Janvier 2011

PUBLICATIONS

Imaginez un être qui ne voudrait pas naître, être enregimenter par la société, dompter (c'est-à-dire éduquer), embrigader par une religion, condamner au travail salarié, tout cela sans qu'on lui demande son avis. Avec Le Fœtus récalcitrant (présentation et notes d'Henri Viltard (voir son site), Finitude, 126 p., 13,50 euros), Jossot pousse un cri de révolte pour dénoncer tout ce qui asservit l'individu. Il prône l'insubordination et la paresse (mère de l'imagination et de la réflexion). Avec un peu de mauvaise foi, l'auteur soutient n'avoir jamais travaillé, mais s'être diverti : « Le caricaturiste s'adonne au plus noble des jeux : il s'amuse à créer. » S'ensuit une réflexion sur cette activité qui consiste à « déshabiller » les gens d'autorité ou le tout-venant ; le dessin et surtout la légende brève, ciselée, deviennent alors des outils pour déboulonner. Dans un second texte, « L'Evangile de la paresse », où l'on aurait tort de privilégier le second terme, Jossot nous présente une sorte de religion universelle, sans clergé, prônant une philosophie du détachement, alliant le mektoub (destin) des musulmans et le refus des passions pour se libérer de la souffrance des bouddhistes. La prière devient ainsi méditation et exercice de la pensée détachée. Cette préoccupation, qui est celle de certains individualistes, change-toi avant de songer à changer le monde, nous convainc moins que le style pamphlétaire et la critique acerbe des maux engendrés par la cupidité qui, avec la dénonciation des dérives de la science ou de l'épuisement de la nature, font écho à des préoccupations bien actuelles. Deux autres ouvrages nous rappellent que la vie est d'abord faite d'action et de révolte en actes. Dans Les Travailleurs de la culture en lutte (Editions d'ores et déjà, 180 p., 8 euros), Irène Pereira, à partir d'une étude basée sur des entretiens avec des militants de SUD Culture Solidaires et des observations personnelles, propose un panorama des évolutions et des problèmes qui agitent actuellement le secteur de la culture en France : éditions, médias d'information, exploitation cinématographique, conservation du patrimoine, spectacle vivant… Elle présente les luttes menées par ces syndicalistes, en particulier concernant la précarité (en rapport avec l'évolution du capitalisme) ou contre la révision générale des politiques publiques (RGPP). L'auteure propose en outre une réflexion sur la place du syndicalisme d'action directe face au capitalisme et à l'Etat, et sur les relations entre ces deux systèmes d'oppression, concluant sur les obstacles à l'action syndicale et sur des propopositions d'amélioration. Plus historique, Vivre l'anarchie ! (collectif, Atelier de création libertaire, 158 p., 14 euros) livre les actes du colloque organisé par le CIRA du Limousin (présentation et intervenants) début mai 2009 sur les « expériences communautaires et réalisations alternatives antiautoritaires au XIXe et XXe siècles ». Après s'être intéressées au courant proudhonien et aux expérimentations dans le domaine de l'éducation menées par les fouriéristes, les communistes icariens et les anarchistes, les communications ont abordé la problématique « insurrection ou évolution » (La Cecilia, l'illégalisme, l'« anarchisme réalisateur d'E. Armand »), pour clore sur le renouveau des expériences depuis les années 1960 (communautés libertaires, squats, milieux libres aux Etats-Unis). Tant la qualité des interventions que les sujets abordés rendent ce tour d'horizon précieux. L'ouvrage ne peut hélas refléter l'ambiance chaleureuse (malgré quelques petits coups de gueule lors des débats), les échanges humains, la vie collective que cette rencontre de trois jours a permis dans un site remarquable. Mais n'est-il pas temps de « rechercher le (nouveau) sujet révolutionnaire » comparable à ce qu'a pu représenter la classe ouvrière au XIXe siècle ? Vaste question à laquelle s'attelle Réfractions (n° 25, automne 2010, 176 p., 12 euros, site). Bien qu'on observe partout dans le monde des révoltes paysannes, des insurrections urbaines spontanées, des manifestations contre la mondialisation capitalistique, des mouvements de désobéissance civile, toutes ces initiatives restent locales et fragmentaires, malgré de multiples appels à l'unification. Ce constat effectué, plusieurs auteurs reviennent sur les différences de conception entre le marxisme et l'anarchisme ; Annick Stevens questionne les thèses d'Antonio Negri sur l'Empire et la Multitude ; Alain Thévenet, quant à lui, s'interroge sur l'incertitude et le moment révolutionnaires… La prochaine révolution sera certes communicante mais Internet peut-il être la prochaine Internationale ? Sous la rubrique « Des expériences à radicaliser », sont passés en revue la lutte de classes en Chine, les actions d'Anonymous contre la scientologie, des actes de désobéissance, divers moments de rébellion récents. Ce numéro est un bouillonnement de réflexions qui lancent de multiples débats. Bravo ! Les Temps maudits (n° 28, novembre 2010, 124 p., 7 euros, site), après une interruption de deux ans, s'intéressent plus particulièrement aux droits de l'homme… entre Etats-valets et Etats-voyous, à travers les relations entre l'Union européenne et l'Argentine, l'interview du poète tchétchène Apti Bisultanov – à propos de la Russie actuelle, du Caucase, de l'islam et des conceptions sociétales des peuples caucasiens –, la mort d'Orlando Zapata Tamayo à Cuba. Signalons également deux articles fort intéressants, l'un sur la critique proudhonienne de l'économie capitaliste, l'autre étant un entretien avec Noam Chomsky sur les IWW, le syndicalisme d'action directe, la propagande antisyndicale et la montée de la droite populiste aux Etats-Unis. Avec Les Forçats de la mer. Marins, marchands et pirates dans le monde anglo-américain (1700-1750) (trad. de Fred Alpi, Libertalia, coll. Terra Incognita, 453 p., 20 euros), l'historien marxiste Marcus Rediker montre que le monde maritime, dès l'aube du XVIIe siècle, fut un laboratoire du capitalisme. Les marins étant les premiers prolétaires des temps modernes, assujettis à un salariat qui remplace la libre association et le partage des parts. Ils sont soumis, sur le pont, à la discipline impitoyable et arbitraire du capitaine que soutient, à terre, une législation servant les seuls intérêts marchands ou étatiques. L'auteur retranscrit aussi parfaitement le savoir-faire de ces hommes, leurs conditions d'existence dans les ports ou sur les navires, leur culture spécifique. Ces damnés de la mer sont dotés d'une conscience de classe et pratiquent de nombreuses formes de résistance, du round robin (pétition circulaire protégeant les meneurs) à la mutinerie qui peut se transformer en piraterie, lorsque flotte le drapeau noir. Si l'on connaît assez bien aujourd'hui la traite des Africains pour un usage colonial vers les Antilles et l'Amérique, on ignore généralement La Traite des Slaves. L'esclavage des Blancs du VIIIe au XVIIIe siècle (Les Editions de Paris - Max Chaleil, coll. Essais et documents, 230 p., 17 euros) que traite Alexandre Skirda (lire bibliographie). Ce fut le sort des peuples d'Europe centrale jusqu'à leur conversion au catholicisme, puis des populations chrétiennes orthodoxes ; les Mongols, au XIVe siècle, ont poursuivi la traite soit directement, soit par l'intermédiaire des Génois ; enfin, près de deux millions et demi d'habitants d'Ukraine, de Biélorussie et de la région moscovite furent razziés par les Tatars de Crimée, de 1482 à 1760, pour le compte de l'Empire ottoman. Ainsi sont décrits les marchés, les conditions de vie des esclaves et leur valeur, le trafic des « marchandises parlantes » constituant au haut Moyen Age l'« article le plus important d'exportation » de l'Occident vers l'Orient. Skirda insiste aussi sur l'intérêt que cela représente pour la chrétienneté et la complicité de l'Eglise, de mollahs et de rabbins (chargés des circoncisions ou des castrations). Plus près de nous, bien que l'« esclavage » (salariés sans-papiers) n'ait pas disparu de notre monde, Stéphane Beau, animateur de la revue et du site Le Grognard, a publié un recueil de onze nouvelles : La Chaussure au milieu de la route. Variations solipsistes (Durand-Peyroles, 101 p., 14 euros). Difficile d'évoquer ces textes, entre rêve et réalité, raison et folie. La lecture une fois entamée on ne peut plus s'arrêter, de même que les personnages n'échappent pas à leur absurde destin. Etranges héros, héros soudainement étrangers au monde qui les entoure, en équilibre instable… Solitaires, bien souvent ; bibliomanes comme on dit toxicomanes, parfois ! Lorsqu'ils « chutent », on reste songeur, leur/la fin nous poursuit car ils nous ressemblent. Ordinaire, très ordinaire, leur vie a basculé pour un détail… Une chaussure au milieu de la route, c'est surprenant une seule chaussure, comment est-elle arrivée là, qui l'a mise, pourquoi ? Attention, c'est le début… vous risquez, vous aussi, de vous noyer dans « votre » réalité ! Fantastique et passionnant.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Saint-Denis, janvier. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Les prisons », présentation de Jacques Lesage de La Haye : le 4, « Histoire et description de la prison depuis 1789 » ; le 11, « Les luttes anticarcérales » ; le 18, « La frustration affective et sexuelle du détenu » ; le 25, « Vers l'abolition de la prison… ». Site Internet.

Montpellier, 7 janvier. Conférence à 20 h 30 sur Albert Camus : « L'homme révolté et ses engagements », par Daniel Guerrier. Au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Marseille, 8 janvier. A propos de la parution du recueil de textes et d'illustrations Art et anarchie : acte 1 (éditions K'A), une causerie animée par André Robèr aura lieu à 17 heures, au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel : cira.marseille(at)free.fr - Site Internet.

Millau, 8 janvier. Solidaires, écologistes et libertaires (SEL) organisent une journée sur le thème : « Banditisme, illégalisme, prison ». A 16 h 45, projection du film Rouge bandit, suivi d'un débat avec Charlie Bauer sur le banditisme et les luttes anticarcérales. Stands militants. Repas à prix libre. A 21 heures, concert avec différents groupes rap et punk (entrée libre). Salle René-Rieu (CREA), à Millau. Informations, contact, hébergement. - courriel : nopasaran12(at)hotmail.fr - tél. : 06-04-44-96-83.

Paris, 8 janvier. Jimmy Gladiator présente à partir de 19 heures son dernier recueil de poèmes (1965-2010), Blasphème autobiographique (Raphaël De Surtis) au bar Le Maldoror, 10, rue du Grand-Prieuré, Paris 11e (M° Oberkampf). Lecture par Marie-Odile Gain d'Enquin de sa préface et par le bouffon Jéhan Van Langhenhoven d'extraits gladiatoriens.

Montpellier, 14 janvier. A 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René : « L'homme révolté et ses engagements », conférence sur Albert Camus par Daniel Guerrier. Site Internet.

Paris, 14 janvier. Projection à partir de 20 heures du film Remue-ménage dans la sous-traitance (lire présentation) d'Ivora Cusack, en présence de la réalisatrice, et débat avec, entre autres, Olivier Azam et Boris Perrin (Mutins de Pangée), Mayan Faty (ex-gréviste d'Arcade)… Site du film. Au cinéma La Clef, 34, rue Daubenton, Paris 5e (M° Censier-Daubenton). PAF : de 3 à 5 euros.

Bourg-lès-Valence (Drôme), 15 janvier. Claire Auzias (lire bibliographie) donne une conférence sur les Roms, à 19 heures, à la médiathèque La Passerelle, 19, avenue de Lyon (tél. : 04-75-44-44-65). Pour le même thème, elle sera à Reillanne (Vaucluse) le lendemain (renseignements à l'office de tourisme : 04-92-76-45-37).

Monoblet (Gard), 15 janvier. La commission extramunicipale Mémoire des républicains espagnols organise à la cantine scolaire une conférence-débat à 17 heures, avec projection, qui aura pour thème : « L'autogestion, les collectivités paysannes et ouvrières en Catalogne et Aragon de 1936 à 1939 ». Elle sera animée par Myrtille Gonzalbo du groupe des Giménologues.

Toulouse, 18 janvier. L'Université populaire a invité Irène Pereira, auteure de Peut-on être radical et pragmatique ? (Textuel) et d'Anarchistes (La Ville brûle), pour une soirée-débat sur le thème : « Peut-on être radical et pragmatique ? ». A 20 h 30, au Bijou, 123, avenue de Muret.

Merlieux, 20 janvier. De 18 heures à 21 heures, Gérard Mordillat, auteur de Notre part des ténèbres et réalisateur de la sérié télé Les Vivants et les Morts, dans laquelle des ouvriers luttent contre la fermeture de leur usine, sera l'invité de la Bibliothèque sociale, animée par le groupe Kropotkine (Fédération anarchiste). Entrée libre et gratuite. Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Renseignements : 03-23-80-17-09.

Marseille, 22 janvier. Au local 1000 Babords (61, rue Consolat, Marseille 1er), à 20 heures, projection-débat de Petites et Grandes Soustractions, un film de Christine Thepenier sur le quotidien des travailleurs-euses du social et de leurs usager(e)s, en présence de la réalisatrice et d'un représentant de la fédération syndicale CNT santé-social. Soirée organisée par l'union locale CNT (courriel : sam(at)cnt-f.org - tél. : 06-01-10-50-40).

Rennes, 26 janvier. Le groupe La Sociale de la Fédération anarchiste organise une réunion-débat à 20 heures avec Normand Baillargeon, auteur de L'Ordre moins le pouvoir et d'un Petit Cours d'autodéfense intellectuelle, sur le thème : « Les intellectuels et la lutte des classes ». Salle de la Cité, 8, rue Saint-Louis (M° Sainte-Anne).

Lyon, 28 janvier. Xavier Renou présentera le Collectif des désobéissants, les stages et les livres des désobéissants (Petit Manuel de désobéissance civile, collection Désobéir), à 19 heures, à la librairie Terre des livres, 86, rue de Marseille, Lyon 7e. Site Internet.

Lyon, 29 janvier. Rencontre-débat, à 15 heures, avec Jean-Pierre Garnier, autour de son livre Une violence éminemment contemporaine, essais sur la ville, la petite bourgeoisie intellectuelle et l'effacement des classes populaires (Agone). A la librairie La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Courriel : librairie@lagryffe.net - site Internet.

Paris, 29 janvier. Forum-débat, à 16 h 30 : « Regard anarchiste sur les sciences », avec Marc et Nicolas du groupe Louise-Michel (Fédération anarchiste). A la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Entrée libre. Courriel : librairie-publico(at)wanadoo.fr - Site Internet.

Lausanne, 31 janvier. L'Organisation socialiste libertaire (OSL) organise une réunion-débat, à 20 h 30, rue de Maupas, 81, à propos du recueil de brochures d'Emile Pouget, L'Action directe et autres écrits syndicalistes (1903-1910), publié par Agone. Après une brève présentation des textes, leur mise en perspective avec l'actualité et les luttes d'aujourd'hui.

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Exposition à Beauvais. Du 4 au 29 janvier, « 1930-1975. L'Espagne et ses républicains pour témoins » à la médiathèque du centre-ville, centre culturel François-Mitterrand, 3, cours des Lettres. Exposition organisée conjointement par la médiathèque, les éditions Tirésias ainsi que par Ramón Pino et Wally Rosell (coordonnateurs des livres sur les Affiches des combattants de la liberté). Conférence-débat le mardi 18 janvier à 18 heures, animée par Véronique Olivares Salou et Michel Reynaud (éditions Tirésias), avec projection du film documentaire Je te donne ma parole, de Quino Gonzalez. Thématiques abordées : la guerre civile espagnole, la Retirada, l'accueil en France, la déportation des républicains espagnols dans les camps nazis, les femmes espagnoles, la Libération et l'après-guerre. Entrée gratuite.

Théâtre à Lausanne. A l'Espace autogéré, rue César-Roux 30, du 20 au 28 janvier, à 20 h 30 (dimanche 23, à 16 heures et 20 heures), représentation de la pièce Séverine, chroniques anarchistes. Journaliste, féministe, Caroline Rémy dite Séverine (1855-1929) fut de tous les combats, « avec les pauvres, toujours, malgré leurs erreurs, malgré leurs fautes, malgré leurs crimes ». Ouverture des portes à 20 heures. Après la pièce, bistrot ouvert à l'étage dès 22 heures.

Festival de théâtre anarchiste. La 6e édition aura lieu en mai 2011 à Montréal et les organisateurs recherchent actuellement des pièces, textes ou monologues, d'une durée de 5 à 30 minutes, en français ou en anglais, portant sur le thème de l'anarchisme ou sur tout sujet se rapportant à celui-ci, c'est-à-dire contre toute forme de pouvoir – y compris l'Etat, le capitalisme, la guerre, l'aliénation, le travail salarié, etc. Ils prendront aussi en considération les écrits traitant de justice écologique, sociale et économique, de race, de classe et de genre dans une perspective anarchiste. Demande de participation à télécharger, par courriel (anarchistefestival[at]yahoo.ca) ou par la poste : Montreal International Anarchist Theatre Festival, C.P. 266, succ. C, Montréal, QC H2T 4K1, Canada. Date limite d'inscription : 20 janvier 2011.

Journées libertaires de Pau. La CNT-AIT organise la troisième édition de ces journées du 14 au 19 février. Au programme : une exposition sur les « crises » du capitalisme, une projection, des conférences (sur les résistances face aux politiques d'austérité le mercredi, à 18 h 30 ; sur la crise financière et les politiques antisociales le samedi à 15 heures), une manifestation contre les banques le jeudi à 18 heures, un concert le vendredi à 21 heures, une « explosition », des stands d'éditeurs… Renseignements sur les lieux des diverses manifestations : CNT-AIT, 18, rue Jean-Baptiste-Carreau, 64000 Pau (courriel : cnt64[at]yahoo.fr). Site Internet.

Colloque à Lyon. Le Centre de documentation et de recherche sur les alternatives sociales (Cedrats) organise du 12 au 14 mai un colloque intitulé « Philosophie de l'anarchie : théories libertaires, pratiques quotidiennes et ontologie ». Il fera le point sur le regain d'intérêt pour les idées anarchistes que l'on constate depuis une quinzaine d'années (rééditions de classiques, travaux universitaires et théoriques, mutualisation des résultats de recherches). Les deux premières journées se dérouleront à l'Ecole nationale supérieure (ENS) de Lyon avec les interventions de John Clark, Annick Stevens, Irène Pereira, Vivien Garcia, Jean-Christophe Angaut… Au cours de la troisième journée, des échanges et des tables rondes entre chercheurs et militants auront lieu au Cedrats. Renseignements : Cedrats - Centre Michel-Marie-Derrion, 27, montée Saint-Sébastien, 69001 Lyon (tél. : 04-78-29-90-67 ; courriel : Mimmo.Pucciarelli[at]laposte.net).

Salon du livre anarchiste de Montréal. Il aura lieu les 21 et 22 mai, de 10 heures à 17 heures, au CEDA, 2515 Delisle (tout près du métro Lionel-Groulx). Présentation et informations complémentaires. Les organisateurs ont lancé plusieurs appels à contributions : ateliers et présentations (infos) ; œuvres d'art (infos) ; films (infos), date limite d'inscription : 1er mars ; tables d'expositions (infos), avant le 1er avril. Tout au cours du mois de mai, se déroulera le Festival de l'anarchie avec différents événements en divers lieux. Pour y participer et proposer une activité. Date limite d'inscription : 1er avril. Coordonnées : info(at)salonanarchiste.ca - site Internet - sur Facebook - sur Twitter. Adresse postale : Salon du livre anarchiste de Montréal, 1500 de Maisonneuve Ouest, suite 204, Montréal, Québec H3G 1N1, Canada.

Libertäre Buchmesse. Le Salon du livre anarchiste de Biel/Bienne se tiendra du 3 au 5 juin. Informations complémentaires. En tant qu'auteur, éditeur, distributeur, inscription pour réserver une table de presse (1,6 x 0,8 m, participation : 20 euros). Proposition de lectures, de débats, d'ateliers, d'installations artistiques, de participations musicales… inscription. Possibilité d'hébergement. Contacts : info(at)buechermesse.ch ou info(at)foire-du-livre.ch - Anarchist Bookfair, c/o Von Allmen, Fabrikgässli 3B, 2502 Biel-Bienne, Suisse.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (janvier). Sur Infokiosques.net, on peut lire et télécharger pour impression la brochure d'Errico Malatesta Entre paysans, traduction française de Fra Contadini effectuée en 1887 par Pierre Kropotkine. Publiée pour la première fois en italien à Florence, en 1884, elle eut de suite beaucoup de succès, connut de nombreuses rééditions (lire bibliographie) et des traductions dans de multiples langues. Le fait d'aborder les problèmes sociaux et les possibles solutions sous la forme simple et parlée du dialogue a ainsi séduit. Une version papier est diffusée à prix libre par Ravage Editions (Paris). Sur leur site, on trouve bien d'autres brochures disponibles au format PDF, directement imprimables. Dans le dernier bulletin (n° 66, PDF, 576 Ko) du Centre international de recherche sur l'anarchisme de Lausanne, outre le rapport d'activité 2009, des hommages aux libertaires récemment disparus, un très instructif article s'attache à analyser les difficultés rencontrées par les bibliothèques militantes pour la conservations des documents, et les méthodes d'y remédier. On y apprend également que le CIRA a terminé de numériser les affiches en sa possession et compte dans un avenir proche les rendre disponibles sur son site. Adresse postale : CIRA, avenue de Beaumont 24, 1012 Lausanne, Suisse (courriel : cira[at]plusloin.org). La carte de lecture donne droit à la consultation, au prêt et au bulletin, elle coûte 40 francs suisses ou 30 euros par an. Une base documentaire recense les émeutes de par le monde pour une « anthropologie du présent ». Le site est géré par Alain Bertho, professeur d'anthropologie à l'université de Paris-VIII - Saint-Denis et offre une multitude de vidéos (entretiens, analyses du phénomène, scènes d'émeutes…), une géographie des émeutes, une revue de presse par continent, des informations diverses (colloques, séminaires, ressources bibliographiques, publications récentes, liens altermondialistes et autres…). Une vraie encyclopédie sur le sujet. Rebellyon.info, pour sa part, livre un suivi chronologique de la contestation limité à l'Europe, depuis début novembre jusqu'au 24 décembre, et une présentation des différents mouvements (Grande-Bretagne, Irlande, Italie, Portugal, Grèce, Espagne, etc.), avec des photos et quelques vidéos. On écoutera avec intérêt, car le personnage est intarissable et passionnant, Jean-Manuel Traimond sur Radio-Libertaire (« Chronique-Hebdo »). Il évoque les livres qu'il a écrits ou traduits pour l'Atelier de création libertaire (ACL), raconte l'histoire de Christiania, du Japon, de Dubaï, se souvient de Colin Ward (disparu au début de 2010), et de plein d'autres choses. 1 h 30 d'entretien et c'est sur le site de l'ACL. En juin, nous évoquions la sortie d'un coffret DVD regroupant les quatre parties du documentaire Un autre futur de Richard Prost sur la révolution espagnole et les luttes contre le franquisme (3 h 40, 23 euros port compris, infos complémentaires). Pour le centenaire de la Confédération nationale du travail (CNT) espagnole, un nouveau coffret (Les Fictions de la CNT. 1936-1938, VO espagnole, sous-titré en français) a été édité, réunissant cinq films de fiction produits par le syndicat du spectacle collectivisé de la CNT pendant la guerre d'Espagne. Ce sont de véritables mélodrames qui font penser aux films (de Pagnol, Renoir, Carné, Clair ou Prévert) sortis en France à la même époque. Un bonus documentaire de Richard Prost retrace cette période à part dans le cinéma espagnol. Coffret en vente (22 euros) à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris, ou au détail (infos sur chaque film disponible et extrait) sur le site Prost-tv.

 

PÉRIODIQUES

Le Monde libertaire (HS n° 40, hiver, 48 p., 4 euros, site) présente un remarquable sommaire qui aborde à la fois la culture et les luttes. Côté culture, un article sur Jean Amila-Meckert, « l'anarchiste de la Série noire » ; un texte, signé par Isabelle Marinone, en hommage et en défense de Jean Rollin – poète du fantastique et du surréalisme au cinéma –, réalisateur libertaire spécialiste de films de vampires récemment disparu ; une interview de Malcom Menzies (lire bibliographie) par Claudio Albertani. Par ailleurs, un dossier « grève » très complet passe en revue la plupart de ses aspects : histoire du concept, le droit et ses empêchements, en photos et en dessins, les trahisons, ses différentes formes et sa « généralisation », des textes théoriques, son interdiction en prison… Sujet assez proche pour Offensive (n° 28, décembre, 52 p., 4 euros, site) qui titre son dossier « Avant la révolution. Révoltes populaires de l'an Mil à 1789 » et part « sur les traces des insurgés : celles des millénaristes révolutionnaires luttant à partir du XIIIe siècle contre tous les éléments discordants s'opposant à la réalisation du paradis sur Terre ; des paysan-ne-s se battant pour l'autonomie des villes au Moyen Age ; des bêcheux-ses voulant mettre à bas la féodalité anglaise en 1649 ; des ouvrier-e-s résistant aux premières mesures libérales dès le XVIIIe siècle… Ce dossier s'attache donc à renouer avec les pratiques d'une élaboration d'une histoire populaire afin de faire plonger nos racines révolutionnaires au-delà de la Grande Révolution de 1789. » On trouve dans Alternative libertaire (n° 201, décembre, 32 p., 3 euros, site), outre une interview de Larry Portis sur son dernier ouvrage, Qu'est-ce que le fascisme ?, un dossier spécial de douze pages sur « Les anarchistes dans la révolution mexicaine » pour fêter les cent ans de son déclenchement. Avec le mot d'ordre « Tierra y Libertad », il s'agit pour le Parti libéral de mener la révolution sociale (socialisation des terres et des moyens de production). S'ensuit une analyse de son échec, une chronologie, le suivi des controverses en France, le manifeste de la junte, une bibliographie… Et, pour conclure, que reste-t-il aujourd'hui du « magonisme » et du communisme indigène que l'on aurait souhaité plus développé ? Au final, un dossier très intéressant pour aborder le magonisme et la révolution mexicaine. Pour compléter le sujet, on peut signaler le numéro d'Itinéraire consacré à Ricardo Flores Magon paru en 1992 et toujours disponible ou le n° 34 d'A contretemps (à lire en ligne). Le dernier numéro du « bulletin de critique bibliographique » (n° 39, janvier 2011, 32 p., « pas de prix, juste des frais », site) s'intéresse aux « Figures de l'anarchisme chez Tomás Ibáñez » à l'occasion de la publication par Rue des cascades de Fragments épars pour un anarchisme sans dogmes (lire info) dont Vivien García livre une recension tout en nuances, citant Walter Benjamin : « A chaque époque, il faut chercher à arracher de nouveau la tradition au conformisme qui est sur le point de la subjuguer. » José Fergo, lui, rend compte d'un ouvrage en espagnol à propos des luttes des Jeunesses libertaires contre le franquisme (1960-1970). Le « morceau de choix » est sans conteste la « conversation avec Tomás Ibáñez » qui évoque son parcours militant et intellectuel, tout en fournissant sa vision des mouvement libertaires français et espagnol des années 1960, ainsi qu'un témoignage sur la « renaissance-suicide » de la CNT en Espagne au cours des années 1976-1980. Parmi le riche sommaire de Divergences (n° 23, décembre 2010, en ligne), nous avons particulièrement apprécié l'intervention de Jean-Pierre Garnier, lors de la réunion de clôture d'un débat public, contre l'implantation d'un champ d'éoliennes offshore au large du Tréport ; un article sur la République sarkosienne (« dictature policière et Etat autoritaire »), des infos sur le transport de déchets radioactifs par train Castor de La Hague (France) à Gorleben (Allemagne) (la revue y a d'ailleurs consacré un site très documenté) et les manifestations de résistance non-violente qui l'ont accompagné. Sans oublier les nouvelles internationales (en provenance de Russie, Cuba, Kabylie, Tunisie…), culturelles (cinéma, théâtre, livres, revues, photographies…) et le « Guide méchant (et parfois moche) de Paris ». En téléchargement, le groupe Pavillon noir (Fédération anarchiste) présente le n° 3 de son apériodique (24 p.), joliment maquetté façon situ, abordant divers sujets dont le droit à l'IVG, le sexisme, les assemblées populaires à Poitiers, des brèves nationales et pictaves (du nom de ce peuple de la Gaule installé en région poitevine), etc. Et, en prime, Le Baudet libéré (n° 1, janvier, 2 p., gratuit, site), « bulletin d'information contre la carotte et le bâton ».

Retour
en haut
 fleche haut
 fleche bas