Février 2015

EN VRAC SUR LE WEB

Etre ou ne pas être ?… Comment ne pas évoquer les tueries de Paris des 7, 8 et 9 janvier. Le choc d’apprendre que des journalistes, des dessinateurs, des personnes travaillant (« Frédéric Boisseau, 42 ans, agent d’entretien… ») ou se trouvant au mauvais endroit ce jour-là ont pu être tués parce que des malades, des fascistes refusent la critique, la satire et les caricatures. Savoir que, deux jours plus tard, des clients d’un supermarché kasher ont été tués parce que juifs, tout cela dépasse l’entendement. Des policiers abattus et achevés comme de vulgaires loustics de banlieue, le monde à l’envers (blog Urgence, notre police assassine). Et, après l’émotion, le dégoût et la réflexion. Le dégoût face à ces éditocrates défendant la liberté d’expression sur les plateaux de télé alors que la seule liberté qu’ils connaissent est celle des dominants, des patrons de presse et des actionnaires, surtout pas celle des petites mains de l’information et des lecteurs (« Lettre ouverte d’un ouvrier du Livre »). Et puis ce fut la grand-messe et l’union sacrée (« Vous faites erreur, je ne suis pas Charlie »), derrière une rangée de chefs d’Etat ou d’aspirants dont le respect de la liberté de parole et d’écrire (« D’étranges défenseurs… »), celle de croire ou de ne pas croire, n’est pas le principal souci, une foule immense pour dire le refus de tels actes. Certes, quelques-uns se trompaient de partition, entonnant La Marseillaise ou applaudissant les CRS – pauvre Charlie, c’est dur d’être aimé par des cons ! –, d’autres, plus roués, s’attachaient à récupérer l’élan civique pour améliorer leur popularité en berne, vendre leur soupe nationaliste, sécuritaire, islamophobe, récupérer quelques citoyens (juifs), etc. Quitte à manipuler les photos pour éviter la présence de trois femmes dans une brochette de mâles dirigeants (« Où sont les femmes ? »). Même les cloches de Notre-Dame ont sonné pour l’occasion. Les salauds ! Le temps de la réflexion est venu aussi. Charlie Hebdo était proche des libertaires mais pas sans reproche. Olivier Cyran en avait témoigné, il y a quelque temps déjà (« “Charlie Hebdo”, pas raciste ? Si vous le dites… ») ; Philippe Corcuff raconte lui aussi son vécu, plus tendre, et effectuant des distinctions entre les différents protagonistes (« Mon ami Charb… »). D’autres allant jusqu’à affirmer que, « depuis des années, il [Charlie] a basculé dans le camp de la pensée dominante et participe au développement d’une islamophobie de gauche » (« Ça faisait longtemps que… »). Mais le choc fut aussi d’apprendre que les terroristes ne venaient pas d’une lointaine contrée, d’une autre culture, d’un autre temps… Non, ce sont nos enfants, ils ont été dans nos écoles, nous avons pu les croiser, ils sont le fruit de notre société, telle que nos décideurs l’ont façonnée, de nos renoncements aussi ! Et pour tenter de comprendre, on peut se référer à l'excellent dossier de douze pages publié dans Le Monde diplomatique de février (« Les chemins de la radicalisation », « Islamophobie ou prolophobie ? », parcours de jeunes de banlieue, les groupes armés islamistes, oubli des Lumières et des références républicaines et laïques, réalité de l’antisémitisme, que faire ?…). Signalons également le numéro spécial du Monde libertaire (à visionner). Peut-on s’étonner de la réaction d’élèves en classe refusant l’unanimisme et la minute de silence ? Même confusément, ils expriment une révolte, ils dénoncent un état de fait, une désespérance, un mal-être, et il faut savoir les écouter pour en discuter et agir (« Ce n’est pas des élèves que nous avons peur »). On a trop longtemps prôné la réussite sociale, l’individualisme, la consommation, au détriment du partage, de l’écoute d’autrui, du vivre ensemble, de l’intérêt des choses à plus long terme et au profit du plus grand nombre. L’après-Charlie Hebdo commence aujourd’hui, qu’en ferons-nous (« Lutte pour la démocratie radicale ») ? Pendant ce temps, la secte Boko Haram assassinait au Nigeria des centaines de personnes, musulmanes, chrétiennes, animistes ou sans foi, et les dirigeants africains présents à la manifestation en hommage à Charlie n’y sont pas allés… sans parler des responsables occidentaux (« Massacre sans précédent… » et « Où sont les unes chocs ? »). A Paris, un jeune musulman d’origine malienne, vivant en France depuis plusieurs années, longtemps sans-papiers, est devenu un héros national et un symbole international (« Lassana, lycéen sans-papiers… »). Combien de Lassana Bathily, la France a-t-elle déjà expulsé ? Le monde est devenu un village, sachons-le.

 

Sur l’athéisme. Selon un article de Rue89, se référant à une étude Gallup effectuée en 2012 auprès de quarante mille personnes dans quarante pays, 59 % de celles-ci se déclaraient « religieuses » et 13 % « athées convaincues ». Comme pour tout sondage, ces résultats sont à prendre avec précaution car les biais sont nombreux – on notera, par exemple, l’absence de nombreux pays africains, d’Amérique centrale et sud-américains. Les champions du monde de l’athéisme seraient la Chine (47 %), le Japon (31 %), la République tchèque (30 %) et… la France (29 %). Sans trop de surprise, « le reste de l’Europe, l’Amérique du Nord [témoignage sur les discriminations subies par les non-croyants aux Etats-Unis] ou encore la Russie sont dans les catégories inférieures, (…) 5 à 9 % ». Si dans les pays musulmans on s'affirme très peu athée, il est précisé tout de même que 5 % des personnes se sont dites incroyantes en Arabie saoudite, alors que le blasphème est passible de la peine de mort. Courrier international, reprenant des extraits d’un article publié sur Aseef22 (Beyrouth), indique d’ailleurs une vague d’athéisme dans le monde arabe provoquée par le radicalisme religieux : « L’affirmation selon laquelle “l’islam est la solution” commence à apparaître de plus en plus clairement comme une illusion. Cela ouvre le débat et permet de tirer les leçons des erreurs commises ces dernières années. » Mais cela n’empêche pas que dans ce pays grand allié de l’Occident un homme soit condamné à mille coups de fouet et à dix ans de prison « pour avoir créé un forum en ligne destiné au débat public et “insulté l'islam” ». Il s’agit de Raif Badawi qui a été flagellé de cinquante coups à Djedda le 9 janvier dernier (lire info) car il est prévu de répartir la peine sur une période de vingt semaines (20 x 50, le compte est bon !). Ce qui constitue un acte de torture, prohibé par le droit international (tout comme les « traitements spéciaux » infligés aux détenus de Guantánamo). Pour tenter de le secourir, on peut pour le moins signer la pétition d’Amnesty International. Un livre est sorti récemment, Blasphémateur. Les prisons d’Allah (Grasset, 240 p., 18 euros), et raconte les mésaventures d’un Palestinien, Waleed Al-Husseini (site La Voix de la raison), incarcéré en Cisjordanie pour avoir renié l’islam. Le jeune homme dénonçait sur Internet le contenu rétrograde, misogyne et violent des textes coraniques et les pratiques des religieux. Bien que se déclarant laïque, l’Autorité palestinienne l’a arrêté en 2010 pour outrage à la religion. Il connaît alors un douloureux séjour dans les prisons, subissant tortures physiques et psychologiques. Grâce au soutien international, il est libéré un an plus tard et obtient le statut de réfugié politique en France. En 2013, il participe à la création du Conseil des ex-musulmans de France (CEMF), une organisation composée d'athées, de libre-penseurs, d'humanistes et d'ex-musulmans qui prennent position pour encourager la raison, les droits universels et la laïcité (lire « Mission »). Pour conclure, laissons la parole à Serge Utgé-Royo qui a écrit l’année dernière ces lignes (« Des gouttes de bonheur ») : « (…) Vivez, frères humains, comme vous le pouvez ; / Chacun fait comme il sait, de l’hiver au printemps. / Cachez vos désespoirs sous des rites sacrés / Si vous tremblez d’effroi en songeant au néant.
« Mais, je vous le demande, laissez ma liberté / Danser comme un oiseau chaque jour qui va naître. / Ne priez pas pour moi, j’ai besoin d’amitié. / Je vous aime sans Dieu et vous souhaite sans maître.
« Je te salue, la vie, comme un cadeau du temps… »

Divers. Lorsqu’on parle d’islam, bien souvent les fantasmes et/ou la méconnaissance l’emportent. Pour tenter de mieux cerner la réalité, le blog du Monde Les décodeurs tente d’aligner quelques chiffres : combien de musulmans en France (2, 3 ou 5 millions), quelle pratique religieuse (croyant, pratiquant ou non), quel est le nombre des lieux de cultes et des mosquées, combien de radicaux (sachant qu’« être salafiste ou fondamentaliste ne veut pas dire croire aux vertus du djihad »), quelle est l’attitude de la jeunesse vis-à-vis de la religion ?… Le 20 janvier, se tenait devant la 17e chambre correctionnelle du palais de justice de Paris le procès (compte rendu par la LDH de Toulon) du rappeur Saïdou – groupe ZEP (Zone d’expression populaire) – et du sociologue Saïd Bouamama mis en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » sur une plainte de l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif). Cette association d’extrême droite, dont le président Bernard Antony a un pedigree chargé (lire sa biographie sur Wikipédia), se fait un devoir d’attaquer en justice toute expression qui, selon elle, porte atteinte au catholicisme, aux chrétiens, aux Français, aux « Blancs »… Sans guère de succès, elle a ainsi poursuivi des livres, des films, des expositions, des émissions, des journaux (entre autres Charlie Hebdo), des associations, des personnalités… De vrais talibans chrétiens ! En cause, cette fois, un ouvrage et une chanson, Nique la France. Outre qu’on ne peut qu’approuver les paroles de celle-ci, il serait étonnant que le droit à l’insolence ne soit réservé qu’à des dessinateurs. La procureure a requis la relaxe des prévenus et le tribunal rendra son délibéré jeudi 19 mars. Le 27 janvier fut célébré le 70e anniversaire de la libération par l’Armée rouge du camp d’extermination nazi d’Auschwitz. Les médias ont essentiellement évoqué la Shoah (« catastrophe » en hébreu, soit l’assassinat de quelque cinq millions de juifs) et le devoir de mémoire. Mais celui-ci ne doit pas cacher les trous… de mémoire que souligne Frank Mintz dans des « notes brèves » publiées sur le site de la Fondation Pierre-Besnard. Quelque peu iconoclaste, il rappelle des faits un peu trop négligés : à cette époque, la Russie abritait aussi des camps de concentration réservés à ses opposants ; ses alliés occidentaux n’étaient guère plus tendres avec les peuples de leurs colonies ou premiers ; ont également été exterminés des handicapés physiques et mentaux, des gitans, des républicains espagnols, des homosexuels, des Polonais et des Soviétiques… Concernant les juifs, ce ne fut pas la première tentative d’anéantissement d’un groupe humain ni, hélas, la dernière (lire « Les génocides dans l’histoire »). A méditer ! Il existe maintenant sur la Toile de plus en plus de textes anarchistes numérisés. Pour chaque titre répertorié dans la bibliographie d’Anarlivres, nous indiquons une version numérique lorsqu’elle existe, et cela au moyen de différents codes (à lire, Calaméo, DOC, Gallica, Infokiosque, PDF…) qui renseignent sur le format de fichier ou le lieu de stockage. Par ailleurs quelques sites spécialisés sont listés en page « liens ». N’hésitez pas à nous signaler toute erreur ou oubli. Sur le blog Au prochain chapitre, on découvre par exemple, outre des billets d’humeur et des commentaires fort pertinents sur des parutions récentes ou sur des écrits plus anciens, une bibliothèque qui offre des inédits en français d’Emma Goldman (« Les prolétaires intellectuels »), de Kotoku Shusui (« Abolissons la monnaie ») et quelques ouvrages numérisés (Kropotkine, Malatesta, Nettlau). Bonnes lectures !

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Lille, 1er février. Projection d’Acta non verba, réalisé par Hazem, présentant différentes initiatives antifascistes en France et à l’étranger. Puis débat en présence du réalisateur. A partir de 17 heures, à la Maison des syndicats CNT, 32, rue d’Arras (entrée gratuite). Présentation et bande-annonce.

Saint-Denis, 1er février. A 15 heures, aux « Dimanches de la Dionyversité », il sera question de « Charles Léandre, à la charge contre les célébrités », un carricaturiste de la prétendue Belle-Epoque, avec Laurent Bihl, historien et spécialiste de l'image. Rendez-vous au Musée d'art et d'histoire, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris). Site Internet.

Marseille, 3 février. Soirée autour des pratiques et des luttes émancipatrices au Rojava (Kurdistan syrien) : vernissage de l’expo photos de Yann Renoult, débat à 19 heures (« Quel soutien le régime turc apporte-t-il à l’Etat islamique ? »), concert… A l'Equitable Café, 54, cours Julien, Marseille 6e.

Marseille, 4 février. Conférence-débat précédée de la projection du documentaire Elisée Reclus, la passion du monde (2012, 52 min) de Nicolas Eprendre, avec le réalisateur, Philippe Pelletier (géographe), Ronald Creagh (sociologue et historien) et Jean-Pierre Lanfrey (modérateur). A 19 heures, au Théâtre Toursky, 16, promenade Léo-Ferré, Marseille 3e. Entrée gratuite.

Bagnolet, 5 février. « La surveillance d’Etat : plus proche que ce que vous auriez pu imaginer… », présentation-discussion avec une camarade anglaise qui est l’une des huit femmes à poursuivre la police britannique pour l’emploi d’officiers de police infiltrés à long terme. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Présentation du Rémouleur.

Le Mans, 5 février. La librairie L’Herbe entre les dalles accueille Guillaume Davranche pour une présentation de Trop jeunes pour mourir (Libertalia), à 19 heures, 7, rue de la Barillerie.

Angers, 6 février. A 20 h 30, la librairie L’Etincelle, 26, rue Maillé, reçoit Guillaume Davranche qui présentera Trop jeunes pour mourir (Libertalia).

Bagnolet, 6 février. « La lutte des classes pendant la Révolution française » : projection de 1788 (1978, 100 min), de Maurice Failevic, à propos de la spoliation des terres communales. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Millau, 6 février. Solidaires, écologistes et libertaires (SEL) et No Pasaran 12 vous invitent à une soirée consacrée aux luttes contre les « grands projets inutiles » (campagne « Territoires, entre dépossession et exclusion »). Projection du documentaire Atenco, Romper el Circo (45 min), puis débat. A 20 h 30, Librairie Plume(s), 16 rue Saint-Martin. Infos complémentaires.

Paris, 7 février. Conférence-débat organisé par le groupe Louise-Michel (FA) : « La professionnalisation de la politique et la fermeture du champ politique aux citoyens ordinaires », à 16 heures, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Rennes, 7 février. La librairie Pecari Amphibie accueille Guillaume Davranche pour une présentation de Trop jeunes pour mourir (Libertalia), à 17 heures, place Sainte-Anne.

Montpellier, 9 février. Dans le cadre de la Semaine de la démocratie, conférence-débat avec Francis Dupuis-Déri : « Démocratie, histoire d’un malentendu », à 19 heures, à la Maison des étudiants (bât. 34), UM campus Triolet, place Eugène-Bataillon.

Montpellier, 10 février. « Sommes-nous en démocratie ? », conférence-débat avec Francis Dupuis-Déri, à 18 h 15, amphi 007, bât. 2, UM-UFR droit et science politique, rue du Cardinal-de-Cabrières.

Bagnolet, 12 février. A 19 h 30, projection de La Fête est finie (2014, 72 min), de Nicolas Burlaud, suivie d’une discussion avec le réalisateur sur l’embourgeoisement de Marseille. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Paris, 13 février. Le collectif Anarchistes solidaires du Rojava vous invite, à 19 heures, à une présentation des actions militantes de l’Action révolutionnaire anarchiste (DAF) et de la situation politique et sociale en Turquie. Puis, à 20 h 30, concert avec Dernière Mesure (rap). A la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval).

Lille, 14 février. Projection à 17 heures du film documentaire La Fête est finie (2014, 72 min, site), de Nicolas Burlaud, à propos de la gentrification de Marseille. Puis débat en présence du réalisateur. A L'Insoumise (bouquinerie occupée), 10, rue d'Arras. Site Internet.

Paris, 14 février. Rencontre avec Luigi Elongui autour de son ouvrage Les Habits neufs de l’empire. Guerre et désinformation dans l’est du Congo (Aviso), à 16 h 30, librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Saint-Denis, 14 février. Débat sur la situation à Kobané et sur la révolution au Rojava, à 19 h 30, au centre social l’Attiéké, 31, bd Marcel-Sembat, Saint-Denis (M° Porte-de Paris ou Gare-de-Saint-Denis). Organisé par le collectif Anarchistes solidaires du Rojava.

Paris, 15 février. A 19 h 30, débat avec Olga Miryasova, militante antiautoritaire : « Autour du cas de l’antifasciste Alexandre Koltchenko, les répressions politiques en Russie et la guerre en Ukraine ». Collecte de fonds pour soutenir les anarchistes emprisonnés en Russie. A la librairie L’Emancipation, 8, impasse Crozatier, Paris 12e.

Paris, 16 février. Dans le cadre de la Semaine anticoloniale, la commission internationale d’Alternative libertaire vous invite, à 19 heures, à une soirée « Résistances indigènes face à la répression politique ». Projection de film, témoignages, débats… Espace Louise-Michel, 42 ter, rue des Cascades, Paris 20e (M° Pyrénées ou Jourdain). Infos complémentaires.

Amiens, 18 février. L’Equipe du Poing, journal libertaire « qui ne prend pas de gant », vous invite à sa prochaine soirée projection-débat avec Das Experiment (2001, 120 min) d'Olivier Hirschbiegel retraçant l'expérience de Stanford menée par le professeur Philip Zimbardo en 1971. A partir de 19 heures, salle Maurice-Honeste, 67, boulevard du Cange.

Paris, 18 février. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 une présentation-débat de l’ouvrage Le Délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne : travail, loisir, amour (Les liens qui libèrent), avec son auteur Dany-Robert Dufour. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Site Internet.

Paris, 18 février. Ciné-club du groupe Commune de Paris (FA) : Sous le signe libertaire (52 min, 2e partie d’Un autre futur), de Richard Prost, sur la révolution sociale de 1936 et la guerre d’Espagne ; en présence de Daniel Pinós. A 20 heures, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Bagnolet, 19 février. « La vie sous la contre-révolution » : projection du film Le Facteur sonne toujours deux fois (1946, 113 min), de Tay Garnett, suivie d’une discussion sur le roman noir américain, sa signification sociale et politique. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Bruxelles, 19 février. Discussion sur « La fabrique de la peur et le terrorisme d’Etat » à 19 h 30, Acrata, rue de la Grande Ile 32. Site Internet.

Merlieux (02), 19 février. Rencontre-débat avec Léo Lapointe, autour de son dernier polar Le Planqué des huttes (Pôle Nord), dont l’action se situe en Picardie, avant et pendant la guerre de 14-18… Infos complémentaires sur le site du groupe Kropotkine (FA). De 18 h 30 à 21 heures, à l’Athénée libertaire, 8, rue de Fouquerolles.

Bagnolet, 21 février. « La lutte des classes pendant la Révolution française » : projection de 1788 (1978, 100 min), de Maurice Failevic, à propos de la spoliation des terres communales. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Paris, 21 février. Dans le cadre de la Semaine anticoloniale, rencontre-débat à 16 heures avec des membres du collectif Angles morts autour de leur livre Permis de tuer. Chronique de l’impunité policière (Syllepse). Avec la participation de l’émission « Sortir du colonialisme » (Radio-Libertaire). Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Paris, 21 février. Conférence-débat sur « Comprendre les enjeux scientifiques et philosophiques d'une idée révolutionnaire : les théories darwiniennes de l'évolution. Histoire, notions, controverses », avec Marc Silberstein. A 16 heures, bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Site Internet.

Saint-Denis, 21 février. Au « Docu-Club de la Dionyversité », à 19 h 30, projection-débat à propos de la « révolution syrienne » avec Le Chemin de la liberté. Paroles de révolutionnaires syriens (2012, 45 min), de Naïssam Jalal et Samuel Lehoux, en présence des deux réalisateurs. Site Internet.

Paris, 27 février. A 19 heures, rencontre-débat avec Désirée et Alain Frappier autour de leur BD Le Choix (La Ville brûle) à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Bagnolet, 28 février. Présentation-discussion de « Millenial Fascism », une recherche d’anthropologie sur le mouvement fasciste italien CasaPound. A 18 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Lyon, 28 février. Dans le cadre de la journée « Aucun être humain n’est illégal ! », le groupe de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) vous propose, à partir de 15 heures, la projection du documentaire Arracher les droits, paroles de sans-papiers en lutte, suivie d’une discussion. A 19 heures, chorale des Chant’ Sans Pap’yé. Bouffe partagée et, vers 21 heures, concert d’Elsa, accompagnée de son accordéon. La Plume noire, 8, rue Diderot, Lyon 1er. Site Internet.

Paris, 28 février. Rencontre avec Guillaume Davranche autour de son ouvrage Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre, 1909-1914 (Libertalia-L’Insomniaque), à 16 h 30, librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Paris, 28 février. Repas solidaire pour les prisonnier-e-s incarcéré-e-s au Mexique, de 19 à 23 heures, à la cafétaria du Centre international de culture populaire (CICP), 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation). Prix libre. Infos complémentaires.

 

FOIRE AUX LIVRES,
EXPOSITIONS, COLLOQUES

7e an(art). Festival du film et documentaire, politique et social, les 7 et 8 février, à la salle polyvalente de Mérande, 6, avenue du Docteur-Desfrançois, Chambéry, organisé par le groupe de la Fédération anarchiste. Prix libre. Samedi, à 13 h 30, accueil et café. Projections : à 14 heures, Ambiance bois, le travail autrement (2013, 52 min), de Sophie Bensadoun ; à 16 h 30, Busqueda Piquetera (2005, 62 min), de Jeanne Gaggini et David Planque ; accueil enfants et projection de Porco Rosso (1992, 93 min). A 19 heures, repas avec La Marmite. Dimanche, à partir de 14 heures : La Stratégie du choc (2010, 80 min), de Michael Winterbottom ; à 16 h 30, L'An 01 (1973, 87 min), de Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch. Plus d'infos.

Journées libertaires de Pau. Pour leur 8e édition, ces rencontres seront axées sur la région MENA, s’étendant du Maroc à l’Iran, et se dérouleront du 16 au 21 février. Lundi, à 18 heures, vernissage de l’exposition « Les anarchistes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient », à la faculté de lettres de l’université de Pau. Mercredi, de 10 heures à 17 h 30, « petit salon du livre anarchiste » et, à 15 heures, lecture-performance de Yohan Villanua, local de la CNT-AIT, 18, rue J.-B.-Carreau ; à 18 heures, conférence de Pinar Selek, militante féministe turque : « Les possibilités d’inventer la politique face à la violence extrême », à la faculté de lettres de l’université de Pau. Jeudi, à 19 heures, conférence « Les révolutions tunisienne et égyptienne », par Tewfik Allal et Sérénade Chafik, à l’amphi de la présidence, université de Pau. Vendredi, à 20 h 30, concert de soutien avec Klaustomi (électro), La Vermine (hip-hop), Qrab (rock), à la Maison de l’étudiant, université de Pau. Samedi, à 15 heures, conférence « La pratique amoureuse, forme de résistance sous un régime théocratique, l’Iran », par Somayeh Khajvandi et Behrouz Safdari, et, à 19 heures, vernissage de l’exposition artistique « Résistances et révolutions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient », local de la CNT-AIT. Programme complet et infos pratiques.

« Traversées libertaires ». Une soirée et deux journées pour (re)découvrir l'œuvre cinématographique d'Hélène Châtelain, comédienne, scénariste, collaboratrice d'Armand Gatti, réalisatrice d'une trentaine de films – notamment Les Prisons aussi (1975), Nestor Makno, paysan d'Ukraine (1996), Chant public devant deux chaises électriques (2003) –, écrivaine et traductrice de russe. Moment de rencontre fondé sur la projection de films rares ou méconnus, ces journées amorceront un dialogue avec des cinéastes et ami/es ayant travaillé à ses côtés ou partageant sa démarche et ses visions. Ouverture le vendredi 27 février, à 18 heures, au Centre Pompidou, cinéma 2, Paris 4e, avec Chant public devant deux chaises électriques (135 min, sur l’affaire Sacco et Vanzetti). Samedi 28 février et dimanche 1er mars, de 10 à 20 heures, à La Parole errante, 9, rue François-Debergue, 93100 Montreuil. Informations complémentaires.

Femmes et métiers. Le Musée de l’histoire vivante organise jusqu'au 20 décembre une exposition intitulée « Femmes en métiers d'hommes », adaptée de l'ouvrage du même nom de Juliette Rennes (Bleu Atour, 2013). Elle « retrace, au travers de cartes postales mais aussi d'autres archives écrites, visuelles, sonores, filmiques, l'histoire des premières femmes avocates, charpentières, cochères, doctoresses héroïsées ou moquées. Tout au long de cette période, le débat sur la capacité des femmes à exercer ces métiers historiquement masculins s'accentue. Il devient incontournable dans les années 20, au vu du rôle des femmes dans la première guerre mondiale ». Musée de l’histoire vivante, 31, boulevard Théophile-Sueur, 93100 Montreuil. Heures d'ouverture : mercredi, jeudi, vendredi, de 14 à 17 heures ; samedi et dimanche, de 14 à 17 h 30. Tél. : 01-48-70-61-62 - Site Internet.

 

PÉRIODIQUES

La dernière livraison de la revue Dissidences (n° 14, janvier, 139 p., 20 euros, site) qui regroupe des jeunes universitaires de différentes disciplines considérant « l’extrême gauche comme un objet d’études sérieux et légitime » a pour thème « Anarchismes, nouvelles approches, nouveaux débats ». Ses contributeurs abordent aussi bien le passé (organisation et politisation des sans-travail en France à la fin du XIXe siècle ; l’anarchisme argentin de 1932 à 1943) que le présent (renaissance de la pensée libertaire dans la jeunesse chilienne ; une entreprise anarchiste, la scène anarcho-punk…) ou des problèmes méthodologiques (délimitation des notions d’anarchisme, d’anarchiste et de libertaire ; de l’approche collective à l’approche individuelle ; bilan historiographique et perspectives de recherche en Espagne…). Des textes clairs et passionnants. En conclusion, un article sur le Maitron des anarchistes (lire recension) paru… et déjà épuisé. Une édition en poche devrait d’ailleurs voir prochainement le jour. Après avoir connu une parution irrégulière en 2014, la « revue de synthèse anarchiste » Le Libertaire (site) revient en force avec deux numéros : un hors-série (décembre, 4 p., à télécharger) sur l’affaire Durand et un spécial Charlie Hebdo (n° 67, janvier, 11 p., à télécharger). En 1910, Jules Durand (1880-1926), secrétaire du syndicat des charbonniers, fut accusé d'être le « responsable moral » de l'« assassinat » d'un chef d'équipe (décédé à la suite d'une rixe entre ivrognes) et, dans un premier temps, condamné à mort (lire une précédente recension). Ce « crime de la bourgeoisie » est très bien relaté, restitué dans son contexte et illustré de divers documents. Consacré à l’attentat contre le journal satirique, la seconde publication réunit communiqué du groupe éditeur, différents témoignages et hommages, ainsi que quelques poèmes… Le « numéro exceptionnel » du Monde libertaire (supplément au n° 1762, 20 p., prix libre, site, à visionner) « est un recueil d'articles proposés par des militants de la Fédération anarchiste » souhaitant réagir aux attentats du début janvier. Cette publication a dû suscité quelques débats et, au fil des pages, on peut découvrir diverses sensibilités, mais le résultat n’est pas décevant, loin de là, et on peut regretter que sa diffusion papier soit aussi restreinte (réservée à la vente des seuls groupes). Au sommaire : critique des religions et islamophobie ; à mes frères d’outre-Méditerranée ; contre l’unité nationale ; « Je suis Charlie si… » ; réaction de la jeunesse ; communiqués d’anarchistes italiens, espagnols et portugais ; interview de Cabu par Radio-Libertaire à propos du 20e anniversaire de Mai 68… Le texte le plus didactique étant celui de René Berthier sur la « fermeture de la pensée critique en islam », sachant que « l’Europe [y] a échappé en grande partie grâce à un philosophe arabe du XIIe siècle ». Et tout cela parsemé de superbes dessins actuels ou anciens, dont le formidable inédit de Tardi sur « l’affaire des carricatures » de… Jésus. Infos et analyses libertaires (n° 102, décembre à février, 24 p., 1 euro, site, à télécharger), trimestriel de la Coordination des groupes anarchistes (CGA), est presque entièrement consacré à l’antipatriarcat et, pour l’international, à la « résistance de Kobané » comme l’indique son titre de « une ». Pour le premier thème, il s’agit de saluer la lutte victorieuse contre le projet de loi qui visait en Espagne à supprimer le droit à l’avortement (avec une intéressante chronologie), un article sur la Manif pour tous (ou, plutôt, contre toutes et tous), et un autre sur le sexisme dans les jeux vidéo. Pour le second, après une « brève histoire de la résistance kurde », on aborde « Rojava : une révolution menacée, une résistance exemplaire ! » où quelques infos sur l’organisation sociale sont données. Si le projet politique sous-tendu paraît séduisant, il est peut-être excessif d’affirmer que « le PKK et ses organisations sœurs évoluent plus ou moins lentemant vers des idées libertaires ». Régénération (n° 20, hiver, 8 p., participation aux frais : libre, à télécharger), dont le titre est un « hommage au journal fondé en 1900 au Mexique par Ricardo Flores Magón » (lire « Itinéraire et trajectoire », A contretemps, n° 22, janvier 2006), pose dans son édito (« L’os à ronger ») une question : « se battre contre le fascisme » ou contre « le ventre fécond d’où a surgi la bête » ? Il contient également un texte d’appel à la constitution d’un centre documentaire antiautoritaire en milieu paysan ; des méditations sur les funérailles ; un court extrait du livre de Claude Guillon Notre patience est à bout (recueil de textes des Enragé(e)s de la Révolution française). Le Communard (n° 27, janvier, 8 p., site, à télécharger), bulletin édité par le groupe La Sociale (FA Rennes), après avoir dénoncé les cadeaux du gouvernement au patronat, indique des pistes de résistance. Quelques infos sur les projets urbanistiques à Rennes où la gentrification ne cesse d’avancer (place Sainte-Anne, gare LGV et quartier d’affaires). Egalement, la première partie d’un article sur « Actualités des travailleurs de l'archéologie » : c’est quoi un archéologue, une fouille programmée, qui sont les acteurs publics et privés dans le secteur ?… Gentrification encore avec un dossier « Luttes urbaines » de douze pages et une pagination augmentée pour Alternative libertaire (n° 246, janvier, 28 p., 4 euros, site) qui veut faire le point sur « la contestation de la production capitaliste de l’espace et la revendication d’un “droit à la ville”, un droit à “sa” ville, libérée des entreprises de ségrégation et de domination ». C’est tout d’abord l’analyse de la question foncière et de quelques axes de lutte à moyen terme, puis des exemples de mobilisations : la CREA à Toulouse pour se réapproprier la ville et renforcer la solidarité ; le projet Luttopia à Montpellier ; l’auto-organisation des habitants de La Piedrita à Caracas (Venezuela) ; le fonctionnement assembléiste du village de Saillans (Drôme)… Autres sujets abordés : comment résister à l’embourgeoisement des quartiers populaires, la difficile cristallisation des résistances face au projet de Grand Paris, retour sur le passé avec la grève de locataires réclamant une baisse des loyers au Mexique en 1922. En conclusion, malgré les difficultés, la ville « peut être un champ de lutte à fort potentiel » dans le contexte actuel. Au premier regard, ce sont la qualité soignée et la présentation sobre, agrémentées d’illustrations originales, de ce « bulletin irrégulier » qui surprennent. A la lecture, Négatif (n° 20, février, 12 p., c/o Echanges, BP 241, 75866 Paris Cedex 18) offre des articles fouillés, non signés, sur des sujets très divers : de l’affirmation que « La poésie doit être faite par tous » à la critique d’un film documentaire qui, sous couvert d’« une exploration des alternatives d’ores et déjà existantes au monde de la “croissance” », démontre « qu’on peut fort bien continuer à faire des affaires, être dépourvu de toute ambition politique et sociale, et agir pour la préservation du climat et de l’environnement ». « Comme la foudre », craignant une « glaciation des consciences » après les récentes attaques terroristes, semble répondre à « Aller plus loin que les succès partiels » qui voit « renaître un processus de “conscientisation” de la révolte ». Mais un succès zadiste à Testet (peut-être momentané !) ne fait pas le printemps même s’il constitue « l’ébauche d’une autre organisation de la vie en société ». Sans oublier ce réjouissant « Sus au langage dominant » qui dénonce véhémentement tics, tournures vicieuses, expressions franglaises, formulations politiques, « obsessions identitaires » en tout genre et « banalités quotidiennes des mots de l’idéologie sportive ». Un régal ! Signalons pour finir la parution du premier numéro de la revue anarchiste apériodique Des Ruines (112 p., 4 euros, pour commander : desruines[at]riseup.net), que nous n’avons pas encore pu nous procurer et sur laquelle nous reviendrons sans doute. Pour l’instant, on peut admirer une belle couverture et l’alléchant sommaire sur son site.

 

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