textes traduits par le Collectif anarchiste de traduction et de scannérisation (CATS) de Caen (et d'ailleurs…) ont été mis en ligne en libre accès sur leur site. Citons, entre autres, « L'anarchisme au Pérou » (au début du XXe siècle), « Argentine : une semaine de 1919 », « Les femmes espagnoles dans la Résistance française », « L'anarchisme clandestin à Leningrad dans les années 1920 », « Une interview avec des travailleurs de la FIAT, 1970 », plusieurs articles sur les Industrial Workers of the World (IWW) en Nouvelle-Zélande… Remise en circulation, par ailleurs, de quatre textes sur l'Irak traduits il y a quelques années : « Un siècle de guerre et de rébellion 1900-1999 », « La lutte des classes en Irak : interview d'un vétéran, 1991 », « Témoin oculaire à Halabja, 1988 » (gazage des populations civils kurdes), « 10 jours qui ébranlèrent l'Irak, 1991 » (sur les soulèvements populaires au Kurdistan irakien et dans le sud irakien). Chaque mois, une dizaine d'écrits sont ainsi publiés et, vu la quantité de textes (surtout en anglais désormais) intéressants à traduire, le CATS lance un appel aux bonnes volontés afin qu'elles se mettent en relation avec lui pour prendre en charge certaines traductions (courriel : catscaen(at)voila.fr). Michel et Jean-Paul, deux chanteurs d'Hécatombe de Georges Brassens devant la préfecture de police (lire « En vrac » de juillet et septembre) ont été relaxés « au bénéfice du doute », par la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, le 13 décembre. En clair : les accusations portées contre eux par les gendarmes n'ont pas été juridiquement établies. Par pudeur, sans doute, ils n'ont pas chanté ce jour-là Le Gorille (paroles). Jean Coulardeau anime le blog L'Ordinateur, dernière tour de Babel. En 2006, il a publié un livre qui porte ce titre. Sans vouloir la suppression des ordinateurs, il s'interrogeait sur les fonctions de cet instrument qui se veut totalisateur et enferme les humains dans une cité artificielle. Son blog est en grande partie consacré à l'œuvre de Jacques Ellul (1912-1994). Ce sociologue et théologien protestant qui s'intéressait à l'anarchisme (il est l'auteur d'Anarchie et christianisme, Atelier de création libertaire, 1988, réédition par La Table ronde, 1998) est surtout connu comme penseur de la technique et de l'aliénation au XXe siècle. Coulardeau a préparé la publication d'un de ses ouvrages inédits, Technique et théologie, qui fait le « pont » entre ses recherches sociétales et d'ordre spirituel, dont il présente des extraits. La Revue blanche (1889-1903), fondée et dirigée par les frères Natanson, fut une revue littéraire et artistique où collaborèrent les plus grands écrivains et artistes de l'époque. Elle mena des combats politiques sous l'impulsion d'anarchistes comme Fénéon et Mirbeau, de socialistes, tels Blum ou Péguy, de dreyfusards et de fondateurs de la Ligue des droits de l'homme, comme Reinach et Pressensé. En témoignent ses campagnes dénonçant le génocide arménien, les dérives coloniales, la barbarie des interventions, européenne en Chine, anglaise en Afrique du Sud, et la diffusion des pamphlets de Tolstoï, Thoreau, Nietzsche, Stirner… Elle promut les peintres Nabis, les néo-impressionnistes et l'Art nouveau, anticipa le fauvisme, le futurisme et les arts premiers. Paul-Henri Bourrelier, suite à un colloque qui s'est tenu le 29 janvier 2009 au Palais du Luxembourg, a créé un blog, La Revue blanche et les combats républicains, qui aborde entre autres le thème de « L'anarchisme et le socialisme » avec des contributions de Béatrice Arnac sur Zo d'Axa (biographie), et d'autres à propos de Félix Fénéon (biographie), sur les « lois scélérates », sur Octave Mirbeau (à son sujet, une visite au site consacré au « grand démystificateur » s'impose), etc.

Jargon libre. Pour ceux qui ont commencé à militer dans les années 1970 (ou plus tôt), ce nom rappelle bien des souvenirs, celui tout d'abord d'une librairie où l'on trouvait toute la presse et les brochures de la galaxie libertaire, autonome et issues de multiples luttes spécifiques ; celui également d'une « personnalité » du mouvement, Hellyette Bess. Fondé en 1974, le Jargon libre a cessé ses activités en 1984, suite à l'arrestation de son animatrice pour ses relations avec Action directe. En 1990, renaissance sous forme d'association, à Avignon, où elle publie Front, revue de prisonniers révolutionnaires emprisonnés. En 1995, la librairie associative commence une vie d'errance à Paris, à Montreuil, puis à Vincennes. Transformée en bibliothèque, elle trouve refuge dans divers lieux avant de s'installer en octobre dernier à Ménilmontant, au 32, rue Henri-Chevreau, Paris 20e (ouverture : du lundi au samedi, de 14 heures à 20 heures). « Bientôt, chacun pourra consulter archives et livres sur le mouvement ouvrier et révolutionnaire, l'anarchie, le marxisme, le surréalisme, le situationnisme, l'éducation, le féminisme, la prison, etc., et les luttes, bien sûr. Il sera possible d'étudier sur place et de photocopier les documents (lorsque nous aurons une photocopieuse !). (…) Nous avons décidé de créer un lieu propice à la consultation de la richesse et de la diversité des expériences du mouvement à travers le temps, en espérant que ce lieu sera aussi celui d'échanges enrichissants et constructifs… et, bien sûr, une oasis de fraternité », confie Hellyette au Monde libertaire (n° 1644, lire). Voir également photographies et article sur Jura libertaire. Des rencontres autour de livres devraient ainsi se tenir régulièrement. Mais le loyer étant de 850 euros par mois et le but non commercial, des difficultés sont à prévoir sans un soutien financier (Association Jargon libre, Société générale, 264, rue des Pyrénées, 75020 Paris - RIB : 30 003 03 434 00 050 740 050 53).

Calendrier. Le Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA) de Marseille a édité comme les années précédentes un calendrier illustré. Les thèmes et personnages pour 2012 sont le A cerclé, Norbert Bartosek, Léo Campion, Hem Day, Ernestan, Facerias, Godin, Joe Hill, Henrik Ibsen, Gérard de Lacaze-Duthiers, Ricardo Flores-Magon et Max Nettlau. Comme d'habitude, il s'agit de mettre ou de remettre en valeur des personnages un peu oubliés ; la page centrale est illustrée par une lithographie de la collection d'Eric Coulaud. Le prix de l'exemplaire est de 5 euros, 20 euros pour cinq exemplaires (envoyez votre chèque au CIRA, 50, rue Consolat, 13001 Marseille, il ne sera encaissé qu'après l'envoi du calendrier). Frais de port : 1,45 euro pour un exemplaire et 3,25 euros pour cinq exemplaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

Portraits d'éditeurs et de maisons d'édition. Le hors-série du Monde libertaire (lire ci-dessous) présente un entretien avec Marc Tomsin, animateur des éditions Rue des Cascades, qui porte sur son parcours éditorial, les livres publiés, l'équilibre financier de sa structure, la distribution, son amour du métier (imprimerie, typographie, correction) et ses choix (auteurs germaniques, anarchisme, luttes des peuples indiens d'Amérique). Le site de la librairie Quilombo livre depuis un certain temps déjà ce genre de témoignages dans sa rubrique « L'éditeur du mois » qui a vu défiler, entre autres, Ab Irato, Acratie, l'Atelier de création libertaire, les Editions CNT-RP, L'Echappée, La Digitale et, plus récemment, Les Fondeurs de briques. La presse régionale s'intéresse aussi parfois aux petites structures éditoriales à contre-courant, ainsi Sud-Ouest (30 décembre) qui a récemment rencontré Jean-Marc Raynaud des Editions libertaires.

 

PÉRIODIQUES

Le trimestriel Offensive (n° 32, décembre, 52 p., 4 euros, site) se penche sur la « Libération sexuelle ? ». Le point d'interrogation n'est pas de trop pour signifier le doute : certes il y a eu (dans les années 1970) libération mais celle-ci est aujourd'hui bien récupérée, ordonnée, orientée par la publicité et la pornographie… De plus, à « géométrie variable » selon les classes sociales et conçue bien différemment au Nord et au Sud. Le bilan de ces dernières décennies s'établit ainsi : légalisation partielle de l'avortement (mais multiples tentatives de remise en cause depuis), généralisation de la contraception féminine (mais pas de progrès pour la gent masculine !), l'homosexualité n'est plus considérée comme une maladie (mais, tandis que la masculine a été « marchandisée », la féminine demeure invisible), violence toujours contre les femmes et les plus faibles, retour de la morale, les images stéréotypées de la sexualité demeurent et contribuent à maintenir des rapports inégalitaires et de domination… Et, pourtant, le combat doit continuer car il n'y aura « pas de révolution sans libération sexuelle », des pistes sont également suggérées (déconstruire le statut masculin, dépasser la monogamie, oublier le tout-génital et déhiérarchiser les plaisirs, explorer de nouveaux rapports et des pratiques émancipatrices). Un dossier très complet et passionnant. Par ailleur, un surprenant article sur « La civilisation du gaspillage » daté de… 1912, un retour sur les émeutes urbaines en Angleterre, une exploration de « La galaxie Dieudonné » et les difficultés rencontrées par les ateliers autogérés de réparation de vélo. Ce hors-série du Monde libertaire (HS n° 43, déc.-fév., 52 p., 4 euros, site) a un pied dans l'actualité et un autre dans l'histoire. Tout d'abord un entretien avec le sociologue Laurent Mucchielli et Valéry Rasplus analyse les discours mensongers à propos des questions de sécurité et de délinquance, puis un dossier « Emancipations » traite de la « révolution » tunisienne, des indignés espagnols, des manifestations israéliennes muselées par l'unité nationale, présentant également une réflexion sur le mouvement « Occupons X » en Amérique du Nord et les carnets de voyage du groupe « écoanarcore » (vert et libertaire) Zeppo en Chine. Pour le passé, notons un rappel de la confrontation Marx-Bakounine au sein de la Première Internationale et un intéressant article sur l'Athénée encyclopédique populaire de Barcelone, créée en 1903 et toujours vaillante. Lire également ci-dessus « Portraits d'éditeurs et de maisons d'édition ». Un nouveau venu de la presse libertaire, L'Anarchiste révolutionnaire (n° 3, décembre, 18 p., en téléchargement [PDF 6,2 Mo] ou à feuilleter), journal trimestriel issu du Forum anarchiste révolutionnaire. Au sommaire : des infos sur la situation en Tunisie et en Egypte, un article sur la dette et une étude de David Graeber sur l'histoire de la monnaie et du crédit (en français et en anglais), un projet de campagne collective pour 2012, à l'initiative de No Pasaran – encore quelque peu nébuleux et fourre-tout –, la presse libertaire menacée par la réforme de Presstalis, un compte rendu du 2e congrès de l'Union communiste libertaire (UCL) du Québec et divers communiqués de groupe. Si la tentative de réunir ceux qui se reconnaissent dans le courant communiste libertaire peut sembler intéressante, reste des progrès à accomplir sur le plan de la maquette et de la lisibilité des textes (pas assez interlignés, lignes trop longues, absence d'intertitres pour structurer, etc.). Erreurs de jeunesse, sans nul doute. Chaque mois, CNT Info (n° 11, décembre, 2 p., abonnement par courriel à contact[at]cnt-f.org) présente un article d'actualité, plusieurs accroches renvoyant à des textes développés sur le site du syndicat et donne les chiffres de la « Bourse des travaileurs » (montant du smic et des diverses indemnités). Ce mois-ci, il s'agit du projet de loi de financement de la Sécurité sociale dont la présentation par les médias a été orchestrée sur l'air des fraudeurs (pas les gros – industrie pharmaceutique, professions libérales de santé et patrons – mais les petits). Au programme, jour de carence pour les fonctionnaires, baisse des indemnités et suppression du remboursement de nombreux médicaments. La hausse des prix et la diminution de la prise en charge conduisent ainsi de plus en plus de gens à renoncer à se faire soigner. Courant alternatif (n° 215, décembre, 32 p., 3 euros, site) consacre plusieurs articles à la « psychiatrie policière » avec, entre autres, un entretien réunissant plusieurs intervenants d'opinions politiques et de professions différentes qui dépeignent la démobilisation du milieu hospitalier (due en grande partie à la contre-révolution psychiatrique), le choix de la rentabilité financière et de l'incarcération en prison, mettant en évidence le lien entre psychiatrie et politique. Un texte revient sur l'extermination (quelque peu oubliée) des malades mentaux par les nazis et un autre analyse la récente loi sécuritaire du 5 juillet 2011 qui renforce les pouvoirs du préfet et facilite les procédures d'admission en hospitalisation contrainte. Seule avancée : le contrôle du juge des libertés et de la détention qui risque de rester théorique en l'absence de moyens supplémentaires. Par ailleurs, on découvrira avec profit un « point de vue » sur la trahison des Verts (ou de l'art de la compromission politique), que la fin de la lutte armée au Pays basque ne signifie pas l'arrêt du combat pour l'indépendance, le bilan et les leçons que l'on peut tirer des mouvements piquetero en Argentine (première partie). Pour Alternative libertaire (n° 212, décembre, 20 p., 2 euros, site), Mayotte, secouée par un mouvement sans précédent, demeure une « poudrière sociale » : les prix sont en moyenne 50 % plus élevés qu'en métropole du fait du quasi-monopole de trois sociétés de distribution et de l'arrêt des importations régionales. La chasse aux immigrés clandestins (souvent commoriens et habitués à se déplacer d'île en île) et la répression très violente ont jeté de l'huile sur le feu. Lorsque les pompiers de la gare d'Austerlitz, employés par une société privée, font grève pour le paiement de leurs heures supplémentaires et le respect des conditions de sécurité, la SNCF ferme les yeux. Au Québec, une escouade de la police – dénommée Gamma – est plus particulièrement chargée de surveiller les « activités et [les] mouvements des marginaux et des anarchistes ». Au rayon histoire, l'évocation de la première grève noire aux Etats-Unis ; cela se passait le 7 septembre 1891 et les syndicalistes de la Colored Farmers' Alliance revendiquaient une augmentation de salaire pour la cueillette du coton. Les grévistes seront renvoyés, emprisonnés et, lorsque cela n'a pas suffit, assassinés. Un an plus tard, l'Alliance aura pratiquement disparu ! Les raisons de l'échec…

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