Février 2014

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Pendant longtemps le récit de la guerre d’Espagne fut réservé aux historiens franquistes, marxistes staliniens ou bourgeois. En 1950, la Confédération nationale du travail espagnole en exil décida en congrès de confier à José Peirats (1908-1989) le soin de relater les faits sans œillères pour expliquer comment la révolution avait été possible et pourquoi elle a échoué. Les trois volumes de l’ouvrage furent ensuite synthétisés en un seul, traduit en français en 1989 et aujourd’hui introuvable. Il a été réédité par les Editions CNT-RP et Libertalia sous le titre Une Révolution pour horizon. Les anarcho-syndicalistes espagnols, 1869-1939 (appareil critique d’A. Chenet et G. Goutte, 480 p., 20 euros). L’auteur – dont Freddy Gomez, dans la préface, brosse un beau portrait : autodidacte érudit, esprit libre, fidèle à ses convictions, au caractère parfois difficile – ne livre pas une vision d’appareil mais une analyse la plus objective possible, non dénuée de critiques envers les anarchistes. S’élevant contre l’« avant-gardisme » armé, un certain romantisme révolutionnaire, la collaboration de la CNT au gouvernement permettant ainsi à l’Etat de se reconstruire, le « totalitarisme noir et l’absolutisme rouge », il met en valeur (ce qui était rarement fait à l’époque) l’œuvre constructive des collectivisations… Ce pavé de presque cinq cents pages est une mine d’informations à laquelle on viendra souvent se référer. Peintre, fils de réfugiés espagnol, Joaquim Serrat a pris un stylo pour partir « sur les traces de [son] père et de [sa] mère » et nous invite dans Chemins d’espoir et d’exil (Les Editions libertaires, 482 p., 18 euros) à partager leurs souvenirs des années 1933 à 1945. Un village comme les autres, Monroyo (dans la province de Teruel), divisé politiquement mais qui tente d’éviter le bain de sang qui gagne alors le pays. La guerre surgit, le prêtre est exécuté après un jugement sommaire, la révolution sociale s’installe et se développe… Pour peu de temps, à l’été 1937, les staliniens détruisent les réalisations autogestionnaires et s’allient avec les anciens dirigeants. La guerre s’enlise dans les tranchées, les échecs se succèdent, puis la défaite. C’est la répression franquiste et la Retirada (l’exode), avec les séparations et les camps en France, le conflit mondial et l’Occupation, des réfugiés ballottés et menacés d’arrestation. Malgré la densité du texte, on se laisse prendre au souffle de cette saga à la fois semblable à bien d’autres et particulière car, comme l’affirme l’auteur, « il y a autant d’histoires que de subjectivités ». Un très beau livre. Même si on peut le juger excessif et parfois injuste, Albert Libertad (1875-1908, lire biographie) est un remède au ronron quotidien et à la soumission consentie. Pour lui, « il n’y a pas de paradis futur, il n’y a pas d’avenir, il n’y a que le présent. (…) Vivons ! La résignation, c’est la mort. La révolte, c’est la vie ». L’ouvrage Et que crève le vieux monde ! (Mutines Séditions, 273 p., 8 euros) présente un choix d’articles et de textes inédits parus de 1897 à 1908 dans la presse libertaire, et plus particulèrement dans l’anarchie qu’il fonda en 1905. On y découvre, grâce aussi à l’intéressante étude « Un certain sens de l’agitation » qui retrace son parcours, ses conceptions et ses choix de propagande, un individualiste-communiste (plus préoccupé de « vivre en affinité » que par son moi), un agitateur inventif et prolifique, et des luttes qui ne sont en rien inactuelles. Un révolté aussi bien contre les maîtres et leurs chiens de garde que contre le troupeau acceptant sa situation. Parmi celles et ceux qui l’accompagnèrent, Anna Estorges (1887-1968), dite Rirette Maîtrejean, se distingua en devenant avec Victor Kibaltchiche – le futur Victor Serge – gérante de l’anarchie. Anne Steiner, dans Rirette l’insoumise (Mille Sources, BP 102, 19003 Tulle, 154 p., 13 euros) raconte son histoire de femme libre. Elle avait fuit sa Corrèze natale pour échapper à un mariage arrangé et à un avenir tout tracé. A Paris, elle se cultiva, fréquenta les milieux individualistes, vécut en « amour-libriste », et participa aux luttes ouvrières de l’époque et au combat pour l’émancipation des femmes. Connaissant des membres de la bande à Bonnot, ils furent pris dans la tourmente de l’illégalisme et subirent les foudres de la répression. L’amertume, l’exploitation par la presse de ses Mémoires firent qu’elle prit un peu de recul avec le mouvement. Rirette, mère de deux petites filles, devint correctrice de presse. Pendant l’Occupation, elle se lia d’amitié avec Albert Camus, alors secrétaire de rédaction du journal Paris-Soir, et lui fit découvrir l’anarchisme. Elle s’est éteinte au moment où la jeunesse se révoltait ! Il faut avoir pas mal de culot pour s’attaquer, comme le fait Frank Mintz, à l’Histoire de la mouvance anarchiste (Noir et Rouge, 300 p., 18 euros), de 1789 à 2012, à travers les continents et les pays, en abordant la Révolution française, la Commune de Paris, les révolutions du XXe siècle (Mexique, Russie, Espagne), la Seconde Guerre mondiale, mai-juin 68… Pourquoi « mouvance », tout d’abord ? Parce que l’anarchisme n’est pas une conception de l’organisation de la société orthodoxe, figée ; il est multiple, vivant, il évolue selon les époques et les régions en restant fidèle à quelques principes de base. Et le résultat est probant, malgré une vision assez personnelle et une notion du pragmatisme et des alliances plutôt élastique. C’est un vaste tour d’horizon qui ne nous cache ni les réussites, les heures de gloire, la richesse d’une pensée et les dépassements humains, ni les échecs, les divisions, les luttes fratricides, les reniements, les « trahisons ». Humain, si humain ! On souhaiterait souvent plus d’explications, des jugements plus étayés, hélas le rythme l’emporte. Dans les dernières pages, l’auteur se livre à un « bref bilan pratique et théorique » qui ne peut qu’inspirer tout anarchiste sincère et constituer le point de départ d’une réflexion pour l’avenir. « Ne laissez pas les autres décider à votre place ! » et la « confiance dans les capacités solidaires et constructives des citoyens » étant pour lui deux clefs de l’anarchisme. Issu d’une longue interview accordée par Paul Mattick dans les années 1970, retravaillée, transcrite en français et annotée pour la première fois (trad. de l’allemand par Laure Batier et Marc Geoffroy, préf. de Gary Roth, notes de Charles Reeve), La Révolution fut une belle aventure (L’Echappée, 192 p., 17 euros) nous fait avant tout découvrir le cheminement de ce théoricien du communisme de conseil, marxiste antiléniniste. « Des rues de Berlin en révolte aux mouvements radicaux américains (1918-1934) », c’est le témoignage d’un adolescent sur l’insurrection spartakiste puis d’un acteur des luttes syndicales (au sein des IWW, entre autres) et des chômeurs, sans oublier les débats d’idées et la confrontation avec les staliniens. A signaler aussi une réflexion sur le statut assez confortable des intellectuels qui, contrairement aux ouvriers, peuvent se permettre de critiquer la société tout en bénéficiant du système et sur sa conception de la « catastrophe » : « sans crise, il n’y a pas de révolution (…) et la crise viendra de l’économie » que la classe dominante ne peut totalement contrôler. A propos de cet ouvrage, lire l’entretien de Laure Batier et de Charles Reeve (qui a effectué un important travail de contextualisation) réalisé par Article 11. En novembre 2012, nous avons évoqué un colloque (lire info) des jeunes chercheurs de l'Institut d'études de droit public (IEDP). Ses actes viennent de paraître sous le titre Droit et anarchie aux éditions L’Harmattan (coll. Presses universitaires de Sceaux, 215 p., 21,50 euros). Associer ainsi le droit, étroitement lié à l’autorité et à l’Etat, à l’anarchie qui ne se conçoit que par opposition à ceux-ci semble relever de la chimère. Et pourtant… une future société libertaire sera régie par des accords en vue de garantir l’égalité et la liberté de chacun, de protéger les principes de fonctionnement. Il est cependant regrettable de ne pas avoir choisi entre les deux acceptions du mot « anarchie » : « état de désordre social » et « ordre social sans Etat » ; les interventions s’intéressant à l’un ou l’autre des deux termes. Pour notre part, nous privilégierons le second et nous nous intéresserons plus particulièrement à la notion de contrat chez Proudhon (en lien avec le fédéralisme et le mutuellisme) ; à la recherche du fondement du droit par Kropotkine (coutume, entraide, rôle de l’Etat usurpateur et destructeur des solidarités) ; à l’adoption d’une législation d’exception pour les anarchistes (« lois scélérates » de 1893-1894) et, plus près de nous, à la criminalisation des actes de protestation ; à la postérité de la pensée de Proudhon sur le droit d’auteur en ce qui concerne les licences libres et la création contributive sur Internet… Avec quelques ajouts et une nouvelle maquette, les éditions Noir et Rouge ont réédité la plaquette de Patrice Rannou L’Affaire Durand (164 p., 11,50 euros) relatant la machination en 1910 du patronat havrais pour abattre le secrétaire du syndicat des charbonniers (qui déchargeaient et mettaient en sacs le charbon arrivant par bateau). En pleine grève, Jules Durand est accusé d'être le « responsable moral » de l'« assassinat » d'un chef d'équipe (décédé à la suite d'une rixe entre ivrognes). Il sera condamné à mort. Grâce à une importante mobilisation, cette peine est commuée en sept années de réclusion et il est finalement « libéré » en février 1911. Trop tard, broyé, Durand est conduit à l'hôpital psychiatrique, où il y mourra en février 1926. Entre-temps, le 15 juin 1918, son innocence est reconnu. C'est ce martyre que relate la brochure. Trois éditeurs – Les Editions libertaires, Nada et Noir et Rouge – se sont associés pour constituer la collection América libertaria qui sera consacrée à l’étude du mouvement anarchiste en Amérique latine. Le cas de ce continent est particulièrement intéressant car il donne à découvrir, plus qu’aucun autre, comment les influences internes et externes, ainsi que les spécificités géographiques, culturelles et historiques ont pu influer sur la constitution et le développement des différents groupes et organisations. L’apport des migrations, le fond indien et le métissage ont donné des caractéristiques bien particulières. Ce premier volume, ¡Viva la social! (304 p., 18 euros), s’attache plus particulièrement à la période 1860-1930 et, si les textes sur l’Argentine (militantisme féminin, semaine tragique de Buenos Aires) et sur le Mexique (précurseurs de l’anarchisme) font référence à des faits assez connus, on découvre avec intérêt ceux concernant l’Equateur, le Paraguay et le Pérou. Il en est du spécifisme (especifismo) comme de M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir… Rien de nouveau sous le ciel libertaire : une volonté de se démarquer du spontanéisme autonome et de l’individualisme pour construire une organisation anarchiste spécifique fortement influencée par le plate-formisme, c’est-à-dire affirmant une volonté d’unité théorique, d’unité tactique et de responsabilité collective. Le débat entre plate-forme et synthèse (on peut lire les principales contributions à celui-ci dans L’Organisation anarchiste. Textes fondateurs) a eu lieu dans les années 1920 et, depuis, le contexte a bien changé. Le synthésisme a dû évoluer en intégrant la lutte des classes et l’importance des conditions économiques ; le plate-formisme, quant à lui, n’a pas su éviter certains écueils. Mais aucun regroupement anarchiste spécifique ne peut se prévaloir d’une réussite éclatante due à son choix organisationnel. Cela dit, l’ouvrage Anarchisme social et organisation (Brasero Social, courriel : braserosocial[at]gmail.com, 306 p., 12,50 euros) qui  présente les analyses de la Fédération anarchiste de Rio de Janeiro (FARJ) offre une intéressante réflexion sur un projet de transformation de la société de « manière égalitaire et libertaire », pour « s’organiser sans hiérarchie, tout en se donnant les moyens d’agir sur la réalité », pour « développer des organisations populaires » et éviter qu’elles « deviennent la proie des politiciens ». Cela ne peut que susciter la discussion… Signalons, pour terminer, quelques rééditions : Bakounine et les autres (Les Nuits Rouges, 425 p., 17,50 euros), recueil de témoignages de contemporains sur le révolutionnaire russe rassemblés par Arthur Lehning ; L'Homme-fourmi (L'Arbre vengeur, 261 p., 15 euros), de Han Ryner, l'histoire d'un homme métamorphosé pendant un an en insecte dans la fourmilière qu'il étudiait – une leçon de relativisme ; Souvenirs d'un révolutionnaire. De juin 1848 à la Commune (La Fabrique, 509 p., 27 euros), de Gustave Lefrançais ; Front populaire, révolution manquée. Un témoignage militant (Agone, 493 p., 25 euros), de Daniel Guérin ; et L’Œuvre et l’action d’Albert Camus dans la mouvance de la tradition libertaire (Atelier de création libertaire, 62 p., 5 euros), de Teodosio Vertone.

 

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Bordeaux, 1er février. Rencontre-débat avec Christophe Darmangeat, auteur de Conversation sur la naissance des inégalités (Agone), à 17 heures, à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. Site Internet.

Paris, 1er février. Rencontre-débat à partir de 16 h 30 avec William Blanc, Aurore Chéry et Christophe Naudin, auteurs du livre Les Historiens de garde. De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national (Inculte). Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Entrée libre. Site Internet.

Bruxelles, 4 février. A 18 heures, conférence-débat de Philippe Corcuff sur « Marx et l’anarchisme : tensions, intersections, passages », organisée par l’université populaire de Bruxelles. Lieu : 26, rue de la Victoire, Saint-Gilles (M° Porte-de-Hal, Parvis-de-Saint-Gilles ou Hôtel-des-Monnaies).

Marseille, 4 février. Conférence-débat à propos de l’ouvrage collectif 1870-1871. Autour de la commune de Marseille. Aspects du mouvement communal dans le Midi (Syllepse), à 19 h 30, en présence de trois des auteurs. A l’Equitable café, 54, cours Julien, Marseille 6e.

Amiens, 5 février. Le groupe Alexandre-Marius-Jacob vous propose un débat intitulé « Anarchisme : entre fantasmes et réalités », de 18 h 15 à 20 heures, à la salle Maurice-Honeste (2e étage), 67, boulevard du Cange.

Lyon, 5 février. Rencontre-débat avec Jean-Marc Izrine autour de son livre Les Libertaires du Yiddishland (Alternative libertaire), à 19 heures, à la librairie La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Organisée par Alternative libertaire Lyon et la librairie La Gryffe. Site Internet.

Paris, 5 février. La  librairie Quilombo organise un débat à l’occasion de la publication de deux conférences de William Morris, La Civilisation et le Travail (Le Passager clandestin), avec Anselm Jappe qui préface cet ouvrage. A 19 h 45, au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Site Internet.

Strasbourg, 6 février. Alternative libertaire Alsace vous invite à venir rencontrer Jean-Marc Izrine à l’occasion de la réédition de son ouvrage Les Libertaires du Yiddishland. A 19 h 30, à la Maison des syndicats, 1, rue Sédillot. Avec le soutien de l’Union juive française pour la paix et de SUD Education. Site Internet.

Paris, 7 février. Deuxième conférence autour de l’informatique : « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les ordinateurs… », animée par Nicolas et Charles du groupe libertaire Louise-Michel. A 19 h 30, Bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e. Entrée libre. Site Internet.

Paris, 8 février. Fête des éditions Noir et Rouge, à partir de 13 heures, à la librairie L’Emancipation, 8, impasse Crozatier, Paris 12e (M° Faidherbe-Chaligny ou Gare-de-Lyon). Nombreux ouvrages d’occasion en vente. Site Internet des éditions.

Paris, 8 février. De 13 h 30 à 18 heures, l’UdoduF, SuperCodex, La Choriza et Eja présentent l’atelier « Fanzine toi-même » : tout pour faire son propre fanzine ! Participation aux frais : prix libre. Réservation (places limitées) : udoduf(at)free.fr. A la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e. Site Internet.

Paris, 8 février. « Le statut des intermittents : à défendre, voire à étendre ? », débat à 16 heures avec Mathieu Grégoire, auteur des Intermittents du spectacle, enjeux d’un siècle de lutte (de 1919 à nos jours) (La Dispute). A 20 heures, concert avec Manu Lods et Dee. Au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval). Site Internet.

Paris, 8 février. A partir de 16 h 30, venez assister avec l'équipe de Radio espéranto à la projection du film documentaire Espéranto (2011, 63 min), de Dominique Gautier, suivi d'un débat. A la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Entrée libre.

Montreuil, 10 au 17 février. A l'occasion des 20 ans du soulèvement zapatiste, expo-vente de soutien à la boulangerie La Conquête du pain, 47, rue de la Beaune. Site Internet.

Bruxelles, 13 février. A 19 h 30, discussion à propos de la brochure d’Audre Lorde Transformer le silence en paroles et actes (Zanzara athée, à télécharger) sur les rapports de domination, de genre, de classe, de sexualité, de race… Acrata, rue de la Grande Ile 32. Infos complémentaires.

Montpellier, 13 février. Le Scalp - No Pasaran 34, le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM) et l’association Caraïbes Afrique Solidarité étudiante (CASE) vous invitent à une conférence-débat autour de Michel Briganti, coauteur de La Galaxie Dieudonné, en finir avec les impostures (Syllepse). A partir de 19 heures, salle Camproux (Maison des étudiants) à l’université Paul-Valéry - Montpellier III. Plus d’informations.

Cluny (Saône-et-Loire), 14 février. A 20 heures, conférence-débat « Démocratie ? Quelle démocratie ? », animée par Léon de Mattis, auteur de Mort à la démocratie (L'Altiplano). Organisée par le groupe libertaire 71 et le groupe La Vache noire de la FA. Vin chaud offert à l’issue du débat. Salle Justice de paix.

Millau, 14 février. Solidaires, écologistes et libertaires (SEL) et No Pasaran 12 vous proposent d’assister à une conférence-débat « Attention, faux amis. Cette extrême-droite qui avance masquée », avec Michel Briganti, coauteur de La Galaxie Dieudonné (Syllepse). A 20 h 30, librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin. Site Internet.

Montpellier, 14 février. Présentation du livre Les GARI. Groupes d'action révolutionnaire internationalistes, en présence des éditeurs du Centre de recherches sur l'alternative sociale (CRAS) de Toulouse et d’un des auteurs. A 19 heures, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Montreuil, 14 février. Débat organisé par Alternative libertaire autour du livre Premières Mesures révolutionnaires (La Fabrique), en présence d’Eric Hazan, coauteur du livre, et, sous réserve, de camarades actifs à Tarnac. De 20 heures à 22 heures, au restaurant-bar Casa Poblano, 15, rue Lavoisier (M° Robespierre). Site Internet.

Paris, 15 février. Projection du film Les Chats persans (2009, 101 min), de Bahman Ghobadi, puis débat avec des militants sur la situation sociale et politique en Iran. Les échanges se feront en français. A 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Paris, 17 février. Réunion-débat, dans le cadre de la Semaine anticoloniale, avec Kamel Badaoui, Ramata Dieng et des militant-e-s d’Alternative libertaire sur « Les responsabilités de l’Etat dans les violences racistes ». A partir de 19 heures, espace Louise-Michel, 42 ter, rue des Cascades, Paris 20e (M° Jourdain).

Toulouse, 18 février. Jean-Jacques Delfour présentera son livre La Condition nucléaire. Réflexions sur la situation atomique de l'humanité (L’Echappée) à 18 heures à la librairie Ombres blanches, 50, rue Gambetta.

Nîmes, 19 février. Réunion publique « 20 ans de soulèvement zapatiste : une expérience vivante qui enrichit nos luttes », à 19 heures, à l’auditorium Pablo-Neruda, 1, place Hubert-Rouger. Organisée par le Collectif nîmois de soutien au zapatisme.

Augan (Morbihan), 20 février. Chorale éphémère (interprétation collective de chansons anarchistes et libertaires) avec La Galoupe, à 21 heures, au bar-café Champ commun, 1, rue du Clos-Bily. Site Internet.

Nîmes, 20 février. A 19 heures, « Ecouter et réfléchir à partir de la chanson francophone : mélancolie et critique sociale », avec Philippe Corcuff, au lycée Alphonse-Daudet, 3, boulevard Victor-Hugo.

Merlieux (Aisne), 20 février. La Bibliothèque sociale reçoit à 18 h 30 Pierre Gauyat pour son ouvrage Jean Meckert, dit Jean Amila. Du roman prolétarien au roman noir contemporain (Encrage). Au 8, rue de Fouquerolles. Table de presse. Apéro dînatoire. Entrée libre et gratuite. Site Internet.

Lyon, 21 février. Libertaire Production projettera à 20 heures le film documentaire Cinq Caméras brisées d’Emad Burnat et Guy Davidi à l’Atelier des canulars, 91, rue Montesquieu.

Paris, 21 février. Troisième et dernière conférence autour de l’informatique : « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les ordinateurs… », animée par Nicolas et Charles du groupe libertaire Louise-Michel. A 19 h 30, Bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette. Entrée libre. Site Internet.

Paris, 22 février. A 16 heures, Rachel Vine viendra présenter son ouvrage, en collaboration avec l’illustratrice Maud Guely, Un ruban autour d’une bombe, biographie textile de Frida Kahlo (Nada). A la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e. Entrée libre et gratuite

Paris, 22 février. Projection à 16 h 30 du film Génocidé, entretien avec Révérien Rurangwa, puis débat avec des représentant-e-s du collectif de soutien aux femmes tutsies ayant porté plainte pour viol contre des militaires français, et Annie Faure, médecin et écrivaine. En relation avec l’émission « Sortir du colonialisme » de Radio libertaire. A la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Entrée libre.

Mirepoix (Ariège), 25 février. A partir de 20 heures, dans la salle de cinéma de la Médiathèque intercommunale du pays de Mirepoix, une table ronde évoquera quelques aspects de la révolution et de la contre-révolution en Espagne dans les années 1930. Intervenants : Jordi Gonzalbo, auteur d’Itinéraires Barcelone-Perpignan (ACL), et des Giménologues (site Internet) qui présenteront leurs travaux anciens et nouveaux. Infos complémentaires.

Bagnolet, 27 février. A 19 heures, permanence « Résister à la psychiatrie » et projection du film Très bien, merci (2007, 100 min) d’Emmanuelle Cuau, suivie d’une discussion libre. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Site Internet.

Paris, 28 février. Le groupe Salvador-Seguí (Fédération anarchiste) organise une conférence sur « La renaissance d'un Cuba libertaire », animée par Daniel Pinós du Galsic. A partir de 20 heures, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e.

Rennes, 28 février. Nicolas de La Casinière présentera à partir de 19 heures Les Prédateurs du béton (Libertalia) au local de la CNT, 5 bis, square Charles-Dullin.

Vannes, 28 février. Conférence-débat, à 20 h 30 : « Croissance ou décroissance. Vitesse ou lenteur, il faut choisir », animée par Jean-Pierre Tertrais. Palais des Arts, place de Bretagne. Entrée libre. Organisée par le groupe libertaire Lochu et la FA Vannes.

 

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Bobines rebelles. Le festival du documentaire social et politique s’installe à Rouen, les 8 et 9 février, au cinéma Omnia, 28, rue de la République, à l’initiative de la librairie L’Insoumise (128, rue Saint-Hilaire). Samedi, projection d’Algérie, tours et détours (à 16 heures), Cinéma Kommunisto (à 18 heures), Je déboule à Kaboul (à 20 heures, en présence du réalisateur Olivier Azam). Dimanche, à 11 heures, Sur les toits. Débats et rencontres avec Christine Thépénier, Rémy Ricordeau et Jean-Pierre Levaray. 5 euros pour un film, 12 euros pour trois et 20 euros le pass. Plus d’infos. Avec le soutien des Mutins de Pangée.

Journées libertaires de Pau. Pour leur septième édition, ces Journées se dérouleront du 17 au 22 février en divers endroits de la ville. Au programme : le 17, à 18 heures, expo à la fac de lettres (« La manipulation des masses ») ; le 18, à 18 h 30, fac de lettres, conférence-débat sur « Internet, espace de liberté ? Non » ; le 19, à 18 h 30, amphi de la présidence, projection du documentaire Les Nouveaux Chiens de garde, suivi d’un débat ; le 20, à 20 h 30, à la Maison de l’étudiant, concert de soutien ; le 21, au local de la CNT-AIT (18, rue J.-B. Carreau), conférence-débat sur « Le traitement des populations en période de fortes tensions sociales » ; le 22, à 15 heures, place Clemenceau, performance « La grande télé ». Plus d’infos. Courriel : journeeslibertairespau(at)gmail.com

Retirada. A l’occasion des 75 ans de l’exode des réfugiés espagnols de la guerre civile (Retirada), la Médiathèque intercommunale du pays de Mirepoix, 14, rue Vidal-Lablache, 09500 Mirepoix, en partenariat avec le cinéma municipal et le conseil général de l’Ariège, organise une série de conférences, d'expositions et de projections (« Minuit dans le siècle en Espagne. Histoires de chair et d’os ») du 20 au 28 février. A signaler plus particulièrement : le 20 février à 21 heures, le film de François Boutonnet, Il nous faut regarder (2009, infos), dont l’un des protagonistes est Jordi Gonzalbo (lire recension) ; le 21 février à 20 heure, à la salle des fêtes de Léran, dans le cadre de la table ronde sur la Résistance dans le sud-ouest de la France, la présentation par Olivier Clastres de ses recherches (inédites) sur le maquis non répertorié « Bataillon Del Rio », composé de membres de la CNT ; le 25 février, lire ci-dessus. Le programme détaillé peut être consulté sur le site des Gimenologues.

BD à Elne. Le 12e Festival de bandes dessinées se déroulera à la maternité suisse d’Elne (Pyrénées-Orientales) autour de la thématique « Exil et guerre d’Espagne » les 22 et 23 février. Différents auteurs et dessinateurs invités viendront de Catalogne, du Pays basque, d’Espagne et de France afin de présenter leurs différentes œuvres sur ce sujet. Seront présents : Kim et Antonio Altarriba (L’Art de voler, Denoël) ; Kim (Martinez El Facha, El Jueves) ; Iñaket et Begoña (Tristes Cendres et El pico de los cuervos, Cambourakis) ; Bruno Loth (série Ermo, Libre d’image), Jean Marie Minguez (Exil, Vents d’ouest). Plus de précisions.

Salon du livre anarchiste de Montréal. Il se tiendra les 24 et 25 mai, de 10 heures à 17 heures, au CEDA, 2515, rue Delisle, et au Centre culturel Georges-Vanier, 2450, rue Workman (M° Lionel-Groulx). Présentation et informations complémentaires. Les organisateurs ont lancé plusieurs appels à contributions : ateliers, œuvres d'art, films, tables d'expositions. Date limite d'inscription : 1er mars. Tout au cours du mois de mai, se déroulera le Festival de l'anarchie avec différents événements en divers lieux. Pour y participer et proposer une activité. Date limite d'inscription : 15 avril. Coordonnées : info(at)salonanarchiste.ca - site Internet. Adresse postale : Salon du livre anarchiste de Montréal, 1500 de Maisonneuve Ouest, suite 204, Montréal, Québec H3G 1N1, Canada.

Anarchisme au Maghreb. « Dans l'historiographie de l'Algérie coloniale, l'anarchisme sur la terre algérienne fut peu étudié par les universitaires et chercheurs des deux rives de la Méditerranée. Malgré ce constat, la présence de l'anarchisme politique dans les trois pays du Maghreb, et plus particulièrement en Algérie fut attestée par la constitution de groupes politiques organisés, de tournées de conférences de “figures” du mouvement, de publication de journaux libertaires et d’un militantisme ouvrier se réclamant du syndicalisme révolutionnaire, héritier de l’anarchisme. » En conséquence, le Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC, Algérie) et le Centre de recherches historiques sur les sociétés méditerranéennes (CRHISM) de l’université de Perpignan ont lancé un appel à contribution « Pour un état des lieux de l'anarchisme en situation coloniale au Maghreb » qui se concrétisera par la publication d’un ouvrage en arabe, français et anglais. Les propositions (au format Word, entre 300 et 400 mots) doivent être adressées aux deux adresses suivantes : a.mohand(at)crasc-dz.org et philippebouba(at)yahoo.fr Clôture de la réception des propositions : 1er mars 2014. Argumentaire et axes thématiques.

Fusillés pour l’exemple. Une exposition se tient à l’Hôtel de Ville de Paris, dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale. Elle a pour nom « Fusillé pour l’exemple. Les fantômes de la République. 1914-2014 » bien que ceux-ci n’aient pas beaucoup hanté la République jusqu’à maintenant – notons aussi cet étrange singulier. Il y a quelques années encore, à part quelques anars, antimilitaristes et pacifistes, ou membres de la Libre Pensée, peu de monde se souciait d’eux. Et l’organisation d’une telle expo aurait été inimaginable… Certes son directeur scientifique est un général, comme s’il n’y avait pas assez d’historiens civils spécialistes du sujet. C’est un peu comme si l’on confiait l’évocation du végétarisme à un boucher. Comment s’étonner dès lors des tentatives de minoration, d’absolution de l’armée (du fait de la « “démission” des politiques »), de relativisation (horrible 0,003 % dont on ne sait pas trop ce qu’il représente en fait), d’explication (l’intérêt pour ces faits serait dû à une confrontation avec la « morale contemporaine »), de justification, de réhabilitation de la « justice militaire » (à partir de 1917, les droits de la défense sont plus respectés), etc. Certes l’important est qu’elle se tienne, de façon officielle, avec une scénographie plutôt réussie, et l’on est souvent pris de rage et de révolte à la lecture des panneaux ou en songeant aux êtres sacrifiés pour le plus grand profit de quelques-uns. On apprend aussi que le militarisme allemand était plutôt clément : une cinquantaine de fusillés pour 740 en France ; que les exécutions sommaires sur le front (refus d’obéissance) ou à l’arrière (accusations d’espionnage) ont été fréquentes… mais guère documentées ; que de nombreux soldats ont été condamnés à la prison ou au bagne (en Afrique du Nord ou en Guyane) ; que des médecins furent des auxiliaires zélés de la répression… Les dernières salles, consacrées à la lutte pour leur réhabilitation, aux œuvres d’art qu’ils ont suscitées, aux hommages rendus et à leur mémoire, sont également à saluer. Au salon des Prévots, jusqu’au 15 mars, du lundi au samedi, de 10 heures à 19 heures. Entrée libre. Site Internet.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (février). Le Centre de recherche sur l'alternative sociale (CRAS) s’est doté d’un site qui présente un état partiel de son fonds d’archives, diverses vidéos, une belle série d’affiches numérisées classées par thèmes, une collection complète de la revue Agora (du n° 1 au n° 33, lire fiche Bianco) et surtout trois cent un numéros, de janvier 1925 à août 1939, de La Révolution prolétarienne (fichiers PDF). On y trouve également des infos sur le centre, d’anciens bulletins du CRAS (1989-1990), la présentation des publications récentes, etc. Créé en 1979 à l’initiative de deux militants libertaires catalans, il « regroupait à l’origine des documents issus de diverses expériences de luttes sociales nationales et internationales. Proche des Pyrénées, l’histoire des luttes dans l’Espagne franquiste et la presse des réfugiés politiques espagnols ont trouvé dans ce fonds une place privilégiée ». Domicilié à Toulouse, le CRAS est à la recherche d’un local depuis l’explosion d’AZF en 2001. Les auteurs du site avouent que « le résultat est loin d’être terminé » et on peut ajouter qu’il est quelque peu brouillon d’apparence, un peu lent, mais contient de belles pépites… Alternative libertaire a totalement relooké son site. Une colonne verticale avec les accroches, une autre par thèmes et la dernière regroupant les rubriques pratiques structurent la « une » et hiérarchisent les informations. Les illustrations rythment et animent les articles. Un pavé en bas de page, ainsi qu’un déroulé en tête offrent plusieurs entrées possibles. Le même colonnage se retrouve dans les pages intérieures avec un texte pricipal, des renvois à d’autres articles et les rubriques pratiques. Coloré, moderne, fonctionnel, esthétique, c’est plutôt réussi ! Celui du Comité Louis Lecoin, consacré à la défense des objecteurs de conscience et autres opposants au système militaire de par le monde, a déménagé. « Quakers, paix et objection de conscience », « L’Internationale des résistants à la guerre », « L’objection de conscience est un droit de l’homme », « ONU, Europe et objection de conscience : le cas de la Turquie », la situation des réfractaires en Grèce, aux Etats-Unis ou en Biélorussie sont quelques-uns des sujets abordés. Sur UtopLib, on peut visionner une émouvante vidéo de l’enterrement de Pierre Kropotkine à Moscou le 13 février 1921, la dernière manifestation libre et de masse en Russie bolchevique. Le site resitue l’événement et précise : « On y reconnaît notamment, dans la deuxième moitié du film, l'anarchiste russo-américaine Emma Goldman et son compagnon Alexander Berkman, ainsi que Fanny Baron, syndicaliste fusillée six mois plus tard par la Tcheka. Au début du film, il semble que nous soyons en présence du comité organisateur des funérailles, que l'on trouve discutant autour d'une grande table (…). » Sorti depuis la fin janvier, Démocratie zéro6 (2013, 75 min) de Michel Toesca (site officiel) est une belle démonstration du fonctionnement de la démocratie avec l’exemple du rattachement autoritaire de trois villages à une intercommunalité (Communauté d’agglomération de la Riviera française) dont l'avenir est d'intégrer la métropole de Nice. Les maires ayant décidé d’organiser un référendum consultatif (sic !) sur le sujet, le préfet l’a interdit, le déclarant illégal et menaçant les élus et les associations de six mois de prison et de 7 500 euros d’amende… Le film relate la fronde et la résistance des citoyens et pose quelques questions sur les limites de la démocratie locale, le contrôle de l’Etat, les dangers de l’intercommunalité. Parions qu’il sera assez peu diffusé et que les médias y feront peu écho, raisons de plus pour organiser des projections en présence du réalisateur ou de protagonistes du film (contact : Julien Navarro, julien[at]seance-tenante.fr ou au 06-63-59-18-85), surtout en période d’élections municipales. Au-delà des faits divers vite oubliés, un docuweb Le Grand Incendie s’est intéressé aux immolations de personnes ne pouvant plus supporter le mal-être au travail ou une vie d’exclusion : en France, depuis 2011, tous les quinze jours, sur la place publique, un être humain commet cet acte ultime de contestation et de désespoir. Après deux ans d’enquête, Samuel Bollendorff et Olivia Colo ont rapporté sept histoires (relatées par des témoignages ou des lecture de lettres…) qu’ils confrontent avec la communication officiel. « Reprenant les enregistrements d’un sismographe, les discours se dessinent simultanément sur un rouleau de papier défilant. A tout moment l’internaute peut cliquer sur la courbe de son choix pour dévoiler l’image associée à ces paroles. Il fraye ainsi son propre chemin sur le sens de cette confrontation des discours. » Effroyable et terriblement efficace. 2014 sera l’année du bicentenaire de la naissance de Michel Bakounine (1814-1876, biographie). Pour préparer cet anniversaire, il est possible de relire les ouvrages du révolutionnaire russe, la plupart étant accessibles sur la Toile par le biais d’Anarlivres (bibliographie). L’ami Jean-Denis Rémond a mis en ligne un court extrait de Max Nettlau, historien de l’anarchisme (inédit en français, trad. de Martine-Lina Rieselfeld), écrit par Rudolf Rocker, qui relate les recherches de Nettlau concernant Bakounine. Par ailleurs, l'Institut international d’histoire sociale (IIHS) d'Amsterdam présente les archives de la Fédération jurassienne et les archives de Bakounine ; les documents sont consultables à l’écran et/ou téléchargeables (fichiers PDF). Pour connaître les projets de publication des éditions Noir et Rouge cette année, il faut lire leur « Lettre d’information » n° 2. En vue, le premier des trois tomes de José Peirats La CNT dans la révolution espagnole, inédits à ce jour en français, un Bakounine, entre syndicalisme révolutionnaire et anarchisme de Maurizio Antonioli, un roman et deux essais. La souscription des Ami-e-s de Noir et Rouge est toujours ouverte et, pour 7 euros (ou plus) par mois, elle donne droit aux ouvrages parus. Libertalia, de son côté, organise une prévente-soutien pour Paris, bivouac des révolutions. La Commune de 1871, le livre de référence sur la Commune de Paris de l’historien britannique Robert Tombs (480 p., 20 euros, sortie le 20 mars). Jean Buzelin et Christian Marcadet ont réalisé une anthologie de près de cinquante chansons anarchistes et pacifistes écrites entre 1820 et 1990 : L’Esprit anarchiste. De la Commune à Mai 68 (Frémeaux et associés, 2 CD + 1 livret, 29,99 euros). Ces chants militants expriment, parfois avec humour, le refus de l’autorité, de l’Etat, de la guerre et des Eglises. Parmi les auteurs et interprètes, on trouve bien sûr Aristide Bruant, Charles d’Avray, Georges Brassens, Léo Ferré, Marc Ogeret et, de façon plus surprenante, Raymond Souplex, Yves Montand, Rosy Varte et Georges Wilson. Aux classiques et célèbres Triomphe de l’anarchie (1901) et Ni Dieu ni maître (1965) répondent les moins connus La Canaille (1865), V’là l’choléra qu’arrive (1884), Les Géants (1901)… Pour écouter des extraits. Sur Infokiosques.net, on peut télécharger ou lire la brochure L’Informatique, se défendre et attaquer qui passe en revue divers moyens pour utiliser un ordinateur sans laisser de traces (avec Tails), effacer (Shred) et/ou crypter (Luks, PGP, Pidgin, OTR) des données, surfer sur Internet de manière anonyme (Tor), se protéger des logiciels malveillants ou espions, pour réfléchir aussi aux limites de l’outil… Car, comme l’affirme les rédacteurs de ce guide pratique, « se réapproprier les outils informatiques, c’est comprendre pour mieux se défendre et... attaquer, mais c’est aussi se donner les moyens de pouvoir choisir en connaissance de cause quand ne pas utiliser l’informatique ». A bon entendeur, salut !

 

PÉRIODIQUES

Le hors-série du Monde libertaire (n° 53, janvier-février, 64 p., 5 euros, site) consacre son dossier aux « Nouveaux visages de l’autorité ». Il s’agit toujours de contrôle mais en douceur, de façon présentable et insidieuse, en utilisant non pas la force brutale mais la persuasion, le conditionnement et le lavage de cerveau. Le participatif, au travail ou dans la société, permet ainsi de faire intégrer les contraintes et « d’occuper les gens à des questions secondaires » (démocratie participative). Quand les mots sont trop conflictuels ou peu valorisants, on les change, on manie l’euphémisme pour mieux faire accepter les problèmes ou les situations. La technologie ne sert plus à libérer mais à déposséder de savoir-faire, à dévaloriser des métiers et constitue un élément du conditionnement. L’école cultive la méritocratie pour fabriquer une société hiérarchisée et élitiste. Avec le numérique, on vit dans l’illusion d’agir, d’avoir des amis, des relations, alors qu’il renforce l’individualisme et l’isolement. La liberté de travailler pour les femmes s’est transformée en contraintes plus importantes, en dépréciation, en précarité et en exploitation renforcée… Deux entretiens, l’un avec un créateur-explorateur, L.L. de Mars, l’autre avec Marcelo « Liberato» Salinas, anarchiste et membre de l’Observatoire critique de La Havane, qui se positionne contre la démocratie, concluent ce numéro. Dans Le Combat syndicaliste (n° 387, février, 12 p., 2 euros, site), un article détaille la souffrance au travail des facteurs de La Poste en butte à une réorganisation basée sur la flexibilité, à l’augmentation de la charge de travail, au renforcement des contrôles et à une diminution de l’autonomie… La CNT étudiante de Rennes-II refuse d’être expulsée de son local par la présidence de l’université et le fait savoir (occupation du lieu, création d’ateliers autogérés, blocages et tractages). Renforcement du contrôle sur la population (fichage, vidéosurveillance, écoutes, surveillances des réseaux sociaux) et développement de la législation pénale pour l’autoriser. Une double page « sans frontière » pour faire le point sur la remise en cause de l’IVG en Espagne, la « semaine anticoloniale » à Paris, la répression des travailleurs du textile au Cambodge, la grève des cheminots sud-coréens contre une nouvelle ligne TGV, la victoire des salariés polonais de l’usine taïwanaise Chung Hong. Alternative libertaire (n° 236, février, 18 p., 2 euros, site) consacre plusieurs pages à l’« affaire Dieudonné », ce « néo-naze » : « Raciste comme le gouvernement, fraudeur du fisc comme les capitalistes, il n’a rien d’anti-système, mais demeure dangereux de par le succès qu’il rencontre. » A Orléans, comment mener une campagne active contre la venue du soi-disant comique sans ce compromettre avec des gens qui acceptent que le sinistre Valls « stigmatise un jour les Roms, le lendemain les musulmans » et le CRIF qui soutient la politique criminelle du gouvernement israélien. Doit-on se réjouir lorsqu’un gouvernement interdit après avoir beaucoup laissé faire ? Reste l’action directe pour lutter contre le fascisme et le racisme… Pierre Stambul revient de Gaza, « entre chaos et colère » envers l’acharnement israélien, les militaires égyptiens et les deux gouvernements palestiniens rivaux. Page histoire : il y a quatre-vingts ans, « l’austrofascisme [écrasait] Vienne la Rouge » à cause de la passivité des responsables sociaux-démocrates. Le Vent se lève (n° 14, janvier, 16 p., prix libre, site), le périodique de la Fédération des travailleurs de la terre et de l’environnement de la CNT, s’intéresse au puçage des animaux ; aux contraintes bureaucratiques et normatives qui assaillent les paysan ; à une émission de Radio Canut, « Les paysan-ne-s dans la lutte des classes », traitant de l’agriculture, des actions syndicales et de la ruralité dans le monde ; aux accidents du travail de la profession et au contôle de la FNSEA… Compte rendu d’une rencontre avec des syndicalistes agricoles dans le Sud marocain et texte sur l’assassinat du chef indien yukpa Sabino Romero en lutte contre le capitalisme pétrolier au Venezuela. Spécial police pour ce Lucioles (n° 15, février, recto-verso, à télécharger) qui relate une chasse aux femmes asiatiques suspectées d’être des prostituées à Belleville, à la mi-décembre… Trois ans plus tôt, la communauté asiatique réclamait lors d’une manifestation qui tourna à l’émeute plus de police pour la défendre contre une criminalité de pauvres et des actes racistes. Comme quoi la matraque est toujours à double détente… Appel « Pour en finir avec l’occupation policière de nos vi(ll)es » : rassemblement au métro Bellevile, le 1er mars, à 15 heures. Les flics ont promis d’être présents ! Tiré désormais à quatre mille exemplaires, le bulletin anarchiste de Paris et sa région peut être diffusé dans les quartiers (contact : lucioles[at]riseup.net). Qu'on se le dise !

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